14/10/2013

Tournai : l'année 2009 sous la loupe (1)

Avec le rappel des événements qui ont émaillé l'année 2009, nous arrivons à la fin d'une longue rétrospective de l'actualité tournaisienne débutée le 1er janvier 1900. Nous avons ainsi survolé cent dix années d'histoire locale. Bientôt, nous nous retremperons dans l'atmosphère du XIXe siècle. 

En cette année 2009, au niveau international, la violence est une fois encore omniprésente et se traduit par la fusillade survenue, le 11 mars, dans un lycée du Wisconsin où un ancien étudiant tue neuf élèves, trois enseignants et trois passants ou, encore, par cette manifestation du 7 février à Madagascar durant laquelle la police, pour la réprimer, ouvre le feu et tue vingt-huit personnes et en blesse deux cent douze autres. En une semaine, ces manifestations coûteront la vie à cent vingt-cinq personnes et feront des centaines de blessés.

Le 14 mars, le chanteur Alain Bashung s'éteint, il avait 61 ans.

Au niveau national, la banque Fortis annonce une perte de dix-neuf milliards pour l'année 2008 et le groupe Dexia de plus de trois milliards. La crise des "subprimes" aux Etats-Unis a mis en péril l'économie mondiale et va faire ressentir ses effets durant des années encore.

La presse nous apprend qu'en 2009, l'espérance de vie en Belgique est de 77 ans pour les hommes et 82 ans pour les femmes.

Le sport belge est en deuil, le 4 janvier, Léo Clijsters, l'ancien international belge de football et père de Kim, la championne de tennis, décède à l'âge de 52 ans.

Que s'est-il passé au cours du premier trimestre 2009 dans la cité des cinq clochers ?

Janvier.

Malheureusement, cela devient tristement habituel, l'année débute par un grave accident de la circulation, le jeudi 1er janvier, vers 21h, à Barry. Rentrant chez elles aux Pays-Bas, quatre jeunes filles (deux de nationalité française et deux hollandaises), en raison du brouillard qui  sévit sur la région, aperçoivent tardivement le véhicule qui les précède sur la chaussée de Bruxelles, le freinage trop violent provoque une perte de contrôle du véhicule qui part en tonneaux. La conductrice transportée en clinique décèdera pendant la nuit, les autres occupantes seront blessées.

Cette première semaine est marquée par un froid glacial et de fréquentes chutes de neige. La nuit du 6 au 7 janvier, la température frôle les - 10° et le mercure descendra même jusqu'à - 13° les nuits suivantes. 

A Tournai aussi la violence est, hélas, présente et elle atteindra son apogée le samedi 10 janvier. Il est environ cinq heures du matin quand une dispute éclate entre quelques consommateurs dans un café de la Grand-Place, un des protagonistes quitte rapidement l'établissement, se rend à son domicile de la rue Saint-Martin et revient, armé d'un couteau, quelques instants plus tard en compagnie d'une autre personne. Un jeune homme sans histoire, apprécié dans les différents cercles sportifs et associations dont il était membre, a participé à une fête avec des amis et sort de l'établissement. Recevant un coup de couteau, le jeune Julien, 22 ans, s'effondre sur le trottoir. Alors que les secours sont appelés, son meurtrier prend la fuite. Sa cavale le mènera en France, en Allemagne et à Stockholm où il sera finalement arrêté, dans un restaurant, le samedi 31 janvier et extradé une semaine plus tard.

Alors que la population est encore sous le choc et que des fleurs ont été déposées à l'endroit où le jeune homme a perdu la vie, à peine une semaine plus tard, le vendredi 16 janvier, vers 5h du matin également, deux individus en état d'ivresse s'attaquent à la vitrine d'une boulangerie située elle aussi sur la Grand-Place. Le fils de la maison, qui aide son père, sort et se fait frapper à l'arcade sourcilière, il aura également un bras cassé. Violence gratuite de personnes éméchées, abruties par une nuit sans sommeil.

Le samedi 17 janvier, au petit matin, un jeune homme qui rentre chez lui après avoir passé la nuit dans une discothèque de la région perd le contrôle de son véhicule sur l'autoroute, à hauteur de Froyennes, et termine sa course contre un arbre, il sera malheureusement tué sur le coup. 

Le mardi 20 janvier, la Maison de la Culture présente "Les Fourberies de Scapin". La pièce de Molière a été mise en scène par Christine Delmotte. Le public est surpris par la performance de Pietro Pizutti qui, avec brio et sobriété surprend, fait rire, bouleverse et désenchante. Grâce à lui et aux autres comédiens, cette comédie de Molière jouée pour la première fois au Palais Royal de Paris, le 24 mai 1671, a retrouvé une nouvelle jeunesse.

Le vendredi 23 janvier, la salle Jean Noté de la Maison de la Culture affiche à nouveau complet pour accueillir un représentant de la nouvelle scène française, Vincent Delerm revient à Tournai après une première apparition en 2005.

Février.

Le dimanche 1er février, à Hoogeheide, aux Pays-Bas, lors du championnat mondial de cyclo-cross, dans la catégorie des "Espoirs", le Tournaisien Quentin Bertholet termine à une brillante 6e place. Le vainqueur n'est autre que le coureur allemand Walsleben.

Débutée à la fin du mois de janvier, une nouvelle vague de froid sévit durant les premiers jours de février.

Depuis la création du "Beau Séjour" et de la "Résidence des peupliers" au début des années septante, on n'avait plus assisté à la naissance d'un nouveau quartier. En ce début de février, les premiers habitants prennent possession de leurs maison à la Couture des Trois Oignons à Warchin, Les nouvelles voiries prennent le nom d'Hélène Dutrieux, Tournaisienne née en 1877, première aviatrice belge, de Jean Baptiste Glorieux, aéronaute bien connu dans la région et de René Desclée, photographe tournaisien qui utilisa notamment le cerf-volant afin de réaliser de nombreuses prises de vue aériennes, au début du XXe siècle.

Molière est à nouveau à l'affiche de la Maison de la Culture, du mardi 3 au samedi 7 mars, Philippe Sireuil a mis en scène "le Misanthrope" avec notamment Philippe Jeusette et Marie Lecomte.

Attaquée de toutes parts, l'ambitieuse tour de béton et de verre que certains souhaitaient voir s'élever aux côtés de celles de Notre-Dame fait parler d'elle au cours d'une réunion qui se tient à la cathédrale, le 6 février. Une cinquantaine de conseillers provinciaux, invités par la commission des finances et du patrimoine de la province du Hainaut se réunissent pour un "tour du propriétaire" organisé dans le cadre des travaux de rénovation de l'édifice religieux. Nicolas Michelin, l'auteur de projet parisien de rénovation du quartier cathédral est présent. Il affirme haut et fort que cette tour n'est qu'une esquisse, juste une "idée" jetée sur papier. Une idée qui a quand même donné naissance à une maquette, provoqué des réunions, a été la source de nombreux articles de presse et de reportages sur No Télé, déclenché des réactions en sens divers. Comprenne qui pourra !

Le vendredi 13 février, la Maison de la Culture accueille la Compagnie Le Carré Curieux, Cirque Vivant ! Le public est convié à un spectacle où tous les arts circassiens sont passés en revue : diabolo, exercices au mât ou sur monocycle..., un voyage avec ses surprises, ses euphories, ses étonnements et ses doutes.  

