03 oct.
2016

Tournai : un mois d'octobre riche en expositions (1).

De très nombreux amateurs d'expositions, des passionnés de littérature ou de simples amoureux de musées vont plus que probablement rejoindre la cité des cinq clochers afin de découvrir non seulement les richesses de son patrimoine urbain mais également pour visiter les différents lieux qui mettent l'Art en valeur durant ce mois d'octobre. 

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1. Emile Verhaeren au Musée des Beaux-Arts.

Le musée de l'Enclos Saint-Martin, né du génie d'Horta, est déjà en lui-même une véritable oeuvre d'art, un bâtiment construit autour d'un puits de lumière qui lui confère une ambiance si particulière, un lieu qui mérite le détour. En ce mois d'octobre, ce haut-lieu de la peinture, des dessins, des eaux-fortes et de la sculpture accueille une somptueuse exposition consacrée à Emile Verhaeren intitulée : "Lumière de l'Escaut, Lumière des Arts".

Né, en 1855, à Sint-Amands, Emile Verhaeren est connu comme poète belge de langue française. Au début des années 1880, alors qu'il est encore un tout jeune avocat, il est engagé par le cabinet d'Edmond Picard qui lui confie des chroniques d'expositions dans la revue "l'Art Moderne". Cet engagement va le mener à visiter des ateliers d'artistes, des expositions et des musées, en Belgique mais aussi dans d'autres pays européens. 

Parallèlement à cette mission, il va publier ses premières poésies. Il évoluera du symbolisme à l’expressionnisme, du naturalisme avec son recueil "Les Flamandes" parue en 1883 à un certain mysticisme avec "Les Flambeaux noirs" édités en 1891. On lui doit aussi "Les Villes tentaculaires" et "Les Rythmes souverains" où il s'attache à dépeindre la foule et les cités industrielles qu'il a visitées. Il magnifie les paysages de sa Flandre natale dans "Toute la Flandre". Verhaeren peignait la vie de son époque non au moyen d'huiles ou de fusains mais avec des mots !

Emile Verhaeren se partage entre ses cabinets de Bruxelles, de Saint-Cloud ou du Caillou-qui-Bique, dans les Hauts-Pays hennuyers. S'il est également l'auteur de contes, de critiques littéraires et de pièces de théâtre, c'est à l'ami des peintres et des sculpteurs, qu'un hommage est rendu, grâce à cette magnifique exposition mise sur pied par un passionné de poésie et poète lui-même, Marc Quaqhebeur, membre d'Unimuse , en collaboration avec le musée des Beaux-Arts de Tournai et les Archives de Bruxelles.

Afin de nous faire découvrir cette figure marquante de la littérature belge, l'écrivain tournaisien, responsable à Bruxelles des Archives et Musée de la littérature a composé un parcours qui nous permet de consulter différents documents photographiques (mariage de la nièce de Verhaeren avec Charles Gevers, le poète à La Panne en 1916, portrait de Gustave Verhaeren et portrait de Jeanne-Adélaïde De Bock, père et mère du poète...), des objets lui ayant appartenu (un gilet de velours, un meuble en acajou, un bronze de Georges Minne intitulé l'Enfant blessé II, un crapaud japonais en bronze, le presse-papier qu'on retrouve sur des portraits peints par son ami Théo Van Rysselberghe, divers objets personnels et même un permis de circuler en voiture qui lui fut délivré pendant la guerre...).

On retrouve également des correspondances d'Odilon Redon, d'Auguste Rodin, de Maurice Maeterlinck, de Paul Signac et même une lettre d'amour adressée à Marthe Massin qui deviendra son épouse.... L'exposition est illustrée par une quantité d’œuvres d'artistes, amis de Verhaeren, parmi lesquelles "Chez le Père Lathuile" et "Argenteuil" d'Edouard Manet, "Oliviers à Montmajour" de Vincent Van Gogh, "La pointe du Cap Martin" de Claude Monet, "La grève du Bas-Butin à Honfleur"  de Georges Seurat, "Une étude de Rochers" de Gustave Courbet, "Le Portrait de Marthe Verhaeren"de Théo Van Rysselbergh, des eaux-fortes et huile sur bois de James Ensor, des portraits de l'écrivain par son épouse et bien d'autres... Signalons encore la présence de nombreuses sculptures de Guillaume Charlier, Jacques de Lalaing, Barthélémy Frison, George Minne, Victor Rousseau, entre autres, celles-ci rappellent que la critique artistique d'Emile Verhaeren n'a jamais ignoré la sculpture. 

Le poète est décédé tragiquement en gare de Rouen en 1916, au cœur du premier conflit mondial, cet épisode tragique est abordé par la présentation d'un télégramme à Marthe Verhaeren annonçant son retour le 27 novembre, des rubans mortuaires au nom de la Belgique, du Gouvernement belge, de l'Association des Ecrivains Belges et de la Reine Elisabeth, une photographie du transfert de son corps à St Amands en présence du Roi Albert 1er et de la Reine Elisabeth et celle du tombeau du poète et de son épouse le long de l'Escaut, ce fleuve qui a marqué son enfance. 

Il est impossible de citer l'intégralité du catalogue de cette exposition, le mieux est d'aller la découvrir jusqu'au 18 décembre 2016 au Musée des Beaux-Arts de Tournai.

(à suivre).

(photo F. Bauduin)

S.T. octobre 2016.

Commentaires

Merci pour l'info ; cela me tente. Bon dimanche Serge.

Écrit par : Un petit Belge | 09/10/2016

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