03/11/2016

Tournai - des chantiers en pagaille !

L'automobiliste tournaisien va devoir ronger son frein !

Depuis plusieurs années, Tournai vit à l'heure des chantiers routiers. Les Tournaisiens ont tout d'abord vécu ceux qui concernent la pose d'impétrants comme le renouvellement des conduites d'eau pour éliminer le plomb ou celui des anciennes conduites de gaz en acier par des nouvelles beaucoup plus souples, le remplacement de câbles électriques dont certains commencent à poser problème ou la pose du câble optique pour la télédistribution et les liaisons téléphoniques. Il y a eu également les intempestives ruptures de canalisations et les découvertes fortuites d'anciens égouttages surannées (et inconnus) qui provoquèrent des affaissements de chaussée (au boulevard du roi Albert, à la rue de Barges, au parvis du beffroi et maintenant à la rue du Parc). Tout ces chantiers engendrent, inévitablement, des problèmes de circulation, celle-ci se déroule alors, soit sur une voirie rétrécie (rue Saint-Eleuthère), soit réglée par des feux (chaussée de Roubaix) ou est totalement impossible (depuis deux mois déjà dans la rue des Aveugles et, depuis le week-end de Toussaint, le long du Conservatoire).

Mieux vaut choisir la marche à pied !

Il y a également les chantiers de rénovation du centre-ville qui, après avoir concerné l'entièreté du quartier cathédral, se sont déplacés vers le quai Dumon et le quartier du Becquerelle. Tout devrait être terminé dans quelques semaines. Hélas, on constate déjà des réouvertures ponctuelles des voiries à peine terminées, c'est actuellement le cas à la rue du Four-Chapitre (au pied d'une cabine électrique) et à la rue de Courtrai (face à un magasin). La question que se posent les Tournaisiens est la suivante : la pose des impétrants a-t-elle été bricolée ou bien est-on systématiquement dans l'impossibilité d'appréhender certains problèmes ?

La fin des gros chantiers actuels ne signifie pourtant pas que tout sera pour le mieux dans le meilleur des mondes comme l'aurait dit d'Aldous Huxley. La presse locale et le site du SPW viennent de dresser un tableau "apocalyptique" de la circulation automobile, dans et aux alentours immédiats de Tournai, lors des deux prochaines années. Qu'on en juge !

Le quai Donat Casterman.

On semble les connaître depuis toujours, ces tours jumelles appartiennent au paysage de ce qu'on appelait, jadis, le quai de déchargement des péniches, à deux pas du pont Delwart. En raison de sa vétusté, une des deux centrales à béton de la firme Thiébaut est en cours de démantèlement, depuis ce mercredi 2 novembre. Il faut dire qu'elle datait de 1963 et sa construction avait été réalisée par des firmes alors bien connues à Tournai, les Ateliers Louis Carton, la Maison Caucheteux et les pompes Déplechin. Pour d'évidentes raisons de sécurité, la circulation sur le quai se déroule alternativement entre la rue des Roctiers et l'ancien entrepôt de la douane, réglée au moyen de feux tricolores. Ce quai est emprunté quotidiennement par les clients se rendant à la zone commerciale de Froyennes et par les automobilistes qui souhaitent éviter le rond-point de l'Europe et les files de l'avenue de Maire aux heures de pointe. Pendant une semaine, voilà donc un itinéraire bis un peu moins efficace, heureusement que nous sommes en période de congés scolaires. 

L'autoroute E42/A8 à "Tournai Froyennes".

Dans quelques jours va débuter la phase 4 de la rénovation en profondeur de l'autoroute E42/A8, commencée voici près de deux ans. Celle-ci sera exécutée dans la section comprise entre l'échangeur de Marquain et l'embranchement de la liaison vers Bruxelles à hauteur de Kain. Ce chantier va engendrer le fermeture des bretelles d'accès et de sorties de Froyennes (vers Pecq et vers Bruxelles). Une déviation sera mise en place et les véhicules concernés devront emprunter les entrées et sorties de "Tournai-Nord" (chaussée de Renaix). Cette situation qui devrait durer quelques mois (fin prévue aux grandes vacances de 2017) augmentera sensiblement la circulation sur l'axe de pénétration qu'est la chaussée de Renaix à Rumillies, une voie déjà presque saturée aux heures de pointe !

Le carrefour de la chaussée de Bruxelles.

Lorsque les travaux d'extension de la zone commerciale des Bastions seront terminés (en 2018), on devra faire face à une augmentation de la circulation puisque le nouveau parc commercial comprendra alors 90 cellules. Un plan de transformation de l'accès à Tournai par la chaussée de Bruxelles va donc entrer en vigueur et nécessite, dès à présent, d'importants aménagements. Un problème va se poser en terme de mobilité, il s'agit du carrefour le plus fréquenté, après le rond-point de l'Europe, avec un flux de 28.600 véhicules/jour, très loin devant la Porte Saint-Martin avec ses 17.800 véhicules/jour.

