11/12/2008

Tournai : l'année 1984 sous la loupe (2)

En cette année 1984, il se passe bien des évènements au niveau politique à Tournai. Le Tournaisien André Bertouille (PRL), Ministre de l'Education Nationale, doit faire face, dès le début de l'année, à une constestation croissante au sein de l'enseignement. Si d'importantes manifestations se déroulent dans de nombreuses villes du pays, c'est Tournai, son lieu de résidence, que certains choisissent pour faire entendre leur voix. A la fin avril, une manifestation rassemblant des élèves, des enseignants, des associations du personnel pour l'enseignement social défilent dans les rues de la cité des cinq clochers et, bien entendu, devant le domicile du Ministre. Quelques jours plus tard, lors des 10e journées de l'Enseignement Officiel qui y sont organisées, un chahut monstre accueille André Bertouille venu y participer.

Le 10 octobre, ambiance bien différente pour la venue du Ministre des Communications, Herman De Croo, invité à une réunion de travail par le bourgmestre Raoul Van Spitael en présence des "forces vives" de la région. Le Tournaisis souhaite voir évoluer trois dossiers qui traînent depuis bien longtemps : la rectification de la courbe de Béclers sur la ligne 94 (Tournai-Bruxelles), la décision du passage du TGV en site propre et l'électrification de la liaison Tournai-Lille. A son arrivée dans la Cour d'Honneur de l'Hôtel de Ville, à sa grande surprise, le Ministre est applaudi par une soixantaine d'agriculteurs venus soutenir leurs collègues opposés aux expropriations nécessaires à la modification du tracé à Béclers. Au grand dam des agriculteurs, certains soutiennent à Tournai que l'avenir de la région (ni plus, ni moins) est tributaire de cette rectification. Le Ministre écoute les arguments des uns et des autres mais a déjà sa petite idée sur le problème, une dépense de millions de francs et un mécontentement des agriculteurs locaux pour un gain d'environ deux à trois minutes entre la capitale et la cité de Clovis, est-ce réellement nécessaire ? Il annonce que des compensations seront accordées pour le passage du TGV en site propre et que pour la liaison Lille-Tournai, il faudra d'abord convaincre les autorités françaises qui, à cette époque, privilégient l'axe Lille-Courtrai.

La crise économique est omni-présente, la Ville de Tournai présente, en fin d'année, un budget en déficit qui devra obtenir l'aval des autorités de tutelle. Au niveau social, la situation n'est pas brillante chez Meura à Warchin, de difficiles négociations entre la Direction et les représentants syndicaux aboutissent le 2 octobre. La Région Wallonne alloue 125 millions de francs belges (3.098.000 Euros) mais ceux-ci seront versés à condition que le personnel accepte des économies de l'ordre de 17 millions de Fb (421.500 Euros) par an. Dix employés et 15 ouvriers seront licenciés ou partiront en pré-retraite sur les deux années à venir. Un plan d'investissement de 85 millions de Fb (2.107.000 Euros) sur trois ans et l'intervention d'une banque à hauteur de 100 millions (2.480.000 Euros) accompagnent l'aide de la R.W. Il semble que ces mesures soient malheureusement celles de la dernière chance pour cette chaudronnerie, spécialisée dans la construction de matériel de brasserie, un des fleurons de l'industrie tournaisienne. Dans le prochain article, nous parlerons des réalisations de l'année 1984.

09:44 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, herman de croo, meura, andre bertouille |