21 sept.
2016

09:17

Tournai : les festivités de septembre (3)

Dimanche 11 : les cortèges !

La procession à peine rentrée à la cathédrale, vers 12h45, l'êvêque, Mgr Guy Harpigny, se rendit en cortège de la place de l'Evêché au pied du beffroi. Sur l'estrade, il alla remettre à Rudy Demotte, bourgmestre, les clés de la Ville reçues la veille. Alors que retentissait l'hymne "les Tournaisiens sont là", le premier magistrat de Tournai allait aussitôt transmettre le précieux sésame à Annick Veys, Présidente des Amis de Tournai, la chargeant ainsi, symboliquement, de continuer à animer la ville. 

Malgré qu'un soudain et temporaire petit crachin soit venu semer une certaine inquiétude chez les organisateurs, sur la Grand-Place, il n'y avait déjà plus une place de libre aux terrasses des cafés et des brasseries, beaucoup ayant fait le choix de s'y restaurer afin d'être en première ligne pour le spectacle de l'après-midi. Dès 14h, des harmonies et fanfares régionales occupèrent le kiosque dressé face à la Halle-aux-Draps afin de faire patienter la foule. Pendant ce temps, les rangées de chaises qui ceinturaient le forum tournaisien trouvaient, peu à peu, leurs occupants. 

 

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Les groupes Marie de Hongrie de Binche et Charles-Quint de Gand formant le groupe "Renaissance".

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Vers 15h, un premier spectacle de qualité sera offert aux spectateurs. Les groupes "Marie de Hongrie" de Binche et "Charles-Quint" de Gand reconstituèrent les somptueuses fêtes qui marquèrent la venue de l'Empereur à Tournai pour un chapitre de la Toison d'Or, en 1531. Malgré une amplification quelque peu faiblarde et quelques spectateurs qui se croyaient encore attablés au restaurant et tenaient salon, les tableaux proposés furent appréciés par une très large majorité de spectateurs.

 

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A 16h, venant de la place Crombez et ayant traversé le centre-ville par les rues Royale, de l'Hôpital N.D, de Courtrai, de la Tête d'Argent et Perdue, les cortèges débouchèrent sur la Grand-Place par la rue des Maux, emmenés par les porteurs de bannières du Manège de Blandain. Ce sera alors un tableau haut en couleur et en son qui sera offert aux Tournaisiens : musiques, chars et Géants vont défiler durant plus d'une heure. 

 

 

 

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De la garde anglaise au groupe sud-américain, de la formation musicale de Neufchâtel à la Band'As de Wattrelos, de la gondole vénitienne aux chars du Biscuit, de la Porcelaine ou des Amis de Tournai, tous les groupes composant ce long cortège apportèrent admiration et animation.

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Le groupe Jamaïque

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La formation musicale de Neufchâtel

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La Band'As de Wattrelos.

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Le char de la Soupière en hommage à la Porcelaine tournaisienne.

Emmenés par les porteurs tournaisiens de la Compagnie de l'Bancloque ou par ces habitués des rues de la cité des cinq clochers que sont les porteurs athois, les géants tournaisiens dansèrent et virevoltèrent sur des airs régionaux avant d'aller sagement se ranger à l'ombre de Christine de Lalaing, princesse d'Epinoy. Petit gag qui ne passa pas inaperçu, le kiosque ayant été mis à la disposition des harmonies et fanfares, c'est face à la statue de l'héroïne tournaisienne que les autorités communales et leurs invités avaient pris place mais c'est devant la tribune que, par habitude, tous les groupes firent leurs démonstrations. 

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Reine Tournay et Childéric dansent.

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Saragos et Châle Vert ont rejoint les croisés Lethalde et Engelbert et le Vendéen.