Le chantier va s'étendre du carrefour de la rue de la Lys (boulevard Walter de Marvis) à la rue d'Amour (boulevard des Combattants). Il concernera la modification du carrefour existant à hauteur de la rue de la Lys, celui-ci sera équipé de feux tricolores pour faciliter l'accès à la nouvelle zone commerciale et la rénovation totale du boulevard Walter de Marvis. Il concernera ensuite le carrefour de la chaussée de Bruxelles et nécessitera, durant plusieurs mois, la fermeture de cet axe  à la Porte de Marvis. Comme à l'avenir, il sera interdit d'entrer en ville par le début de la rue de Marvis, dont le dernier tronçon sera mis en sens unique vers la sortie de ville, les véhicules qui souhaitent y entrer seront obligatoirement déviés vers la droite et un rond-point sera aménagé au carrefour avec la rue de la Lys.

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La dernière rénovation du carrefour Marvis datait de 1978 (photo presse locale), il faut lire Nationale 7 !

Ce chantier sera réalisé en une phase continue. Il débutera au printemps de l'année 2017 et durera environ six mois (sans aléas !) mais... comme "chat échaudé craint l'eau", ce délai paraît un peu court pour réaliser ce chantier qui s'étend sur plus d'un kilomètre. Pour cela, il faudra une bonne coordination de toutes les entreprises chargées de poser les impétrants, une disponibilité de nombreux ouvriers présents quotidiennement sur la chantier et aucune interruption dans le déroulement des travaux. Des exemples récents (notamment celui de l'autoroute E42) ont démontré que pour des raisons diverses, les ouvriers étaient parfois absents pendant de nombreux jours. Comme la période des congés d'été se situera également dans le calendrier, l'Optimiste redoute (et il n'est pas le seul) que ce chantier dure un peu (beaucoup) plus longtemps. Les automobilistes qui empruntent ordinairement cet axe pour conduire les enfants à l'école ou pour se rendre au travail seront invités à utiliser des axes parallèles (mais ceux-ci ne sont pas déserts d'ordinaire !).

A la fin des travaux de la zone commerciale, il y aura aussi lieu de réinstaurer la liaison entre le parking et la rue de la Lys, interrompue depuis le début du chantier. 

Gérer le flux de circulation sera un véritable casse-tête pour l'échevin de la Mobilité et pour les responsables de la police chargés de la circulation. Le diriger vers la chaussée de Renaix et la chaussée d'Antoing ne fera qu'amplifier les embouteillages aux Porte de Morelle ou de Valenciennes. Quant à une déviation vers l'avenue de Maire par l'autoroute, elle ne sera possible que si les travaux sont terminés sur cet axe qui contourne la ville. 

La place Verte.

Dans le courant de l'année 2017, d'importants travaux seront également entrepris à la place Verte. Depuis trois ans, régulièrement, l'Optimiste vous informe que la voirie entre la rue de l'Epinette et du Sondart a été extraite à la circulation en raison des dangers d'effondrement d'un égout principal. Le chantier concernera la réparation de cet égout, la pose d'impétrants et la réhabilitation de la chaussée. L'Administration communale a rappelé que la circulation et le stationnement y sont interdits mais de nombreux automobilistes semblent ignorer le danger. Il est pourtant courant sur les sites internet de voir, un peu partout, des véhicules "avalés" par une route dont le sous-sol a été fragilisé ! Un risque que certains n'hésitent pas à prendre afin de bénéficier d'une facilité (!) et d'une gratuité de parking.

La rénovation du plateau de la gare et de la rue Royale.

L’administration communale détient depuis longtemps un projet de réhabilitation du plateau de la gare et de la rue Royale. C'est un pieux souhait de rendre plus convivial et plus attractif cet axe emprunté par les visiteurs venus dans la cité des cinq clochers par le train. Des rumeurs insistantes fixent le début du chantier juste après la fin de celui du Becquerelle dont il formerait une continuité. Celui-ci devrait impacter également une section de la ceinture des boulevards et cette dernière est située à un peu plus d'un kilomètre du carrefour de la chaussée de Bruxelles.

L'élargissement de l'Escaut.

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Le projet suit son cours, on discute et on pinaille encore sur l'aspect à donner au futur Pont des Trous. Comme toujours dans ce genre de débat, on fluctue entre le choix rétrograde pur et dur et le snobisme futuriste. Un juste milieu semblait pourtant avoir été trouvé lors de réunions citoyennes mais ne satisfait pas entièrement les uns et les autres. Il est toujours impossible de récolter une unanimité. Cela ne devrait pourtant pas retarder le début du chantier d'élargissement dont les prévisions, déjà maintes fois modifiées, le fixent dans le courant de l'année 2017.

