08 nov.
2016

13:57

Tournai : le cœur de la Wallonie picarde (6)

La découverte des communes composant la Wallonie picarde se poursuit : Brugelette et Brunehaut sont au programme.

Brugelette.

Cette entité, située à une quarantaine de kilomètres de Tournai, vivait jadis autour de sa sucrerie dépendant de la Raffinerie Tirlemontoise. Une activité qui avait débuté en 1836 et qui prit fin en 2008. Cette fermeture a été vécue comme un drame social dans l'entité. Il faut dire que durant toute l'année et plus encore lors de la campagne sucrière, elle fournissait de l'emploi à la région et alimentait les finances de Brugelette. Lors de la fusion des communes de 1977, quatre villages lui ont été rattachés : Attre, Cambron-Casteau, Gages et Mévergnies. 

Le folklore est présent à Brugelette grâce à la "Ducasse du quartier des Montils" qui existe depuis 1899 et se déroule le deuxième dimanche de septembre. Elle est marquée, le samedi après-midi, par le mariage des géants Torien et Torine. Le couple a donné naissance à Victorien. Le dimanche, un cortège folklorique parcourt les rues du village et la journée s'achève par un grand feu d'artifice.

Le village d'Attre apparaît souvent dans l'Histoire. Il fut un lieu de séjour régulier pour l'Archiduchesse Marie-Christine d'Autriche, gouvernante des Pays-Bas et de son époux, Albert de Saxe. C'est là également que, le 28 septembre 1624, les Français enlevèrent Tilly, le général des Impériaux. Le château d'Attre est une une gentilhommière qui s'élève au milieu d'un écrin de verdure. Il a été construit en 1752, à l'emplacement d'une ancienne forteresse, par les Comtes de Gomegnies, chambellans à la cour d'Autriche. Le bâtiment s'élève au milieu d'un parc anglais dans lequel on découvre un rocher artificiel, construit en forme de ruines, symbole du romantisme du XVIIIème siècle. Remarquables aussi sont les écuries du château, de style néo-Louis XIV et la tour colombier, symbole des privilèges seigneuriaux des habitants du lieu. Le village permet aussi la découverte d'un ancien moulin et d'un pont en pierre du XVIIIème siècle, le pont de "Passe tout-outre" qui devra être restauré suite aux dégâts provoqués par un camion, il y a quelque temps déjà.

Cambron-Casteau est connu  à des centaines de kilomètres à la ronde, depuis la création, il y a près de vingt-cinq ans, du parc Paradisio devenu "Pairi Daiza", un nom qui signifie "jardin clos" en ancien persan. Ce domaine de 55 hectares entourant la tour abbatiale de l'ancienne abbaye cistercienne de Notre-Dame de Cambron, fondée en 1148, présente la plus importante collection d'animaux évoluant dans leur cadre naturel reconstitué. Ce parc s'attache à la conservation des espèces menacées et à celle du patrimoine. Il accueille, chaque année, de Pâques à la Toussaint, plus d'un million et demi de visiteurs. Trop de touristes qui se rendent au parc ignorent les richesses patrimoniales que compte le village de Cambron-Casteau : l'église gothique Saint-Vincent du XIIIème siècle, la Ferme Labrique, construite en 1768, ancienne dépendance de l'abbaye cistercienne, le moulin des Près, moulin à eau de la fin du XVIIIe siècle qui fut en activité jusqu'en 1989...

A Mévergnies, on peut admirer l'ancien moulin érigé sur la Dendre avec son importante roue à aubes en fer et en bois portée par son mur calcaire.

A Gages, la "ferme du Blocus" a été reconstruite au XVIIIe siècle, à l'emplacement d'un château féodal du XIème siècle. Son nom vient du néerlandais "Blochuyse" qui signifie maison fortifiée. Les habitants du village vouent toujours un culte à Sybille de Gages qui y naquit et mourut en 1250 à l'abbaye d'Aywières. 

Brunehaut.

Le nom de la commune de Brunehaut, située à une petite dizaine de kilomètres au Sud de Tournai, est apparu au moment de la fusion des communes du 1er janvier 1977. Cette entité est composée des villages de Bléharies, Guignies, Hollain, Howardries, Jollain-Merlin, Laplaigne, Lesdain, Rongy et Wez-Velvain. Elle fait partie du "Parc naturel des Plaines de l'Escaut" et s'étend tout le long de la frontière française. 

