30 janv.
2017

13:22

Tournai : les festivals se suivent en ce début d'année

Le temps des Festivals !

Tournai est-elle devenue une ville de festivals ? On peut se poser la question et répondre franchement par l'affirmative en voyant le succès régulièrement remporté par les trois événements qui se déroulent durant le premier trimestre ainsi que par le festival "les Rencontres Inattendues", rencontres improbables entre la musique et la philosophie, qui se déroule au début du mois de septembre.

 

Le Tournai Ramdam Festival.

Il est le premier festival programmé dans l'année. Créé en 2011, le "Ramdam Festival, le Festival du Film qui dérange", en était, cette année, à sa septième édition. Il s'est tenu du 14 au 24 janvier au cinéma Imagix à Tournai et, en décentralisation pour les courts métrages, au cinéma l'Ecran à Ath.

Le programme du festival présentait cinq catégories :

"Fictions", catégorie consacrée aux avant-premières, "Documentaires" pour des films basés sur des faits réels, "Le Ramdam de l'année": une catégorie dans laquelle on peut découvrir les meilleurs films belges, "Coup de cœur" ou la sélection du Comité de programmation et enfin la catégorie "Côté Courts" consacrée aux courts métrages belges projetés à Ath.

C'est ainsi pas moins de 41 longs métrages (27 de fiction et 14 documentaires) et 15 courts métrages qui ont été présentés au public, cette année.

Parmi toutes les œuvres présentées, subjectivement, nous avons retenu : "Nebel in August" (Brouillard en Août) du réalisateur allemand Kay Wessel, Prix de la Meilleure Fiction, "Angle Mort" (Dode Hoek) de Nabil Ben Yadir, "Heartstone" de Gundmundur Arnar Gudmundsson, "Manchester by the Sea" de Kenneth Lohergan, film nominé six fois aux Oscars, "Brimstone" du réalisateur hollandais Martin Koolhoven, Prix de la Fiction la plus dérangeante, "Zoologie" du réalisateur russe Ivan I. Tverdosky, "Une jeune fille de 90 ans " de Valeria Bruni-Tedeschi, Prix du meilleur documentaire, "Les Dernières Nouvelles du Cosmos" de Julie Bertucelli que nous avons eu l'occasion de visionner et qui fait découvrir un mode de communication étonnant pour une jeune femme autiste, "MyEscape" de Elke Sasse, Prix du Documentaire le plus dérangeant, "Zero Days", d'Alex Gibney, documentaire qui a reçu le Prix de la Critique ou encore "Miss Sloane "de John Madden, "Lion" de Garth Davis et "L'Economie du Couple" du réalisateur belge Joachim Lafosse.

Avec "Ma vie de courgette", "La jeune fille sans mains" et "La tortue rouge", le Ramdam Festival s'est également ouvert cette année à un tout jeune public comme si les organisateurs voulaient convier les cinéphiles de demain. 

Avec 23.174 spectateurs, le Ramdam Festival a battu son record d'affluence et se situe désormais dans le top 3 des festivals consacrés au septième art en Wallonie en compagnie du Festival International du Film Francophone (FIFF) de Namur et du Festival international du Film d'Amour (FIFA) de Mons. 

 

Le Tournai Jazz Festival.

Le Festival International de Jazz de Tournai a vu le jour en 2012, il en est à sa 6ème édition. Cette année, il se déroule du 8 au 12 février. Son but avoué est de favoriser et développer en Communauté Française de Belgique des initiatives culturelles dans le domaine du jazz. 

Lors de sa création en 2012, le festival accueillit, entre autres, Toots Thielemans, Terry Montcalm, Philippe Catherine, Eric Legnini, Thierry Crommen, le Brussels Jazz Orchestra...

En 2013, le public fit un triomphe à Richard Galiano, Ibrahim Maalouf, Manu Katché, Blue Monday People, Pia Salvia... notamment.

Au programme de 2014 se produisirent à la Maison de la Culture : Viktor Lazlo chantant Billie Hollyday, Avishai Cohen TrioDaniel Willem and his Gipsy Jazz Band, Elia Fragione, Youn Sun Nah, la célèbre chanteuse coréenne de jazz, Yvan Paduart...

Le programme de 2015 n'avait rien à envier aux précédents grâce à la présence de Barbara Hendricks, Kenny Garrett, Bat Kamara Jr., Thomas Enhco, Big Noise, Bojan Z, le Conservatoire de Tournai...

L'année dernière, le programme se composait notamment de Hugh Coltman, Dani Klein with Say la Rocca, Richard Bona, Dhafer Youssef, Keith Canvas...

La prochaine édition qui aura lieu dans quelques jours sera de la même veine en accueillant Charlélie Couture, Manu Katché Quintet, Anouar Brahem et l'Orchestre de Chambre de Wallonie, Jacky Terrasson et Stephane Belmondo, Kyle Eastwood, Polveche Quintet, Lorenzo Di Maio Group, Yvan Paduart et Quentin Dujardin, Eva Beuvens Heptatomic, Fabrice Alleman, Guy Verlinden Trio...

 

La Piste aux Espoirs.

La 24ème édition de ce festival de cirque se déroulera du 7 au 12 mars. 

Voici, en effet, le plus ancien des festivals tournaisiens, il est né en 1988 sur une initiative de quelques Tournaisiens passionnés des arts circassiens parmi lesquels on retrouvait Jean-Paul et Jean-Yves Lenglez, libraires à la place de Lille. Ceux-ci étaient des amis de Patrick Hourdequin, le Tournaisien directeur artistique du Festival du Cirque de Monaco décédé en 2016 et connaissaient également de nombreux directeurs de cirque (Tony Boltini, Rancy, Althoff...). La première édition se déroula sous le chapiteau du cirque d'Annie Fratellini qui en fut tout naturellement la première Présidente. Elle fut suivie plus tard par Patrick Hourdequin, Philippe Grombeer, Directeur du Festival des Doms à Avignon et Jean Roc Achar, Directeur de l'Ecole Nationale de cirque de Montréal.

Jusqu'en 2005, "la Piste aux Espoirs, le festival de Cirque amateur", était un concours annuel permettant de découvrir des futurs artistes de cirque et des groupes amateurs qui se produisaient pour le plaisir. Le public tournaisien s'émerveilla devant les prouesses exceptionnelles des artistes chinois, russes, français, canadiens, anglais et belges, bon nombre d'entre-eux se partagèrent les lauriers et voyagent désormais avec les plus grands chapiteaux. Grâce à ce rendez-vous annuel, des contacts amicaux ont été noués avec les écoles supérieures de cirque de France (Châlons-en-Champagne, Auch...), du Canada, de Chine, d'Angleterre  et de Russie.  

Après l'année 2005, suite à la reprise par un nouveau comité qui sera par la suite dirigé par François Guilbert, le concept va évoluer car les nouveaux responsables sont nettement moins tournés vers le cirque traditionnel avec ses strass, ses jeux de lumières, son monde du rêve pour petits et grands. La Piste aux Espoirs devient biennale tandis que le concours qui drainait jusqu'alors les amoureux du cirque et tenait, chaque année, en haleine les spectateurs passionnés de cet art était définitivement supprimé. C'est un peu de son âme que la festival a perdu avec ce renouveau car, à partir de cet instant, les artistes ne se produiront plus seulement sous un chapiteau mais aussi en rue ou dans des salles comme la Halle-aux-Draps, la salle La Fenêtre, siège du "Mômes Circus" tournaisien et même cette année au sein des Ateliers Louis Carton. Il nous est donné d'assister à une sorte de retour aux sources, au temps des foires, des jongleurs et équilibristes sur les places, des cracheurs de feu et des montreurs d'ours. 

Cette année, les troupes ou artistes programmés viennent uniquement de France, d'Espagne et de Belgique. Si le cirque est toujours le ténu fil rouge de ce festival, de nombreux numéros présentés ces dernières années peuvent aussi participer à des émissions de music-hall comme celle présentée par Patrick Sébastien et son "Plus Grand Cabaret du Monde" à condition de ne pas s'y produire, comme c'est trop souvent le cas aujourd'hui, en jeans troués et pulls délavés. 

