19/10/2016

Tournai : le cœur de la Wallonie picarde (2)

Voici le deuxième volet de l'étude concernant cette région de Wallonie picarde dont la cité des cinq clochers est appelée la capitale.

Les soins de santé.

Le bien-être d'une population passe par une offre de soins qui, même si elle est de plus en plus rationalisée, doit restée importante et de qualité. Le niveau de développement d'une région repose également sur ce critère. 

En 2014, le territoire de la Wallonie picarde recensait 1 médecin généraliste pour 690 habitants, c'est un peu mieux que pour la province de Hainaut (1/708) mais moins bien que pour la Flandre (1/639) et la Belgique (1/604). Elément plus interpellant pour l'avenir à moyen terme, les médecins âgés de plus de 50 ans représentaient, déjà à cette époque, 67,9 %

Par contre, l'offre hospitalière est des plus attractives. Le CHWapi résultant d'une fusion entre les quatre hôpitaux tournaisiens (la clinique Notre-Dame, la clinique la Dorcas, l'Institut Médico-Chirurgical et l'Hôpital Civil) dans un but avoué de rationaliser les coûts, offre 795 lits et emploie près de 2.500 membres du personnel. Le Centre Hospitalier de Mouscron propose 350 lits. Dans le cadre d'une coopération sanitaire franco-belge, ce dernier travaille en collaboration avec le centre hospitalier de Tourcoing (F), le fruit de ce rapprochement fait qu'annuellement environ 2.150 patients belges sont soignés à Tourcoing et 1.500 patients français à Mouscron (chiffres de juin 2016). A Ath, le Centre Epicura offre 236 lits. Au niveau des hôpitaux psychiatriques, les "Marronniers" à Tournai accueillent 436 lits auxquels s'ajoutent les 180 lits de Saint-Jean de Dieu à Leuze-en-Hainaut, les 90 lits de la Clinique de Bonsecours et les 60 de Saint-Charles à Wez. 

Une récente étude parue dans la presse fait apparaître que le ChWapi à Tournai n'est pas classé parmi les meilleurs établissements de soins de Belgique, il serait même quelque peu à la traîne, peut-être parce que le rodage de la nouvelle infrastructure est toujours en cours (à Tournai, on dirait que le nouveau-né fait ses "gourmes"). Une étude à laquelle les gestionnaires devront, cependant, être attentifs car la réputation et la confiance en un établissement hospitalier se gagne lentement mais se perd rapidement. Patient régulier des divers établissements tournaisiens, la seule plainte que je n'aie jamais eu à émettre est la trop longue attente au niveau du service des Urgences (lors d'une visite, notamment, j'ai été oublié dans la salle d'attente, durant plus de quatre heures. Mon anamnèse réalisée par une infirmière à mon arrivée, le matin, se trouvant toujours, à midi, enfouie sous des documents déposés sans trop d'attention). Hélas, malgré une offre de médecins suffisante et la présence de plusieurs maisons médicales, trop de personnes se rendent directement aux urgences pour soigner le moindre "bobo", le moindre refroidissement ce qui encombre inutilement ce service et retarde la prise en charge de cas plus sérieux.

En Wallonie picarde, une attention particulière est posée sur le confort de fin de vie. Il existait en 2014, 6.536 lits en maisons de repos et de soins, ce qui représentait une possibilité d'accueil de 20,9% de la population âgée de plus de 75 ans. Ce taux est de 17,4% dans la province du Hainaut, de 15,7% en Wallonie et 13,5% en Belgique. La renommée des nombreux établissements d'accueil de personnes âgées situés entre Comines et Péruwelz a très largement dépassé la frontière et de nombreux séniors français viennent couler des jours paisibles dans les maisons de retraite de Wallonie picarde où ils trouvent un excellent accueil, un meilleur encadrement et surtout un coût nettement moins élevé qu'en France. 

Il est important de relever qu'en Wallonie picarde, jusqu'à l'âge de 54 ans, le nombre d'hommes est supérieur à celui des femmes. Cette tendance s'amenuise peu et peu et s'inverse à partir de 60 ans. La population des plus de 65 ans représente 18,1% de celle de Wallonie tandis que celle des moins de 20 ans s'élève à 23,4% (chiffres 2015).

