16/06/2009

Tournai : hommage à un militaire tournaisien

Fils de François, policier communal, et de Marie Ratte, Fernand Edmond Tranchant est né le 10 décembre 1923 à Tournai. Sportif, aimant le football, il fit partie avec son frère Jules des équipes de jeunes de la Royale Union Sportive Tournaisienne. Lorsque la seconde guerre mondiale éclata, il fut obligé, à plusieurs reprises de quitter, en catastrophe, le domicile paternel, fuyant par les toits ou les jardins afin d'échapper aux perquisitions dans le cadre du S.T.O (service de travail obligatoire au profit de l'ennemi).

Le 10 octobre 1944, un mois après la libération de la cité aux cinq clochers, Fernand Tranchant est engagé volontaire pour la durée de la guerre au bureau de recrutement et de recensement n°5 et le 19 décembre de la même année, il entre au service actif au 10e Bataillon de Fusilliers. Ce dernier avait été créé à Casteau quelques jours plus tôt, le 11 décembre. Dès le 13 février 1945, le 10e Bataillon de Fusilliers est affecté à la 3e Armée américaine en vue d'effectuer diverses missions de guerre au Grand-Duché de Luxembourg : voies de communication de l'axe Luxembourg-Ettebrück, station émettrice de Junglinster, garde des localités évacuées le long de la Moselle et de la Süre jusqu'à Echternacht. Le 10e bataillon franchira la Moselle le 6 mars 1945 pour gagner Trèves, Bad Kreuznach et Wittich. Le bataillon franchira ensuite le Rhin, le 4 avril 1945 et sera raméné en Belgique le 13 juillet pour des missions de garde du port de Gand ainsi que des dépôts de l'armée.

Le 1er août 1945, Fernand Tranchant est commissionné au grade de caporal et le 1er mars 1946 au grade de sergent. Le 12 mars 1946, on le retrouve à l'école des Sous Officiers. Après être passé par la 2e Brigade d'Infantrie 13e Bataillon, il appartient à partir du 15 janvier 1947 au 12e Bataillon de Ligne. En mai 1947, il épouse Suzanne Coinne, fille de Georges, décédé en 1938 et de Valentine Verdière. Le 22 mars 1948, il est détaché pour le compte de son unité au centre d'écolage n°1 de Soest (Allemagne Occidentale). Le 14 mai 1949, il est présent à Tournai pour la naissance de son fils.

Un mois plus tard, le 15 juin, il signe son réengagement le jour de la remise de l'Armée sur pied de paix et le lendemain, le 16 juin, c'est le drame, il participe à des manoeuvres à Wickede (A.O). Le jour même, le Ministère de la Défense Nationale a décidé que, désormais, les tirs seraient effectués au moyen de munitions "à blanc" et non plus à balles de guerre. La décision parvient trop tard, les hommes sont déjà sur le terrain, on remplacera les munitions le lendemain. En milieu de matinée, en ricochant sur un obstacle, une balle vient frapper le jeune militaire tournaisien en pleine tête. Transporté à l'hôpital de Wickede, son décès sera constaté à 11h00 du matin comme le consigne le sous-lieutenant Nicolet du 12e Bataillon de Ligne sur déclaration du major Armand Bockourt, de l'adjudant Marcel Bughin et du sergent Charles-Antoine Debressing. Trois jours plus tard, son corps sera rapatrié dans sa ville natale et déposé de l'Hôpital militaire Quartier Major Médecin De Bongnie où se dérouleront, dans la chapelle, les funérailles auquelles participeront un détachement du 12e Bataillon de ligne, un imposant groupe de policiers tournaisiens, des représentants des autorités militaires et civiles, d'anciens joueurs de l'Union de Tournai... En un long cortège silencieux, son corps sera ensuite amené au cimetière du Sud où il repose désormais. A titre posthume, le sergent Fernand Tranchant se verra attribuer la Croix de Chevalier de l'Ordre de Léopold II et la Médaille commémorative de la Guerre 1940-1945 avec deux sabres croisés par arrêté du Régent du 1er novembre 1949. Fernand Tranchant s'était vu attribuer de son vivant la médaille de Volontaire de Guerre 1940-1945. Il laissait une veuve à peine âgée de 24 ans et un fils d'un mois.

Soixante années, jour pour jour, après sa mort accidentelle, ce fils qui signe ses articles du pseudo "l'Optimiste" a voulu, en dressant cette biographie, rendre hommage à ce père qu'il n'a jamais connu...Peut-être certains lecteurs se souviendront-ils de cette histoire déjà bien lointaine !

09:44 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : 12e bataillon de ligne, tournai |