28 nov.
2016

19:08

Tournai : le point sur les chantiers (une rubrique sans fin) !

L'hiver est à notre porte et les chantiers de longue durée vont entrer en hibernation. Durant les éventuelles périodes de gel, on ne verra même plus un seul ouvrier le long de nos routes et autoroutes. Il faudra dès lors prendre son mal en patience et, sur la section entre Marquain et Kain de l'autoroute E42, ronger son frein et continuer à perdre de précieuses minutes aux heures de pointe.

La réfection du tronçon d'autoroute entre Kain et la frontière française devrait être, sans aléas, entièrement terminée pour les prochaines grandes vacances, après pas loin de trois années de travaux ! En attendant, sur la chaussée de Lille (N7), malgré que la circulation soit interdite aux transports de plus de 3,5 tonnes depuis le zoning de Tournai-Ouest, on continue à croiser de nombreux semi-remorques, souvent étrangers, guidés par leur GPS jusqu'aux portes de la ville. Celui qui emprunte régulièrement cette chaussée constate qu'elle se dégrade, peu à peu, principalement entre Marquain et le village d'Orcq mais aussi à l'entrée de Tournai. Dans le cadre de ce chantier, la bretelle d'accès de Froyennes vers Mons et Bruxelles est interdite depuis le 21 novembre et ce pour de longs mois. Il faut désormais se rendre à la chaussée de Renaix pour emprunter ces deux autoroutes (E42 et E429). 

Après avoir été soustraite à toute circulation depuis la mi-septembre, la rue des Aveugles a enfin reçu sa couche d'asphalte, ce vendredi 25 novembre, à la grande satisfaction des riverains. Après un temps de solidification, la voirie sera de nouveau accessible par la rue Saint-Martin, probablement dans le courant de cette semaine. 

La pose d'un câble de fibre optique a été entamée, voici plus d'un mois, à la rue Saint-Eleuthère. Le chantier ayant été suspendu durant la semaine de Toussaint et pour le week-end du 11 novembre, progresse très lentement et concerne, en ce moment, le tronçon compris entre l'avenue Beau Séjour et celle des Peupliers. Une équipe de paveurs efface toutes traces de ces travaux dans le tronçon compris entre le chemin de la Ramée et l'avenue Beau Séjour. 

Le chantier du Becquerelle touche à sa fin. Afin de permettre l'accès aux personnes se rendant quotidiennement aux crèches jouxtant le siège d'Ideta, une petite boucle a été ouverte à partir de la rue de l'Epinette vers la rue du Becquerelle, il y a trois semaines environ. Les ouvriers terminent la pose de pavés sur le quai Dumon. Il reste à effectuer la jonction avec la descente du Pont de Fer et à terminer les abords (plantations).

La presse nous révèle que, dès ce lundi 5 décembre, des travaux seront entrepris pour sécuriser la rue de Marvis et la rue Saint-Martin. Chaque passage protégé sera équipé d'une zone refuge pour les piétons. Malgré l'état fortement dégradé de la rue Saint-Martin (il faudra bien un jour songer à la rénover en profondeur si on ne veut pas être confronté à des effondrements causés par la vétusté des égouts) et malgré la vitesse limitée à 30km/h dans l'intra-muros, certains automobilistes dégringolent vers le beffroi à une vitesse nettement supérieure. 

Le budget extraordinaire voté ce lundi soir, au Conseil communal fait, à nouveau, la part belle aux travaux de rénovations durant l'année 2017. Ceux-ci concerneront le plateau de la gare, la place Crombez et la rue Royale. Ils pourraient avoir lieu en même temps que ceux réalisés par le SPW entre la rue de la Lys et la rue d'Amour, soustrayant les boulevards et le carrefour de la chaussée de Bruxelles à la circulation et déviant les véhicules vers les chaussées de Renaix et d'Antoing. Il est également prévu d'entamer les travaux sur la place Verte dans la partie interdite à la circulation depuis près de 4 ans en raison du risque d'effondrement d'un collecteur d'eaux usées. 

Au niveau immobilier, des chantiers sont en cours : à la place de Lille (reconstruction d'un immeuble jouxtant l'église Sainte-Marguerite), à la rue de Courtrai (construction d'une résidence à l'emplacement de l'ancien siège du Courrier de l'Escaut), dans la rue des Choraux et au Marché au Jambon (construction, débutée en 2013, d'un vaste ensemble résidentiel, la fin des travaux est prévue dans le courant de l'année 2017), sur le quai des Salines (finalisation de l'important projet des "Erables"), à la rue de Marvis (construction d'un hôtel sur le site des anciens établissements Goossens), au boulevard Walter de Marvis (agrandissement du centre commercial des Bastions avec construction d'un parking souterrain), au Pont de Maire (réalisation d'une nouvelle zone commerciale à proximité du Tennis Club Tournaisien) et à la rue du Glategnies (transformation des anciens établissements Cofidis pour le transfert de l'école d'architecture Saint-Luc).

Très bientôt débutera l'important chantier de l’îlot Madame dans le quartier Saint-Piat (entre la rue Madame et la rue Cherequefosse). D'autres projets sont en voie de finalisation ou dans l'attente d'un permis de bâtir : à la rue des Carmes (projets de kots pour étudiants), au quai Andréï Sakharov et à la rue des Magasins (appartements et kots), à l'avenue Van Cutsem (construction d'une résidence à l'emplacement de l'ancien site Dubuisson).

Se poursuivent également le chantier de rénovation de la Maison de la Culture (qui ne semble pourtant pas avoir réellement débuté) et celui de la rénovation de la cathédrale Notre-Dame dont quatre des cinq clochers sont, à nouveau, visibles. L'agrandissement du Musée des Beaux-Arts est envisagé et devrait débuter dans les prochaines années ! A plus longue échéance, on parlera de la création du pôle muséal dans l'immeuble des Anciens Prêtres sur la place de l'Evêché. Par contre, a été envoyée aux calendes grecques, la rénovation de la Tour Henri VIII qui se dégrade rapidement tout comme celle des Tours Marvis qui - proximité de la caserne Saint-Jean exige - sont en état permanent de camouflage. 

Depuis le quai du Luchet d'Antoing jusqu'au quai Saint-Brice d'une part et dans l'environnement immédiat du Pont des Trous, les travaux d'élargissement de l'Escaut vont profondément perturber la vie quotidienne des riverains et de l'ensemble des Tournaisiens entre la fin de l'année 2017 et l'année 2020.

En conclusion, le Tournaisien peut s'attendre à être confronté à d'importants chantiers durant plusieurs années encore !

On feint d'ignorer que ces chantiers génèrent de continuels désagréments au niveau de la circulation automobile (pour s'en convaincre, il suffit d'écouter le radio-guidage chaque jour). La question est de savoir combien de centaines de milliers d'heures de travail sont ainsi perdues, chaque année, sur l'ensemble de la Wallonie, en raison des embouteillages et connaître l'impact réel que cette situation engendre sur le PIB de la région! Il serait peut-être temps que les responsables du SPW songent enfin à construire des routes plus solides, pensent à surveiller la réelle présence des ouvriers sur les chantiers ainsi que la qualité du travail exécuté et se décident à entretenir les voiries en temps et en heure pour le plus grand bénéfice de l'économie wallonne. On peut toujours rêver car aucun ministre de la mobilité n'a jamais osé le suggérer, il n'y aurait-il pas finalement un "Etat dans l'Etat" ?

S.T. novembre 2016

19:08 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : tournai, chantiers, rénovations, spw, voiries, chantiers immobiliers |

25 nov.
2016

14:02

Tournai : expressions tournaisiennes (386)

Eine babillarte politiqu'mint correcte !

Aujord'hui, je n'sus pos à printe ave des pinchettes, j'sus vraimint in pétard d'puis que j'ai appris, pa les gazettes, les lâches attaques conte l'Père Fouettard. Cha fait qu'asteur on va devoir réécrire total'mint l'Histoire et surtout rimplacher dins nos espressieons tout c'qui a rapport au noir. D'jà que, pou n'pos choquer des gins d'eautes opinieons, nos racheines seont, ein p'tit peu à l'feos, in voie d'disparitieon, ov'là qu'asteur on s'attaque même aux infants in supprimant de l'fiête d'Saint-Nicolas ein d'ses éléments. Pindant quinze ans, au meos d'décimpe, j'ai infilé, pou les p'tits rotleots, les habits du patreon des écoliers et, à côté d'mi, l'brafe Père Fouettard, j'peux vous l'asseurer, i-n'les a jamais traumatisés. Dins les vestiaires de l'Maseon d'la Culture, ch'éteot d'ailleurs ein vrai bonheur d'vir s'feimme, pa d'vant mi, tous l'z'ans, l'mette in couleur (attintieon j'précisse : in tout bin, tout honneur !) 

Dire que d'Hergé, l'life "Tintin au Congo" on a voulu, in justice, l'interdire, si j'comprinds bin les esploits d'Charles Martel, on va d'voir pétête les réécrire ? Savoir qu'à Poitiers, i-a nuef chints ans, m'n'heomme i-a battu les Mauriens, les avocats i-veont acore devoir printe l'définse d'eine floppée d'mécontints. Tins, j'sus seûr qu'à Nice, l'hôtel "Negresco" i-va devoir canger d'neom, ainsin, on va l’appeler "l'Hôtel de Frangines exotiques in associatieon". A Tournai, on n'pourra pus faire l'noir quart d'heure quançque cait l'soir et pus du tout questieon d'deonner à ein ouverrier d'l'ouvrache au noir. A les ceusses qui s'sintent brimés, des associatieons i-feont tout faire pou leu plaire, tant qu'on y est, elle devreot'ent busier à supprimer des meots dins l'dictionnaire : on n'vivra pus dins ein manoir, on n'prindra pus s'bain dins l'baignoire et de l'nuit, on pourmén'ra, tertous tout nu, sans peignoir. Dins l'cité des cheonq clotiers, quoisqu'on va faire ave no saveon noir, nos lachets d'anis et nos balleons noirs ?

Au bistreot, même si j'n'aime pos treop l'lait, ch'est ein café-crème qu'asteur j'vas comminder et quançqu'i-n'ara pus d'élestrique, on m'intindra berler dins ein momint fatidique : "alleumez l'lumière, i-fait pos... clair !". 

I-feaudra qu'on m'esplique pourquoi, à toutes ces d'mindes, des associatieons elles deonne'tent toudis systématiqu'mint raiseon. Pou eusses, i-n'est pos possipe d'avoir ein débat, on deot, tout d'eine traque, s'soumette, ch'est comme cha ! Cha s'reot pourtant si facile d'espliquer aux gins d'asteur que l'acolyte d'Saint-Nicolas ch'est ein p'tit rameoneur. Ein heomme qui passe l'prumier dins l'quémeinée pou complt'mint l'nettier afin que s'patreon i-peut passer.

Ahais, j'oblieos, au patreon des infants, on va devoir aussi inl'ver l'creox qu'i-a su s'capieau pasque ceulle orprésintatieon peut rinte eine masse de gins complèt'mint loleos

I-na pos que l'meot noir qui est asteur mis sous l'éteignoir ! Ch'est l'même pou l'meot "saint", acore ein qui déringe bramint d'gins !

On n'va pus pouvoir l'utiliser et on va devoir tout canger. Cha risque d'faire des confusieons, ces cang'mints d'appellatieons.

Ainsi, in décimpe, tout au début du meos, quançqu'on dira aux p'tits marleots :

"Te deos ête bin sache, m'pétit mimisse, ch'est béteôt l'ortour d'Nicolas"

In intindant cha, beauqueop d'Français, i-veont s'esclamer :

"Vingt milliards, on l'fout à l'huche et i-est acore là !". 

Adeon, comme ave perseonne je n'veux avoir des innuis, j'vas canger m'n'ortographe à partir d'aujord'hui.

A partir d'aujord'hui, quançque m'feimme elle me dit :

"Chéri, on n'ireot pos in vacances in Normandie ?". 

Vous adeveinez quoisqu'asteur j'li répeond :

"Ahais, on passera à Mère in allant au Meont !".

L'ville de Mère, cha vous dit eine séquoi, vous connissez, ch'est là qu'i-a ein parachutisse qui est pindu au clotier et l'Meont, li, i-est au mitan d'la mer... j'sais bin, ch'est pos facile, i-va falloir s'y faire". 

Rien qu'dins no beonne ville de Tournai, i-a bramint d'cosses qui veont ête délommées. Pou aller à l'Hôtel de Ville, on ira tout in héaut de l'rue Martin et ch'est à l'rue Piat qu'à l'Maseon du Pichou areont rindez-vous les paufes gins. A l'rue du Curé Saint-Jacques i-ara l'pus profeond des cang'mints, cha s'ra eine rue sans neom qui erliera désormais l'rue Jacques aux Quate Coins ! Je m'deminde bin queu neom on va trouver pou l'ruelle des Noirets ?

Quand j'dirais à m'feimme qu'on va aller visiter Etienne quançqu'i-f'ra bieau, elle va seûmint pinser qu'on va rinte visite à eine amisse qui ouvreot dins l'temps au Courrier de l'Escaut. 

