10/09/2007

Tournai : des origines à nos jours (23)

La seconde guerre mondiale.

Durant la guerre, de nombreux tournaisiens ont eux aussi réfusé la domination allemande. Résister à l'occupant prit alors différentes formes. On pouvait fournir de renseignements sur les troupes, leur matériel, dresser des plans, on pouvait prendre en charge des hommes recherchés par la Gestapo afin de les évacuer vers l'Angleterre, on pouvait aider les aviateurs alliés abattus, distribuer la presse clandestine ou encore saboter le voies de communications et le matériel de l'ennemi.

Afin de rendre hommage aux habitants de la cité des cinq clochers qui, connus ou inconnus, ont rendu tant de services à leur patrie, nous évoquerons les actes de bravoure de quelques concitoyens. Citons l'abbé Georges Dropsy, né le 20 février 1898 en France. Professeur de sciences au collège d'Ath, il occupe cette même fonction au collège de Kain lorsque le conflit éclate. Déjà lors de la première guerre mondiale, il avait collaboré à de nombreuses missions d'espionnage. En mai 1940, alors que les autres professeurs avaient évacué vers la France, il resta seul au collège et le préserva ainsi d'un pillage certain. Par la suite, il remplira de nombreuses missions de porteur de messages. Découvert par la Gestapo, il entrera dans la clandestinité. En 1942, il parvient à sauver un des deux parachutistes américains tombés sur le territoire de Kain, aviateurs dont l'appareil venait d'être abattu. A la fin de la guerre, il était le chef de l'Armée Secrète du Tournaisis. Il est mort le 21 avril 1958, une rue de Kain porte son nom.

Marcel Demeulemeester est né en 1904. En 1929, on le retrouve comme policier à Tournai. En juin 1940, il va se distinguer par le sabotage de véhicules anglais tombés aux mains de l'ennemi et entreposés au quai de l'Arsenal. Chargé par la police allemande d'enquêter sur de possibles résistants, ils les avertissait d'une arrestation imminente et ceux-ci n'avaient plus qu'à disparaître dans la nature. En compagnie d'autres policiers, il fonda la section de police de la Légion belge où il restera jusqu'en 1942. A cette époque, il s'engagera dans l'Armée Secrète des Partisans. Il participera activement du service de renseignements, profitant de ses tournées pour dresser certains plans. Il s'occupera également du rapatriement de prisonniers français évadés en leur faisant passer la frontière, fera la distribution la presse clandestine, participera à des sabotages. Avec son ami Raymond Fiévet, du corps des Pompiers, il organisa la résistance passive en laissant brûler tout ce qui était vital à l'occupant, jamais les valeureux pompiers tournaisiens ne mirent si peu d'ardeur à combattre ces foyers. Après la guerre, il devint inspecteur de police. Retraité, cet amoureux du folklore athois devait être terrassé d'une crise cardiaque alors que les géants qu'il admirait tant venaient d'apparaître dans cette rue d'Ath dans laquelle il se trouvait.

Paul Carette travaillait au chemin de fer, tout naturellement, oserait-on dire, il se spécialisa dans le sabotage à la gare de Tournai. Evoquons aussi les noms d'Adelson Dehon et d'Amédée Coinne, du service Mill, d'Albert Deffroyennes du groupe 750 qui y perdra la vie. Tous ont apporté leur contribution à la victoire. Le 3 septembre 1944, les troupes américaines pénétrant en ville par la chaussée de Valenciennes firent la jonction avec les soldats britanniques progressant par la chaussée de Douai et la chaussée de Lille. Une plaque commémorative apposée sur la beffroi rappelle que Tournai fut la première ville belge libérée, honneur que lui dispute aujourd'hui encore la ville voisine d'Antoing.

Tournai affronta encore d'importants soubresauts de la défaite nazie. Le 17 septembre 1944 un premier V1 survola la ville et s'écrasa dans un village voisin et le 12 décembre 1944, un sinistre V2 s'écrasa sur le village de Marquain. Selon les historiens les chiffres varient, on recenserait la chute de 3 ou de 8 bombes volantes dans le Tournaisis. Le 8 mai 1945, le IIIème Reich capitulait, celui qui avait mis l'Europe à feu et à sang, venait de se suicider dans son bunker de Berlin. Une nouvelle fois, à Tournai, les sirènes retentirent, les cloches sonnèrent, mais cette fois, au milieu des rues se sont des cris de joie qui se faisaient entendre. A la rue Saint-Piat, les frères Delcroix, avaient depuis bien longtemps sortis leur matériel et faisaient danser les couples au son des airs de jazz américain. L'orchestre "Johnny Delcroix" venait de naître. Jean Delcroix est mort, il y a une dizaine d'année, son frère Raymond qui fut par la suite chef de l'Harmonie des Volontaires Pompiers vient de le rejoindre au début du mois de septembre 2007. Roger qui fut le bourgmestre de la ville décèdera en octobre 2010.

(sources : "Vie et Mort dans le Val de Verne" de Pierre Bachy et recherches personnelles).