05 déc.
2016

11:14

Tournai : les traditions se perdent !

Une société qui s'individualise !

Qu'on le veuille ou non, notre Société devient de moins en moins solidaire et de plus en plus égoïste ! Il faut dire que le progrès nous a offert tous les outils nécessaires pour vivre en parfaite autonomie. Plus besoin de réunions entre voisins, comme cela se faisait jadis, pour être au courant de l'actualité. La moindre information circule désormais à la vitesse de la lumière. Que les faits se passent dans notre ville ou de l'autre côté de la planète, le monde entier est mis au courant, en quelques minutes, grâce à Internet. Plus besoin de fréquenter les bibliothèques pour découvrir, après quelques heures de difficiles recherches, l'information souhaitée dans le cadre d'une étude, celle-ci est disponible en un clic, à partir de son bureau personnel. Plus besoin de se rendre dans un cinéma ou au concert, il suffit de mettre un casque stéréo et regarder les images confortablement installé dans son fauteuil. Déjà aujourd'hui, certains ne vont même plus dans un magasin pour acheter un bien de consommation, ils commandent via leur écran et attendent la livraison à domicile. Ils ne se déplacent même plus à la banque pour payer la commande, un nouveau clic à la maison et le tour est joué. N'est-il pas temps de se poser la question de savoir si, dans un futur plus ou moins rapproché, il sera encore nécessaire de se rendre à l'école ou à l'université pour apprendre alors que les cours pourraient être disponibles sur l'ordinateur ou la tablette ? 

Le monde change et la paresse inhérente à chaque individu encourage cette rapide mutation. 

Insidieusement, ce bouleversement a atteint progressivement un domaine qu'on croyait jusqu'à là protégé, les traditions, héritages de nos aïeux qu'on se doit de léguer aux générations suivantes, moments qui reviennent annuellement, nous rapprochent et parfois nous rassurent. Peu à peu, celles-ci disparaissent et cela est encore plus criant au moment des fêtes patronales.

Dernière tradition a être encore bien respectée, la Sainte-Cécile, patronne des musiciens. A partir du 22 novembre et jusqu'à la fin du mois de janvier, les harmonies, fanfares et chorales de la régions l'honorent par des concerts se déroulant bien souvent lors d'un office religieux. 

Le 25 novembre, on fêtait jadis la Sainte-Catherine, fête des jeunes filles dont le cœur était encore à prendre et de celles qu'on coiffait parce qu'à vingt-cinq ans, elles n'avaient pas encore trouvé chaussure à leur pied. Que ce soit chez Dudans, au Roi des Radis, à la salle Provence ou dans ce qu'on appelait les "Salons" et "Grands Salons"au sein des villages, partout était organisé un "bal des Catherinettes". Depuis quelques années, on voit de moins en moins d'affiches annonçant cet événement et l'envoi de cartes postales à cette occasion a été remplacé par la transmission de cartes électroniques envoyées de chez soi en un clic !

Le 1er décembre, Saint-Eloi est vénéré par ceux qui travaillent le fer : les forgerons, les chaudronniers, les sidérurgistes, les mécaniciens, les ferblantiers, les serruriers et les cultivateurs. Au XIXe siècle, à Tournai, ce jour-là, les ateliers où d'ordinaire résonnaient le bruit des marteaux frappés sur l'enclume devenaient étrangement silencieux et, dans les campagnes, charrues et chevaux restaient à la ferme. Patrons et ouvriers assistaient à la messe célébrée tant à la cathédrale que dans les plus petites églises campagnardes. Ensuite les ouvriers (ils furent plus de 1.000 à Tournai à travailler dans les secteurs concernés) promenaient par les rues de la ville, parfois accompagnés de quelques musiciens. Cette tradition a perduré tant qu'ont survécu des entreprises comme Meura à Warchin, les Ateliers Louis Carton à Tournai, Schlumpf et bien d'autres petits ateliers aujourd'hui disparus... Il y a trente ou quarante ans, le soir du 1er décembre, on entendait encore les chants entonnés dans les cafés ou dans les rues par des ouvriers un peu éméchés. Désormais, dans certains villages, les agriculteurs sont encore les seuls à se réunir pour un banquet traditionnel mais les journaux ne publient même plus ces nombreuses photos d'agapes qui remplissaient des pages, jadis, un peu comme si cela était obsolète.  

