28 sept.
2016

09:51

Tournai : les festivités de septembre (5)

Lundi 12 septembre : la Braderie.

Voici le troisième jour consécutif de sortie pour les Tournaisiens, un nouveau rendez-vous incontournable des festivités locales de ce mois de septembre. L'expression si souvent entendue depuis que cette manifestation existe : "Faire braderie" perd malheureusement, peu à peu, sa signification. Où sont les braderies d'antan ? Où sont les commerçants et surtout les particuliers qui étalaient la marchandise, parfois à même le sol ? Du haut de la rue Saint-Martin à la place Crombez, de l'église Saint-Jacques à celle de Saint-Piat, les chalands se frayaient, jadis, un passage souvent difficile dans une foule composée de milliers d'habitants de la cité des cinq clochers ou venus des villages voisins. Partageant désormais le calendrier annuel avec les soldes d'hiver et celles d'été, la Bazarderie et les Chiffonnades, les marchés aux puces de Froyennes et des Bastions, la braderie n'est plus le moment privilégié pour sortir ses "viés'ries" (vieilles choses auxquelles on n'accorde plus grande valeur) comme on dit à Tournai. Elle est devenue un grand marché !

Jusque dans les années nonante, les administrations, les organismes financiers et les écoles étaient fermées afin de permettre à leur personnel et aux écoliers de participer à ce soutien au commerce local. Alors que nous vivons une période de crise économique et que le commerce souffre tant à l'ombre des cinq clochers, les décideurs des entreprises du secteur privé et les directions d'écoles ne prévoient plus ce jour de fermeture depuis quelques années déjà. Seule l'administration communale continue à soutenir la manifestation en octroyant un jour de congé à son personnel. Les organismes financiers, désormais dans les mains de multinationales, ignorent totalement les initiatives locales pourvu qu'ils conservent la clientèle locale. Comble de la surprise, même des commerçants ayant pourtant pignon sur rue dans la cité scaldéenne profitent de cette journée pour laisser le rideau baissé, comprenne qui pourra !

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On monte les échoppes à la rue de l'Yser

Le matin, dès 6h, venus de Wallonie, de Flandres ou de France, les "bradeux" prennent possession du pavé tournaisien. Comme une peau de chagrin, le périmètre de la braderie se réduit chaque année, les rues Saint-Martin, des Chapeliers, du Bourdon Saint-Jacques ou des Clairisses sont désormais exclues de la manifestation, les rues de l'Yser et du Cygne n'attirent plus la toute grande foule. Même la Grand-Place affiche désormais son visage quotidien !

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Les premiers promeneurs arrivent  à la rue de la Tête d'Or

On se souvient du temps où des fanfares déambulaient dans la foule, où les Gilles de Saint-Piat martelaient les pavés de leurs sabots. On se rappelle, dans la rue de l'Yser, du magasin de fruits et légumes, aujourd'hui disparu, à l'enseigne "Aux Scoubidous", dont le propriétaire Serge Gruielle vendait des dizaines de caisses de raisin tout en présentant Vic Vony et son orchestre ou en amenant le joueur de football, Paul Van Himst, pour dédicacer ses photos. On a encore le souvenir de ces commerçants qui organisaient des jeux, prétexte à présenter leurs produits, attirant de nombreux badauds ravis d's'arrêter un instant et de se distraire. On entend encore les mille sons qui se chevauchaient en une indéfinissable cacophonie. Cette année, si on excepte les micros des bonimenteurs, c'était le calme plat, un peu comme si l'Association des Commerçants faisait déjà le deuil de cette journée, jadis festive. Osons faire la comparaison : c'est au son de nombreux groupes musicaux que les rues de la cité de Clovis avaient été parcourues, la veille, par la procession tandis qu'en ce jour de braderie les passants visitaient Tournai dans un silence propice à la dépression !

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La rue des Puits l'Eau connaît toujours une grande affluence.

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la rue de la Tête d'Or

Cette année, beaucoup d'amoureux du folklore de Tournai ont déploré l'absence du stand de la "Confrérie du Mutiau" qui, habituellement, invitait, à la rue de l'Hôpital Notre-Dame, les Tournaisiens et les visiteurs à déguster cette spécialité tournaisienne accompagnée de la bière éponyme. La braderie de Tournai sans son stand à la gloire du mutiau, c'est un peu la braderie de Lille sans ses traditionnelles moules. On nous dit que les membres de la confrérie avaient fusionné avec le stand d'un service-club, encore fallait-il le trouver ?

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En raison de la chaleur, le marchand de glaces a fait recette.

Heureusement, à côté des commerçants qui participent habituellement au marché du samedi, à côté des pakistanais qui vendent leurs vêtements à 5 euros, il y a toujours les incontournables symboles de la braderie : les bonimenteurs qui vous présentent des produits miracles vus à la télé, des éponges magiques, des coupe-légumes sans effort, des produits pour rendre votre véhicule étincelant ou pour essuyer facilement une vitre. Il y a toujours l'éternel noir vendant son carabouya, il y a encore les membres de la Fondation Follereau et leur stand de la rue de Courtrai où il fait bon se rafraîchir avec une Père Damien tout en n'oubliant pas de repartir avec la confiture-maison, il y a les buvettes tenues par des associations et par de joyeux moines, les barbecues qui fument et les restaurants qui font le plein de clients. 

