13 févr.
2017

14:09

Tournai : balade en ville - la Grand-Place

Dans presque chaque ville, la Grand-Place (nommée parfois place du Marché) représente le cœur de la cité. Celle de Tournai, située sur la rive gauche, n'échappe pas à la règle bien qu'elle n'en soit pas le centre géographique. L'Escaut passe au milieu de la ville et la partage en deux. De forme triangulaire, elle est dominée à l'Est par le beffroi et à l'Ouest par l'église Saint-Quentin. 

Tournai Beffroi.jpg

Le beffroi vu de la Grand-Place dans les années soixante (photo x)

2005 Tournai floralies.JPG

Le forum tournaisien est le lieu de toutes les festivités. En 2005, il abrita une partie des "floralies du Hainaut". (collection de l'auteur) 

Tournai Grand-Place spectacle de rue (1).jpg

Spectacle de rue en 2015 (photo R. Rauwers).

tournai,grand-place,christine de lalaing

passage d'une étape du Tour de France en 1967 (presse locale)

tournai,grand-place,christine de lalaing

Longtemps, le site dit des "Douze Césars" resta un chancre au cœur de la cité (photo presse locale)

Tournai Grand-Place jets d'eau.jpg

Durant les mois d'été, auprès des terrasses des cafés et restaurants, les jets d'eau font la joie des enfants (photo R. Rauwers) 

Tournai Grand-Place Christine de Lallaing.jpg

La statue de Christine de Lalaing (photo R. Rauwers). 

La statue de Christine de Lalaing, princesse d'Espinoy, trône au milieu du forum tournaisien. La noble dame galvanisa la population tournaisienne lors du siège de Tournai par les troupes espagnoles d'Alexandre Farnèse. Sa statue a longtemps été à l'origine d'un conflit avec les autorités religieuses. Protestante, les armes à la main, elle semble lever le bras pour désigner la cathédrale Notre-Dame. Cette attitude fut longtemps considérée comme un geste de défi en l'encontre de l'autorité religieuse. Pour cette raison, la procession historique de septembre évita durant des décennies de passer sur la Grand-Place. Tout cela est désormais de l'histoire ancienne et fait sourire le Tournaisien d'aujourd'hui.

Tournai Grand-Place années trente.jpg

Vue de la Grand-Place durant les années trente. (photo : Courrier de l'Escaut)

tournai,grand-place,christine de lalaing

La Grand-Place aux maisons en ruine durant la seconde guerre (photo : X)

Lors des bombardements de la ville en mai 1940, tous les immeubles qui la ceinturaient furent détruits, seules, quelques façades restèrent debout, squelettes qui allaient donner une nouvelle vie à cet endroit prestigieux lors d'une reconstruction qui respecta les gabarits et lui redonna un aspect homogène. 

2005 Tournai la Grand'Place.JPG

Contre-jour qui met malheureusement en lumière les véhicules qui y stationnent (photo : F. Bauduin)

A Tournai, comme partout ailleurs, le stationnement automobile est un problème. Il faut le reconnaître, notre génération est devenue paresseuse et plus personne ne souhaite parcourir quelques mètres à pied. Le rêve des clients  de notre époque est de pouvoir stationner au plus près de la porte d'entrée du magasin à visiter. Lors de sa rénovation, il y a une vingtaine d'années, le forum devait devenir entièrement piéton. Devant la levée de boucliers des commerçants qui craignaient de perdre leur clientèle, l'autorité communale à fait machine arrière et a autorisé une centaine de places de stationnement face à l'église Saint-Quentin. Ensuite, face à la Halle-aux-Draps, fut créée une zone de stationnement limité. Pour certains cela n'est pas encore suffisant et le stationnement en double file est, chaque jour, une plaie pour la circulation. 

2006 Tournai la Grand'Place.JPG

2005 Tournai la Halle-aux-Draps.JPG

La Halle-aux-Draps (voir l'article que nous lui avons consacré sur le blog).

 

2006 Tournai la nuit (2).JPG

vision nocturne (photo : F. Bauduin).

2015.12.19 Grand-Place ambiance de Noël (3).jpg

Des soirées animées (photo R. Rauwers).

Le secteur Horéca est très bien représenté sur le forum. Pratiquement un établissement sur deux est un café ou un restaurant, la vie nocturne y est donc animée et, en été, les vastes terrasses font le plein jusqu'aux petites heures.

