18/05/2015

Tournai : l'Harmonie communale des Volontaires Pompiers

Depuis la création des zones de secours, le service incendie ne dépend plus directement de la Ville, celui de Tournai fait désormais partie de la zone de Wallonie Picarde qui regroupe, entre-autres, Ath, Mouscron et Tournai. La question se pose donc de savoir si l'Harmonie des Volontaires Pompiers peut encore être considérée comme communale. Va-t-on voir disparaître une phalange musicale créée à Tournai, il y a plus de 180 ans, une longévité qui la place parmi les plus anciennes société de la cité des cinq clochers ? 

1834- 2014 : coup d'œil sur une longue histoire.

C'est le 8 septembre 1834 que Mr. Gustave Delmotte, fondateur d'une société musicale composée de jeunes gens issus des familles de volontaires pompiers, la "Petite Musique", reçoit du commandant Philippe Neve l'accord, assorti de conditions, sur sa proposition de procurer une musique au Corps des Pompiers. Elle sera uniquement composée d'enfants de pompiers qui recevront gratuitement la formation musicale. Un an plus, sur sollicitation du commandant Neve, la phalange musicale sera officialisée et la ville lui accordera un subside.

Le 22 avril 1837, Gustave Delmotte démissionne et le choix des musiciens se porte sur Léonard Sernez, musicien au 4e régiment d'infanterie, pour les diriger. Ce choix sera entériné quelques jours plus tard, le 7 mai, par le Conseil du Corps des Pompiers.

Le 29 juillet 1838, la "musique des pompiers", comme on l'appelait à l'époque, participe au festival de Leuze.

Le 15 juillet 1839, l'administration communale édicte son règlement.

Le 14 novembre 1842, en présence du roi Léopold 1er, est inaugurée la ligne de chemin de fer reliant Mouscron à Tournai. La musique des pompiers interprète son répertoire lors de la réception des autorités qui se déroule dans la gare alors située au quai de l'Arsenal.

Les 24 et 25 mai 1846, la phalange va participer à la fête militaire qui se déroule à Roubaix.

Le 15 septembre de la même année, une grande réception est organisée par la Ville qui accueille la musique des Guides. La musique des volontaires pompiers est intégrée au cortège qui va parcourir les rues de la cité. L'ordre du cortège sera le suivant : le Corps des Pompiers avec tambour ouvre le défilé suivi de la Musique du 5e Régiment, vient ensuite la musique des pompiers avec détachement précédant celle des guides. La musique de la garde Civique précède un détachement d'artillerie. Au XIXe siècle, la foule était friande de ces parades militaires.

En 1847, lors de la visite du Gouverneur de la province, Léonard Sernez dirige la musique des pompiers et des amateurs choristes.

Par la loi du 8 mai 1848, article 26, le groupe prend l'appellation officielle d'Harmonie du Corps des Volontaires Pompiers de Tournai.

Le 11 octobre 1850, à Ostende, s'éteint à l'âge de 38 ans, la première reine des Belges, Louise-Marie d'Orléans, l'harmonie tournaisienne sera invitée à participer aux cérémonies civiles et religieuses.

Durant les cinq années qui vont suivre, l'harmonie participera à de nombreux festivals notamment à Renaix et à Lille où elle obtiendra un premier prix.

En 1863, après vingt-six années passées à la tête de la musique Léonard Sernez démissionne et est remplacé par Jean-Baptiste Neve, celui-ci ne fera qu'un bref passage à la direction musicale puisque le 30 septembre 1865, l'Administration communale désigne César Roge à la direction de l'harmonie.

Notons qu'en juillet 1867, la musique sera de service à la gare de Tournai pour saluer le passage du train du Sultan de Turquie.

Le 23 décembre 1893, après vingt-huit années passées à la tête du groupe musical César Roge s'en va, Quelques mois plus tard, il est remplacé par Fernand Godart. Ce dernier est de 31 ans, depuis 1886, il est attaché au Conservatoire de musique de Tournai en qualité de professeur. En 1919, il en sera même nommé directeur. Sous sa direction, l'harmonie va être, de nombreuses fois, primée notamment en 1902, année où elle remporte le concours international de Lille.

Arrivera le premier conflit mondial, l'harmonie se produira en 1915, en la Halle-aux-Draps lors d'un gala de charité.