Il est également intéressant de signaler un créneau social fort développé en Wallonie picarde, celui de l'accueil des personnes handicapées. Entre Mouscron et Péruwelz, de nombreuses institutions se sont, depuis bien longtemps, spécialisées dans l'accueil et l'apprentissage pour les jeunes handicapés (polyhandicapés, autistes, jeunes présentant d'importants retards scolaires...). Là aussi, la réputation de ces établissements a largement dépassé la frontière et ils attirent des personnes handicapées habitant une zone comprise entre le Nord de la France et la région parisienne. Des maisons exclusivement destinées à l'accueil de personnes handicapées issues de l'Hexagone ont été ouvertes tout au long de la frontière (à Tournai, Mont Saint-Aubert, Orcq, Bonsecours...). A défaut de réduire les listes d'attente sur lesquelles sont inscrites, depuis parfois longtemps, des personnes handicapées de la région, ces maisons ont le mérite d'avoir créé de l'emploi. 

L'enseignement.

Comme nous allons le voir, les chiffres ne plaident pas en faveur de notre région.

En 2011, 14,3% de la population de Wallonie picarde ne disposait pas d'un diplôme d'études primaires (14,1% en Hainaut, 12,5 % en Wallonie et 12,8% en Belgique). Les extrêmes se trouvaient à Mouscron (19,5%) et à Silly (9,3%).

48,6% de la population avait acquis un diplôme de l'enseignement secondaire (50,9% en Hainaut, 49,4 % en Wallonie et 46,1% en Belgique)

21,8% de la population de Wallonie picarde disposait d'un diplôme de l'enseignement supérieur (universitaire et non universitaire) pour 20,1% en Hainaut, 23, 9 % en Wallonie, 25,1% en Belgique. Les extrêmes se trouvaient à Silly (32,5%) et à Comines (13,4%).

Lors de la décennie 2001-2011, le niveau d'instruction de la population de Wallonie picarde a augmenté en ce qui concerne l'enseignement secondaire et supérieur. Par contre, on ne s'explique pas les raisons pour lesquelles il stagne en ce qui concerne le primaire alors qu'à cette période de la vie, l'enseignement est obligatoire. Pour aider ces personnes dans les démarches administratives, une association telle que les "Ecrivains Publics de Wallonie Picarde" a donc bien sa raison d'être. 

Dans l'enseignement supérieur, la Haute Ecole de la Communauté Française en Hainaut est implantée à Tournai, elle offre un campus pédagogique (carrière dans l'enseignement), un campus social (fonctions dans le secteur social) et un campus économique (bachelier en droit, assistanat de direction, tourisme).

La Haute Ecole Provinciale du Hainaut-Condorcet possède des implantations à Ath, Irchonwelz, Maffle, Mouscron et Tournai.

La Haute Ecole Louvain en Hainaut est implantée à Leuze-en-Hainaut, Mouscron et Tournai.

La réputation de l'école Jeanne d'Arc à Tournai attire de nombreux étudiants, notamment français, intéressés par les carrières paramédicales ou au sein du personnel infirmier.

L'enseignement artistique est représenté par l'Académie des Beaux-Arts de Tournai et l'Ecole Supérieure des Arts de l'institut Saint-Luc à Tournai (Ramegnies-Chin).

2014.03 orchestre à cordes (2).jpgL'enseignement musical est dispensé au Conservatoire de Musique de Tournai, à l'Académie de Musique Saint-Grégoire de Tournai et dans les Académies de Musique d'Ath, Beloeil, Enghien, Mouscron et Péruwelz.

 

photo : répétition de l'Orchestre à cordes du Conservatoire de Tournai sous la direction de Mme Christiane Diricq. 

 (à suivre).

(sources : "Atlas socio-Economique de la Wallonie picarde" - 2e édition 2016 édité par l'asbl Wapi25 et recherches personnelles).

S.T. octobre 2016

03/04/2014

Tournai : Ainsi soient-elles !

Une soirée à ne pas manquer !

Une belle soirée d'avril marquée par la douceur, une "Salle des Concerts" écrasée par la chaleur, pour rien au monde, cependant, nous n'aurions voulu manquer, ce rendez-vous annuel auquel nous sommes amicalement conviés. L'atelier d'écriture "Plumes de Femmes" nous a, à nouveau, concocté un spectacle dont il a le secret toujours emprunt du sceau de la qualité. Comme les hirondelles, elles nous reviennent tous les ans dès qu'au calendrier apparaît le printemps. C'est une expérience des plus sympathiques mise sur pied par les Ecrivains Publics.

Sur la scène, à notre arrivée, le décor est déjà planté, mais dans pareil bric-à-brac que vont-elles donc faire, à quoi va servir ce fouillis dont Prévert aurait pu dresser l'inventaire : des boîtes à musique, des peluches faméliques, un rouleau à pâtisserie, d'anciennes photographies, une chaise d'enfant, des sièges et un banc, un vieux coffre ouvert, un chapeau de mousquetaire, de vieux souliers usés et même un canotier. Dès l'entame, la réponse nous est bien vite donnée, elles cherchent l'inspiration au fin fond d'un grenier.

