30 janv.
2017

Tournai : les festivals se suivent en ce début d'année

Le temps des Festivals !

Tournai est-elle devenue une ville de festivals ? On peut se poser la question et répondre franchement par l'affirmative en voyant le succès régulièrement remporté par les trois événements qui se déroulent durant le premier trimestre ainsi que par le festival "les Rencontres Inattendues", rencontres improbables entre la musique et la philosophie, qui se déroule au début du mois de septembre.

 

Le Tournai Ramdam Festival.

Il est le premier festival programmé dans l'année. Créé en 2011, le "Ramdam Festival, le Festival du Film qui dérange", en était, cette année, à sa septième édition. Il s'est tenu du 14 au 24 janvier au cinéma Imagix à Tournai et, en décentralisation pour les courts métrages, au cinéma l'Ecran à Ath.

Le programme du festival présentait cinq catégories :

"Fictions", catégorie consacrée aux avant-premières, "Documentaires" pour des films basés sur des faits réels, "Le Ramdam de l'année": une catégorie dans laquelle on peut découvrir les meilleurs films belges, "Coup de cœur" ou la sélection du Comité de programmation et enfin la catégorie "Côté Courts" consacrée aux courts métrages belges projetés à Ath.

C'est ainsi pas moins de 41 longs métrages (27 de fiction et 14 documentaires) et 15 courts métrages qui ont été présentés au public, cette année.

Parmi toutes les œuvres présentées, subjectivement, nous avons retenu : "Nebel in August" (Brouillard en Août) du réalisateur allemand Kay Wessel, Prix de la Meilleure Fiction, "Angle Mort" (Dode Hoek) de Nabil Ben Yadir, "Heartstone" de Gundmundur Arnar Gudmundsson, "Manchester by the Sea" de Kenneth Lohergan, film nominé six fois aux Oscars, "Brimstone" du réalisateur hollandais Martin Koolhoven, Prix de la Fiction la plus dérangeante, "Zoologie" du réalisateur russe Ivan I. Tverdosky, "Une jeune fille de 90 ans " de Valeria Bruni-Tedeschi, Prix du meilleur documentaire, "Les Dernières Nouvelles du Cosmos" de Julie Bertucelli que nous avons eu l'occasion de visionner et qui fait découvrir un mode de communication étonnant pour une jeune femme autiste, "MyEscape" de Elke Sasse, Prix du Documentaire le plus dérangeant, "Zero Days", d'Alex Gibney, documentaire qui a reçu le Prix de la Critique ou encore "Miss Sloane "de John Madden, "Lion" de Garth Davis et "L'Economie du Couple" du réalisateur belge Joachim Lafosse.

Avec "Ma vie de courgette", "La jeune fille sans mains" et "La tortue rouge", le Ramdam Festival s'est également ouvert cette année à un tout jeune public comme si les organisateurs voulaient convier les cinéphiles de demain. 

Avec 23.174 spectateurs, le Ramdam Festival a battu son record d'affluence et se situe désormais dans le top 3 des festivals consacrés au septième art en Wallonie en compagnie du Festival International du Film Francophone (FIFF) de Namur et du Festival international du Film d'Amour (FIFA) de Mons. 

 

Le Tournai Jazz Festival.

Le Festival International de Jazz de Tournai a vu le jour en 2012, il en est à sa 6ème édition. Cette année, il se déroule du 8 au 12 février. Son but avoué est de favoriser et développer en Communauté Française de Belgique des initiatives culturelles dans le domaine du jazz. 

Lors de sa création en 2012, le festival accueillit, entre autres, Toots Thielemans, Terry Montcalm, Philippe Catherine, Eric Legnini, Thierry Crommen, le Brussels Jazz Orchestra...

En 2013, le public fit un triomphe à Richard Galiano, Ibrahim Maalouf, Manu Katché, Blue Monday People, Pia Salvia... notamment.

Au programme de 2014 se produisirent à la Maison de la Culture : Viktor Lazlo chantant Billie Hollyday, Avishai Cohen TrioDaniel Willem and his Gipsy Jazz Band, Elia Fragione, Youn Sun Nah, la célèbre chanteuse coréenne de jazz, Yvan Paduart...