 

Il faudra également construire un nouveau Pont-à-Pont et cela nécessitera, là aussi, de dévier la circulation. Il ne restera plus que deux ponts disponibles dans le centre-ville : le pont Notre-Dame et le pont de Fer. Ces deux points de passage devront canaliser toute le circulation passant d'une rive à l'autre du fleuve ! Des déviations, il en sera encore question durant les travaux d'élargissement du fleuve dans la section entre le Luchet d'Antoing et le quai Saint-Brice. 

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Déjà en 1963 la presse locale évoquait une possible démolition du Pont-à-Pont avant que n'intervienne, en 1977, la solution de l'alternat préconisée par Raoul Van Spitael. 

 

Utiliser les moyens modernes de transport !

Face à cette situation délirante, l'Optimiste songe sérieusement à acheter un "segway" ou une trottinette électrique et, pour se former à la conduite, il ira demander conseil à un échevin tournaisien, spécialiste de ce genre d'engin.

(sources : "Le Courrier de l'Escaut", édition du 2 novembre - recherches personnelles, photos de la presse locale Courrier et Nord-Eclair, document du Pont des Trous : collection personnelle).

S.T. Novembre 2016. 

 

18/07/2016

Tournai : évolution de la ville lors des dernières décennies (2)

Les années soixante.

1960, quinze années nous séparent de la fin de la guerre et, si on excepte l'ancienne école située à la rue du Becquerelle dont le terrain vague va subsister jusqu'à la construction du commissariat de police en 2003, les années soixante vont voir rapidement disparaître les dernières ruines résultant des bombardements. 

Les Maisons Romanes.

Au n°10 et 12 de la rue Barre Saint-Brice, Tournai peut s'enorgueillir de posséder les plus importantes et les plus complètes maisons de l'époque romane encore visibles dans le Nord de l'Europe. Hélas, au début des années soixante, il ne subsiste qu'un squelette de ces immeubles, témoignage de la splendeur de la cité au XIIe siècle.

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Quelques années plus tard, elles seront restaurées. Elles abritent désormais le temple du culte protestant.

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Les grands chantiers.

Cette décennie voit de grands travaux réalisés en ville et notamment un premier élargissement de l'Escaut qui nécessite de remodeler le visage des quais. Les documents photographiques représentent le quai Vifquin en 1960 et le quai du Luchet d'Antoing en 1964.

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Ces photos préfigurent-elles ce que Tournai va, à nouveau, subir dans le cadre de l'élargissement de l'Escaut ?

Le développement du commerce local

Les premières grandes surfaces font leur apparition. Le magasin "Sarma", déjà établi à la rue Soil de Moriamé avant-guerre, n'est plus seul, il y a aussi "Unic" qui a intégré les anciens magasins "A la Vierge Noire", au carrefour du Dôme, et, dès 1962, dans la rue de la Tête d'Or, on voit s'élever le "Grand Bazar". C'était une époque où les grands magasins attiraient du monde en ville au bénéfice également du petit commerce local.

Un nouvel hôpital.

En 1968 débutent les travaux du nouvel Hôpital Civil au boulevard Lallaing. Ceux-ci nécessitent la destruction d'une partie des bâtiments existants et la disparition de l'imposant escalier emprunté par des générations de visiteurs.

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En 1966, on procède notamment aux réfections de la rue Blandinoise, de la chaussée de Renaix et à la création d'une nouvelle voirie, l'avenue Delmée qui desservira la toute nouvelle clinique Notre-Dame.


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Sur la Grand-Place, entre la droguerie "Au Gros Chien" et l'Hôtel de l'Europe, des panneaux publicitaires masquent le terrain vague du site des Douze Césars.

La salle des Concerts.

Hélas, un bâtiment semble oublié par tous, personne (et surtout pas l'autorité communale) ne se penche sur le sort de la salle des Concerts. A l'extrémité de la place Reine Astrid, celle-ci présente un tel état de délabrement qu'il fait même craindre sa démolition. Un promoteur voudrait même y ériger une tour pour bureaux et appartements. 

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1967-2006 Trente-sept années séparent ces deux photos ! En 2014, de nouveaux travaux de rénovation ont été entrepris et sont toujours en cours.

Le Tour de France.

Pour les sportifs et principalement les amateurs de cyclisme, l'année 1966 sera marquée par la première arrivée du Tour de France dans la cité des cinq clochers. Au terme de la 2ème étape dont le départ a été donné à Charleville, le coureur belge Guido Reybroeck remporte, sur le boulevard Bara, (juste en face de la maison que j'habitais à l'époque) un sprint royal devant Jan Janssen et Ward Sels.