Sur la place de Bléharies se dresse l'église Saint-Aybert, oeuvre de l'architecte tournaisien Henri Lacoste, datant de 1926. De par sa conception art-nouveau, elle est probablement une des plus lumineuses de la région. Elle attire l'attention du visiteur par ces vitraux multicolores, ses bronzes patinés et ses arcs en béton armés qui remplacent les colonnes qu'on trouve dans la plupart des églises. L'église forme avec la cure et l'ancienne maison communale un ensemble à l'aspect équilibré au centre du village. L'entité abrite une brasserie, tout naturellement nommée "Brasserie de Brunehaut", elle est située dans le village de Rongy.

Le village d'Hollain dont le nom signifie "cavité marécageuse" est essentiellement connu pour deux éléments bien distincts. Le premier concerne le patrimoine, le second, le folklore. La "Pierre Brunehaut" (qui est à l'origine du nom de l'entité) est un mégalithe datant de l'époque néolithique qui se dresse à l'intersection des routes menant de Jollain à Bléharies et d'Hollain à Lesdain. Cette pierre élevée au milieu des champs et entourée de quatre peupliers d'italie qui la font repérer de loin est de forme légèrement trapézoïdale, elle s'élève à 4m25 au-dessus du sol, sa partie enterrée est d'environ 1m75, sa largeur est de 3 mètres et son épaisseur varie entre 55 et 60 centimètres. Elle ne pèse pas loin de 23 tonnes. A côté de ce géant de grès, une table d'orientation en pierre gravée désigne aux visiteurs la direction des villes régionales mais aussi des grandes villes nationales et internationales.  

Chaque année, à l'approche du 21 juillet, le village d'Hollain s'anime. Des échoppes, estrades et chapiteaux sont érigés sur la place Verte pour l'annuelle "Artifoire". Celle-ci a été organisée pour la première fois en 1975 et se présentait alors sous la forme d'un petit chapiteau dressé sur la place du village, à proximité de l'église, dans lequel huit artisans locaux montraient leur savoir-faire. Découverte par les visiteurs français se rendant à Tournai par la chaussée de Valenciennes, sa première édition connut le succès. Désormais, ils sont près d'une centaine d'artisans venus des quatre coins du pays, de France mais aussi des régions d'Europe et également des milliers de visiteurs à participer à ce rendez-vous incontournable de la Fête Nationale. Dédiée à Norbert, le tailleur de pierre, un des fondateurs aujourd'hui disparu, la foire donne hospitalité aux artistes locaux. Le caricaturiste Serdu, originaire du lieu, croque le portrait du visiteur soucieux d'emporter un souvenir original. Les organisateurs proposent de nombreuses animations grâce à la venue de groupes folkloriques du continent européen et parfois même de plus loin. Danseurs, musiciens, représentants de l'artisanat de leur région et spécialités culinaires donnent une touche colorée et exotique à cette foire.  L'Artifoire, c'est aussi un cortège folklorique composé des géants locaux et de fanfares. Un feu d'artifice clôture cet événement annuel.

Le village de Lesdain dominé par son église Saint-Eleuthère se trouve blotti au milieu de pépinières. Il est renommé pour son horticulture et sa production de fraises. Jusqu'en 2013, Lesdain attirait une toute grande foule lors de son annuelle "Fête de la Rose" du premier week-end de septembre qui connut 35 éditions. Celle-ci a été abandonnée et le village aurait pu s'endormir s'il n'y avait eu, depuis cette même année, l'organisation du "Lesdain Rock Festival" qui se déroule en juin.  

Howardries fut jadis un village de fraudeurs et de contrebandiers en raison de sa proximité avec la France. Il suffisait, en effet, d'utiliser les petites passerelles jetées sur l'Elnon, le ruisseau qui sépare les deux pays, pour passer cigarettes, tabac, alcools... L'action était facilitée par le fait que le village se trouve au milieu d'une forêt, à cheval sur les deux pays. Derrière l'église Sainte Marie-Madeleine, dont la nef date du Vème siècle, on découvre la crypte où sont enterrés les Comtes du Chastel de la Howardries. Chaque année, le village est envahi par des milliers de marcheurs participant à l'annuelle "Marche des Jonquilles". 

Le village de Rongy peut s'enorgueillir d'avoir été le premier village belge libéré en septembre 1945 par les soldats alliés parmi lesquels la "Brigade Piron". Une stèle rappelle cet événement. Chaque année, le premier week-end d'octobre, est organisée la "Fête de la Pomme" durant laquelle sont organisées les visites des vergers de Brunehaut. 

Le village de Wez-Velvain était connu par sa sucrerie appartenant à la famille Couplet. Si des installations y sont toujours visibles, la production proprement dite a été transférée dans de nouvelles installation érigées à Fontenoy, dans l'entité d'Antoing.