A deux pas de la Grand-Place, au n°10 de la rue des Maux, un imposant immeuble attire l'attention, il s'agit de l'ancienne "grange aux dîmes" de l'abbaye de Saint-Martin. Les plus anciens Tournaisiens appellent encore ce bâtiment, "Le café des Brasseurs". Au début du siècle, il s'agissait d'un cabaret-brasserie réputé dans lequel étaient organisées des concerts, des réunions de sociétés, des pièces de théâtre et même des séances cinématographique. Par la suite, dans les années vingt, la salle de cinéma prit le nom de "Cinéma Vieux Tournai". Le 22 octobre 1948, il fut remplacé par le cinéma "Scala" qui ferma ses portes le 15 juin 1976 (voir l'article consacré aux cinémas tournaisiens dans le présent blog). Après une fermeture de trois ans, succéda alors le "Marché-Scala" composé d'une boucherie, d'un discount alimentaire, d'une boulangerie et d'un marchand de légumes tandis qu'en façade s'ouvrait un café. A la fermeture de cet ensemble, en 1983, la salle du rez-de-chaussée fut transformée en "Scala-Bowling" tandis que la partie avant et la cave étaient aménagées en un bar-discothèque. Voici trois ou quatre ans, le bâtiment a subi une profonde rénovation, et depuis quelques semaines, on y trouve un magasin spécialisée dans l'électronique.

tournai,grand-place,christine de lalaing

1976, fermeture du cinéma Scala (photo Nord-Eclair).

tournai,grand-place,christine de lalaing

Le bâtiment en 2005, le bar discothèque était déjà fermé (collection de l'auteur).

tournai,grand-place,christine de lalaing

2015, le bâtiment rénové. Dans la niche : la statue de Saint-Martin rappelant l'origine du bâtiment (photo R. Rauwers).

A proximité du beffroi et de la cathédrale Notre-Dame, la Grand-Place est probablement l'endroit le plus visité de Tournai par les touristes mais il y a de nombreux autres coins qui méritent aussi d'être vus. Nous poursuivrons donc notre balade !

S.T. février 2017.

14:09 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : tournai, grand-place, christine de lalaing |

11 févr.
2017

10:40

Tournai : expressions tournaisiennes (395)

De l'arpe (ou bin du corps) déquintent les branques !

S'mopère et s'mamère li aveot'ent deonné l'préneom d'Eulalie mais pou les gins du ruache ch'éteot toudis l'pétite Lalie. D'puis s'pus jeone âche, Lalie éteot eine safriquette, on diseot même que ch'éteot eine pétite serpette. Combin d'feos elle est orvenue à s'maseon avé des boches, pasqu'avé les garcheons, elle écangeot toudis des taloches. 

I-n'falleot pos cacher bin léon, elle teneot cha de s'mopère, li, à s'n'ouvrache, avé tertous, i-éteot toudis in guerre. L'paufe mamère elle ne queompteot pus les meots, les punitieons, des ormarques orchues on areot pus faire eine collectieon. Dins ein vieux classeur qu'avant-hier au guernier j'ai démuché, j'ai ortrouvé les notes qu'aux parints l'maitresse aveot inveyées :

"Pasqu'i-n'vouleot pos la laicher copier, su l'tiête de s'visin elle a rinversé l'incrier !",

"N'voulant pos v'nir au tabléeau, Lalie a deonné ein queop d'pied dins l'séeau !",

"Lalie a rué des maclottes pa d'rière m'deos pindant que l'leçeon du jour au tabléeau j'écriveos !", 

"Vo file a ortourné l'séeau plein d'ieau su l'tiête du p'tit garcheon Porio !",

"Aujord'hui, Lalie n'a pos pu aller in récréatieon, de l'rache, à tous les garcheons, elle a foutu des cachireons". 

Des meots comme les ceusses que j'viens d'lire, bé, i-d'aveot des chintaines, s'mamère elle in orcheveot au moinse chinq pindant l'sémaine.  

Lalie n'vouleot vraimint rien faire, elle n'a pos eu l'certificat primaire et, toute défoutue, l'mamère s'demindeot ce que pus tard elle alleot faire.

L'médecin d'famile lui diseot de n'pos s'amarvoyer qu'avé l'temps tout cha alleot bin finir pa s'arringer.

"In attindant, comme de l'énergie elle d'a ein p'tit queop d'treop, i-feaut li faire faire du sport, pas eximpe, l'inscrire dins ein club d'judo". 