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Le soir, sur la plaine des Manœuvres, des milliers de personnes se rassembleront, au pied du podium d'Europe1 pour assister aux prestations de l'orchestre les Haricots Rouges, de l'imitateur André Aubert et d'Annie Cordy.

 

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Une autre vedette de la radio ne passera pas inaperçu à cette occasion, le Tournaisien Luc Varenne est heureux de retrouver sa ville natale.

 

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Le lendemain, une première demi-étape disputée contre la montre par équipes verra les Hollandais de l'équipe Télévizier, de véritables spécialistes, l'emporter.

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A treize heures, les coureurs s'élanceront de la Grand-Place pour rejoindre Dunkerque ou un autre Hollandais, Gerben Karstens s'imposera. 

Quelques jours plus tard, la plaine des Manœuvres aura retrouvé sa quiétude et on pourra, à nouveau, voir le berger Antoine Clam promener son troupeau 

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Les années soixante étaient celles des espoirs les plus fous, c'était l'époque du plein emploi, du développement économique, de la musique yé-yé qu'on écoutait sur les premiers transistors. Elle était celle de "Salut les Copains" et de l'apparition des petits dancings familiaux comme "l'Abbaye" à la chaussée de Lille. Il y avait toujours la salle "Provence" et le "Roi des Radis" à Kain. Les jeunes n'avaient pas besoin d'être sous influence de produits illicites ou d'alcools forts pour apprécier les groupes comme "Rock Crosy", les "Polaris", les "Skeltons", "Gil Sey" ou autres. Les personnes âgées (re)découvraient les opérettes en la Halle-aux-Draps où elle applaudissaient Luis Mariano, Rudy Hirigoyen, Toni Poncet... Les tournées Karsenty amenaient de nombreuses pièces de boulevard fort prisées du public tournaisien, on ne vivait pas encore l'époque de l'actuel snobisme culturel prôné par certains pour qui le rire est trop populaire, voire vulgaire. Les cirques visitaient encore la plaine des Manœuvres que ce soit "Althoff", le "Grand Cirque de France", "Tony Boltini" ou "Bouglione". A Templeuve, au Circuit des Frontières, le public tournaisien se déplaçait en masse pour admirer un jeune coureur cycliste pétri de talent, il avait pour nom "Eddy Merckx". Accueillis dans un petit bureau annexe de la Halle-aux-Draps, encore indigne d'une cité qui voulait développer son tourisme, les premiers visiteurs étrangers arrivaient dans la cité des cinq clochers surtout lors des "Journées des Quatre Cortèges" organisées, en juin, par les Amis de Tournai ou pour la "Grande Procession historique" de septembre. En mai et en septembre, la kermesse se tenait dans ce magnifique écrin qu'est la Grand-Place et attirait, chaque jour, les amateurs de sensations fortes, de croustillons, de gaufres ou de loteries, quelques semaines durant lesquelles les cafetiers réalisaient les meilleur recettes. Le lundi de la kermesse de septembre, la foule répondait présente sur la place Crombez pour l'envol du ballon, tandis que, sur la place Verte, les luttes de balle-pelote étaient suivies par des centaines de fans de la petite balle blanche, les équipes venaient de Chapelle, Wangenies, Gilly et les héros avaient pour noms Casaert, Coart... Un nouveau sport avait vu le jour et ses adeptes se donnaient rendez-vous sur la place de Lille au "Bowling" tenu par Jacques Wuillot. Des plaisirs sains qui, hélas, aujourd'hui ne sont plus de mise. 

(Sources : documents photographiques extraits de la presse locale "Courrier de l'Escaut" et "Nord-Eclair" et collection personnelle de l'auteur. Je remercie Jean-Paul Foucart pour sa collaboration).

S.T. juillet 2016.  

17/02/2016

Tournai : cinq clochers, un fleuve, des dissensions !

Quand l'inquiétude fait progressivement place à la colère !

Tournai escaut années vingt.jpgPlus on approche de la date fatidique du début de ce chantier prévu pour la fin de cette année, plus le sujet alimente les conversations des différents milieux tournaisiens. Lequel ? Tout simplement, celui de l'élargissement de l'Escaut dans sa traversée de Tournai. Un projet qui empoisonne la vie tournaisienne depuis des décennies puisqu'il était déjà à l'ordre du jour, il y a quarante ans, lorsque Raoul Van Spitael, un bourgmestre qu'on appréciait ou pas mais qui voyait avant tout l'intérêt de sa ville, décréta qu'il était hors de question de la défigurer par un chantier titanesque. Bien que n'étant pas tournaisien, il savait que le centre-ville commençait à peine à voir disparaître les traces du second conflit mondial. Il imposa donc la solution de l'alternat, les bateaux ne se croisant plus dans la traversée de la cité des cinq clochers. Commerçants et habitants lui furent, pour cela, reconnaissants.