A Jollain, chaque année, à la fin du mois de mai, la fondation Follereau de Tournai organise la "Marche des Fraises", des centaines de participants viennent, de façon originale et sportive, découvrir la campagne environnante avant de faire provision de ce fruit rouge qu'on y cultive.

Cette région de Wallonie picarde est propice aux balades dans une nature encore préservée, au milieu des champs, des près, bosquets et pépinières. Véritable paradis pour les promeneurs qui y trouvent de nombreux chemins ou de petites routes tranquilles, la région l'est aussi pour les cyclos venus de France ou de Flandre.

Voici encore de quoi alimenter de  nouvelles pages de l'agenda afin de découvrir le patrimoine et les traditions locales de ces communes qui composent la Wallonie picarde.

(à suivre)

(sources : sites des communes et recherches personnelles sur place).

S.T. novembre 2016

05 nov.
2016

11:38

Tournai : expressions tournaisiennes (383)

Au Cabaret de l'rue Blandinoise !

Edmeond et Fifinne, jusqu'à l'sémaine passée, i-n'aveot'ent jamais été au Cabaret. I-z'ont bin été vir l'orvue de l'karmesse mais ch'éteot au temps béni de leu jeonesse.

"Asteur qu'on est v'nu habiter su l'quai, ch'est bin pus facile pou y aller".

Ainsin, Edmeond i-m'a raqueonté, pa l'détal, l'soirée d'saim'di dernier. 

Dins l'rue Blandinoise ave l'Cabaret, on vouleot passer eine beonne soirée !

"Si j'diseos qu'i-aveot là-vas l'grande foule, creos-me, j'te fout'reos des cacoules". Pou ête bin seûr d'ête à l'heure, on est arrivé au Forum à siept heures". 

Pou n'pos s'faire ormarquer, Edmeond i-aveot mis s'nouvelle mareonne et s'bieau mantieau et Ffinne elle aveot queusi s'pus bieau caraqueo et mis ses pinderleots. Mes deux gins i-aveot'ent simplemint oblié ein détal, cha sinteot l'naphtaline tout autour d'eusses dins l'salle. 

"Te n'peux pos imaginer comme cha m'a fait tout dreôle d'ortrouver ceulle salle, ch'est là que j'alleos au cinéma quançque j'éteos jeone, là et, alfeos, au Kursaal. Ch'éteot l'véritape ciné des familes, au moinse, on n'veyeot pos d'films débiles : on alleot vir Tarzan, Laurel et Hardy, Don Camillo ou bin... Bambi".

Dins l'rue Blandinoise, ave l'Cabaret, ch'est d'ein pèlerinache qu'on éteot les invités !

"Te n'vas pos m'acroire, à peine que l'rideau i-aveot été tiré, pa d'vant l'écran bramint d'gins i-ont été mansés. Su des imaches d'NoTélé, on a ortrouvé l'visache d'André, Mossieu Wilbaux, ein des pus inciens du Cabaret que l'matin même on aveot intierré. I-a canté eine dernière feos s'n'amour pou s'vielle cité dont les plaches et les rulettes i-aveot si souvint arpintées. J'ai bin vu qu'Fifinne, elle aveot l'larme à l'ouèl mis j'peux t'avouer qui n'aveot pos qu'elle. J'ai surtout été saisi que, pindant l'prumière partie, les applaudiss'mints i-n'éteot'ent pos fort nourris".

"Et ti, l'Optimisse, quoisque t'as pinsé de ceulle séance d'Cabaret ?".

Dins l'rue Blandinoise, ave l'Cabaret, j'pinseons que j'alleos m'amuser ! 

"Te sais, Edmeond, qu'à l'Royale Compagnie, mi, j'vas, pou ainsi dire, d'puis toudis. Sans ête Mathusalem, j'ai connu Mossieu Charles Maillet, Edmeond Godart, Georges Delcourt et Robert Pollet qui seont asteur tertous au paradis des cancheonniers. J'ai l'ramivrance de m'prumière orvue, ch'est facile, à la Scala et l'tite ch'éteot : "Total, pos d'bile". Adeon, d'ainnée in ainnée, j'peux comparer l'qualité et pou ceulle prestatieon, j'ai ein eu sintimint ein peu particulier. D'puis toudis, les cancheonniers nous intraînent inter rire et braire, i-nous deonnent bin souvint du lari et bramint d'occasieons de nous distraire, mais ceulle feos-chi, i-aveot beauqueop treop d'émotieon à causse, bin seûr, du départ récent d'deux compagnieons. 