S.T. Janvier 2017

 

28 janv.
2017

10:12

Tournai : expressions tournaisiennes (393)

On n'peut pos ête et avoir été !

"Edmeond, ravise ein peu ce qu'te fais, t'es acore in train d'berlauder, j'vas servir mi-même l'jatte de café, autermint j'vas acore ête obligée d'tout erloqu'ter".

Fifinne n'éteot pos à printe ave des épinchettes et tout risqueot acore d'partir in chuchette

A eine occasieon ou bin à eine eaute, j'aveos d'jà ormarqué qu'i-aveot l'trimblote mais, rasseurez-vous, ch'n'est pos eine maladie d'vieillesse, neon, tout simplemint i-n'ravise pos c'qui fait quançqu'i-verse !

Et avé cha, i-a toudis eine pièche à mette au treo, ichi, pa eximpe, l'pocheon i-éteot treop quieaud. 

"J'ai bin vu que, pa l'cassis, t'éteos in train d'orwettier quoisqu'i-s'passeot, déhors, su l'quai. Pourtant d'puis l'début du meos d'janvier, on est bin leon d'ête in été et pa c'temps là, on n'veot pos les feimmes alleongées su les batieaux pou bronzer. Pou ti erluquer les belles mam'zelles in p'tites tenues, pou cha, on peut dire que te n'as pos eine bleusse vue".

Ch'est pos toudis vrai pasque quançqu'i-n'veut pos vir eine séquoi, Edmeond, i-met su s'nez des neunettes à glaches de beos

Ch'est ainsin que de l'vieillesse, on a comminché à parler, de tout c'qui dins l'vie des gins s'met peu à peu à canger et, inter-nous, on a surtout évoqué l'raminvrance du temps passé et ch'est à pus d'chinquante ans in arrière qu'on est ortourné

Comme j'les ai connus qu'i-éteot'ent d'jà ortraités, mes deux gins, jeones, j'ai toudis eu bin du mau à les imaginer. Aussi, ch'est religieus'mint que j'ai acouté, tout quoisqu'Edmeond i-aveot à raqueonter :

"Quançque j'aveos siept, huit ou dix ans, mi, à l'école, j'alleos à pied, même pa l'pluèfe ou l'neiche, i-suffiseot d'bin s'habiller. In hiver, ch'est à courtes mareonnes qu'on alleot pourméner, ch'éteot beon, on veyeot nos gampes dev'nir rouches tell'mint no sang i-éteot fouetté. Dire qu'asteur, ch'est incroyape, presque tous l'p'tits rotleots, on les conduit jusqu'à l'porte d'l'école in auteo. Après on est saisi qu'i-z'attrape'tent toutes les maladies, bé, ces paufes infants i-n'seont pos indurchis".

Fifinne qui, pindant c'temps-là, éteot occupée à busier, de s'n'heomme elle a bin vite pris l'erlais :

"Tous les saim'dis, j'alleos avé m'mamère, au marché su l'plache Saint-Pierre. I-z'éteot'ent saprémint lourds, nos cabas bin rimplis pasque, pou toute l'sémaine, on aveot acaté des légueimes et des fruits. Après, chez Mossieu Craye, l'boucher, on passeot queusir l'morcieau d'bouli qu'à no maseon on mingeot tous les diminches à midi".

I-n'in falleot pos puque pou dérévier l'galafe d'mari pasque pou boire et minger i-n'a pos pire que li :

"Ahais, l'fameux bouli du diminche à midi... I-cuiseot, tout douch'mint su l'étufe dins eine bouilleon ave des carottes, des navieaux et des porieons. Au mitan du plat in porcelaine, je'l'veos acore feumer, on l'serveot avé de l'moutarte et des penn'tières in purée. Asteur, i-feaut des menus exotiques, des hamburgers ou des plats asiatiques, des plats tout préparés à mette dins l'micro-onde pou les récauffer et comme dit Fifinne, asteur... ch'est cauchemar in cuisine".

J'ai mis m'grain d'sel, pasque, mi aussi, tout à n'ein queop, j'm'sus rapp'lé, l'jour dusque m'mamère elle m'a moutré commint on d'veot faire l'café :

"Te veos, te mets trois cuillères rases dins l'moulin, te tournes l'manivelle pou écraser les grains, pindant qu'l'ieau su l'feu elle bout, te mets l'café moulu et l'chicorée dins l'marabout. T'attinds que toute l'ieau elle passe avant d'pouvoir déguster l'prumière tasse. Pou faire eine jatte d'chéribeon, i-falleot ein temps pus ou moins leong. Ch'est pus du tout l'même asteur, te mets l'ieau dins l'percolateur, te mets l'prise à l'élestrique et après tout i-est automatique. Si on t'fait ormarquer que l'café i-met lommint à passer, te peux toudis répeonte que l'machine elle a b'soin d'ête détartrée". 

"Mi, i-a eine cosse que j'n'ai jamais oblié, ch'est les porménates du diminche après-deîner. L'été on parteot, à pied, au beos d'Ere ou au Meont Saint-Aubert dusqu'avant d'orvenir ein buveot ein seul verre pasque qu'on aveot eine belle trotte à faire. Pindant les meos d'hiver, on alleot à l'Poire Cuite dusque m'mopère i-jeueot aux fiers ou bin, à l'rue Saint-Martin, chez Emile Jacquery, dusque qu'avé des amisses on aveot bin du lari. Asteur, l'diminche, in voiture, i-feaut aller bin leon et s'énerver, tout l'leong du qu'min, dins les boucheons. Quançqu'on orcomminche l' lindi au matin, i-feaut vir comme on est fier de dire que l'velle, on a été passé... à peine treos heures à la mer".

"Quançque j'pinse aux jeux des infants, ch'est parel, su les trottoirs, on jeueot à l'blute ou à l'marelle, les files à l'dinette et les garcheons à l'guilette. Su l'plaine, avé deux feos rien ein nouvieau meonte on invinteot, on éteot Prince Vaillant, Zorro, Ivanhoe ou bin acore Robin des Beos. Asteur, i-seont tertous pa d'vant les jeux électroniques, accaparés, ébeubis et rimplis d'tics. I-n'ont même pus l'temps d'parler, l'PC i-est in train d'les minger. L'jeu, programmé d'avanche, i-n'a pus rien pou développer l'imaginatieon, du queop, i-n'savent pus faire l'différince inter l'réalité et l'fictieon". 

Comme vous l'veyez, les temps ont bin cangé et avec eusses on a vu évoluer l'mintalité. Aujord'hui, on n'cache pus après l'simplicité, on direot qu'i-feaut paraîte pou ête admiré. Comme m'dit souvint quéqu'ein que j'conneos bin : "l'progrès i-feaut l'accepter ave ses beons et ses mauvais côtés. Après tout, dins l'vie, on n'peut pos ête et avoir été, i-feaut rester optimiste et vers l'avant toudis raviser !".