Le 15 février, au coude à coude au niveau du classement de la Division 2 Nationale de football, le S.K. Renaix et le FC Tournai se rencontrent dans la cité flandrienne. Les locaux l'emportent sur le score de 1-0. Ce qui leur permet d'occuper la troisième place du classement avec 41 points, alors que leurs adversaires du jour occupent la cinquième place avec 38 points. Le classement est toujours dominé par St Trond devant le Lierse.

Le mercredi 18 février, Bénabar revient sur une scène qu'il avait déjà foulé fin 2003. Le public de la salle Jean Noté lui réserve un triomphe, en première partie de son spectacle, la fanfare de Mourcourt dirigée par Eloi Baudimont crée une ambiance extraordinaire. 

Un incendie éclate, la nuit du dimanche 22 au lundi 23 février, dans une petite maison de la rue des Sœurs de la Charité. Un homme de 47 ans, bien connu dans le quartier, est retrouvé mort par les pompiers au pied de l'escalier. Il semblait qu'il avait voulu fuir par l'étage un feu de bonbonne qui s'était déclaré au rez-de-chaussée.

Du jeudi 19 au samedi 21 février, les amateurs de rock se donnent rendez-vous dans les différentes salles de la Maison de la Culture pour le D'hiver rock Festival.

Mars. 

Du 5 au 9 mars, la Piste aux Espoirs est de retour, les artistes des arts circassiens envahissent les salles, les parvis, les places, les rues et même une chapelle. Dans le cadre de ce festival de cirque, le dimanche 8, l'Orchestre International du Vetex se produit sur la scène de la Maison de la Culture dans un spectacle intitulé "Balkans Banquets" où il va à l'encontre des clichés et souligne les ressemblances entre la Belgique et les Balkans au moyen de musiques festives ou mélancoliques, d'images, de poésie et de cuisine typique.

Le mercredi 18, sur la scène de la Maison de la Culture, le comédien et chanteur Claude Semal, accompagné de son complice bilingue et multi-instrumentaliste Eric Crabs, a concocté un spectacle bien belge intitulé, "Cabaretje" où se mêlent surréalisme, poésie et humour.

Les 20 et 21 mars, le Carnaval de Tournai succède à la Piste aux Espoirs, sur le thème de "la boîte sous toutes ses formes". Des milliers de participants se donnent rendez-vous dans les rues de la cité des cinq clochers sous un soleil printanier et une température agréable.

Le samedi 21, la chaussée de Lille est le théâtre d'une tragédie de la route. Il est un peu plus de 18 h, une dame se déplaçant au moyen d'une chaise motorisée entame la traversée de cet important axe routier sur le passage pour piétons qui mène à la rue Bonnemaison. Une automobiliste aveuglée par le soleil couchant, roulant pourtant prudemment, ne l'aperçoit qu'au dernier moment. Projetée, la dame sera transportée à la Dorcas où elle décèdera durant la nuit.

Le samedi 28 mars, les Insolents accueillent en la salle La Fenêtre Vincent Brackelaere, membre de la Royale Compagnie du Cabaret Wallon Tournaisien. L'actualité est passée à la moulinette dans la bonne humeur. 

Le lendemain, en l'église Saint-Jacques, les mélomanes sont conviés à un concert intitulé "Chants de l'Est", trois ensembles de l'Eurométropole interprètent trois compositeurs des pays de l'Est.

 

(sources : Courrier de l'Escaut et documentation personnelle). 

S.T. octobre 2013 

 

   

 

 

20/02/2013

Tournai : "Mourir lorsque renaît le jour"

Mourir lorsque renaît le jour, voilà probablement un titre intéressant pour un roman, ces quelques mots sont malheureusement la traduction d'un drame qui se joue, week-end après week-end, sur les routes du Tournaisis.

L'I.B.S.R. (l'institut Belge pour la Sécurité Routièe) a lancé, il y a déjà de nombreux mois, une campagne intitulée "Go for Zero", sensée réduire le nombre de tués sur les routes belges.

Au niveau national, si le nombre de tués a été en constante régression entre les années 2000 et 2010 passant de 1.500 à 840 (-44%), on a constaté une tendance inverse en 2011 par rapport à 2010, passant à 875 tués (+ 2,98 %), les statistiques de 2012 seront publiées prochainement et ne devraient pas inciter à l'optimisme.

Pour Tournai, la zone de police a constaté une infime diminution du nombre d'accidents de la route passant de 1.379 (2010) à 1.363 (2011), la différence de 1,1 % n'est pas significative, elle a aussi comptabilisé 14 tués et 9 blessés graves en 2010 et 10 tués et 8 blessés graves de 2011. 

Les chiffres qui interpellent sont ceux des accidents enregistrés lors des week-ends, on en a dénombré 425 tant en 2010 qu'en 2011, nombre représentant environ 31 % du total des accidents constatés par les policiers. Ils sont aussi plus spectaculaires et se soldent souvent par un bilan plus lourd. 

Ces accidents surviennent le plus souvent à l'aube, à l'heure des retours des nombreux jeunes ayant fréquenté les méga-dancings établis le long des grands axes routiers aux quatre coins du Tournaisis.

Le phénomène est inquiétant, ainsi en 2011 sur les 10 décès survenus lors des accidents de la route, 6 sont intervenus lors d'un week-end. Le personnel de garde qu'il soit au service ambulance (112) ou dans les deux services d'urgence des cliniques tournaisiennes (Notre-Dame et la Dorcas) a vu également arriver de très nombreux blessés (147 en 2010 et 113 en 2011).

Les causes de ces accidents sont malheureusement bien connues : la fatigue, la vitesse, l'alcool, l'usage des stupéfiants. 

Beaucoup de jeunes Français viennent faire la fête en Belgique où les discothèques sont plus nombreuses que dans le Nord de la France et surtout, financièrement, nettement plus abordables. De plus, la législation en France impose une fermeture des établissements à une heure beaucoup plus précoce qu'en Belgique où la loi est fort laxiste à ce sujet et uniquement basée sur une rentabilité économique. En Belgique, on ne peut interdire le gagne-pain des personnes même si celui-ci met en danger la vie des usagers, v oilà l'idée qui prévaut. On finit donc la nuit à Tournai et dans sa région. 

Dans le cadre de la protection de sa population contre les nuisances générées par un lieu festif nocturne (bruits, bagarres, dégradations, vente de stupéfiants, accidents mortels...), une autorité locale n'a d'ailleurs pas le droit d'imposer unilatéralement une interdiction d'ouverture et celle-ci, si elle est décidée suite à un fait grave, ne pourra être qu'une mesure temporaire.

Selon ce que m'a confié, un jour, un ami habitant outre-Quiévrain, il faut bien constater que les conducteurs français, une fois arrivés en territoire belge, se sentent pousser des ailes car il n'y a plus le risque de perdre des points pour le permis et la malchance d'être flashé pour excès de vitesse semble moins importante que dans l'Hexagone, on vient même parfois rouler sur le territoire voisin déchu de son permis de conduire considérant probablement que la sanction n'y a pas cours.

A la sortie des discothèques, il n'est pas rare de voir les jeunes s'entasser à cinq ou six dans une petite cylindrée pour ramener des ami(e)s d'un soir et jouer "à l'épate", au conducteur chevronné ou au pilote de rallye face aux filles alors qu'on est encore très jeune et qu'on n'a pas encore acquis l'expérience requise. 