I-aveot aussi ein grand absent, grand pa l'tale et mais aussi pa l'talent, j'veux parler de m'n'amisse et visin Christian. Ces derniers meos, i-éteot rintré à l'clinique d'Mouscreon pou faire de s'grande carcasse eine totale révisieon. I-souffreot d'fameux problèmes mécaniques, diseons que s'bassin i-n'éteot pus aussi... élastique. Quançqu'i-alleot pourméner s'tchien, i-alleot d'pus in pus douch'mint. I-a infin pris s'corache à deux mains et i-a décidé d'aller vir l'médecin. I-est ersorti ave deux hanches in titane et asteur, dins l'ruache, tertous, on va l'app'ler Bioman. Pou l'balade ave s'tchien quançqu'i-ara quitté s'maseon, depuis m'saleon, j'vas l'intinte passer l'mur du seon ! Grâce à No Télé qui, su s'lit d'souffrance, l'aveot filmé, s'cancheonne i-a pus quand même nous l'canter. Eine feimme, pos leon d'mi, su l'même ringée, eine cinsière d'Barry, elle a pinsé qu'in direct ch'éteot diffusé, bé ahais, à dix heures au soir, i-a bin lommint qui seont rintrés... les journaleus d'No Télé !".

A l'rue Blandinoise, pou l'Cabaret, l' Prési, ch'est su s'c... qui s'areot traîné !

Edmeond i-éteot bénaisse que Danny Batteauw à Edmeond Roberte rinde ein hommache bin mérité, l'cancheon "Orfroisdiss'mint" nous a rappelé qu'i-y a d'jà trinte ainnées que l'organisse d'Maubray nous a quittés. Quoisque Gérard Plattevoet i-aveot pris comme médicamint pou nous présinter ein parel portrait d'Christine de Lalaing. Pou les ceusses qui veule'tent se souvenir de l'poétique cancheonne d'Bernard Clément, ch'est ein drame pasque les sujets interprétés, on a bieau cacher après, i-n'ont pos été mis dins l'programme. Philippe De Smet nous a fait rêver ave ein pot-pourri des pus bieaux airs au piano et Pascal Winberg nous a décrit l'personnache de s'création qu'i-a surlommé Mado. Les cancheonnes d'Pierre Vanden Broecke, Michel Derache et Jean-Michel Carpentier, même si on les a toutes les treos appréciées, ch'est pos l'programme qui va nous rapp'ler quoisqu'in éteot l'sujet. D'Vincent Braeckelaere, l'tite de l'cancheon on l'a même oblié, quoisque vous voulez, ch'est ainsin si... rien ne vous permet d'vous in rapp'ler. In ravisant l'programme, Edmeond i-a fini pa acroire qu'les sujets i-aveot'ent été queusis l'velle au soir. 

Fifinne elle a surtout aimé l'cancheonne d'Jean-Marc Foucart qui décrit l'régime qui deot faire à causse d'ein infar.

"Ov'là ichi au moinse ein garcheon qui a intindu raiseon. Edmeond te d'vreos printe eximpe su li et à partir d'aujourd'hui t'mette ti aussi à l'ieau d'Vichy".

Edmeond i-n'a pos été déstabilisé et i-li a, du tac au tac, répliqué : 

"Pos pu tard qu'hier, j'ai li su internet ou dins ein journal, qui n'aveot pos pus pollué que l'ieau minérale".

"Bé alors, si ch'est ainsin, i-t'feaut boire d'l'eiau du robinet, les gins d'Ipalle i-dise'tent qu'elle est mille feos contrôlée !".

J'ai sinti que l'tinsieon elle alleot acore meonter quançque j'ai intindu Edmeond mareonner :

"J'espère que l'intracte i-va béteôt arriver pasque j'comminche ichi à m'désséquer".

A l'rue Blandinoise, pou l'Cabaret, j'in pinsé qu'i-z-alleot'ent acore bat'llier.

L'deuxième partie, elle éteot consacrée à ein des piliers du Cabaret, Jean-Pierre Verbeke qui, au printemps dernier, nous a quittés. Su ein documint amateur, on l'a vu canter "l'Temps des Jules", ces marous qui metteot'ent su l'trottoir, des files qu'on app'leot les "libellules". 

Ch'est pétête pasque, du collèche Noter-Dame, on occupeot l'salle, mais, à minuit, on peut dire que l'fin du spectaque elle n'a pos été banale. In pyjama, appuyé su ses cannes, au mitan d'ses compagnieons, l'Présidint Bridoux, comme si i-éteot à Lourdes, i-a fait s'n'apparitieon. L'grand fouteu d'coules, i-nous areot fait acroire à s'n'évasieon et qu'on d'veot seûrmint cacher après li dins les couloirs d'Mouscreon. I-a même d'mindé si i-n'aveot pos eine beonne âme dins l'public pou l'emm'ner, après quate ou chinq pintes au moinse, in auteo, à l'clinique. 

