24/08/2008

Tournai : l'année 1972 sous la loupe (3)

L'actualité culturelle sera encore très riche en cette année 1972. Le premier artiste à se produire à Tournai est Gilbert Bécaud. Le chanteur français revient dans la cité des cinq clochers pour un récital en la salle "Scala", bien trop petite pour accueillir les candidats spectateurs. On reste rêveur quand on apprend que le prix des places était compris entre 6,25 et 8,75 Euros ! En cette fin janvier, les amateurs de théâtre se retrouvent en la Halle-aux-Draps pour assister à la représentation de la pièce " Le borgne est roi" avec Maria Casares et Samy Frey. A la mi-février, les Galas Karsenty-Herbert présentent "Un sale égoïste" avec dans le rôle principal : Paul Meurisse (le célèbre "Monocle" au cinéma). Le dimanche 20 février, une tentative de renaissance du carnaval de Tournai amène les différents groupes tournaisiens dans les rues de la cité pour un mini-cortège composé des Gilles de Saint Piat, des Pêcheurs Napolitains de Marvis, des Pierrots de Sainte Marguerite, des Déchaînés mais aussi des fanfares de Mourcourt et d'Esplechin et quelques chars préparés pour la circonstance. Il y avait plus d'une décennie que le carnaval était moribond à Tournai.

En mars, assez bizarrement, on enregistre un "flop" dans la programmation théâtrale, la Halle-aux-Draps est presque vide pour accueillir la pièce de Marcel Achard, "Nous irons à Valparaiso" malgré la présence à l'affiche de Jean Pierre Aumont, Marisa Pavan et de Geneviève Grad (la fille de Cruchot alias Louis de Funes dans la série des Gendarmes). Par contre le succès de foule est au rendez-vous, les 6, 7 et 8 mai, au Boulevard Léopold, où est organisé le premier "Festival de Tournai-Don Bosco" dont l'affiche se compose outre un concours de fanfares régionales, des noms des Wallace Collection, des Dixie Stompers et de Claude François. Le tarif est de 3,10 Euros pour les trois jours ! Juin ramène l'annuelle Journée des Quatre Cortèges. Les Tournaisiens retrouvent, lors de la parade des musiques militaires, pour la 3e fois consécutive, "l'Alamein Staff Band". En cette année 1972, les liens entre les habitants de la ville et la musique anglaise se sont encore affirmés puisqu'une jeune fille de Kain a épousé au printemps un des musiciens de la phalange, rencontré probablement durant la British Week de 1970. Le 5 août, la cathédrale accueille l'organiste chinoise Edith Ho avant son passage aux grandes orgues de Notre-Dame de Paris.

Le 16 septembre, le Festival Musical international du Hainaut s'ouvre en la cathédrale avec "Le Messie" de Haëndel par l'Orchestre Symphonique de la RTB dirigé par Philipp Ledger, un jeune chef britannique de 35 ans et avec la soprano Felicity Palmer. Le festival se poursuit le 22 septembre par une prestation de "The Academy of Sint Martin-in-the-Fields" sous la direction de Nevill Mariner et le 27 septembre par l'audition de "The Purcell consort of voices" en l'église Saint Quentin. Le concert du 4 octobre est attendu par tous les mélomanes tournaisiens, il est dédié à César Franck et interprété par l'Orchestre Symphonique de la RTB dirigé par son chef René Defossez avec en soliste le pianiste André Dumortier, Directeur de notre conservatoire et lauréat du concours international Eugène Ysaye en 1937. Hélas, souffrant, il devra céder sa place à André de Groote. Le 5 octobre, John William se produit à nouveau en la Halle-aux-Draps. Le 22 octobre "The Early Music Concert of London" présente des oeuvres du Moyen-Age, de la Renaissance et de la période baroque en l'église Saint Quentin.

Le 3 novembre, dans le cadre de son gala annuel, l'école d'enseignement spécial "Les Horizons Nouveaux" et son directeur Jean Pierre Hugé accueillent en la Halle-aux-Draps, le West Music Club mais aussi la plus grande organiste de l'époque, Rhoda Scott, née en 1938 dans le New Jersey et qui présente la particularité de se déchausser avant de commencer à jouer. Tournai a toujours eu une relation profonde avec le monde du cirque, aussi n'est-il pas étonnant de voir un de ses habitants, Mr. Patrick Hourdequin, présenter une exposition sur les gens du voyage en la Halle-aux-Draps tandis que, sur la Plaine des Manoeuvres, les 14, 15 et 16 novembre, Emilien Bouglione a planté son châpiteau. Le samedi 25 novembre, la Maison de la Culture présente un spectacle haut en couleurs, pendant deux heures les spectateurs s'enthousiasment aux prouesses des danseurs et des musiciens du Ballet du Sénégal. L'année 1972, restera aussi gravée dans la mémoire d'un habitant de Froyennes, marié, père d'un enfant, il réalise son rêve, Francis Dorpe publie son premier roman "Le Bâtard", une réflexion sur le mal de notre époque : la perte des valeurs humaines. En ajoutant les petits cabarets wallons, le théâtre Wallon et la revue de la Kermesse, en mentionnant les ducasses et les deux foires aux manèges, en évoquant les fêtes patronnales et la sainte Barbette des Pompiers, on peut dire qu'à chaque instant, il s'est passé un évènement culturel ou folklorique dans la cité des cinq clochers en cette année 1972. Amis sportifs, dans le prochain article, on évoquera un panel des évènements de cette même année. ...