Depuis lors, bien de l'eau est passée sous les ponts tournaisiens et, il y a quelques années, ce qu'on croyait enterré a refait surface à l'image d'un sous-marin qui aurait attendu, patiemment tapi dans les profondeurs du fleuve. Le service des voies hydrauliques du SPW a remis au "goût du jour", ce vieux rêve caressé par des industriels soucieux de faire transporter un maximum de matières pondéreuses au moyen d'un minimum de bateaux en utilisant des engins de transport aux tonnages de plus en plus élevés. Il a suffi que le gouvernement français exhume une idée plus que centenaire de connexion fluviale avec les ports hollandais, appelée "Seine-Nord", pour que la Région Wallonne saute sur l'occasion et sur les subsides européens afin d'obtenir sa part du gâteau ! En cela, il n'y a rien d'anormal !

Ce projet est-il nécessaire ?

1966 Tournai quai Taille-Pierre.jpgIl faudrait être idiot pour le nier. C'est malheureusement une attitude bien ancrée en chacun d'entre nous, nous souffrons tous, sans vouloir l'admettre du phénomène NIMBY (Not In My Back Yard, en français "pas dans mon arrière-cour"). Sommes-nous à ce point des autistes qui s'ignorent pour toujours refuser tout changement dans notre environnement ? Si tout le monde souscrit à l'idée d'une production électrique sans le risque inhérent aux centrales nucléaires, personne n'est prêt à accueillir des éoliennes même à plus d'un kilomètre de son habitation, on se déclare pratiquement propriétaire du paysage. L'homme doit néanmoins tout faire pour protéger les témoignages de son passé mais il se doit aussi de prévoir les évolutions futures. Sans progrès, une civilisation court à sa perte ! La sagesse nécessite cependant d'obtenir, constamment, un juste milieu entre ces deux thèses qui semblent, à première vue, totalement opposées !

Qui ne peut ou ne veut comprendre que tout ce qui sera transporté par la voie d'eau ne le sera plus par la voie routière fait preuve de mauvaise foi et les utilisateurs journaliers de la voiture sont les premiers à être concernés puisqu'ils se plaignent régulièrement de l'envahissement des routes et autoroutes par des camions de plus en plus imposants en provenance de l'Europe entière. Plus de matières transportées par le fleuve, signifiera moins de camions sur les routes et cette situation nouvelle sera synonyme de plus de sécurité routière, de moins de dégâts aux infrastructures et de moins de pollution engendrée par la circulation automobile.

Pourquoi alors ce projet n'est-il pas accepté par une majorité de Tournaisiens ?

2011 Tournai  sur l'Escaut.jpgLe projet d'élargissement de l'Escaut à Tournai a peut-être été, volontairement (nous ne pouvons nous empêcher de le penser), mal présenté aux habitants de la cité des cinq clochers. On semble, en effet, avoir focalisé les défenseurs du patrimoine sur le seul et unique problème du Pont des Trous. L'arche centrale de cette ancienne porte d'eau présente, en effet, une largeur de 11m20 et les convois fluviaux qui sont appelés à le franchir, à l'avenir, auront une largeur légèrement supérieure. Un élargissement du vieux pont médiéval est donc inéluctable, personne ne peut le contester, il faut savoir aider le progrès si on veut que des emplois soient conservés, si on ne veut pas devenir une région ressemblant à une réserve de vieilles pierres. Toutefois, il est vite apparu que les décideurs n'avaient pas la fibre tournaisienne et que, depuis Namur ou ailleurs, ils semblaient se moquer pas mal de notre héritage des temps anciens. En sont-ils jaloux, sont-ils ignares ou travaillent-ils uniquement au service de lobbies ? Mieux vaut ne pas se poser la question, la réponse nous amènerait, une fois encore, bien des désillusions ! En tout cas, ils ont présenté quatre projets, du plus mal ficelé au plus dithyrambique (on parlait au départ de ne conserver que les deux tours classées, de ne faire qu'une seule arche ou tout simplement de réaliser un fantôme de l'ancien pont en résine d'époxy pour y mettre une touche de modernisme).

La pression citoyenne ayant attiré l'attention de nos élus, on sait qu'il y a eu ce référendum organisé par une majorité qui semblait, malheureusement, avoir retourné sa veste, elle qui, à l'unanimité, avait auparavant voté le projet tel qu'il avait été présenté, n'attirant même pas l'attention des promoteurs sur une réaction toujours possible des Tournaisiens attachés à leur cité. Pour comprendre cela... il aurait fallu d'abord aimer Tournai plus par des actes concrets que par des déclarations orales d'amour !  