A l'rue Blandinoise, ave l'Cabaret, i-a des miraques qui peuve'tent arriver !

In sortant, on a vu que pou Fifinne i-aveot eine séquoi qui n'tourneot pos reond, i-n'a pos fallu bin lommint pou connaîte l'raiseon de s'déceptieon.

"Mi j'sus orvenue pou vir l'orvue et je n'l'ai pos vue. Ch'est quand même cha qu'i-a fait connaîte l'Cabaret dins... l'meonte intier".

"Holà, i-n'feaut pos exagérer, l'orvue elle a été filmée, dins l'temps, pa la RTB et No Télé et grâce à l'antenne nationale, cha été vu pa les Français d'Cysoing, Bachy ou bin Roubaix. Comme ch'est du picard et qu'i-naveot pos d'problème d'compréhinsieon, i-d'a bramint d'là-vas qui ont pris eine carte d'affiliatieon".

"Bé j'te l'dis, l'Cabaret, i-n'est pus local, i-deot définte eine réputatieon internationale et, du queop, m'questieon elle est acore posée, te sareos dire pourquoi mes gins i-ont laiché caire ce qui a fait leu succès ?".

"L'raiseon, ch'est pos bin leon qu'i-feaut la cacher, asteur, ch'est presque tertous des ortraités. I-feaut comprinte qu'i-n'ont pétête pus l'temps d'répéter, te sais bin que pou ein pinsieonné i-n'a jamais assez d'heures dins eine journée. Ou bin i-feaut trouver dins ceulle histoire, l'fait qu'i-ont l'pépete d'avoir des treos d' mémoire. Mais j'te l'dis, si l'Royale Compagnie elle n'injecte pos du sang nué, à moyen terme, elle est condamnée et les efforts d'Jean-Pierre Verbeke et René Godet, in 1996, pou la sauver, cha n'ara été que du beos d'ralleonche pou eine vingtaine d'ainnées". 

"Ch'est bin triste !" qu'i-a dit Edmeond in guisse d'conclusieon.

A la rue Blandinoise, ave l'Cabaret, les ceusses qui pinseot'ent vir l'orvue i- l'ont été... (d'l'orvue) !

Adeon, à minuit, l'Cabaret i-a pris fin et Edmeond et Fifinne i-seont partis l'main dins la main. I-n'ont pos été dormir tout d'suite in rintrant à leu maseon, i-a acore eu bin d'l'ouvrache pou l'malhureux Edmeond ! Aux pindules, horloches et révels, i-a fallu canger les heures, à treos heures, on d'veot les orculer su deux heures. Comme Fifinne elle respecte toudis les instructieons qu'elle intind à l'radio ou bin à l'télévisieon, Edmeond i-a attindu l'heure fatidique à mitan indormi dins ein fautel du saleon. 

A l'rue Blandinoise, du Cabaret, on orvient alfeos bin fatigué !

Au momint d'ortourner vers m'n'auteo, dins l'noir, j'ai, tout à n'ein queop, gliché et failli caire su l'trottoir. In mi-même, j'ai pinsé : 

"J'ai eu de l'sanche, acore eine de ces maudites fwèles mortes, les gins i-f'reot'ent bin d'balayer pa d'vant leu porte". 

Ch'éteot eine bin mauvaisse appréciatieon, j'l'ai compris in arrivant à m'maseon. J'ai déposé du brin d'tchien pa tierre de l'porte de l'rue jusqu'à l'ceulle du vestiaire. Comme les horloches, on les aveot d'jà cangées, nous eautes, à eine heure au matin, on s'a mis à nettier

Je n'pinseos jamais si bin dire quançque m'feimme j'ai voulu l'faire sourire in disant :

"N't'ins fait pos ave cha, marcher dins du brin d'tchien, m'pétit lapin, cha peut rapporter bramint d'argint". L'dicteon i-dit vrai, i-n'feaut pos que vous in doutiez, j'peux vous l'certifier, on l'a même vérifié. Pos pus tard que l'lind'main au matin, on a trouvé... eine pièche d'vingt cents su l'quémin !. 

A l'rue Blandinoise, ave l'Cabaret, ch'est presqu'au Lotteo qu'on aveot jeué !