A partir de 1921, l'harmonie communale des Volontaires Pompiers de Tournai sera dirigée par un autre professeur du Conservatoire, Désiré Verdière. Ce professeur de trompette est issu d'une famille de musiciens, son père exerçait la profession de luthier à la rue de la Triperie. Il va être à la base d'une tradition : le pot-pourri d'air tournaisiens interprété lors du concert d'ouverture de la kermesse de septembre sur le kiosque du parc communal. Désiré Verdière ne passera que sept années à la tête de la musique et sera remplacé, pour une courte période de trois ans par le Capitaine Léon Michel, chef de la musique militaire.

Après le départ de Désiré Verdière, les chefs vont se succéder. Léon Michel quittera son poste en 1932 et sera remplacé par Eugène Landrieu, professeur du conservatoire. En 1934, celui-ci aura l'honneur de fêter le centenaire de l'harmonie. En 1936, Célestin Allard, autre professeur du conservatoire prendra sa succession et André Colin, directeur du Conservatoire, dirigera l'ensemble musical de 1938 à 1940. 

Après la seconde guerre mondiale, un homme va à nouveau diriger l'harmonie durant une assez longue période, Alfred Verdière, frère de Désiré, clarinettiste, soliste à la musique des Guides, chef de musique à Dottignies et professeur au conservatoire. Au moment de sa désignation, il est âgé de 50 ans. L'air sévère derrière ses lunettes aux très fines montures, cet homme, au grand cœur et fort sensible, est parfois qualifié de main de velours dans un gant de fer, il aime la discipline mais il adore avant tout la musique et son harmonie. Sous sa direction, le 7 août 1949, la musique obtient le 1er prix en division d'Honneur au concours de marche d'Ostende. Le 3 juin 1959, elle reçoit par nomination du Roi, le titre de "Royale". Pour des raisons de santé, Alfred Verdière se retire en 1961.

Anselme Dachy prend sa succession, pianiste de la Royale Compagnie du Cabaret Wallon Tournaisien, compositeur, il insuffle un esprit plus moderne à son harmonie. Ses amis du Cabaret Wallon (Lucien Jardez, Marcel Roland...) viennent le soutenir et, dans le public, chanter toutes ses "cancheonnes tournaisiennes" rappelée lors du pot-pourri (on dit maintenant "medley") final.

Vingt et un ans plus tard, en 1983, il laisse sa place au sous-chef Raymond Delcroix. Promu au grade de sous-lieutenant-chef de musique, cet homme est un réel pédagogue, il est instituteur dans une des écoles communales et professeur au conservatoire. Il se trouve à la tête d'une harmonie forte de 70 musiciens et une clique de 16 tambours et trompettes. Il restera une bonne dizaine d'années à la direction du groupe. Lui succèdera Gaston Luc et désormais Sylvain Dupire.

L'harmonie communale des Volontaires Pompiers participe à tous les événements qui se déroulent dans la cité : au concert du Vendredi-Saint organisé sur le kiosque érigé à la rue Royale dans le cadre du Marché aux Fleurs, à l'ouverture de la journée des Quatre Cortèges des Amis de Tournai, au concert d'ouverture de la kermesse et à la grande Procession historique en septembre, aux festivités de  la Sainte-Barbe, sainte patronne des pompiers, au début du mois de décembre et donne également l'un ou l'autre concert de gala à Tournai ou à l'étranger. 

L'avenir ?

Hélas, depuis le début des années 2000, le nombre de musiciens va sans cesse en diminuant, ils sont encore une trentaine. Le jeune chef qui a repris la direction tente d'insuffler un esprit nouveau, les concerts sont toujours d'excellente qualité mais, malheureusement, il doit faire face à cette évolution inéluctable connue par tous les harmonies et fanfares, la désaffection des jeunes pour ce genre d'activité. On est en droit de se poser la question : pourquoi les jeunes font ils encore des années de conservatoire en parallèle avec les études pour ne pas exercer, par la suite, le talent qui est souvent le leur ? Était désormais confronté à une forme de snobisme de la part de parents qui obligent leurs enfants à aller au conservatoire, ceux-ci s'empressant d'oublier la musique une fois le diplôme obtenu. 