Le cortège se clôtura par les char de la "Chanson Tournaisienne". Petits Rambiles, Filles Celles picardes et membres de la Royale Compagnie du Cabaret Wallon Tournaisien invitaient, comme chaque année, les spectateurs à reprendre en chœur les "cancheonnes tournisiennes qu'on aime tell'mint bin qu'on in predreot s'n'haleine à canter leu z'orfrains"". Autre petit gag, ce groupe, juché sur la plate-forme d'un très long camion, fut un des rares à vouloir faire le tour complet de l'esplanade. Hélas, bien trop long, le transport resta coincé entre rangées de spectateurs et statue et dut attendre que le public rejoigne le beffroi pour assister au spectacle de Monsieur Zo afin de se tirer de ce mauvais pas !

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Comme chaque année, le cortège se termina par la traditionnelle distribution des fleurs qui décoraient les différents chars. Un nouveau temps fort de cette journée marquée par la grisaille le matin et le soleil l'après-midi venait de prendre fin. 

Loin de se disperser, le public avait alors rendez-vous au pied du beffroi au sommet duquel les attendaient diverses personnalités. Cela est une autre histoire qui sera racontée dans le prochain article !

photos: S. et R. Van Rompaye-Rauwers.

S.T. septembre 2016

19 sept.
2016

09:07

Tournai : les festivités de septembre (2)

Dimanche 11 septembre : la Grande Procession.

Peu avant l'aurore, probablement soucieux de ne pas s'enrhumer après les chaleurs de la veille, le ciel tournaisien avait enfilé sa petite laine. Cette brume matinale n'était pas pour déplaire aux porteurs de statues et de châsses qui redoutaient secrètement une température extrême dès potron-minet.

A dix heures, Marie-Pontoise, la grosse cloche de la cathédrale, s'ébranlait et donnait de la voix pour annoncer aux Tournaisiens que la 924e Grande Procession entamait sa promenade dans les rues de la cité des cinq clochers selon l'itinéraire habituel qui lui permet de visiter presque toutes les paroisses de Tournai.

 

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groupe musical Hexequatur

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groupe musical des cornemuses "La Gaillarde".

Combien étaient-ils en l'an 1092 lorsqu'elle fut organisée, par l'évêque Radbod, le jour de la fête de l'Exaltation de la Croix, le 14 septembre ? Dieu seul le sait ! Ce 11 septembre 2016, près de mille personnes ont marché en procession, prié et chanté afin de remercier la Vierge Marie d'avoir sauvé la ville de l'épidémie de peste (plutôt d'ergotisme qui avait particulièrement sévi en Flandre et dans le Brabant au cours des années 1090 à 1092, faisant des dizaines de milliers de victimes).

Confréries, associations culturelles ou caritatives, hospitaliers de Lourdes ou simples particuliers se regroupent afin de présenter le riche patrimoine religieux de la cathédrale et des églises de la région. Soixante-neuf groupes composent aujourd'hui ce long cortège.

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Ceux qui proclament parfois : "J'ai déjà vu la procession, c'est toujours la même chose" se trompent car la forme que revêt le cortège a varié tout au long des siècles. Chaque époque la marque, en effet, de son empreinte même si le but premier qu'est la démarche de foi est immuable. Châsses et statues traversent le temps, costumes et ordonnance du cortège subissent régulièrement des modifications dans un but d'amélioration.

Statue de saint Lazare traditionnellement portée par les membres de la Fondation Follereau de Tournai, antenne locale d'Action Damien. Certains d'entre-eux sont présents depuis 25 ans.

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Bien réparties au sein de ce long défilé, de très nombreuses formations musicales, parfois des plus originales comme le groupe musical "Hexequatur" ou les cornemuses de "la Gaillarde", des plus majestueuses comme les "Pélissiers de Binche", l'harmonie du Corps des Pompiers tournaisiens ou les Tambours et Fifres de Mons, pour ne citer que celles-là, rompent le silence d'un défilé qui, par vocation, n'est pas une cavalcade. Un long ruban multicolore s'en va, cheminant d'un pas lent, par les rues de la ville.