Là-vas, i-a pos à dire, elle a été dins s'n'élémint, Lalie, elle est vite dev'nue pou tertous "l'reine du tatami". Non seul'mint elle démolisseot ses adversaires mais même l'arbitre alfeos i-voleot in l'air. Quançqu'avé s'club, elle disputeot ein tournoi à l'étringer, tertous l'surnommeot'ent : Lalie, l'tigresse d'Tournai. A s'carrière sportive naissante on a mis ein point final, l'jour qu'elle a inveyé l'intraîneu à l'hôpital. Oeillarte, clavicule, gampe mais aussi bras cassés, pindant treos meos tout plein l'heomme i-est resté alleongé. 

Quançqu'elle l'a vu, avé ses béquiles, avancher dins l'salle de sport, elle a dit : 

"Bé, milliards, quoisque ch'areot été alors si j'aveos buqué fort !". 

Comme Eulalie elle ne vouleot surtout pos rester au chômache, pindant des meos, elle a caché après d'l'ouvrache. Perseonne dins les buréeaux de l'Onem n'oseot li ouvère ein dossier pasque tous les placheus aveot'ent l'esquite d'ête dégringués. Quançque, pa l'ferniête, dins l'rue, on la veyeot approcher, les imployés queureot'ent tout à n'ein queop querre leu café !

Ein bieau jour, elle a fait l'connissance du p'tit Marcel, in carrure, i-éteot... à peu près l'mitan d'elle. Ch'a été l'queop d'foudre pou Lalie, deux meos après i-est dev'nu s'mari. 

In apprenant ce qui v'neot de s'passer, les gins dins l'ruache qu'mincheot'ent à babiéler

"Mo... Bé, l'pétit rotleot i-va ête total'mint décarcassé, l'prumière feos qui veont batt'lier, li, ch'est pos aux urginces qu'on va l'trinsporter, ch'est chez Ladavid qu'on va l'ortrouver".

Bé neon, l'lune de miel et les meos i-se seont passés, dins l'maseon on areot intindu les mouques voler. Ch'n'est pourtant pos à Lourdes qu'i-z'aveot'ent été in voyache de noce mais tout à n'ein queop Lalie s'éteot assagie, elle n'aveot pus l'air si féroce. 

Alberte et Gilbert, les visins, i-ont découvert quoisqu'i-aveot là comme mystère. L'pétit Marcel, l'heomme à l'air maladieu, sans eine couche d'graisse i-aveot rapid'mint fini pa dompter Lalie l'tigresse. 

Et dire que l'brafe Marcel i-app'leot s'n'Hercule de ce p'tit neom charmant : "M'pétite libellule".  

On a tertous l'raminvrance qu'Eulalie dins jeone temps elle n'aveot rien appris. In clair, Eulalie d'ses dix deogts elle ne sait rien faire tandis que l'pétit Marcel, li, ch'est tout l'contraire. Ménache, orpassache, rassarcissache et fristoule, ch'est c'qu'on appelle, chez nous eautes, ein véritape mécoule. Pindant que s'mari i-éteot occupé à buer, à nettier et à erloqu'ter, Lalie, assise dins s'fauteul, raviseot l'catch, l'boxe ou l'judo à l'télé. 

Ave eine parelle activité, l'soir, Lalie elle éteot léon d'ête fatiguée. Adeon, ch'est pos étonnant qu'elle s'a vite ortrouvée impanch'lée. Comme elle n'aveot jamais fait les cosses à mitan, l'lutteusse de foire a mis au meonte deux infants. On les a app'lés Donald et Vladimir, (j'comprinds, cha vous prête pétête à sourire), l'pire dins toute ceulle affaire, ch'est que mes deux gins i-seont d'véritapes "va-t-in guerre". I-feaut les vir, i-seont toudis à l'tiête de l'ein l'eaute, eine feos ch'est l'ein qui qu'minche, eine eaute feos ch'est l'eaute. Bramint d'feos, elle a bin essayé d's'interposer, no Lalie, mais les deux albrans seont cait pa d'zeur à bras raccourcis. Elle a volé d'l'eaute côté de l'pièche important au passache, l'malhureux Marcel qui éteot occupé à faire l'nettiache

Tout cha s'a passé i-a pus d'quarante ans, d'puis lors i-ont bin grandi les deux infants. Donald i-est rintré, l'an passé, in politique, i-n'feaut pos queompter d'zeur pou les problèmes d'éthique, Vladimir, i-s'est ingagé comme mercenaire et peu partout su l'tierre i-va dusqu'i-a eine guerre. L'pétit Marcel i-est asteur à Mulette et Eulalie dins eine maseon d'ertraite. D'puis que l'soir, elle fait l'tournée des médicamints avé l'infirmière et i-n'd'a pus ein seul résident qui ose orfuser et faire des misères !

Dins l'cité des cheonq clotiers souvint on dit que les infants d'cat minch'tent volontiers soris !

