17/06/2010

Tournai : la fin du XVIIIe siècle sous la loupe (6)

Au début de l'année 1797, l'évacuation des couvents et abbayes se poursuit : le lundi 16 janvier (27 nivôse), l'abbaye de Saint Médard, les Filles-Dieu, les Carmélites, le vendredi 27 janvier (8 pluviôse), les Augustins et le samedi 28 janvier (9 pluviôse), les Capucins. Les religieuses du Saulchoir sortiront les dernières, le lundi 6 février (18 pluviôse).

 

A peine évacuée, l'abbaye de Saint Médard est réquisionnée et le citoyen Thiélbaut est autorisé à y établir provisoirement un dépôt des tableaux et autres effets appartenant à la république, exceptés de la vente du mobilier national et à y procéder à la vente des autres parties de ce mobilier, la vente des meubles de l'abbaye de Saint-Médard débute dès le mardi 24 janvier (5 pluviôse). Le 11 février (23 pluviôse), le citoyen Grooten est désigné comme adjudicataire pour 950 livres afin de descendre les cloches des communautés religieuses évacuées. Le samedi 4 mars (14 ventôse), il est décidé par le Directoire exécutif de ne pas supprimer l'ordre des religieuses des Soeurs Noires, celles-ci étant hospitalières. 

 

Le mardi 9 mai (20 floréal), on publia que tous les ministres du culte catholique devaient faire leur soumission aux lois de la république pour pouvoir exercer librement leur culte, le lundi 22 mai (3 prairial), les prêtres des paroisses de Saint-Brice et Saint-Jean ayant refusé de prêter la déclaration requise par la loi sont remplacés dans leurs fonctions.Le lundi 4 septembre (18 fructidor) , tous les livres des bibliothèques des communautés religieuses supprimées sont transportés par chariots attelés à Mons.

 

Du jeudi 19 octobre 1797 est datée une lettre émanant de l'Administration Centrale du Département de Jemmappes adressée aux Ministres de l'Intérieur et de la Police à Paris, on peut y lire le passage suivant : " Convaincus de l'insouciance coupable que la plus grande partie des Municipalités de ce Département mettent à observer les lois, nous nous occupons sans relâche à prendre sur chacune d'elles des renseignements sûrs que nous continuerons à vous faire passer à mesure qu'ils nous parviendront... La Municipalité de Mons nous paraît devoir être conservée, elle marchait bien avant le 18 fructidor (...) Celle de Tournay paraît sous tous les rapports dangereuse à être conservée; elle n'a rien fait pour l'assiette de la Contribution foncière,ne célébrait pas les fêtes nationales, apporte dans la correspondance une lenteur impardonnable. Exceptés les citoyens Cuvelier et Bonnet actuellement en exercice, il y a lieu de remplacer tous les autres membres".

 

Le changement de municipalité (c'est à dire des dirigeants de la ville) aura lieu le vendredi 17 novembre (27 brumaire).Le dimanche 17 décembre (27 frimaire), les biens de la cathédrale de Tournai et de tous ses bénéficiaires sont frappés de confiscation au profit de l'Etat par la loi du 25 novembre 1797. En ce troisième dimanche de l'Avent, à 10 heures du soir, les citoyens Briffaut, receveur des domaines nationaux, Thiébault son premier commis, Defacqz et Selle, officiers municipaux, Landrieu... et 10 fusilliers se font ouvrir la porte du Capitole, située au Vieux Marché aux Poteries. Jusqu'à minuit, ils apposeront les scellés sur les portes du choeur, des carolles, sur la grand'porte des deux escaliers menant l'un à la bibliothèque, l'autre à la chapelle Saint Vincent et au palais épiscopal. Pendant tout ce temps, cent soldats étaient disposés sur les trois places entourant la cathédrale. Le lendemain, la cathédrale mais aussi l'église de la paroisse Notre-Dame y attenant restèrent fermées au public.

 

Le mardi 26 décembre, chanoines et chapelains sont invités par le citoyen Briffautà s'assembler au chauffoir des chanoines. Au cours de cette assemblée, il est donné lecture d'une lettre datée du 9 décembre 1797 (19 frimaire) notifiant le loi prise le 5 du mois portant sur la suppression du chapitre. Briffaut fera miroite aux membres du chapitre qu'ils auront une retraite pour pourvoir à leur subsistance. Cette année 1797 qui s'achève n'a pas vu un quelconque assouplissement de la part des responsables de la République, au contraire, le travail de sape a continué, la ville est dirigée d'une main de fer, pour preuve, au début de l'année, les enfants criant une nouvelle fois "des billets pour les rois" furent à nouveau arrêtés. Les Tournaisiens ne voient pas d'amélioration possible pour l'année 1798 qui va bientôt débuter...

07:30 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : 1797, republique, tournai |