Le résultat du référendum et la décision prise par le Ministre Prévot de respecter le vœu des Tournaisiens étant, espérons-le, acquis, on a alors analysé, en profondeur, les implications du chantier au centre-ville.

Faut-il parler de soumission et de trahison ?

Il n'y a toujours que des bornés pour ne jamais changer d'avis et il y a aussi des girouettes pour sentir le vent venir. Mon analyse n'est pas de fustiger l'une ou l'autre attitude. Elle veut simplement faire appel à la raison. Au cœur de celle-ci, je ne me porte pas en supporter des uns ou en opposant des autres ! Ce dossier est suffisamment sérieux pour faire fi de toute mesquinerie.

tournai,elargissement de l'escautLes voies hydrauliques ont toujours présenté le projet comme étant dimensionné pour le passage de bateaux de classe Va, soit d'une longueur de 110 mètres maximum et d'une largeur de 11m40. Pour que ceux-ci puissent circuler, sans danger, dans la traversée de la ville, il s'avère nécessaire de faire sauter le goulot représenté par le quai Saint-Brice et élargir l'Escaut, à cet endroit, d'environ 4 mètres, laissant une largeur de quai d'environ 10 mètres. C'est cela qui a été présenté à l'origine, en 2013. On ne sait quelle mouche a soudainement piqué les architectes et les experts des voies hydrauliques (si ce n'est d'autres chants de sirènes... que celles de bateaux) pour déterminer désormais qu'il faut élargir de huit mètres, laissant ainsi aux riverains du quai une largeur de 5m85 à l'endroit le plus étroit. Cela sous-entend que ce sont des péniches de classe Vb (180m de long) qu'on veut voir passer, à l'avenir, sur le fleuve mais on n'a pas voulu le dire en espérant que le projet passerait comme une lettre à la poste. Il n'y a rien de pire que de tromper les citoyens en les prenant pour des imbéciles ! Toute action amène une réaction inversement proportionnelle... (on connait la chanson). Tout cela sans que notre administration communale, soit mise dans le secret, soit ayant analysé le projet en diagonale, ne trouve à redire, comme totalement soumise aux ukases de la Région Wallonne. Une soumission flagrante qui n'a pas échappé aux observateurs attentifs.

Pour avoir travaillé, durant de nombreuses années, dans un immeuble situé le long de l'Escaut, je signalerais aux "experts" de la Région Wallonne qu'actuellement, comme le confirme le journal l'Avenir dans son édition du 15 février, des péniches de 105 et 109 m, avec une largeur de 10m passent déjà régulièrement par Tournai. Le journaliste évoque "l'Egilodan" et le "Poska". J'ai aussi connu le "Pasadena" dont l'homme aux commandes manœuvrait avec art et dextérité sous le Pont des Trous et à hauteur du quai Saint-Brice alors que sa vision était partiellement limitée par le pont Notre-Dame et la passerelle. Si cela était si difficile, il y a longtemps que ces bateliers auraient évité la cité des cinq clochers.

Le dossier s'est enrichi d'un nouveau chapitre, il y a quelques jours, lorsque la première échevine de Tournai a rencontré un groupe d'opposants au projet lors d'une réunion dite "secrète" mais que la presse s'est empressée de divulguer, ayant reçu l'information grâce à un vent favorable. Voici l'acte de la trahison dans l'opéra Escaut ! 

Un accord ayant été signé, à Namur, entre les représentants de la ville de Tournai, dont faisait partie la première échevine et les responsables du projet, quelques jours auparavant, les autres partenaires signataires considérèrent cette initiative comme une véritable trahison. L'accord (et ses implications pour Tournai) ainsi porté au grand jour, tout le beau château de cartes élaboré dans des bureaux namurois, bien à l'écart de la population tournaisienne, allait-il s'écrouler et les mensonges des uns et des autres allaient-ils être mis sur la place publique ? Cette nouvelle diffusée sur No Télé provoqua l'ire du Ministre Maxime Prévot, tout acquis comme il se doit de l'être à la cause de ses propres fonctionnaires du SPW qui sont omnipotents dans le domaine et snobent les associations tournaisiennes qui voudraient se faire entendre et obtenir des précisions. Dans une capitale wallonne qui, par le passé, a souvent  aussi snobé la Wallonie picarde, on n'imaginait peut-être pas une levée de boucliers des "Infants d'Tournai" qui ont démontré, une fois encore, que "Les Tournaisiens sont là".

Ma conclusion personnelle.