Statue de saint Etienne (église de Templeuve)

 

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 Statue de Notre-Dame d'Alsemberg (église Saint-Piat), oeuvre de 1759 du sculpteur tournaisien Ghislain Sailly

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 Statue de Notre-Dame de la Treille, oeuvre de l'orfèvrerie tournaisienne du XVIIe siècle

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Statue de Notre-Dame Auxiliatrice, statue en bois polychrome de 1890

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statue de Notre-Dame de Bonne-Espérance, oeuvre du XXe siècle

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Statue de saint Nicolas, orfèvrerie du XVIe siècle

Il est loin le temps où le lent cortège passait entre deux ou trois rangées serrées de spectateurs, fidèles venus du diocèse ou de l'étranger par dévotion ou simples laïcs, amoureux du patrimoine, attirés par les trésors. Il est loin aussi le temps où des habitants sortaient des statues, allumaient des bougies ou semaient des pétales de fleurs ou des papiers argentés tout au long du parcours.

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La châsse des Damoiseaux, orfèvrerie brugeoise de 1571

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la châsse de Notre-Dame, chef-d'œuvre de l'orfèvre Nicolas de Verdun de 1205

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le carillon porté

Nous vivons malheureusement une époque de personnes blasées, de familles casanières dont les membres sont rivés devant leur smartphone, leur jeu vidéo ou leur télévision. Le Pokémon a-t-il tué les distractions habituelles ? Non, le déclin en terme de spectateurs est sensible depuis quelques années déjà ! Ce n'est pas, hélas, demain la veille qu'on fera machine arrière. Pendant ce temps, comme durant les pires heures des conflits mondiaux, la procession continue sa marche immuable soutenue non seulement par des chrétiens mais aussi par des Tournaisiens soucieux de défendre cette tradition séculaire qui honore leur ville. Elle fêtera l'an prochain son 925e anniversaire.

Photos : Serge et Renelde Van Rompaye-Rauwers.

 S. T. septembre 2016.

 

09:07 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, procession de tournai, châsses, statues |

17 sept.
2016

09:37

Tournai : expressions tournaisiennes (376)

L'sémaine du bieau langache

Ch'est pétête pasqu'elle est née dins l'midi, à Valence, qu'Hortense elle est toudis restée, comme on dit, très vielle France. In quarante, au meos d'mai, quançqu'à Tournai, i-a fallu évacuer, ses parints i-ont bin vite queuru chez des cousins français.

Pou parler, d'puis qu'elle est toute jeone, ceulle feimme elle a toudis fait des preones. Comme direot eine file d'Ere que j'ai acore vu pos pus tard qu'avant-hier : "On rinconte alfeos dins no vie des gins qui mettent les preones dins les quertins".

D'puis septante ans, on n'a jamais intindu Hortense dire ein seul meot d'tournisien, i-feaut acroire que no langache, ch'est pus difficile pou elle que d'parler flamind.

A eine amisse, elle a ein jour dit :

"J'ai beau, à maintes reprises, avoir essayé, très chère, pour moi, c'est une langue un tantinet vulgaire".

Des propeos parels je n'peux pos les accepter pasque ch'est mes incêtres qui seont insultés. No patois, ch'est l'lanque de no macheons qui, in ouvrant, cantent leu cancheon, ch'est l'ceulle des caufourniers ou des cauderliers qui ouvreot'ent dins l'poussière ou l'boucan des at'liers. No patois, ch'est les meots qu'on intind résonner autour de l'planque d'ein jeu d'fier ou d'eine tape d'jeu d'cartes pindant les leongues soirées d'hiver. Ch'est l'parlache qui est jalous'mint et précieus'mint wardé pa les Filles, Celles picardes et les joyeux compagnieons du Cabaret. No patois, ch'est l'raminvrance d'Louis Urbain et d'Eloi Baudimont, d'Jean-Pierre Verbeke ou d'Lucien Feron. Ch'est l'plaisi d'no jeonesse quançqu'on acouteot, à l'orvue, Jojo et Nénesse. Traduire, comme Bruno Delmotte, nos bandes dessinées in picard, d'puis toudis, j'in sus convaincu que cha s'appelle d'l'art. Dins bramint d'familes on n'parle pus l'Tournisien, i-feaut dire qu'i-a eu ein fameux brassache d'gins. Même dins les écoles, on a interdit l'usache du Tournisien mais les infants i-pourreot'ent apprinte l'japonais ou bin l'mandarin. 

