24/07/2007

Tournai et ses villages : Froyennes (2)

Dans ce village, a été arrêtée, le 20 octobre 1915, Louise de Bettignies. Née à Tournai en 1880, elle avait fait ses études à Oxford et dès le début du conflit de 1914-1918 avait organisé un réseau d'epionnage pour le compte de l'Intelligence Service. Celui-ci couvrait le Nord de la France et la région frontalière s'étendant de Mouscron à Tournai. Louise de Bettignies, dont le souvenir est également commémoré à Lille, opérait sous le nom de code d"Alice Dubois". Elle récoltera de précieux renseignements sur les mouvements des troupes allemandes en se rendant régulièrement en Hollande, à Gand ou à Bruxelles. Alors qu'elle se trouve à Froyennes, en cette journée d'octobre 1915, elle est arrêtée par les Allemands et parvient à avaler le document qui était en sa possession. On l'emmena dans un café voisin à l'enseigne du "Canon d'Or" pour l'interroger, transférée à Bruxelles elle y fut condamnée à mort en mars 1916, sa peine fut commuée en travaux forcés à perpétuité. Incarcérée à Sieburg en Allemagne, elle mourut au cours d'une intervention chirurgicale réalisée dans des conditions désastreuses. Sur l'immeuble de la chaussée de Courtrai, une plaque commémorative a été apposée et son nom a été donné à la place qui se trouve de l'autre côté de la rue.

Albert Baisieux est né à Froyennes en 1918, ses études primaires terminées, il est placé comme apprenti coiffeur. Son oncle s'aperçevant rapidement que ce métier n'est pas fait pour lui, l'engage dans son atelier de tailleur de pierres et l'inscrit à l'Académie des Beaux Arts où il apprendra le dessin et la sculpture. Dix ans plus tard, il se verra attribuer de nombreuses distinctions : la Grande médaille d'argent du gouvernement en 1939, les prix Octave Castaigne pour la sculpture et ensuite pour la peinture lui sont également décernés. En 1942, c'est le prix Goderlache qui vient couronner son oeuvre représentant une femme assise, dénommée "Sérénité" qui décore l'Hôtel de Ville de Tournai. En 1944, il partage le prix de Rome avec Elisabeth Barmarin, "l'Homme debout", créé à cette occasion, se trouve depuis lors au Musée des Beaux Arts de la ville.

Beaucoup de Tournaisiens qui empruntent la partie latérale du Pont-à-Pont, dans la descente vers l'Escaut de la rue des Puits l'Eau ne savent peut-être pas que le haut-relief représentant une "femme donnant à boire à un enfant" est également de lui. Il réalisera par la suite la statue de "Notre-Dame de la Treille" qui orne le Mémorial Sainte Marguerite visible dans le mur arrière de l'ancien couvent des Petites Soeurs des Pauvres, à la rue du Ballon. Albert Basieux, natif de Froyennes, est mort à Tournai en 1949.

On dit que les vieux habitants du village continuent à faire une distinction entre les personnes nées dans le village, de parents y résidant depuis toujours et celles venues y vivre même depuis quelques générations, sorte de chauvinisme local qui tend cependant à disparaître. Froyennes est un village où il fait bon vivre. Chaque année, le cercle des collectionneurs froyennois invite le public à découvrir les pièces rares recherchées par ses membres. Miniatures, coquetiers, cartes postales, théières et une foules d'objets divers sont ainsi exposés durant un week-end.

Chaque semaine, le Foyer Saint Eloi accueille les clubs de joueurs de Whist et ceux du Scrabble duplicate. La troupe théâtrale locale, "la Relève Saint Eloi", monte tous les ans une pièce qui est jouée dans la salle des fêtes avant d'être interprétée dans les villages environnants durant l'hiver. Jusqu'à la fin des années quatre-vingt, les "Fêtes de Froyennes", organisées en septembre, invitaient les promeneurs à la flânerie le long des étangs décorés, fleuris et illuminés, charmaient les mélomanes par les concerts dans le parc du château, ravissaient les enfants par les attractions foraines de la place, permettaient la visite du moulin à eau, dans ses guinguettes offraient à la dégustation bières artisanales et petite restauration traditionnelle et se clôturaient par un feu d'artifice. Faute de budget, celles-ci ne sont malheureusement plus organisées. Froyennes, un village de promenades que l'Optimiste vous invite à découvrir ou à revisiter...

(sources : "Biographies Tournaisiennes" de Gaston Lefebvre et recherches personnelles).