(lexique : l'arpe : l'arbre / déquinte : descendre / les branques : les branches / s'mopère : son père / s'mamère : sa mère / l'ruache : populairement le quartier, la rue où on habite / toudis : toujours / jeone : jeune / l'âche : l'âge / eine safriquette : une petite fille délurée, vive, en avance pour son âge / eine serpette : une petite fille hargneuse, batailleuse / des boches : des bosses / les garcheons : les garçons / écanger : échanger / bin léon : bien loin / tertous : tous / queompter : compter / les meots : les mots / des ormarques : des remarques / orchues : reçues / démucher : découvrir, dénicher / inveyer : envoyer / laicher : laisser / l'visin : le voisin / ein queop : un coup / l'séeau : le seau / des maclottes : des boulettes de papier mâché / pa d'rière : derrière / l'deos : le dos / vo file : votre fille / l'rache : la rage, la colère / ein cachireon : une gifle / les ceusses : ceux / des chintaines : des centaines / chinq : cinq / défoutue : démoralisée, découragée / s'amarvoyer : se tourmenter, s'inquiéter / eximpe : exemple / là-vas : là-bas / pou : pour / alfeos : parfois / quançque : lorsque / eine oeillarte : un oeil au beurre noir / l'gampe : la jambe / treos meos : trois mois / avancher : avancer / quoisque : qu'est-ce que / buqué : frappé / cacher après : chercher / ouvère : ouvrir / les placheus : les placeurs / avoir l'esquite : avoir peur / ête dégringué : être démantibulé, être disloqué / l'ferniête : la fenêtre / queurir : courir / tout à n'ein queop : tout à coup / querre : chercher / l'mitan : la moitié / babiéler : bavarder / ein rotleot : un roitelet (oiseau), ce mot qualifie un individu de petit stature, une personne frêle / décarcasser : briser la carcasse / batt'lier : se battre / la Maison Ladavid : pompes funèbres à Tournai / les mouques : les mouches / tout à n'ein queop : tout à coup / maladieu : maladif, malingre / avoir l'raminvrance : se souvenir / les deogts : les doigts / ménache : ménage / l'oprassache : le repassage / l'rassarcissache (ou l'rassarcissure) : la reprise d'une étoffe, le raccommodage / l'fristoule : l'art de cuisiner, de préparer les repas / ein mécoule : un homme d'intérieur, un homme qui tient le ménage (l'homme rêvé !) / buer : faire la lessive / nettier : nettoyer / erloqu'ter : nettoyer les sols avec une serpillière humide / raviser (ou orwettier) : regarder / parelle : pareille / adeon : donc / ête impanch'lée : être enceinte (expression populaire et même un peu vulgaire) / les cosses : les choses / pétête : peut-être / ceulle : cette / vir : voir / qu'mincher (ou commincher) : commencer / bramint : beaucoup / les albrans : les garnements / caire : tomber / pa d'zeur : dessus / l'pièche : la pièce / importer : emporter / l'nettiache : le nettoyage / bin : bien / d'zeur : dessus / asteur : maintenant / ertraite : retraite / orfuser : refuser / les cheonq clotiers : les cinq clochers (la cathédrale N-D).

Les infants d'cat minch'tent volontiers soris : les jeunes de chat mangent volontiers les souris. Cette expression signifie que  "les enfants héritent des qualités et des défauts des parents", elle est employée le plus souvent dans le sens péjoratif.

S.T. février 2017.

10:40 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, patois, picard |

09 févr.
2017

10:05

Tournai : balade en ville - le quartier Saint-Piat

Saint-Piat, la chance est là !

Poursuivant notre balade dans la cité des cinq clochers, nous découvrons, aujourd'hui, le quartier Saint-Piat. En 2009, les "Ecrivains Publics de Wallonie picarde" ont consacré un excellent ouvrage à ce quartier populaire de la rive gauche. Cette rétrospective est, en effet, constituée de témoignages écrits par les habitants eux-mêmes. Ces auteurs improvisés évoquent son histoire, ses figures bien connues, ses commerces disparus, les nombreuses fêtes dont le "Sacre Saint-Piat". A Tournai, on dit qu'à Saint-Piat, la chance est là !

1965 Tournai Henriette de la Poire Cuite.jpg

Parmi les personnages qui marquèrent la vie quotidienne des habitants du quartier, on pense en premier lieu à Mademoiselle Henriette Dupret, tenancière durant plus de 50 ans du café "La Poire Cuite" situé à l'angle de la rue des Jésuites. 