L'harmonie des Volontaires Pompiers de Tournai va-t-elle disparaître en raison de la réorganisation des zones de secours ou tout simplement par manque de musiciens ? On espère que les nouveaux dirigeants de celle-ci auront à cœur de conserver une tradition plus que centenaire.

(S.T. mai 2015)

24/05/2012

Tournai : origine du noms des rues des faubourgs (2)

Nous poursuivons notre visite du faubourg Saint-Martin à la découverte de l'origine du nom de certaines rues.

Nous avons traversé la chaussée de Willemeau et nous prenons la direction du quartier dit du "Maroc". Presqu'en face de la rue Jean Cousin se trouve la rue Doublet, appellation qui lui a été conférée en 1969 en remplacement de celle de "chemin Doublet ou chemin n°42". Dans cette rue se situe l'entrée principale de l'école paroissiale créée vers 1890 par la congrégation des religieuses de la Providence de Saint-Jean de Basel. En face, le Centre public d'Aide Sociale a érigé une résidence pour personnes agées composée de maisons sans étage et d'une tour à appartements de six étages. le nom de la rue provient probablement d'un des habitants.

Parallèle à la rue Doublet, en revenant vers la rue Général Piron (dont nous avons déjà parlé), la rue Mullier est le nom que porte, également depuis 1969, le "chemin Mullier ou chemin n°69". A l'arrière de l'école maternelle et primaire, la salle paroissiale a aussi accueilli, au milieu du XXe siècle, le Cinéclair, cinéma familial, qui présentait des films anciens ou de série B. Elle aussi doit son nom à un des habitants du lieu. 

Ces deux rues débouchent sur le Vieux Chemin d'Ere dont il est inutile de préciser l'origine du nom. 

Alors que celui-ci se dirige vers le village, un embranchement a pour nom la rue des Moissons, anciennement dénommée "chemin n°41 ou carrière de Barges". Il est situé à proximité des terrains d'entraînements de l'ancienne Union Sportive Tournaisienne. Il passe ensuite sous le pont de chemin de fer de l'ancienne ligne Tournai-Orchies transformée à cet endroit en un sentier de promenade qui mène jusqu'au centre du village d'Ere. A son extrémité, lorsqu'il rejoint la rue du Hameau de Barges, se trouvait un ancien moulin à eau.

La liaison entre le Pont à Rieu, carrefour situé au bas de la rue Général Piron et le centre du village d'Ere porte trois noms successifs : tout d'abord la rue des Carrières en raison de l'existence de deux carrières exploitées au XIXe et au début du XXe siècle dont l'une, la carrière de Barges, est bien connue des amateurs de plongée sous-marine. Ensuite, la rue du Hameau de Barges et enfin la rue du Château qui rappelle l'existence du château occupé par la baronne de Croëser durant la première partie du XIXe siècle qui en fit don au père passioniste italien Dominique pour la construction d'un noviciat, d'un couvent et d'une chapelle, entre 1842 et 1845. 

Là où s'élève ce couvent occupé par les Pères entre 1842 et 1995, la rue a pris tout naturellement le nom de rue des Pères

Revenant sur nos pas, nous traversons rapidement le quartier du Maroc, nous avons déjà parlé de l'origine de la rue Adolphe Prayez (1883-1917, membre fondateur de la Royale Compagnie du Cabaret Wallon Tournaisien qui a donné son nom à un concours pour la défense de notre patois) dont l'appellation a été décidée par le conseil communal en 1946, de la rue Roméo Dumoulin (1883-1944, peintre tournaisien), nom donné en 1951 et la rue des Collets Rouges dont le nom date d'avril 1965 lors de l'agrandissement du quartier. Celui-ci commémore ces pourvus qui, au XIXe siècle, exécutait des travaux légers chez les bourgeois contre une maigre rétribution. Leur habillement désignaient ces personnes souvent légèrement handicapée par le port d'un collet rouge pour les hommes. Elles étaient, hélas, bien souvent l'objet de moqueries.

En décembre 1972, voulant rendre hommage à la Royale Compagnie du Cabaret Wallon Tournaisien, l'administration communale décida de donner le nom de place du Cabaret Wallon, à la place du jeu de balle tracée au coeur du quartier et que ses habitants appelaient alors la "Grande Piste". L'inauguration par le bourgmestre Fernand Dumont eut lieu le dimanche 15 septembre 1974 et se termina par...une séance de cabaret !