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Le stand de la fondation Follereau 

Pour cette braderie 2016, le soleil, omniprésent, était accompagné d'une chaleur estivale. Certains se rappelleront ces deux affirmations entendues jadis : le marché aux fleurs du vendredi Saint permettaient aux belles dames d'étrenner leur toilette printanière tandis que la braderie de septembre annonçait presque l'arrivée de l'hiver. C'était, il y a plus de quarante ans, c'était avant le réchauffement climatique ! Autre symbole des temps nouveaux, beaucoup moins réjouissant, chaque accès au périmètre commercial était barré par d'énormes blocs de béton et des barrières Héras, triste constatation mais nécessaire sécurité.

Photos : S et R Van Rompaye, Vincent Dubois

S. T. septembre 2016

 

26 sept.
2016

09:54

Tournai : les festivités de septembre (4)

Dimanche 11 septembre : le "Coup du Dragon".

A peine le cortège terminé, la foule se retrouva au pied du beffroi où l'attendait Monsieur Zo et son spectacle dont on ne connaissait que le nom : "le coup du Dragon", la surprise était donc totale.

Monsieur Zo.

Derrière ce nom bizarre, M. Zo, se cache un Tournaisien, metteur en scène, producteur et réalisateur de spectacles événementiels qui se définit lui-même comme un "art-penteur". Diplômé Assistant-Social à l'ISSHA de Mons en 1979, il partit, dans les années quatre-vingt, se spécialiser à Paris au "Studio des Variétés". 

Depuis 1986, M. Zo donne réalité aux délires les plus fantasques de notre imagination, il est faiseur de rêves, créateur d'émerveillement. En 1996, il fonde, à Tournai, la troupe des "Facteurs d'Amour" que les Tournaisiens découvrent à la Saint-Valentin lorsque ceux-ci portent les messages d'amour postés par des hommes ou des femmes qui veulent, en ce jour de fête des amoureux, surprendre leur conjoint ou conjointe ou, plus encore, déclarer leur flamme à un être aimé. 

Ce concept s'étendra par la suite à Marseille, Madrid, Mons et Mouscron.

M. Zo deviendra le créateur d'une majorité des thèmes de "la Nuit des Intrigues", ce spectacle de rue qui ouvre traditionnellement le Carnaval de Tournai.

Pour les 175 ans de la Belgique, il réussira l'exploit de faire "naviguer" une véritable péniche de 80 tonnes dans les rues de Bruxelles pour le spectacle "Mademoiselle Madame". 

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 On ne compte plus les aventures musicales auxquelles ce véritable homme-orchestre, doté d'une imagination débordante, a participé : les projets "Al'Manara" ou "Mali-mali" en compagnie d'Eloi Baudimont, la création de la parade organisée pour les vingt-cinq ans du festival "Juste pour Rire" de Montréal, les spectacles des "Folies de Maubeuge", l'inauguration d'un parc éolien avec "Le Grand Secret", l'ouverture de la manifestation "Charleroi 1911-2011" et "les Rencontres Inattendues" entre la musique et la philosophie, qui se déroulent à la fin du mois d'août dans la cité des cinq clochers. Il collabora également avec Franco Dragone et Luc Petit à la création du spectacle "Décrochez la Lune" de La Louvière. 

En 2015, M. Zo remporte le concours WApi qui le choisit pour monter le projet associant 18 communes du Hainaut Occidental dans le cadre de Mons 2015. Directeur artistique des "400 Coups", il mettra sur pied une première "Marche des Géants" qui traversera la Wallonie Picarde durant plusieurs jours.

Le dimanche 13 septembre 2015, ce spectacle itinérant doit se terminer en apothéose sur la Grand-Place de Tournai, dès la fin du cortège des Amis de Tournai. Hélas, une pluie battante vient contrarier les amours naissants du dragon du beffroi et de la princesse d'Espinoy. Pire, une des magnifiques cloches qui survolent la foule rompt ses amarres et, emportée par le vent, disparaît à jamais derrière les nuages.

 

M. Zo (à droite sur la photo)

 

Le coup du Dragon. 

En imagination, cette cloche a été retrouvée par M. Zo et fondue pour donner le "la" à toutes les cloches de la ville. C'est elle que le "Grand Sonneur" va ramener sur la Grand-Place au cours de la "Marche des Géants" du samedi 10 septembre (voir l'article consacré précédemment à cette manifestation).

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"Le grand Sonneur"

Se dirigeant vers le pied du beffroi où l'attendent une douzaine de sonneurs, déguisés en petits géants, elle va être emmenée dans les airs par le Dragon du beffroi, descendu pour s'en emparer (la réplique est parfaite, on croit voir le jumeau de celui qui fait office de girouette).