L'Tour de France in partant d'Lille, passant pa Quentin, va faire étape au Mont Odile et i-feaudra s'habituer, mes gins, in coupe d'Europe d'fotbal d'suife les esploits du Paris Germain.  

Les marchés d'Noë devienn'tent les Plaisirs d'Hiver et pou les vacances comme significatieon on a deonné l'neom des saiseons. De là à vir l'fiête de l'Ascinsieon dev'nir l' jour de l'aérostatieon, l'jour de l'Toussaint s'appeler l'journée des coucoubaques chez les Tournisiens et l'diminche de l'Pint'coute et l'lindi ête l'fiête d'Luminus, Poweo ou à bin acore Engie  (ch'est que vous êtes au courant, si vous avez compris). 

I-d'a à Tournai qui, dins leus écrits ou leus cancheonnes, seont pour les rapproch'mints, ch'est ein vœu pieux, mais i-n'faudreot pos commincher à brader et à oblier d'no cité, l'passé glorieux. Mi, comme tout beon Tournisien, j'sus pou l'aqueul des paufes gins, mais j'n'accepterai jamais qu'ein invité, ein jour, su m'tiête i-s'mette à minger !  

Vife insanne, ch'est des bieaux meots, cha part d'eine beonne intintieon, mais on n'deot pos pou cha accepter d'intierrer nos traditieons. Alors si i-deot vraiment avoir tous ces cang'mints, j'espère tout simplemint qu'on pourra attinte lommint, jusqu'à... l'Glinglin ! 

Comme vous l'veyez, in lisant ceul artique, j'ai les idées... tristes (ouf, j'ai failli caire d'dins) et je m'deminde, alfeos, si j'deos acore m'surlommer l'Optimiste. 

(lexique : eine babillarte : une lettre / printe : prendre / des pinchettes : des pincettes (n'pos ête à printe ave des pinchettes signifie être de très mauvaise humeur) / conte : contre / asteur : maintenant / rimplacher : remplacer / eaute : autre / les racheines : les racines / l'feos : la fois / l'meos : le mois / décimpe : décembre / les rotleots : litttéralement les roitelets, terme qui désigne aussi les petits enfants / asseurer : assurer / vir : voir / pa d'vant : devant / l'life : le livre / pétête : peut-être / nuef chints : neuf cents / les Mauriens : les Maures / eine floppée : une grande quantité / seûr : sûr / canger : changer / quançque : lorsque / caire : tomber / ein ouverrier : un ouvrier / busier : penser / porméner : promener / tertous : tous / les cheonq clotiers : les cinq clochers / quoisque : qu'est-ce que / les lachets : les laçets / l'élestrique : l'électricité / berler : hurler, crier fort / l'momint : le moment / tout d'eine traque : tout d'un coup / l'quémeinée : la cheminée / nettier : nettoyer / oblier : oublier / l'creox : la croix / l'capieau : le chapeau / rinte : rendre / loleo : sot / acore : encore / bramint : beaucoup / des cang'mints : des changements / les marleots : les petits garçons / sache : sage / mimisse : ce mot désigne affectueusement un petit enfant / béteôt : bientôt / l'ortour : le retour / foute à l'huche : mettre à la porte / adeon : donc / ave : avec / adveiner : deviner / eine séquoi : quelque chose / au mitan : au milieu / des cosses : des choses / délommer : dénommer / erlier : relier / queu : quel / ouvrer : travailler / Noë : Noël / les coucoubaques : les crêpes / l'Pint'coute : la Pentecôte / les cancheonnes : les chansons / commincher : commencer / l'aqueul : l'accueil / minger su l'tiête : prendre l'ascendant / vife insanne : vivre ensemble / intierrer : enterrer / lommint : longtemps / l'artique : l'article / alfeos : parfois / surlommer : surnommer).

S.T. novembre 2016.

14:02 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : tournai, patois, picard |

22 nov.
2016

16:52

Tournai : le coeur de la Wallonie picarde (8)

Comines-Warneton et Ellezelles.

Le voyage touristique en Wallonie picarde se poursuit et les deux entités que nous allons découvrir sont toutes les deux situées le long la frontière linguistique.

Comines-Warneton.

Enclavée entre France et Flandre, à une cinquantaine de kilomètres de Tournai, voici la commune la plus occidentale de Wallonie et dès lors de la Wallonie picarde. Elle fut transférée de la province de Flandre Occidentale à celle du Hainaut en 1963 lors de la fixation de la frontière linguistique, un acte posé par des politiciens dans l'esprit de celui qui a prévalu à la construction du mur de Berlin. Cette ligne fictive sépare depuis plus de cinquante ans deux communautés dont la majorité des habitants ne formule qu'un seul souhait : "vivre ensemble". 

Les visiteurs qui font une confiance absolue au GPS devront se méfier de ne pas se retrouver à Comines-France, le pendant français uniquement séparé de la cité belge par la Lys qui fait office de frontière. L'entité englobe également les communes de Warneton et de Ploegsteert. 

Jadis, la commune de Comines était un haut-lieu de la "rubanerie". Fondé en 1980, un musée qui lui est entièrement dédié présente de nombreux souvenirs de cette époque et des métiers toujours en état de fonctionnement.

Le troisième week-end de juillet, la cité rend hommage à ces hommes et à ces femmes qui travaillaient dans les usines sur les bords de la Lys. A une époque, on a compté jusqu'à 3.500 métiers. Les apprentis rubaniers étaient appelés les Marmousets, un sobriquet qui tire son origine de la pièce de bois qui effectuait le va-et-vient sur le métier à tisser. La "Fête des Marmousets" qui se déroule toujours le 3ème dimanche du mois de juillet se caractérise par un cortège s'achevant sur la Grand-Place où des "marmousets", petites poupées de bois à leur effigie, sont lancés depuis le balcon de l'Hôtel de Ville. 

La "Fête des Louches" est traditionnellement organisée le second dimanche d'octobre, elle tient son origine d'une légende. Un seigneur emprisonné dans le château attira l'attention en jetant une louche frappée aux armoiries de sa famille. A la fin du cortège, depuis le balcon de l'Hôtel de Ville, ce sont des louches en bois qui sont jetées dans foule. 

Dans le hameau de Comines Ten Brielen se déroule, le deuxième week-end de septembre, la "Fête de la Moisson", à l'ombre du moulin Soete. Concerts, brocante, repas campagnard et barbecue, bal musette, concours de jeu de cartes et cucurbitale (exposition de cucurbitacées) sont au programme de ces deux jours de fête. Comme il se doit à Comines, la fin des festivités est marquée par un "jet de faluches", ce pain blanc et moelleux souvent mangé chaud avec une couche de cassonade, régal traditionnel du Nord de la France et de Wallonie picarde.

A Comines, grâce à "Ice-Mountain Adventure Park", les visiteurs peuvent se préparer au ski sur deux pistes couvertes de vraie neige avec tire-fesses et tapis de remontée. Les férus de parachutismes s'adonnent à leur sport favori dans l'Indoor Skydiving, le simulateur de chute libre le plus puissant actuellement et les amoureux de l'accro-branche se déplacent à 3, 6 ou 9 mètres d'altitude pour goûter au frisson des cimes.  

La commune de Warneton est regroupée autour de son église Saint-Pierre et Paul, érigée durant le VIIe siècle mais reconstruite après le premier conflit mondial. De style néo-roman et byzantin moderne, l'édifice religieux est si imposant qu'on le surnomme la "Cathédrale de la Lys". Warneton possède un musée de la brasserie ouvert aux groupes. Chaque année, le premier samedi de décembre se déroule la "Fête des Mountches". Des centaines de moines tout de blanc vêtus accompagnent leur géant Jehan et précèdent Saint-Nicolas monté sur un cheval. Les mountches étaient des moines de l'abbaye de Warneton fondée en 1131. On raconte qu'au moment de la fête de Saint-Nicolas, ils parcouraient les rues de la cité, juchés sur des ânes, et distribuaient des friandises. Comme il se doit, la fête se clôture au pied de l'Hôtel de Ville, où des poupées représentant ces petits moines sont jetées du haut du balcon.

Situé à 12 kilomètres d'Ypres, une des villes martyres du premier conflit mondial, le village de Ploegsteert est le point le plus occidental de la Région Wallonne. Il se trouve au milieu de  la zone humide de la vallée de la Lys. On y découvre une vaste zone naturelle d'intérêt biologique où on peut rencontrer des plantes rares mais aussi des hirondelles de rivage, une espèce qu'on ne voit plus guère dans nos régions. Ploegsteert possède un musée de la menuiserie d'autrefois. Lors de la guerre 14-18, théâtre de sanglants affrontements entre les Allemands et les troupes britanniques parmi lesquelles se trouvait un certain Winston Churchill, la cité a conservé vivace le souvenir des 11.000 soldats du Commonwealth qui y trouvèrent la mort. Un mémorial s'élève le long de la route qui relie Ypres à Armentières. A proximité, implantée dans le bois, une structure semi- souterraine, le "Plug-Street 14-18" offre au visiteur un espace scénographique contant le pire moment de l'histoire de cette région. Depuis 1981, une "Course du souvenir" est organisée le 11 novembre et attire de nombreux participants venus d'Europe et même d'Afrique (ils étaient plus de 5.000 en 2016).

Le quartier frontalier du Bizet à Ploegsteert s'articule autour d'une artère principale commerçante bien connue des voisins français. Le dimanche de Pentecôte se déroule la "Fête de la Brique", la région étant connue pour ses briqueteries. Et comme il se doit... non, cette fois, on ne jette pas des briques du haut d'un balcon au moment de la clôture des festivités ! 

Ellezelles.

C'est le hasard du classement alphabétique qui a fait coïncider deux entités où le folklore est roi. 

Au cœur du parc naturel des Collines, à une trentaine de kilomètres de Tournai, le village d'Ellezelles auquel sont rattachés ceux de La Hamaide et Wodecq est peut-être le plus surprenant endroit de Wallonie picarde. Il se distingue par ses paysages et surtout par la conservation d'un folklore rural fait de contes et légendes d'antan. Il est composé d'une foule de hameaux aux noms poétiques comme Arbre Saint-Pierre, Aulnoit, Blanc Scourchet, Bruyère, Camp et Haye, Fourquepire, Grand Monchaut, Mont, Paradis, Quatre-Vents, Rigauderie, Trieu-à-Staques...

Voici un village qui affirme être le lieu de naissance d'Hercule Poirot, le détective belge, né de la plume d'Agatha Christie. A part le fait qu'il soit belge, il faut bien avouer que la romancière britannique n'a jamais fait aucune référence à ses origines. Les Ellezellois l'ont donc adopté et sa statue trône désormais sur la place.

Il y a bien des lieux à visiter dans ce petit village situé le long de la route qui mène de Renaix à Lessines :

le "Moulin du Cat Sauvage" s'élève au sommet d'une colline, à 112 mètres d'altitude. Il a été érigé au XVIIIème siècle et rénové dans la seconde moitié du XXème. 

Le "Moulin du Tordoir" est situé sur le ruisseau dont il tient son nom. Le courant de celui-ci permettait à la roue de tourner. On évoque déjà sa présence à la fin du XIIIème siècle. Il a cessé toute activité en 1954.

Le "Pilori" de haute-justice est situé à l'arrière de l'église, le coupable d'un fait délictueux y était exposé publiquement recevant moqueries et méchancetés des villageois.

L'Eglise Saint-Pierre aux Liens érigée entre le XVème et le XVIIIème siècle domine la place du village où on découvre également la statue de "Quintine de le Glisserie", condamnée au bûcher en 1610 pour sorcellerie.

Le "Sentier de l'Etrange" emmène le promeneur dans la nature le surprenant au détour d'un chemin ou d'un bosquet par une sculpture de troll, de sorcière ou d'un diable grimaçant, des créatures chères à Watkine (Jacques Van de Wattyne), dit le "diable des Collines" qui est à la base du renouveau du folklore ellezellois. 

La "Maison du Pays des Collines" permet de découvrir toutes les richesses du terroir grâce à un parcours-spectacle d'environ 3/4 heures qui plonge le visiteur dans un monde imaginaire fait de trolls, de sorcières et de filtres magiques. Pour cette visite, il sera guidé par la "Dame Blanche", une chouette. 

Le village compte également une brasserie qui produit notamment la célèbre "Quintine"

Durant l'année 2017, Ellezelles va fêter la 45ème édition du "Sabbat des Sorcières" qui a lieu traditionnellement le dernier samedi du mois de juin. Les visiteurs sont accueillis dès le début de l'après-midi par un marché médiéval. De nombreuses animations de rues avec musiciens, saltimbanques, personnages enchanteurs les font patienter jusqu'à l'arrivée attendue (mais peut-être un peu redoutée) des "Chorchiles" (sorcières). Après l'intronisation de Chevaliers du Ramon, la foule se dirige alors vers un site naturel, un peu mystérieux, à l'extérieur du village où se déroule le sabbat des sorcières qui y rejoignent le Diable en compagnie du Loup-Garou, de la milice, des moines et des bourreaux. Le spectacle se termine par un grandiose son et lumière.

