23 janv.
2017

12:22

Tournai : le cœur de la Wallonie picarde (15)

Afin de respecter l'ordre alphabétique habituel de présentation des communes formant la Wallonie picarde, l'entité de Péruwelz devait être évoquée mais des recherches étant toujours en cours et des renseignements devant toujours être reçus, c'est à la découverte de l'entité de Rumes que nous partons.

Rumes.

Le village de Rumes, situé le long de la Nationale 508 reliant Tournai à Douai (F), est distant d'environ neuf kilomètres de la cité des cinq clochers et d'un peu plus de trois kilomètres de la frontière française.

Lors de la fusion des communes du 1er janvier 1977, les villages de La Glanerie et de Taintignies lui ont été rattachés. Ces trois villages sont essentiellement agricoles et leurs paysages bucoliques sont exempts de sites industriels. 

Une découverte d'outils en pierre faite, il y a quelques années, lors de travaux effectués le long de la chaussée de Douai démontre que des hommes y habitaient déjà durant la préhistoire.

Le patrimoine de la commune est composé de "l'église Saint-Pierre" qui s'élève sur la place, entourée de son ancien cimetière (le nouveau se trouve à l'extérieur du village sur la route menant à Esplechin). L'édifice actuel a été construit en 1784 en style néo-roman, à l'emplacement où s'élevait, jadis, une église propriété de l'abbaye de Saint-Amand-les Eaux. L'ancien chœur en style gothique tardif a d'ailleurs été conservé. A l'intérieur, on peut découvrir le double Mausolée des Comtes de Beauffort, érigé en 1650, afin de perpétuer la mémoire des seigneurs de Rumes. Y sont inhumées les dépouilles de Philippe de Beauffort, conseiller et Chambellan de Charles-Quint et de son épouse Jehanne de Halluin, ainsi que celles de Georges de Beauffort, de son épouse et d'un enfant probablement mort en bas-âge. 

A la sortie du village sur la route qui mène à Esplechin s'élève un calvaire dont la première pierre a été posée le lundi de Pentecôte, 28 mais 1855. Ses colonnes sont en pierre de Maffle, les socles, bases et chapiteaux en pierre de Tournai. Il abrite un Christ en croix entouré de deux saintes femmes dont la Vierge Marie. 

La "Stèle de la Résistance" rappelle que le 2 septembre 1944, les résistants belges de l'Armée secrète entourés de la population du village accueillirent le premier régiment américain de la 2ème D.B. USA "Hell on Wheels". 

En plus de sa braderie annuelle, Rumes organise le dernier week-end de septembre "l'Fiête de l'penn'tière d'ichi" (la fête de la pomme de terre de chez nous), trois journées festives consacrées à ce tubercule omniprésent dans la cuisine belge. Dégustations culinaires, conférences, spectacles pour enfants, concerts, balades en tracteurs anciens, rallye vélo, marches... voilà quelques activités notamment inscrites au riche programme de ce week-end qui amène de très nombreux visiteurs venus tant de Belgique que du Nord de la France. 

Le dernier week-end de novembre se tient "BD Rumes", le festival de la bande dessinée auquel participent de nombreux auteurs belges et français qui y dédicacent leurs œuvres.

Au cours des différentes festivités organisées à Rumes, vous rencontrerez certainement le géant "Gaston l'Machon". Il est le véritable symbole des trois villages de l'entité où, jadis, de nombreux habitants exerçaient la profession de maçon. La plupart d'entre-eux étaient des ouvriers frontaliers qui se rendaient quotidiennement dans le Nord de la France pour travailler dans le secteur de la construction. 