Devant partir pour mon travail, lors d'une nuit de week-end, j'ai vu arriver un véhicule en face de moi, klaxonnant et se rabattant vers la droite au tout dernier moment, au passage ma voiture fut aspergée du contenu des bouteilles que les occupants agitaient par les fenêtres de la voiture en hurlant. A part vous jeter dans le décor que voulez-vous faire face à de pareils individus fortement imbibés d'alcool ou sous l'emprise de la drogue ?

Malheureusement, cette insconscience du danger se paie parfois "cash" et plonge alors des familles entières dans l'inquiétude souvent, dans le deuil parfois. 

Lors d'un accident survenu ce dimanche 17 février, vers 8h30, deux jeunes Français sortis d'un dancing se dirigeaient vers Tournai. Pourquoi dans le brouillard qui régnait au lever du jour, sur une route limitée à 70 km/h, avec interdiction de dépasser sont-ils allés se fracasser sur une voiture venant en face ? Le bilan est dramatique, le conducteur du véhicule tamponneur est décédé sur place, son passager a été sérieusement blessé, dans l'autre véhicule totalement détruit, un couple et un jeune enfant qui roulaient parfaitement à droite, pensant être en sécurité, ont été blessés légèrement mais surtout fortement traumatisés. Voilà la banale et froide relation d'un fait divers que nous fait la presse au lendemain d'un week-end.

Combien faudra-t-il encore de victimes pour qu'on prenne enfin les mesures qui s'imposent pour éviter un tel carnage dominical. S'étant rendu sur place, le bourgmestre de Tournai a déclaré à la presse qu'il "en avait marre de ces carnages", d'autres bourgmestres régionaux l'imitent lors d'accidents graves mais leur voix se perdent auprès des politiciens qui continuent à faire la politique de l'autruche au nom de sacro-saintes raisons économiques.

On ne peut s'empêcher pourtant de se poser des questions à ce sujet, quelle est pour nos législateurs la valeur d'une vie humaine ? Peuvent-ils supporter que des familles entières soient plongées dans la peine en raison de la perte d'un être cher ? Les accidents de la route ne coûtent-ils pas très cher à une Sécurité Sociale dont l'équilibre du budget est un casse-tête permanent pour eux ? Les honnêtes conducteurs doivent-ils attendre que les "noceurs du week-end" soient rentrés chez eux pour prendre la route en toute sécurité ?

C'est bien de proclamer "Go for Zero" encore faut-il que cela ne reste pas une béate intention ?

Mourir lorsque naît le jour, coincé dans une carcasse de voiture, loin de sa famille, payer les égarements d'une nuit trop arrosée, s'endormir à jamais quand partout la vie renaît est un évènement horrible pour celui qui en est la victime, un trop banal fait divers, un instant qui inflige une blessure à vie pour les proches.     

(S.T. février 2013)

09:05 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : tournai, accidents, tués |

14/03/2012

Tournai : 1909, la Semaine de l'Aviation (3)

La semaine de l'aviation (3).

La journée du vendredi 10 septembre.

Dans la matinée du 10 septembre arrive un nouvel aéroplane qu'on range dans le hangar n°2, l'aviateur en est Mr. Eugène Debongnies (repris sous son pseudonyme De Bovy dans le Journal de Roubaix). Ce dernier avait quitté Nieuport par la route mais un accident l'avait obligé à transporter son engin par chemin de fer. Très accessible, le pilote donne toutes les explications concernant l'aéroplane dont il est l'inventeur et le constructeur. Il s'agit d'un monoplace de type Blériot. 

Un avertissement dans la presse.

voici ce qu'écrivait le Courrier de l'Escaut :

"Beware of pickpockets - Gare aux filous"

C'est ce conseil qu'il est bon de donner aux étrangers qui ne manqueront de venir en foule et à nos concitoyens qui se rendent sur la plaine des Manoeuvres (...) Nos élégantes arborent d'habitude des chaînettes agrémentées de bibelots de prix et même de bourses en métal précieux. C'est un butin facile à confisquer pour Messieurs les Pickpockets qui s'abattent toujours en nuée là où ils sont certains de rencontrer une foule très dense (...), il sera prudent de laisser les bijoux au logis durant les prochaines journées de fête et de mettre soigneusement portefeuille et porte-monnaie à l'abri des tentatives coupables. (...) La police, il est vrai, va redoubler de surveillance mais on reconnaîtra qu'elle ne peut se trouver partout et suppléer à l'imprudence du public".

La toute grande foule est à nouveau présente à 3 heures de l'après-midi, le vent souffle à 4 mètres par seconde. Le biplan de Paulhan décolle et fait quatre tours de la plaine à une altitude comprise entre 4 et 10 mètres. Après s'être posé, il redécolle à 3h22, le pilote effectue à nouveau quatre tours et monte à 40 mètres, soudain, il s'élance vers la campagne, il va ainsi jusqu'à l'église de Froidmont et revient sur la plaine. En dix minutes, il a parcouru douze kilomètres. Son vol sera suivi par les évolutions du planeur de M. Van Damme. A 6h10, Paulhan, après avoir réparé une des palettes de l'hélice endommagée par la chute d'un burin oublié sur l'aéroplane lors d'une précédente mise au point, repart et prend, cette fois, la direction d'Orcq et de Marquain, à une altitude d'environ 70 mètres. Il revient et contourne le clocher de l'église Sainte-Marguerite avant de se poser. Cette fois, le public en a eu pour son argent !

La journée du samedi 12 septembre.

Cette journée sera encore marquée par les vols de Paulhan qui enthousiasme le public, à tel point qu'aux fenêtres des immeubles qui ceinturent la plaine des Manoeuvres on voit s'agiter mouchoirs et chapeaux pour le saluer. Au moment même où il atterrit, la musique sous la direction de Ch. Dewitte entame l'hymne français. 

La journée du dimanche 13 septembre

Cette journée laissera un souvenir inoubliable aux habitants de la cité des cinq clochers, rarement, pour ainsi dire jamais, on n'avait vu autant de visiteurs étrangers arrivés par trains, trams et automobiles. A la gare de Tournai, on a recueilli pas moins de 25.000 coupons (remis à l'époque par les voyageurs à la descente du train), si on ajoute les abonnements on peut donc évaluer à près de 30.000 personnes, le nombre de spectateurs arrivés à Tournai par le rail.

Pourtant les conditions atmosphériques n'étaient pas engageantes, durant la matinée, un épais brouillard règne sur la plaine avant que le soleil tout d'abord, le vent ensuite ne viennent le dissiper. 

Deux accidents !

La réunion du dimanche sera dramatique, marquée par un pénible accident, Vers 3h10, le planeur du lillois Constant Van Damme décolle et atteint une altitude comprise entre 20 et 25 mètres lorsqu'il est littéralement plaqué au sol par une rafale de vent. On se précipite vers l'infortuné pilote, inanimé, il présente des blessures au front, au menton et au poignet gauche. le Docteur Tarride, habitant la chaussée de Douai, a été témoin de la chute de l'engin et court donner les premiers soins au blessé. Il diagnostique une fracture de la cheville gauche et une luxation du poignet. Le blessé sera transporté ensuite à l'Hôpital Civil par l'ambulance de la Croix-Rouge conduite par Alex Strong. La mère et la soeur de l'aviateur malchanceux sont venus à Tournai et ont appris l'accident alors qu'elles étaient à la kermesse sur la Grand'Place, elles se rendent immédiatement au chevet de celui-ci.