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Crachant son feu, la bête emporte la petite cloche dans le ciel de la cité de Clovis mais elle sera interceptée par les personnalités qui se trouvent au dernier étage de ce symbole des libertés communales. Le bourgmestre Rudy Demotte, les échevins Philippe Robert et Pol Olivier Delannoy, la Présidente des Amis de Tournai, Annick Veys et son adjoint Bernard Valle, les représentants des cultes catholique, musulman, protestant et de la laïcité, tous réunis dans une grande fraternité, vont la faire sonner pour donner le "la".

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Aussitôt l'Bancloque va se réveiller et serpentins et confettis multicolores vont jaillir des entrailles du prestigieux édifice tandis que la foule sera survolée par trois cloches. La cathédrale Notre-Dame décide également de participer à la fête et la religieuse Marie-Pontoise va entamer un dialogue avec l'Bancloque, sa voisine laïque tandis que le carillon du beffroi joue ses plus beaux airs, heureux d'être associé à cette grande sonnerie de cloches. 

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Participant à la fête, trois cloches vont survoler la foule.

Ce magnifique spectacle suivi par une foule immense qui avait pris place dans la rue Saint-Martin et sur la Grand-Place venait clôturer cette journée ensoleillée.

Avant que la Présidente des Amis de Tournai ne remette les clés au Bourgmestre, on assiste encore au serment de la "Compagnie du Serment de l'Bancloque", les nouveaux porteurs de géants prêtent serment, au pied du beffroi, en qualité de serviteurs de la cité. 

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Pour une majorité de Tournaisiens, il était grand temps de rejoindre ses pénates car, le lendemain, le lever doit avoir lieu aux aurores pour participer à la "Grande Braderie annuelle des Commerçants". Nous en parlerons dans le prochain article.

Photos : R et S. Van Rompaye-Rauwers et P. Winberg

S.T. septembre 2016 

23 sept.
2016

19:29

Tournai : expressions tournaisiennes (377)

Babillarte aux ceusses qui ont l'temps de m'lire !

J'sais que vous êtes, au moinse, eine beonne vingtaine à attinte l'billet in patois qui paraît à l'fin de l'sémaine. I-in a même qui seont tout aussi défoutus de n'pos avoir d'nouvelles d'Fifinne et d'Edmeond qu'ein couleonneu, l'diminche au matin, qui, dins l'ciel, i-n'veot pos arriver l'meilleu d'ses couleons. Si cha fait treos ou quate feos in suivant que je n'vous ai pos parlé d'mes deux gins, ch'est pasque j'ai eu bieau aller à leu maseon, je n'les ai pus vus d'puis bin lommint. J'me sus dit qu'i-z'aveot'ent pétête ein dint conte mi, qui n'aveot'ent pétête pos aimé eine séquoi que j'aveos écrit. La vérité ch'est qu'i-seont toudis in train d'trotter dins tous les coins de l'ville, te les rincontes, ein jour près d'la gare et l'lind'main du côté de l'chaussée d'Lille. I-ont bieau ête à l'porte des quater-vingt ans, i-s'in veont porméner, à pied, pa tous les temps.

Verdi, on peut dire que ch'a été ein véritape miraque pou mi pasqu'i-z'éteot'ent mates et, adeon, i-n'ont pos sortis. 

Vous savez bin qu'avec eusses pou lancher l'conversatieon, i-suffit dire : 

"Et alors, quoisque te pinses de l'situatieon, Edmeond ?".

Ceulle phrase, ch'est comme l'sésame d'Ali Baba (neon, je n'vous parle pos d'l'incien marchand d'nougat), ch'est l'clé qui, au Moyen-Ache, permetteot d'ouvère l'cheinture d'chasteté et qui f'seot, tout à n'ein queop, canter à l'feimme :"libérée, délivrée". 

Edmeond i-n'a pos eine si grosse tiête que cha pou pouvoir warder là-d'dins toutes ces idées-là. Et comme à chaque feos, Fifinne elle  met s'grain d'sel, j'me creos alfeos au concel communal quançque l'oppositieon a décidé d'faire bacchanale.

Fifinne elle a dit :

"On est allé su l'plaine pou vir l'karmesse. Biribi, mes amis, bé queu tristesse. Combin j'orgrette l'Friture Bruxelloise et s'petit saleon dusque'on mingeot ein complet ou bin des saurets aux p'tits ogneons".

Edmeond i-a rajouté ave s'n'air tout excité : 

"Combin j'orgrette l'temps des balanchoires dusque l'p'tites mam'zelles laicheot'ent vir, ein bref momint, leu frou-frou d'dintelle. Combin j'voudreos orvir l'vielle chenile in beos et s'toile qui soudain s'rabatteot pou les amoureux s'faire des mamours, te peux ête seûr que Fifinne et mi on in profiteot".

"Quançqu'on alleot au Tir-Photeo, si on toucheot l'cible, eine sirène berleot et quançque t'orwettieos l'dév'lopmmint, t'aveos toudis l'air d'deux riches annochints. Dins eine baraque, soi-disant capturé dins eine forêt vierche, on alleot vir ein sauvache et on n'saveot pos que l'brafe garcheon i-éteot né dins l'Borinache. L'feimme à barpe, elle ne feseot pos d'orclame pou Gilette et l'Hercule de foire i-n'areot même pos su déplacher eine palette". 

