10/08/2011

Tournai : Cédric "Pupuce"Merchez,

Au sein de l'article paru le 5 novembre 2009 sur le présent blog "Visite Virtuelle de Tournai", l'Optimiste a déjà évoqué celui qui a apporté ses lettres de noblesse au tennis de table tournaisien.

Cedric Merchez est né le 21 mars 1979, le jour de naissance du printemps, deuxième garçon, au sein de la famille formée par Pierre et Eliane. Si le papa est un inconditionnel supporter du Racing Club Tournaisien, il est surtout un pongiste qui évolue au Luna Club de Marquain et c'est là que, dès son plus jeune âge, le petit Cédric passe ses soirées du samedi soir en compagnie de son frère, des ses oncles et cousins. Peut-être sera-t-il bercé par le son de la petite balle qui rebondit sur la planche et loin de s'y ennuyer, il va s'intéresser rapidement à ce qu'on appelait alors le "ping-pong" (une dénomination aujourd'hui disparue). Après les rencontres, il n'hésitait pas à empoigner une raquette et à défier d'autres participants. Sa passion pour le tennis de table venait de naître et allait prendre, jour après jour, un peu plus d'ampleur. En raison de sa petite taille qui lui permettait à peine de dépasser le filet, il reçut le surnom amical de "Pupuce", une expression emprunte de sympathie qui n'allait plus le quitter.

A six ans, il participe à son premier championnat et un an plus tard, en 1986, il évolue parmi l'équipe des préminimes de l'Essor Luna Marquain et il remporte treize des quinze tournois auquel il participe dont le "Championnat du Hainaut", le "Critérium de Masse" et le "Grand prix de la province du Hainaut". Ses brillants résultats le font remarquer par les instances fédérales et il est intégré aux entraînements provinciaux sous la houlette de Michel Salsac. Son premier classement date de l'année 1988, il est D4. Dans la catégorie des préminimes, il remporte 51 tournois et sera récompensé du "Trophée génération Barcelone" en 1989. Cette même année, il est convoqué pour suivre les entraînements nationaux à Jambes. Ainsi, pendant huit ans, après les cours à l'Ecole des Frères, ses parents feront le trajet Tournai-Namur, trois fois par semaine. Satisfaire une passion est souvent envahissant sans en avoir conscience.

Classé C4 en 1989, sa progression sera constante et on le retrouvera A9 en 1996. Durant cette période passant de la catégorie des préminimes à celles des juniors et ensuite des moins de 21 ans, Cédric Merchez brillera, tant au niveau du championnat du Hainaut (en simple ou en double), de Belgique (en simple, double et double mixte) que dans des tournois internationaux en France ou en Allemagne (Trier), aux Jeux de la francophonie (Motry), à l'open de Bulgarie ou de Slovaquie, à Salamandre.

Au cours de la saison 1994/1995, alors qu'il évolue, depuis quatre saisons, au sein du club "Sparta Mouscron", en nationale et ensuite en super-division, il est obligé de stopper sa carrière en raison d'une opération à l'épaule. Il reprendra la saison suivante, plus fort encore, accumulant les succès en championnat du Hainaut et de Belgique, remportant au passage les "Jeux Fisec Street" en Angleterre et obtenant sa sélection nationale pour les rencontres contre la France, l'Angleterre, la Slovaquie, la Slovénie, la Bulgarie, la Turquie, la Finlande, la Hollande et la Hongrie.  A 15 ans, classé A11, il se voit décerner le "Mérite Sportif du Hainaut occidental".

A la fin de ses humanités, en 1997, Cédric fait le grand saut et part jouer en France au "4s Tours", là où avait évolué Jean Michel Saive, il participe aux championnats internationaux en Yougoslavie, Autriche et France (à Lyon). Un an plus tard, il revient en Belgique pour s'intégrer au club néerlandophone "Immo-Mortsel", en super-division, il y sera classé A7 et remportera, trois années de suite, le "Championnat des Flandres de série A" collectant, également, durant cette saison 25 victoires sur 26 participations. 

En 2009, on le retrouve dans la région car le club hennuyer d'Ath a beaucoup d'ambitions et compte sur son expérience pour encadrer les jeunes joueurs. Hélas, les résultats ne seront pas toujours au rendez-vous de cette équipe qui s'était pourtant donné les moyens de réussir. Cédric, soucieux de former les jeunes, a, entretemps, créé  "l'Ecole internationale de Tennis de Table Cédric Merchez Sport" et organisé, à la demande de la commune d'Estaimpuis, de nombreuses formations à Estaimbourg y créant un tournoi amenant les meilleurs joueurs.

En 2010, il passe dans le club de Virton, probablement le meilleur club belge après la Vilette de Charleroi. Au cours de la saison qui vient de s'achever, Cédric Merchez va connaître, néanmoins, sa plus grande désillusion. Depuis toujours, il vise une logique place dans le top 5 national, récompense de tous les efforts fournis au sein des clubs et des sélections pour faire progresser le tennis de table belge. Finaliste du Championnat de Belgique de simple (battu, à Enghien, par Jean Michel Saive après une excellente rencontre), vice-champion de Belgique par équipe, finaliste de la Coupe de Belgique et classé numéro "Un" au classement de la régularité des tournois de série A, il n'est classé qu'A6 par des instances fédérales dont le classement, je trouve et je ne suis pas le seul à le dire, manque sérieusement de crédibilité. D'ailleurs, en Belgique, dans beaucoup de disciplines sportives, si les joueurs apportent la notoriété à leur sport, les instances dirigeantes le ridiculisent par des attitudes puériles, voir chauvines, au contraire d'autres nations plus évoluées où les classements sont établis sur base des résultats et non au "feeling" ou à la sympathie (si nous étions méchant, nous dirions "à la tête du client"), privilégiant systématiquement la jeunesse à l'expérience !

Lors de la prochaine saison, Cédric Merchez évoluera encore dans le club gaumais mais grâce à la double-appartenance, il est aussi engagé dans le club de Bruille, il retourne ainsi en France, treize ans après son passage en Tourraine. Il y évoluera avec l'objectif d'emmener ce club dans l'antichambre de l'élite de l'Hexagone et il y retrouvera un de ses anciens élèves Ludovic Beuny et un autre tournaisien Julien Renard.

Cédric Merchez vient d'avoir 32 ans, petit par la taille mais grand par le talent, il y a vingt-huit ans qu'avec enthousiasme, "Pupuce" vise toujours plus haut, dans un sport qui a acquis, depuis lors, ses lettres de noblesse en Belgique.