(lexique : raviser (ou orwettier) : regarder / acore : encore / berlauder : verser à côté, répandre, gaspiller / autermint : autrement / erloqu'ter : nettoyer avec une serpillière humide / printe : prendre / des épinchettes : des pincettes, "n'pos ête à printe ave des épinchettes" signifie être de très mauvaise humeur / eine chuchette: une suçette / eaute : autre / ormarqué (ou ermarqué) : remarqué / avoir l'trimblote : être pris de tremblements / neon : non / avé : avec / quançque : lorsque / l'tréo (ou l'tréau) : le trou, l'expression "avoir eine pièche à mettre au tréo" signifie avoir réponse à tout, toujours trouver le moyen de se disculper / eine pièche : une pièce / l'pocheon : petit récipient, petit pot / quieaud : chaud / l'cassis : le châssis / orwettier (ou raviser) : regarder / quoisqu'i-s'passe : qu'est-ce qui se passe / l'meos : le mois / ête bin leon : être bien loin / erluquer : reluquer, regarder avec une attention soutenue / les mam'zelles : les demoiselles, les mademoiselles / avoir eine bleusse vue : avoir la berlue / toudis : toujours / eine séquoi : quelque chose / des neunettes à glaches de beos : des lunettes aux verres de bois désigne des lunettes pour ne pas voir / ainsin : ainsi / commincher (ou qu'mincher) : commencer / canger : changer / inter-nous : entre-nous / avoir l'raminvrance : se souvenir / chinquante : cinquante / ortourné (ou ertourné) : retourné / ortraités : retraités, en Belgique on dit également "pinsieonnés" pour pensionnés / jeones : jeunes / avoir du mau : avoir du mal, avoir des difficultés / acouter : écouter / raqueonter : raconter / l'pluèfe : la pluie / l'neiche : la neige / les mareonnes : les culottes, les pantalons / pourméner (ou porméner) : promener / les gampes : les jambes / rouches : rouges / tell'mint : tellement / asteur : maintenant / les rotleots : désigne les roitelets, par extension nom donné aux petits enfants / les paufes : les pauvres / indurchis : endurcis / busier : réfléchir, songer / printe l'erlais : prendre le relais / L'mamère : la mère / l'plache : la place / saprémint : sacrément, fameusement / les cabas : les sacs à provisions / acater : acheter / les légueimes : les légumes / queusir : choisir / l'bouli : le bouilli, morceau de viande pour pot au feu / pos puque : pas plus / dérévier : réveiller / l'galafe : le gourmand, le goinfre / ahais : oui / l'étufe : poêle à pot rond relié à la cheminée par une longue buse / des navieaux : des navets / des porieons (ou porgnieons) : des poireaux / au mitan : au milieu / feumer : fumer / des penn'tières : des pommes de terre / récauffer : réchauffer / tout à n'ein queop : tout à coup / dusque : où / moutrer : montrer / l'marabout : la cafetière / du chéribeon : de l'excellent café / leong : long / l'élestrique : l'électricité / lommint : longtemps / eine cosse : une chose / oblier : oublier / après-deîner : après-midi / eine trotte : une longue distance en parlant de route / des amisse : des amis / avoir du lari : avoir du plaisir / l'qu'min (ou l'quémin) : le chemin / vir : voir / l'velle : la veille / parel : pareil / l'blute : petite toupie qu'on faisait tourner en la fouettant / l'guilette : morceau de bois d'une quinzaine de centimètres qu'on frappait une première fois pour la soulever et une seconde pour l'envoyer vers une cible désignée, jeu finalement interdit parce que dangereux / ébeubis : admiratifs / d'avanche : d'avance / du queop : du coup, dès lors / eusses : eux / quéqu'ein : quelqu'un).

S.T. Janvier 2017. 

 

10:12 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, patois, picard |

25 janv.
2017

14:12

Tournai : balades en ville - Autour de l'Hôtel de Ville !

J'entame aujourd'hui une visite virtuelle de Tournai uniquement par l'image. Voici donc quelques documents photographiques extraits de ma collection, des photos qui datent des années 2003 à 2006, prises au cours de diverses balades dans les rues de la cité des cinq clochers. Il est à noter que si ces clichés ont été réalisés, il y a environ 14 ans, ils représentent des endroits de la ville qui ont été épargnés par les nombreux chantiers. Le visiteur pourra donc les retrouver aisément dans les quartiers proches de l'hôtel de ville.

2003 Tournai cloître de l'Hôtel de Ville.JPG

1. Le cloître de l'Hôtel de Ville vu du parc communal.

2006 Tournai fontaine du parc communal.JPG

2. Fontaine dans le parc communal

2003 Tournai statue de Louis Gallait.JPG

3. La statue du peintre tournaisien Louis Gallait (au fond, à droite la cour d'honneur de l'Hôtel de Ville). Déplorons que ce superbe lieu soit en permanence pollué par un des symboles du progrès : la voiture !

2003 Tournai kiosque parc communal.JPG

4. Le kiosque du parc communal où se produisit, a cappella, le baryton Jean Noté et où étaient donnés jusqu'il y a peu les concerts d'ouverture de la Kermesse de septembre par l'Harmonie des Volontaires Pompiers. 

2003 Tournai place Reine Astrid.JPG

5. La place Reine Astrid vue du parc communal, havre de paix au cœur de la cité (à noter que la façade de l'immeuble a été rénovée récemment).

2003 Tournai Tour de la Loucherie.JPG

6. La tour de la Loucherie dans la rue Garnier

2006 Tournai Tour de la Loucherie (1).JPG

7. Tour de la Loucherie (vue sous un autre angle).

2005 Tournai rue Saint-Martin (2).JPG

8. La rue Saint-Martin et la cathédrale Notre-Dame pas encore corsetée d'échafaudages métalliques. 

2006 Tournai ferme rue de France (2).JPG

9. Ancienne ferme Casterman située à la rue de France

2006 Tournai ferme rue de France (3).JPG

10. La même ferme vue sous un autre angle.

(documents photographiques : 1-3-4-5-6-8 Serge Tranchant - 2-7-9-10 Francis Bauduin).

S.T. janvier 2017

23 janv.
2017

12:22

Tournai : le cœur de la Wallonie picarde (15)

Afin de respecter l'ordre alphabétique habituel de présentation des communes formant la Wallonie picarde, l'entité de Péruwelz devait être évoquée mais des recherches étant toujours en cours et des renseignements devant toujours être reçus, c'est à la découverte de l'entité de Rumes que nous partons.

Rumes.

Le village de Rumes, situé le long de la Nationale 508 reliant Tournai à Douai (F), est distant d'environ neuf kilomètres de la cité des cinq clochers et d'un peu plus de trois kilomètres de la frontière française.

Lors de la fusion des communes du 1er janvier 1977, les villages de La Glanerie et de Taintignies lui ont été rattachés. Ces trois villages sont essentiellement agricoles et leurs paysages bucoliques sont exempts de sites industriels. 

Une découverte d'outils en pierre faite, il y a quelques années, lors de travaux effectués le long de la chaussée de Douai démontre que des hommes y habitaient déjà durant la préhistoire.

Le patrimoine de la commune est composé de "l'église Saint-Pierre" qui s'élève sur la place, entourée de son ancien cimetière (le nouveau se trouve à l'extérieur du village sur la route menant à Esplechin). L'édifice actuel a été construit en 1784 en style néo-roman, à l'emplacement où s'élevait, jadis, une église propriété de l'abbaye de Saint-Amand-les Eaux. L'ancien chœur en style gothique tardif a d'ailleurs été conservé. A l'intérieur, on peut découvrir le double Mausolée des Comtes de Beauffort, érigé en 1650, afin de perpétuer la mémoire des seigneurs de Rumes. Y sont inhumées les dépouilles de Philippe de Beauffort, conseiller et Chambellan de Charles-Quint et de son épouse Jehanne de Halluin, ainsi que celles de Georges de Beauffort, de son épouse et d'un enfant probablement mort en bas-âge. 

A la sortie du village sur la route qui mène à Esplechin s'élève un calvaire dont la première pierre a été posée le lundi de Pentecôte, 28 mais 1855. Ses colonnes sont en pierre de Maffle, les socles, bases et chapiteaux en pierre de Tournai. Il abrite un Christ en croix entouré de deux saintes femmes dont la Vierge Marie. 

La "Stèle de la Résistance" rappelle que le 2 septembre 1944, les résistants belges de l'Armée secrète entourés de la population du village accueillirent le premier régiment américain de la 2ème D.B. USA "Hell on Wheels". 

En plus de sa braderie annuelle, Rumes organise le dernier week-end de septembre "l'Fiête de l'penn'tière d'ichi" (la fête de la pomme de terre de chez nous), trois journées festives consacrées à ce tubercule omniprésent dans la cuisine belge. Dégustations culinaires, conférences, spectacles pour enfants, concerts, balades en tracteurs anciens, rallye vélo, marches... voilà quelques activités notamment inscrites au riche programme de ce week-end qui amène de très nombreux visiteurs venus tant de Belgique que du Nord de la France. 

Le dernier week-end de novembre se tient "BD Rumes", le festival de la bande dessinée auquel participent de nombreux auteurs belges et français qui y dédicacent leurs œuvres.

Au cours des différentes festivités organisées à Rumes, vous rencontrerez certainement le géant "Gaston l'Machon". Il est le véritable symbole des trois villages de l'entité où, jadis, de nombreux habitants exerçaient la profession de maçon. La plupart d'entre-eux étaient des ouvriers frontaliers qui se rendaient quotidiennement dans le Nord de la France pour travailler dans le secteur de la construction. 