Le 4 décembre, on fête Sainte-Barbe, patronne des pompiers, des artificiers et des mineurs. Dans la cité des cinq clochers, les hommes du feu trouvent, en ces jours de liesse, une juste récompense aux efforts consentis durant toute une année au service de la population. Jusqu'il y a peu, il y avait, tout d'abord, les souhaits au Commandant qui se déroulaient au sein de la caserne suivi par le(s) verre(s) de l'Amitié. Une bonne ambiance au sein d'une caserne est synonyme d'un excellent travail car des liens très solides sont nécessaires pour des équipes qui prennent des risques lors des interventions parfois périlleuses. Le dimanche matin, la messe de Sainte-Barbe en l'église Saint-Quentin, magnifiée par l'harmonie, rassemblait alors les pompiers, les vétérans, les familles et de très nombreux Tournaisiens soucieux de montrer leur reconnaissance à ce corps d'élite. Jusqu'au moment du transfert de la caserne vers l'extérieur de la ville, depuis la rue Perdue, on voyait arriver les hommes alignés en peloton derrière leur drapeau et emmenés par leur harmonie. Après l'office, toujours en cortège, les pompiers se rendaient à l'Hôtel de Ville pour une séance protocolaire dans un salon de la Reine parfois trop petit pour accueillir tout ce beau monde. Un banquet dans le réfectoire de la caserne clôturait cette journée festive. Le lundi, la fête se prolongeait par la "Sainte-Barbette". Au cours d'un cortège sur un thème différent chaque année, les hommes du feu visitaient les cafés de Tournai et animaient les rues de la cité de leurs facéties. Hélas, la création de la zone de secours est passée par là et cette nouvelle structure semble désormais saper ces traditions séculaires. Plus de souhaits au Commandant, absence remarquée par le public de ce dernier à l'office matinal (à moins qu'il ne soit venu incognito), présence d'un conseil communal réduit à une portion congrue (le bourgmestre faisant fonction - par ailleurs Président de la Zone de secours - et deux échevins, aucun conseiller communal), aucun représentant non plus d'associations toujours présentes jadis, peu de notables de la cité, une assistance réduite de moitié et un salon de la Reine beaucoup trop grand pour accueillir les décorés (dont les médailles ne sont pas arrivées à temps !). Voilà encore une tradition qui va probablement passer à la trappe vu que la caserne de Tournai n'est plus qu'un élément parmi tant d'autres d'un ensemble régional non encore cimenté. Chaque commune ayant ses propres traditions, l'esprit de la fusion ne peut être qu'un nivellement par le bas. Le manque de moyens financiers accordés par ceux qui ont décidé de la création de ces zones afin de faire des économies d'échelle est sans doute responsable d'une certaine démotivation des troupes, d'une administration outrancière et de la mise en évidence d'un esprit de clocher néfaste lorsque la sécurité des citoyens est en jeu.

