08 mars
2017

14:17

Tournai : avec le printemps reviennent les chantiers !

A Tournai, des p'tits trous, des grands trous, il y en aura partout !

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Le quai Dumon rénové (photo S.T.).

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Le nouvel aspect de la place du Becquerelle (photo S.T.).

Un important chantier a pris fin récemment, le quai Dumon et la place du Becquerelle, entièrement rénovés, sont désormais accessibles aux automobilistes. Une modification est cependant intervenue au niveau des sens de circulation. Désormais venant de la rue de l'Yser, après avoir franchi le Pont de Fer, on peut emprunter la descente du pont dans les deux sens (vers le quai Dumon et aussi vers la rue du Château). Les automobilistes venant du quai Sakharov qui se dirigent vers le quai Dumon doivent absolument emprunter la rampe du pont. S'ils décident de rester sur le quai et de longer le pont, ils seront déviés vers les rues Joseph Hoyois, de l'Epinette et des Jardins pour rejoindre la rue Royale. Cette situation sera probablement temporaire car on nous annonce, déjà pour ce mois de mars, le début du chantier de pose des impétrants sur la place Verte, dans les rues de l'Epinette et du Rempart. Ces travaux réalisés, après les grandes vacances, les trottoirs, l’égouttage et le revêtement de ces différentes voiries seront alors entièrement restaurés. Actuellement se sont les trottoirs de la rue du Château qui sont ouverts pour la pose d'impétrants.

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Le pont Notre-Dame (photo S.T.).

Depuis le 23 janvier, le pont levant Notre-Dame est soustrait à la circulation. Des travaux de maintenance et de sécurisation sont actuellement réalisés. Le levée du pont ne sera plus commandée de la cabine située à l'étage de l'immeuble faisant l'angle de la rue de l'Hôpital Notre-Dame et du quai du Marché au Poisson mais bien à partir de la nouvelle écluse de Kain. Il en sera de même pour les feux réglant l'alternat dans la traversée de la ville. De nouvelles barrières ont été posées, les feux lumineux ont été remplacés. La réouverture à la circulation est prévue pour le 31 mars.

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Le quai Saint-Brice vu de la passerelle (photo S.T.).

L'énorme projet d'élargissement de l'Escaut dans la traversée de la cité des cinq clochers va débuter cette année. Il y a quelques jours, les ouvriers communaux du service des plantations ont procédé à l'abattage des arbres. En avril débuteront les travaux de pose des impétrants et la création des nouveaux égouts avant l'important chantier de réduction de la largeur du quai. Une réduction, toujours contestée par les riverains, qui risque, à l'avenir, de poser certains problèmes de circulation (intervention de services de secours, déménagements, livraisons...) ! 

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 L'abattage des arbres du quai Saint-Brice, au fond la passerelle (photo Courrier de l'Escaut);

L'abattage précoce des arbres a été réalisé dans le courant du mois de février afin d'éviter la nidification. En effet, ces arbres étaient voués à disparaître dans quelques semaines. 

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Nouvelle résidence à l'angle de la rue de l'Hôpital Notre-Dame et de la rue du Curé Notre-Dame (photo S.T.).

Il y a un peu plus d'une année, on a procédé à la destruction de l'immeuble abritant les anciens bureaux et ateliers du journal "Le Courrier de l'Escaut". Une résidence avec vue imprenable sur la cathédrale y est actuellement en construction.

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En 1962, la neige recouvre la place Paul Emile Janson (appelée également place des Acacias). On voit nettement les bureaux du journal, aujourd'hui démolis, et dans le prolongement le Cinéma Palace lui aussi détruit et dont le terrain vague constitue toujours un chancre dans la rue de l'Hôpital comme le symbole d'une centre-ville jadis commercial qui se meurt lentement (photo le Courrier de l'Escaut). 

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La cathédrale Notre-Dame (photo S.T.). 

Pendant ce temps, malgré le froid, la pluie et surtout le vent, le chantier de la cathédrale Notre-Dame se poursuit. Peu à peu, les clochers rénovés se découvrent au public. Actuellement, c'est le cinquième, la tour Lanterne, qui fait l'objet de tous les soins des ouvriers chargés de sa restauration. Si tout se déroule normalement, on nous promet que les cinq flèches seront visibles dès la fin de cette année.  