Chaque objet découvert est un prétexte pour nous livrer leurs merveilleux textes, car pour la réalisation ces drôles de dames ont surtout fouillé... le tréfonds de leur âme. Les participantes à l'Atelier d'écriture "Plumes de femmes" écrivent leurs mots à l'encre de leurs larmes.

On sent qu'elles n'ont pas toujours eu la vie facile, qu'elles ont connu pas mal de moments difficiles mais à chaque fois, elles transcendent leurs douleurs pour nous offrir deux heures d'un réel bonheur.

Chacune de leurs interventions naviguent entre joie et émotion, si nos yeux picotent par moments, les sourires et le rire sont aussi présents, la vie n'est-elle finalement pas une succession de délires, de tristesses, d'espoirs et de déceptions.

Cette année, elles n'ont pas hésité à agrémenter leur spectacle de quelques passages chantés, et c'est avec la même veine qu'elles ont évoqué Johnny, Cyrano ou bien Verlaine. Elles nous ont parlé avec leur tripes, avec leur cœur, au point que l'une ou l'autre ont parfois été submergées par les pleurs et croyez-moi ce chagrin était bien loin d'être feint !

Racontant le roman de leur existence parfois chaotique, elles ne peuvent que nous être sympathiques, elles passent en un instant des souvenirs les plus noirs à l'évocation des plus inaccessibles espoirs, elles tracent leurs mots d'amour sur du papier de velours, choisissent un beau papier bleu pour, à leurs ennuis, dire adieu. Pour ce bel avenir dont elles ont si souvent rêvé, elles s'appliquent et le calligraphient sur du papier doré car, ainsi soient-elles, leur papier associe toujours la couleur à des instants de souffrance ou de bonheur.

En cette année où partout dans le monde on va commémorer son centenaire, elles n'ont pu passer sous silence cette ineptie que l'Homme nomme guerre, images d'un grand-oncle ou d'un grand-père, lectures émouvantes de lettres qu'on souhaiterait imaginaires écrites avec le cœur, avec la peur, dans la boue des tranchées de l'Yser.   

On ne peut s'empêcher de se souvenir de cette première année où elles avançaient sur les planches encore un peu timorées, c'est déjà leur troisième mise en scène, elles ont pris goût à l'écriture et elles l'aiment. Du théâtre, elles ne deviendront, qui sait, peut-être jamais des professionnelles, mais au moins leurs propos sont emprunts de pureté et de sincérité, ainsi soient-elles !

Un public plus nombreux que l'année précédente n'a pas hésité à applaudir longuement ces artistes et celles qui les ont guidées. Eliane, Annick et Suzanne ont su mettre en exergue les qualités qui, en chacune d'elles, sommeillent et ne demandent qu'à être réveillées. Une fois encore par elles nous avons été subjugués et on a envie de leur dire un seul mot : "continuez". Cette année, elles avaient choisi comme titre : "Ainsi soient-elles", trois mots, répétés tout le long du spectacle, comme une joyeuse ritournelle.

S.T. avril 2014  

21/03/2013

Tournai : "plumes de femmes"

Quand des inconnues nous réconcilient avec la scène

On a coutume de dire que le théâtre n'est que le reflet de la société et, depuis quelques temps déjà, je l'avoue, les créations ne m'ont jamais autant ennuyé. Les pièces qui envahissent nos scènes font nettement moins référence à l'Amour qu'à la Haine, heureusement, le spectacle qui nous a été donné d'assister nous a permis, ce 20 mars, d'enfin... nous régaler. 

Intitulé "Tout feu, Tout femme", il était la nouvelle création du groupe "Plumes de femmes".

Nous avions assisté, mon épouse et moi-même, à leur première apparition sur la scène de la Salle des Concerts en janvier de l'année dernière et c'est avec plaisir que nous les avons revues en cette soirée dite printanière. 

Huit femmes comme dans la comédie policière de François Ozon sortie sur écran en 2002, huit femmes qui se retrouvent dans un vaste appartement face à la mer. Elles sont là pour leur atelier d'écriture dirigé par les Ecrivains Publics de Wallonie Picarde, elles sont venues pour un week-end de travail, pour écrire les textes qu'elles présenteront bientôt et elles ont, pour cela, toute une journée devant elles.

Huit femmes qui vont évoquer leurs souvenirs, parler de tout et de rien, de l'Amour, de la Mort, en lisant de soi-disant lettres trouvées dans un coffret chez un vide-grenier. Elles vont inventer des jeux pour se découvrir peu à peu (Si tu étais...), elles vont avec beaucoup de pudeur évoquer leur vie, leurs petits et gros soucis faisant naître, dans la salle, sourires ou émotions. 

