23/08/2016

Tournai : promenade le nez en l'air (3)

A l'ombre des cinq clochers, la promenade continue !

Cette fois encore, nous allons partir à la découverte d'éléments architecturaux ou insolites que nos yeux de Tournaisiens habitués à déambuler dans la ville ne voient plus et que certains touristes ignorent totalement durant leur visite. 

 

Le chapiteau de l'homme qui tombe.

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Dans la nef de la cathédrale Notre-Dame, à proximité de l'entrée par la porte du "Capitole", une colonne représente un "homme qui tombe". J'ai entendu plusieurs versions concernant cette représentation. La plus généralement admise évoque l'hommage d'un sculpteur à ceux qui se tuèrent lors de l'édification de l'édifice au XIIème siècle. Un chanoine y voyait plutôt une colonne posée à l'envers. Pour ce religieux, le personnage aurait dû être placé dans le bas et aurait ainsi symbolisé l'humanité qui souffre sous le poids des péchés. La troisième version, plus coquine, se rapproche de l'avertissement contenu dans la pierre gravée, placée sous l'arche formée par la chapelle Saint-Vincent qui relie l'évêché à la cathédrale. Cet avis s'adresse directement aux "malpropres qui, sentant venir un besoin urgent, sont invités à passer leur chemin". Etant libellé en latin, il est dommage que les "malpropres" de notre époque connaissent de moins en moins ce qu'on appelle les langues mortes. Cette colonne, retournée, aurait ainsi fustigé, ceux qui se soulageaient (et continuent à le faire) le long des murs de la cathédrale. 

 

La rosace.

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Lorsque des touristes font une visite du prestigieux édifice, en compagnie d'un guide, celui-ci ne manque pas de leur décrire la rosace située au-dessus des grandes orgues et de l'entrée principale. Au centre, on trouve une représentation de la Vierge Marie puisque la cathédrale lui est dédiée. Autour d'elle, seize petits cercles représentent des angelots, les seize cercles suivants de taille moyenne représentent les signes du zodiaque, trois par trois, séparés par des personnages représentant les saisons. Les seize cercles extérieurs de plus grande taille représentant les prophètes mais aussi Salomon et Moïse. Cette rosace a été placée dans le courant du XVIIIe siècle. Placée au nord-ouest de l'édifice, elle ne brille malheureusement de mille feux qu'à la tombée du jour. 

 

La statue de Notre-Dame la Brune.

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Cette statue en bois représentant une vierge à l'enfant a été offerte, en 1568, par un officier durant l'occupation espagnole en remplacement de celle brisée par les iconoclastes, en 1566. Cette vierge au visage de teinte brune a fait l'objet d'une restauration à l'IRPA, voici quelques années. Pour les historiens, c'est probablement la polychromie de sa robe d'origine qui lui a valu ce vocable. Pour d'autres, c'était la couleur foncée du bois qui l'assimilait aux vierges noires qu'on trouve dans les pays du Sud de l'Europe. Au cours de cette restauration, on a découvert que la teinte "bronzée" n'était pas celle qu'elle présentait à l'origine mais qu'elle résultait probablement de fumées. Les Amis de la Cathédrale ont souhaité la présentait au public sous l'aspect qu'elle avait au XVIème siècle. Me trouvant à l'accueil de la cathédrale au moment de son retour, de nombreuses personnes, surtout âgées, m'ont faire part de leur étonnement et même d'une pointe de déception, elles avaient perdu leur "vierge noire". Peut-être craignaient-elles qu'elle n'exauce plus leurs prières ? 

 

 

 

 L'abbaye de Saint-Martin

2006 Tournai plan abbaye de St Martin.JPG

 

 

On retrouve les premières traces de cette abbaye au début du XIème siècle, celle-ci allait s'étendre pour occuper les terrains sur l'entièreté du parc communal actuel et possédait de nombreuses propriétés dans la région.Le plan de cette abbaye disparue au moment de la Révolution française apparaît sur le mur d'une habitation de l'Enclos Saint-Martin. A partir du parc communal, on peut découvrir le cloître reconstitué faisant aujourd'hui partie des bâtiments de l'hôtel de Ville. 

 

 

 

 

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L'Histoire de la ville résumée sur un bâtiment officiel.

Combien de personnes ont déjà pris le temps d'observer minutieusement les cartouches qui se trouvent sur le bâtiment des services administratifs de l'Administration Communale ! Ceux-ci reprennent chronologiquement (de droite à gauche) une succession de faits historiques : la louve allaitant Romulus et Remus rappelle la création de Rome, c'est à l'époque romaine que la cité des cinq clochers est apparue, les abeilles d'or de Childéric, père de Clovis, le roi des Francs qui avait fait de Tournai sa capitale, les drakkars des invasions des Vikings, la construction de la cathédrale Notre-Dame... le dernier représente les bombardements de la cité en 1940.