Et ce n'est pas fini, d'autres chantiers sont également en cours : la pose d'impétrants sur l'allée latérale de l'avenue de Maire, les îlots de rétrécissement à hauteur des passage pour piétons dans les rues Saint-Martin et de Marvis. Ils sont réalisés afin de réduire la vitesse des automobilistes dans ces voies de pénétration en ville (cette dernière est pourtant limitée à 30km/h, partout en ville, dès le franchissement des boulevards de ceinture et même à... 20km/h dans l'hyper-centre où se situent les zones de circulation partagées, ce que beaucoup semblent ou feignent ignorer).

D'autres chantiers encore se profilent à l'horizon : la sécurisation du boulevard des Nerviens en avril, l'important chantier du boulevard Walter de Marvis et de la chaussée de Bruxelles qui débutera dès le mois de mai, des travaux normalement couplés à ceux de rénovation de la rue de la Lys, la place Verte en août, la rénovation de l'égouttage et du revêtement sur l'allée latérale de l'avenue de Maire (entre la rue de Lannoy et le rond-point de l'Europe), la rénovation du plateau de la gare et de la rue Royale, un peu plus tard.

S.T. mars 2016. 

14:17 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |

06 mars
2017

10:17

Tournai : souvenirs du Cabaret (6)

Les années "nonante" : l'existence du Cabaret est en péril !

Il faut bien l'avouer, dès le début des années "nonante", pour une majorité de Tournaisiens, amis du Cabaret, la vénérable institution tournaisienne semble battre de l'aile. Le nombre de chansonniers se réduit peu à peu et la relève tarde à venir. Les membres du Cabaret ont-ils encore confiance en l'avenir ? On scrute, on épie les réactions des uns et des autres. 75ème, 80ème, 85ème, la multiplication des anniversaires semble signifier aux yeux de tous : "Voilà, encore cinq années de plus !" comme est parfois amené à le penser un être humain qui sent ses forces décliner et qui s'accroche à la vie, vivant au jour le jour. 

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Pour la première fois, la presse s'empare de cette incertitude qui plane sur la Royale Compagnie.

Par la voix de son Président, Lucien Jardez, le Cabaret annonce une année sabbatique pour 1995. La question est sur toutes les lèvres : les chansonniers reviendront-ils après celle-ci ?

L'année 1994 qui s'achève a sapé le moral des troupes, on a noté la disparition de trois membres et non des moindres.

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Anselme Dachy au piano d'accompagnement.

C'est tout d'abord Anselme Dachy qui tire sa révérence le 24 février 1994. Anselme était né, à Tournai, le 19 décembre 1910. Très jeune, il se tourna vers la musique. En 1928, après avoir suivi les cours de solfège et d'harmonie, il fut chargé par le Directeur de l'époque, Fernand Godart, des répétitions partielles d'une quarantaine de basses et barytons. Il devint répétiteur au Théâtre de Tournai durant les saisons théâtrales s'étalant de 1930 à 1933. Entré à l'armée comme engagé volontaire au sein de la Musique du 3ème Régiment de Chasseurs à pied, il fut fait prisonnier en mai 1940. Revenu de captivité en 1941, il devint organiste à l'église Saint-Brice recommandé par Maître Abel Debourle, son professeur, qui officiait à la cathédrale Notre-Dame. Dans les concerts et festivals de Bel Canto, Anselme Dachy accompagna des artistes célèbres comme Clara Claibert, Rudy Hirigoyen, Jean Demany... mais aussi des chansonniers comme Jacques Lippe, Gabriello et bien d'autres. Membre de la SABAM (la société des auteurs et compositeurs) depuis sa création, il a composé ou arrangé de nombreuses œuvres pour soliste, trio, quatuor ou quintette. Ses compositions furent interprétées sur les antennes de Radio-Luxembourg (l'ancêtre de l'actuelle RTL) et de l'I.N.R. (qui devint par la suite la RTB). Dans la région, ses compositions les plus connues sont : "la Marche des Amis de Tournai", "la Marche de la Police Tournaisienne" et "Au Faubourg de Tournai", un des classiques athois joué notamment durant la Ducasse d'Ath. On lui doit aussi la musique de trois opérettes dialectales : "L'Ordonnance du Lieut'nant", "L'reine du Quartier" et "In Piste", cette dernière sur un livret d'Edmond Roberte.