J'ai bin essayé plusieurs feos d'faire comprinte à Hortense que l'Français, ch'n'est final'mint que l'patois d'l'Ile de France.

"Sachez que je me drape du surplis de ma dignité, jamais un de ces mots de bas étages, je n'utiliserai".

Ch'est vrai que pou comprinte ceulle septuagénaire, i-faudreot souvint printe ein dictionnaire. Elle imploie des tournures littéraires que te n'truèfes même pus dins l'Petit Robert.

J'vas vous raqueonter ce qu'elle m'a ein jour dit, ave cha, vous s'rez fixé, vous arez vite compris. Ch'éteot jusse in face du chim'tière d'Mulette dusqu'est intierrée s'mamère Yvette. 

Ch'éteot pindant l'meos d'avril :

"Nous assistons à une attaque généralisée du pré-printemps contrecarrée de façon non moins sévère par une contre-offensive du post-hiver. Allez donc traduire cela dans votre langage populaire".

"On sint orvenir les bieaux jours mais l'feond d'l'air i-est acore fraîque" que j'li ai répeondu tout fier.

Veyant arriver ein heomme qui titubeot :

"Cet homme a encore exagéré avec la dive bouteille, tu ne saurais pas traduire une expression pareille"

"Si fait, si fait, à m'mote qu'm'heomme i-est bin quervé".

Rincontrant ein infant qui orveneot d'l'école :

"Ce pauvre marmot possède un pantalon beaucoup trop large, il est obligé de le tenir à deux mains"

"L'pétit i-perd s'mareonne !".

"Avez-vous vu cette femme bien en chair, c'est une personne callipyge".

"Ch'est ein badoulette ave des grossés fesses".

"Cela m'agace profondément que tu trouves toujours une expression chaque fois que je te dis quelque chose".

"Cha vous imbête, hein, que j'ai toudis eine pièche à mette au tréo".

Parlant d'eine feimme ave ein visache marqué pa l'mauvaisse vie qu'elle mène :

"L'abus des plaisirs épuise vite la personne et son visage s'en ressent".

"L'ceu qui alleume l'candelle pa les deux bouts, i-est béteôt à l'mitan".

"A mon âge, le docteur m'a conseillée de marcher de façon à conserver la forme et à ainsi vivre plus longtemps".

"Cul dins l'fauteul, pied dins l'cerqueul. Rester assis su s'cayère n'ormue pos l'sang".

"J'ai longtemps réfléchi à un éventuel mariage et, hélas, je n'ai pu me décider".

"Qui treop queusit mal élit". In disant cha, s'tiête elle a cangé !

Veyant venir un couple composé d'eine heomme maiguerleot et d'eine feimme comme ein char d'assaut :

"Cet homme fait pitié à voir mais par contre son épouse fait envie"

"M'n'heomme i-n'se pormène pos ave s'mitan mais bin ave s'double".

"j'ai dû faire appel à un homme de métier pour réparer une prise de courant , je n'avais pas le matériel idoine".

"Pou ti faire ein beon ouvrache, i-t'feaut ein beon otiache" tout l'meonte sait cha, même ein coinne.

Evoquant ein heomme d'mauvaisse humeur :

C'est homme est d'une maussaderie, sa femme doit vivre un véritable calvaire".

M'n'heomme i-a toudis s'gueule in rache, s'feimme n'deot pos rire tous les jours".