L'élargissement de l'Escaut est nécessaire si on ne veut pas être, à l'avenir, le parent pauvre évité par le monde économique qui a besoin de cette voie d'eau. On ne peut dans ce dossier adopter une attitude rétrograde mais le (mauvais) jeu joué par les responsables le SPW (division voies hydrauliques) et par le bureau d'ingénieurs en charge de la partie technique du dossier est hautement critiquable, ces gens semblent avoir dissimulé des réalités, méprisant les Tournaisiens qui auraient juste à subir les énormes inconvénients de ce chantier et ses conséquences désastreuses pour les riverains du fleuve tout en se taisant.

Dans la gestion de dossier, nos dirigeants locaux ont semblé, aux yeux de très nombreux tournaisiens, comme anesthésiés, acceptant le tout sans broncher ! Rien n'est perdu pourtant si sagesse et bonne volonté peuvent enfin émerger dans ce dossier capital pour le visage futur de la cité des cinq clochers. Les points de vue des uns et des autres peuvent être rapprochés : l'avenir du Pont des Trous a été tranché avec l'avis des Tournaisiens par référendum acquis en toute dernière extrémité, le Pont-à-Pont et le halte nautique ne posent pas de réels problèmes si ce n'est ceux inhérents au chantier, on pourrait tout simplement décider de conserver une largeur comprise entre six et dix mètres sur le quai Saint-Brice (compromis) ou alors faire publiquement son mea-culpa et oser dire aux Tournaisiens que les bateaux de classe Va ne sont qu'une solution provisoire et qu'on pense déjà à la classe Vb pour le bien économique de Tournai (pour ne pas recommencer les travaux dans dix ou vingt ans) et de la Wallonie entière.

Dans ce dossier, il est temps d'arrêter la valse des girouettes et la Muette de Portici, il est temps aussi que la Région wallonne fasse preuve de nettement moins d'arrogance et joue, enfin, franc-jeu.

Composé de rebondissements, de réunions secrètes, d'élaborations de double-plans, de soumissions incompréhensibles, de trahisons dans un couple, fusse-t-il politique, ce dossier "Escaut" comporte désormais toute la matière nécessaire à l'écriture d'un excellent roman. Je rappellerais simplement à celui qui serait tenté par l'écriture que le titre "Main basse sur la ville" a déjà été utilisé par Raffaele La Capria et a servi de scénario à l'excellent film de Francesco Rosi en 1963.     

Ce jeudi 18 février, à 18h, une réunion est organisée au Foyer Saint-Brice à Tournai sur le thème : "Soyons clairs, questions à nos représentants". On espère cette fois que chacun sortira enfin du bois et qu'il n'y aura pas de langue de bois !

Dans l'attente, vous êtes invités à consulter le site : http://voies-hydrauliques.wallonie.be/ élargissement de l'Escaut, vous y verrez les plans et la projection virtuelle de la traversée de Tournai rénovée.

(photos anciennes : Courrier de l'Escaut, autres document : collection de l'auteur)

S.T. février 2015.

10:06 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, elargissement de l'escaut |

10/10/2012

Tournai : des projets qui font débat (2)

Où on reparle du Pont des Trous !

Un autre projet qui fait débat en cet automne 2012 est l'avenir du Pont des Trous et du tracé de l'Escaut dans sa traversée de la ville. La vieille porte d'eau, une des plus anciennes d'Europe du Nord, érigée à la fin du XIIIe siècle (1380-1400) a vu couler beaucoup d'eau sous ses arches et fait, malheureusement, depuis quelques années couler beaucoup d'encre.

Il y a quelques semaines, les défenseurs de ce précieux témoin de l'histoire de notre cité avaient vu naître l'espoir puisque le gouvernement français semblait mettre un frein à la liaison Seine-Nord, la situation économique résultant de la crise de 2007 resserrant les nombreux budgets alloués aux grands projets de liaisons, "on va pouvoir souffler un peu" pensèrent-ils !

Cette annonce d'abandon provisoire du projet par les français n'a pas ému les Voies Hydrauliques de notre région qui poursuivent, imperturbablement, le projet de mise à gabarit de l'Escaut pour des bateaux de classe Va, soit 2.200 tonnes. Le 29 septembre, on apprenait que le bureau d'ingénierie Greisch associé au bureau ANMA avaient été désignés afin d'établir les plans concernant la traversée de Tournai. Ces deux bureaux ne sont pas inconnus dans la cité des cinq clochers puisque le premier est à l'origine du nouveau commissariat de police de la rue Becquerelle et le second s'occupe actuellement de la revitalisation du quartier cathédral. 

Etude technique, esquisses, étude d'incidence, demande de permis d'urbanisme, attribution du permis et adjudication précèderont le début d'un gigantesque chantier qui concernera non seulement le Pont des Trous mais aussi la rectification de la courbe prenant naissance au Pont à Pont et l'élargissement de ce dernier. Il faudra aussi revoir les capacités des autres ponts tournaisiens et moderniser les barrages des écluses de Kain et d'Hérinnes. Avant le début effectif des travaux, on peut estimer à une douzaine de mois le temps nécessaire pour ces différentes phases. 