Chaque année, le lundi de Pentecôte, la plus ancienne société folklorique du village convie les visiteurs à la "Ducasse Jean Jean doû Ballon". Celle-ci commémore l’atterrissage d'une montgolfière au lieu-dit Camp du Mont en 1850. Un magnifique cortège composé de groupes internationaux (Hollande, France, Brésil, Ukraine...) parcourt les rues du village. La journée se termine par la reconstitution de cet événement qui marqua ceux qui y assistèrent et le simulacre de la montée d'un ballon.

Le troisième dimanche de septembre, depuis 1971, se tient une "Foire aux Artisans" qui a pris, récemment, pour nom celui de "Foire villageoise".

Dans le centre d'Ellezelles, le réputé restaurant "Le Château du Mylord" est étoilé au guide Michelin.

La Hamaide, situé sur la route qui mène de Frasnes à Lessinesest un village, grand défenseur de sa ruralité et de ses traditions séculaires. "L'Ecomusée du Pays des Collines" oeuvre depuis plus de quarante ans à la sauvegarde du patrimoine local. Il permet de découvrir l'évolution du matériel agricole mais aussi une foule d'éléments de la vie quotidienne des paysans durant les siècles précédents. Le premier week-end du mois d'août se déroule la "Fête de la Moisson" qui explique le travail aux champs, avant et au temps des premières machines agricoles. Le fauchage du blé, la confection des meules de paille, le battage du grain, le retour de la charrette de paille, le travail du cheval de trait tirant la charrue, un spectacle auquel les enfants d'aujourd'hui n'ont jamais eu l'occasion de participer. On peut profiter de cette journée à la campagne pour y déguster des produits locaux et participer au "Bal populaire" qui était organisé à la clôture de la moisson.  

Le village de Wodecq est situé sur l'ancienne voie romaine qui reliait Bavay à Verzeke. On y découvre la "Chapelle à Cailloux". Ce petit édifice reconstruit en 1897 est dédié à Notre-Dame du Mont Carmel mais aussi à Damien de Molokaï, l'apôtre des lépreux. Les exploitants de la "Ferme du Dorloû" ont décidé, dès l'année 1990, de se consacrer à l'agriculture biologique et de vendre directement au consommateur leur production. Dans la cour de la ferme, on découvre ainsi une boulangerie-pâtisserie, une boucherie-charcuterie et un magasin offrant les produits fermiers. Pour les visiteurs, il est intéressant de savoir que "le Dorloû" propose un camping à la ferme et la visite de l'exploitation. Ellezelles, terre de mystères, on dit que le trésor des Templiers serait enterré sous une ferme à Wodecq. Des fouilles n'ont, néanmoins, jamais été entreprises pour donner foi à ces allégations. 

Les deux entités que nous venons de visiter ont encore bien rempli l'agenda du voyageur soucieux de se retremper dans le folklore et les traditions. 

(sources : sites des entités et visites personnelles sur place et lors des événements)

S.T. novembre 2016.

19 nov.
2016

19:51

Tournai : expressions tournaisiennes (385)

Des chifes à deonner des toupiries !

Je m'sus alfeos d'mindé pourquoi, j'ai ein jour qu'minché ! Quoisqu'i-s'a passé ein bieau matin, pou ainsin m'faire caire d'dins ! I-a dix ans, j'raviseos des blogs qui vinteot'ent Liège, Bruxelles et même Roubaix et comme j'aime bin l'ville dusque j'sus né, je m'sus mis dins l'tiête d'raqueonter l'Histoire de Tournai. 

Tenir ein blog, ch'est avant tout partager eine passieon, ch'n'est pos warder pou soi des informatieons. J'aveos invie d'parler à des amisses et à des inconnus in espérant que les eins ou bin les eautes m'areot'ent alfeos répeondu. Ainsin, j'ai décidé de m'surlommer l'Optimisse et j'ai voulu faire connaîte no ville aux futurs tourisses. Pasque, contrair'mint à d'eautes cités, no beonne ville de Tournai, on direot presque qu'on a l'pépète d'in parler. Pindant lommint, on s'a racrapoté su nos cheonq clotiers, on a vécu inter-nous sans pinser à partager nos bieautés. Tournai, d'Clovis ch'est l'cité natale et ave Louis XIV, elle est même dev'nue cité royale. Les journalisses d'RTL et d'la RTB, on n'les veot pos puque à Tournai qu'asteur on n'rinconte acore les ceusses de No Télé. I-feaut acroire que pou nos brafes journalistes i-n'a pus que L'Ramdam et le Next Festival qui, à Tournai, existent ! 

L'blog "Visite Virtuelle de Tournai" i-queompte, aujord'hui, mille huit chint vingt-six artiques, ein chife deonné pa l'webmaster, je n'deos pos l'deminder, ch'est automatique. Comme i-a treos artiques qui seont publiés su eine pache du site Skynet, au jour d'aujord'hui, i-fait six chint treos paches et eine pétite rawette.

Je m'sus dit que si eine perseonne areot l'invie d'lire m'blog in intier, j'sus à peu près seûr que cha n'pourreot ête qu'ein ortraité ou bin ein rintier. Ainsin, on peut estimer inter deux et treos minutes pou lire chaque artique, cha fait donc invireon 4.565 minutes que l'corageux va passer su l'informatique. Cha fait pos moinse d'septante-six heures que l'paufe i-va ête assis pa d'vant l'ordinateur. Septante-six heures, vous pinsez que cha fait beauqueop, mais-i-a bin pire, cha deot ête li d'eine traite, sans minger et sans dormir !

Parlant des infants célèbres d'no ville, raqueontant ses traditieons, évoquant ein sièque et demi d'Histoire, abordant l'patois qu'on parle acore à no maseon, "Visite Virtuelle de Tournai" est ein blog destiné aux visiteurs étringers comme aux infant de l'cité des cheonq clotiers. 

Pinsez alors au ceu qui les a écrits bin qu'pou li cha a toudis été du plaisi ! 

Chaque artique, i-d'minde invireon treos à quate heures de préparatieon et ein beonne heure pour s'compositieon et les correctieons (j'ormercie au passache Mam'zelle Jacqueline qui ravise à l'loupe chaqueine de mes lines). J'ai fait l'carcul mi-même, pou n'pos treop vous fatiguer, cha fait 9.130 heures tout plein qu'à m'blog j'ai ainsin consacrées ! Cha orprésinte pus d'treos chint quater-vingts journées, douze meos et quinze jours, vous avez bin li, pus d'eine ainnée. Je n'queompte même pos les déplach'mints pou aller interroger les gins et acore moinse l'nombre d'kilomètes , que, pa tous les temps, j'ai marché dins les rues et les rulettes. Je n'vous parle pos de l'bédoule que j'ai ramenée ave mes sorlets et que j'ai été, pa m'feimme, bin obligé d'nettier. Pasque, pou l'actualité, j'n'ai jamais mis des "on-dit", j'ai toudis vérifié avant, su l'terrain, tous mes écrits. Qu'minché in avril 2008, in ein peu pus d'huit ainnées, n'me demindez pos les heures qu'à l'bibliothèque j'ai passées. D'puis l'ainnée d'mille huit chint quarante-nuef, j'ai li les gazettes, eine à eine, pou cha, j'éteos à l'Maseon de l'Culture alfeos deux après-deîners pa semaine. 

J'sus bénaisse paqu'i-d'a bramint qui ont infin compris qu'Edmeond et Fifinne i-viveot'ent uniqu'mint dins m'n'esprit. Dins l'feond, j'areos pus tout aussi bin les app'ler Batisse et Philomène ! Allez savoir pourquoi j'leu ai deonné ces deux préneoms d'baptême ? J'areos pu aussi les app'ler Raymond et Marie, je n'me souviens même pus commint j'l'ai ai queusis. Et ch'est ainsin que, d'puis toudis, les jeudis, j'passe deux heures imaginaires dins leu logis. Au feond de m'tiête, je veos toutes les pièches de leu maseon et j'intinds l'pus p'tit détal de leu conversatieons. J'veos Edmeond leong comme ein jour sans pain et Fifinne aussi rogneusse qu'ein p'tit tchien. Mes deux gins, on peut dire que ch'est des vrais Tournisiens, toudis à l'tiête de l'ein l'eaute mais qui final'mint s'aime'tent bin. 

J'ai eu l'surprisse d'avoir, ein jour, ein orportache d'eine pache intière dins l'Avenir et ein eaute dins l'Nord-Eclair, comme j'écris presque tous les jours, pétête que, pa eusses, j'sus considéré comme ein confrère. J'truèfe qu'on devreot aussi parler des blogs su No Télé. ! Ainsin mes amisse de "Warchin Varcinum" ou de "Marotte des retraités", quelques minutes culturelles, i-z'areot'ent bin méritées." L'ouvrache de ces historiens tournaisiens j'aime l'mette in valeur dins mes liens. Mes amisses, in mettant su leu blog ein lien, j'ai eu de l'publicité grâce à certains. 

Après huit ans et demi, j'sus asteur à l'croisée des qu'mins, je n'sais pos acore de quoi s'ra fait demain. Du blog étant seul au Consel d'administratieon, à l'rédactieon et à l'publicatieon, j'ai pinse sérieus'mint faire eine erstructuratieon. I-a à l'interieur de mi, ein sorte de p'tit Goblet qui m'dit qui s'reot temps d'ein peu moins ouvrer

L'diminche, certains d'inter-vous aiment bin lire "Expressions tournaisiennes" et vous avez seûrmint ormarqué que ch'est d'jà l'treos-chints quater-vingt chinquième. Pou l'fidélité ou les commintaires, j'ermercie tous mes lecteurs, dire qu'i-d'a qui seont là d'puis l'toute prumière heure.  

Je m'sins arrivé à l'croisée des qu'mins et pourtant j'n'ai pos acore invie d'écrire l'meot fin. J'n'ai pos fini d'parler de l' Wallonie picarde, des gins du Cabaret Walleon, d'nos séculaires traditieons ou bin acore d'Fifinne et Edmeond. J'vas tout simplemint réduire les heures que j'passe pa d'vant m'n'ordinateur et si vous eautes, fidèles lecteurs, vous avez invie d'ouvère alfeos des débats, croyez bin que cha m'f'reot m'bonheur.

Sachez mes gins qu'j'ai eu bin du lari d'parler d'Edmeond et Fifinne, chaque saim'di mais comme, à leu sujet, j'n'ai pus bramint d'commintaires, j'pinse que mes deux gins i-est béteôt temps que j'les intierre. 

(lexique : des chifes : des chiffres / des toupiries : des vertiges / alfeos : parfois / qu'mincher (ou commincher) : commencer / caire : tomber / raviser : regarder / dusque : où / warder : garder / surlommer : surnommer / pasque : parce que / avoir l'pépète : avoir peur / lommint : longtemps / les cheonq clotiers : les cinq clochers / pos puque : pas plus / asteur : maintenant / acore : encore / les ceusses : ceux / acroire : croire / queompter : compter / ein artique : un article / eine pache : une page / eine rawette : un supplément / seûr : sûr / ein ortraité : un retraité / pa d'vant : devant / ein sièque : un siècle / au ceu : à celui / toudis : toujours / raviser (ou orwettier) : regarder / les lines : les lignes / l'carcul : le calcul / orprésinter : représenter / les rulettes : les ruelles / l'bédoule : la boue / les sorlets : les souliers / nettier : nettoyer / après-deîner : après-midi / bénaisse : content / bramint : beaucoup / queusir : choisir / ainsin : ainsi / les pièches : les pièces / rogneusse : qui a un sale caractère / ein tchien : un chien / ein orportache : un reportache / pétête : peut-être / j'truèfe : je trouve / ouvrer : travailler / ormarquer : remarquer / l'prumière : la première / ouvère : ouvrir / avoir du lari : avoir du plaisir / béteôt : bientôt ).

S.T. novembre 2016.

19:51 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : tournai, patois, picard |

15 nov.
2016

09:36

Tournai : le cœur de la Wallonie picarde (7)

Parmi les commentaires reçus dernièrement, un fidèle lecteur du blog, m'a fait part de sa préférence pour l'appellation "Hainaut Occidental" qui prévalait, il y a quelques années encore, pour dénommer notre région. Il s'agit là de l'éternelle divergence de vue qui se manifeste, régulièrement, lors des modifications d’appellation qui jalonnent notre Histoire. L'argument que ce lecteur développe est néanmoins pertinent et concerne principalement les régions d'Enghien, Lessines, Silly et Brugelette. Ces entités qui appartiennent au Hainaut Occidental sont-elles d'origine picarde ? Le débat est ouvert, certains se manifesteront, peut-être, au sein de la rubrique "commentaires", c'est un souhait que j'ai souvent formulé ! 

En attendant ces éventuelles réactions, notre visite nous emmène à la découverte des entités de Celles et Chièvres.

Celles.

C'est une des zones les plus rurales de Wallonie picarde. S'étirant entre Mont Saint-Aubert et Mont de l'Enclus, elle se présente sous l'aspect d'une campagne verdoyante parsemée de fermes, de champs, de prairies et de bosquets . Elle est composée des villages de Celles, Escanaffles, Molenbaix, Popuelles, Pottes et Velaines. 

