26/11/2007

Tournai : le Cabaret Wallon Tournaisien (3)

Dès la fin de la première guerre mondiale, la Royale Compagnie du Cabaret Wallon Tournaisien a acquis sa vitesse de croisière et s'est, peu à peu, imposée comme une institution tournaisienne incontournable. On est désormais bien loin de l'époque où des séances étaient organisées pour quelques hommes, au temps où les femmes n'accompagnaient pas (ou très peu) leurs époux dans les estaminets.

Depuis de nombreuses décennies, l'agenda des membres de la Royale Compagnie est bien rempli : deux petits cabarets annuels représentés quatre fois à l'étage de la Halle-aux-Draps et toujours réservés aux hommes par respect de la tradition, le Grand Cabaret du mois d'octobre présenté à cinq reprises dans la salle Noté de la Maison de la Culture auquel les dames sont admises et remplacé depuis 2008 par une revue annuelle, la représentation pour le 3ème âge organisée par l'Administration Communale, un déplacement annuel à Louvain La Neuve à l'invitation du cercle des étudiants tournaisiens de l'Université, l'organisation durant l'été du Concours Prayez qui permet de dénicher des auteurs de chansons, monologues ou poèmes écrits en patois, la participation, en septembre, à la "Fête de la Chanson Wallonne et du Cabaret Wallon" et un nombre inestimable de prestations ponctuelles en faveur d'associations philanthropiques.

Pendant près d'une trentaine d'années (de 1948 à 1975), la Royale Compagnie a mis sur pied l'annuelle "Orvue de l'karmesse", jouée durant les premières années à cinq ou six reprises lors des fêtes communales de septembre mais qui reçut un tel succès qu'elle fut par la suite représentée vingt à vingt-cinq fois occupant l'affiche jusqu'à la veille de la Toussaint. La revue connut un tel engouement (près de 20.000 spectateurs y assistaient chaque année) qu'elle attira l'attention de la télévision nationale (la RTB d'alors) qui enregistra et diffusa les dernières représentations grâce à une réalisation d'André Gevrey, aujourd'hui disparu. Le titre de la revue était souvent choisi en fonction d'évènements qui avaient marqué l'actualité de l'année, ainsi en 1962, "Ch'a Ch'est bazar" saluait l'arrivée du Grand Bazar, premier hypermarché au centre ville, "Féaut caire d'ssus" en 1969 rappellait, bien entendu, les premiers pas de l'homme sur la lune, "Ein point, ch'est tout" en 1970, une année d'élections ou encore "Tout feu, tout femme" en 1975, l'année de la Femme. En 1982, pour dignement fêter leur 75e anniversaire, les membres de la compagnie remirent, une dernière fois le couvert, en servant "Quand ch'teot l'Orvue", restrospective qui emplit de beaucoup de nostalgie, les fidèles spectateurs de cet évènement disparu.

La Compagnie est aussi fidèle à la tradition. L'organisation interne du souper des rois au début du mois de janvier, à l'approche du Lundi Perdu et le Jeu de Boules carreaulé à Kain qui semble aujourd'hui avoir disparu. 

Actuellement, on peut encore retrouver les membres de la compagnie sur les antennes radio de Vivacité (RTBF Hainaut), lors de l'émission dialectale du lundi soir animée par Annie Rak et, comme nous le fait remarquer une fidèle lectrice de nos rubriques, désormais, les petits cabarets sont retransmis sur les antennes de la télévision locale et communautaire "No Télé" ce qui permet à tous les tournaisiens et... tournaisiennes de suivre leurs chansonniers à domicile.

(sources : recherches personnelles).