2006 Tournai Hôtel de Ville (2).JPG

Nous finirons notre promenade par des lieux peu connus du grand public mais dont l'histoire mérite d'être contée. 

(documents photographiques : F. Bauduin et collection personnelle).

S.T. août 2016.

02/12/2015

Tournai : la lente évolution de la rue Saint-Martin

2005 Tournai rue Saint-Martin (2).JPG

Un peu d'Histoire.

Si la place de Lille est, comme nous l'avons vu, le lieu de pénétration en ville pour les visiteurs venant de la grande métropole du Nord de la France, la rue Saint-Martin qui lui est parallèle, à l'autre extrémité du boulevard Bara, se trouve, elle, dans le prolongement de la route venant de Douai. D'une longueur d'environ 650 mètres, elle relie la porte Saint-Martin (aussi appelée le "Bavaro Saint-Martin" par les anciens en référence au café situé jadis à l'angle du boulevard Lallaing et de l'avenue Montgomery) au beffroi et à la rue des Chapeliers. Elle fait partie d'une des deux voies principales qui traversent la ville suivant l'axe Nord-Sud.

La rue Saint-Martin est classée dans la catégorie des voiries de la cité qui portent leur nom depuis leur origine. Elle doit celui-ci à la présence de l'abbaye des moines bénédictins qui s'y élevait à proximité, à l'emplacement de l'actuel Hôtel de Ville. Cette dénomination est déjà repris dans le "Chirographe" de 1253 à l'occasion de la vente d'un immeuble.

Dans son ouvrage "L'habitation Tournaisienne", paru en 1904, Soil de Moriamé évoque une maison située, à l'époque, au n°24 qui, malgré la forme moderne qui avait été donnée à la façade, trahissait son origine gothique. La façade vers la cour était bien conservée et, excepté son soubassement qui était en pierre de taille, tout le reste était en pans de bois avec remplissage en briques. Les fenêtres multiples occupaient presque toute la surface de la façade, sans autre interruption que les potelets en bois qui les divisaient. Une autre maison de type espagnol avec escalier extérieur en bois se trouvait au numéro 29. Ces maisons existaient donc toujours à la fin du XIXe siècle et ont été emportées dans la tourmente des guerres.  

2014.09.06 anniversaire libération (5).JPGEn légère pente descendante vers le beffroi et la cathédrale, la rue Saint-Martin offre une vue2014.09.06 anniversaire libération (7).JPG souvent captée par les photographes sur les deux monuments tournaisiens inscrits au patrimoine mondial de l'Unesco. Au bas de celle-ci, sur le mur du beffroi, une plaque de cuivre rappelle la libération de Tournai par les troupes anglo-américaines, le dimanche 3 septembre 1944. Les deux photos ci-contre ont été prises lors des cérémonies commémoratives qui se sont déroulées en septembre 2014.

A l'origine, la rue Saint-Martin était principalemenet une rue résidentielle pour la bourgeoisie où s'élevaient de nombreux hôtels particuliers dont "l'hôtel de Rasse", acheté en 1839 par le baron Alphonse de Rasse, bourgmestre de la ville, après la mort de Charlotte, Thérèse, Cunégone de Saint-Genois, douairière de Mr Alphonse de Grasse, seigneur de Bouchote. Derrière une porte d'entrée composée de colonnes accouplées, de style composite, cet riche hôtel était l'œuvre de l'architecte tournaisien Bruno Renard qui l'avait construit pour Nicolas-François de Saint-Genois. Relevons également "l'hôtellerie Saint-Christophe" tenant au dit hôtel Saint-Genois, "l'hôtel du corps des Artilleurs Volontaires Tournaisiens", l'Hôtel Peeters, l'hôtel Monnier...

Une première mutation.

1952 Tournai porte Saint-Martin.jpgPeu à peu et, surtout après la seconde guerre mondiale, la rue a vu l'apparition2005 Tournai rue Saint-Martin (1).JPG de nombreuses maisons de commerce et la disparition progressive des hôtels de maître. Rien que dans la section haute comprise entre le boulevard Bara et la rue des Aveugles, on notait la présence, jusque dans les années quatre-vingt et nonante du marbrier, Georges Delcourt, membre de la Royale Compagnie du Cabaret Wallon Tournaisien et de son épouse Angélina, mémorable figure des revues (photo de gauche), de la librairie tenue par Mademoiselle Angèle, d'une boulangerie, d'une crèmerie, d'une boucherie, de deux épiceries et de trois estaminets. Tous ces commerces sont aujourd'hui disparus. Ils ont été remplacés par le bureau d'un agent d'assurances, le magasin d'une fleuriste qui vient malheureusement de fermer boutique, par une sandwicherie-traiteur, un magasin spécialisé en électro-ménager, un cabinet de reconstruction dentaire et faciale (photo de droite) et un antiquaire.