Au moment de la chute du planeur, ordre est donné à la gendarmerie d'écarter le public pour ne pas géner les secours. Le gendarme Boval de la brigade de Tournai se précipite, heurte une motte de terre et se blesse à l'aine droite dans sa chute. Il sera conduit à la caserne de gendarmerie dans la voiture de Mr. Benoit Desclée. 

Dans le but de faire oublier au public ces deux accidents qui avaient plombé l'atmosphère, Paulhan sort à nouveau son biplan, "l'Octavie III", et décolle pour faire deux tours de la plaine à quelques mètres du sol, les spectateurs le voient tout à coup monter à 15 ou 20 mètres  et disparaître à l'horizon, il part de nouveau survoler le village de Froidmont et revient sous les applaudissements de la foule.

La journée du lundi 13 septembre !

Le temps est magnifique, c'est probablement la plus belle journée de la semaine. Il n'y a pas de vent ou celui-ci est très faible. Les conditions sont idéales pour les vols. Cette fois, Paulhan décolle et file directement vers la campagne, il ne reviendra qu'une heure plus tard. les spectateurs qui avaient été témoins des évènements de la vielle sont inquiets, "a-t-il eu un incident ou pire encore un accident ?" Une heure plus tard, il réapparaît au grand soulagement des personnes qui ceinturent le champ d'aviation. Interrogé par les journalistes, le pilote déclare qu'il s'est posé à Taintignies et a été reçu par Mr. Henri Crombez, le bourgmestre, à proximité du château. 

Acclamé par la foule, le pilote français fait un tour d'honneur dans l'automobile du Comité. Ce raid inattendu lui rapporte une prime de 1.000 francs. Notre Tournaisien, féru d'aviation, Walter Bulot a bien tenté de faire décoller son monoplace mais n'a roulé que sur une vingtaine de mètres. La déception est grande dans le clan tournaisien (à suivre)


05/01/2012

Tournai : l'année 1900 sous la loupe (2)

L'analyse des évènements qui ont fait l'actualité de la cité des cinq clochers durant l'année 1900 nous procure un réel dépaysement, elle nous permet d'imaginer une vie quotidienne si différente de celle qu'on connaît.

Il y a tout d'abord ce rendez-vous annuel, depuis bien longtemps disparu, qui se déroule le vendredi 2 février, à 8h30, en la Salle des Conférences dans la cour de l'Hôtel de Ville : le tirage au sort des miliciens de la ville de Tournai. Au cours de celui-ci, les hommes commencent par indiquer tous les motifs d'exemption ou de dispense qu'ils se proposent de faire valoir devant le Conseil de Milice (maladie, infirmité, défaut de taille...). Le nombre des jeunes en cette année 1900 est de 306 auquel s'ajoutent les 125 ajournés des années précédentes. Les opérations terminées à 10h45 ont été marquées par un incident, il est apparu que le numéro 299 avait été tiré deux fois et ainsi attribué à deux miliciens, les deux jeunes concernés ont été rappelés ce qui a permis de constater que l'un était bien en possession du numéro 299 mais que l'autre détenait le numéro 290, une erreur de transcription sur les listes était donc à la base de ce malentendu. Les favorisés par le tirage ayant échappé au service militaire se répandirent en ville avec l'exhubérance traditionnelle. 

Certains jours une rubrique est bien remplie, celle des faits divers, nous avons retirés quelques évènements représentatifs de l'époque. Les bagarres sont nombreuses, elles se déroulent en rue, dans les courées et parfois dans les estaminets, terme alors utilisé pour désigner les cafés, elles ont souvent pour cause une consommation exagérée d'alcool. 

Le jeudi 4 janvier 1900, une bruyante bagarre a pour théâtre la rue des Chapeliers, il est environ 10h du soir (on différenciait alors les heures de la matinée de celles de l'après-midi), trois individus se disputent, soudain, deux de ceux-ci empoignent le troisième et lui cognent la tête contre un volet à la manière d'un bélier, leur funeste activité fut interrompue par l'arrivée de..."Dame Police" (sic) et ils finirent la nuit au poste. La nuit du 10 juin fut fort agitée dans le quartier du Vieux Marché au Beurre où une demi-douzaine d'individus, plus ou moins éméchés, se livrèrent à des séances de pugilat qui durèrent plus de deux heures, l'un d'entre eux décrivait d'étourdissants moulinets avec... un sabre. Les vociférations des participants étaient perçues jusqu'à la Grand'Place. La bagarre prit fin lorsque les gars furent à bout de force et de gosier. Dans l'article, il n'est pas fait mention, cette fois, de la venue de la police. 

Nous avons volontairement transcrits les mots utilisés par le journaliste car ils traduisent également l'esprit de l'époque. Par contre pour les deux faits suivants, nous avons été dans l'obligation de censurer les descriptions des victimes pour ne pas choquer les lecteurs par des détails sanglants et peu ragoûtants. 

Le mardi 16 janvier, un terrible accident survient à la gare. Il est environ 7h30, un manoeuvre découvre le cadavre d'un homme, atrocement mutilé, au milieu de la voie 4, en face du bureau des "Marchandises". La tête de l'infortunée victime a été broyée sur le rail (la description de l'état du corps faite par le reporter ravirait les amateurs de la série télévisée "les Experts"). L'homme est méconnaissable mais on découvrira qu'il s'agit d'un manoeuvre de 32 ans, demeurant à la chaussée de Willemeau. Il ne s'était pas rendu compte que le train venant de Lille avait un retard d'une demi-heure, dans son esprit, à cette heure, il ne devait pas avoir de trafic (le problème des retards endémiques de notre société des chemins de fer ne date donc pas d'hier !). Le jeudi 13 décembre, vers 6h3/4 du soir (autre façon de transcrire l'heure), un ouvrier de la gare, demeurant à Rumillies, Mr Louis Grandjean traversait les voies pour aller prendre son service, une machine en manoeuvre survint et le projeta au sol. Agée de 34 ans, mariée et père d'un enfant, la victime est morte, la nuque brisée. 

Il s'agit de deux accidents du travail parmi une foule d'autres apparaissant au fil des pages du journal en cette année 1900. Une autre catégorie de personnel paie également un lourd tribut à ce qu'on désignait sous le vocable de fatalité alors qu'il s'agissait tout simplement d'un défaut de protection et d'un évident manque de sécurité, ce sont les ouvriers carriers et notamment ceux occupés à la carrière Delwart. 

La presse se fait aussi l'écho de quelques accidents de circulation, ceux-ci sont le plus souvent provoqués par des chevaux qui prennent le mors aux dents, renversent des piétons, éjectent leurs passagers et sèment la panique dans les rues de la ville. Ces incidents sont aussi à la base d'actes de bravoure comme celui de cet homme qui parvint à arrêter un cheval fou sur la chaussée de Lille, à quelques centaines de mètres d'une école d'où sortaient de jeunes enfants. Lors d'une chute, d'un malaise ou d'un accident, la victime est soignée sur place par un médecin de passage ou appelé par les témoins ou encore par le pharmacien demeurant dans le voisinage, une calèche qu'on désigne sous le nom de Tilbury les transporte ensuite à la clinique. Un terme revient souvent pour désigner la mort d'une personne suite à un malaise chez elle ou en rue, elle a succombé à une apoplexie. (à suivre)

20/04/2011

Tournai : L'année 1929 sous la loupe

Durant cette année 1929, l'actualité internationale sera dominée par le plan Young. Celui-ci a été signé le 7 juin et prévoir le rééchelonnement et un abaissement du montant global des réparations allemandes. Un mois plus tard, le chef du parti-national allemand Hugenberg s'allie à Adolf Hitler pour exiger un référendum contre ce plan. Au mois de septembre, conformément au plan Young, on assiste au début du retrait des troupes françaises qui occupent la Rhéanie depuis 1918. le 29 octobre restera à jamais pour le monde de la finance, le "jeudi noir" de Wall Street, c'est le krach boursier.