(lexique : l'orvue de l'karmesse : la revue de la kermesse. Celle-ci se joua de 1948 à 1982, elle a connu, un tel succès, qu'il y eut jusqu'à une vingtaine de représentations entre le mois de septembre et le mois de novembre. Reprise une première fois en 2008, dans le cadre du centenaire de la société patoisante, elle fut à nouveau abandonnée l'année suivante. Depuis quelques années, comme le phénix, elle semblait renaître de ses cendres même si elle n'était plus à grand spectacle. Hélas, une certaine lassitude au sein de la société semble avoir à nouveau raison d'elle. / l'jeonesse : la jeunesse / asteur : maintenant / ainsin : ainsi / l'détal : le détail / des cacoules : des mensonges / ête seûr : être sûr (être certain) / siept : sept / ormarquer (ou ermarquer) : remarquer / eine mareonne : un pantalon/ queusir : choisir / ein caraqueo : une blouse de femme / des pinderleots : ce mot désignent les bijoux, les pendants d'oreille... / eusses : eux / ceulle : cette / quançque : lorsque / alfeos : parfois / acroire : croire / bramint : beaucoup / ête mansé : avoir la gorge serrée / inciens : anciens / les plaches : les places / les rulettes : les ruelles / l'ouèl : l’œil / quoisque : qu'est-ce que / toudis : toujours / tertous : tous / avoir l'raminvrance : se souvenir / adeon : donc / inter : entre / braire : pleurer / avoir du lari : avoir du plaisir / à causse : à cause / l'tale : la taille /  m'n'amisse : mon ami / ein visin : un voisin / l'tchien : le chien / l'corache : le courage / ersorti (ou orsorti) : ressorti / l'ruache : la reu, le quartier / intinte : entendre / l'cancheonne (ou l'cancheon) : la chanson / canter : chanter / pos leon : pas loin / les journaleus : les journalistes / ête bénaisse : être content / orfroidiss'mint : refroidissement / parel : pareil / cacher : chercher / surlommer : surnommer / l'tite : le titre / raviser (ou orwettier) : regarder / l'velle : la veille / au moinse : au moins / ein garcheon : un garçon / printe eximpe : prendre exemple / mareonner : bougonner / béteôt : bientôt / commincher : commencer / désséquer : dessécher / batt'lier : se batailler, se battre / les marous : les mâles, coureurs de femmes / des files : des filles / pétête : peut-être / L'collèche : le collège / l'spectaque : le spectacle / au mitan : au milieu / ein fouteu d'coules : personne qui raconte des histoire / quate ou chinq : quatre ou cinq / ein miraque : un miracle / eine séquoi : quelque chose / l'meonte : le monte / là-vas : là-bas / définte : défendre / du queop : du coup / laicher caire : laisser tomber / avoir l'pépète : avoir peur/ des tréos : des trous / nué : neuf / du beos : du bois / in guisse : en guise / vir : voir / l'ouvrache : le travail / canger : changer / orculer (ou erculer) : reculer / tout à n'in queop : tout à coup / glicher : glisser / avoir de l'sanche : avoir de la chance / eine fwèle (ou eine fouèle) : une feuille / pa d'vant : devant / du brin d'tchien : des déjections canines / pa tierre : à terre / nettier : nettoyer / eine pièche : une pièce / l'quémin : le chemin / jeuer : jouer).

S.T. novembre.

11:38 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : tournai, patois, picard |

03 nov.
2016

08:56

Tournai - des chantiers en pagaille !

L'automobiliste tournaisien va devoir ronger son frein !

Depuis plusieurs années, Tournai vit à l'heure des chantiers routiers. Les Tournaisiens ont tout d'abord vécu ceux qui concernent la pose d'impétrants comme le renouvellement des conduites d'eau pour éliminer le plomb ou celui des anciennes conduites de gaz en acier par des nouvelles beaucoup plus souples, le remplacement de câbles électriques dont certains commencent à poser problème ou la pose du câble optique pour la télédistribution et les liaisons téléphoniques. Il y a eu également les intempestives ruptures de canalisations et les découvertes fortuites d'anciens égouttages surannées (et inconnus) qui provoquèrent des affaissements de chaussée (au boulevard du roi Albert, à la rue de Barges, au parvis du beffroi et maintenant à la rue du Parc). Tout ces chantiers engendrent, inévitablement, des problèmes de circulation, celle-ci se déroule alors, soit sur une voirie rétrécie (rue Saint-Eleuthère), soit réglée par des feux (chaussée de Roubaix) ou est totalement impossible (depuis deux mois déjà dans la rue des Aveugles et, depuis le week-end de Toussaint, le long du Conservatoire).

Mieux vaut choisir la marche à pied !