On ne peut parler de Rumes sans évoquer le parcours qu'accomplit un de ses enfants, Hubert Plovier, fils de Marc et de Myriam Créteur, né le 20 juin 1990, cadet d'une fratrie de quatre enfants. Après les maternelles et les études primaires effectuées à l'école Saint-André à Tournai, le jeune Hubert choisit le Collège Notre-Dame dans la cité des cinq clochers pour les Humanités. Très jeune, ses parents s'aperçoivent qu'il est curieux de tout et, dès l'âge de onze, il participe aux camps de l'association "Jeunes et Nature" de la localité dont il deviendra animateur cinq ans plus tard. Après des études universitaires à Namur, dans le cadre du projet Erasmus, il part une année à Göteborg afin de parfaire son bagage scientifique. Revenu au pays, il est désormais chercheur au F.N.R.S. et doctorant en sciences biomédicales et pharmaceutiques sur le site de Louvain en Woluwe. Intégré à l'équipe du Professeur Patrice Cani (titulaire du Grand Prix Brillet Latour 2016), il participe actuellement à une importante étude sur la bactérie "Akkermansia Muciniphila" susceptible d'apporter de réels progrès dans la lutte contre le diabète de type 2, l'obésité et probablement l'inflammation de l'intestin (débouchant parfois sur des cancers). La protéine AMUC 1100 est actuellement au second stade de la recherche et les espoirs que sa découverte a fait naître pourraient apporter un réel progrès dans ce domaine de la santé. 

Le village de Taintignies (anciennement nommé Taintegnies ou en patois Tainch'nies) s'étend autour de son église Saint-Amand inaugurée le 7 septembre 1891. Il présente la particularité de posséder également un temple protestant édifié en 1909, en remplacement du tout premier érigé en 1869. En effet, depuis 1830, une communauté protestante avait vu le jour au sein du village. 

Le village de Glanerie jouxte la France sur presque toute sa longueur, il en est séparé par un ruisseau, l'Elnon, qui trace la frontière au-delà de laquelle se trouve le village français de Mouchin.

Le 2 septembre 2009, personnalités militaires et civiles, belges et étrangères s'y donnèrent rendez-vous afin d' inaugurer le mémorial aux héros de la libération de 1944. Au centre d'un petit square fleuri, formant un carrefour à la jonction des routes menant à Howardries d'une part et à Mouchin d'autre part, se dresse la statue d'un motard de l'armée américaine. Celui-ci, chargé de la reconnaissance, était entré par inadvertance sur le territoire belge, le 2 septembre 1944. 

Le 15 août, le village organise la "Fête de la Moisson à l'ancienne". Après un office religieux sous chapiteau, la participation au marché artisanal et à l'apéro, il est donné aux nombreux visiteurs, venus de France et de Belgique, l'occasion d'assister à diverses animation représentant le travail agricole de jadis. Hommes, chevaux, matériel et tracteurs anciens, troupeaux de moutons (avec démonstration du travail du chien de berger) transportent le spectateur au milieu du siècle dernier lorsque l'agriculture n'était pas encore mécanisée. 

Les paysages de l'entité de Rumes incitent à la balade pédestre ou cycliste, une occasion sera donnée aux promeneurs de Belgique et de France qui voudraient découvrir cette campagne verdoyante par le "Beau Vélo de Ravel" qui y fera étape en cette année 2017.

(sources : site de la commune - recherches personnels et visites sur place).

S.T. janvier 2017

20 janv.
2017

13:49

Tournai : expressions tournaisiennes (392)

Les ambitieons d'Edmeond !

Au matin, au momint d'déjeuner, in déposant su l'tape s'gazette, Edmeond i-s'a mis à mareonner in grattant à s'tiête. Cha fait asteur pus d'dix ans que no bonheomme i-a quitté l'ouvrache et i-gagne, au puque, chint vingt eureos qu'ein qui orchoit l'chômache ! I-s'a ortourné su Fifinne, s'feimme qui, dins l'fauteul, tricoteot et i-li a dit :

"J'comminche un p'tit peu à l'feos à d'avoir plein l'deos, j'vas devoir cacher après ein p'tit bouleot pou arrondir nos fins d'meos, cha fait asteur pus d'deux ans qu'no pinsieon elle n'a pus eu l'pus p'tite aurmintatieon. J'ai bin busié d'queurir à Paris pou m'inscrire au jeu des "Douze Coups d'Midi". Te sais qu'i-aveot là-vas ein garcheon qui n'aveot pos ein reond et qu'i-est ortourné à s'maseon avé près d'ein millieon. A t'mote, Fifinne, rimporter, in jeuant, ein millieon, cha n's'reot pos là eine si mauvaisse solutieon ?". 

"Pou aller là, i-feaut avant toute cosse, eine riche culture générale et t'es d'jà eine canule quançque te deos citer l'neom des pays et des capitales".