A-t-on encore conscience de ce qui s'est passé dans notre pays le 16 mars 1929 ? Ce jour-là, à deux mois des élections législatives, les députés Jules Destrée (wallon de Charleroi) et Camille Huysmans(flamand d'Anvers) signent, au nom du Parti Ouvrier Belge, "le Compromis des Belges". Celui-ci dénonce la propagande tendant à la constitution de deux Etats séparés, reconnaît l'unicité linguistique de la Flandre et de la Wallonie. Il signifie que le bilinguisme généralisé ne doit pas être imposé et prévoit également "une situation spéciale pour Bruxelles " sans en dire malheureusement plus. Aux élections législatives de mai 1929, on assiste à un succès relatif des "frontistes", parti nationaliste qui porte les revendications flamandes, celui-ci enlève 11 sièges, pour 28 aux libéraux, 70 aux socialistes et 76 aux catholiques. Le 10 décembre, le gouvernement Jaspar dépose un projet qui devrait résoudre le problème de la flamandisation de l'université de Gand où des cours en français seraient néanmoins maintenus. Se rappelle-t-on que le 10 janvier de l'année 1929 débute une aventure qui durera des décennies et qui aura, par la suite, un rapport avec le ville de Tournai ? Dans le Petit Vingtième, supplément du quotidien catholique, le Vingtième Siècle, paraît pour la première fois le récit d'un voyage au pays des Soviets d'un petit reporter, il s'appelle Tintin, son père Hergé, (Georges Rémy) deviendra le premier maître de la bande dessinée belge.

L'actualité locale de l'année 1929 sera riche à l'ombre des tours de Notre-Dame.

Le journal du 1er janvier publie les mouvements de la population tournaisienne enregistrés au cours de l'année écoulée. Au 31.12.1928, il y avait 35.972 habitants dans la cité des cinq clochers : 16.691 de sexe masculin et 19.281 de sexe féminin. Durant les douze mois de 1928, 1.634 personnes ont été inscrites sur les registres de la population, 220 viennent d'un pays étranger et 1.655 habitants ont quitté la ville pour un autre lieu de résidence, dont 139 vers l'étranger. Il y a eu 551 naissances et 685 décès. 277 couples sont passés devant l'échevin de l'Etat Civil pour leur mariage et 20 couples se sont officiellement séparés.

Vue par le petit bout de la lorgnette, une étude faite par un journaliste, en janvier, pourrait prêter à sourire. Il a étudié la cause des accidents de la circulation de plus en plus nombreux. Par semaine, on dénombre environ 5 à 6 accidents qualifiés de graves car ils provoquent des blessés et parfois même la mort d'une personne. Devant une telle hécatombe (!), il est temps de réagir. On apprend sans surprise que la vitesse en est responsable. Le journaliste nous dit que "les conducteurs foncent au volant de leur voiture et se contentent de "corner" pour avertir les autres usagers à l'approche d'un virage ou d'un carrefour. Si les piétons perçoivent aisément l'avertissement et peuvent se ranger, les autres automobilistes, à cause du bruit provenant du moteur de leur propre véhicule, n'entendent pas le signal sonore" . Il stipule également que les piétons ont souvent une attitude téméraire en traversant, à la toute dernière seconde, à l'approche d'un véhicule.

L'accident grave survenu le dimanche 17 septembre, à la chaussé de Douai, au lieu-dit la Brasserie semble être là pour le prouver. Une course cycliste est organisée, la foule est massée par endroits pour voir passer les coureurs. Soudain, un enfant échappe à la vigilance de ses parents et traverse la chaussée au moment où survient un véhicule piloté par un Tournaisien. Pour éviter de le renverser, le chauffeur donne un violent coup de volant et, perdant le contrôle, monte sur le trottoir et renverse une quinzaine de spectateurs. A l'arrivée des secours, parmi les nombreuses victimes gisants sur le sol, huit personnes seront transportées à l'Hôpital Civil pour des fractures des jambes, de la colonne vertébrale, des plaies à la tête ou aux autres contusions plus ou moins graves. Sept ou huit personnes seront soignées sur place, beaucoup de témoins seront traumatisés. Concernant encore les automobilistes, ceux-ci sont avertis, en décembre, qu'à partir du 1er janvier 1930, de nouvelles plaques d'immatriculation seront mises en circulation, les chiffres seront désormais "rouges sur fond blanc" et non plus "blancs sur fond bleu". La plaque coûte 15 francs à payer, au préalable, au receveur des contributions. L'Automobile Club se charge d'aller les chercher à Mons moyennant la preuve de paiement et une somme de 4,50 francs.

L'année débute dans le froid, celui-ci s'intensifie à la mi-février et à partir du 15, on peut patiner sur l'étang du jardin de la Reine moyennant une participation de 2 francs au profit de l'Oeuvre des Invalides de la guerre. La température nocturne frôle les moins 15 degrés et la neige se met à tomber en abondance. Un mois plus tard, la tendance s'inverse, la température diurne affiche 15° et une longue période de sécheresse s'installe. Au fil des mois, de nombreux appels seront lancés à la population en vue d'économiser l'eau. L'alimentation de la rive droite de l'Escaut sera même interrompue entre 21 h et 5 h du matin durant le mois de juillet et les habitants sont encouragés à détecter toutes les pertes d'eau dans leur installation et de faire procéder aux réparations. Il faudra attendre les derniers mois de l'année et l'ouverture d'un puits supplémentaire au bas du boulevard Léopold pour que la situation se normalise peu à peu. Les responsables communaux sont accusés de manque de prévoyance par l'opposition qui voit là une occasion de se faire entendre. Les derniers jours de 1929 seront marqués par de violentes tempêtes provoquant leurs dégâts habituels aux arbres, vitres, toitures et cheminées. 

(sources : le Courrier de l'Escaut, éditions de l'année 1929)


10:30 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, faits divers, accidents, circulation |

02/01/2011

Tournai : l'année 1921 sous la loupe.

Après la parenthèse des fêtes de fin d'année, nous reprenons les articles consacrés à l'actualité des "années folles" à Tournai et nous abordons l'année 1921.

De nombreux évènements vont marquer cette année 1922 au niveau international. En France, Landru est condamné à mort, le 1er décembre, reconnu coupable d'avoir assassiné huit femmes, le 27 juillet, le chercheur canadien Frederick Grant découvre l'insuline, le 6 juin, l'auteur Georges Feydeau décède à Rueil Malmaison tandis que le 2 août, un des plus grands ténor, l'italien Enrico Caruso, s'éteint à Naples. En décembre, on notera encore la mort du compositeur Camille Saint-Saëns à Alger.