2006 Tournai plan abbaye de St Martin.JPGSur le trottoir d'en face se trouve un cabinet de bien-être à l'enseigne "1,2,3... la vie" et surtout "l'Auberge de Jeunesse", bien connue des nombreux routards qui passent par la cité des cinq clochers. Celle-ci occupe les locaux autrefois attribués au Conservatoire de Musique avant son déménagement, en 1986, vers la place Reine Astrid.

A gauche s'ouvrent deux petites rues aux maisons ouvrières : la rue de France et la rue des Aveugles, à droite, l'enclos Saint-Martin donne accès au Musée des Beaux-Arts et à une habitation sur le mur de laquelle apparaît, gravé, le plan de l'abbaye de Saint-Martin (photo de gauche). 

 

Le couvent des Petites Sœurs des Pauvres.

L'ordre des Petites Sœurs des Pauvres a quitté le couvent qu'il occupait au n° 87 à la fin des années nonante. Durant le XXe siècle, on voyait régulièrement ces religieuses, tout de noir vêtues, parcourir les rues de la ville et des faubourgs, à pied, à vélo, à mobylette et, par la suite, sacrifiant au modernisme, au moyen d'une petite Citroën 2CV. Elles allaient à domicile pour soulager la misère, soigner les malades, ensevelir les morts et, le soir, elles recevaient également dans leur dispensaire les personnes qui devaient être soignées pour un petit bobo ou à qui le médecin avait prescrit une série de piqures. Elles y tenaient aussi un vestiaire pour les démunis.

Ma grand-mère y assurant l'entretien, je m'y rendais régulièrement et j'ai conservé le souvenir de ce grand bâtiment de deux étages, possédant, dans la cour, une hostellerie pour les résidents de passage, une petite chapelle et un jardin, embaumant la rose, veillé par une statue de la Vierge, endroit propice à de longues méditations. Les religieuses logeaient aux étages dans des pièces divisées en petites cellules sobrement meublées d'un lit et d'un prie-Dieu. Cet immeuble froid à la façade grise, ce bâtiment austère aux pièces d'une hauteur qui semblait démesurée à un enfant de six ou sept ans, respirait le savon noir utilisé pour l'entretien des carrelages, l'encaustique pour celui des boiseries et l'éther pour les soins au dispensaire. Une fois la porte franchie, les bruits de la rue s'estompaient et on se déplaçait alors dans un havre de sérénité seulement troublé par le tintement de la cloche au moment où elle invitait les sœurs à la prière.

Lors de leur départ, les responsables de la communauté formulèrent le vœu de voir utiliser l'immeuble pour une activité à finalité sociale. En 2008, à l'étroit dans ses locaux de la place Verte, "l'Entracte", service résidentiel de nuit pour les personnes handicapées fréquentant le centre de jour "La Marelle", s'y est installé après d'importants travaux de rénovation afin de mettre les locaux aux normes de sécurité et afin de les rendre les plus confortables possible pour les résidents. Les lieux n'ont pas fondamentalement changé mais les rires et conversations des occupants actuels ont remplacé le silence des religieuses de jadis.

L'hôtel Peeters.

Situé sur le même trottoir que le couvent des Petites Sœurs des Pauvres, au numéro 47, se dresse, en retrait de la rue, "l'hôtel Peeters". On dit qu'il a été construit sur une propriété ayant appartenu aux enfants de Nicolas de Flines et qu'au XVIIe siècle s'y élevait, face au Musée de Folklore, dans la rue Massenet, le couvent des "religieuses Augustines de Sion". Cet ordre fut dissout en 1783. La propriété fut achetée par un nommé Jacques Duvivier qui serait à l'origine de l'édification du bâtiment entre la rue Massenet et la rue Saint-Martin dans une période qu'on situe entre 1807 et 1823. On évoque le nom de Bruno Renard comme architecte mais on ne possède pas de certitude à ce sujet.

1940 Tournai rue St Martin.jpgEn 1827, l'hôtel devient la propriété du banquier Leman et ensuite du banquier Delecourt qui le vendit en 1835 au baron de Loen. C'est en 1852 que Charles Peeters, fabricant de Sucre, archéologue et passionné par l'Histoire de la ville va en devenir propriétaire, il restera dans la famille jusqu'à la mort de la dernière habitante, Mademoiselle Peeters qui y offrit l'hospitalité à l'évêque Carton de Wiart en 1940, suite au bombardement du palais épiscopal. Situé en retrait de la rue, contrairement aux immeubles voisins, l'hôtel Peeters avait miraculeusement échappé à la destruction. Racheté par la Ville en 1980, il abrite désormais le Centre de la Marionnette de la Fédération Wallonie-Bruxelles. On y accède en franchissant une grille ouvrant sur un porche menant à une cour pavée où se dresse le bâtiment.