"Asteur, t'as des greos machins pou t'inveyer in l'air et t'as l'coeur qui tourne quançque t'orviens su tierre. Acore hureux que jusse avant d'meonter su l'manèche te n'as pos avalé des boules à l'graisse pasque, j'peux t'asseurer, l'ceu qui s'ortruèfe pa d'zous i-n's'reot pos à s'n'aisse". 

"On veyeot aussi des moteos et même eine pétite auteo rouler su les parois verticales d'ein grand tonnieau. Si l'infant n'éteot pos doué à l'pêque aux canards, l'peluche qui gagneot elle t'aveot coûté bin des liards. Avant toute cosse, t'alleos querre là du plaisi et avec eine bande d'amisses t'aveos bin du larri. Pou s'erposer, ch'est au Cintral ou au café du Solel qu'on alleot chiffler eine pinte ou boire ein Pale-Ale. Asteur, ch'est dins eine tente au bord du qu'min et ave l'vint, l'poussière elle est in supplémint. Dis hardimint ! ".

J'li ai dit :

"Te peux toudis déquinte su l'Grand-Plache pour boire t'n'habituel breuvache".

Fifinne elle a répeondu :

"bé, quoisque te dis là, i-n'sareot pos aller jusqu'au centre de l'ville, Mossieu, quançqu'i-a séo, pa d'vant l'prumière buvette, i-arrête tout pile". 

Eine feos acore, j'ai été obligé d'canger l'conversatieon et j'ai bin vite trouvé eine eaute questieon :

"Comme tertous à Tournai, l'lindi, vous avez seûrmint fait braderie ?".

Ch'est Fifinne qui a pris l'relais comme dins ein journal télévisé.

"On est sortis avant siept heures et au bas du peont, les ouverriers metteot'ent des greos blocs d'béteon et tout in bas de l'rue d'l'Yser, in puque de ces grosses pierres, i-aveot aussi des barrières d'fier, ch'est l'prouèfe qu'on vit dins ein meonte d'loleos et que des gins i-devienne'tent total'mint seots. Edmeond et mi on s'a dit qu'elle commincheot d'jà bin l'braderie. A midi, jusse à l'porte du Zorba, on a vu eine couple qui s'teneot po bras. Ch'est l'diminche après-deîner, aux conférinces d'l'école d'Horticulture, qu'on veyeot ces deux gins du temps qu'on aveot acore, à no maseon de l'rue Montifaut, no p'tit gardin. J'ai félicité ces deux perseonnes in disant qu'i-z'éteot'ent toudis aussi jeones, que d'puis qu'on les aveot pus vus, i-n'aveot'ent pos cangé, si, si, qu'i-a dit l'heomme, qui deot, si j'm'in rappelle bin, s'appe'ler René, i-a ein an, on a déménagé ! ".

"Dins l'temps, les gins pouveot'ent chiner, t'aveos les vieux rossignols sortis des guerniers, asteur, bé ch'est ein grand marché, i-a même, comme l'saim'di, tous les vindeus pakistanais. Ceulle ainnée, i-aveot ein marchand d'toubaque et ein eaute qui f'seot des coucoubaques, i-aveot même ein marchand d'produit d'vaisselle qui moutreot qu'ave ceulle boutelle à chinquant eureos les verres i-étincellent. Edmeond i-a voulu acater ein caleçon ave l'mintieon : "ch'est mi qui est maîte à m'maseon". J'l'ai ormis su l'étalache et j'li ai viv'mint déconseillé in li disant que j'saveos bin que ch'n'éteot pos vrai"! ".

A c'momint là, no brafe Fifinne elle partit faire ein tour dins l'cuisine pasque, quançqu'on intind qu'l'ieau elle bout, i-est bin vite temps de l'verser dins l'cauchette du marabout

Edmeond i-a profité qu'elle n'éteot pos là pou s'pincher et m'dire tout bas :

"J'ai acaté, dins l'rue Royale, du carabouya in cachette, j'in chuche toudis ein quançque j'orviens ein peu pompette. Et si m'feimme elle me d'minde ce qu'elle sint là, j'li dit qu'ch'n'est rien qu'ch'est l'naque du carabouya".

I-a eine cosse que j'ai ormarqué, ch'est qu'Fifinne, malgré s'n'âche, elle a acore l'orelle fine :

"Quoisqu'ave l'Optimisse, t'es in train d'marmouser, j'ai aperchu t'tiête du ceu qui est occupé à comploter".

"j'parleos des affaires que dins l'temps on pouveot faire. J'diseos qu'ave cheonq chints francs, te rimplicheos t'cabas i-a, à peine, vingt ans. Pou c'prix là, t'as eine feos acaté ein caraqueo brodé et mi eine quémisse et ein bieau gilet. Et ave l'reste d'l'argint on a fini in buvant des pintes au Régint".

"Et du billet, des écapures i-d'a bramint restées pasque t'es acore orvenu à l'maseon bin quervé".