On ne peut parler de Rumes sans évoquer le parcours qu'accomplit un de ses enfants, Hubert Plovier, fils de Marc et de Myriam Créteur, né le 20 juin 1990, cadet d'une fratrie de quatre enfants. Après les maternelles et les études primaires effectuées à l'école Saint-André à Tournai, le jeune Hubert choisit le Collège Notre-Dame dans la cité des cinq clochers pour les Humanités. Très jeune, ses parents s'aperçoivent qu'il est curieux de tout et, dès l'âge de onze, il participe aux camps de l'association "Jeunes et Nature" de la localité dont il deviendra animateur cinq ans plus tard. Après des études universitaires à Namur, dans le cadre du projet Erasmus, il part une année à Göteborg afin de parfaire son bagage scientifique. Revenu au pays, il est désormais chercheur au F.N.R.S. et doctorant en sciences biomédicales et pharmaceutiques sur le site de Louvain en Woluwe. Intégré à l'équipe du Professeur Patrice Cani (titulaire du Grand Prix Brillet Latour 2016), il participe actuellement à une importante étude sur la bactérie "Akkermansia Muciniphila" susceptible d'apporter de réels progrès dans la lutte contre le diabète de type 2, l'obésité et probablement l'inflammation de l'intestin (débouchant parfois sur des cancers). La protéine AMUC 1100 est actuellement au second stade de la recherche et les espoirs que sa découverte a fait naître pourraient apporter un réel progrès dans ce domaine de la santé. 

Le village de Taintignies (anciennement nommé Taintegnies ou en patois Tainch'nies) s'étend autour de son église Saint-Amand inaugurée le 7 septembre 1891. Il présente la particularité de posséder également un temple protestant édifié en 1909, en remplacement du tout premier érigé en 1869. En effet, depuis 1830, une communauté protestante avait vu le jour au sein du village. 

Le village de Glanerie jouxte la France sur presque toute sa longueur, il en est séparé par un ruisseau, l'Elnon, qui trace la frontière au-delà de laquelle se trouve le village français de Mouchin.

Le 2 septembre 2009, personnalités militaires et civiles, belges et étrangères s'y donnèrent rendez-vous afin d' inaugurer le mémorial aux héros de la libération de 1944. Au centre d'un petit square fleuri, formant un carrefour à la jonction des routes menant à Howardries d'une part et à Mouchin d'autre part, se dresse la statue d'un motard de l'armée américaine. Celui-ci, chargé de la reconnaissance, était entré par inadvertance sur le territoire belge, le 2 septembre 1944. 

Le 15 août, le village organise la "Fête de la Moisson à l'ancienne". Après un office religieux sous chapiteau, la participation au marché artisanal et à l'apéro, il est donné aux nombreux visiteurs, venus de France et de Belgique, l'occasion d'assister à diverses animation représentant le travail agricole de jadis. Hommes, chevaux, matériel et tracteurs anciens, troupeaux de moutons (avec démonstration du travail du chien de berger) transportent le spectateur au milieu du siècle dernier lorsque l'agriculture n'était pas encore mécanisée. 

Les paysages de l'entité de Rumes incitent à la balade pédestre ou cycliste, une occasion sera donnée aux promeneurs de Belgique et de France qui voudraient découvrir cette campagne verdoyante par le "Beau Vélo de Ravel" qui y fera étape en cette année 2017.

(sources : site de la commune - recherches personnels et visites sur place).

S.T. janvier 2017

20 janv.
2017

13:49

Tournai : expressions tournaisiennes (392)

Les ambitieons d'Edmeond !

Au matin, au momint d'déjeuner, in déposant su l'tape s'gazette, Edmeond i-s'a mis à mareonner in grattant à s'tiête. Cha fait asteur pus d'dix ans que no bonheomme i-a quitté l'ouvrache et i-gagne, au puque, chint vingt eureos qu'ein qui orchoit l'chômache ! I-s'a ortourné su Fifinne, s'feimme qui, dins l'fauteul, tricoteot et i-li a dit :

"J'comminche un p'tit peu à l'feos à d'avoir plein l'deos, j'vas devoir cacher après ein p'tit bouleot pou arrondir nos fins d'meos, cha fait asteur pus d'deux ans qu'no pinsieon elle n'a pus eu l'pus p'tite aurmintatieon. J'ai bin busié d'queurir à Paris pou m'inscrire au jeu des "Douze Coups d'Midi". Te sais qu'i-aveot là-vas ein garcheon qui n'aveot pos ein reond et qu'i-est ortourné à s'maseon avé près d'ein millieon. A t'mote, Fifinne, rimporter, in jeuant, ein millieon, cha n's'reot pos là eine si mauvaisse solutieon ?". 

"Pou aller là, i-feaut avant toute cosse, eine riche culture générale et t'es d'jà eine canule quançque te deos citer l'neom des pays et des capitales".

"Ahais, ch'est vrai, i-feaudreot que j'trouèfe ein bouleot à faire seul'mint... treos au quate feos pa meos".

"Quoisque te dis ? Ertourner ouvrer à t'n'âche, mais espèce de loleo, te n'as jamais rien su faire d'tes dix deogts !".

"Ch'est pos d'mes mains mais de m'tiête que j'sus adreot et, tout d'abord, te sais bin que j'ai eine belle veox".

"Ahais, t'iras canter : Marinella, sers me acore eine beonne Stella ou bin de toutes les manières ch'est l'bière que j'préfère".

"J'sus ein espécialisse in parodies, mi, j'in ai écrit des chintaines dins m'vie, j'vas t'faire acouter m'nouvieau succès, i-est tout nué, cha fait deux jours que j'l'ai composé".

"Ti, ti, ma belle Andalousse, aussi belle que jalousse, i-n'a pos que l'bière qui mousse, ti, ti, ma belle Espagnole quand te danses l'carmagnole, j'sins tranner mes deux guibolles".

"Ahais, j'orconneos l'air, j'l'intinds souvint su Radio Contact, ch'est l'succès actuel d'... Jacques Chirac !".

"Bé milliards, dusque te t'in vas, l'incien présidint i-n'a jamais écrit cha. Mais mi, j'ai écrit : elle habite Barry, près d'l'incienne chuqu'rie, elle habite Barry, et d'puis elle m'oblie".

"Quançqu'à l'radio, à chaque feos que j'intinds m'n'heomme canter, j'ai l'raminvrance du qu'min Willems dusqu'habiteot m'parrain René. Y-est beon va, te n'as aucune sanche ave parelles cancheons, cha n'va pos t'faire rapporter bramint d'liards à l'maseon, te n'es même pos assez beon pou faire l'concours du Cabaret Walleon".

"Si te trouèfes que je n'sus pos beon pou l'cancheon, j'ai eine eaute solutieon, j'vas ête candidat aux prochaines électieons. Comme on n'voudra pos d'mi dins l'gouvernmint régional, j'vas postuler pou intrer dins eine intercommunale et in étant dins l'consel d'administratieon, ch'est comme si j'alleos jeuer à "Qui veut gagner des Millions" ? Treos feos pa meos, on viendra, ave eine auteo, m'querre à l'maseon, j'irai tout simplemint pou acter m'présince à l'réunieon, alfeos, pa honnêteté, j'restereos pou lire m'tablette ou pousser ein p'tit roupilleon et à l'fin du meos, j'orchevrai l'prix d'mes j'teons. A la fin du queompte, total, pos d'bile, te vas vir ichi caire les billets d'chint et d'mille" (*). 

"Te n'peux pos faire des affaires ainsin, ch'est des méthodes d'margoulins !".

"Mo bé, eine feos que t'es dins l'politique, ch'est comme si ch'éteot automatique, on pluque presque tertous dins l'assiette au beurre et on fait cha sans heonte et même sans pudeur".

"J'ai pourtant intindu ein qu'i-aveot dit qu'i-in aveot marre des parvenus".