Le village de Celles est situé sur l'ancienne chaussée romaine reliant Tournai à Gand. L'église Saint-Christophe édifiée au XVIème siècle, doit subir prochainement une importante restauration. Son état fortement dégradé le nécessite. L'édifice religieux est le siège, depuis 1923, d'un pèlerinage d'automobilistes, motocyclistes et cyclistes venus demander la protection du saint patron des voyageurs au moment de la neuvaine qui se déroule en juin.

Le village d'Escanaffles tire son nom de l'Escaut et signifierait même "prairie de l'Escaut". A cet endroit, le fleuve a longtemps fait la frontière entre la Flandre et la Wallonie. Lors de la rectification de son cours et la suppression des nombreux méandres afin de faciliter la navigation, une partie du village s'est retrouvée sur la rive gauche, tout comme une partie du village flamand d'Outrijve s'est retrouvée sur la rive droite. Dans ce village, entièrement voué à l'agriculture, une sucrerie a été en activité de 1872 jusqu'en 1990, époque de restructuration et de centralisation dans l'activité sucrière. Les bâtiments sont depuis lors occupés par le siège général de la société "Galactic", leader mondial en biotechnologie, qui procure 350 emplois dans le monde et possède des implantations aux Etats-Unis (Milwaukee), en Chine (Bengbu) et des bureaux en Europe, au Japon et au Brésil.

Le village de Molenbaix est dominé par l'église Saint-Ghislain, érigée en 1849 en remplacement d'une chapelle dédiée à ce saint. Au point de vue touristique, ce village, uniquement tourné vers l'activité agricole, est connu pour son annuel "gymkhana de tracteurs" qui se déroule, au début du mois d'août et propose également de multiples activités comme le souper campagnard et le bal sous chapiteau. En début de soirée, un nombreux public assiste aux "Montgolfiades", meeting d'aérostation qui existe depuis 2004 et permet d'assister à l'envol d'une douzaine de montgolfières multicolores.

Popuelles est un petit village de 180 habitants traversé par deux ruisseaux "l'Armont" et "le Lozet". Son nom apparaissant, jadis, dans des écrits sous la forme de "Papiola", on l'a cru dérivé du patronyme d'une famille romaine qui y habitait mais peut-être tire-t-il, tout simplement, son origine dans le fait qu'on y trouvait jadis de très nombreux peupliers, un arbre qui pousse dans les régions marécageuses. Pendant plus de 20 ans, les jeunes du village ont mis sur pied une fête qui se déroulait à la fin juin et proposait des "courses landaises", spectacle qui attirait un nombreux public. Hélas, cette fête familiale a été remplacée, depuis peu, par un "festival de DJ" comme on en trouve un peu partout !

Chièvres.

L'entité de Chièvres, regroupant également les villages de Grosage, Huissignies, Ladeuze, Tongre Notre-Dame et Tongre Saint-Martin, est située à environ 35 kilomètres de Tournai. 

Dans le village de Chièvres, on peut découvrir un fragment des anciennes fortifications qui ceinturaient la cité ainsi que trois des six tours qui s'y élevaient. Parmi celles-ci la "tour de Gavre" qui doit son nom au seigneur flamand époux d'Eva de Chièvres qui vécut au XIIème siècle. Face au Moulin de la Hunelle, la "chapelle de la Ladrerie" est le dernier élément d'une léproserie construite durant la seconde partie du XIIème siècle. L'église Saint-Martin, de style gothique, fut érigée en 1543. Sur la Grand-Place, on peut admirer la façade du château des Comtes d'Egmont, ancienne demeure du Comte Charles de Croy.

Le village de Chièvres est connu de tous les amateurs d'aéronautique en raison de la présence de la base aérienne occupée par le 424th Air Squadron intégré au Shape, à l'Otan et au Commandement Suprême des forces Alliées en Europe. Beaucoup ignorent que le premier terrain d'aviation fut créé par les Allemands durant la première guerre mondiale, une  simple piste en herbe et un hangar qui furent détruits en 1918, au moment où le lieu fut à nouveau transformé en terrains de culture. En 1940, lors du second conflit mondial, la Luftwaffe entreprit la création d'une importante base aérienne. Elle abrita jusqu'à 7.000 hommes et plus de 250 bombardiers. En 1944, les pistes et hangars firent l'objet de multiples bombardements alliés. Après la libération, ce qui restait de la base allemande fut restauré et occupé par le 7ème Wing de la Force Aérienne belge. C'est durant cette époque que de nombreux amateurs belges et étrangers se rendaient à Chièvres pour assister aux meetings aériens. Après la désactivation du 7ème Wing en 1967, la base de Chièvres a fait partie intégrante du Shape.  

Sur la chaussée qui mène de Mons à Ath, le rond-point qui donne accès à Chièvres est surmonté d'un chasseur Hunter et dans le village, on peut également visiter le "Musée international de la Base de Chièvres". 

Chaque année, au printemps est organisé "l'American Festival", un week-end festif qui permet de découvrir la culture américaine. 

Le jour du Mercredi des Cendres, les rues du village connaissent une activité particulière en raison du "crossage à l'tonne", une tradition qui date du moyen-âge et qui est également perpétuée dans les régions de Beloeil, Péruwelz et Bernissart. Ce jeu tient du golf et se pratique avec des crosses en bois terminées par un fer et une "soulette" de forme ovoïde qu'une équipe doit amener à heurter un tonneau de bière, situé les plus souvent, à la porte d'un bistrot. Elle devra néanmoins vaincre les pièges de l'équipe adverse qui peut "décholer" (c'est-à-dire envoyer le plus loin possible du but, la "chole" de bois). 

Grosage est un village d'environ 200 habitants situé à 6 kilomètres de Chièvres. Il est traversé par le ruisseau Domissart et possède un "petit musée du pain" installé dans une boulangerie artisanale au sein d'une ferme érigée en 1806. On peut y découvrir la fabrication du pain depuis le moment de la récolte des céréales jusqu'à la mise en vente du pain. Ouvert, sur demande, principalement aux groupes, il permet aux visiteurs de s'essayer à la cuisson du pain. 

Le village de Huissignies, situé lui aussi à 6 kilomètres de Chièvres, est dominé par son église Saint-Martin reconstruite en 1791 et restaurée en 1903. En 1985 y fut fondé le "Musée de la Vie rurale" qui attire plus de 5.000 visiteurs chaque année. A l'étroit dans son local initial, il a été établi par la suite dans une ancienne ferme rachetée par la commune et propose désormais aux visiteurs pas moins de quarante salles reprenant chacune un thème de la vie campagnarde : le vannier, la culture du tabac, le fournil, la laiterie, l'étable, le moulin, les tenues vestimentaires, les jeux d'enfants, les outils... et même la reconstitution d'une classe de l'école du village. Au mois d'octobre y est organisée la "Fête de la Pomme et du Bois".

Le village de Tongre Notre-Dame se situe le long du canal Ath-Blaton, à environ 4 kilomètres de Chièvres. La basilique Notre-Dame de Tongre, érigée en 1777, est un haut lieu de pèlerinage en Wallonie picarde. On y découvre une très ancienne statue de la Vierge, sculptée dans du bois de poirier et en polychrome roman. Son apparition dans ce lieu est décrit comme un fait miraculeux qui se serait produit, le 1er février 1081, dans le jardin de Messire Hector, seigneur du lieu. On raconte que des anges la déposèrent de nuit dans une brillante lumière. En 2015, une relique du bienheureux empereur Charles d'Autriche fut remise, à titre définitif, et placée dans la basilique à la dévotion des pèlerins. Peu de gens savent que c'est dans ce village que le brasseur Charles Louis Durondeau créa la variété de poires qui prit son nom : la Durondeau. 

Voilà encore quelques pages d'agenda qui se complètent. Quand nous aurons abordé les différentes communes qui composent la Wallonie picarde, le choix des visites sera des plus ardus. 

(à suivre)

(sources : site des entités de Wallonie picarde et recherches personnelle sur place)

S.T. novembre 2016.

11 nov.
2016

18:21

Tournai : expressions tournaisiennes (384)

Toudis in qu'min !

"Mo bé, t'es arrivé ichi au beon momint pasque ceulle sémaine on est toudis in qu'min". 

D'puis qu'Edmeond et Fifinne habitent in ville, les trouver à leu maseon ch'n'est vraimint pos facile.

"Tins, prinds ichi l'journée d'verdi, pa eximpe, ch'est l'commémoratieon du 11 novimpe. Du queop, comme on deot acater nos provisieons, ch'est jeudi qu'on va aller faire nos commissieons. Te s'reos arrivé dix minutes pus teôt l'Optimisse, j'éteos in train d'ringer mes marchandisses.  Aussi, j'n'ai pos temps d'venir faire l'conversatieon, j'te laiche in compagnie d'Edmeond" m'a dit Fifinne qui commincheot à nettier s'cuisine.

"Ahais, chaque ainnée, l'sacrifice d'nos inciens, on l'commémore in allant acouter les discours au monumint aux Morts. Ch'est l'moinse qu'on peut acore faire, pou tous ces gins qui ont offert leu vie pindant l'guerre. Ch'est ein façeon à nous eautes d'ormercier, les ceusses qui se seont sacrifiés pou qu'on vife in paix. Malhureus'mint, tous l'z'ans, les participants, on les veot vieusir et des jeones on n'in veot pos bramint v'nir".

"Ah mais, l'souvenir cha s'intretient, i-feaut souvint l'rapp'ler aux gins. I-a ein projet d'inveyer dins les écoles primaires des sortes d'historiens qui veont évoquer les héros de la guerre. Au jour d'aujord'hui, si on vit dins l'confort et in paix on oblie les jeones qui, pou no tranquillité, i-seont morts dins des trinchées".

"De l'messe à Saint-Brice au monumint du roi Albert su l'plache Crombez, on va suife in cortèche, ave l'z'autorités, l'musique des Volontaires Pompiers. Après, comme on anneonche du freod, pou s'récauffer, on va aller in boire eine dins ein cabaret".

In ressuyant ses mains su s'tablier, Fifinne elle est v'nue mette s'grain d'se :

"Saim'di et diminche, on n'va pos non pus ête beauqueop là, ch'est l'saleon Tournai la Pache à la Halle-aux-Draps. J'vas aller querre mes romans pou lire pindant les soirées d'hiver quançqu'Edmeond i-orwette "Secret Story" ou bin "les Esperts". Mi, j'continue à m'cultiver mais, li, i-s'abiêtit pa d'vant l'télé". 

"Pa d'vant l'poste, j'vas t'dire c'que j'fais, cha s'appelle, des études d'société"

"Secret Story... eine étude d'société, bé, ahais, mes gins i-n'pinsent qu'à coucher". 

Vous l'avez seûrmint ormarqué, l'situation elle éteot prête à esploser".

Ch'est alors qu'Edmeond i-a fait caire l'tinsieon, ave ein meot d'esprit :

"Quançqu'i-a gagné, Donald Trump, i-paraît qu'il a rit".

Fifinne qui n'aveot rien compris, elle li a d'mindé :

"Quoisqu'elle a fait Hillary ?".

"A m'mote que t'es sourde comme ein peot, te devreos aller vir ein beon otho-rhineo"

Comme je n'vouleos pos les vir batt'lier, j'ai eine nouvelle feos canger d'sujet :

"Edmeond, te devreos t'mette à écrire, j'creos que su t'vie t'as bin des cosses à dire !".

"Mo Dieu, si j'parleos des avintures de m'jeone âche, j'in dédicach'reos, te sais, des lifes à Tournai la Pache".

"On direot bin que Mossieu i-a eu eine vie d'vedette, qui a queuru l'cotreon ave des p'tites starlettes, bé ahais, te parleras d'tes soirées au quartier Saint-Piat, à boire, dins les bars, ave des files à soldats !".

"Tins l'ov'là, cha m'areot bin étonné qu'elle ne m'areot pos déméprisé !". 

"Tes nuits au Tam-Tam, au Big-Ben ou bin au Bilou, cha areot certain'mint, in librairie, ein succès fou !".

"Milliards mais queulle affaire, neon j'vas écrire ein life su..."

"su les bières. Si te queomptes toutes les ceulles que dins t'vie t'as chifflées, te vas avoir d'l'ouvrache et ch'est ein dictieonnaire que te vas devoir publier". 

