26/02/2008

Tournai : le Conservatoire de Musique (2)

Dans l'article précédent, nous avions laissé notre école de musique au moment où elle venait de fêter son vingt-cinquième anniversaire. Le 25 juillet 1857, Charles Moreau, son premier directeur décède. A la rentrée suivante, on dénombre 143 élèves. Ce n'est cependant qu'en octobre 1858 que le Conseil Communal désigne Mr. André Soil pour remplacer le disparu à la fonction de professeur. Mr Soil a été parmi les premiers élèves de l'école de musique ! Il n'y restera pourtant que trois courtes années. En effet, en 1861, il présente sa démission car il vient d'obtenir un engagement de violon-solo au Théâtre de Nantes. Par la suite, il se fixera à Moscou. Mr. Carré, lui aussi originaire de Tournai, le remplace. En 1895, lors de la rentrée, on enregistre, pour la première fois, un nombre d'inscrits aux cours dépassant les deux cents. Nouvelle initiative des professeurs en 1860, l'organisation d'un concert donné en compagnie d'élèves dans le but de procurer des instruments aux inscrits nécessiteux. Les bâtiments de la Grand' Place dans lesquels l'école de musique est logée depuis 1832 sont vétustes, ils posent même certains problèmes en terme de sécurité pour les 202 étudiants qui fréquentent les cours. L'école va s'installer au Café de l'Académie après avoir fait un bref crochet par celui de l'Europe. Importante percée sociale en 1862, tous les cours deviennent gratuits.

En 1865, le 30 octobre, élèves et professeurs de l'école de musique vont devoir faire face à un évènement imprévu et tragique, Amédée Dubois, leur directeur, âgé de 47 ans, succombe de façon inopinée. La veille encore, il faisait des projets pour la maison qu'il dirigeait. Le Conseil Communal porte son choix sur Mr. Maurice Lenders pour lui succéder. Dans la "Feuille de Tournay" du 15 juin 1869, on apprend qu'une demande de subsisdes a été introduite par la Ville de Tournai en faveur de son école de musique. Celle-ci pourra être accueillie favorablement pour autant que la Ville consente à ce qu'un agent du Gouvernement soit admis à visiter l'école et à s'occuper de sa comptabilité. L'envoi d'une sorte de commissaire du Gouvernement comme on n'en connaît énormément à l'heure actuelle, à la différence importante que celui-ci était installé dans un but préventif pour surveiller l'utilisation des deniers publics et non curatif pour restaurer la confiance dans la gestion ! Une subvention est accordée, elle s'élève à 1.500 francs.

En 1872, l'Etat impose de nouvelles normes qui entraînent une réorganisation des cours, le Conseil Provincial apportera sa contribution financière dans le coût engendré par celle-ci. Evènement en 1877, l'Ecole de Musique devient "Académie de Musique", elle enseigne désormais à plus de 400 élèves. Trente ans après son accession au poste de Directeur, Maurice Lenders fait valoir ses droits à la retraite et, en cette année 1896, est remplacé par Nicolas Daneau, originaire de Montigny-sur-Sambre (région de Charleroi), compositeur, premier second Prix de Rome. A peine nommé, celui-ci s'active à mettre sur pied les concerts que nous connaissons encore aujourd'hui. En 1900, il forme un orchestre composé de 65 exécutants (élèves, anciens élèves et professeurs). Cinq ans plus tard, l'Académie compte 435 élèves inscrits quant à l'orchestre et aux choeurs mixtes, ils forment un ensemble de 275 exécutants. C'est à cette époque que l'Académie de Musique s'installe dans ses locaux de la rue Saint Martin. Grâce au travail incessant de Nicolas Daneau, grâce à sa vitalité, à un nombre toujours plus important d'élèves, le Conseil Communal attribue à l'Académie le titre de "Conservatoire de Musique de la Ville de Tournai" en 1913. Durant la première guerre mondiale, le tout jeune conservatoire continuera à prodiguer ses cours malgré des conditions pénibles (insécurité, manque de lumière, de chauffage) mais grâce à l'énergie déployée par la Direction et le corps professoral. En 1919, Nicolas Daneau est nommé Directeur du Conservatoire de Mons. Pendant les vingt-trois années passées à la tête de celui de Tournai, il avait, non seulement poursuivi le travail des anciens, mais également insufflé un élan nouveau... Dans le prochain article, nous continuerons à parcourir l'histoire du Conservatoire de Tournai.