Huit femmes qui aborderont des thèmes aussi divers que l'horoscope, le bonheur, la maladie d'un proche ou la leur, des aventures sentimentales, leur situation familiale, huit femmes qui parleront de leurs chanteurs préférés et qui n'hésiteront à pousser la chansonnette en rapport avec leur conversation.

Huit femmes, dont Annick qui est là pour les canaliser, pour leur rappeler le but de ce week-end organisé mais qui, par l'enthousiasme des sept autres, sera vite débordée.

Huit femmes qui arriveront à la fin d'une journée d'amitié partagée sans avoir rien préparé. 

Les spectateurs ont été captivés par ces tranches de vie narrées sans emphase, ils avaient l'oreille collée au mur d'un appartement de la digue et écoutaient, sans ennui, sans longueurs, ces huit femmes converser.

Elles se voyaient peut-être en haut de l'affiche, applaudies par la foule et adulées des riches mais ces huit femmes ne se prennent pas pour des vedettes, elles n'ont pas attrapé la grosse tête, toutefois par rapport au tout premier spectacle, nous avons constaté qu'elles avaient acquis de l'expérience, montré beaucoup plus d'assurance.

Les auteurs modernes aux idées si noires devraient parfois se regarder dans un miroir et s'inspirer de leurs trouvailles pour un peu renouveler leur si démoralisant travail. Je ne suis pas un critique et mes propos peuvent paraître dithyrambiques, ils sont pourtant le juste reflet de l'excellente soirée que nous avons passée. 

Chris, Francine D, Francine J, Francine L, Nadine L, Nadine W et Patricia, en compagnie d'Annick, d'Eliane et de Suzanne, leurs Ecrivains Publics, vont désormais reprendre le chemin des Ateliers d'écriture, probablement pour nous concocter une nouvelle et unique représentation de ce qui est devenu peu à peu leur passion.

(S.T. mars 2013)

12/09/2012

Tournai : les mémoires du faubourg de Lille

Le doyen des faubourgs de Tournai ?

Il est aux portes de Tournai un lieu né d'une léproserie, un faubourg de fermes, de bergeries et de moulins, d'immeubles bourgeois et d'habitations ouvrières, de villas et de maisons sociales, un endroit où depuis bien longtemps déjà la mixité sociale a été perçue comme une richesse. Le faubourg de Lille, pour l'appeler par son nom, est probablement un des plus anciens à "flirter" avec la cité des cinq clochers, il en est certainement le plus campagnard.

Entre Plaine des Manoeuvres et barrière d'Orcq, entre chemin de la Ramée et Tir à la Cible, c'est une campagne qui se donne des allures de petite ville, c'est une cité largement teintée du vert de la nature, des près et des bosquets qui se prend pour la campagne.

Le faubourg de Lille est huit fois centenaire, son histoire est riche et ses habitants actuels ont accumulé un tas de souvenirs : des faits, des personnages, des lieux, des aventures émouvantes ou cocasses parfois profondément enfouis dans la mémoire mais qui ne demandaient qu'à être ravivés.

Bien intégrée au coeur du quartier, la quadragénaire maison des jeunes "Port'Ouverte" a souhaité fait revivre toute cette histoire, elle a confié la clé qui ouvre les souvenirs à l'équipe des Ecrivains Publics de Wallonie picarde. Ceux-ci avaient déjà réalisé, il y a trois ans, un travail similaire sur le quartier Saint-Piat, le plus ancien de la cité scaldéenne. 

Le réveil de la mémoire collective. 

Dès septembre 2011, l'idée était lancée, les personnes y résidant ou y ayant vécu ont été invitées à se rencontrer dans les locaux de l'avenue Minjean. A la veille de la première réunion, une question taraudait cependant les initiateurs du projet : combien seraient-ils à oser pousser la porte, dix, vingt peut-être, trente, plus encore ? Ce serait extraordinaire ! Catherine, Colette, Micheline, Monique, Nicole, Suzanne, Yvonne mais aussi Claude, Christian, Georget, Jacques, Jérome, Pierre, ... furent parmi la cinquantaine d'habitués qui se retrouvèrent régulièrement autour de Caroline, Annick, Dorothée, Eliane ou Denis, les Ecrivains Publics, animateurs des ateliers d'écriture.