 

L'Hôtel des Artilleurs.

tournai,rue saint-martin,hôtel peeters,hôtel monnier,hôtel de rasse,soeurs des pauvres,royale compagnie du cabaret wallon tournaisien,les filles,celles picardes,hôtel des artilleurs,abbaye de saint-martinUn autorisation du commissaire général de la guerre, datée du 15 janvier 1831, a permis la formation de l'association des Artilleurs-Volontaires de Tournai. La société, officiellement constituée le 29 février 1836, a, à cette même date, acquis l'hôtel situé au milieu de la rue Saint-Martin, face à la rue Roquette Saint-Nicaise. Ce corps d'élite qui ne se composait, à l'origine, que de citoyens ayant pris part à la révolution de 1830 était fort de 115 hommes.

L'hôtel de la rue Saint-Martin était connu pour les fêtes brillantes qui y étaient organisées auxquelles assistèrent de nombreuses personnes étrangères à la ville et même le duc et la duchesse de Brabant et le comte de Flandre. Dans les jardins, on trouvait des tirs à l'arc, à l'arbalète et autres jeux prisés à l'époque. Le grand salon construit sur des plans de l'architecte Justin Bruyenne était destiné aux bals somptueux et aux concerts.

Cet hôtel servit au XXe siècle de local pour des réceptions données par les dirigeants du club de football de la Royale Union Sportive Tournaisienne et fut le local d'une section de supporters forte de plusieurs centaines de membres jusqu'au début des années soixante (article de presse ci-contre). Les lieux sont désormais occupés par le musée d'Histoire Naturelle implanté aux abords de l'Hôtel de Ville.

L'Hôtel Monnier.

Celui-ci était situé au numéro 26, en face de la rue Massenet. Sa façade dessinait une avancée sur le trottoir. Il faisait partie d'un ensemble d'immeubles cossus avec l'hôtel Louis XVI voisin. Nous avons déjà l'occasion de signaler, notamment lors de la présentation de la rue Perdue, cette "folie" de construction de résidences sans âme architecturale, qui a envahi les promoteurs immobiliers et les jeunes architectes, dépourvus de tout souci d'esthétisme, dans le courant des années soixante et septante. L'hôtel Monnier qu'on avait volontairement laissé se dégrader au point de le rendre dangereux pour les passants a été détruit au début des années septante. La construction d'un nouveau bâtiment a été stoppée en raison de la faillite de l'entreprise et a repris après quelques années d'abandon. On trouve désormais, à sa place, un bâtiment d'une grande simplicité architecturale à vocation commerciale et résidentielle ayant pris le nom de "Résidence Saint-Eloi" pour rappeler la présence de la petite chapelle inclue dans le bâti actuel et dont nous avons eu l'occasion d'évoquer l'existence dans l'article consacré à la place Reine Astrid.

Des adresses connues.

On ne peut parler de la rue Saint-Martin sans évoquer des adresses bien connues des Tournaisiens : tel le n° 50, une ancienne maison bourgeoise qui abrite le Musée des Arts décoratifs, plus communément appelé par les tournaisiens, le "Musée de la Porcelaine", tel le n° 52 dont le porche monumental mène à la Cour d'Honneur de l'Hôtel de Ville, tel aussi le n°54 qui est abrite le local de la "Royale Compagnie du Cabaret Wallon Tournaisien" ou encore la maison voisine, local des "Filles, Celles Picardes". En face, le café des "Amis réunis" mérite une visite afin de découvrir son décor typiquement tournaisien. On y sert encore la bière à partir de pompe en cuivre, on y joue encore au jeu de fer et aux cartes et on s'enorgueillit d'avoir reçu la visite régulière du chanteur Renaud et de l'équipe du film Germinal, lors du tournage qui avait pour cadre la région de Valenciennes. Une seule chose a disparu, on ne voit plus ces volutes de fumée bleutée exhalées par les "touquettes" (les pipes) des vieux consommateurs. 

La rue des Primetiers.

Presqu'en bas de la rue Saint-Martin, sur la droite, s'ouvre la rue des Primetiers. Jusqu'à la rénovation de l'ilot éponyme, cette toute petite rue de quelques dizaines mètres de longueur, longeant la salle des Concerts, permettait d'éviter le carrefour du beffroi pour rejoindre la rue de la Tête d'Or en passant par la rue Garnier. Combien de cyclistes ont emprunté ce raccourci ! Cette voirie a été fermée par des arcades et rendue piétonne pour assurer la sécurité des centaines d'élèves fréquentant le conservatoire.

Et maintenant ?