"Ah mais ch'est à cha qu'cha sert, l'braderie, ch'est avant tout pou oblier ses soucis".

j'les ai ravisés et j'ai solennell'mint déclaré  :

"A Tournai, après l'braderie, on dit que l'été i-est fini".

"Ch'éteot beon avant. Après l'braderie, on rallumeot l'cauffache mais asteur on va continuer à queurir tout nu comme des sauvaches".

Comme on approcheot du soir, j'ai profité pou leu dire au-revoir.

"Su m'blog, j'm'appelle pétête l'Optimisse mais j'n'ai pos invie d'jeuer les nudisses".

Diminche, on fiête les Hermann ou Herman et comme dit l'dicton :

"A la saint Herman, i-est temps d'sortir t'caban" pourquoi j'dis cha ? Pasqu'on fiête aussi les Firmin et on dit : "A la saint Firmin, l'hiver i-est in qu'min".

(lexique : eine babillarte (ou eine lette) : une lettre / aux ceusses : à ceux / au moinse : au moins / attinte : attendre / ête défoutu : être déçu / ein couleonneu : un colombophile / les couleons : les pigeons / treos ou quate feos : trois ou quatre fois / lommint : longtemps / toudis : toujours / porméner : promener / pétête : peut-être / eine séquoi : quelque chose / toudis : toujours / porméner : promener / pa : par / verdi : vendredi / ein miraque : un miracle / ête mate : être las, fatigué, fourbu / adeon : donc / eusses : eux / lancher : lancer / quoisque : qu'est-ce que / ceulle : cette / ouvère : ouvrir / l'cheinture : la ceinture / tout à n'ein queop : tout à coup / canter : chanter / warder : garder / alfeos : parfois / l'karmesse : la kermesse, la foire aux manèges / queu : quelle / orgretter : regretter / ein sauret : un hareng saur / les ogneons : les oignons / les balanchoires : les balancoires / les mam'zelles : les demoiselles / laicher vir : laisser voir / orvir : revoir / l'beos : le bois /  ête seûr : être sûr, être certain / berler : hurler / quançque : lorsque / orwettier : regarder / ein annochint : un innocent / ein sauvache : un sauvage / vierche : vierge / l'garcheon : le garçon / l'barpe : la barbe / l'orclame : la réclame / déplacher : déplacer / asteur : maintenant / acore : encore / jusse : juste / l'manèche : le manège / les boules à l'graisse : les beignets, les croustillons / pa d'zous : en dessous / ête à s'n'aisse : être à son aise / l'pèque : la pêche / les liards : l'argent / cosse : chose / querre : chercher / avoir bin du lari : avoir de la joie, de l'amusement / s'erposer : se reposer / chiffler un verre : boire un verre d'un seul trait / l'qu'min (ou l'quémin) : le chemin / déquinte : des cendre / ein breuvache : un breuvage / avoir séo : avoir soif / l'prumière : la première / canger : changer / tertous : tous / siept : sept / les ouverriers : les ouvriers / in puque : en plus / l'fier : le fer / l'prouèfe : la preuve / ein meonte d' loleos : un monde d'innocents / ête seot : être sot / commincher (ou qu'mincher) : commencer / les guerniers : les greniers / l'saim'di : le samedi / l'toubaque : le tabac / les coucoubaques : les crêpes / moutrer : montrer / acater : acheter / ormette (ou ermette ) : remettre / l'étalache : l'étalage / l'cauchette du marabout : le filtre (en tissu) de la cafetière / s'pincher : se pencher / du carabouya : sorte de bonbon noir au goût anisé vendu par des Africains sur les marchés et dans le foires / chucher : sucer / l'naque : le parfum / l'âche : l'âge / marmouser : murmurer / aperchevoir : apercevoir / cheonq chints : cinq cents (se prononce plus facilement que chinq chints) / l'cabas : le sac à provision, le sac qu'on emporte pour les commissions / ein caraqueo : sorte de blouse pour femme / eine quémisse : une chemise / les écapures : les petites sommes d'argent laissées pour un pourboire / bramint : beaucoup / quervé : ivre / oblier : oublier / raviser : regarder / l'cauffache : le chauffage / queurir : courir / jeuer : jouer / les nudisses : les nudistes).

S.T. septembre 2016.

19:29 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : tournai, patois, picard |

21 sept.
2016

09:17

Tournai : les festivités de septembre (3)

Dimanche 11 : les cortèges !

La procession à peine rentrée à la cathédrale, vers 12h45, l'êvêque, Mgr Guy Harpigny, se rendit en cortège de la place de l'Evêché au pied du beffroi. Sur l'estrade, il alla remettre à Rudy Demotte, bourgmestre, les clés de la Ville reçues la veille. Alors que retentissait l'hymne "les Tournaisiens sont là", le premier magistrat de Tournai allait aussitôt transmettre le précieux sésame à Annick Veys, Présidente des Amis de Tournai, la chargeant ainsi, symboliquement, de continuer à animer la ville. 

