19 oct.
2016

Tournai : le cœur de la Wallonie picarde (2)

Voici le deuxième volet de l'étude concernant cette région de Wallonie picarde dont la cité des cinq clochers est appelée la capitale.

Les soins de santé.

Le bien-être d'une population passe par une offre de soins qui, même si elle est de plus en plus rationalisée, doit restée importante et de qualité. Le niveau de développement d'une région repose également sur ce critère. 

En 2014, le territoire de la Wallonie picarde recensait 1 médecin généraliste pour 690 habitants, c'est un peu mieux que pour la province de Hainaut (1/708) mais moins bien que pour la Flandre (1/639) et la Belgique (1/604). Elément plus interpellant pour l'avenir à moyen terme, les médecins âgés de plus de 50 ans représentaient, déjà à cette époque, 67,9 %

Par contre, l'offre hospitalière est des plus attractives. Le CHWapi résultant d'une fusion entre les quatre hôpitaux tournaisiens (la clinique Notre-Dame, la clinique la Dorcas, l'Institut Médico-Chirurgical et l'Hôpital Civil) dans un but avoué de rationaliser les coûts, offre 795 lits et emploie près de 2.500 membres du personnel. Le Centre Hospitalier de Mouscron propose 350 lits. Dans le cadre d'une coopération sanitaire franco-belge, ce dernier travaille en collaboration avec le centre hospitalier de Tourcoing (F), le fruit de ce rapprochement fait qu'annuellement environ 2.150 patients belges sont soignés à Tourcoing et 1.500 patients français à Mouscron (chiffres de juin 2016). A Ath, le Centre Epicura offre 236 lits. Au niveau des hôpitaux psychiatriques, les "Marronniers" à Tournai accueillent 436 lits auxquels s'ajoutent les 180 lits de Saint-Jean de Dieu à Leuze-en-Hainaut, les 90 lits de la Clinique de Bonsecours et les 60 de Saint-Charles à Wez. 

Une récente étude parue dans la presse fait apparaître que le ChWapi à Tournai n'est pas classé parmi les meilleurs établissements de soins de Belgique, il serait même quelque peu à la traîne, peut-être parce que le rodage de la nouvelle infrastructure est toujours en cours (à Tournai, on dirait que le nouveau-né fait ses "gourmes"). Une étude à laquelle les gestionnaires devront, cependant, être attentifs car la réputation et la confiance en un établissement hospitalier se gagne lentement mais se perd rapidement. Patient régulier des divers établissements tournaisiens, la seule plainte que je n'aie jamais eu à émettre est la trop longue attente au niveau du service des Urgences (lors d'une visite, notamment, j'ai été oublié dans la salle d'attente, durant plus de quatre heures. Mon anamnèse réalisée par une infirmière à mon arrivée, le matin, se trouvant toujours, à midi, enfouie sous des documents déposés sans trop d'attention). Hélas, malgré une offre de médecins suffisante et la présence de plusieurs maisons médicales, trop de personnes se rendent directement aux urgences pour soigner le moindre "bobo", le moindre refroidissement ce qui encombre inutilement ce service et retarde la prise en charge de cas plus sérieux.

En Wallonie picarde, une attention particulière est posée sur le confort de fin de vie. Il existait en 2014, 6.536 lits en maisons de repos et de soins, ce qui représentait une possibilité d'accueil de 20,9% de la population âgée de plus de 75 ans. Ce taux est de 17,4% dans la province du Hainaut, de 15,7% en Wallonie et 13,5% en Belgique. La renommée des nombreux établissements d'accueil de personnes âgées situés entre Comines et Péruwelz a très largement dépassé la frontière et de nombreux séniors français viennent couler des jours paisibles dans les maisons de retraite de Wallonie picarde où ils trouvent un excellent accueil, un meilleur encadrement et surtout un coût nettement moins élevé qu'en France. 

Il est important de relever qu'en Wallonie picarde, jusqu'à l'âge de 54 ans, le nombre d'hommes est supérieur à celui des femmes. Cette tendance s'amenuise peu et peu et s'inverse à partir de 60 ans. La population des plus de 65 ans représente 18,1% de celle de Wallonie tandis que celle des moins de 20 ans s'élève à 23,4% (chiffres 2015).