1982 commerçants rue St Martin.jpgCette longue rue, dotée de petits pavés placés en "queue de paon", est une des plus animée de la ville. Aux heures de pointe, la circulation y est importante. Dans la partie comprise entre la rue Massenet et le carrefour du beffroi, elle compte encore de nombreuses maisons de commerce (restaurant, organismes financiers, boucherie, librairie, local de la gestion centre-ville ou les locaux d'Infor-Jeunes). Par contre, les magasins de meubles Ronse et Imexcotra, les cafés de l'Equipe et de la Raquette, le Khéops, le magasin de jouets Monnier, les boulangeries Van Gheluwe et Doutreluigne, le traiteur Eric, la pharmacie Thérasse ou encore le magasin de prêt à porter "Hit Boutique" sont disparus avant même la naissance du présent siècle.

Dans le nouveau plan de mobilité édicté par l'Administration communale, la décision de la mettre à sens unique a soulevé une levée de boucliers, au point que ce projet a été abandonné. On évoque la prochaine sécurisation du haut de la rue par un nouvel aménagement, ceci afin de réduire la vitesse de certains véhicules qui s'y engouffrent sans ralentir quand le feu vert leur permet de franchir le carrefour de la Porte Saint-Martin. La photo (ci-dessus) de l'Association des Commerçants de la rue Saint-Martin date de 1982, très peu y sont encore actifs mais la rue ne s'est pas endormie pour autant.

(photos : "le Courrier de l'Escaut", le "Nord-Eclair" et collection de l'auteur)

(sources : "Tournai, Ancien et Moderne" d'A.F.J. Bozière, ouvrage paru en 1864 - "L'habitation Tournaisienne", d'E.J. Soil de Moriamé, ouvrage paru en 1904 - " Biographies tournaisiennes des XIXe et XXe siècle" de Gaston Lefebvre, ouvrage paru en 1990 - "Tournai perdu, Tournai gagné", de Béatrice Pennant, ouvrage publié par l'ASBL Pasquier Grenier en 2013 - la presse locale : Nord-Eclair et le Courrier de l'Escaut - souvenirs personnels).

S.T. décembre 2015.

22/07/2015

Tournai : les évènements sur la ligne du temps (4)

Les XIe et XIIe siècles.

En l'an 1010 : venue à Tournai de Baudouin le Barbu, comte de Flandre (celui-ci est appelé Baudouin à la belle Barbe par Chotin).

Vers l'an 1020 : Guéric le Sor, qui s'est emparé des châtellenies de Leuze, d'Escanaffles, Condé... fait valoir à main armée ses droits sur le quartier Saint-Brice.

En l'an 1023 : assemblée à Tournai à laquelle participe Baudouin le Barbu, le duc Gothelon, les évêques de Cambrai, de Liège et de Tournai-Noyon.

En l'an 1054 : les troupes d'Henri III assiègent la ville et établissent leur camp à proximité de l'église Saint-Brice.

En l'an 1064 : translation de Blandain à Tournai du corps de saint Eleuthère, celui-ci devient le patron de la cité à la place de saint Nicaise.

En l'an 1090 : depuis quelques années, la peste ravage la région, elle y fait des milliers de morts, en fait, il semble qu'il faille parler plutôt de la "maladie de l'ergot du seigle". Le 14 septembre, jour de l'Exaltation de la Sainte-Croix, l'évêque Radbod II ordonne qu'une procession fasse le tour de la ville. Rapidement le fléau va disparaître, c'est l'origine de la grande procession de Tournai qui est encore organisée le deuxième dimanche de septembre.

En l'an 1092 : refondation (la première datant des XIe et XIIe siècles ayant été abandonnée) de l'abbaye de Saint-Martin par Odon l'écolâtre.

En l'an 1099 : deux Tournaisiens qui ont pris part à la première croisade de Godefroid de Bouillon entrent les premiers dans Jérusalem : on les connaît sous les noms de Lethalde et Engelbert. "Y entrèrent deux chevaliers qui estoient fors et frères. L'un avait nom Lutole, li autres Gilibers. Nés estoient de Tournai" (traduction de Guillaume le Tyr reprise par Chotin).

En l'an 1101 : Robert, comte de Flandre, s'empare de Tournai.

En l'an 1125 : fondation de l'abbaye de Saint-Nicolas des Prés.

En l'an 1140 :  début de la construction de la cathédrale Notre-Dame. Il est à noter que Paul Rolland situe la construction de la nef entre 1110 et 1140 et du transept et du chœur de 1146 à 1171. Tous les historiens sont unanimes pour désigner la date du 9 mai 1171 pour sa consécration. A cette époque, l'édifice est totalement de style roman.

En l'an 1146 : séparation des évêchés de Noyon et de Tournai.

En l'an 1147, de nombreux Tournaisiens participent à la seconde croisade en suivant leur châtelain Evrard II. Un des aumôniers est l'abbé de Saint-Martin, Hérinam, le chroniqueur qui disparut au cours de celle-ci.

En l'an 1153 : construction de la chapelle Saint-Lazare qui reste actuellement le seul vestige de la léproserie du Val d'Orcq. Apparition également, en cette année, des treize premiers jurés dont d'entre eux portent le titre de "prévôt". Ces derniers président les assemblées et exécutent les décisions prises par celles-ci.