Entré au Cabaret en 1950, il en devient le pianiste-accompagnateur (peu de gens savent qu'il avait déjà tenu le piano du Cabaret à l'âge de vingt ans). 

En 1953, avec un chanteur déjà bien connu dans la cité des cinq clochers, "Jean Clercel" (alias Jean Leclercq), il alla en finale du Concours de la Chanson Française qui se déroulait à La Louvière. 

On ne compte plus le nombre d'orchestres, ni de chorales qu'il dirigea au cours de son existence, les plus connues à l'heure actuelle sont : la chorale "Coecillia", la "fanfare l'Avenir" d'Ellezelles, les "Matelots de la Dendre" à Ath pour les spectacles lyriques, la Royale Harmonie du Corps des Sapeurs Pompiers de la Ville de Tournai où il succéda à Alfred Verdière, le "Trio de Charme d'Anselme Dachy" qui presta régulièrement sur les antennes de Radio-Hainaut à la fin des années quarante, "l'Union Saint-Martin" à Ath et "l'Orchestre du Cabaret" pour lequel il créa la musique des "Revues de l'Karmesse". On lui doit "la Marche du Cabaret" créée à l'occasion du septante-cinquième anniversaire de la société.

Pianiste-accompagnateur, arrangeur et compositeur, il surprit le public, le jour, où il vint sur le ponton interpréter "J'sus l'pianisse", une chanson décrivant les bons et moins bons moments vécus par celui qui accompagne mais parfois rattrape les chansonniers. Ce ne fut pas la seule chanson qu'il composa pour le Cabaret.  

 

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Jean Leclercq, un véritable homme-orchestre.

A peine cinq mois après Anselme Dachy, Jean Leclercq disparaît à son tour. Depuis les cabarets d'octobre 1992, il n'apparaissait plus sur le ponton, éloigné par la maladie qui allait l'emporter. Né à Tournai, le 23 mai 1923, Jean Leclercq avait plus d'une corde à son arc. Il a été fantaisiste, présentateur de crochets (ces concours de chansons qui étaient l'ancêtre de "The Voice"), animateur de spectacles. Au cirque De Jonghe, il était "Monsieur Loyal". Chanteur, en 1953, il participa au Concours de la Chanson Française où, accompagné par Anselme Dachy, il interpréta "Dans la petite rue", une chanson dont il avait écrit les paroles et la musique. Les sportifs tournaisiens se souviennent également de lui, journaliste à l'Avenir du Tournaisis, un passionné de cyclisme qui créa la course le "Trèfle à Quatre Feuilles" d'abord ouverte aux amateurs et ensuite aux coureurs professionnels (1968-1977), épreuve en circuit qui arrivait sur la Grand-Place, juste en face du bureau du journal. Jean aimait aussi le football et j'ai eu la chance, lorsque j'étais rédacteur du journal le Rouge et Vert, organe des supporters de la Royale Union Sportive Tournaisienne, de le compter parmi les chroniqueurs. Son article était rédigé en patois. Jean Leclercq, connu de beaucoup de Tournaisiens par son nom de scène du temps où il chantait, "Jean Clercel", était entré au Cabaret en 1959. On se souvient de ses succès au sein de la Compagnie : "Adieu Charlot", "L'Bal à Van Spitael", "L'Manèche des Amoureux", "L'Bédeeau" interprété sur l'air du Moribond de Jacques Brel, "L'Visite du Roi" et tant d'autres très souvent bissées par le public. Au sein du Cabaret, il fut le co-fondateur, en 1968, du "Journal Canté" et participait à "la Chanson des Cinq". Homme jovial au visage rond, compositeur-interprète toujours souriant, il nous a quittés le 16 juillet 1994.

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  Jean Leclercq (portant lunettes) à l'arrivée d'une des nombreuses courses cyclistes qu'il mit sur pied.

 

L'adage "Jamais deux sans trois" allait, hélas, se vérifier, le 20 octobre, lorsque Lucien Feron s'éteignit, lui aussi, vaincu par une grave maladie (voir le portrait que nous lui avons consacré dans l'article précédent : Souvenirs du Cabaret n°5). 