"Neon, i-n'feaut pos l'acouter, j'vas écrire ein roman su l'Tournai du temps passé. Te sais bin que tous les jours, j'vas faire m'pétit tour et j'ai l'raminvrance des maseons disparues, des inciens magasins et des p'tits coins perdus. Ainsin, su l'plache de Lille, dusqu'i-a asteur ein marchand d'chucolat, dins les ainnées chinquante, ch'éteot ein garache qu'i-aveot là. Chez Jules Lucq, à l'ferniête du prumier étache, i-aveot deux perroquets dins ein cache. I-chiffleot'ent comme des agints d'police et à bramint d'conducteurs i-ont foutu l'drisse. Quançqu'i-z'imiteot'ent ein queop d'chiffleot, l'automobilisse ein peu distrait, tout d'eine, i-s'arrêteot. Pou qu'asteur les gins i-respectent toudis les feux d'circulatieon, i-faudreot ormette deux perroquets comme eusses in fonctieon. In leong et in larche, j'parlereos aussi des gins qu'alors j'rincontreos, d'Germain du Palace, Zaza ou l'pétit Lucien d'chez Joveneau. Aux jours de fiêtes, on veyeot porméner, d'ein pas lent, la Limace et s'n'accordéon et au coin d'eine rue on intindeot canter ein marchand d'cancheons. Mossieu Spinette cuiseot ses frites dins l'graisse au pied du bieffreo et à la salle Provence les gins dinseot'ent au seon d'ein orchestre, pos d'eine soneo. Dins les rues, on n'voleot pos les fleurs dins les bacs et su les murs des maseons, i-n'aveot pos d'tags. A dix heures au soir, de l'plache Crombez jusqu'à l'rue Saint-Martin, te pouveos t'pourméner sans crainte d'ête attaqué pa des vauriens. On croiseot des curés in soutane, des nonettes à cornettes, ein marchand d'loques ave s'trompette et Théo la Glace et s'camionnette. L'diminche, après-deîner, jusqu'au mitan de l'cité, on intindeot les supporters berler quançque, su l'terrain du Racing ou d'l'Unieon, ein goal i-éteot marqué. Su l'plaine, in été, on veyeot les p'tits rotleots jeuer quançque les soldats, au tir, i-n'v'neot'ent pos s'exercer. I-aveot du meonte su l'plache Verte pour les luttes de jeu d'balle et, à l'mi-carême, dins les rues pou vir l'cortèche du carnaval. Les Cartelettes du quartier du Maroc, les Déchaînés, les Pierrots d'Sainte-Magritte ou bin acore les Gilles de Saint-Piat i-sorteot'ent au momint des saques pou mette l'ruache in joie. Les concours d'jeu d'fier et d'jeu d'boule, i-z'attireot'ent, à c'temps là, les foules. A l'karmesse, in sétimpe, su l'Grand-Plache, ch'est à l'Friture Bruxelloise qu'on preneot plache, à peine installés, on commindeot :" ein complet" et on éteot servi pa ein serveur in galeons dorés. On éteot là bin à s'n'aisse pou déguster les waufes au chuque ou les boules à l'graisse et..."

"Et te rintreos, à chaque feos, quervé après quate ou chinq Guinness !".

Pou casser l'ambiance, Fifinne elle a ein deon, i-a pos à dire, elle est toudis roncheon.

J'ai dit :

"Beon, bé... j'vas ortourner tout bell'mint..."

Fifine a répeondu :

"On n't'ortient pos pasque qu'on deot aller querre l'pain".

"Edmeond i-a berteonné :

"Asteur, i-feaut aller querre du pain, dis hardimint, on est toudis su l'quémin".

"Si t'as invie d'minger, m'comarate, i-feaut t'ormuer, et surtout n'reste pos acore in raque sineon te pourreos m'vir arriver tout d'eine traque pou t'ramener à la maseon à queops d'matraque".

Ch'est pétête bieau d'parler de l'incien Tournai, mais faire ein life su feimme, l'succès i-s'reot assuré".

J'ai d'jà l'tite : "L'mégère que j'n'ai pos pu apprivoiser". 

(lexique : toudis in qu'min : toujours en chemin, toujours en route / ceulle : cette / verdi : vendredi / ein eximpe : un exemple / du queop : du coup, dès lors / acater: acheter / ringer : ranger / commincher (ou qu'mincher) : commencer / nettier : nettoyer / ahais : oui / acouter : écouter / l'moinse : le moins / nous eautes : nous autres / ormercier : remercier / les ceusses : ceux / vife : vivre / vieusir : vieillir / bramint : beaucoup / inveyer : envoyer / oblier : oublier / jeones : jeunes / l'plache : la place / suife in cortèche : suivre en cortège / anneoncher :  annoncer / récauffer : réchauffer / mette s'grain d'se : mettre son grain de sel, intervenir dans la conversation / saim'di : samedi / querre : chercher / quançque : lorsque / orwettier (ou raviser) : regarder / pa d'vant : devant / seûrmint : sûrement / caire : tomber / quoisque : qu'est-ce que / à m'mote: selon moi, à mon idée / ein peot : un pot / batt'lier : batailler, se bagarrer / canger : changer / j'creos : je crois / des cosses : des choses / l'âche : l'âge / des lifes : des livres / queurir l'cotreon : avoir de multiples aventures galantes / des files : des filles / ov'là : voilà / démépriser : dénigrer / queulle : quelle / queompter : compter / chiffler eine pinte : boire une bière d'un trait / avoir l'raminvrance : avoir la souvenance, se souvenir / ainsin : ainsi / l'chucolat : le chocolat / ein garache : un garage / eine ferniête : une fenêtre / eine cache : une cage / chiffler : siffler / foute l'drisse : faire peur, littéralement faire avoir la diarrhée / asteur : maintenant / toudis : toujours / ormette: remettre / in leong et in larche : en long et en large / l'fiête : la fête / canter : chanter / l'bieffreo : le beffroi / s'porméner (ou s'pourméner) : se promener / des nonettes : des religieuses / ein marchand d'loques : un ferrailleur / après-deîner : après-midi (après le dîner) / au mitan : à la moitié / berler : hurler / les p'tits rotleots : les jeunes enfants / jeuer : jouer / du meonte : du monde / l'saque : le sacre, fête d'une paroisse, d'un quartier / l'ruache : le quartier / l'jeu d'fier : le jeu de fer (voir l'article que nous lui avons consacré au moyen de la case recherche) / sétimpe : septembre / ête à s'n'aisse : être à l'aise / des waufes au chuque : des gaufres au sucre / des boules à l'graisse : des croustillons, des beignets / quervé : ivre / tout bell'mint : tout bellement, sans se presser / berteonner : grommeler, maugréer / s'ormuer (ou s'ermuer) : se remuer / rester in raque : rester en plan / tout d'eine traque : subitement / pétête : peut-être / l'tite : le titre).

S.T. novembre 2016 

18:21 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : tournai, patois, picard |

08 nov.
2016

13:57

Tournai : le cœur de la Wallonie picarde (6)

La découverte des communes composant la Wallonie picarde se poursuit : Brugelette et Brunehaut sont au programme.

Brugelette.

Cette entité, située à une quarantaine de kilomètres de Tournai, vivait jadis autour de sa sucrerie dépendant de la Raffinerie Tirlemontoise. Une activité qui avait débuté en 1836 et qui prit fin en 2008. Cette fermeture a été vécue comme un drame social dans l'entité. Il faut dire que durant toute l'année et plus encore lors de la campagne sucrière, elle fournissait de l'emploi à la région et alimentait les finances de Brugelette. Lors de la fusion des communes de 1977, quatre villages lui ont été rattachés : Attre, Cambron-Casteau, Gages et Mévergnies. 

Le folklore est présent à Brugelette grâce à la "Ducasse du quartier des Montils" qui existe depuis 1899 et se déroule le deuxième dimanche de septembre. Elle est marquée, le samedi après-midi, par le mariage des géants Torien et Torine. Le couple a donné naissance à Victorien. Le dimanche, un cortège folklorique parcourt les rues du village et la journée s'achève par un grand feu d'artifice.

Le village d'Attre apparaît souvent dans l'Histoire. Il fut un lieu de séjour régulier pour l'Archiduchesse Marie-Christine d'Autriche, gouvernante des Pays-Bas et de son époux, Albert de Saxe. C'est là également que, le 28 septembre 1624, les Français enlevèrent Tilly, le général des Impériaux. Le château d'Attre est une une gentilhommière qui s'élève au milieu d'un écrin de verdure. Il a été construit en 1752, à l'emplacement d'une ancienne forteresse, par les Comtes de Gomegnies, chambellans à la cour d'Autriche. Le bâtiment s'élève au milieu d'un parc anglais dans lequel on découvre un rocher artificiel, construit en forme de ruines, symbole du romantisme du XVIIIème siècle. Remarquables aussi sont les écuries du château, de style néo-Louis XIV et la tour colombier, symbole des privilèges seigneuriaux des habitants du lieu. Le village permet aussi la découverte d'un ancien moulin et d'un pont en pierre du XVIIIème siècle, le pont de "Passe tout-outre" qui devra être restauré suite aux dégâts provoqués par un camion, il y a quelque temps déjà.

Cambron-Casteau est connu  à des centaines de kilomètres à la ronde, depuis la création, il y a près de vingt-cinq ans, du parc Paradisio devenu "Pairi Daiza", un nom qui signifie "jardin clos" en ancien persan. Ce domaine de 55 hectares entourant la tour abbatiale de l'ancienne abbaye cistercienne de Notre-Dame de Cambron, fondée en 1148, présente la plus importante collection d'animaux évoluant dans leur cadre naturel reconstitué. Ce parc s'attache à la conservation des espèces menacées et à celle du patrimoine. Il accueille, chaque année, de Pâques à la Toussaint, plus d'un million et demi de visiteurs. Trop de touristes qui se rendent au parc ignorent les richesses patrimoniales que compte le village de Cambron-Casteau : l'église gothique Saint-Vincent du XIIIème siècle, la Ferme Labrique, construite en 1768, ancienne dépendance de l'abbaye cistercienne, le moulin des Près, moulin à eau de la fin du XVIIIe siècle qui fut en activité jusqu'en 1989...

A Mévergnies, on peut admirer l'ancien moulin érigé sur la Dendre avec son importante roue à aubes en fer et en bois portée par son mur calcaire.

A Gages, la "ferme du Blocus" a été reconstruite au XVIIIe siècle, à l'emplacement d'un château féodal du XIème siècle. Son nom vient du néerlandais "Blochuyse" qui signifie maison fortifiée. Les habitants du village vouent toujours un culte à Sybille de Gages qui y naquit et mourut en 1250 à l'abbaye d'Aywières. 

Brunehaut.

Le nom de la commune de Brunehaut, située à une petite dizaine de kilomètres au Sud de Tournai, est apparu au moment de la fusion des communes du 1er janvier 1977. Cette entité est composée des villages de Bléharies, Guignies, Hollain, Howardries, Jollain-Merlin, Laplaigne, Lesdain, Rongy et Wez-Velvain. Elle fait partie du "Parc naturel des Plaines de l'Escaut" et s'étend tout le long de la frontière française. 

Sur la place de Bléharies se dresse l'église Saint-Aybert, oeuvre de l'architecte tournaisien Henri Lacoste, datant de 1926. De par sa conception art-nouveau, elle est probablement une des plus lumineuses de la région. Elle attire l'attention du visiteur par ces vitraux multicolores, ses bronzes patinés et ses arcs en béton armés qui remplacent les colonnes qu'on trouve dans la plupart des églises. L'église forme avec la cure et l'ancienne maison communale un ensemble à l'aspect équilibré au centre du village. L'entité abrite une brasserie, tout naturellement nommée "Brasserie de Brunehaut", elle est située dans le village de Rongy.

Le village d'Hollain dont le nom signifie "cavité marécageuse" est essentiellement connu pour deux éléments bien distincts. Le premier concerne le patrimoine, le second, le folklore. La "Pierre Brunehaut" (qui est à l'origine du nom de l'entité) est un mégalithe datant de l'époque néolithique qui se dresse à l'intersection des routes menant de Jollain à Bléharies et d'Hollain à Lesdain. Cette pierre élevée au milieu des champs et entourée de quatre peupliers d'italie qui la font repérer de loin est de forme légèrement trapézoïdale, elle s'élève à 4m25 au-dessus du sol, sa partie enterrée est d'environ 1m75, sa largeur est de 3 mètres et son épaisseur varie entre 55 et 60 centimètres. Elle ne pèse pas loin de 23 tonnes. A côté de ce géant de grès, une table d'orientation en pierre gravée désigne aux visiteurs la direction des villes régionales mais aussi des grandes villes nationales et internationales.  

Chaque année, à l'approche du 21 juillet, le village d'Hollain s'anime. Des échoppes, estrades et chapiteaux sont érigés sur la place Verte pour l'annuelle "Artifoire". Celle-ci a été organisée pour la première fois en 1975 et se présentait alors sous la forme d'un petit chapiteau dressé sur la place du village, à proximité de l'église, dans lequel huit artisans locaux montraient leur savoir-faire. Découverte par les visiteurs français se rendant à Tournai par la chaussée de Valenciennes, sa première édition connut le succès. Désormais, ils sont près d'une centaine d'artisans venus des quatre coins du pays, de France mais aussi des régions d'Europe et également des milliers de visiteurs à participer à ce rendez-vous incontournable de la Fête Nationale. Dédiée à Norbert, le tailleur de pierre, un des fondateurs aujourd'hui disparu, la foire donne hospitalité aux artistes locaux. Le caricaturiste Serdu, originaire du lieu, croque le portrait du visiteur soucieux d'emporter un souvenir original. Les organisateurs proposent de nombreuses animations grâce à la venue de groupes folkloriques du continent européen et parfois même de plus loin. Danseurs, musiciens, représentants de l'artisanat de leur région et spécialités culinaires donnent une touche colorée et exotique à cette foire.  L'Artifoire, c'est aussi un cortège folklorique composé des géants locaux et de fanfares. Un feu d'artifice clôture cet événement annuel.