"Ahais, ch'est vrai, i-feaudreot que j'trouèfe ein bouleot à faire seul'mint... treos au quate feos pa meos".

"Quoisque te dis ? Ertourner ouvrer à t'n'âche, mais espèce de loleo, te n'as jamais rien su faire d'tes dix deogts !".

"Ch'est pos d'mes mains mais de m'tiête que j'sus adreot et, tout d'abord, te sais bin que j'ai eine belle veox".

"Ahais, t'iras canter : Marinella, sers me acore eine beonne Stella ou bin de toutes les manières ch'est l'bière que j'préfère".

"J'sus ein espécialisse in parodies, mi, j'in ai écrit des chintaines dins m'vie, j'vas t'faire acouter m'nouvieau succès, i-est tout nué, cha fait deux jours que j'l'ai composé".

"Ti, ti, ma belle Andalousse, aussi belle que jalousse, i-n'a pos que l'bière qui mousse, ti, ti, ma belle Espagnole quand te danses l'carmagnole, j'sins tranner mes deux guibolles".

"Ahais, j'orconneos l'air, j'l'intinds souvint su Radio Contact, ch'est l'succès actuel d'... Jacques Chirac !".

"Bé milliards, dusque te t'in vas, l'incien présidint i-n'a jamais écrit cha. Mais mi, j'ai écrit : elle habite Barry, près d'l'incienne chuqu'rie, elle habite Barry, et d'puis elle m'oblie".

"Quançqu'à l'radio, à chaque feos que j'intinds m'n'heomme canter, j'ai l'raminvrance du qu'min Willems dusqu'habiteot m'parrain René. Y-est beon va, te n'as aucune sanche ave parelles cancheons, cha n'va pos t'faire rapporter bramint d'liards à l'maseon, te n'es même pos assez beon pou faire l'concours du Cabaret Walleon".

"Si te trouèfes que je n'sus pos beon pou l'cancheon, j'ai eine eaute solutieon, j'vas ête candidat aux prochaines électieons. Comme on n'voudra pos d'mi dins l'gouvernmint régional, j'vas postuler pou intrer dins eine intercommunale et in étant dins l'consel d'administratieon, ch'est comme si j'alleos jeuer à "Qui veut gagner des Millions" ? Treos feos pa meos, on viendra, ave eine auteo, m'querre à l'maseon, j'irai tout simplemint pou acter m'présince à l'réunieon, alfeos, pa honnêteté, j'restereos pou lire m'tablette ou pousser ein p'tit roupilleon et à l'fin du meos, j'orchevrai l'prix d'mes j'teons. A la fin du queompte, total, pos d'bile, te vas vir ichi caire les billets d'chint et d'mille" (*). 

"Te n'peux pos faire des affaires ainsin, ch'est des méthodes d'margoulins !".

"Mo bé, eine feos que t'es dins l'politique, ch'est comme si ch'éteot automatique, on pluque presque tertous dins l'assiette au beurre et on fait cha sans heonte et même sans pudeur".

"J'ai pourtant intindu ein qu'i-aveot dit qu'i-in aveot marre des parvenus".

"Bé l'ceu qui a dit cha, ch'est seûrmint ein jour qu'i-aveot bu. J'te l'dis, Fifinne, ch'est seul l'moyen d'mette bramint d'liards à s'tasse et... creos me, comme on dit, tant qu'cha dure, ch'est ducasse, i-a jamais perseonne qui va m'critiquer puisque d'puis toudis, i-l'ont presque tertous fait".

"Edmeond, j't'in supplie, reste bin ichi à t'plache, j'n'osereos pus m'raviser dins eine glache"

"Ahais... mais quançque t'as treop de scrupules, dins l'vie, te n'avanches pos, t'ercules".

Veyant que s'feimme elle éteot défoutue, Edmeond li a dit :

"Cha n'fait rien, on n'in parle pus".

Après ein momint, Fifinne l'a orwettié, s'n'heomme i-aveot l'air débiboché :

"Je n'sus pos conte l'fait que t'alles ouvrer, mais j'voudreos que cha soiche in toute honnêteté".

"Bé je l'sais, d'puis l'temps qu'on est marié, j'te conneos bin, mais je n'vas pos aller ouvrer chez Vidange-Eclair pou peomper l'brin". 