Lors de chaque rencontre, un thème fut abordé : les écoles, les usines, les festivités, les figures populaires ou les personnages connus, les fermes, les moulins, les couvents, les cafés, les commerces, tous ces éléments qui façonnent la vie d'une petite entité, génèrent des souvenirs, lient les habitants par un dénominateur commun. Certains ne s'étaient plus vus depuis vingt, trente ou quarante années, depuis la "petite" école ou la communion solennelle, depuis un mariage qui les avait éloignés de leur faubourg natal mais leurs souvenirs communs étaient toujours intacts, toujours vivaces. D'une première réunion un peu guindée, on passa rapidement à de mémorables soirées parfois teintées d'émotions, toujours de bonne humeur. Le thème à peine lancé, le voici qui rebondissait sur un autre, déliant les langues, faisant naître les rires ou nouant les gorges. Parfois le brouhaha s'installait au grand dam de ces pauvres Ecrivains publics qui devaient tout noter en n'omettant pas de traduire les sentiments exprimés, obligés souvent d'agiter une sonnette pour canaliser cet enthousiasme débordant. 

"Walter Chabeot", "Marie trois côtelettes", "Valère" ou "la fille cigarette" étaient tout à coup ressucités tout comme l'accordéoniste Pierre Duchateau, Luc Varenne, l'instituteur Jean Pipart et son épouse, l'ancien bourgmestre Fernand Dumont ou encore les "Noirtes gueules", une famille de bougnats. On revivait les ducasses du lundi de Pentecôte, les rencontres de la Juventus Saint-Lazare, on évoquait les cafés dont la plupart sont aujourd'hui disparus : "le café du Garage", "le Petit Turcq" et son presque voisin "le Grand Turcq", "le Bras de Fer", on se rappelait le "Monobloc", "l'imprimerie Desclée" et la première fabrique de plumes de Belgique ! On alla même jusqu'à reconstituer un plan immense reprenant le nom des habitants des différentes maisons du faubourg, un travail de fourmi, une oeuvre de bénédictin ou... plutôt de bénédictines puisqu'il fut réalisé en un temps record par Monique et Colette. 

Une parution sur un air d'accordéon.

Ce joyeux temps de gestation a donné naissance, neuf mois plus tard, (quel heureux hasard !) à un livre, à une compilation des Mémoires du faubourg de Lille. Celui-ci paraîtra officiellement le vendredi 21 septembre prochain au cours d'une soirée de présentation, apothéose d'un travail collégial. 

Les invités se retrouveront, à 18h00, en la chapelle Saint-Lazare, mieux connue des habitants sous le nom de "chapelle des Lépreux", dernier vestige de la léproserie "la Bonne Maison du Val", véritable berceau du faubourg, pour un hommage à la Fondation Follereau et à celui qui en fut son chantre, René Godet, membre de la Royale Compagnie du Cabaret Wallon Tournaisien, décédé il y a une année. 

Emmenés par l'accordéon de Laurent Pitot, élève de Pierre Duchateau, les participants gagneront ensuite l'église Saint-Lazare non sans avoir fait une halte face à la "Port'Ouverte" où se concrétisera bientôt le voeu cher à ces auteurs d'un jour, la création d'un jardinet, en haut de l'avenue Minjean, où il fera bon, dès l'été prochain, se reposer à l'ombre des essences locales. 

Au sein de l'église, les chansons sur le faubourg créées pour la circonstances seront interprétées par leurs auteurs avec un accompagnement de Philippe Desmet, ancien Président de la Royale Compagnie venu en voisin, des extraits du livre seront lus, l'exposition de photos (qui sera également visible les samedi 22 et dimanche 23) sera inaugurée, un verre de l'amitié servi. Une rencontre que personne ne souhaite ultime !

Le livre, largement illustré grâce à la précieuse collaboration de Monique, de Colette, de Claude et de Jacques pourra être acquis au prix réellement accessible de 8 euros, on pourra aussi se le procurer, par la suite, au Conservatoire de Musique ou chez les libraires du quartier.

Les "Mémoires du faubourg de Lille, une porte ouverte sur la campagne", un témoignage pris à la source et une modeste contribution à l'histoire de Tournai, est un ouvrage loin d'être nostalgique, une série de clichés qui, feuilletés les uns après les autres, créent l'atmosphère d'un endroit où il fait encore bon vivre.  

(S.T. septembre 2012)

28/05/2012

Tournai : les festivités de juin

La programmation de la saison 2011-2012 de la Maison de la Culture est terminée. place aux festivités extérieures.

Samedi 2, 20h, Gaurain, salle du Coquin, "Legend's DJ is back", à 22h Jean Luc chante et danse Claude François.

Jusqu'au 3, Esplanade du Conseil de l'Europe, le cirque Franco-Italien. 

Samedi 9, Grand'Place, concerts de la Journée des Quatre Cortèges, organisée par les Amis de Tournai, avec Ph. Grousez, La Fanfare de Mourcourt, la Musikaine, à 23h, spectacle pyrotechnique et musical. 