Malgré qu'un soudain et temporaire petit crachin soit venu semer une certaine inquiétude chez les organisateurs, sur la Grand-Place, il n'y avait déjà plus une place de libre aux terrasses des cafés et des brasseries, beaucoup ayant fait le choix de s'y restaurer afin d'être en première ligne pour le spectacle de l'après-midi. Dès 14h, des harmonies et fanfares régionales occupèrent le kiosque dressé face à la Halle-aux-Draps afin de faire patienter la foule. Pendant ce temps, les rangées de chaises qui ceinturaient le forum tournaisien trouvaient, peu à peu, leurs occupants. 

 

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Les groupes Marie de Hongrie de Binche et Charles-Quint de Gand formant le groupe "Renaissance".

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Vers 15h, un premier spectacle de qualité sera offert aux spectateurs. Les groupes "Marie de Hongrie" de Binche et "Charles-Quint" de Gand reconstituèrent les somptueuses fêtes qui marquèrent la venue de l'Empereur à Tournai pour un chapitre de la Toison d'Or, en 1531. Malgré une amplification quelque peu faiblarde et quelques spectateurs qui se croyaient encore attablés au restaurant et tenaient salon, les tableaux proposés furent appréciés par une très large majorité de spectateurs.

 

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A 16h, venant de la place Crombez et ayant traversé le centre-ville par les rues Royale, de l'Hôpital N.D, de Courtrai, de la Tête d'Argent et Perdue, les cortèges débouchèrent sur la Grand-Place par la rue des Maux, emmenés par les porteurs de bannières du Manège de Blandain. Ce sera alors un tableau haut en couleur et en son qui sera offert aux Tournaisiens : musiques, chars et Géants vont défiler durant plus d'une heure. 

 

 

 

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De la garde anglaise au groupe sud-américain, de la formation musicale de Neufchâtel à la Band'As de Wattrelos, de la gondole vénitienne aux chars du Biscuit, de la Porcelaine ou des Amis de Tournai, tous les groupes composant ce long cortège apportèrent admiration et animation.

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Le groupe Jamaïque

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La formation musicale de Neufchâtel

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La Band'As de Wattrelos.

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Le char de la Soupière en hommage à la Porcelaine tournaisienne.

Emmenés par les porteurs tournaisiens de la Compagnie de l'Bancloque ou par ces habitués des rues de la cité des cinq clochers que sont les porteurs athois, les géants tournaisiens dansèrent et virevoltèrent sur des airs régionaux avant d'aller sagement se ranger à l'ombre de Christine de Lalaing, princesse d'Epinoy. Petit gag qui ne passa pas inaperçu, le kiosque ayant été mis à la disposition des harmonies et fanfares, c'est face à la statue de l'héroïne tournaisienne que les autorités communales et leurs invités avaient pris place mais c'est devant la tribune que, par habitude, tous les groupes firent leurs démonstrations. 

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Reine Tournay et Childéric dansent.

2016.09.11 Cortège les Géants tournaisiens (2).jpg

Saragos et Châle Vert ont rejoint les croisés Lethalde et Engelbert et le Vendéen.

Le cortège se clôtura par les char de la "Chanson Tournaisienne". Petits Rambiles, Filles Celles picardes et membres de la Royale Compagnie du Cabaret Wallon Tournaisien invitaient, comme chaque année, les spectateurs à reprendre en chœur les "cancheonnes tournisiennes qu'on aime tell'mint bin qu'on in predreot s'n'haleine à canter leu z'orfrains"". Autre petit gag, ce groupe, juché sur la plate-forme d'un très long camion, fut un des rares à vouloir faire le tour complet de l'esplanade. Hélas, bien trop long, le transport resta coincé entre rangées de spectateurs et statue et dut attendre que le public rejoigne le beffroi pour assister au spectacle de Monsieur Zo afin de se tirer de ce mauvais pas !

2016.09.11 Cortège le char de la Chanson tournaisienne (2).jpg

 

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Comme chaque année, le cortège se termina par la traditionnelle distribution des fleurs qui décoraient les différents chars. Un nouveau temps fort de cette journée marquée par la grisaille le matin et le soleil l'après-midi venait de prendre fin. 

Loin de se disperser, le public avait alors rendez-vous au pied du beffroi au sommet duquel les attendaient diverses personnalités. Cela est une autre histoire qui sera racontée dans le prochain article !

photos: S. et R. Van Rompaye-Rauwers.

S.T. septembre 2016

19 sept.
2016

09:07

Tournai : les festivités de septembre (2)

Dimanche 11 septembre : la Grande Procession.

Peu avant l'aurore, probablement soucieux de ne pas s'enrhumer après les chaleurs de la veille, le ciel tournaisien avait enfilé sa petite laine. Cette brume matinale n'était pas pour déplaire aux porteurs de statues et de châsses qui redoutaient secrètement une température extrême dès potron-minet.

A dix heures, Marie-Pontoise, la grosse cloche de la cathédrale, s'ébranlait et donnait de la voix pour annoncer aux Tournaisiens que la 924e Grande Procession entamait sa promenade dans les rues de la cité des cinq clochers selon l'itinéraire habituel qui lui permet de visiter presque toutes les paroisses de Tournai.

