03/05/2008

Tournai : l'année 1957 sous la loupe

En terminant l'analyse de cette année 1957, on constate que durant celle-ci, la ville a accueilli de nombreuses personnalités. Au mois de février, c'est Alain Bombard, le naufragé volontaire, qui vient donner une conférence suivie par un nombreux public en la Halle-au-Draps. Le 13 avril, le "fou-chantant", Charles Trenet fait un triomphe lors de son tour de chant. Au mois de juillet, l'Arena-Circus de Frans Althoff dresse son chapiteau de 50 mètres de long sur la Plaine des Manoeuvres. Il se déplace au moyen de deux trains spéciaux de 58 wagons. Il propose un spectacle exceptionnel de 45 numéros (impensable à notre époque) avec plusieurs dizaines de chevaux, 14 éléphants, 8 lions, des animaux exotiques présentés sur la piste, un numéro de phoques, des acrobates cyclistes cosaques et un final avec le reconstitution des jeux du cirque de la Rome antique. Le 10 novembre, les mélomanes ont rendez-vous pour le récital de la violoniste Lola Bobesco et le 30 décembre, à la veille du réveillon, Norbert Casteret, l'homme de la Pierre Saint Martin, le Président des spéléologues de France clôture l'année en la Halle-aux-Draps.

Cette année est également marquée par une augmentation brutale des accidents de la circulation dans le Tournaisis. Il ne se passe pas un jour sans que la presse ne relate un ou plusieurs accidents mortels dans la région. Ainsi, le vendredi 19 juillet, une catastrophe est évitée de justesse. Une voiture conduite par le Consul de Norvège demeurant à Gand aborde le carrefour des Vendéens venant de la chaussée de Renaix. Probablement suite à une distraction, il entre en collision avec un camion chargé de 10 tonnes de charbon circulant dans le sens du Boulevard des Combattants vers la gare. Enchevêtrés, les deux véhicules foncent sur les pompes de la station Ara située à l'angle du boulevard des Déportés et de la rue des Volontaires les arrachant. Grâce au sang-froid du routier, les véhicules parviennent à se dégager alors que la voiture prenait déjà feu. Les occupants furent sauvés in-extremis. Les pompiers, sous les ordres du commandant Cambier, appelés par un policier de passage seront maîtres du sinistre avant que les flammes n'atteignent le réservoir de 12.000 litres d'essence. Un quartier entier avait été sauvé. Lors d'un autre accident survenu à la chaussée de Bruxelles, deux ouvriers occupés à la réparation de la voirie sont fauchés et tués par un automobilistes qui n'a pas vu les barrières de chantier et pour cause, il roule avec un taux d'alcoolémie de 3,2 gr dans le sang ALORS que la limité légale à l'époque est de 1,6 gr !

On poursuit les inaugurations, ainsi le samedi 5 avril, le ministre de la Santé Publique et de la Famille, Edmond Leburton assiste à la mise en service de la station d'adoucissement des eaux qui vient d'être construite au boulevard Léopold, derrière le Casino. Les premiers pompages avait eu lieu à cet endroit en 1905 et la première installation avait été suivie par la construction des réservoirs du Pic au Vent en 1925 et la création des captages d'Ere et des Emprises en 1933. En 1957, la distribution par la Régie des Eaux de la ville concerne 22 communes et plus de 60.000 habitants. Dans son discours, le bourgmeste Jules Hossey évoque son inquiétude face à l'importance des prélèvements qui risquent d'épuiser la nappe aquifère du Tournaisis (déjà !). Le 12 mai, on procède, en présence de Mr. Gilson, représentant du gouvernement à l'inauguration des nouveaux locaux de l'Ecole des Frères à la rue du Four Chapitre et le lundi 28 octobre, on inaugure le dernier des ponts détruits lors des bombardements de 1940, le pont Notre-Dame. Vingt-quatre heures après la mise en service de ce pont levis on notait déjà un premier accident. Peu à peu les cicatrices de la guerre s'effacent...