Le programme de 2015 n'avait rien à envier aux précédents grâce à la présence de Barbara Hendricks, Kenny Garrett, Bat Kamara Jr., Thomas Enhco, Big Noise, Bojan Z, le Conservatoire de Tournai...

L'année dernière, le programme se composait notamment de Hugh Coltman, Dani Klein with Say la Rocca, Richard Bona, Dhafer Youssef, Keith Canvas...

La prochaine édition qui aura lieu dans quelques jours sera de la même veine en accueillant Charlélie Couture, Manu Katché Quintet, Anouar Brahem et l'Orchestre de Chambre de Wallonie, Jacky Terrasson et Stephane Belmondo, Kyle Eastwood, Polveche Quintet, Lorenzo Di Maio Group, Yvan Paduart et Quentin Dujardin, Eva Beuvens Heptatomic, Fabrice Alleman, Guy Verlinden Trio...

 

La Piste aux Espoirs.

La 24ème édition de ce festival de cirque se déroulera du 7 au 12 mars. 

Voici, en effet, le plus ancien des festivals tournaisiens, il est né en 1988 sur une initiative de quelques Tournaisiens passionnés des arts circassiens parmi lesquels on retrouvait Jean-Paul et Jean-Yves Lenglez, libraires à la place de Lille. Ceux-ci étaient des amis de Patrick Hourdequin, le Tournaisien directeur artistique du Festival du Cirque de Monaco décédé en 2016 et connaissaient également de nombreux directeurs de cirque (Tony Boltini, Rancy, Althoff...). La première édition se déroula sous le chapiteau du cirque d'Annie Fratellini qui en fut tout naturellement la première Présidente. Elle fut suivie plus tard par Patrick Hourdequin, Philippe Grombeer, Directeur du Festival des Doms à Avignon et Jean Roc Achar, Directeur de l'Ecole Nationale de cirque de Montréal.

Jusqu'en 2005, "la Piste aux Espoirs, le festival de Cirque amateur", était un concours annuel permettant de découvrir des futurs artistes de cirque et des groupes amateurs qui se produisaient pour le plaisir. Le public tournaisien s'émerveilla devant les prouesses exceptionnelles des artistes chinois, russes, français, canadiens, anglais et belges, bon nombre d'entre-eux se partagèrent les lauriers et voyagent désormais avec les plus grands chapiteaux. Grâce à ce rendez-vous annuel, des contacts amicaux ont été noués avec les écoles supérieures de cirque de France (Châlons-en-Champagne, Auch...), du Canada, de Chine, d'Angleterre  et de Russie.  

Après l'année 2005, suite à la reprise par un nouveau comité qui sera par la suite dirigé par François Guilbert, le concept va évoluer car les nouveaux responsables sont nettement moins tournés vers le cirque traditionnel avec ses strass, ses jeux de lumières, son monde du rêve pour petits et grands. La Piste aux Espoirs devient biennale tandis que le concours qui drainait jusqu'alors les amoureux du cirque et tenait, chaque année, en haleine les spectateurs passionnés de cet art était définitivement supprimé. C'est un peu de son âme que la festival a perdu avec ce renouveau car, à partir de cet instant, les artistes ne se produiront plus seulement sous un chapiteau mais aussi en rue ou dans des salles comme la Halle-aux-Draps, la salle La Fenêtre, siège du "Mômes Circus" tournaisien et même cette année au sein des Ateliers Louis Carton. Il nous est donné d'assister à une sorte de retour aux sources, au temps des foires, des jongleurs et équilibristes sur les places, des cracheurs de feu et des montreurs d'ours. 

Cette année, les troupes ou artistes programmés viennent uniquement de France, d'Espagne et de Belgique. Si le cirque est toujours le ténu fil rouge de ce festival, de nombreux numéros présentés ces dernières années peuvent aussi participer à des émissions de music-hall comme celle présentée par Patrick Sébastien et son "Plus Grand Cabaret du Monde" à condition de ne pas s'y produire, comme c'est trop souvent le cas aujourd'hui, en jeans troués et pulls délavés. 

S.T. Janvier 2017

 

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