Si les accidents de la circulation ne sont pas encore très nombreux à l'époque car le parc automobile n'est pas très développé, on notera quand même cette tragédie de la route survenue le dimanche 30 octobre, vers 19h, sur la chaussée de Douai, à hauteur de la briqueterie Bodart. En compagnie d'un ami, un cycliste tournaisien, âgé de 37 ans, revient de Willemeau, un véhicule en provenance de Tournai se déporte vers le bord de la chaussée et semble foncer délibérément sur les deux cyclistes, l'un évitera la collision tandis que l'autre sera projeté dans un fossé. Le malheureux cyclo souffre d'une fracture du crane et succombe rapidement à ses blessures quant à l'automobiliste, il poursuit sa route en direction de la France ! La victime laisse une veuve et deux enfants.

Les faits divers qui marquèrent surtout les années vingt sont les vols. La nuit du 21 au 22 janvier, des individus s'introduisent dans la fabrique de draps Bertouille, rue de l'Ecorcherie et emporte le coffre-fort contenant 750 francs de l'époque et les livres de comptabilité. Le coffre a été transporté au moyen d'une charrette à bras laissée dans la cour de la fabrique, il sera retrouvé, éventré, entre les villages de Ramegnies-Chin et d'Esquelmes. Il était sur le sol, à côté de la charrette, et contenait encore la comptabilité de l'usine, seul l'argent avait disparu. La police ouvre l'enquête et le 28 janvier, une semaine plus tard, trois individus sont arrêtés à Bruges. Deux d'entre eux avaient travaillé à Tournai après la guerre et avaient souvent été envoyés par leur patron pour des courses à la fabrique Bertouille.

En ce même mois de janvier 1921, ce sont les usines Philippart, rue des Moulins, qui sont elles aussi victimes d'un vol. Cette fois les malandrins ne peuvent emporter le coffre et jettent leur dévolu sur une machine à écrire et un appareil téléphonique.

Le vol le plus audacieux a lieu la nuit du 18 au 19 septembre. Une bande de voleurs bien organisés dérobe deux véhicules dans une concession automobile du boulevard Delwart. La valeur de ce vol est estimée à 50.000 francs d'alors. C'est à Bruxelles qu'on retrouve, tout d'abord, la trace des véhicules volés. Le gang est composé d'un Bengalais, d'un Anglais, de deux Bruxellois et d'un... Kainois. Les véhicules sont entreposés chez un garagiste de Deinze à côté d'un autre véhicule, lui aussi probablement volé mais dont on recherche le propriétaire. Tous les membres du gang seront sous les verrous à peine quelques semaines après avoir perpétré ce vol.

Il est remarquable de constater que sans disposer d'Internet, de téléphones mobiles et même automatiques (il fallait passer par une téléphoniste pour obtenir les numéros appelés), de faxs, de véhicules rapides permettant de se déplacer partout en Belgique, de méthodes de recherches sophistiquées, les policiers de l'époque parvenaient à résoudre leurs enquêtes avec un minimum de moyens, en un minimum de temps et... à arrêter les auteurs. C'était il y a presqu'un siècle !

(à suivre)

(sources : presse locale et nationale)

18:45 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, années folles, vols, accidents, faits divers |

28/09/2009

Tournai : l'année 2004 sous la loupe (1)

Au niveau météorologique, l'année 2004 fut beaucoup plus calme que la précédente, si on excepte une sévère offensive hivernale, durant les premiers jours de janvier, marquée par des chutes de neige, du verglas et ...de nombreux accidents de la circulation. La rubrique des faits divers, par contre, est, hélas, une matière qui donne quotidiennement du travail aux journalistes. Le 12 janvier 2004, un home-jacking est perpétré dans une habitation située à proximité du parc communal. Profitant de la nuit, des individus pénètrent dans une maison et contraignent le propriétaire des lieux à leur remettre les clés de son véhicule. Celui-ci sera impliqué le lendemain dans un hold-up à Bondues, dans le Nord de la France. On pensait avoir perdu la trace des malfrats lorsque, le lundi 5 juillet, des bandits sévissant tant en Belgique qu'en France sont repérés et arrêtés par les forces d'intervention spéciales dans un hôtel bruxellois. Parmi de nombreux autres faits, trois hommes âgés de 20 à 30 ans reconnaissent être les auteurs du home-jacking de la mi-janvier dans la cité des cinq clochers.

Le jeudi 8 juillet, un braqueur solitaire commet un hold-up dans un commerce d'Orcq. Encagoulé, armé et ... d'une extrême politesse, il se fait remettre le contenu de la caisse et sort en s'excusant presque auprès du commerçant. Déjà le jeudi 10 juin, il avait commis pareil fait dans une boulangerie de la rue Saint-Eleuthère à Tournai et le 1er juillet dans une librairie de la rue Saint-Jacques. Comme cela se passait souvent le jeudi, la presse locale titrait le "braqueur du jeudi a encore frappé". Le samedi 10 juillet, deux jours à peine après le vol commis à Orcq, c'est à une boulangerie de Blandain qu'il rend visite sous le même mode opératoire. On est alors en droit de se poser la traditionnelle question qui vient de suite à l'esprit devant une telle succession de faits : "Que fait la police?", elle fait tout simplement son travail et arrête l'individu le lundi 12 juillet. L'enquête révèlera qu'il était également l'auteur d'un hold-up commis, durant le mois de mars, dans une mutualité située sur un des quais de l'Escaut.

Le vendredi 20 août, des faits rocambolesques se déroulent à l'ombre des cinq clochers. On les penserait extraits du scénario d'une comédie et non d'un film noir. Deux individus volent une puissante voiture sur le quai Saint-Brice. Au moment de démarrer, ils ignorent deux choses : tout d'abord que le véhicule est muni d'un système anti-vol qui va le stopper quelques instants plus tard sur le boulevard des Combattants et ensuite qu'ils ont été repérés par deux policiers se déplaçant à bord d'une petite voiture banalisée servant plus à la surveillance qu'à des poursuites. Au moment où les policiers s'approchent du véhicule immobilisé, un des malfrats parvient à sauter dans la voiture de police, à démarrer et à embarquer son complice. Une fois encore, ils n'iront pas bien loin, la voiture est retrouvée à proximité du parc communal. Le soir, sur le boulevard du roi Albert, un des deux gangsters est arrêté, son indentité révèle qu'on se trouve face à un individu bien connu de la police et de la justice belge et française, il refusera de livrer le nom de son complice qui s'est évanoui dans la nature.

Un nouveau braquage a lieu le samedi 23 octobre. Cette fois, c'est une station-service de la chaussée de Bruxelles qui en est le théâtre. Constatant que le jeune homme qui se trouvait devant elle n'avait pas d'intentions pacifiques, la jeune caissière qui vient de temps à autres aider le pompiste, s'enferme à l'arrière du bâtiment et prévient la police. Dépité et bredouille, le braqueur enfourche une bicyclette sans se rendre compte qu'il est suivi, discrètement, par le gérant de la station. Celui-ci le voit entrer dans un immeuble, pas bien loin de là. Les policiers n'auront plus qu'à l'y cueillir. L'enquête d'usage révèlera qu'il était aussi l'auteur d'un fait semblable ayant eu lieu quelques jours auparavant dans le Nord de la France.