"Quand je sors de chez moi, avec mon ombrelle, mon chapeau à fleurs et mes gants de dentelles, les enfants du quartier se gaussent de moi. Voilà qui n'est pas facile de traduire en tournaisien"

J'ai pos osu li dire que j'veyeos d'ichi l'tablature et j'li ai répeondu :

"A vir ainsin comme j'sus attifée, les p'tits rotleots du ruache s'foutent d'mi (et on les comprind !)".

Comme j'aimeos l'acouter raqueonter ses bernettes, j'l'ai invitée à printe eine pinte, in face, à l'Vielle Guinguette.

Elle a dû s'faire violence, no beonne vielle Hortense quançqu'elle m'a ravisé et dit tout à n'ein queop :

"Mi, aller dins ein bistreot, te m'as jamais bin orwettié, je n'beos pos".

Vous veyez bin que quançqu'on veut, on peut !

"Je ne vais point réitérer de telles paroles, je préfère de loin mon langage châtié à cette platitude dans laquelle tu te complais pour t'exprimer, c'est une langue de manants, de vils et de gueux".

"Bé l'ov'là, chassez à l'naturel, i-orvient au galop, ch'est bin malhureux, neon mais, ceulle esbroufeusse, elle direot bin qu'on parle comme des bouseux".  

(lexique : pétête : peut-être / pasque : parce que / toudis : toujours / l'meos : le mois / quançque : lorsque / queurir : courir / jeone : jeune / ceulle feimme : cette femme / faire des preones : faire des manières pour parler / pus : plus / acore : encore / alfeos : parfois / ein quertin : un panier à anse et à couvercle / acroire : croire / l'langache : le langage / eine amisse : une amie / parels : pareils / l'lanque : la langue / les macheons : les maçons / l'cancheon (ou l'cancheonne) : la chanson / ein caufournier : un ouvrier de four à chaux / ein cauderlier : un chaudronnier / ouvrer : travailler / les at'liers : les ateliers / l'planque : la planche / l'tape : la table / l'parlache : le langage / warder : garder / l'raminvrance : la souvenance, le souvenir / no jeonesse : notre jeunesse / bramint : beauoup / l'brassache : le brassage / l'usache : l'usage / comprinte : comprendre / printe : prendre / te truèfes : tu trouves / raqueonter : raconter / jusse : juste / l'chim'tière d'Mulette : le cimetière du Sud (Mulette serait le nom de la première personne qui y fut inhumée) / orvenir : revenir / fraîque : frais / veyant : voyant / à m'mote : selon moi, à mon avis / quervé : ivre / l'mareonne : la culotte, le pantalon / ein badoulette : une femme grassouillette / eine pièche : une pièce / l'tréo : le trou / l'ceu : celui / alleumer : allumer / l'candelle : la chandelle, la bougie / béteôt : bientôt / l'mitan : la moitié / cerqueul : cerceuil / l'cayère : la chaise / s'ormuer : se remuer / queusir : choisir / cangé : changé / maiguerleot : malingre, chétif / s'porméner (ou s'pourméner) se promener / l'otiache : l'outillage / ein coinne : un imbécile (mot qui n'est plus guère utilisé tant mieux pour tous les Coinne dont c'est  le nom de famille) / avoir s'gueule in rache : faire la tête, être en colère / osu : osé / ichi : ici / l'tablature : la situation gênante, ridicule / attifée : vêtue mais avec mauvais goût / les rotleots : les roitelets, désignent amicalement les petits enfants / l'ruache : la reu, le quartier / s'foutent d'mi : se moquent de moi / acouter : écouter / les bernettes : les bagatelles / raviser (ou orwettier) : regarder / tout à n'ein queop : tout à coup / ov'là : voilà / eine esbroufeusse : une personne qui a des manières affectées, peu naturelles, une faiseuse d'embarras).

S.T. septembre 2016. 

09:37 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, patois, picard |