En l'an 1187 : bien que la cité fut intégrée au comté de Flandre, Tournai jouit d'une certaine indépendance vis-à-vis de celui-ci et se rapproche de plus en plus de la couronne de France.

En l'an 1188 : début de la construction du beffroi suite au droit de cloche accordé aux Tournaisiens par le roi de France Philippe-Auguste.

En l'an 1197 : la ville résiste à une tentative de reprise par les troupes du comte de Flandre.

En l'an 1198 : l'évêque Etienne fait construire une chapelle épiscopale qui relie le palais à la cathédrale, elle surmonte la "fausse porte" comme les Tournaisiens surnomment encore l'ouverture qui se trouve en-dessous.

(à suivre)

S.T. Juillet 2015.

28/11/2012

Tournai :la construction a le vent en poupe !

Avant de céder son fauteuil mayoral, le 3 décembre prochain, le bourgmestre de Tournai a tiré, devant la presse, un bilan des douze années passées à la tête de la cité des cinq clochers. On a notamment appris que son souhait le plus cher était de voir la population de la ville augmenter et il a ainsi cité le chiffre de 72.000 habitants à l'horizon 2020. Pour rappel, on dénombre actuellement un tout petit moins que 70.000 habitants.

Les nouveaux venus, parmi lesquels les Français ne seront certainement pas les moins nombreux, trouveront largement à (bien) se loger puisque des projets immobiliers de qualité fleurissent aux quatre coins de la cité de natale de Clovis. Un notaire m'annonçait dernièrement que dans les quatre prochaines années, environ neuf cents logements seront mis en vente ou en location sur le territoire de la ville.

Deux projets ambitieux viennent de démarrer. L'un se situe entre la rue As-Poids et la place de Lille, l'autre en face du jardin de la Reine. 

Depuis quelques jours, des tracteurs évacuent des tonnes de terre et de gravats de terrains situés à l'arrière de l'église Sainte-Marguerite. On va édifier, en cet endroit, un parking sur deux étages et transformer l'ancien hôtel à l'enseigne des "Armes de Tournai" ainsi que l'ancienne cure en appartements de standing. L'église elle-même vient d'être vendue à un promoteur qui souhaite y aménager là aussi des appartements  avec vue unique sur la cité tout en réservant le rez-de-chaussé à une destination plus culturelle. Espérons qu'au cours de ce chantier ne disparaîtra pas la cartouche "La fuite en Egypte", redécouverte il y a peu de temps et qui avait disparu sous un recouvrement probablement après la seconde guerre mondiale. Les défenseurs du patrimoine tournaisien peuvent, en effet, émettre logiquement certaines craintes car le promoteur n'est autre que celui qui a procédé à la restauration de la façade du 10 rue des Maux, l'ancienne "grange aux dîmes" de l'abbaye de Saint-Martin, au cours du laquelle le sablage a fait disparaître les dorures qui recouvraient les inscriptions des cartouches ainsi que la polychromie qui identifiait les armes de l'abbaye et de l'abbé constructeur. Tout cela probablement, une fois de plus, au nom de la rentabilité financière, ce terme à la mode qui nous a plongé dans la situation économique que nous connaissons ! On n'a pas le droit de gaspiller le riche patrimoine tournaisien conservé par nos ancêtres et de s'ériger en juge de ce qui doit être conservé ou peut disparaître. 

Les Tournaisiens amoureux de leur passé doivent également se presser s'ils veulent garder un souvenir de ce fugace "Casino" dont l'Optimiste vous a déja parlé. Depuis cette semaine, un puissant engin est occupé à attaquer la façade située à l'angle du boulevard Léopold et de l'avenue de Troyes. A la place s'élèvera un bâtiment de trente-trois appartements de très haut standing, au sein d'un écrin de verdure. Le rez-de-chaussée do nouvel immeuble sera occupé par une société de banque-assurance, une fiduciaire et une société immobilière. Une quinzaine d'emplacements de parking seront mis à la disposition de leur clientèle.

Dans la rue des Fougères, proche de la chaussée de Saint-Amand, la phase 1 de la résidence "la Renardière" se termine. Les fondations de la deuxième phase ont débuté. Là aussi quelques dizaines d'appartements confortables seront bientôt mis en vente.

Les appartements érigés sur le domaine de l'ancien Hôpital militaire de Bongnies, à la rue Allard l'Olivier, sont pratiquement terminés, certains ont déjà trouvé preneur.

Au boulevard du roi Albert, à l'emplacement d'une ancienne maison d'accueil pour personnes âgées, une petite résidence est également en construction. 

Dans la rue Jean Cousin, les travaux d'édification d'une importante résidence de plusieur dizaines de logements se poursuivent tandis que sur la plaine des Manoeuvres, face à l'avenue Montgoméry, la première phase de "la Corne Saint-Martin", autre projet de plusieurs dizaines d'appartements ayant la particularité d'être passifs évolue rapidement.