Dimanche 10, Journée des Quatre Cortèges, dès 9h30, Grand'Place, remise des clés de la ville, Harmonie des Volontaires Pompiers de Tournai, "Serment de l'bancloque", parade de la Musique de Force Aérienne, Marcheurs de l'Entre-Sambre et Meuse, 12h, Hôtel de Ville, 59e concile des Chevaliers de la Tour. Dès 15h, Grand'Place, concert du Brass Band d'Hérinnes, arrivée du Cortège des Géants de Tournai et invités, des groupes des villes wallonnes et du corso fleuri

Samedi 16, Chercq, Fête du Feu au Four à Chaux, "bal aux lampions" avec Molo Sâyat et DJ Pauline organisé par le Passeurs de Mémoires.

Dimanche 17 juin, à 16h, Grand'Place, concert de la Royale Union Musicale de Templeuve, dédié à Fanny Allard.

Mardi 19, 20h, Maison de la Culture, conférence "Notre façon de vivre fait-elle sens et envie à nos jeunes " par Thomas D'assembourg, une organisation d'Etolia Club Attitude plus Tournai

Vendredi 22, 20h30, Maison de la Culture, salle Jean Noté, "Chantal Ladsou", invitée par le Club Richelieu. 

Vendredi 22, dès la fin de l'après-midi, salle La Fenêtre et sur les quais, "Fête de la Musique".

Samedi 23, dès 15h30, Centre de la Marionnette, "Fête de la Musique" avec l'atelier slam-poésie des Ecrivains Publics.

Samedi 23 (15h30 et 20h) et dimanche 24 (16h), Blandain, écurie Saint-Eleuthère, "Valencia, le spectacle équestre".

Samedi 23, à 20h, au Centre Saint-Paul, Concert de la chorale "A Travers Chant" sous la direction de Michel Jakobiec et du groupe Witloof Bay, représentant la Belgique au Concours Eurovision de la Chanson à Düsseldorf en 2011.

Samedi 30 "Le Beau vélo de Ravel" balade en vélo en compagnie d'Adrien Joveneau suivie du podium avec BJ Scott, Renato Bennardo, Suarez et Hélène Ségara

Expositions :

Jusqu'au 10 juin, Maison de la Culture, "Pour les nuages, passer par l'escalier" de Marc Giai-Miniet. 

Jusqu'au 10 juin, Musée des Arts de la Marionnette de la Commnauté Française, "Marionnettes du Monde entre Ciel et Terre" (africaines, asiatiques, européennes).

Dans le cadre de l'arrivée du Tour de France à Tournai, le 2 juillet :

Du 9 juin au 26 août,  Maison de la Culture, "Le Tour de France" du photographe Alain Breyer. 

jusqu'au 12 juin, "Exposition Luc Varenne" dans les commerces du centre-ville

jusqu'au 12 juin, Halle-aux-Draps, "Koers" de Patrick Verhaest

jusqu'au 22 juillet, Hôtel de Ville "L'arrivée du Tour de France à Tournai en 1966" et "le Musée du Tour de France".

attention : agenda susceptible de modifications ou d'ajouts. 


09/04/2012

Tournai : les Mémoires du faubourg de Lille

Les "Mémoires du faubourg de Lille", c'est sous ce titre que paraîtra très prochainement un ouvrage réalisé par un collectif d'habitants de ce faubourg situé au Sud-Ouest de Tournai. Il a été réalisé, dans le cadre du quarantième anniversaire de la Maison de jeunes "Port'Ouverte" de l'avenue Minjean, sous la supervision des Ecrivains Publics de Tournai déjà à la base de celui consacré au plus vieux quartier de Tournai, le quartier Saint-Piat. 

Depuis le 25 octobre 2010, de nombreux ateliers ont eu lieu, les lundis, dans les locaux de la Maison des Jeunes, dans ceux du Skill Volley Club ou dans les classes de l'école maternelle Saint-Lazare à la chaussée de Lille.

Au cours de ceux-ci, plus d'une quarantaine de natifs ou de résidents du faubourg ont évoqué leurs souvenirs sur la vie quotidienne, les entreprises, les commerces, les écoles, les arts, le folklore, les traditions, le patrimoine, les sports, les jeux, les fêtes, les figures locales, les années de guerre et d'après-guerre... Des souvenirs en engendrant d'autres, certaines soirées furent mémorables et la joie en fut rarement absente. 

Monique et Colette, deux anciennes habitantes ont réalisé une cartographie du faubourg reprenant les immeubles et le nom de ceux qui y habitèrent, un travail colossal, titanesque, une oeuvre de bénédictins. Claude, un passionné de photographie a fixé ces nombreux instants de réflexions sur la disquette. Caroline, Eliane, Annick, Dorothée...du groupe des Ecrivains Publics  ont guidé dans le chemin bien traçé, tout ce petit monde bien souvent enclin à dériver vers d'autres sujets. Pierre, le poète n'ayant aucune attache avec le lieu, a écouté et traduit en de merveilleux textes, les impressions ressenties. Des documents photographiques, souvent inédits, datant parfois du début du siècle dernier, ont été rassemblés et viendront illustrer les propos. 