Le village de Lesdain dominé par son église Saint-Eleuthère se trouve blotti au milieu de pépinières. Il est renommé pour son horticulture et sa production de fraises. Jusqu'en 2013, Lesdain attirait une toute grande foule lors de son annuelle "Fête de la Rose" du premier week-end de septembre qui connut 35 éditions. Celle-ci a été abandonnée et le village aurait pu s'endormir s'il n'y avait eu, depuis cette même année, l'organisation du "Lesdain Rock Festival" qui se déroule en juin.  

Howardries fut jadis un village de fraudeurs et de contrebandiers en raison de sa proximité avec la France. Il suffisait, en effet, d'utiliser les petites passerelles jetées sur l'Elnon, le ruisseau qui sépare les deux pays, pour passer cigarettes, tabac, alcools... L'action était facilitée par le fait que le village se trouve au milieu d'une forêt, à cheval sur les deux pays. Derrière l'église Sainte Marie-Madeleine, dont la nef date du Vème siècle, on découvre la crypte où sont enterrés les Comtes du Chastel de la Howardries. Chaque année, le village est envahi par des milliers de marcheurs participant à l'annuelle "Marche des Jonquilles". 

Le village de Rongy peut s'enorgueillir d'avoir été le premier village belge libéré en septembre 1945 par les soldats alliés parmi lesquels la "Brigade Piron". Une stèle rappelle cet événement. Chaque année, le premier week-end d'octobre, est organisée la "Fête de la Pomme" durant laquelle sont organisées les visites des vergers de Brunehaut. 

Le village de Wez-Velvain était connu par sa sucrerie appartenant à la famille Couplet. Si des installations y sont toujours visibles, la production proprement dite a été transférée dans de nouvelles installation érigées à Fontenoy, dans l'entité d'Antoing.

A Jollain, chaque année, à la fin du mois de mai, la fondation Follereau de Tournai organise la "Marche des Fraises", des centaines de participants viennent, de façon originale et sportive, découvrir la campagne environnante avant de faire provision de ce fruit rouge qu'on y cultive.

Cette région de Wallonie picarde est propice aux balades dans une nature encore préservée, au milieu des champs, des près, bosquets et pépinières. Véritable paradis pour les promeneurs qui y trouvent de nombreux chemins ou de petites routes tranquilles, la région l'est aussi pour les cyclos venus de France ou de Flandre.

Voici encore de quoi alimenter de  nouvelles pages de l'agenda afin de découvrir le patrimoine et les traditions locales de ces communes qui composent la Wallonie picarde.

(à suivre)

(sources : sites des communes et recherches personnelles sur place).

S.T. novembre 2016

05 nov.
2016

11:38

Tournai : expressions tournaisiennes (383)

Au Cabaret de l'rue Blandinoise !

Edmeond et Fifinne, jusqu'à l'sémaine passée, i-n'aveot'ent jamais été au Cabaret. I-z'ont bin été vir l'orvue de l'karmesse mais ch'éteot au temps béni de leu jeonesse.

"Asteur qu'on est v'nu habiter su l'quai, ch'est bin pus facile pou y aller".

Ainsin, Edmeond i-m'a raqueonté, pa l'détal, l'soirée d'saim'di dernier. 

Dins l'rue Blandinoise ave l'Cabaret, on vouleot passer eine beonne soirée !

"Si j'diseos qu'i-aveot là-vas l'grande foule, creos-me, j'te fout'reos des cacoules". Pou ête bin seûr d'ête à l'heure, on est arrivé au Forum à siept heures". 

Pou n'pos s'faire ormarquer, Edmeond i-aveot mis s'nouvelle mareonne et s'bieau mantieau et Ffinne elle aveot queusi s'pus bieau caraqueo et mis ses pinderleots. Mes deux gins i-aveot'ent simplemint oblié ein détal, cha sinteot l'naphtaline tout autour d'eusses dins l'salle. 

"Te n'peux pos imaginer comme cha m'a fait tout dreôle d'ortrouver ceulle salle, ch'est là que j'alleos au cinéma quançque j'éteos jeone, là et, alfeos, au Kursaal. Ch'éteot l'véritape ciné des familes, au moinse, on n'veyeot pos d'films débiles : on alleot vir Tarzan, Laurel et Hardy, Don Camillo ou bin... Bambi".

Dins l'rue Blandinoise, ave l'Cabaret, ch'est d'ein pèlerinache qu'on éteot les invités !

"Te n'vas pos m'acroire, à peine que l'rideau i-aveot été tiré, pa d'vant l'écran bramint d'gins i-ont été mansés. Su des imaches d'NoTélé, on a ortrouvé l'visache d'André, Mossieu Wilbaux, ein des pus inciens du Cabaret que l'matin même on aveot intierré. I-a canté eine dernière feos s'n'amour pou s'vielle cité dont les plaches et les rulettes i-aveot si souvint arpintées. J'ai bin vu qu'Fifinne, elle aveot l'larme à l'ouèl mis j'peux t'avouer qui n'aveot pos qu'elle. J'ai surtout été saisi que, pindant l'prumière partie, les applaudiss'mints i-n'éteot'ent pos fort nourris".

"Et ti, l'Optimisse, quoisque t'as pinsé de ceulle séance d'Cabaret ?".

Dins l'rue Blandinoise, ave l'Cabaret, j'pinseons que j'alleos m'amuser ! 

"Te sais, Edmeond, qu'à l'Royale Compagnie, mi, j'vas, pou ainsi dire, d'puis toudis. Sans ête Mathusalem, j'ai connu Mossieu Charles Maillet, Edmeond Godart, Georges Delcourt et Robert Pollet qui seont asteur tertous au paradis des cancheonniers. J'ai l'ramivrance de m'prumière orvue, ch'est facile, à la Scala et l'tite ch'éteot : "Total, pos d'bile". Adeon, d'ainnée in ainnée, j'peux comparer l'qualité et pou ceulle prestatieon, j'ai ein eu sintimint ein peu particulier. D'puis toudis, les cancheonniers nous intraînent inter rire et braire, i-nous deonnent bin souvint du lari et bramint d'occasieons de nous distraire, mais ceulle feos-chi, i-aveot beauqueop treop d'émotieon à causse, bin seûr, du départ récent d'deux compagnieons. 

I-aveot aussi ein grand absent, grand pa l'tale et mais aussi pa l'talent, j'veux parler de m'n'amisse et visin Christian. Ces derniers meos, i-éteot rintré à l'clinique d'Mouscreon pou faire de s'grande carcasse eine totale révisieon. I-souffreot d'fameux problèmes mécaniques, diseons que s'bassin i-n'éteot pus aussi... élastique. Quançqu'i-alleot pourméner s'tchien, i-alleot d'pus in pus douch'mint. I-a infin pris s'corache à deux mains et i-a décidé d'aller vir l'médecin. I-est ersorti ave deux hanches in titane et asteur, dins l'ruache, tertous, on va l'app'ler Bioman. Pou l'balade ave s'tchien quançqu'i-ara quitté s'maseon, depuis m'saleon, j'vas l'intinte passer l'mur du seon ! Grâce à No Télé qui, su s'lit d'souffrance, l'aveot filmé, s'cancheonne i-a pus quand même nous l'canter. Eine feimme, pos leon d'mi, su l'même ringée, eine cinsière d'Barry, elle a pinsé qu'in direct ch'éteot diffusé, bé ahais, à dix heures au soir, i-a bin lommint qui seont rintrés... les journaleus d'No Télé !".

A l'rue Blandinoise, pou l'Cabaret, l' Prési, ch'est su s'c... qui s'areot traîné !

Edmeond i-éteot bénaisse que Danny Batteauw à Edmeond Roberte rinde ein hommache bin mérité, l'cancheon "Orfroisdiss'mint" nous a rappelé qu'i-y a d'jà trinte ainnées que l'organisse d'Maubray nous a quittés. Quoisque Gérard Plattevoet i-aveot pris comme médicamint pou nous présinter ein parel portrait d'Christine de Lalaing. Pou les ceusses qui veule'tent se souvenir de l'poétique cancheonne d'Bernard Clément, ch'est ein drame pasque les sujets interprétés, on a bieau cacher après, i-n'ont pos été mis dins l'programme. Philippe De Smet nous a fait rêver ave ein pot-pourri des pus bieaux airs au piano et Pascal Winberg nous a décrit l'personnache de s'création qu'i-a surlommé Mado. Les cancheonnes d'Pierre Vanden Broecke, Michel Derache et Jean-Michel Carpentier, même si on les a toutes les treos appréciées, ch'est pos l'programme qui va nous rapp'ler quoisqu'in éteot l'sujet. D'Vincent Braeckelaere, l'tite de l'cancheon on l'a même oblié, quoisque vous voulez, ch'est ainsin si... rien ne vous permet d'vous in rapp'ler. In ravisant l'programme, Edmeond i-a fini pa acroire qu'les sujets i-aveot'ent été queusis l'velle au soir. 

Fifinne elle a surtout aimé l'cancheonne d'Jean-Marc Foucart qui décrit l'régime qui deot faire à causse d'ein infar.

"Ov'là ichi au moinse ein garcheon qui a intindu raiseon. Edmeond te d'vreos printe eximpe su li et à partir d'aujourd'hui t'mette ti aussi à l'ieau d'Vichy".

Edmeond i-n'a pos été déstabilisé et i-li a, du tac au tac, répliqué : 

"Pos pu tard qu'hier, j'ai li su internet ou dins ein journal, qui n'aveot pos pus pollué que l'ieau minérale".

"Bé alors, si ch'est ainsin, i-t'feaut boire d'l'eiau du robinet, les gins d'Ipalle i-dise'tent qu'elle est mille feos contrôlée !".

J'ai sinti que l'tinsieon elle alleot acore meonter quançque j'ai intindu Edmeond mareonner :

"J'espère que l'intracte i-va béteôt arriver pasque j'comminche ichi à m'désséquer".

A l'rue Blandinoise, pou l'Cabaret, j'in pinsé qu'i-z-alleot'ent acore bat'llier.

L'deuxième partie, elle éteot consacrée à ein des piliers du Cabaret, Jean-Pierre Verbeke qui, au printemps dernier, nous a quittés. Su ein documint amateur, on l'a vu canter "l'Temps des Jules", ces marous qui metteot'ent su l'trottoir, des files qu'on app'leot les "libellules". 

Ch'est pétête pasque, du collèche Noter-Dame, on occupeot l'salle, mais, à minuit, on peut dire que l'fin du spectaque elle n'a pos été banale. In pyjama, appuyé su ses cannes, au mitan d'ses compagnieons, l'Présidint Bridoux, comme si i-éteot à Lourdes, i-a fait s'n'apparitieon. L'grand fouteu d'coules, i-nous areot fait acroire à s'n'évasieon et qu'on d'veot seûrmint cacher après li dins les couloirs d'Mouscreon. I-a même d'mindé si i-n'aveot pos eine beonne âme dins l'public pou l'emm'ner, après quate ou chinq pintes au moinse, in auteo, à l'clinique. 

A l'rue Blandinoise, ave l'Cabaret, i-a des miraques qui peuve'tent arriver !

In sortant, on a vu que pou Fifinne i-aveot eine séquoi qui n'tourneot pos reond, i-n'a pos fallu bin lommint pou connaîte l'raiseon de s'déceptieon.

"Mi j'sus orvenue pou vir l'orvue et je n'l'ai pos vue. Ch'est quand même cha qu'i-a fait connaîte l'Cabaret dins... l'meonte intier".

"Holà, i-n'feaut pos exagérer, l'orvue elle a été filmée, dins l'temps, pa la RTB et No Télé et grâce à l'antenne nationale, cha été vu pa les Français d'Cysoing, Bachy ou bin Roubaix. Comme ch'est du picard et qu'i-naveot pos d'problème d'compréhinsieon, i-d'a bramint d'là-vas qui ont pris eine carte d'affiliatieon".

"Bé j'te l'dis, l'Cabaret, i-n'est pus local, i-deot définte eine réputatieon internationale et, du queop, m'questieon elle est acore posée, te sareos dire pourquoi mes gins i-ont laiché caire ce qui a fait leu succès ?".

"L'raiseon, ch'est pos bin leon qu'i-feaut la cacher, asteur, ch'est presque tertous des ortraités. I-feaut comprinte qu'i-n'ont pétête pus l'temps d'répéter, te sais bin que pou ein pinsieonné i-n'a jamais assez d'heures dins eine journée. Ou bin i-feaut trouver dins ceulle histoire, l'fait qu'i-ont l'pépete d'avoir des treos d' mémoire. Mais j'te l'dis, si l'Royale Compagnie elle n'injecte pos du sang nué, à moyen terme, elle est condamnée et les efforts d'Jean-Pierre Verbeke et René Godet, in 1996, pou la sauver, cha n'ara été que du beos d'ralleonche pou eine vingtaine d'ainnées". 