Des demandes de permis de bâtir ont été introduites ces dernières semaines à l'Administration Communale concernant la création d'appartements aux étages de l'ancien immeuble de la "Vierge Noire" à l'angle du piétonnier et de la rue de la Tête d'Or ainsi que pour la transformatione en une trentaine d'appartements de l'ancienne usine Allard sur le quai des Salines. 

On attend le début des travaux de démolition des anciens bâtiments du "Courrier de l'Escaut" situés à l'angle de la rue du Curé Notre-Dame et de l'Hôpital Notre-Dame, appartements de grand confort au pied de la cathédrale, un lieu très prisé par les amoureux de Tournai. 

Le "Centre de Tourisme" sur la place Paul Emile Janson n'en finit pas... d'en finir. Son inauguration a été maintes fois repoussée, il semble, comme nous vous l'avons déjà dit, que ce chantier souffre d'une mauvaise coordination.

La rénovation complète des façades du piétonnier sera probablement terminée pour la Noël. Les puristes constateront qu'on y a fait du beau sans respecter le caractère historique, c'est souvent le danger quand un projet est confié à une firme étrangère qui ne (re)connaît pas le caractère du lieu ou s'en moque éperdument. Sur les pas de porte, des grandes pierres bleues ont été collées sur des trumeaux faussement reconstitués et les corniches à corbeaux ont disparu au profit de corniches d'une grande simplicité. Pratiquement toutes les vitrines ont été ramenées au bord de la voirie créant une uniformité discutable. Le caractère tournaisien des maisons a disparu, probablement au nom d'une rentabilité financière et d'une enveloppe qu'il ne fallait pas dépasser. 

On est toujours sans nouvelle du devenir du chancre que constitue l'ancien cinéma Palace où des appartements devraient se trouver au-dessus d'un rez commercial. Actuellement le terrain vague sert de lieu de stockage pour la firme Galère chargée des travaux de rénovations des rues dans le cadre du projet cathédral. On attend aussi le début de la construction d'un immeuble dans la rue de l'Arbalète à destination de kots pour étudiants. On n'évoque plus de l'installation de l'école Saint-Luc dans le bâtiment des Anciens Prêtres et des Archives de l'Etat à la place de l'Evêché et place Paul Emile Janson. L'affaire suit-elle son cours ou un nouveau rebondissement est-il à prévoir? La direction de l'école des Frères située dans la rue des Choraux, en face d'un des bâtiments pressentis, a démenti par presse interposée que leurs bâtiments étaient à vendre et que Saint-Luc y installerait des auditoires !

Au Becquerelle, l'important chantier de construction du siège d'Ideta, d'une trentaine d'appartements et de deux crèches avance rapidement, les fondations ont été réalisées, le rez-de-chaussée est en cours d'édification, un des bâtiments est déjà totalement sorti de terre. 

A la rue Paul Pastur, l'édification d'appartements se poursuit, le gros-oeuvre se termine. 

A l'avenue de Maire, la construction de l'école "le Petit Colysée" est en cours, les fondations sont terminées, on entame les murs du rez-de-chaussée. 

Un tout nouveau quartier a poussé comme un champignon à Warchin, à proximité de la chaussée de Bruxelles, plusieurs dizaines de maison ont déjà trouvé acquéreur, d'autres sont encore en construction.

Il nous reste à évoquer l'important chantier de rénovation de la cathédrale Notre-Dame entamé depuis déjà une décennie. Après la stabilisation de la tour Brunin et la restauration de la nef romane, voici que se profile une nouvelle phase, celle qui concernera les clochers et le transept. Dans quelques semaines débuteront les travaux de préparation de cette délicate opération puisqu'elle concernera un chantier se déroulant jusqu'à une altitude de 83 mètres. Il y a lieu de poser les échafaudages qui ceintureront l'ensemble, de créer un plancher qui servira de base aux ouvriers, de prévoir les moyens nécessaires pour hisser le matériel tout là-haut, de fermer le tout pour des questions de confort et de sécurité pour les ouvriers. A l'intérieur de l'édifice, on va totalement isoler la nef romane qui sera la seule partie encore accessible pour les visites et les offices. L'entrée du Trésor se fera comme durant la période de fermeture au début des années deux mille par la rue des Chapeliers. La durée de la préparation est d'environ six mois, celle de la rénovation est estimée à plus ou moins six ans. 