Il y a également les chantiers de rénovation du centre-ville qui, après avoir concerné l'entièreté du quartier cathédral, se sont déplacés vers le quai Dumon et le quartier du Becquerelle. Tout devrait être terminé dans quelques semaines. Hélas, on constate déjà des réouvertures ponctuelles des voiries à peine terminées, c'est actuellement le cas à la rue du Four-Chapitre (au pied d'une cabine électrique) et à la rue de Courtrai (face à un magasin). La question que se posent les Tournaisiens est la suivante : la pose des impétrants a-t-elle été bricolée ou bien est-on systématiquement dans l'impossibilité d'appréhender certains problèmes ?

La fin des gros chantiers actuels ne signifie pourtant pas que tout sera pour le mieux dans le meilleur des mondes comme l'aurait dit d'Aldous Huxley. La presse locale et le site du SPW viennent de dresser un tableau "apocalyptique" de la circulation automobile, dans et aux alentours immédiats de Tournai, lors des deux prochaines années. Qu'on en juge !

Le quai Donat Casterman.

On semble les connaître depuis toujours, ces tours jumelles appartiennent au paysage de ce qu'on appelait, jadis, le quai de déchargement des péniches, à deux pas du pont Delwart. En raison de sa vétusté, une des deux centrales à béton de la firme Thiébaut est en cours de démantèlement, depuis ce mercredi 2 novembre. Il faut dire qu'elle datait de 1963 et sa construction avait été réalisée par des firmes alors bien connues à Tournai, les Ateliers Louis Carton, la Maison Caucheteux et les pompes Déplechin. Pour d'évidentes raisons de sécurité, la circulation sur le quai se déroule alternativement entre la rue des Roctiers et l'ancien entrepôt de la douane, réglée au moyen de feux tricolores. Ce quai est emprunté quotidiennement par les clients se rendant à la zone commerciale de Froyennes et par les automobilistes qui souhaitent éviter le rond-point de l'Europe et les files de l'avenue de Maire aux heures de pointe. Pendant une semaine, voilà donc un itinéraire bis un peu moins efficace, heureusement que nous sommes en période de congés scolaires. 

L'autoroute E42/A8 à "Tournai Froyennes".

Dans quelques jours va débuter la phase 4 de la rénovation en profondeur de l'autoroute E42/A8, commencée voici près de deux ans. Celle-ci sera exécutée dans la section comprise entre l'échangeur de Marquain et l'embranchement de la liaison vers Bruxelles à hauteur de Kain. Ce chantier va engendrer le fermeture des bretelles d'accès et de sorties de Froyennes (vers Pecq et vers Bruxelles). Une déviation sera mise en place et les véhicules concernés devront emprunter les entrées et sorties de "Tournai-Nord" (chaussée de Renaix). Cette situation qui devrait durer quelques mois (fin prévue aux grandes vacances de 2017) augmentera sensiblement la circulation sur l'axe de pénétration qu'est la chaussée de Renaix à Rumillies, une voie déjà presque saturée aux heures de pointe !

Le carrefour de la chaussée de Bruxelles.

Lorsque les travaux d'extension de la zone commerciale des Bastions seront terminés (en 2018), on devra faire face à une augmentation de la circulation puisque le nouveau parc commercial comprendra alors 90 cellules. Un plan de transformation de l'accès à Tournai par la chaussée de Bruxelles va donc entrer en vigueur et nécessite, dès à présent, d'importants aménagements. Un problème va se poser en terme de mobilité, il s'agit du carrefour le plus fréquenté, après le rond-point de l'Europe, avec un flux de 28.600 véhicules/jour, très loin devant la Porte Saint-Martin avec ses 17.800 véhicules/jour.

Le chantier va s'étendre du carrefour de la rue de la Lys (boulevard Walter de Marvis) à la rue d'Amour (boulevard des Combattants). Il concernera la modification du carrefour existant à hauteur de la rue de la Lys, celui-ci sera équipé de feux tricolores pour faciliter l'accès à la nouvelle zone commerciale et la rénovation totale du boulevard Walter de Marvis. Il concernera ensuite le carrefour de la chaussée de Bruxelles et nécessitera, durant plusieurs mois, la fermeture de cet axe  à la Porte de Marvis. Comme à l'avenir, il sera interdit d'entrer en ville par le début de la rue de Marvis, dont le dernier tronçon sera mis en sens unique vers la sortie de ville, les véhicules qui souhaitent y entrer seront obligatoirement déviés vers la droite et un rond-point sera aménagé au carrefour avec la rue de la Lys.

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La dernière rénovation du carrefour Marvis datait de 1978 (photo presse locale), il faut lire Nationale 7 !

