22/07/2009

Tournai au XXIe siècle

Nous avons terminé dernièrement notre longue rétrospective consacrée à l'actualité tournaisienne entre 1950 et 1999. Cette petite ville de province, alors habitée par environ 33.000 habitants, ravagée par la seconde guerre mondiale, a courageusement entrepris sa reconstruction et celle-ci dura jusqu'à la fin des années cinquante. Il y eut ensuite, durant les "golden sixties", une phase de stabilisation qui dura une quinzaine d'années, on assista alors, de la part de nos mandataires politiques, à une gestion en "bon père de famille" de la cité scaldéenne sans grandes réalisations, sans grands bouleversements, sans grand relief finalement. Ce manque de dynamisme politique fit craindre à certains que la ville ne se rendorme à jamais et reste la petite cité qu'on visite au hasard d'une halte dans son itinéraire de vacances. 

Au milieu des années septante, suite à la fusion des communes, l'entité tournaisienne est devenue la ville la plus étendue en superficie du royaume, comptant désormais près de 69.000 habitants. Une nouvelle majorité fit alors preuve de dynamisme pour développer les nombreux atouts touristiques que possèdent non seulement la cité aux cinq clochers mais aussi les petits villages aux paysages buccoliques qui la composent. Constructions nouvelles, sauvegarde et rénovation du patrimoine grâce à l'action de la Fondation Pasquier Grenier et de l'Administration Communale, amélioration des voiries tant au centre ville que dans les villages, création d'un centre du tourisme, initiatives qui lui permirent d'afficher un visage moderne, digne du XXIe siècle tout en lui conservant un caractère de cité ancienne qu'aiment visiter de nombreux touristes venant désormais du monde entier.

A la fin des années nonante, de nouveaux défis étaient lancés. La cathédrale Notre-Dame, devenue instable et enlaidie par les outrages du temps, nécessitait une stabilisation et un lifting qui lui permettrait de retrouver une nouvelle jeunesse, le beffroi également avait bien besoin d'une cure de jouvence tout comme la Halle-aux-Draps. Le Fort Rouge, en ruine depuis des décennies, n'attendait qu'à revivre, certains quartiers avaient besoins d'être revitalisés tout en conservant leur âme. Ces grands travaux marqueront le siècle et le millénaire qui vont naître. 

 Ces préoccupations n'étaient cependant pas celles des milliers de tournaisiens et de touristes qui avaient rejoint le centre-ville dans la soirée du 31 décembre 1999. Des illuminations particulières avaient embellies les rues, des horloges indiquant les heures des grandes villes situées sur des fuseaux horaires différents et une pendule électronique décomptant jours, heures, minutes nous séparant de l'an 2000 avaient été installées sur la façade de la Halle-aux-Draps. Depuis des semaines , les restaurants affichaient "complet". A minuit, un spectacle pyrotechnique qui avait été confié par l'Administration Communale à "la Compagnie des dernières lunes" embrasa le ciel tournaisien. N'ayant pu trouver une place sur un forum tournaisien, envahi par des milliers de fêtards, des centaines de personnes s'étaient massées également sur la place Reine Astrid ou la place de Lille pour admirer le spectacle exceptionnel. A Tounai-Expo, un réveillon spécial pour le passage à l'an 2000 avait rassemblé plus de 1.800 convives et dans un petit village proche de Tournai, à Taintignies, un couple avait même décidé de s'unir en la maison communale, à 0h15, voulant être ainsi les premiers mariés du nouveau siècle, cérémonie célébrée par l'échevin de l'Etat Civil, Bernard Deligne, pour lequel l'évènement restera probablement un souvenir impérissable de sa mandature. ... Un nouveau siècle débutait, on venait de basculer dans le troisième millénaire, que nous réserverait celui-ci, soyons assurés que bien peu de personnes y pensaient réllement en cette folle nuit de liesse populaire...

10:05 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, an 2000, reveillon |