Dernière rue de ce lieu populaire, la rue Saint-Eloi, qui forme elle aussi une placette, a été ainsi baptisée lors du conseil communal de mars 1927. C'est à cet endroit que furent construites, par le Logis Tournaisien, les premières habitations sociales de ce quartier en 1923.

Les amoureux du ballon rond et, particulièrement, de la Royale Union Sportive Tournaisienne se souviennent, probablement avec nostalgie, de la rue des Sports où était situé le terrain des Rouge et Vert. Son nom lui a été donné lors du conseil communal de septembre 1933, elle relie la rue de la Citadelle à la rue Général Piron. Désormais se dresse, à cet endroit, le nouvel hôpital du CHWAPi (Centre Hospitalierde Wallonie picarde). C'est dans cette rue qu'habitaient deux Tournaisiens connus, Alfred Verdière (1896-1965), Chef de l'harmonie des Volontaires Pompiers et professeur au Conservatoire de Tournai et Lucien Jardez (1916-2000), Président du Cabaret Wallon Tournaisien. 

La rue de la Citadelle qui prolonge la rue des Sports vers le carrefour des Résistants a été ainsi baptisée en juin 1877 après le démantèlement des fortifications de la ville et de la citadelle dite de Vauban, érigée sous Louis XIV. On y trouve notamment l'ancien hôpital militaire "Quartier Major Médecin de Bongnie", construit entre 1899 et 1908 et inauguré en 1912, la caserne Baron Ruquoy qui s'élève à l'emplacement de l'ancienne citadelle et les anciens bâtiments de la gendarmerie, aujourd'hui abandonnés depuis la fusion avec la police. Sous la rue, les "Amis de la Citadelle" ont mis à jour les souterrains qui partent vers le centre de la ville. Chaque année, des équipes de passionnés découvrent et sécurisent de nouveaux tronçons afin de permettre les visites à ceux qui aiment découvrir des éléments de notre patrimoine. Large, très pentue et aux pavés disjoints, la rue de la Citadelle aurait pu être inclue au programme des coureurs du Tour de France lors de l'arrivée du 2 juillet, elle aurait probablement permis une sélection à moins d'un kilomètre de l'arrivée, toutefois, à hauteur du carrefour des résistants, son accès est rendu impossible pour un imposant peloton de coureurs en raison de la sinuosité et de l'étroitesse des voiries qui la séparent des boulevards. 

Située entre la rue de Barges et la rue de la Citadelle, la rue Jean de Mesgrigny date des années septante lors de la construction de logements pour les militaires. Jean de Mesgrigny a vécu au XVIIe siècle, ingénieur, il fut également capitaine des Cadets gentilhommes de Tournai en 1682. On lui doit, en compagnie de Deshoullières, les plans de la citadelle.

Connue, également, la rue Despars qui se situe entre l'arrière des bâtiments militaires et l'institut de Défense Sociale, "les Marronniers". Jacques Despars est né à Tournai à la fin du XIVe siècle, Il fit des études à Paris et à Montpellier. Il fut médecin et clerc, chanoine et premier médecin de Charles VII, ambassadeur au concile de Constance qui eut lieu entre 1414 et 1418. Il est mort dans sa ville natale de Tournai en 1458, à près de quatre-vingt ans. Il a instauré trois bourses perpétuelles pour trois étudiants tournaisiens. 

(sources : étude de Ghislain Perron parue dans les mémoires de la Société Royale d'Histoire et d'Archéologie de Tournai - tome VI de 1989 et recherches personnelles).


01/03/2008

Tournai : Le conservatoire de Musique (6)