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Le 6 décembre, Saint-Nicolas n'était pas seulement la fête des enfants sages qui perdure heureusement mais elle était aussi celle des employés de banque. Au sein de ces organismes, des fêtes étaient organisées, plus ou moins somptueuses, allant du verre pris entre collègues à des banquets organisés dans le réfectoire ou dans des restaurants de la ville. Les anciens formés en Amicale étaient toujours conviés à ces agapes, occasions de rencontrer les collègues et de se remémorer des souvenirs professionnels. Parfois même, des fêtes étaient organisées au sein des entreprises pour les enfants des membres du personnel, elles coûtaient quelques euros à l'entreprise mais faisaient beaucoup d'heureux, hélas, avec les milliards de bénéfices engrangés, il n'est plus possible d'accorder de telles dépenses si minimes soient-elles ! L'internalisation intervenue au niveau des organismes financiers a sonné le glas de cette tradition autrefois bien ancrée, la rentabilité à tout prix ne supporte la perte de quelques heures de travail et les nouveaux engagés, sous la menace constante d'un licenciement, se doivent de bosser tant et plus pour satisfaire un actionnariat de plus en plus gourmand. Les grandes banques ont déserté Tournai prônant désormais l'informatisation à outrance de leurs services dans laquelle les clients n'ont même plus besoin de se déplacer dans une agence appelée à disparaître. 

On se plaint toujours du chômage, on ne se plaint pas jamais du progrès qui, parfois, engendre celui-ci !

Il y a des vérités qui sont difficiles dire et encore plus à accepter mais personne ne peut nier le changement brutal survenu ces dernières années, une mutation de Société qui influencera bientôt la vie quotidienne de chaque citoyen. Une Société qui ne renforce pas les liens entre les individus qui la composent, une Société tournée vers l'individualisme exacerbé est appelée, un jour ou l'autre, à disparaître et ceux qui veulent, aujourd'hui, tout régir, tout décider, tout mettre en oeuvre sans concertation et sans réflexion deviendront alors les "dirigeants du néant", juste retour de manivelle!

(photo : le Courrier de l'Escaut)

S.T. décembre 2016 

02 déc.
2016

11:33

Tournai : expressions tournaisiennes (387)

Eine mauvaisse nuit !

Bé, mes amisses, j'ai fait ein riche cauchemar ceulle nuit 'chi, j'ai rêvé que j'éteos parti ave m'feimme faire ein safari. L'pire, ch'est que pou cha j'n'aveos pos été bin leon, l'avinture elle aveot comminché à l'porte de m'maseon. 

J'vouleos aller faire eine pourménate dins les rues d'no cité comme j'ai pris l'habitude de l'faire d'puis d'z'ainnées. Au momint qu'on arriveot à l'porte d' Lille, on a été arrêté pa ein espèce d'grand agozil.

"Vous n'pouvez pos aller pus leon, vous devez laicher là vo voiture... su l'parking total'mint inutile de l'Maseon d'la Culture. Là-vas, ch'est eine jeep que vous allez devoir louer si vous voulez intrer dins l'cité des cheonq clotiers". 

J'ai pos dû beauqueop m'forcher, j'ai pris ein air annochint et j'li ai d'mindé pourquoi i-aveot asteur ein parel cang'mint.

I-a eu l'air de m'printe pou ein saisi, in ravisant s'comarate, i-m'a dit :

"D'puis l'temps qu'les édiles i-ont erporté les réparatieons à faire dins les rues d'Tournai, on queompte asteur partout tell'mint d'tréos que ch'est acore pire qu'eine piste d'brousse au Congo".

Et ch'est ainsin que m'feimme et mi, on a comminché ein véritape safari.

On a tell'mint été ochennés in déquindant l'rue Saint-Martin qu'acore ein p'tit queop j'perdeos m'feimme in qu'min et on n'éteot pos 'cor arrivés au bout qu'on aveot d'jà tous les deux l'souglou. Comme je n'sus pos fort discret quançque j'me mets à souglouter, l'chauffeur i-a pinsé intinte arriver ein auteo d'pompiers.