"Bé l'ceu qui a dit cha, ch'est seûrmint ein jour qu'i-aveot bu. J'te l'dis, Fifinne, ch'est seul l'moyen d'mette bramint d'liards à s'tasse et... creos me, comme on dit, tant qu'cha dure, ch'est ducasse, i-a jamais perseonne qui va m'critiquer puisque d'puis toudis, i-l'ont presque tertous fait".

"Edmeond, j't'in supplie, reste bin ichi à t'plache, j'n'osereos pus m'raviser dins eine glache"

"Ahais... mais quançque t'as treop de scrupules, dins l'vie, te n'avanches pos, t'ercules".

Veyant que s'feimme elle éteot défoutue, Edmeond li a dit :

"Cha n'fait rien, on n'in parle pus".

Après ein momint, Fifinne l'a orwettié, s'n'heomme i-aveot l'air débiboché :

"Je n'sus pos conte l'fait que t'alles ouvrer, mais j'voudreos que cha soiche in toute honnêteté".

"Bé je l'sais, d'puis l'temps qu'on est marié, j'te conneos bin, mais je n'vas pos aller ouvrer chez Vidange-Eclair pou peomper l'brin". 

"Et alors, si t'as eine pétite écapure et qu'cha aurminte nos moyens, dins l'vie, i-n'a pas d'seots métiers, i-n'a qu'des sottes gins !". 

Et ch'est ainsin qu'Edmeond i-a qu'minché à déposer dins vos boîtes à lettes les publicités mais au tout prumier queop d'freod, i-a tout d'suite tout arrêté pasque l'peu qu'i-aveot gagné, ch'est quand même pos au docteur qu'i-alleot l'deonner !

(*) Tout cha, bin seûr, ch'est eine histoire total'mint inventée, toute orsannance ave des gins ou des faits qui existent ou bin ont existé n'est vraimint pos possipe dins ein pays aussi évolué, soyez rasseurés, cha n'peut pos s'passer des parelles malhonnêtetés... à moinse que l'meonte i-a bien cangé et qu'pa des agripins, des profiteus et des macaveules no pays i-est asteur dirigé". 

(lexique : su l'tape : sur la table / mareonner : murmurer / asteur : maintenant / au puque : tout au plus / orchevoir (ou erchevoir) : recevoir / s'ortourner (ou s'ertourner) : se retourner / commincher (ou qu'mincher) : commencer / l'deos : le dos / cacher après : chercher / l'pinsieon : en Belgique, le mot pension est synonyme de retraite / eine aurmintatieon : une augmentation / busier : penser, songer, réfléchir / queurir : courir / là-vas : là-bas / ein garcheon : un garçon / à t'mote : a ton idée, selon toi, qu'en penses-tu ? / eine cosse : une chose / eine canule : un incapable / quançque : lorsque / ahais : oui / j'trouèfe : je trouve / l'âche : l'âge / ein loleo : un innocent / l'deogt : le doigt / adreot : adroit / eine veox : une voix / canter : chanter / ein espécialisse : un spécialiste / des chintaines : des centaines / acouter : écouter / tout nué : tout neuf / tranner : trembler / incienne : ancienne / l'chuqu'rie : la sucrerie / oblier : oublier / canter : chanter / avoir l'raminvrance : se souvenir / eine sanche : une chance / eine parelle cancheonne : une chanson pareille / bramint : beaucoup / jeuer : jouer / ein meos : un mois / ichi : ici / querre : chercher / alfeos : parfois / l'queompte : le compte / caire : tomber / ainsin : ainsi / pluquer : picorer, grappiller / tertous : tous / l'ceu : celui / seûrmint : sûrement / creos me : crois moi / toudis : toujours / eine plache : une place / raviser (ou orwettier) : regarder / eine glache : une glace / s'erculer (ou s'orculer) : se reculer / ête défoutu : découragé, démoralisé, déçu / orwettier (ou raviser) : regarder / débiboché : contrarié / conte : contre / cha soiche : cela soit / l'brin : mot désignant les excréments / eine écapure : une dringuelle, une gratification, une étrenne / aurminter : augmenter / qu'mincher (ou commincher) : commencer / les lettes : les lettres / prumier : premier / queop d'freod : coup de froid / pasque : parce que / eine orsannance : une ressemblance / rasseuré : rassuré / canger : changer / des agripins : des voleurs / des profiteus : des profiteurs / des macaveules : des gens qui ont une mauvaise vue, des myopes).

S.T. janvier 2017.

13:49 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, patois, picard |

18 janv.
2017

13:21

Tournai : l'élargissement de l'Escaut, acte I - scène 1

Le prélude au grand bouleversement !

Enfin diront certains, hélas penseront d'autres : nous y voilà ! Dans quelques jours, le 23 janvier précisément, le pont Notre-Dame sera mis en position haute et sera ainsi interdit à toute circulation pour une dizaine de semaines. Même si sa rénovation est prévue de longue date et est indépendante du projet qui a fait couler beaucoup d'encre, ces deux dernières années, à Tournai, pour certains, ce chantier représente le prélude aux grandes manœuvres découlant du projet Seine-Nord que la France ne semble pourtant pas décidée à rapidement mettre en oeuvre puisque le "Journal Officiel", l'équivalent de notre Moniteur Belge, reste muet à ce sujet.

Attendus par ceux qui y voient un intérêt économique certain, redoutés par les habitants du quai Saint-Brice qui vont connaître un rabotage maximum de leur voirie, espérés par les adeptes de la modernisation et regrettés par les amoureux de l'image "éternelle" de Tournai, ces travaux annoncent ceux qui, de la halte nautique au Pont des Trous, vont défigurer Tournai pendant trois ou quatre années. Avec la cathédrale dont l'énorme chantier a débuté, il a près de quinze ans, avec le quartier cathédral qui n'est pas entièrement terminé (des finitions sont encore nécessaires) et avec tous les projets prévus pour cette année et dont nous avons parlé précédemment, le Tournaisien ne doit pas s'attendre à promener tranquillement dans les rues de sa cité au cours des années à venir.  

Les opposants au projet d'élargissement de l'Escaut semblent croire que jamais des travaux aussi importants n'ont été réalisés par le passé sur le fleuve. Sans remonter jusqu'à Louis XIV qui a profondément modifié le visage de l'Escaut dans sa traversée de la ville, nous avons retrouvé des documents photographiques extraits de la presse locale durant le XXème siècle qui prouvent le contraire.

Sur le premier document datant de 1910, découvert dans le "Courrier de l'Escaut" par ce dénicheur d'archives qu'est mon ami Jean-Paul Foucart, on peut voir un remorqueur passant sous le Pont-à-Pont, encore appelé Pont-aux-Pommes, un bateau obligé de coucher sa cheminée. Le pont ne ressemble en rien à celui qu'on connaît aujourd'hui et qui est appelé à disparaître prochainement (photo 2 de 1954)

1910 Tournai le pont aux pommes.JPG

1954 Tournai Pont à Pont.jpg

Entre 1910 et 1920, le pont levant Notre-Dame présente une structure bien différente de celle qui est la sienne aujourd'hui.

Tournai Pont Notre-Dame début du XXe siècle.jpg

1963 Tournai Pont Notre-Dame.jpg

Un document de 1936 montre un Pont des Trous nettement différent de l'actuel.

1936 Tournai le Pont des Trous.jpg

Tournai Pont des Trous années 50.jpg

Même le Pont de Fer a subi de profondes modifications, il se trouvait jadis dans l'axe de la rue du Château et lors de sa reconstruction, après la guerre, il a été érigé à l'endroit actuel en prolongement de la rue du Cygne.

Tournai Pont de Fer au début du XXe siècle.JPG

Tournai Pont de Fer avant 1940.jpg

le pont de fer avant la seconde guerre mondiale

1953 Tournai chantier du Pont de Fer.jpg

Une ancienne lithographie présente le Pont de l'Arche, à Saint-Jean, qui a totalement disparu pour permettre la navigation moderne. 

1954 Tournai Pont de l'Arche.jpg

Les quais aussi ont été profondément modifiés, il suffit de se rappeler les importants travaux réalisés dans les années soixante au Luchet d'Antoing.

1956 Tournai Luchet d'Antoing.jpg 

Le Luchet d'Antoing en 1956

1961 Tournai Luchet d'Antoing.jpg

la dernière péniche déchargée sur l'ancien quai du Luchet d'Antoing en 1961.

