16/12/2007

Tournai : Le Musée Royal d'Armes.

De son appellation complète, "Musée Royal d'Armes et d'Histoire Militaire", il était installé au XXe siècle, à proximité de la place Verte, dans la Tour Henry VIII, dernier vestige de l'occupation de la ville par les Anglais.

Il y a quelques années, il a été transféré dans un propriété bourgeoise sise aux n° 59-61 de la rue Roc Saint Nicaise, à quelques centaines de mètres de la Grand'Place. On accède à cet hôtel de Maître du XVIIIe siècle, en franchissant une large grille donnant accès à une cour pavée. Sur la droite un long corps de logis en "L" avec étage, sur la gauche des dépendances où étaient logés les serviteurs et entreposés les calèches et les chevaux.

Une dizaine de salles ont été aménagées dans ce bâtiment longtemps inoccupé et le visiteur peut ainsi parcourir l'Histoire militaire selon différents thèmes. La "Salle du 1er Empire" comporte des vitrines d'armes, des panoplies d'armes blanches et armes à feu, divers objets et documents de l'époque. La "Salle de la Dynastie" présente elle aussi des armes blanches mais rappelle également que le Congo fut donné à la Belgique par son propriétaire, le roi Léopold II, on peut ainsi voir des panoplies d'armes africaines et différents objets de l'ex-Congo belge.

La "Salle de la Marine" regroupe différents documents et des gravures qui relatent l'histoire de la Marine belge et du matériel de la Force navale. La "Salle des deux Guerres" offre une collection d'uniformes portés par les belligérants et de très nombreuse armes à feu allant des différents types de fusils, de mitrailleuses, grenades... une salle est consacrée à "la Résistance", décorations, drapeaux de sections de résistants, souvenirs d'agents de renseignement (groupe Mill), nombreux documents sont présentés dans d'émouvantes vitrines en hommage aux Tournaisiens et habitants de la région qui luttèrent pour la libération du pays, parmi ces pièces, on découvre un poste-émetteur utilisé à l'époque. La "Salle de la Légion étrangère" permet de découvrir des armes et uniformes de ce prestigieux corps d'élite.

Beaucoup ignore que durant la guerre de Corée, quelques jeunes tournaisiens s'y sont engagés. L'Optimiste a eu l'occasion de rencontrer l'un d'eux et d'écouter ses souvenirs de combats. La "Salle des maquettes" présente de façon didactique le débarquement de Normandie, la bataille des Ardennes, paysages recomposés au moyen de figurines et de modèles réduits. La "Salle des radios et munitions" comporte différents postes belges et anglais, des centraux téléphoniques ainsi que des munitions et explosifs, bien entendu, démilitarisés et donc neutralisés. Emouvante est la "Salle des drapeaux", symboles de régiments dissous, drapeaux de sociétés patriotiques dont les représentants sont aujourd'hui disparus. Située sous le toit, cette salle dominée par la magnifique et bien conservée charpente du XVIIIe siècle regroupe aussi les bustes de nos rois et une fresque représentant le bombardement d'Ypres durant la bataille de l'Yser.

Dans la cour, le matériel lourd et les canons sont conservés dans les garages. Une guérite qui évoquera tant de souvenirs aux miliciens ayant monté la garde aux portes des casernes y est aussi visible. Pour peu que vous ayez la chance de croiser le conservateur, Charles Deligne qui a succédé à Mr. Pitot, il ne manquera pas de vous apporter d'autres précisions sur son musée qu'il aime faire vivre en y organisant de temps à autres des expositions militaires ponctuelles.