"Et alors, si t'as eine pétite écapure et qu'cha aurminte nos moyens, dins l'vie, i-n'a pas d'seots métiers, i-n'a qu'des sottes gins !". 

Et ch'est ainsin qu'Edmeond i-a qu'minché à déposer dins vos boîtes à lettes les publicités mais au tout prumier queop d'freod, i-a tout d'suite tout arrêté pasque l'peu qu'i-aveot gagné, ch'est quand même pos au docteur qu'i-alleot l'deonner !

(*) Tout cha, bin seûr, ch'est eine histoire total'mint inventée, toute orsannance ave des gins ou des faits qui existent ou bin ont existé n'est vraimint pos possipe dins ein pays aussi évolué, soyez rasseurés, cha n'peut pos s'passer des parelles malhonnêtetés... à moinse que l'meonte i-a bien cangé et qu'pa des agripins, des profiteus et des macaveules no pays i-est asteur dirigé". 

(lexique : su l'tape : sur la table / mareonner : murmurer / asteur : maintenant / au puque : tout au plus / orchevoir (ou erchevoir) : recevoir / s'ortourner (ou s'ertourner) : se retourner / commincher (ou qu'mincher) : commencer / l'deos : le dos / cacher après : chercher / l'pinsieon : en Belgique, le mot pension est synonyme de retraite / eine aurmintatieon : une augmentation / busier : penser, songer, réfléchir / queurir : courir / là-vas : là-bas / ein garcheon : un garçon / à t'mote : a ton idée, selon toi, qu'en penses-tu ? / eine cosse : une chose / eine canule : un incapable / quançque : lorsque / ahais : oui / j'trouèfe : je trouve / l'âche : l'âge / ein loleo : un innocent / l'deogt : le doigt / adreot : adroit / eine veox : une voix / canter : chanter / ein espécialisse : un spécialiste / des chintaines : des centaines / acouter : écouter / tout nué : tout neuf / tranner : trembler / incienne : ancienne / l'chuqu'rie : la sucrerie / oblier : oublier / canter : chanter / avoir l'raminvrance : se souvenir / eine sanche : une chance / eine parelle cancheonne : une chanson pareille / bramint : beaucoup / jeuer : jouer / ein meos : un mois / ichi : ici / querre : chercher / alfeos : parfois / l'queompte : le compte / caire : tomber / ainsin : ainsi / pluquer : picorer, grappiller / tertous : tous / l'ceu : celui / seûrmint : sûrement / creos me : crois moi / toudis : toujours / eine plache : une place / raviser (ou orwettier) : regarder / eine glache : une glace / s'erculer (ou s'orculer) : se reculer / ête défoutu : découragé, démoralisé, déçu / orwettier (ou raviser) : regarder / débiboché : contrarié / conte : contre / cha soiche : cela soit / l'brin : mot désignant les excréments / eine écapure : une dringuelle, une gratification, une étrenne / aurminter : augmenter / qu'mincher (ou commincher) : commencer / les lettes : les lettres / prumier : premier / queop d'freod : coup de froid / pasque : parce que / eine orsannance : une ressemblance / rasseuré : rassuré / canger : changer / des agripins : des voleurs / des profiteus : des profiteurs / des macaveules : des gens qui ont une mauvaise vue, des myopes).

S.T. janvier 2017.

13:49 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, patois, picard |

18 janv.
2017

13:21

Tournai : l'élargissement de l'Escaut, acte I - scène 1

Le prélude au grand bouleversement !

Enfin diront certains, hélas penseront d'autres : nous y voilà ! Dans quelques jours, le 23 janvier précisément, le pont Notre-Dame sera mis en position haute et sera ainsi interdit à toute circulation pour une dizaine de semaines. Même si sa rénovation est prévue de longue date et est indépendante du projet qui a fait couler beaucoup d'encre, ces deux dernières années, à Tournai, pour certains, ce chantier représente le prélude aux grandes manœuvres découlant du projet Seine-Nord que la France ne semble pourtant pas décidée à rapidement mettre en oeuvre puisque le "Journal Officiel", l'équivalent de notre Moniteur Belge, reste muet à ce sujet.