Sous la direction d'André Dumortier, le conservatoire de Tournai inaugure son cycle des auditions publiques des élèves. Les premières eurent lieu en 1957, à l'initiative de Mr. Robert Léonard, professeur de diction, de déclamation et d'art dramatique, né à Templeuve le 15 septembre 1924. On lui doit, à ces occasions, de véritables spectacles tels : "L'Arlésienne" tirée des oeuvres de Daudet et de Bizet, les "Hommages" à Bach, Haydn, Schumann et Schubert, "Les Précieuses Ridicules", "le Misanthrope" ou "la Princesse d'Elide", de Molière ou encore ses "Musiques" de Turquie, d'Espagne ou de Russie et "les deux orphelines", spectacle interprêté en la Halle-aux-Draps en 1977. Homme de grand talent, conteur extraordinaire, excellent comédien, Robert Léonard, qui ne fut jamais membre du Cabaret Wallon, prêta cependant, chaque année, son concours à des premiers rôles dans les "Revues du Cabaret" où ses prestations chantées et ses dons de comédiens furent unanimement appréciés. Très jeune, il avait appris la clarinette et ensuite le tuba et avait été chantre à la chorale Saint Etienne. Président du Cercle Choral Tornacum en 1961, Vice-Président d'Unimuse depuis sa fondation en 1949 et... Président de la commission administrative de la prison de Tournai, il était également Secrétaire du Parquet au palais de justice de Tournai. En lui, André Dumortier avait trouvé un collaborateur précieux.

Avec de tels hommes, le conservatoire continua à aller de l'avant, des cours de danse (1959), de guitare (1960) et d'Art Lyrique (1961) furent ainsi créés. Pour faire face à une demande de plus en plus importante de parents habitant parfois bien loin de Tournai, des sections préparatoires furent ouvertes à Antoing, Leuze-en-Hainaut, Celles, Taintignies et Templeuve en 1969, à Pecq, Frasnes-les Buissenal, Amougies et Wez-Velvain en 1970 et à Bléharies (Brunehaut) et Velaines en 1971. Le conservatoire rayonne de plus en plus sur toute une région, il permet à de jeunes enfants des environs d'apprendre la musique sans devoir effectuer des déplacements parfois difficiles en raison des horaires des cours (frein parfois à une vocation). André Dumortier fut entouré d'une pléiade d'excellents collègues. Evoquons ainsi Mme Joassin (la mère de l'actuel directeur), pianiste, elle faisait également partie de l'orchestre du Cabaret Wallon, Mr. Walter Duveiller, né à Tournai le 3 avril 1903, violoniste, entré au Cabaret Wallon Tournaisien en 1924, il en fut le trésorier de 1954 à 1959 et le Vice-Président jusqu'à son décès survenu à Chalons-sur Saône, le 14 mai 1974.

Evoquons également Mr. Alfred Verdière, né à Tournai le 9 juillet 1896 dans une famille de musiciens. Son père, Désiré, avait été professeur à l'Académie de Musique, vendait des instruments dans son magasin de la rue de la Triperie et était spécialisé dans la réparations des "cuivres". Alfred Verdière était l'ainé d'une famille de quatre enfants, trois garçons et une fille, très jeune, il avait appris le métier de luthier chez Dolnet à Paris. Ses plus jeunes frères Désiré et Michel-Albert étaient également professeurs au conservatoire, le premier donnait les cours de cornet, de trompette et de solfège, le second de hautbois. Hélas, le destin allait être tragique, le père, déjà veuf, mourut en février 1921 laissant quatre orphelins, l'ainé, Alfred, alors âgé de 25 ans, s'occupa des trois plus jeunes dont il devint le tuteur, Désiré allait succomber à l'age de 29 ans à un refroidissement, mal très souvent fatal à l'époque, Michel-Albert (nous en avons déjà parlé) sera abattu par un SS en 1945 à Magdebourg. Alfred Verdière fut professeur de clarinette, de saxophone, de violoncelle et de basson à l'Académie de Musique de Mouscron alors dirigée par Mr. Edgard Jeannelle. Il fit partie de la prestigieuse Musique du Régiment des Guides avec laquelle il effectua une tournée de plusieurs mois, en 1928, aux Etats-Unis. il dirigea la musique de Dottignies et les tournaisiens le connurent comme chef de l'Harmonie Communale des Sapeurs-pompiers de Tournai jusqu'en 1962, année durant laquelle il tomba gravement malade. Alfred Verdière s'est éteint en avril 1965 à l'aube de ses 69 ans. En 1977, André Dumortier fit valoir ses droits à la retraite. Modeste, il ne souhaita aucune cérémonie particulière pour marquer son départ après 23 années passées à la tête de l'institution tournaisienne. Il avait pourtant porté bien haut le renom de son Conservatoire. Un neuvième directeur sera bientôt désigné...