On aveot été obligé d'louer ein guide pou visiter Tournai, i-falleot vir comme m'n'heomme i-éteot afulé. Ch'éteot ein sorte d'grand roux ave eine mareonne jusqu'à ses gu'noux. I-resteot toudis in contact avec ein buréeau in parlant, à voix basse, à ein eaute, dins ein micreo :

"Allo, t'es bin là... ov'là... on vient d'arriver su l'Grand-Plache... i-a acore ichi eine rude dégueulache, hier au soir, l'tribu des Cras Diapes elle a seûrmint fait l'fiête, no forum i-est jonché d'papiers et d'canettes. Attinds... j'veos qu'i-a du linche qui pind au mitan de l'rue d'l'Yser, su les fils élestriques, les vêt'mints i-n'ont pos l'air fort clairs". 

M'feimme et mi, on commincheot sérieus'mint à avoir l'pépète pasque d'temps en temps, on veyeot des tiêtes v'nir aux ferniêtes. D'puis ein cassis, eine veille sorcière nous viseot mais... l'guide i-a dit :

"Pos d'panique, ch'est pou faire des photeos". 

Vous riez pétête mais quançqu'on voyache dins d'parelles conditieons, inter un apparel et eine arme on n'fait pos bin l'distinctieon. 

"On vient jusse d'passer l'rue Tiête d'Argint... et dins l'rue i-n'a pos ein bleu tchien".

Comme elle se sint rasseurée pa m'carrure d'athlète, m'feimme su m'bras elle a posé s'tiête (vous souriez pasque j'n'orsanne pos du tout à l'decriptieon que j'vous fais, ahais, mais ch'est ein rêve que sus in train d'vous raqueonter, vous sannez l'oblier et après tout j'peux bin fantasmer !).

"Allo... On est au peont d'Fier, près de l'statue d'Barthélémy Dumortier, i-a été décapité et s'tiête elle est à ses pieds. Ch'est seûrmint l'bande de Saint-Nicolas, casser, i-z'ont toudis fait que cha... Allo, Allo, t'est toudis là... Péleot (i-s'adresseot à l'heomme du buréeau), in passant pa d'vant l'incienne intercommunale, pa l'rue du Becquerelle, on va essayer d'orjointe l'rue Royale...".

"Madame, tenez bin vo sacoche à deux mains et vous Mossieu muchez vo GSM sous les coussins... Ichi, dins l'quartier qu'on va visiter, i-a ein chintaine d'vols sur eine journée... On n'rinconte que des mindiants et des agripeus, croyez me, ch'est tout... sauf des malhureux... cha a comminché pa des drogués et des buveux... Acoutez, on intind comme des grognemints, on n'vas pos rester, i-arrife eine meute d'tchiens... Attintieon, ch'est des mourdreux, des soucards, i-appartienn'tent à ces bandes de lascars... Vous veyez su vo gauche eine grande batisse, bé, ch'est là que s'trouveot l'incien commissariat d'police... Comme l'zone de police elle couteôt treop tcher et qu'i-falleot faire d'saprées écolomies dins ein but solidaire, i-a eu d'moinse in moinse d'policiers et l'commissariat ses portes i-a serrées, l'jour dusque les derniers agints i-ont été ortraités... Ravisez bin d'chaque côté, comme l'cruéau i-a bin poussé... ch'est ein 2016 que tout cha a qu'minché quançque les gins seont dev'nus trop fates pou nettier... Dins les vitrines des magasins, on veot des plantes vertes qui pousse'tent, sous eine lampe, à l'caleur, ch'est comme du toubaque, les gins d'ichi i-feume'tent cha pindant des heures et après on les veot caire indormis et i-restent alleongés su l'trottoir pou passer l'nuit".

On pinseot comme dins ein parc d'attractieons faire eine visite, mais, j'l'avoue, on tranneot tell'mint qu'on aveot l'esquite. , 

"Là-vas, l'bâtimint que vous veyez dins eine sorte d'brouillard, bé, i-a chinquante ans d'no ville ch'éteot la gare, on n'va pos aller tout dreot pasque ch'est eine zone d'neon-dreot".