 

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groupe musical Hexequatur

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groupe musical des cornemuses "La Gaillarde".

Combien étaient-ils en l'an 1092 lorsqu'elle fut organisée, par l'évêque Radbod, le jour de la fête de l'Exaltation de la Croix, le 14 septembre ? Dieu seul le sait ! Ce 11 septembre 2016, près de mille personnes ont marché en procession, prié et chanté afin de remercier la Vierge Marie d'avoir sauvé la ville de l'épidémie de peste (plutôt d'ergotisme qui avait particulièrement sévi en Flandre et dans le Brabant au cours des années 1090 à 1092, faisant des dizaines de milliers de victimes).

Confréries, associations culturelles ou caritatives, hospitaliers de Lourdes ou simples particuliers se regroupent afin de présenter le riche patrimoine religieux de la cathédrale et des églises de la région. Soixante-neuf groupes composent aujourd'hui ce long cortège.

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Ceux qui proclament parfois : "J'ai déjà vu la procession, c'est toujours la même chose" se trompent car la forme que revêt le cortège a varié tout au long des siècles. Chaque époque la marque, en effet, de son empreinte même si le but premier qu'est la démarche de foi est immuable. Châsses et statues traversent le temps, costumes et ordonnance du cortège subissent régulièrement des modifications dans un but d'amélioration.

Statue de saint Lazare traditionnellement portée par les membres de la Fondation Follereau de Tournai, antenne locale d'Action Damien. Certains d'entre-eux sont présents depuis 25 ans.

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Bien réparties au sein de ce long défilé, de très nombreuses formations musicales, parfois des plus originales comme le groupe musical "Hexequatur" ou les cornemuses de "la Gaillarde", des plus majestueuses comme les "Pélissiers de Binche", l'harmonie du Corps des Pompiers tournaisiens ou les Tambours et Fifres de Mons, pour ne citer que celles-là, rompent le silence d'un défilé qui, par vocation, n'est pas une cavalcade. Un long ruban multicolore s'en va, cheminant d'un pas lent, par les rues de la ville.

Statue de saint Etienne (église de Templeuve)

 

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 Statue de Notre-Dame d'Alsemberg (église Saint-Piat), oeuvre de 1759 du sculpteur tournaisien Ghislain Sailly

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 Statue de Notre-Dame de la Treille, oeuvre de l'orfèvrerie tournaisienne du XVIIe siècle

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Statue de Notre-Dame Auxiliatrice, statue en bois polychrome de 1890

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statue de Notre-Dame de Bonne-Espérance, oeuvre du XXe siècle

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Statue de saint Nicolas, orfèvrerie du XVIe siècle

Il est loin le temps où le lent cortège passait entre deux ou trois rangées serrées de spectateurs, fidèles venus du diocèse ou de l'étranger par dévotion ou simples laïcs, amoureux du patrimoine, attirés par les trésors. Il est loin aussi le temps où des habitants sortaient des statues, allumaient des bougies ou semaient des pétales de fleurs ou des papiers argentés tout au long du parcours.

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La châsse des Damoiseaux, orfèvrerie brugeoise de 1571

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la châsse de Notre-Dame, chef-d'œuvre de l'orfèvre Nicolas de Verdun de 1205

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le carillon porté

Nous vivons malheureusement une époque de personnes blasées, de familles casanières dont les membres sont rivés devant leur smartphone, leur jeu vidéo ou leur télévision. Le Pokémon a-t-il tué les distractions habituelles ? Non, le déclin en terme de spectateurs est sensible depuis quelques années déjà ! Ce n'est pas, hélas, demain la veille qu'on fera machine arrière. Pendant ce temps, comme durant les pires heures des conflits mondiaux, la procession continue sa marche immuable soutenue non seulement par des chrétiens mais aussi par des Tournaisiens soucieux de défendre cette tradition séculaire qui honore leur ville. Elle fêtera l'an prochain son 925e anniversaire.

Photos : Serge et Renelde Van Rompaye-Rauwers.

 S. T. septembre 2016.

 

09:07 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, procession de tournai, châsses, statues |

17 sept.
2016

09:37

Tournai : expressions tournaisiennes (376)

L'sémaine du bieau langache

Ch'est pétête pasqu'elle est née dins l'midi, à Valence, qu'Hortense elle est toudis restée, comme on dit, très vielle France. In quarante, au meos d'mai, quançqu'à Tournai, i-a fallu évacuer, ses parints i-ont bin vite queuru chez des cousins français.

Pou parler, d'puis qu'elle est toute jeone, ceulle feimme elle a toudis fait des preones. Comme direot eine file d'Ere que j'ai acore vu pos pus tard qu'avant-hier : "On rinconte alfeos dins no vie des gins qui mettent les preones dins les quertins".

D'puis septante ans, on n'a jamais intindu Hortense dire ein seul meot d'tournisien, i-feaut acroire que no langache, ch'est pus difficile pou elle que d'parler flamind.