Si ces faits prêtent à sourire, sauf pour leurs victimes qui restent parfois longtemps traumatisées, ceux qui se déroulent le vendredi 24 septembre 2004, vers 12h30, à la rue Royale, sont d'une extrême gravité. Trois individus affublés de masques de carnaval font irruption dans une agence bancaire, ils maîtrisent les quatre personnes qui s'y trouvent encore, à savoir le directeur, son épouse, un employé et un ouvrier chargé de réparations dans le bâtiment. Un passant a vu la scène et avise la police. Quatre policiers se rendent sur place et sont rapidement rejoints par d'autres collègues. Les bandits puissamment armés n'hésitent pas à faire feu sur les forces de l'ordre lors de leur tentative de fuite avec les otages, un policier a la vie sauve grâce à son GSM placé dans une poche intérieure qui amortit le projectile. Suite à la riposte, les trois preneurs d'otages sont blessés et emmenés en clinique par une ambulance. On était passé à deux doigts d'un Fort Chabrol !

Les trop nombreux accidents de la route recensés en cette année 2004 seront aussi responsables de la mort de nombreuses personnes. Le plus grave a lieu dans la soirée du samedi 6 novembre. Pour une raison qui restera à jamais indéterminée, un conducteur circule à contre-sens sur l'autoroute. A hauteur de Froyennes, il percute deux véhicules occupés par de jeunes français qui se rendent en discothèque. Outre le conducteur-fantôme, deux jeunes perdront le vie et trois autres seront très grièvement blessés. Ce fait rappelle qu'en 2003, on avait dénombré 410 conducteurs fantômes sur les autoroutes belges (235 en Flandre, 171 en Wallonie et 4 à Bruxelles). Ce genre d'incident grave se déroule en général la nuit et trouve son origine dans l'abus d'alcool, la conduite sous stupéfiants, le grand âge du chauffeur souvent source de distraction ou sont tout simplement l'apanage de personnes suicidaires. Notons une dernière information, le home Saint-Anne est apparu bien souvent dans cette rubrique, il a été le théâtre de meurtres, mais cette fois, en cette année 2004, c'est un incendie "inexplicable" qui s'y produit. N'en faisons cependant pas notre "monstre du Loch Ness", ni notre "manoir hanté"...

06:00 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, faits divers, accidents |

22/08/2008

Tournai : l'année 1972 sous la loupe (1)

Consulter les articles de presse parus en cette année1972 afin d'y retirer l'actualité permet à un observateur attentif de constater une évolution dans la présentation et la rédaction des quotidiens tournaisiens. Les pages consacrées à la publicité sont de plus en plus nombreuses (certains diront envahissantes) et certaines osent même parfois la couleur. Les programmes de la télévision ont, peu à peu, pris l'ascendant sur ceux de la radio, ils s'étalent désormais sur une double page. Une autre rubrique a aussi doublé sa surface : celle des "faits divers". Agressions, meurtres, vols, cambriolages, graves accidents du travail mais aussi accidents de la circulation, des matières qui ont véritablement explosé en ce début des années septante.

En ce qui concerne la mutiplication des vols importants, la récente ouverture de l'autoroute y joue probablement un rôle puisque, désormais, les malfrats mettent moins de dix minutes pour se réfugier de l'autre côté de la frontière. Il est plus difficile de déterminer la cause de l'augmentation des accidents de la route, toutes les catégories d'usagers sont touchées : piétons, cyclistes, motocyclistes, automobilistes et chauffeurs de camions. On dénombrera 32 morts durant cette année (20 durant le premier semestre et 12 au cours du second) sur un territoire composé des communes qui forment l'actuel Grand Tournai et l'entité de Rumes. L'amélioration constante de l'état des routes apporte-t-elle un sentiment de sécurité ? Il paraît, en effet, plus sécurisant et surtout plus aisé de rouler à grande vitesse sur une voirie asphaltée que sur des routes aux pavés d'un autre âge ! A moins que les voitures plus performantes permettant de rouler de plus en plus vite soient à l'origine de cette hécatombe. Les accidents impliquant des camions sont très nombreux mais il faut savoir que c'est par centaines qu'ils empruntent chaque jour les routes du Tournaisis pour se rendre dans les carrières du Pays Blanc et que la réglementation sur la durée de conduite n'était pas encore aussi sévère que maintenant.

Certains faits réservent parfois des surprises. Ainsi le lundi 10 janvier, lors d'un accident de la route, suite à une perte de contrôle du véhicule, sur l'autoroute à hauteur de Froyennes, le conducteur est éjecté et tué sur le coup tandis que sa passagère est transportée, inconsciente, dans une clinique tournaisienne. D'après les papiers trouvés sur place par la police, l'homme est un certain G. B. , domicilié à Paris (Si les noms étaient publiés dans la presse à l'époque, la loi Franchimont à l'origine du plus grand anonymat qu'on puisse instaurer dans l'information doit maintenant être respectée !). Grâce à un numéro de téléphone trouvé dans le véhicule, la famille peut être contactée. Coup de théâtre, il s'avère que cet individu est connu sous une autre identié et n'habite pas la capitale française mais demeure en Espagne. Il avait fait l'objet, en France, d'une condamnation lui interdisant d'exercer certaines activités. Administrateur de sociétés, il vendait aussi des produits pharmaceutiques au prix fort. Il s'agissait en fait d'un escroc ayant fait des victimes jusqu'en Amérique du Sud. Son corps restera à la morgue de la ville durant de nombreuses semaines dans l'attente que la famille apporte sa réelle identité, certificat à l'appui. Banal accident de la route comme il s'en produira tous les jours durant cette année 1972 mais dont le dénouement est digne d'une série policière.

Chaque jour, les journaux présenteront des photos de véhicules totalement détruits d'où certains sortiront parfois miraculeusement. Le week-end de la Pentecôte sera particulièrement meurtrier dans le Tournaisis. En l'espace de deux heures à peine, à quelques kilomètres de distance, deux voitures seront happées par les trains express reliant Tournai à Bruxelles. Le bilan des deux accidents sera lourd : quatre morts, des personnes originaires de Maulde et de Gaurain. Le même jour, un accident fera quatre blessés graves à Warcoing et un cycliste perdra la vie à Dottignies. Au lendemain de ce long week-end, les faits divers s'étalaient sur trois pleines pages ! Dans le prochain article, nous verrons ce qui se contruit et ce qui est en projet en cette année 1972 à Tournai, ce sera un peu plus réjouissant !

16:25 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, accidents, faits divers, bilan circulation |

14/06/2008

Tournai : l'année 1963 sous la loupe (3)

Au cours de l'année 1963, de nombreux chantiers se poursuivent ou sont ouverts à Tournai. Il y a tout d'abord les travaux d'aménagement du Luchet d'Antoing. Au mois d'avril, on commence la démolition des vieux immeubles situés sur ce quai, le tablier de la nouvelle passerelle du Pont de l'Arche est posé, lentement la courbe du fleuve est rectifiée. Le 21 avril 1963, peu de temps avant d'effectuer sa grande enquête sur les taudis tournaisiens dont nous vous avons entretenu dans un article précédent, le journaliste José Mespouille se pose de nombreuses questions à propos de la navigabilité future du fleuve. Dans les années soixante, l'avenir du transport fluvial est aux convois de 1.350 tonnes et plus. Pour permettre le passage de ces péniches ne sera-t-il pas nécessaire de procéder à la démolition du Pont des Trous dont la restauration, que le chroniqueur qualifie de malheureuse, a coûté près de 40 millions de francs (1 million d'Euros) et a valu à ce magnifique témoignage d'être déclassé comme ensemble historique, les deux tours restant classées, les arches modifiées, ne l'étant plus. Quarante-cinq ans plus tard, la question se pose à nouveau, l'alternat de circulation sur le l'Escaut, solution décidée depuis lors, a été une mesure transitoire mais il faudra rapidement décider de l'avenir non seulement de la ville mais de toute une région en tentant d'allier tourisme et économie !