Pa l'rue d'Monnel, on a orjoint l'Terrasse Saint-Brice et alors qu'on rouleot douch'mint, on a eu eine surprisse. Des infants et leu mamères attindeot'ent à l'porte d'eine maseon, no guide i-a dit :

"Ch'est ichi l'dernier lieu d'distributieon. On amène des bénévoles tous les matins pou distribuer aux gins de l'soupe et du pain, alfeos, l'foule elle est tell'mint débaltéee qu'i-seont presqu'obligés de l'ruer".

Pétête qu'à forche d'attinte dins l'freod, ein mioche ave eine mouquile à s'nez berleot. Comme ein arpe à preones, s'mamère s'a mis à l'arlocher, ch'éteot eine grante maiguerlote noirte comme ein carbonnier :

"Te n'vas pos acore faire tous tes maines, vingt milliards, ch'est ainsin toutes les s'maines. Ch'est l'dernière feos que te viens avec mi, te m'as compris, l'feos qui vient, Kevin, te resteras dins t'lit !".

Les trottoirs de l'rue Marvis éteot'ent rimplis d'brin d'tchiens, comme i-d'aveot aussi su l'quémin on a été obligé d'rouler d'dins. L'naque qui nous monteot au nez, elle nous a presque fait dégobiller. 

L'guide nous a dit :

"Ch'est pire et jamais mieux dins l'quartier Saint-Piat, là-vas, i-a des rues intières ave des mémères à cats".

In passant pa d'vant l'gazerne Saint-Jean, nos guide a dit in nous orwettiant :

"I-a bin lommint que les soldats i-seont partis, ein bieau jour, on les a trinsférés à Peutie, i-n'a pus eu d'militaires du côté walleon, perseonne n'a pinsé que cha préfigureot d'jà, d'no pays, l'partitieon !".

Tout à n'ein queop, ein grand dépindeu d'andoule ave ein visache orcouvert d'bédoule i-a sauté pa d'zeur l'capeot et i-a essayé d'rintrer dins l'auteo. M'sang n'a fait qu'ein tour et j'ai sinti l'rache meonter, j'l'ai attrapé l'diale déflinqué et j'li ai foutu eine dégelée. Pa d'rière mi, j'intindeos m'feimme berler :

"Arrête, arrête, i-d'a assez... i-d'a assez... !". 

Les meots qu'elle aveot proneoncés m'ont dérévié, j'éteos in train d'buquer comme ein sauvache su m'n'oreiller. 

"Te sareos m'dire quoisqu'i-t'prinds d'faire des airs ainsin ?".

J'éteos tell'mint débiloché pasque j'aveos rêvé que, sans respirer, j'li ai débabeiné m'cap'let

 "Mo Dieu, j'creos bin que j'ai rêvé, je m'rappelle tout quoisqu'i-s'a passé. On pourméneot in ville tous les deux, i-aveot des indreots qui f'seot crasseux, dins les rues i-aveot des tréos et des mindiants ave des tchiens près d'l'Esquéaut. On donneot à minger à bramint d'gins qui attindeot'ent dins l'freod su l'quémin. I-a ein ivrone qui nous a attaqués, i-in vouleot seûrmint à t'porte-monnaie je m'sus défindu et on a battlié. Te sais bin qu'à côté d'mi et de m'bieau corps d'athlète, l'paufe écalette, i-n'aveot aucune sanche, i-n'valeot pos tripette".

Je n'comprinds pos que te m'dis que t'as rêvé, tout ce que te raqueontes ch'est vrai. I-feaut acroire, comme on dit toudis, que l'fictieon elle rattrape toudis l'réalité... A part, pétête, t'bieau corps d'athlète pasque cha, à m'mote que ch'est ein peu exagéré !".

"Ah ! M'corps d'athlète, ov'là qu'ch'est exagéré, bé l'prochaine feos je n'vas pus rien t'raqueonter !".