"Ch'est bin triste !" qu'i-a dit Edmeond in guisse d'conclusieon.

A la rue Blandinoise, ave l'Cabaret, les ceusses qui pinseot'ent vir l'orvue i- l'ont été... (d'l'orvue) !

Adeon, à minuit, l'Cabaret i-a pris fin et Edmeond et Fifinne i-seont partis l'main dins la main. I-n'ont pos été dormir tout d'suite in rintrant à leu maseon, i-a acore eu bin d'l'ouvrache pou l'malhureux Edmeond ! Aux pindules, horloches et révels, i-a fallu canger les heures, à treos heures, on d'veot les orculer su deux heures. Comme Fifinne elle respecte toudis les instructieons qu'elle intind à l'radio ou bin à l'télévisieon, Edmeond i-a attindu l'heure fatidique à mitan indormi dins ein fautel du saleon. 

A l'rue Blandinoise, du Cabaret, on orvient alfeos bin fatigué !

Au momint d'ortourner vers m'n'auteo, dins l'noir, j'ai, tout à n'ein queop, gliché et failli caire su l'trottoir. In mi-même, j'ai pinsé : 

"J'ai eu de l'sanche, acore eine de ces maudites fwèles mortes, les gins i-f'reot'ent bin d'balayer pa d'vant leu porte". 

Ch'éteot eine bin mauvaisse appréciatieon, j'l'ai compris in arrivant à m'maseon. J'ai déposé du brin d'tchien pa tierre de l'porte de l'rue jusqu'à l'ceulle du vestiaire. Comme les horloches, on les aveot d'jà cangées, nous eautes, à eine heure au matin, on s'a mis à nettier

Je n'pinseos jamais si bin dire quançque m'feimme j'ai voulu l'faire sourire in disant :

"N't'ins fait pos ave cha, marcher dins du brin d'tchien, m'pétit lapin, cha peut rapporter bramint d'argint". L'dicteon i-dit vrai, i-n'feaut pos que vous in doutiez, j'peux vous l'certifier, on l'a même vérifié. Pos pus tard que l'lind'main au matin, on a trouvé... eine pièche d'vingt cents su l'quémin !. 

A l'rue Blandinoise, ave l'Cabaret, ch'est presqu'au Lotteo qu'on aveot jeué !

(lexique : l'orvue de l'karmesse : la revue de la kermesse. Celle-ci se joua de 1948 à 1982, elle a connu, un tel succès, qu'il y eut jusqu'à une vingtaine de représentations entre le mois de septembre et le mois de novembre. Reprise une première fois en 2008, dans le cadre du centenaire de la société patoisante, elle fut à nouveau abandonnée l'année suivante. Depuis quelques années, comme le phénix, elle semblait renaître de ses cendres même si elle n'était plus à grand spectacle. Hélas, une certaine lassitude au sein de la société semble avoir à nouveau raison d'elle. / l'jeonesse : la jeunesse / asteur : maintenant / ainsin : ainsi / l'détal : le détail / des cacoules : des mensonges / ête seûr : être sûr (être certain) / siept : sept / ormarquer (ou ermarquer) : remarquer / eine mareonne : un pantalon/ queusir : choisir / ein caraqueo : une blouse de femme / des pinderleots : ce mot désignent les bijoux, les pendants d'oreille... / eusses : eux / ceulle : cette / quançque : lorsque / alfeos : parfois / acroire : croire / bramint : beaucoup / ête mansé : avoir la gorge serrée / inciens : anciens / les plaches : les places / les rulettes : les ruelles / l'ouèl : l’œil / quoisque : qu'est-ce que / toudis : toujours / tertous : tous / avoir l'raminvrance : se souvenir / adeon : donc / inter : entre / braire : pleurer / avoir du lari : avoir du plaisir / à causse : à cause / l'tale : la taille /  m'n'amisse : mon ami / ein visin : un voisin / l'tchien : le chien / l'corache : le courage / ersorti (ou orsorti) : ressorti / l'ruache : la reu, le quartier / intinte : entendre / l'cancheonne (ou l'cancheon) : la chanson / canter : chanter / pos leon : pas loin / les journaleus : les journalistes / ête bénaisse : être content / orfroidiss'mint : refroidissement / parel : pareil / cacher : chercher / surlommer : surnommer / l'tite : le titre / raviser (ou orwettier) : regarder / l'velle : la veille / au moinse : au moins / ein garcheon : un garçon / printe eximpe : prendre exemple / mareonner : bougonner / béteôt : bientôt / commincher : commencer / désséquer : dessécher / batt'lier : se batailler, se battre / les marous : les mâles, coureurs de femmes / des files : des filles / pétête : peut-être / L'collèche : le collège / l'spectaque : le spectacle / au mitan : au milieu / ein fouteu d'coules : personne qui raconte des histoire / quate ou chinq : quatre ou cinq / ein miraque : un miracle / eine séquoi : quelque chose / l'meonte : le monte / là-vas : là-bas / définte : défendre / du queop : du coup / laicher caire : laisser tomber / avoir l'pépète : avoir peur/ des tréos : des trous / nué : neuf / du beos : du bois / in guisse : en guise / vir : voir / l'ouvrache : le travail / canger : changer / orculer (ou erculer) : reculer / tout à n'in queop : tout à coup / glicher : glisser / avoir de l'sanche : avoir de la chance / eine fwèle (ou eine fouèle) : une feuille / pa d'vant : devant / du brin d'tchien : des déjections canines / pa tierre : à terre / nettier : nettoyer / eine pièche : une pièce / l'quémin : le chemin / jeuer : jouer).

S.T. novembre.

11:38 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : tournai, patois, picard |

03 nov.
2016

08:56

Tournai - des chantiers en pagaille !

L'automobiliste tournaisien va devoir ronger son frein !

Depuis plusieurs années, Tournai vit à l'heure des chantiers routiers. Les Tournaisiens ont tout d'abord vécu ceux qui concernent la pose d'impétrants comme le renouvellement des conduites d'eau pour éliminer le plomb ou celui des anciennes conduites de gaz en acier par des nouvelles beaucoup plus souples, le remplacement de câbles électriques dont certains commencent à poser problème ou la pose du câble optique pour la télédistribution et les liaisons téléphoniques. Il y a eu également les intempestives ruptures de canalisations et les découvertes fortuites d'anciens égouttages surannées (et inconnus) qui provoquèrent des affaissements de chaussée (au boulevard du roi Albert, à la rue de Barges, au parvis du beffroi et maintenant à la rue du Parc). Tout ces chantiers engendrent, inévitablement, des problèmes de circulation, celle-ci se déroule alors, soit sur une voirie rétrécie (rue Saint-Eleuthère), soit réglée par des feux (chaussée de Roubaix) ou est totalement impossible (depuis deux mois déjà dans la rue des Aveugles et, depuis le week-end de Toussaint, le long du Conservatoire).

Mieux vaut choisir la marche à pied !

Il y a également les chantiers de rénovation du centre-ville qui, après avoir concerné l'entièreté du quartier cathédral, se sont déplacés vers le quai Dumon et le quartier du Becquerelle. Tout devrait être terminé dans quelques semaines. Hélas, on constate déjà des réouvertures ponctuelles des voiries à peine terminées, c'est actuellement le cas à la rue du Four-Chapitre (au pied d'une cabine électrique) et à la rue de Courtrai (face à un magasin). La question que se posent les Tournaisiens est la suivante : la pose des impétrants a-t-elle été bricolée ou bien est-on systématiquement dans l'impossibilité d'appréhender certains problèmes ?

La fin des gros chantiers actuels ne signifie pourtant pas que tout sera pour le mieux dans le meilleur des mondes comme l'aurait dit d'Aldous Huxley. La presse locale et le site du SPW viennent de dresser un tableau "apocalyptique" de la circulation automobile, dans et aux alentours immédiats de Tournai, lors des deux prochaines années. Qu'on en juge !

Le quai Donat Casterman.

On semble les connaître depuis toujours, ces tours jumelles appartiennent au paysage de ce qu'on appelait, jadis, le quai de déchargement des péniches, à deux pas du pont Delwart. En raison de sa vétusté, une des deux centrales à béton de la firme Thiébaut est en cours de démantèlement, depuis ce mercredi 2 novembre. Il faut dire qu'elle datait de 1963 et sa construction avait été réalisée par des firmes alors bien connues à Tournai, les Ateliers Louis Carton, la Maison Caucheteux et les pompes Déplechin. Pour d'évidentes raisons de sécurité, la circulation sur le quai se déroule alternativement entre la rue des Roctiers et l'ancien entrepôt de la douane, réglée au moyen de feux tricolores. Ce quai est emprunté quotidiennement par les clients se rendant à la zone commerciale de Froyennes et par les automobilistes qui souhaitent éviter le rond-point de l'Europe et les files de l'avenue de Maire aux heures de pointe. Pendant une semaine, voilà donc un itinéraire bis un peu moins efficace, heureusement que nous sommes en période de congés scolaires. 

L'autoroute E42/A8 à "Tournai Froyennes".

Dans quelques jours va débuter la phase 4 de la rénovation en profondeur de l'autoroute E42/A8, commencée voici près de deux ans. Celle-ci sera exécutée dans la section comprise entre l'échangeur de Marquain et l'embranchement de la liaison vers Bruxelles à hauteur de Kain. Ce chantier va engendrer le fermeture des bretelles d'accès et de sorties de Froyennes (vers Pecq et vers Bruxelles). Une déviation sera mise en place et les véhicules concernés devront emprunter les entrées et sorties de "Tournai-Nord" (chaussée de Renaix). Cette situation qui devrait durer quelques mois (fin prévue aux grandes vacances de 2017) augmentera sensiblement la circulation sur l'axe de pénétration qu'est la chaussée de Renaix à Rumillies, une voie déjà presque saturée aux heures de pointe !

Le carrefour de la chaussée de Bruxelles.

Lorsque les travaux d'extension de la zone commerciale des Bastions seront terminés (en 2018), on devra faire face à une augmentation de la circulation puisque le nouveau parc commercial comprendra alors 90 cellules. Un plan de transformation de l'accès à Tournai par la chaussée de Bruxelles va donc entrer en vigueur et nécessite, dès à présent, d'importants aménagements. Un problème va se poser en terme de mobilité, il s'agit du carrefour le plus fréquenté, après le rond-point de l'Europe, avec un flux de 28.600 véhicules/jour, très loin devant la Porte Saint-Martin avec ses 17.800 véhicules/jour.

Le chantier va s'étendre du carrefour de la rue de la Lys (boulevard Walter de Marvis) à la rue d'Amour (boulevard des Combattants). Il concernera la modification du carrefour existant à hauteur de la rue de la Lys, celui-ci sera équipé de feux tricolores pour faciliter l'accès à la nouvelle zone commerciale et la rénovation totale du boulevard Walter de Marvis. Il concernera ensuite le carrefour de la chaussée de Bruxelles et nécessitera, durant plusieurs mois, la fermeture de cet axe  à la Porte de Marvis. Comme à l'avenir, il sera interdit d'entrer en ville par le début de la rue de Marvis, dont le dernier tronçon sera mis en sens unique vers la sortie de ville, les véhicules qui souhaitent y entrer seront obligatoirement déviés vers la droite et un rond-point sera aménagé au carrefour avec la rue de la Lys.

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La dernière rénovation du carrefour Marvis datait de 1978 (photo presse locale), il faut lire Nationale 7 !

Ce chantier sera réalisé en une phase continue. Il débutera au printemps de l'année 2017 et durera environ six mois (sans aléas !) mais... comme "chat échaudé craint l'eau", ce délai paraît un peu court pour réaliser ce chantier qui s'étend sur plus d'un kilomètre. Pour cela, il faudra une bonne coordination de toutes les entreprises chargées de poser les impétrants, une disponibilité de nombreux ouvriers présents quotidiennement sur la chantier et aucune interruption dans le déroulement des travaux. Des exemples récents (notamment celui de l'autoroute E42) ont démontré que pour des raisons diverses, les ouvriers étaient parfois absents pendant de nombreux jours. Comme la période des congés d'été se situera également dans le calendrier, l'Optimiste redoute (et il n'est pas le seul) que ce chantier dure un peu (beaucoup) plus longtemps. Les automobilistes qui empruntent ordinairement cet axe pour conduire les enfants à l'école ou pour se rendre au travail seront invités à utiliser des axes parallèles (mais ceux-ci ne sont pas déserts d'ordinaire !).

A la fin des travaux de la zone commerciale, il y aura aussi lieu de réinstaurer la liaison entre le parking et la rue de la Lys, interrompue depuis le début du chantier. 

Gérer le flux de circulation sera un véritable casse-tête pour l'échevin de la Mobilité et pour les responsables de la police chargés de la circulation. Le diriger vers la chaussée de Renaix et la chaussée d'Antoing ne fera qu'amplifier les embouteillages aux Porte de Morelle ou de Valenciennes. Quant à une déviation vers l'avenue de Maire par l'autoroute, elle ne sera possible que si les travaux sont terminés sur cet axe qui contourne la ville. 