1964 Tournai Luchet d'Antoing.jpg

le Luchet d'Antoing en 1964

Conclusions.

Comme on le voit, une ville vit, évolue, se transforme. Son visage est sans cesse remodelé au fil des siècles. L'important n'est pas de figer sa structure pour des millénaires mais de conserver, avant tout, intacts les témoignages de son riche passé. Il y a vandalisme lorsqu'on touche au patrimoine de la cité. En cela, nous rejoignons les arguments émis par les opposants au projet de transformation du Pont des Trous. La nouvelle mouture proposée pour ce dernier alliant le côté massif des tours moyenâgeuses à la dentelle ultra moderne des fines arches (même si la structure reste en pierre comme cela a été souhaité par les Tournaisiens) choque les amoureux de Tournai et l'Optimiste, défenseur de sa ville natale et de son patrimoine, est forcément de leur avis. Il faut être Tournaisien pour comprendre cela !

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L'économie primant sur le tourisme, l'Escaut, à Tournai, ne sera jamais un long fleuve tranquille

(photos : "Le Courrier de l'Escaut" - presse locale - collection de l'auteur)

S.T. janvier 2017

16 janv.
2017

15:46

Tournai : le cœur de la Wallonie picarde (14)

Nous poursuivons cette série d'articles consacrés aux communes composant la Wallonie picarde par la découverte de l'entité de Pecq

Pecq.

La commune de Pecq, située sur l'axe Tournai - Kortrijk (la N50), est distante d'environ neuf kilomètres de la cité des cinq clochers et de dix-sept de la cité des Eperons d'Or. 

Depuis la fusion des communes du 1er janvier 1977, les villages d'Esquelmes, Hérinnes, Obigies et Warcoing lui ont été rattachés.

Pecq et Esquelmes se trouvent sur la rive gauche de l'Escaut, Hérinnes et Obigies sur celle de droite.  

A Pecq, l'église Saint-Martin, située sur la place, est de style gothique tournaisien tardif, elle a été édifiée entre le XVème et le XVIème siècle. 

Pecq est la cité natale (en 1916) de Lucien Jardez, auteur patoisant reconnu et ancien Président de la Royale Compagnie du Cabaret Wallon Tournaisien.

La particularité de cette commune réside dans le fait qu'elle est surtout connue par les activités des villages qui lui ont été rattachés.

Esquelmes, situé le long de l'Escaut, au milieu d'un paysage bucolique, possède une petite église dédiée à saint Eleuthère. Située au bout d'une allée arborée, entourée de son cimetière, elle est une des plus anciennes églises de Belgique. De style roman, elle date en effet du XIème siècle.

Le village d'Hérinnes, situé sur l'axe qui relie Tournai à Oudenaarde (via Escanaffles), est une localité principalement agricole. L'église Sainte-Aldegonde, de style roman, a été construite au milieu du XIXème siècle, elle est l'oeuvre de l'architecte tournaisien Justin Bruyenne. Dans le hameau de Léaucourt situé entre Hérinnes et Obligies, la "Maison de Léaucourt" est un lieu touristique, point de départ de belles balades guidées et d'animations pédagogiques consacrées à la découverte de la zone humide. La Maison de Léaucourt est située le long d'un ancien méandre de l'Escaut. La "Ventelle de Léaucourt" date de 1905 et a fonctionné jusqu'en 1953. Elle protégeait les localités des inondations provoquées par les débordements du fleuve. Elle a été restaurée en 1995. 

Le village d'Hérinnes est connu en Belgique et à l'étranger grâce à son "Brass Band". En 1861 fut fondée la fanfare "l'Union" d'Hérinnes. En 1977, sous la direction d'un jeune chef tournaisien ayant grandi à Warcoing, Edouard Elekan, elle adopta un large virage musical et devint le "Brass Band d'Hérinnes". Sous sa direction passionnée, le groupe musical donna de nombreux concerts en Belgique mais aussi au Grand-Duché de Luxembourg, en Allemagne, au Pays-Bas, en France et en Angleterre. Le chef se lia d'amitié avec le compositeur et arrangeur allemand Heinz Koldtiz qui vint régulièrement écouter l'orchestre et parfois même le diriger. Les prestations musicales du Brass Band d'Hérinnes furent gravées sur disques et sur CD. La télévision locale tournaisienne No Télé lui consacra un long documentaire et relaya même un concert donné à la Maison de la Culture de Tournai. En 2013, après plus de quarante années passées au service de la musique, ce chef que certains croyaient inamovible quitta brusquement le groupe et fut remplacé par Madame Aurélie Ducat. Les tensions apaisées, le Brass Band a poursuivi son petit bonhomme de chemin et fête, en 2017, ses 176 années d'existence.

Quel jeune (ou moins jeune) ne connaît pas le nom du village d'Obigies. Depuis plus de quarante ans, sa "Fête des Jeunes" organisée, chaque année à la mi-août, est le lieu de rendez-vous de milliers de fêtards durant quatre jours. Après avoir attiré des vedettes confirmées tel Carlos, Demis Roussos, les Charlots ... elle s'est transformée, il y a quelques années, pour devenue "l'Obigies Festival". Celui-ci propose, durant quatre jours, une suite de méga-concerts avec lasers et jeux de lumière animés par des D.J réputés venus de Belgique, de France et d'ailleurs. Le village est également connu pour sa "Fête du Géranium" qui a lieu chaque année, le premier week-end de mai. Après plus de vingt années d'existence, l'événement est cependant à la recherche d'un second souffle. 

Sur une colline appartenant à l'ancien domaine des Seigneurs de Crécy qui y vécurent au XIIIème siècle avant de venir s'installer au Saulchoir, se dresse le vestige de l'ancien moulin de Barbisart, détruit en partie lors du premier conflit mondial. 

A Warcoing, installé dans une maison de maître du XIXème siècle, le "Musée de Jules Jooris", du nom de son fondateur, est consacré à l'histoire de la vie dans les campagnes et permet au visiteur de se promener dans une salle de classe, un estaminet, d'une cuisine... le tout parfaitement reconstitué ainsi que de découvrir une salle des métiers. Le musée propose, en outre, des animations pédagogiques comme celle consacrée à la "chasse au Gaspi". 

Voici encore des dates à ajouter à l'agenda des festivités en Wallonie picarde.

(sources : site de Pecq et visites personnelles des lieux).

S.T. janvier 2017

 

14 janv.
2017

10:57

Tournai : expressions tournaisiennes (391)

L'bac i-s'ortourne toudis sur l'pourchéau.

J'aime bin Fifinne mais ch'est alfeos eine saprée lanque d'vipère, ch'est bin simpe, ave s'lanque elle f'reot pinte s'mopère et s'mamère. Vous voulez des prouèfes de c'que j'dis, j'vas vous raqueonter ce qui s'a passé verdi.

Quançqu'à leu maseon j'sus arrivé, j'ai croisé ein ménache su l'palier. A l'porte de l'appartemint, Fifinne leu f'seot ein signe de la main. Dins l'couloir dusque j'éteos à peine rintré, elle commincheot d'jà à les démépriser :

"Te les as vus, mes deux gins, ch'est Raymeond et Louiseon, i-n'vienne'tent qu'eine feos l'an à no maseon. Quançque t'es arrivé, te les as vus déquinte, te n'truèfes pos qu'on direot Mardi Gras et Mercredi des Chintes. Li, ch'est eine boule, i-est aussi héaut qui n'est greos, elle, elle tient tout de s'mopère qu'i-éteot ein grand maiguerleot".

J'éteos à peine assis qu'elle a orpris :

"Raymeond, cha n'a jamais été ein vaillant, i-a ouvré au qu'min d'fier mais i-a toudis préféré l'ouvrache fait que l'ceu à faire, en veyant s'manque de goût pou l'traval, i-l'ont foutu à l'huche et, du queop, cha n'a pos fait ein pli, i-a décidé d'rester dins s'camuche. D'puis d'c'momint-là, ch'est "l'ménache du couleon" et je n'truèfe pos cha normal, l'imblavé i-n'est même pos gêné que ch'est l'fumelle qui norrit l'marle. In puque, i-n'est pos cras à léquer les murs, l'Raymeond, i-est même pus souvint au cabaret qu'à s'maseon. Louison après s'journée, elle nettie, elle erpassse et l'attind tout in préparant l'deîner mais quançqu'i-orvient i-meonte directemint à s'lit tell'mint i-est pleombé".