Quartier né au 12e siècle autour d'une léproserie, le faubourg de Lille est devenu, au cours de ces deux derniers siècles, un lieu de vie pour des ouvriers ou des familles bourgeoises, pour des fermiers ou des entrepreneurs, un espace de verdure à deux pas de la ville.

La parution est prévue pour le mois de septembre 2012, le nouvel ouvrage sera présenté au cours d'une réception, au coeur d'une exposition, en la chapelle des Lépreux, à la chaussée de Lille. La date sera communiquée ultérieurement !


09:43 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, faubourg de lille, mémoires, écrivains publics |

30/01/2012

Tournai : les Ecrivains Publics

Lors de la rétrospective de l'année 1903, on a constaté que l'illéttrisme était encore bien présent au sein de la population tournaisienne puisqu'un homme politique déclarait que pas moins de 21% des miliciens ne savaient ni lire, ni écrire. L'instauration, par la suite, de l'enseignement obligatoire devait palier à ces manquements et quelques décennies plus tard la situation s'était sensiblement améliorée. 

Malheureusement, à la fin du XXe siècle, l'apparition de la téléphonie mobile et la possibilité d'envoyer des SMS ont eu un effet pervers car désormais les jeunes "kiffent grave" ce nouveau moyen d'expression et un langage proche du phonétique a supplanté l'orthographe.

Un peu oubliés après la seconde guerre mondiale, bien que toujours discrètement présents, on assiste au nécessaire retour, au premier plan, des écrivains publics, traits d'union entre les individus connaissant des difficultés au niveau de la lecture et de l'écriture et les administrations ou les simples correspondants. Association née à l'aube du XXIe siècle, ils sont les descendants lointains des scribes anciens, des hommes d'église du moyen-âge, de Nicolas Flamel qui vécut à la fin du XIVe siècle, ces gens qui détenaient le savoir et le mettaient alors au service des illettrés. 

Les Ecrivains Publics de Wallonie Picarde, pour qui l'écriture est peut-être le relais de l'âme, ont pour mission d'offrir ce moyen d'expression à ceux qui en sont démunis, de les aider dans les démarches, de les encourager à l'apprendre, à le maîtriser afin de les mener à la compréhension des documents écrits qu'ils soient envoyés par un service officiel ou par une simple connaissance,  ils tentent modestement de simplifier la vie des personnes connaissant des difficultés. 

A Tournai, les Ecrivains Publics font preuve d'un dynamisme extraordinaire et depuis leur récente création, ils ont mis sur pied une foule d'activités centrées sur les mots et leur orthographe.

Depuis septembre 2008, ils animent un atelier "slam" au sein de la prison de Tournai. Le succès de celui-ci ne s'est pas fait attendre, au point qu'un des participants a été sélectionné avec neuf autres candidats pour la finale du concours organisé par TV5 Monde intitulé "Grand Corps Malade". Il s'agissait d'écrire un texte contenant obligatoirement dix mots précis. "Surréalslamisme" a favorablement impressionné le jury.

Le 23 septembre 2009, les Ecrivains Publics ont également participé au Salon de l'Emploi de l'Eurométropole en aidant des demandeurs d'emploi à rédiger un CV et, chaque année, ils sont présents au salon "Tournai la Page" organisé par les Amis de Tournai en la Halle-aux-Draps. 

Le 13 juin 2010, il ont participé, sur un char dédié à l'Ecriture, à la journée des Quatre Cortèges de Tournai.

Du 21 au 25 juin 2011, ils ont fêté l'Ecriture au Centre Commercial "Les Bastions" et du 25 au 30 juillet 2011, à l'Académie des Beaux-Arts, dans le cadre de l'Académie internationale d'Eté de Wallonie, deux écrivaines, Chantal Gremmens et Caroline Jesson, passionnées d'art et de littérature, ont ouvert des ateliers prétextes à la découverte des lieux connus ou insolites de la ville.

Dans le cadre de "Tournai les Bains", en août, l'atelier "Ecrire au bord de l'eau" est destiné tant aux adultes qu'aux enfants. 

Chaque année, dès le mois de septembre, deux ateliers d'écriture sont organisés. L'un destiné aux enfants, à partir de huit ans, intitulé "l'Ecrilibre" a lieu un lundi sur deux en l'école du Château, lieu qu'ils ont investi après avoir débuté à Marquain. L'autre fréquenté par les adultes a lieu les 1er et 3e mercredi du mois, au Conservatoire de Tournai sur la place Reine Astrid. Notons également qu'un atelier "slam" se tient également au Conservatoire, le 2e mercredi du mois.

