03/07/2008

Tournai : l'année 1966 sous la loupe (2)

L'année 1966 fut excellente sur le plan culturel à Tournai, marquée par des évènements exceptionnels. Le 8 septembre, la cathédrale Notre-Dame accueille, dans le cadre du Festival International musical du Hainaut, deux cents musiciens et choristes dirigés par Meredith Davies, accompagnant les solistes Elisabeth Harwood, Norma Procter, Duncan Robertson et Raimund Heirinck dans une magistrale interprétation du "Messie" de Haendel. Le lundi 10 octobre, toujours dans le cadre de ce même festival, les mélomanes ont rendez-vous, à la Halle-aux Draps, avec le "Quatuor Parennin", un des plus renommés au monde, dans un concert de musique de chambre qui va en enchanter plus d'un. Le mercredi 16 octobre, Aldo Ciccolini, un des plus grands pianistes d'alors, s'arrête à Tournai pour un concert à nouveau dans le cadre du Festival du Hainaut. Quelques jours plus tard, Jean Claude Vanden Eynde revient dans la cité des cinq clochers, à l'affiche du concert du Conservatoire. Enfin, en novembre, le gala de l'école d'infirmières Jeanne d'Arc est fortement apprécié par le public, Clotaire Ladam dirige l'orchestre de l'ORTF de Lille, dans un concert consacré à Beethoven, avec la participation de la pianiste Marie Thérèse Fourneau.

Les amateurs de théâtre ne sont pas en reste, si la saison du théâtre lyrique ne remporte plus un grand succès (sa formule doit peut-être être revue), la venue en octobre d'André Luguet dans la pièce d'André Roussin, "Lorsque l'enfant paraît", déplace la foule en la Halle-aux-Draps. A ses côtés, Christiane Lenain et Jean Pierre Loriot, entre autres, recueillent aussi une part du succès. De même, le 10 novembre, le Théâtre du Parc vient présenter "La brune que voilà" une pièce de et avec Robert Lamoureux mais avec également Serge Michel, Liliane Vincent et Colette Emmanuelle.

Pour la première fois depuis près de douze ans, aucun grand cirque ne vient dresser son chapiteau sur la plaine des Manoeuvres. Le cirque "Tyroler" qui s'y installe en octobre, gardera un mauvais souvenir de son passage dans notre ville. Astrid, l'éléphanteau vedette, meurt empoisonné probablement par un visiteur de la ménagerie qui n'a pas respecter l'interdiction de nourrir les animaux. Cette information relève déjà des faits divers.

Ceux-ci furent nombreux en cette année 1966, le lot habituel des accidents mortels de la circulation, des ouvriers ensevelis par l'éboulement des terres d'une excavation qu'il étaient en train de réaliser, des vols et des arrestations mais surtout, une catastrophe évitée de justesse. Le mardi 10 mai 1966, la Grand'Place est envahie par les métiers forains venus pour la traditionnelle "Foire de Mai", à deux pas, dans la rue des Maux, une explosion détruit le restaurant "Hong Kong" sis au numéro 9 (anciennement à l'enseigne de la Pucelle d'Orléans). Heureusement, c'était le jour de fermeture hebdomadaire. L'explosion fera néanmoins 4 blessés légers, des passants atteints par les éclats de verre des vitrines pulvérisées par le souffle. Les dégâts seront importants, deux automobilistes français qui avaient stationné leurs véhicules devant le restaurant les retrouvèrent écrasés sous la façade de celui-ci. Ce jour là, l'Optimiste se trouvait à proximité, il se souvient de cette petite dame agée, à la fenêtre de l'étage du magasin Normandie, propulsée dans son divan par le souffle de l'explosion. Dans un prochain article, nous parlerons des évènements exceptionnels qui marquèrent également le domaine sportif en cette année 1966 à Tournai...