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Le Cabaret à la Maison de la Culture en 1994 (de gauche à droite) : Philippe De Smet - Eric Genty - Jean-Pierre Verbeke - René Godet - André Dupriez - Ghislain Perron - André Wuilbaut - Félicien Doyen - Marcel Roland - Lucien Jardez et Eloi Baudimont.

La légende de la photo reprend la question que tout le monde se pose alors : "Est-ce l'ultime image ?".  

(sources : "Florilège du Cabaret" ouvrage paru en 1982 à l'occasion du 75ème anniversaire de la RCCWT - "Chint ans d'Cabaret" de Pol Wacheul, ouvrage paru en 2007 à l'occasion du 100ème anniversaire - souvenirs personnels. Documents photographiques : presse locale, collectés par Jean-Paul Foucart).

S.T. mars 2017

03 mars
2017

11:25

Tournai : expressions tournaisiennes (398)

Les orcettes de Fifinne.

I-a ein invireon ein meos, j'vous ai promis d'acore vous deonner des orcettes de Fifinne. In lisant les commintaires parus su mblog et les messaches que j'orchois dins m'boîte mail, j'ai, d'puis bin lommint, ormarqué qu'i-a bramint d'feimmes qui vienne'tent orwettier "Visite Virtuelle de Tournai". Ceulle sémaine, Fifinne nous a préparé ein bieau greos lapin et elle vous apporte l'prouèfe qu'à Tournai on peut aussi l'minger sans preones et sans rogins. Elle l'a surlommé :

L'lapin d'auteomne !

Pou qu'mincher, elle a commindé ein bieau lapin au boucher, pos eine biête qui fait misère, eine qui a jusse l'pieau su les ossieaux et qui n'a pos grand-cosse à pluquer d'zeur ! Vous connissez no Fifinne, s'lapin, ch'est ein greos de l'race des géants flaminds. Elle a, bin seûr, d'mindé au boucher de l'décoper !

Su l'tape de l'cuisine, elle a rassimblé tout c'qu'i-éteot nécessaire pour faire l'plat : l'lapin d'jà décopé, ein beon morcieau d'bure, de l'fareine, deux greos ogneons, du thym, du laurier et du persin, eine boutelle d'trinte-treos chintilites d'bière, de l'Tournay (on est chauvin ou on n'l'est pos !), deux belles carottes, du et du poife et ein guisse d'moutarte forte.

Su eine planque in beos ou bin su eine fuelle d'papier qui sert à imballer l'viante, elle a mis de l'fareine et elle a ainsin infareiné chaque morcieau. Dins eine casserole, elle a fait feonte l'bure (on peut aussi utiliser de l'margarine), puis elle a fait colorer l'lapin in l'ortournant pou que tous les côtés soichent ein peu brunis. Elle a ajouté les lamelles d'ogneons et les carottes décopées in rondelles, l'thym, l'laurier, l'persin (eine sorte d'bouquet garni), elle a assaiseonné ave l'sé et l'poife, mis ein peu d'moutarte su les morcieaux et elle a fait mijoter pindant invireon eine hurette après avoir arrosé ave l'bière. L'lapin i-est à point quançqu'elle l'viante elle se détache bin. Elle a alors passé l'sauce au chinois et elle a porté l'mixture obtenue à ébullitieon in rajoutant ein morcieau d'bure et ein peu d'maïzena ou bin d'fareine pou bin l'lier. Fifinne goûte toudis pour vir si i-n'feaut pos rectifier l'assaisonn'mint. Elle plache les morciaux d'lapin su ein plat, elle nappe avé l'sauce et elle sert cha ave des penn'tières natures, de l'purée, des frites ou bin des croquettes. Elle m'a dit qu'on pouveot aussi accompagner l'plat d'carottes cuites à l'ieau avé ein peu d'chuque ou bin d'eine beonne compote de preones. Ein p'tit consel : Fifinne met toudis deux ou treos cuillères à soupe d'ieau avant l'cuisseon pour que cha n'accroche pos au feond. 

Ch'est ein orpas pou l'diminche quançqu'on a tout l'temps pou l'préparer et surtout pou l'déguster.

Vous allez me d'minder quoisque vous allez boire ave cha ? Bé, eine boutelle de vin rouche (j'vous laiche l'soin de l'queusir) ou tout simplemint eine bière Tournay !

Fifinne, elle nous a aussi préparé ein déssert. I-n'est pos treop difficile à faire, cha prind tout au puque 45 minutes. 