Le mercredi 25 janvier 2011, les Ecrivains Publics nous convièrent à un spectacle de lecture intitulé "Plumes de femmes". Sept femmes, participantes habituelles de l'atelier d'écriture, ont lu leurs créations et pour les spectateurs que nous étions, très rapidement, la salle du Conservatoire se transforma en un boudoir indiscret à partir duquel on pouvait entendre une conversation de voisines semblant ignorer notre présence. Leurs espoirs, leurs inquiétudes, leurs joies, leurs peines, l'amour, la famille, les souvenirs, le quotidien, la maladie, sujets tant de fois abordés lors de bavardages entre amies nous amenèrent à penser qu'il suffit souvent d'une feuille de papier et d'un stylo pour refaire sa vie, revivre ses rêves, extérioriser ses angoisses ou réinventer tout un monde ! 

Deux réalisation collègiales ont trouvé place à leur calendrier. En 2008-2009, les Ecrivains Publics de Tournai ont réalisé un atelier en compagnie d'habitants du quartier Saint-Piat. Le fruit de ce travail collectif a été présenté au public en mai 2009, lors d'une exposition organisée au Cercle Artistique, le livre "Mémoires du quartier Saint-Piat" fait revivre ce vieux coin de Tournai, berceau de la cité. En 2011, fêtant son quarantième anniversaire, la Maison des jeunes, "Porte Ouverte" de l'avenue Minjean réalise une exposition de photographies anciennes du faubourg, les responsable les convient à réaliser un travail sur le "Faubourg de Lille". Depuis octobre, deux fois par mois, des habitants du Val d'Orcq, comme on appelait jadis le quartier, se réunissent dans les locaux de la maison des jeunes et font revivre son passé sous la conduite d'Annick, Caroline, Eliane.... nul doute que, bientôt, un second ouvrage consacré à Tournai verra le jour. 

S.T. janvier 2011

20/05/2007

Tournai : le quartier Saint Piat (2)

De nombreuses rues, comme la rue Cherequefosse, relient l'axe principal, constitué par les rues des Clairisses, Saint Piat, Sainte Catherine et l'Avenue des Etats Unis à l'Escaut.

La rue du Moulin à l'Eau est devenue en 2006, la rue Tour Canteraine, elle longe l'ancien mur d'enceinte de Tournai (toujours visible) et présente une très forte déclivité. Raymond Bonnet y situe une maison occupée par la Gestapo durant la seconde guerre mondiale. Elle fut entièrement détruite par un incendie volontaire à la libération. Un pont du génie traversait l'Escaut à cet endroit pour rejoindre le chemin de ronde situé en face. Par celui-ci transita le matériel lourd de l'armée américaine en route vers Bruxelles en septembre 1944. Tournai, ayant été la première ville belge libérée le 3 septembre, honneur que lui conteste cependant la ville d'Antoing située à 5 kilomètres.

La rue Duwez tient son nom de l'abreuvoir (le wez) creusé sur le quai Taille Pierre et non, nous dit Bozière, parce qu'elle se trouvait à proximité de la porte Sainte Catherine donnant accès au chemin menant au village de Wez-Velvain.

La rue Dewasme est une impasse. Les habitants de Saint Piat l'appelaient au 19ème siècle, la vieille cantine en raison de la présence d'une des cantines militaires établies sous le règne de Louis XIV. Son nom actuel provient probablement du nom d'une famille qui y habita. L'accès à cette rue se fait par un passage vouté.

Le nom d'une autre rue, la rue Madame, a évolué au cours des siècles : rue des Hugiers, de la Hucerie, de la Hugerie, rue Madame la Sénéchale, rue Madame dite de Jésuitesses et enfin rue Madame. Voilà qui demande explications : hugerie est le nom désignant la profession de menuisier, tandis que Madame la Sénéchale devait appartenir à la maison de Werchin, dans laquelle la charge de sénéchal était héréditaire.

Enfin, la rue des Carliers qui s'ouvre presqu'en face de l'église paroissiale était habitée par des charrons.

Pour mieux découvrir ou redécouvrir ce plus ancien quartier de Tournai, nous vous conseillons la lecture des "Mémoires du quartier Saint-Piat", un ouvrage réalisé par un collectif d'habitants guidés par le Ecrivains Publics de Tournai. 

(sources : Raymond Bonnet, "Les rues de Tournai..." et A-F-J Bozière "Tournai, ancien et moderne")

11:02 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, louis xiv, saint-piat, écrivains publics |