(S.T Novembre 2012)

17/10/2011

Tournai : les noms des rues, témoins de l'Histoire (28)

Débutée dans le courant de l'article précédent, notre promenade se poursuit dans le quartier Sainte-Marguerite (Sainte-Magrite pour les Tournaisiens). Débouchant de la rue As-Poids, nous arrivons sur la place de Lille. Celle-ci a une forme rappelant un triangle et elle tient son nom actuel de la porte Coquerel ou porte de Lille de la dernière enceinte de la ville. Elle fut longtemps appelée Market as Vaques ou as Vakes comme le témoigne un écrit rapporté par Bozière, trouvé dans les Comptes de l'Hôpital de Saint-Jacques de 1355 : "Maison de Heaume, séant as Market à Vaques". On devine l'origine de ce nom, à cet endroit, en effet, se tenait un marché au bétail. Dans un autre acte de 1548, on découvre que "Demoiselle Catherine de Cordes vend une maison séant au Marché aux Vaches". En 1587, une ordonnance des Consaux déclare que "le marché aux bêtes soit tenu en la rue Perdue, lieu pour ce propre, et non pas au lieu où il se tient à présent lez la porte Coquerel". A partir de ce moment, la place prit le nom de Vieux Marché aux Bêtes. 

L'historien Hoverlant lui a fait porter, jadis, le nom de place Saint-Mard en raison de la présence toute proche de l'abbaye dont dépendait, depuis le don par Louis XIV, l'église Sainte-Marguerite, le presbytère et des dépendances. Toutefois, aucun écrit n'a jamais été découvert pour venir étayer cette affirmation. Un jour de 1485, on vit sur le Marché aux Vaches, le duc et le duchesse de Bourgogne accompagnés de leur fille et de la duchesse de Nevers, venus traiter la paix avec les députés de Gand. C'est également par la porte de Lille et le Marché aux Vaches que Louis XIV entra à Tournai, le 24 juillet 1667 vers 19h, après avoir fait un bref siège de la ville. L'historien raconte qu'il fut accueilli en ces termes : "Sire, cette ville dont vous prenez possession est la fille ainée des rois de France, elle bénit l'heureux jour où elle se voit rentrer dans le sein paternel après la douleur d'une séparation de cent quarante six ans". On dit que le dénommé Bargibant, conseiller pensionnés, qui tint ce discours fut désigné second Président du Conseil souverain deTournai. Tout flatteur vit...

Relevons quelques particularités de cette place, on y trouve des cafés-friteries, des restaurants, une discothèque, une laverie automatique, une librairie, une boulangerie, une maison où on fabrique le chocolat, un ancien hôtel particulier d'un noble français, le prince de la Tour d'Auvergne, une autre demeure bourgeoise située à l'angle de la rue des Carmes et surtout une église datant de la fin du XIIIe siècle, qui fut utilisée comme abbatiale par les moines de l'abbaye de Saint-Médard jusqu'à son incendie dans la nuit du 23 décembre 1733. Edifice religieux aujourd'hui désacralisé qui se meurt lentement faute d'une volonté de la sauver, asile d'une colonie de pigeons. A l'angle de la rue As-poids et de la place de Lille, une ancienne maison possède des "cartouches" représentant des scènes de la fabrication du pain, une bande dessinée, enseigne de jadis. Au milieu de la place s'lève un monument érigé sous la forme d'une colonne de marbre surmontée d'une déesse tenant une palme à la main, le regard dirigé vers la France. Connue sous le nom de "colonne française", elle a été construite au milieu du XIXe siècle en hommage aux soldats français partis protéger la naissante Belgique aux portes d'Anvers. Les Tournaisiens avaient vu les soldats défiler fièrement à l'aller et revenir avec des charrettes transportant les blessés et les mourants. Leur sacrifice avait eu raison des vélléités revanchardes d'une empereur hollandais qui n'acceptait pas la récente indépendance de la nation belge.

Dans le prolongement de la place de Lille, la rue Dorée porte probablement le nom d'une famille qui y demeurait jadis. Ce nom était déjà le sien en 1599 car un acte de cette époque annonce : "Vente d'une maison gissant à la rue Dorée, où pend une enseigne le Saulmon (saumon)". Il s'agissait d'une hôtellerie dont on trouve encore la trace dans le registre des Comptes de l'Hôpital Notre-Dame en 1631. L'hôtellerie était située à l'entrée de la rue, en face de la rue Perdue.

La rue Dorée débouche sur une autre placette, la place Rogier de le Pasture dont le nom a été donné en hommage à ce peintre tournaisien né vers 1400 et décédé à Bruxelles en 1484 après avoir changé son nom en Roger Van der Weyden. On peut encore y voir un porche surmonté d'une statue, on constate qu'une des portes de l'abbaye de Saint-Médard ouvrait en ce lieu qu'on appelait alors Vieux Marché à la Paille. Ce porche, oeuvre de Guillaume Hersecap, est daté de 1693. Dans les Comptes communaux de 1582, on peut découvrir que cette placette s'appelait alors, le Vieux Marché à l'Estrain

(sources : "Tournai, Ancien et Moderne" de Bozière et recherches personnelles).  

09:20 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, rues, abbaye de saint-martin, noms |