Ainsi, après la rénovation des quais (teminée en 2011), celle en cours pour de nombreuses années encore de la cathédrale Notre-Dame (débutée en 2000), la (trop) lente transformation du quartier cathédral (débutée fin 2009), la rénovation de l'ilôt Cherquefosse (toujours en projet), voici qu'à l'horizon 2013-2014 se profile un nouveau chantier d'importance. Une réalisation vitale pour les milieux économiques car le transport de marchandises ne cesse de croître, le bureau du plan évoquant une augmentation de 68% dans les vingt prochaines années. Nos routes ne peuvent déjà plus supporter ce charroi incessant de camions et ce type de transport augmente sérieusement le risque d'accidents et la pollution tout en détruisant, peu à peu, le réseau routier (il suffit de lire les faits divers dans la presse quotidienne ou d'emprunter nos autoroutes pour être conforté dans cette affirmation). La dorsale wallonne pour le transport par eau devient donc une nécessité mais nous pensons également que le développement de l'offre de transport par rail ne devrait pas être négligé, la SNCB ayant pris un trop grand retard par rapport aux pays voisins. 

Une autre vision du problème.

Rudy Demotte, probablement le futur bourgmestre empêché de la cité des cinq clochers, a livré récemment sa vision de ce nouveau chantier. Il n'est nullement question de détruire le Pont des Trous, l'ouvrage le plus visité et le plus photographié avec la cathédrale Notre-Dame par les touristes venus des quatre coins de la planète. Il est également hors de question de créer une déviation du fleuve qui marquerait le centre-ville d'une cicatrice, détruirait l'habitat des quais et replongerait Tournai au rang des villes sinistrées. Pour lui, la raison la plus sage est d'envisager d'écarter les tours, de part et d'autre, pour élargir le pont et permettre le passage de bateaux de 11,40 m et de 110 m de long. Déjà en 1947, le vieux pont avait été en partie dénaturé. Lui qui n'était déjà plus équipé de sa toiture couvrant les arches au 14e siècle, lui qui avait vu ses mêmes arches détruites par les bombardements, fut réhaussé de plus de deux mètres grâce aux techniques de l'époque. Avec les moyens actuels, l'élargissement du pont qui garderait ainsi son rythme architectural serait possible. Les puristes, les défenseurs de notre patrimoine renieront très certainement cette solution car ce serait "travestir" l'histoire et faire du "faux vieux". Ce projet risque donc d'encore faire débat et d'apporter son lot de pétitions aux responsables communaux et régionaux. 

La plus grande crainte des Tournaisiens est que le transport de marchandises par des péniches de 2.200 tonnes ne soit qu'une étape vers des convois de 4.000 tonnes (sachant que le canal Albert pourrait accueillir des convois de 9.000 tonnes), l'élargissement du Pont des Trous ne serait alors qu'une solution transitoire et le débat concernant sa conservation se reposerait inévitablement dans deux ou trois décennies, nos hommes politiques ayant par la passé prouvé avoir souvent une vision limitée à la durée de leur(s) mandat(s) (cfr : la solution de l'alternat défendue par Raoul Van Spitael en 1976). Les riverains des quais verront-ils un jour des capitaines au long cours les saluer de la main à hauteur du deuxième ou troisième étage de leur maison ou appartement, crainte évoquée par la représentante Ecolo, Marie-Christine Lefebvre, lors d'un débat télévisé sur la RTBf, le 9 octobre ? Avec la mégalomanie galopante de certains (notamment des patrons de multinationales soucieux d'une rentabilité à outrance et de la défense du portefeuille de leurs actionnaires toujours plus gourmands) tout est possible ! Tout le monde sait qu'en cette période de crise, le chantage à l'emploi est une sorte d'arme de destruction massive des illusions entretenues par ceux qui souhaitent sauvegarder un environnement de plus en plus menacé.

Tournai s'apprête donc à vivre un nouveau gros chantier et ses habitants se demandent, si un jour, ils pourront, à nouveau, flâner tranquillement dans une ville ayant retrouvé un visage serein, sans se heurter à une barrière Héras, sans devoir marcher dans la boue, sans devoir fermer les yeux à la belle saison en raison de la poussière soulevée par les engins de chantier, sans devoir chercher des itinéraires alternatifs en raison des rues fermées pour la durée des travaux ! Pour ces promenades, ce n'est pas demain la veille, il coulera encore beaucoup d'eau sous les ponts de la cité des cinq clochers avant que celle ne présente son plus beau visage, propose ses plus beaux atours dans un écrin exempt de tranchées et de monts de terre.

(S.T. octobre 2012)