L'paufe feimme elle est aussi maigre que li i-n'est greos. Te l'as vue, je n'mins pos, ch'est eine véritape carilleon d'ossiéaux. Elle a attrapé eine mauvaisse croque l'hiver dernier et on peut dire que d'Mulette elle est eine rescapée. On intindeot les visins parler tout bas et dire qu'elle éteot ein osieau pou l'cat, qui n's'reot'ent vraimint pos surpris si, ein bieau jour, on areot anneonché que l'paufe file aveot fait ses treos tours. Te pinses pétête, qu'à l'hôpital, c'quervassin i-areot eté l'vir, bé neon, neon, ch'est su l'banquette du bistreot qui préféreot s'assir. A causse d'cha, bé, cha fait des meos que mes deux gins i-n'écange'tent pus ein meot. Si acore quançqu'i-a bu i-n'sereot pos violent, qui s'reot alfeos pus soyeu qu'méchant, neon, te peux d'minder à Edmeond combin d'feos, Louison elle a orchu des cachireons. Dins l'temps, quançqu'on habiteot acore à l'rue Montifaut, elle metteot ein fichu pou mucher ein boursieau ou bin des neunettes d'solel pou n'pos vir l'oeillarte à s'n'ouèl".

"Cha s'appelle eine pléonasme ce qu'te viens d'faire, j'n'ai jamais vu eine oeillarte à eine eaute affaire".

Edmeond qu'i-aveot pinsé faire ein beon meot, comme toudis, i-a bin vite eu s'feimme su l'deos.

"Mo Dieu, te f'reos mieux de t'taire, Edmeond, pasque te peux deonner l'pétit deogt à Raymeond. T'as oblié l'temps dusqu'on éteot à l'rue Montifaut et que te l'rincontreos tous les soirs dins l'même bistreot". 

"Ch'éteot pou éviter que l'cat soiche dins l'horloche, j'alleos l'erquerre, te comprinds... j'ai toudis eu beon coeur !".

"Ahais, te m'espliqu'ras, Mossieu le bon cœur, pourquoi te rintreos avé li à minuit in étant parti de l'maseon à siept heures !".

Pindant ceulle conversatieon inter Fifinne et Edmeond, j'ai ormarqué su eine armoire eine série d'candelles.

Pou canger d'sujet, j'ai d'mindé :

"Et alors Fifinne te vas ermette tes décoratieons d'Noël ?".

" Cha là !... Neon, neon, j'ai toudis intindu dire pa m'mopère que gouverner ch'éteot prévoir et l'sémaine qui vient, mi, j'n'ai pos du tout invie de m'ortrouver dins l'noir. Comme on a arrêté bramint d'cintrales nucléaires in Belgique, si i-fait très freod comme on l'préveot, on risque de n'pus avoir d'élestrique".

Edmeond i-a souri et i-a dit :

"Mo Dieu, bé, ch'n'est pos dramatique, allez, on restera bin au quieaud dins no lit pindant l'journée et à l'fin de l'nuit on acout'ra à l'radio pou savoir quançque l'courant i-s'ra rétabli".

"Te ne pourreos pos acouter l'radio si i-n'a pos d'courant, busie ein p'tit peu à ce qu'te dis, grand imbécile"

"Ah beon, pasque Madame "qui sait tout" elle n'sait pos 'cor que l'apparel i-marche avé des piles". 

A c'momint-là, on aveot toudis d'l'élestrique mais l'ambiance elle éteot d'jà dev'nue... atomique !

(lexique : toudis : toujours / l'pourchéau : le cochon / l'bac s'ortourne toudis su l'pourchéau : une mauvaise action se retourne toujours sur son auteur / alfeos : parfois / saprée : sacrée / pinte : pendre / s'mopère et s'mamère : son père et sa mère / des prouèfes : des preuves / verdi : vendredi / quançque : lorsque / ein ménache : un ménage, un couple / dusque : où /commincher (ou qu'mincher) : commencer / démépriser : dire du mal de quelqu'un, diffamer, discréditer / Mardi Gras et Mercredi des Chintes : ces deux jours diamétralement opposés désignent un couple composé d'un petit gros et d'un grand maigre / li : lui / ein maiguerleot : un maigre, un malingre / orprinte (ou erprinte) : reprendre / ouvrer : travailler / au qu'min d'fier : au chemin de fer / l'ceu : celui / foutre à l'huche : mettre dehors, mettre à la porte, licencier / du queop : du coup, dès lors / l'camuche : le nid / l'couleon : le pigeon / l'imblavé : l'orgueilleux, le faiseur d'embarras / l'fumelle : la femelle / norrir : nourrir / l'marle : le mâle / in puque : de plus / ête cras à léquer les murs : il n'est pas gros pour rien / nettier : nettoyer / repasser (ou orpasser) : repasser / l'deîner : le dîner / ête pleombé : être ivre, en tenir une bonne comme on dit populairement / ein carilleon d'ossieaux : littéralement un carillon d'os, désigne une personne qui n'a que la peau sur les os / eine mauvaisse croque : une maladie grave / Mulette : désigne le cimetière du Sud à Tournai, son nom lui serait donné par la première personne qui y a été inhumée / les visins : les voisins / ête ein osieau pou l'cat : être un oiseau pour le chat : ne plus en avoir pour très longtemps / anneoncher : annoncer / faire ses treos tours : mourir / pétête : peut-être / l'quervassin : l'ivrogne / vir : voir / à causse : à cause / cha : cela / ein soyeu : personne embêtante, on dit aussi en patois : quéquein qui fout l'barpe, un personne qui nous barbe / orchevoir : recevoir / des cachireons : des gifles / ein fichu : un foulard / mucher : cacher, dissimuler / ein boursieau : une enflure, une bosse / des neunettes : des lunettes / eine oeillarte : un œil au beurre noir / l'ouèl : l’œil / l'deos : le dos / l'deogt : le doigt / oblier : oublier / l'cat i-est dins l'horloche : il y a une mésentente dans le ménage / erquerre (ou orquerre) : rechercher / siept : sept / inter : entre / les candelles : les chandelles, grande bougies qu'on met en offrande à l'église / canger : changer / ermette (ou ormette) : remettre / bramint : beaucoup / l'élestrique : l'électricté / au quieaud : au chaud / acouter : écouter / busier : penser, réfléchir).

S.T. Janvier 2017.

10:57 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, patois, picard |

12 janv.
2017

10:11

Tournai : la crainte justifiée des chantiers !

Ils durent une éternité !

Lors d'un récent déplacement à l'étranger, j'ai rencontré une personne qui était venue visiter Tournai, celle-ci m'a demandé si les chantiers étaient enfin terminés dans la cité des cinq clochers !

"Presque !" lui ai-répondu, faisant là un pieux mensonge afin de ne pas nuire à l'image de la ville que j'aime et à son tourisme malmené ces dernières années par la vision d'une ville en perpétuels travaux.

Des chantiers, il y a en encore à l'horizon 2017 mais aussi à celui de 2018, 2019, 2020 et peut-être même 2021 ! Avec le chantier du pont Notre-Dame, des boulevards Walter de Marvis et des Combattants, de la chaussée de Bruxelles et de la rue de la Lys, du plateau de la gare, de la rue Royale, de la place Verte, du nouveau Pont-à-Pont, du Pont des Trous et de ses abords, de la halte nautique, de l'élargissement de l'Escaut à hauteur du quai Saint-Brice, du quartier Saint-Piat, sans oublier la restauration de la cathédrale Notre-Dame, entamée il y a plus de dix ans... l'agenda affiche complet !

Il est vrai que les travaux durent depuis (trop) longtemps à Tournai mais ils sont nécessaires pour revitaliser le cœur de la ville et mettre en évidence ces trésors patrimoniaux. C'est un peu la formule que nous distillent nos autorités communales depuis de nombreuses années, tentant d'éteindre constamment un feu qui couve chez les commerçants du centre-ville régulièrement impactés par des fermetures de voiries.  