La place Verte.

Dans le courant de l'année 2017, d'importants travaux seront également entrepris à la place Verte. Depuis trois ans, régulièrement, l'Optimiste vous informe que la voirie entre la rue de l'Epinette et du Sondart a été extraite à la circulation en raison des dangers d'effondrement d'un égout principal. Le chantier concernera la réparation de cet égout, la pose d'impétrants et la réhabilitation de la chaussée. L'Administration communale a rappelé que la circulation et le stationnement y sont interdits mais de nombreux automobilistes semblent ignorer le danger. Il est pourtant courant sur les sites internet de voir, un peu partout, des véhicules "avalés" par une route dont le sous-sol a été fragilisé ! Un risque que certains n'hésitent pas à prendre afin de bénéficier d'une facilité (!) et d'une gratuité de parking.

La rénovation du plateau de la gare et de la rue Royale.

L’administration communale détient depuis longtemps un projet de réhabilitation du plateau de la gare et de la rue Royale. C'est un pieux souhait de rendre plus convivial et plus attractif cet axe emprunté par les visiteurs venus dans la cité des cinq clochers par le train. Des rumeurs insistantes fixent le début du chantier juste après la fin de celui du Becquerelle dont il formerait une continuité. Celui-ci devrait impacter également une section de la ceinture des boulevards et cette dernière est située à un peu plus d'un kilomètre du carrefour de la chaussée de Bruxelles.

L'élargissement de l'Escaut.

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Le projet suit son cours, on discute et on pinaille encore sur l'aspect à donner au futur Pont des Trous. Comme toujours dans ce genre de débat, on fluctue entre le choix rétrograde pur et dur et le snobisme futuriste. Un juste milieu semblait pourtant avoir été trouvé lors de réunions citoyennes mais ne satisfait pas entièrement les uns et les autres. Il est toujours impossible de récolter une unanimité. Cela ne devrait pourtant pas retarder le début du chantier d'élargissement dont les prévisions, déjà maintes fois modifiées, le fixent dans le courant de l'année 2017.

 

Il faudra également construire un nouveau Pont-à-Pont et cela nécessitera, là aussi, de dévier la circulation. Il ne restera plus que deux ponts disponibles dans le centre-ville : le pont Notre-Dame et le pont de Fer. Ces deux points de passage devront canaliser toute le circulation passant d'une rive à l'autre du fleuve ! Des déviations, il en sera encore question durant les travaux d'élargissement du fleuve dans la section entre le Luchet d'Antoing et le quai Saint-Brice. 

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Déjà en 1963 la presse locale évoquait une possible démolition du Pont-à-Pont avant que n'intervienne, en 1977, la solution de l'alternat préconisée par Raoul Van Spitael. 

 

Utiliser les moyens modernes de transport !

Face à cette situation délirante, l'Optimiste songe sérieusement à acheter un "segway" ou une trottinette électrique et, pour se former à la conduite, il ira demander conseil à un échevin tournaisien, spécialiste de ce genre d'engin.

(sources : "Le Courrier de l'Escaut", édition du 2 novembre - recherches personnelles, photos de la presse locale Courrier et Nord-Eclair, document du Pont des Trous : collection personnelle).

S.T. Novembre 2016. 

 

01 nov.
2016

17:41

Tournai : le cœur de la Wallonie picarde (5)

Nous poursuivons notre balade à la découverte de cette Wallonie picarde dont Tournai est la ville principale. Après avoir évoqué Antoing, la capitale du pays Blanc et Ath, celle du Pays Vert, nous nous rendons à Beloeil, "la cité princière" et à Bernissart, celle "des Iguanodons".

Beloeil.

Cette cité, située à une trentaine de kilomètres à l'est de Tournai, est avant tout connue par son château des princes de Ligne. Ce manoir existait déjà au temps des croisades. Il a été fortifié par Antoine de Ligne, surnommé le "Grand Diable" en 1511 puis agrandi par Claire-Marie de Nassau, veuve de Claude Lamoral. C'est Charles-Joseph de Ligne qui lui a donné son caractère actuel.

Ses jardins à la française avec leurs fontaines, bassins et vastes étendues de pelouses entourées d'arbres font immanquablement penser au château de Versailles. Une allée d'une longueur de cinq kilomètres conduit tout droit aux anciens pavillons des gardes aux portes de Quevaucamps. Dans le parc s'élève une orangerie, à proximité de laquelle, on pouvait visiter, jadis, la Belgique miniature.

L'intérieur du château renferme du mobilier et des collections remarquables. Il est mis plus en valeur encore lors de l'exposition annuelle des "Amaryllis", organisée au printemps de chaque année.

En août, au cœur de l'été, se déroulent, dans le parc du château, "les Musicales", un événement qui attire, depuis vingt-sept ans, des milliers de personnes qui, au fil d'une promenade sous les frondaisons ou au bord des pièces d'eau, découvrent des formations musicales diverses (solistes, quatuors, orchestres philharmoniques, chanteurs classiques...) qui y interprètent les œuvres de compositeurs connus. Les concerts se terminent par un somptueux feu d'artifice... musical se reflétant dans les plans d'eau.  

Les possibilité de promenades sont nombreuses dans cette commune où on peut aussi découvrir l'église Saint-Pierre de style néo-gothique dont la crypte renferme les sépultures des princes de Ligne et des fontaines réparties sur tout le territoire (la pompe du Château, la fontaine à lattes, la fontaine du Major, celle du Gendarme ou encore la fontaine bouillante) . 

La cité est traversée par le canal Ath-Blaton, dont les chemins de halage se sont, au fil du temps, transformés en un véritable paradis pour les pêcheurs et en un lieu de rêveries pour les amoureux de promenades romantiques. 

Lors de la fusion des communes de 1976, huit villages ont été rattachés à la cité princière, tous sont à découvrir et renferment des richesses : Aubechies, Basècles, Ellignies Sainte-Anne, Quevaucamps, Stambruges-Grandglise - Rameignies, Thumaide et Wadelincourt.  

Celui d'Aubechies a reçu le label désignant un des plus beaux villages de Wallonie. Il est connu pour abriter l'Archéosite. Un lieu qui couvre 5.000 ans d'Histoire, du néolithique à l'âge de fer en passant par l'âge de bronze et en évoquant la période gallo-romaine. D'avril à octobre, ce site prend vie grâce aux nombreuses reconstitutions qui permettent de découvrir les activités de jadis. A l'approche d'une villa d'alors, une cohorte de soldats romains défile en rang serrés parmi les spectateurs, des Gaulois tissent et filent la laine ou forgent le fer et coulent le bronze. Autre élément important du patrimoine local : l'église romane Saint-Géry, vestige d'une ancienne abbaye, construite au XIème siècle à l'emplacement d'un temple païen.

Les habitants du village de Basècles disent qu'ils vivent dans "l'pus bieau (le plus beau) des villages". On est bien forcé de les croire. Ce gros bourg s'étendant tout le long de l'ancienne chaussée qui était, jusqu'à la création de l'autoroute, la route menant de Tournai à Mons est aussi surnommé :  "la cité des Marbriers". On y extrayait le marbre noir qui fit la réputation de la région en Belgique et à l'étranger. Sur la Grand-Place, le musée du Marbre et de la Pierre rappelle cette époque où de nombreux habitants travaillaient à l'extraction ou au polissage.

On découvre également "le château Daudergnies" du nom de son propriétaire, globe-trotter, qui le fit construire au XIXème siècle. 

Le samedi qui précède le Mardi-Gras, le carnaval anime les rues de la cité. Géants, fanfares, grosses têtes, groupes costumés symbolisant les activités et le folklore local forment un long et joyeux cortège qui attire des milliers de personnes qui y trouvent une ambiance festive comparable à celle connue à Binche.

Quevaucamps est une ancienne cité bonnetière. Depuis 1988, le Musée de la Bonneterie et du Négoce de la Toile, accueille les visiteurs dans l'ancienne gare du village, sur la place Paul Pastur. La place du Pâturage est une place enherbée comme on en connaissait jadis dans de nombreuses petites communes.

Stambruges-Grandglise est une terre des légendes nées probablement dans la forêt toute proche où la "Mer de Sable" est un vaste étang de 410 hectares totalement asséché. L'été, ce lieu, un peu mystérieux, est le rendez-vous de nombreux promeneurs venus y passer la journée. Ceux-ci ne manquent pas de se rendre au "Rond des Sorcières" et à "l'Ottée des Fées" en parcourant cette lande sablonneuse couverte de bruyères.

Trois villages ont donné un nom étrange à cette région : "la Thurawanie" (contraction de Thumaide, Rameignies et Wadelincourt). L'église Saint-Vendrégésile est le siège d'un pèlerinage à Saint-Charalampe invoqué pour protéger le bétail des maladies.  

Bernissart.

Regroupant depuis la fusion des communes de 1976, Blaton, Harchies et Pommeroeul, voici la commune la plus à l'est de la Wallonie picarde. Appartenant au Parc naturel des plaines de l'Escaut, Bernissart se trouve à une trentaine de kilomètres de la cité des cinq clochers, aux portes du Borinage. Jadis, on y trouvait les premières mines de charbon du sillon hennuyer. En 1878, des mineurs travaillant dans la fosse Sainte-Barbe découvrirent vingt-neuf squelettes fossilisés et quelques autres éléments d'un dinosaure herbivore qui vivait dans nos régions, il y a environ 130 millions d'années. Un musée a été ouvert à Bernissart afin de découvrir "l'Iguanodon bernissartensis" présenté avec un mésosaure et des centaines de fossiles et minéraux d'ères géologiques différentes. Voilà la raison pour laquelle, Bernissart est surnommée "la cité de l'Iguanodon". 

Le "Musée de la Mine" rappelle le passé charbonnier de Bernissart. C'est en 1968, à Harchies, que la dernière mine a cessé ses activité. Ce musée présente une importante collection de matériel minier dont une partie a d'ailleurs été prêtée à Claude Berri pour le tournage, dans le Valenciennois, de son film "Germinal". On y découvre aussi les archives, photos et gravures relatives au travail des mineurs. 

La "Machine à Feu" qui s'élève à deux pas de la frontière française et à l'orée de la forêt de Bonsecours, est un imposant bâtiment construit en 1782 par la Compagnie des Mines d'Anzin (F). Il abrite une machine de l'ingénieur anglais Thomas Newcomen destinée à combattre la venue des eaux souterraines qui envahissent les galeries et puits de mines. Ce système ingénieux et le bâtiment ont été récemment restaurés et peuvent se visiter.

Les amoureux de la nature se rendent très souvent aux "Marais d'Harchies", une zone protégée de marais et de bruyères où on peut découvrir, à partir d'observatoires, 250 espèces d'oiseaux indigènes (dont le canard colvert, la gorge bleue, la mouette rieuse...) ainsi que des oiseaux migrateurs de passage et 350 variétés de plantes. 

Le village de Blaton est connu par sa grande bruyère, son église de Tous les Saints et par sa ducasse qui a lieu chaque année le 1er novembre. A cette occasion se déroule une étrange tradition, les hommes de la cité achètent du pain d'épice destiné à leur épouse pour se faire pardonner les petites incartades de l'année écoulée. Gare à celui qui retournerait chez lui avec plusieurs kilos ! La ducasse bat son plein jusqu'à minuit, tout s'arrête alors pour laisser la place aux souvenirs des défunts à l'occasion du Jour des Morts. Autre particularité de Blaton, les "crêtes à cayaux" (crêtes à cailloux), il s'agit de construction de murs en pierres posées de chant. Ces pierres plates se trouvent dans une roche qui affleure et de nombreux trous indiquent les endroits où les anciens du village allaient s'approvisionner, l'trau (trou) Magnon, l'trau Bachy... On y confectionne encore des murs de soutènement ou de séparation. 

Ville-Pommeroeul est un village connu pour son "croncq clocher", un clocher incliné de 1m80 par rapport à son axe initial, il est surmonté comme tous les autres d'une croix qui semble nettement pencher "du côté qu'elle va tomber" ! Contrairement à ce que certains imaginent, il ne s'agit nullement d'une erreur au moment de la construction de l'édifice religieux, en 1620, mais résulterait plus probablement de l'usure du temps et des fortes intempéries que le clocher a enduré depuis cinq siècles. 

Au niveau festif, outre sa ducasse, le village de Blaton organise le "Parc en Fête", chaque 21 juillet. Le décor en est le parc Posteau où sont mises sur pied des animations diverses pour petits et grands, un bal aux lampions, des balades romantiques et le traditionnel feu d'artifice. A Harchies, en décembre se déroulent, durant tout un week-end, "les Féeries d'hiver en roulottes", une foire aux artisans, un marché de Noël au milieu d'anciennes roulottes foraines et sous un chapiteau, ponctué de concerts et de spectacles.

Voici encore de quoi compléter l'agenda des visites à effectuer en Wallonie picarde. 

(à suivre)

(sources : syndicat d'initiative des communes - recherches personnelles lors de déplacements sur place).

S.T. novembre 2016.