Attendus par ceux qui y voient un intérêt économique certain, redoutés par les habitants du quai Saint-Brice qui vont connaître un rabotage maximum de leur voirie, espérés par les adeptes de la modernisation et regrettés par les amoureux de l'image "éternelle" de Tournai, ces travaux annoncent ceux qui, de la halte nautique au Pont des Trous, vont défigurer Tournai pendant trois ou quatre années. Avec la cathédrale dont l'énorme chantier a débuté, il a près de quinze ans, avec le quartier cathédral qui n'est pas entièrement terminé (des finitions sont encore nécessaires) et avec tous les projets prévus pour cette année et dont nous avons parlé précédemment, le Tournaisien ne doit pas s'attendre à promener tranquillement dans les rues de sa cité au cours des années à venir.  

Les opposants au projet d'élargissement de l'Escaut semblent croire que jamais des travaux aussi importants n'ont été réalisés par le passé sur le fleuve. Sans remonter jusqu'à Louis XIV qui a profondément modifié le visage de l'Escaut dans sa traversée de la ville, nous avons retrouvé des documents photographiques extraits de la presse locale durant le XXème siècle qui prouvent le contraire.

Sur le premier document datant de 1910, découvert dans le "Courrier de l'Escaut" par ce dénicheur d'archives qu'est mon ami Jean-Paul Foucart, on peut voir un remorqueur passant sous le Pont-à-Pont, encore appelé Pont-aux-Pommes, un bateau obligé de coucher sa cheminée. Le pont ne ressemble en rien à celui qu'on connaît aujourd'hui et qui est appelé à disparaître prochainement (photo 2 de 1954)

1910 Tournai le pont aux pommes.JPG

1954 Tournai Pont à Pont.jpg

Entre 1910 et 1920, le pont levant Notre-Dame présente une structure bien différente de celle qui est la sienne aujourd'hui.

Tournai Pont Notre-Dame début du XXe siècle.jpg

1963 Tournai Pont Notre-Dame.jpg

Un document de 1936 montre un Pont des Trous nettement différent de l'actuel.

1936 Tournai le Pont des Trous.jpg

Tournai Pont des Trous années 50.jpg

Même le Pont de Fer a subi de profondes modifications, il se trouvait jadis dans l'axe de la rue du Château et lors de sa reconstruction, après la guerre, il a été érigé à l'endroit actuel en prolongement de la rue du Cygne.

Tournai Pont de Fer au début du XXe siècle.JPG

Tournai Pont de Fer avant 1940.jpg

le pont de fer avant la seconde guerre mondiale

1953 Tournai chantier du Pont de Fer.jpg

Une ancienne lithographie présente le Pont de l'Arche, à Saint-Jean, qui a totalement disparu pour permettre la navigation moderne. 

1954 Tournai Pont de l'Arche.jpg

Les quais aussi ont été profondément modifiés, il suffit de se rappeler les importants travaux réalisés dans les années soixante au Luchet d'Antoing.

1956 Tournai Luchet d'Antoing.jpg 

Le Luchet d'Antoing en 1956

1961 Tournai Luchet d'Antoing.jpg

la dernière péniche déchargée sur l'ancien quai du Luchet d'Antoing en 1961.

1964 Tournai Luchet d'Antoing.jpg

le Luchet d'Antoing en 1964

Conclusions.

Comme on le voit, une ville vit, évolue, se transforme. Son visage est sans cesse remodelé au fil des siècles. L'important n'est pas de figer sa structure pour des millénaires mais de conserver, avant tout, intacts les témoignages de son riche passé. Il y a vandalisme lorsqu'on touche au patrimoine de la cité. En cela, nous rejoignons les arguments émis par les opposants au projet de transformation du Pont des Trous. La nouvelle mouture proposée pour ce dernier alliant le côté massif des tours moyenâgeuses à la dentelle ultra moderne des fines arches (même si la structure reste en pierre comme cela a été souhaité par les Tournaisiens) choque les amoureux de Tournai et l'Optimiste, défenseur de sa ville natale et de son patrimoine, est forcément de leur avis. Il faut être Tournaisien pour comprendre cela !

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L'économie primant sur le tourisme, l'Escaut, à Tournai, ne sera jamais un long fleuve tranquille

(photos : "Le Courrier de l'Escaut" - presse locale - collection de l'auteur)

S.T. janvier 2017