Afin de respecter un plan d'alignement des immeubles datant de 1870 et permettant de ne pas masquer la vue sur la cathédrale, le bâtiment situé à l'angle de la rue de l'Hôpital Notre-Dame et du quai du Marché aux Poissons sera bientôt démoli pour faire place à une nouvelle construction moins imposante. C'est à partir de cet immeuble qu'est commandé le pont levant Notre-Dame. Dans la même rue débutent les travaux de rénovation de l'ancien couvent des Soeurs Noires, un chancre se dressant dans une artère reliant la gare à la cathédrale et au centre-ville va disparaître. A la rentrée scolaire, on entame les travaux de construction d'une aile moderne, avec salle de sport, au Collège Notre-Dame, à l'angle de la rue Blandinoise et de la rue des Augustins.

Décidément la presse pose des questions pertinentes en cette année 1963. Ainsi à la fin de la saison de football, un journaliste s'exclame : "Ne serait-il pas temps de penser à une fusion entre les deux clubs tournaisiens" ? Le Racing évolue en Division 3 où il termine au milieu du classement d'un championnat remporté par le Stade de Mouscron et l'Union termine 5ème de son championnat de Promotion remporté par le S.V. Waregem. La fusion, ce monstre du Loch Ness tournaisien, fera de fréquentes apparitions !

Les drames de la route sont très nombreux en cette année 1963, la circulation automobile augmente, les personnes agées et les enfants ne semblent pas préparés à ce nouvel élément de la vie quotidienne et lui paient dès lors un lourd tribut. Le trafic, la vitesse, la conduite sous alcool, la négligence sont à l'origine de nombreux accidents. Ainsi celui survenu à Warchin le 5 février 1963, lorsqu'une 4cv Renault franchit le passage à niveau alors que survenait, à allure rapide, le train assurant la liaison Bruxelles-Tournai. La petite voiture sera traînée sur plusieurs centaines de mètres, son conducteur tué sur la coup...le garde avait "oublié" de baisser les barrières à l'approche du convoi ferroviaire ! Les vols, les escroqueries, les meurtres sont aussi à la "une" de la presse locale et la police tournaisienne multiplie les actions d'éclat. Ainsi, elle procède à l'arrestation d'un dangereux bandit armé recherché par Interpol. Ce réfugié politique d'origine hongroise avait perpétré de nombreux vols importants sur l'ensemble du territoire. L'année 1963 avait apporté son lot de bonnes et de mauvaises nouvelles mais les habitants de Tournai gardaient foi en l'avenir...

(sources : la presse locale et notes personnelles)

22/03/2008

Tournai : l'année 1951 sous la loupe

Lorsque nous nous replongeons dans nos souvenirs, lorsque nous prenons le passé pour témoin, nous avons trop souvent tendance à penser que tout allait mieux avant, qu'on ne parlait pas d'insécurité ou alors si peu, qu'il n'y avait pas tant d'accidents de la route, que la météo n'était pas aussi capricieuse... Feuilleter la presse quotidienne des années cinquante nous apporte bien des démentis à ces croyances. Ainsi dans la rubrique des "faits divers régionaux", des journaux de l'année 1951, on découvre, en date du 23 janvier, un infanticide. Le corps d'un enfant de deux mois a été découvert dans une maison de Kain, son petit cadavre qui porte des marques de coups a été placé dans une caisse dissimulée sous la cuisinière. La famille vivait dans des conditions épouvantables. Celles-ci sont peut-être à l'origine de ce drame humain. Le journal du 6 juillet, nous informe qu'au quartier de Barges, Mr. P. qui avait l'habitude d'animer des mariages préparait à cet effet des "campes" à son domicile. Savant mélange de poudres, elles sont tirées à la veille des noces, tradition respectée dans tous les villages voisins de Tournai. Une déflagration retentit soudain, Mr. P. 57 ans, ancien combattant de la guerre 14-18, pourtant expert dans la préparation des pétards, n'a pas survécu à cette explosion. Il venait juste d'envoyer un enfant faire une commission. Son départ venait de lui sauver la vie. Le 3 novembre, on découvre deux corps sans vie dans une maison du Réduit des Sions. Toutes les hypothèses sont envisagées par les policiers chargés de l'enquête : assassinat ? Double suicide ? Le couple vivait en "mésentente" terme qu'on utilisait à l'époque pour désigner des ménages qui se disputaient régulièrement. Le responsable de cette double mort fut vite identifié : le feu continu qui avait refoulé durant la nuit. Une banale asphyxie au CO, hélas ! Les accidents de la circulation étaient moins nombreux mais ce sont, en cette année 1951, surtout les usagers qu'on appelle désormais faibles qui payent un lour tribu. Accrochage au boulevard Delwart entre deux cyclistes dont l'un prend la fuite : un mort, un ouvrier se rendant en cyclomoteur à son travail renversé par une voiture à la drève de Maire : un mort, un motocycliste heurté par une voiture au carrefour des Vendéens : un mort ! Une écolière qui chute lourdement sur le chemin de l'école : gravement blessée.

Lorsque le temps est maussade comme en ce mois de mars 2008, on a aussi tendance à croire que la météo était meilleure avant qu'on ne parle du réchauffement climatique. Notons qu'en 1951, l'année n'avait pas été exceptionnelle. L'hiver avait été rude, il avait d'ailleurs, comme nous l'avons vu dans une précédente rubrique, retardé les travaux de rectification de l'Escaut par la suppression de la courbe dite de la Grenouille. L'été ne sera pas meilleur, quelques violents orages provoquèrent des inondations et bien des dégâts. En juillet, les rues de Tournai furent recouvertes de boue, les caves submergées par 70 cm d'eau par endroit. La tempête du début septembre accompagnée de pluies violentes déchaussa les pavés de nombreuses rues de la ville et abattit des arbres. L'orage du 10 septembre causa également de nombreux dégâts. La foudre s'abattit sur le clocher de l'église du Mont Saint Aubert qui venait à peine d'être reconstruit, la toiture fut soufflée, la poutre maîtresse pulvérisée. Pour corser le tout signalons qu'un très léger tremblement de terre a été ressenti dans la région le 14 mars 1951, le seïsme fut qualifié de moins important que celui de 1938. A l'époque on ne rendait pas encore responsable le réchauffement climatique mais on entendait souvent l'une ou l'autre personne plus agée y aller de son explication : "Dans le temps (c'est toujours par cette réflexion qu'on débute une référence !) quand la grêle approchait d'un village, pour protéger une récolte, on tirait au canon dans le nuage, on savait ainsi modifier localement le temps, alors vous savez, avec toutes ces bombes atomiques qu'on essaie aux Etats-Unis, en Russie, on détraque le temps sur une plus grande échelle". Quelques années plus tard, certains rendront responsables les Spoutnicks, Telstar ou autre Early Bird d'une médiocre météo. En tournant autour de la terre, ces satellites emmenaient probablement avec eux les cortèges de nuages, vision simpliste servant souvent d'explication aux étés pourris d'alors. Dans un prochain article, nous parlerons d'un héritage qui a fait couler beaucoup d'encre à Tournai en 1951...

13:53 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, année 1951, faits divers, accidents, météo |