(lexique : mes amisses : mes amis / ceulle : cette / leon : loin / commincher : commencer / eine pourménate : une promenade / ein agozil : un agent de police / laicher : laisser / là-vas : là-bas / les cheonq clotiers : les cinq clochers (terme qui désigne la cathédrale Notre-Dame) / s'forcher : se forcer / annochint : innocent / ein parel cangm'int : un pareil changement / printe : prendre / raviser : regarder / ein comarate : un camarade / erporter : reporter / queompter : compter / asteur : maintenant / des tréos : des trous / acore : encore / ochenner : secouer / déquinte : descendre / ein p'tit queop : un petit coup, un peu / in qu'min: en chemin / l'souglou : le hoquet / souglouter : hoqueter / intinte : entendre / vir : voir / afulé : affubler, habiller de manière peu conventionnelle / eine mareonne : un pantalon/ les gu'noux : les genoux / eine eaute : un autre / ov'là : voilà / l'Grand-Plache : la Grand-Place / ichi : ici / ein dégueulache : une saleté repoussante / les cras diapes : les sales diables / seûrmnt : sûrement / l'linche : le linge / au mitan : au milieu / l'élestrique : l'électricité / avoir l'pépète: avoir peur / ein cassis : un châssis / pétête : peut-être / jusse : juste / ne pos y avoir ein bleu tchein : expression parfois utilisée pour signifier qu'il n'y a personne / pasque : parce que / orsanner : ressembler / ahais : oui / sanner : ressembler / toudis : toujours / pa d'vant : devant / orjointe : rejoindre / mucher : cacher / eine chintaine : une centaine / des mindiants : des mendiants / des agripeus : des chapardeurs / acouter : écouter / des tchiens : des chiens / des mourdreux : des hargneux / des soucards : des sournois / eine grande batisse : une grande maison / tcher : cher, onéreux / saprées : sacrées / des écolomies : des économies / serrer les portes : fermer les portes / dusque : où / ortraités : retraités / raviser : regarder / l'cruéau : les mauvaises herbes / qu'mincher : commencer / fate : paresseux, fainéant / nettier : nettoyer / l'caleur : la chaleur / l'toubaque : le tabac / feumer : fumer / caire indormi : tomber endormi / tranner : trembler / avoir l'esquite : avoir peur / dreot : droit / pa : par / douch'mint : doucement / les mamères : les mères / alfeos : parfois / ête débalté : être déchaîné / ruer : jeter / l'freod : le froid / eine mouquile : une morve (on dit aussi eine candelle, une chandelle) / berler : hurler / arlocher comme ein arpe à preones : secouer comme un prunier / eine maiguerlote : une femme très maigre / noirte : noire / eine carbonnier : un charbonnier / faire tous ces maines  : pousser des cris / ein brin d'tchien : une déjection canine / la naque : l'odeur / dégobiller : vomir / des mémères à cats : se dit de vieilles personnes logeant de nombreux chats dans leur maison / l'gazerne : la caserne / orwettier : regarder / lommint : longtemps / tout à n'ein queop : tout à coup / ein dépindeu d'andoules : un homme efflanqué / l'visache : le visache / orcouvert : recouvert / l'bédoule : la boue / pa d'zeur : dessus / l'rache : la colère, la rage / l'diale : le diable / déflinqué : grand et maigre / eine dégelée : une correction / pa d'rière : derrière / quoisque : qu'est-ce que / débiloché : contrarié / débabeiner s'caplet : raconter toute l'histoire en détail / ein indreot : un endroit / bramint : beaucoup / l'quémin : le chemin / ein ivrone : un ivrogne / battlier : bagarrer, se battre / eine écalette : littéralement une crécelle, désigne ici une personne très maigre / l'sanche : la chance / n'pos valoir tripette : ne pas faire le poids / acroire : croire / à m'mote : selon moi, à mon idée).

S.T. décembre 2016.  

 

11:33 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, patois, picard |