1975 Henriette Dupret la poire Cuite.JPG

documents 1 et 2 : deux articles qui lui furent consacrés en 1965 et en 1975 par la presse locale. 

1987 explosion rue A. Asou (1).JPG

En 1987, ce quartier d'ordinaire si tranquille fut brutalement éveillé, un dimanche matin, par une  explosion qui souffla une maison située au n°7 de la rue Albert Asou (voir l'article consacré à cet événement). (J.D.C.)

2003 Tournai Avenue des Etats-Unis.JPG

Vaste habitation située à la rue Sainte-Catherine, à proximité de l'ancien Hospice des Vieillards (S.T).

2003 Tournai hôtel rue Saint Piat.JPG

Immeuble situé au n°3 de la rue Saint-Piat. C'était à l'origine la maison natale et l'hôtel particulier du bourgmestre Louis Crombez qui en fit don à la ville . En 1879 s'y établit l'école de Monnel. Dans les années soixante, ce lieu alors fortement dégradé, abrita le club de boxe tournaisien et les cours communaux de Coupe et Couture, avant d'être entièrement rénové et cédé au Logis Tournaisien pour y créer du logement social et y installer les bureaux de l'A.I.S. (S.T.)

2003 Tournai rue des Ingers.JPG

Une petite rue typique de ce quartier : la rue des Ingers vue depuis le parc Marie-Louise. (S.T.) 

2003 Tournai rue sainte-Catherine.JPG

La large rue Sainte-Catherine permet l'entrée en ville depuis le rond-point des Résistants aussi appelé : "le haricot de la Dorcas". (S.T.)

2003 Tournai rue des Récollets.JPG

Autre rue représentative de ce quartier : la rue des Récollets. (S.T.)

Tournai cordonnerie Vermander 21 rue Ste Catherine.jpg

Commerce de jadis : le cordonnier Henri Vermander au n° 21 de la rue Sainte-Catherine (document datant des années soixante aimablement transmis par Melle J. Driesens).

Tournai le Cercle Artistique.jpg

Le Cercle Artistique de la rue des Clairisses fut érigé à l'emplacement de l'ancienne manufacture de tapis Piat Lefebvre. Il abrite désormais la "Maison de la Laïcité".  (R.R.)

2016.01.30 RCCWT Pierre Vanden Broecke (1).jpg

Si vous vous promenez du côté de la rue Madame, peut-être votre chemin croisera-t-il celui de celui du "Bourguémette", Pierre Vanden Broecke, membre de la Royale Compagnie du Cabaret Wallon Tournaisien et "Infant d'Saint-Piat" (voir l'article qui lui a été consacré sur ce blog). 

2016.09.11 Cortège géant Gramère Cucu.jpg

Une des plus célèbres habitantes, Emelie Juste dite "Gramère Cucu". Son géant est l'oeuvre d'Henri Maenhout, un habitant du quartier. Elle est devenue la figure emblématique de Saint-Piat ! (R.R.)

Emelie Juste est née le 25 janvier 1860 dans une maison de la rue des Récollets. Fille de Joseph et de son épouse Clémence Leblon, elle avait deux sœurs cadettes : Anastasie, batelière, et Germaine, verdurière. De son mariage avec Pierre Delespaul, elle aura trois enfants : Germaine, Lucienne et Hector. Verdurière de profession, elle demeura alors au n°60 de la rue Saint-Piat. Elle faisait commerce de sucettes, parapluies, bâtons de sucres colorés et plaçait son étal, composé d'une simple planche posée sur deux tréteaux, le long de l'Escaut, sur le quai du Marché au poisson. Vendant des petits bâtons sur lesquels étaient fixées des cerises, elle attirait ainsi les enfants du quartier. Leur donnant une petite claque au derrière, elle leur disait : "Ortourne vite, m'pétit cucu (retourne vite, mon petit cucu) !", Gramère Cucu l'appelaient alors les enfants, un surnom qui lui sera donné pour la postérité. Outre le géant, Gramère Cucu est représentée au musée de Folklore de Tournai, par derrière son étal, elle semble accueillir les visiteurs lors de leur arrivée au premier étage où elle intrigue encore les jeunes enfants ! ("Saint-Piat, un état d'esprit, une âme" - page 180- ouvrage collectif des Ecrivains Publics de Wallonie picarde, paru en 2009).

 (Documents photographiques : le Courrier de l'Escaut - Le Nord-Eclair - J. De Ceuninck - R. Rauwers - J. Driesens et photos de l'auteur). Je remercie également Jean-Paul Foucart pour son aide dans la recherche de documents parus dans la presse locale.

S.T. février 2017.

10:05 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) |