Ce n'est pas tant la multiplication des chantiers qui pose question mais la durée de ceux-ci. Le Tournaisien voit lorsqu'ils commencent, il attend (très) longtemps pour les voir se terminer. Les firmes soumissionnaires ne semblent pas faire preuve d'un grand dynamisme et d'une excellente organisation pour les réaliser. Peut-être n'ont-elles pas tout simplement la dimension nécessaire pour mener à bien et rapidement ce qui leur a été attribué. C'est sans doute un mal belge !

Prenons comme exemple, la rénovation, dans les deux sens, des six kilomètres d'autoroute entre Kain et la frontière française. Ce chantier entamé depuis près de deux ans entre dans sa phase ultime et la fin de celle-ci est annoncée pour les congés de 2017 (sauf retard résultant de mauvaises conditions météorologiques et sans tenir compte de la pose des écrans anti-bruit qui sera réalisée ultérieurement). Il va bientôt falloir autant de temps pour rénover ce secteur qu'il n'a fallu pour le construire à la fin des années soixante alors qu'on dispose d'un matériel plus performant qu'il y a quarante-cinq ans. Encore faut-il constater une activité fébrile sur le chantier laissé parfois des jours, voire des semaines sans ouvriers ("on laisse sécher" nous répète avec un magnifique sourire la charmante porte-parole du SPW !). 

Autre exemple, la rénovation des quais Saint-Brice, Dumon et de la place du Becquerelle : ce chantier a débuté au début du mois de mars 2016 et n'est toujours pas terminé. Mieux même, depuis la mi-décembre, on ne constate plus beaucoup d'activité (en partie en raison des congés) et, depuis cette semaine, on voit même des ouvriers occupés à ouvrir de nouveaux trous dans la rue du Becquerelle. Il reste à placer l'éclairage et il semble, une fois de plus, que la coordination de tous les corps de métiers intervenant fait défaut !

En attendant, le quai Saint-Brice n'est ouvert qu'à la circulation locale et se termine en impasse grâce à des blocs de béton. Dans quelques jours vont débuter les travaux de rénovation du pont Notre-Dame. Celui-ci va être interdit à la circulation pendant une dizaine de semaines (si tout va bien car on doute de tout désormais !). Cela signifie que la rue Royale se terminera à hauteur de la rue des Campeaux puisqu'un automobiliste distrait qui irait au-delà serait obligé de faire une marche arrière étant dans l'impossibilité, face au pont levé, de virer à gauche (sens interdit) ou à droite (quai en cul de sac).  

Au mois d'avril débutera le méga-chantier des Bastions fermant l'entrée de la ville aux très nombreux automobilistes arrivant à Tournai par la chaussée de Bruxelles et coupant la circulation sur les boulevards de ceinture entre le complexe des Bastions et la rue d'Amour. Cela va être un fameux casse-tête pour l'échevin de la Mobilité et la police communale pour diriger ce flux important de véhicules vers les chaussées de Renaix et d'Antoing, déjà saturées aux heures de pointe. Il ne faut surtout pas oublier que jusqu'au mois de juillet, la bretelle d'accès à l'autoroute E42-E429 vers Bruxelles ou Mons restera fermée à Froyennes et les usagers dirigés vers les bretelles d'accès de la même chaussée de Renaix. Les travaux sont prévus pour sept mois mais une fois encore nous doutons de la célérité des intervenants car les chantiers dans notre région, comme ailleurs, sont souvent réalisés par un petit nombre d'ouvriers qui ne travaillent pas en continu comme cela se fait dans d'autres pays, économies et austérité obligent ! 

Pauvres automobilistes tournaisiens, il vous reste simplement à ronger... votre frein !

S.T. janvier 2017.

10:11 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : tournai, chantiesr, bastions, becquerelle, spw |

10 janv.
2017

14:47

Tournai : le cœur de la Wallonie picarde (13)

C'est un lieu hautement touristique de la Wallonie picarde que nous allons maintenant découvrir.

Le Mont de l'Enclus.

La Wallonie picarde possède deux élévations : le Mont Saint-Aubert (147 mètres d'altitude) situé à moins de cinq kilomètres au Nord de Tournai et le Mont de l'Enclus (141 mètres), un sommet partagé entre Wallonie et Flandre distant d'une dizaine de kilomètres de son voisin tournaisien.

Lors de la fusion des communes du 1er janvier 1977, les quatre villages que sont Amougies, Anseroeul, Orroir et Russeignies ont décidé, d'un commun accord, d'appeler la nouvelle entité du nom de ce lieu touristique connu aussi bien en Flandre (sous le nom de Kluisbergen) que dans le Nord de la France : le Mont de l'Enclus.

Chaque année, des milliers de sportifs se donnent rendez-vous sur ses pentes pour assister au passage de ce monument des courses cyclistes qu'est le "Tour des Flandres" mais aussi à celui d'autres épreuves flamandes du début de saison. Que les coureurs viennent de Ruien (montée de 1km1) ou d'Orroir (montée d'un kilomètre), ils doivent affronter une déclivité maximale comprise entre 11 et 12 %. Chaque week-end, des centaines de cyclotouristes venus de Belgique et de France mettent également ces montées au programme de leur circuit.  

Le Mont de l'Enclus est un lieu de promenades. Les visiteurs sont accueillis à la "Maison des Randonneurs" où leur sont fournies toutes les indications nécessaires afin d'effectuer, dans les bois, du jogging, des balades à pied, à vélo et même à cheval. Sur la petite place située au sommet, restaurants, cafés et magasins ne désemplissent pas à la bonne saison.

Un village attire plus particulièrement l'attention, celui d'Amougies qui connut son heure de gloire du 24 au 28 octobre 1969 en accueillant un des plus grands festivals pop organisés sur le continent européen, une organisation dont l'affiche n'avait rien à envier à ceux de Monterey, de Woodstock ou de l'île de Wight. En principe, ce festival devait avoir lieu à Paris ou à Tournai, mais les autorités de l'époque, assez rétrogrades et échaudées par les manifestations de mai 68, ne voyaient pas d'un bon œil la mise sur pied d'un tel événement sur leur territoire. Pendant plus d'une semaine, les habitants tout d'abord craintifs puis amusés virent des milliers de hippies envahir pacifiquement les rues de leur village. Ils étaient venus écouter les concerts de "Pink Floyd", "Ten Years After", "The Nice", "Frank Zappa", "Archie Sheep", "Yes", "Soft Machine", "Art Ensemble of Chicago", "East of Eden", "Zoo", du groupe français "Martin Circus", "Alexis Korner", "Pretty Things", "Sam Apple Pie" et des dizaines d'autres représentants de la musique de l'époque. Les organisateurs attendaient environ 25.000 spectateurs, ils en dénombrèrent 80.000 et le commerce local tira de substantiels bénéfices de ces journées. Dans le film consacré à ce festival, le boulanger local avoue avoir ouvert son magasin 24h/24 afin de ravitailler tout ce petit monde.

En 2017, le village d'Amougies a, de nouveau, été choisi pour être le théâtre d'un grand festival : le "W-Waves", le New-Wave and électronic pop festival qui aura lieu, du 17 au 21 août, sur l'aérodrome destiné d'ordinaire aux baptêmes de l'air et au vol à voile. On annonce la venue de "The Human League", "Front 242", "Anne Clarck", "Fischer-Z", "Peter Hook", "The Damned", "China Crisis", "Desireless", "la Lune Noire", "Honeymoon Cowboys" et bien d'autres. Combien seront-ils cette fois ? L’avenir nous le dira.

L'église Saint-Bavon d'Amougies renferme un caveau contenant les restes funéraires de neuf ducs de Montmorency.

A Anseroeul, la Ferme de la Grande Croix a été construite en 1737 sur l'emplacement du château du Seigneur du lieu, Gérard de la Croix, un édifice détruit en 1635. 

Russeignies est un village agricole situé au pied du Mont de l'Enclus. 

(sources : site de la commune et visites personnelles);

S.T. janvier 2017.