L'crème de riz au coulis d'preones !

Pou quate perseonnes, vous avez b'soin d'septante-chinq grammes d'riz, d'un demi lite d'lait intier, d'un demi bâtonnet d'vanile, d'eine pétite cuiller d'chuque semoule, un p'tit peot d'crème fraîque intière (surtout pos allégée), un blanc d'oué, chint chinquante à deux chints grammes d'preones et du chuque impalpape.

Pou commincher, on passe l'riz sous l'ieau dins eine passette et après on l'fait cuire, à feu doux, sans couvère l'poileon, pindant eine beonne demi-heure dins l'lait bouillant avé l'bâteon d'vanile. Quançque l'riz i-est cuit, on ertire le bâteon d'vanile et on l'verse dins ein plat in y ajoutant le chuque. Je l'veos bin vo lanque elle file d'jà mais on laiche orfroidir et in puque ch'est pos fini !

On met les preones et quate cuillers d'ieau dins eine casserole et on fait cuire à feu doux jusqu'au momint dusque les fruits soichent bin ramollis. On passe l'mixture au chinois et on ormet l'coulis dans l'casserole su l'feu pou l'faire épaissir. I-a ein truc pou raviser si ch'est assez épais, su l'deos d'eine cuiller cha deot glicher comme ein voile. On ajoute l'chuque impalpape et cha aussi on laiche erfroidir (si possipe, à l'abri des galfards). 

On va batte l'crème fraîque et, à part, l'blanc d'oué. Quançque l'blanc i-est consistant, on l'incorpore avé l'crème fraîque dins l'riz qui est d'jà orfroidi. I-reste à étinte pa d'zeur coulis d'preones et à rectifier avé ein peu d'chuque si ch'est nécessaire et si on n'est pos diabétique. 

Edmeond i-s'traîn'reot su s'vinte pou minger ein parel déssert mais i-feaut dire que m'n'heomme ch'est ein sapré galafe et qu'i-aime toutes les chucartes

Si vous aimez les orcettes d'Fifinne vous pouvez me l'faire savoir in laichant ein commintaire, je n'voudreos pos, l'prochaine feos, vous foute l'barpe avé des artiques qui n'veont pos vous plaîre !

(lexique : orcette (ou ercette) : recette / acore : encore / orchevoir (ou erchevoir) : recevoir / bin lommint : bien longtemps / bramint : beaucoup / orwettier (ou raviser) : regarder / ceulle : cette / l'prouèfe : la preuve / les preones : les prunes / les rogins : les raisins / surlommer : surnommer / qu'mincher (ou commincher) : commencer / l'pieau : la peau / les ossieaux : les os / grand-cosse : grand-chose / pluquer : grapiller / d'zeur : dessus / bin seûr : bien sûr / décoper : découper / l'tape : la table / l'bure : le beurre / l'fareine : la farine / l'persin : le persil / du sé : du sel / eine guisse : un petit morceau, un fragment / l'moutarte : la moutarde / eine planque in beos : une planche en bois / l'fuelle (ou fouèle) : une feuille / imballer : emballer / infareiner : enfariner / feonte : fondre / ortourner (ou ertourner) : retourner / soichent : soient / eine hurette : une petite heure / quançque : lorsque / toudis : toujours / vir : voir / placher : placer / les penn'tières : les pommes de terre / l'ieau : l'eau / l'chuque : le sucre / ein orpas : un repas / diminche : dimanche / quoisque : qu'est-ce que / rouche : rouge / queusir : choisir / tout au puque : tout au plus / fraîque : fraîche / ein oué : un oeuf / du chuque impalpape : du sucre glace / commincher (ou qu'mincher) : commencer / eine passette : une passoire / couvère : couvrir / l'poileon : le poêlon / ertirer (ou ortirer) : retirer / l'lanque : la langue, l'expression l'lanque elle file signifie : avoir envie de manger, saliver / dusque : où / raviser (ou orwettier) : regarder / glicher : glisser / ein galfard : un gourmand / batte : battre / étinte : étendre / l'vinte : le ventre / ein sapré galafe : un riche gourmand / les chucartes : les sucreries / foute l'barpe : barber, ennuyer / les artiques : les articles). 

S.T. mars 2017.

11:25 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : tournai, patois, picard |