Il est également intéressant de signaler un créneau social fort développé en Wallonie picarde, celui de l'accueil des personnes handicapées. Entre Mouscron et Péruwelz, de nombreuses institutions se sont, depuis bien longtemps, spécialisées dans l'accueil et l'apprentissage pour les jeunes handicapés (polyhandicapés, autistes, jeunes présentant d'importants retards scolaires...). Là aussi, la réputation de ces établissements a largement dépassé la frontière et ils attirent des personnes handicapées habitant une zone comprise entre le Nord de la France et la région parisienne. Des maisons exclusivement destinées à l'accueil de personnes handicapées issues de l'Hexagone ont été ouvertes tout au long de la frontière (à Tournai, Mont Saint-Aubert, Orcq, Bonsecours...). A défaut de réduire les listes d'attente sur lesquelles sont inscrites, depuis parfois longtemps, des personnes handicapées de la région, ces maisons ont le mérite d'avoir créé de l'emploi. 

L'enseignement.

Comme nous allons le voir, les chiffres ne plaident pas en faveur de notre région.

En 2011, 14,3% de la population de Wallonie picarde ne disposait pas d'un diplôme d'études primaires (14,1% en Hainaut, 12,5 % en Wallonie et 12,8% en Belgique). Les extrêmes se trouvaient à Mouscron (19,5%) et à Silly (9,3%).

48,6% de la population avait acquis un diplôme de l'enseignement secondaire (50,9% en Hainaut, 49,4 % en Wallonie et 46,1% en Belgique)

21,8% de la population de Wallonie picarde disposait d'un diplôme de l'enseignement supérieur (universitaire et non universitaire) pour 20,1% en Hainaut, 23, 9 % en Wallonie, 25,1% en Belgique. Les extrêmes se trouvaient à Silly (32,5%) et à Comines (13,4%).

Lors de la décennie 2001-2011, le niveau d'instruction de la population de Wallonie picarde a augmenté en ce qui concerne l'enseignement secondaire et supérieur. Par contre, on ne s'explique pas les raisons pour lesquelles il stagne en ce qui concerne le primaire alors qu'à cette période de la vie, l'enseignement est obligatoire. Pour aider ces personnes dans les démarches administratives, une association telle que les "Ecrivains Publics de Wallonie Picarde" a donc bien sa raison d'être. 

Dans l'enseignement supérieur, la Haute Ecole de la Communauté Française en Hainaut est implantée à Tournai, elle offre un campus pédagogique (carrière dans l'enseignement), un campus social (fonctions dans le secteur social) et un campus économique (bachelier en droit, assistanat de direction, tourisme).

La Haute Ecole Provinciale du Hainaut-Condorcet possède des implantations à Ath, Irchonwelz, Maffle, Mouscron et Tournai.

La Haute Ecole Louvain en Hainaut est implantée à Leuze-en-Hainaut, Mouscron et Tournai.

La réputation de l'école Jeanne d'Arc à Tournai attire de nombreux étudiants, notamment français, intéressés par les carrières paramédicales ou au sein du personnel infirmier.

L'enseignement artistique est représenté par l'Académie des Beaux-Arts de Tournai et l'Ecole Supérieure des Arts de l'institut Saint-Luc à Tournai (Ramegnies-Chin).

2014.03 orchestre à cordes (2).jpgL'enseignement musical est dispensé au Conservatoire de Musique de Tournai, à l'Académie de Musique Saint-Grégoire de Tournai et dans les Académies de Musique d'Ath, Beloeil, Enghien, Mouscron et Péruwelz.

 

photo : répétition de l'Orchestre à cordes du Conservatoire de Tournai sous la direction de Mme Christiane Diricq. 

 (à suivre).

(sources : "Atlas socio-Economique de la Wallonie picarde" - 2e édition 2016 édité par l'asbl Wapi25 et recherches personnelles).

S.T. octobre 2016

Les commentaires sont fermés.