Ce chantier sera réalisé en une phase continue. Il débutera au printemps de l'année 2017 et durera environ six mois (sans aléas !) mais... comme "chat échaudé craint l'eau", ce délai paraît un peu court pour réaliser ce chantier qui s'étend sur plus d'un kilomètre. Pour cela, il faudra une bonne coordination de toutes les entreprises chargées de poser les impétrants, une disponibilité de nombreux ouvriers présents quotidiennement sur la chantier et aucune interruption dans le déroulement des travaux. Des exemples récents (notamment celui de l'autoroute E42) ont démontré que pour des raisons diverses, les ouvriers étaient parfois absents pendant de nombreux jours. Comme la période des congés d'été se situera également dans le calendrier, l'Optimiste redoute (et il n'est pas le seul) que ce chantier dure un peu (beaucoup) plus longtemps. Les automobilistes qui empruntent ordinairement cet axe pour conduire les enfants à l'école ou pour se rendre au travail seront invités à utiliser des axes parallèles (mais ceux-ci ne sont pas déserts d'ordinaire !).

A la fin des travaux de la zone commerciale, il y aura aussi lieu de réinstaurer la liaison entre le parking et la rue de la Lys, interrompue depuis le début du chantier. 

Gérer le flux de circulation sera un véritable casse-tête pour l'échevin de la Mobilité et pour les responsables de la police chargés de la circulation. Le diriger vers la chaussée de Renaix et la chaussée d'Antoing ne fera qu'amplifier les embouteillages aux Porte de Morelle ou de Valenciennes. Quant à une déviation vers l'avenue de Maire par l'autoroute, elle ne sera possible que si les travaux sont terminés sur cet axe qui contourne la ville. 

La place Verte.

Dans le courant de l'année 2017, d'importants travaux seront également entrepris à la place Verte. Depuis trois ans, régulièrement, l'Optimiste vous informe que la voirie entre la rue de l'Epinette et du Sondart a été extraite à la circulation en raison des dangers d'effondrement d'un égout principal. Le chantier concernera la réparation de cet égout, la pose d'impétrants et la réhabilitation de la chaussée. L'Administration communale a rappelé que la circulation et le stationnement y sont interdits mais de nombreux automobilistes semblent ignorer le danger. Il est pourtant courant sur les sites internet de voir, un peu partout, des véhicules "avalés" par une route dont le sous-sol a été fragilisé ! Un risque que certains n'hésitent pas à prendre afin de bénéficier d'une facilité (!) et d'une gratuité de parking.

La rénovation du plateau de la gare et de la rue Royale.

L’administration communale détient depuis longtemps un projet de réhabilitation du plateau de la gare et de la rue Royale. C'est un pieux souhait de rendre plus convivial et plus attractif cet axe emprunté par les visiteurs venus dans la cité des cinq clochers par le train. Des rumeurs insistantes fixent le début du chantier juste après la fin de celui du Becquerelle dont il formerait une continuité. Celui-ci devrait impacter également une section de la ceinture des boulevards et cette dernière est située à un peu plus d'un kilomètre du carrefour de la chaussée de Bruxelles.

L'élargissement de l'Escaut.

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Le projet suit son cours, on discute et on pinaille encore sur l'aspect à donner au futur Pont des Trous. Comme toujours dans ce genre de débat, on fluctue entre le choix rétrograde pur et dur et le snobisme futuriste. Un juste milieu semblait pourtant avoir été trouvé lors de réunions citoyennes mais ne satisfait pas entièrement les uns et les autres. Il est toujours impossible de récolter une unanimité. Cela ne devrait pourtant pas retarder le début du chantier d'élargissement dont les prévisions, déjà maintes fois modifiées, le fixent dans le courant de l'année 2017.

 

Il faudra également construire un nouveau Pont-à-Pont et cela nécessitera, là aussi, de dévier la circulation. Il ne restera plus que deux ponts disponibles dans le centre-ville : le pont Notre-Dame et le pont de Fer. Ces deux points de passage devront canaliser toute le circulation passant d'une rive à l'autre du fleuve ! Des déviations, il en sera encore question durant les travaux d'élargissement du fleuve dans la section entre le Luchet d'Antoing et le quai Saint-Brice. 

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Déjà en 1963 la presse locale évoquait une possible démolition du Pont-à-Pont avant que n'intervienne, en 1977, la solution de l'alternat préconisée par Raoul Van Spitael. 

 

Utiliser les moyens modernes de transport !

Face à cette situation délirante, l'Optimiste songe sérieusement à acheter un "segway" ou une trottinette électrique et, pour se former à la conduite, il ira demander conseil à un échevin tournaisien, spécialiste de ce genre d'engin.

(sources : "Le Courrier de l'Escaut", édition du 2 novembre - recherches personnelles, photos de la presse locale Courrier et Nord-Eclair, document du Pont des Trous : collection personnelle).

S.T. Novembre 2016.