A eine amisse, elle a ein jour dit :

"J'ai beau, à maintes reprises, avoir essayé, très chère, pour moi, c'est une langue un tantinet vulgaire".

Des propeos parels je n'peux pos les accepter pasque ch'est mes incêtres qui seont insultés. No patois, ch'est l'lanque de no macheons qui, in ouvrant, cantent leu cancheon, ch'est l'ceulle des caufourniers ou des cauderliers qui ouvreot'ent dins l'poussière ou l'boucan des at'liers. No patois, ch'est les meots qu'on intind résonner autour de l'planque d'ein jeu d'fier ou d'eine tape d'jeu d'cartes pindant les leongues soirées d'hiver. Ch'est l'parlache qui est jalous'mint et précieus'mint wardé pa les Filles, Celles picardes et les joyeux compagnieons du Cabaret. No patois, ch'est l'raminvrance d'Louis Urbain et d'Eloi Baudimont, d'Jean-Pierre Verbeke ou d'Lucien Feron. Ch'est l'plaisi d'no jeonesse quançqu'on acouteot, à l'orvue, Jojo et Nénesse. Traduire, comme Bruno Delmotte, nos bandes dessinées in picard, d'puis toudis, j'in sus convaincu que cha s'appelle d'l'art. Dins bramint d'familes on n'parle pus l'Tournisien, i-feaut dire qu'i-a eu ein fameux brassache d'gins. Même dins les écoles, on a interdit l'usache du Tournisien mais les infants i-pourreot'ent apprinte l'japonais ou bin l'mandarin. 

J'ai bin essayé plusieurs feos d'faire comprinte à Hortense que l'Français, ch'n'est final'mint que l'patois d'l'Ile de France.

"Sachez que je me drape du surplis de ma dignité, jamais un de ces mots de bas étages, je n'utiliserai".

Ch'est vrai que pou comprinte ceulle septuagénaire, i-faudreot souvint printe ein dictionnaire. Elle imploie des tournures littéraires que te n'truèfes même pus dins l'Petit Robert.

J'vas vous raqueonter ce qu'elle m'a ein jour dit, ave cha, vous s'rez fixé, vous arez vite compris. Ch'éteot jusse in face du chim'tière d'Mulette dusqu'est intierrée s'mamère Yvette. 

Ch'éteot pindant l'meos d'avril :

"Nous assistons à une attaque généralisée du pré-printemps contrecarrée de façon non moins sévère par une contre-offensive du post-hiver. Allez donc traduire cela dans votre langage populaire".

"On sint orvenir les bieaux jours mais l'feond d'l'air i-est acore fraîque" que j'li ai répeondu tout fier.

Veyant arriver ein heomme qui titubeot :

"Cet homme a encore exagéré avec la dive bouteille, tu ne saurais pas traduire une expression pareille"

"Si fait, si fait, à m'mote qu'm'heomme i-est bin quervé".

Rincontrant ein infant qui orveneot d'l'école :

"Ce pauvre marmot possède un pantalon beaucoup trop large, il est obligé de le tenir à deux mains"

"L'pétit i-perd s'mareonne !".

"Avez-vous vu cette femme bien en chair, c'est une personne callipyge".

"Ch'est ein badoulette ave des grossés fesses".

"Cela m'agace profondément que tu trouves toujours une expression chaque fois que je te dis quelque chose".

"Cha vous imbête, hein, que j'ai toudis eine pièche à mette au tréo".

Parlant d'eine feimme ave ein visache marqué pa l'mauvaisse vie qu'elle mène :

"L'abus des plaisirs épuise vite la personne et son visage s'en ressent".

"L'ceu qui alleume l'candelle pa les deux bouts, i-est béteôt à l'mitan".

"A mon âge, le docteur m'a conseillée de marcher de façon à conserver la forme et à ainsi vivre plus longtemps".

"Cul dins l'fauteul, pied dins l'cerqueul. Rester assis su s'cayère n'ormue pos l'sang".

"J'ai longtemps réfléchi à un éventuel mariage et, hélas, je n'ai pu me décider".

"Qui treop queusit mal élit". In disant cha, s'tiête elle a cangé !

Veyant venir un couple composé d'eine heomme maiguerleot et d'eine feimme comme ein char d'assaut :

"Cet homme fait pitié à voir mais par contre son épouse fait envie"

"M'n'heomme i-n'se pormène pos ave s'mitan mais bin ave s'double".

"j'ai dû faire appel à un homme de métier pour réparer une prise de courant , je n'avais pas le matériel idoine".

"Pou ti faire ein beon ouvrache, i-t'feaut ein beon otiache" tout l'meonte sait cha, même ein coinne.

Evoquant ein heomme d'mauvaisse humeur :

C'est homme est d'une maussaderie, sa femme doit vivre un véritable calvaire".

M'n'heomme i-a toudis s'gueule in rache, s'feimme n'deot pos rire tous les jours".

"Quand je sors de chez moi, avec mon ombrelle, mon chapeau à fleurs et mes gants de dentelles, les enfants du quartier se gaussent de moi. Voilà qui n'est pas facile de traduire en tournaisien"

J'ai pos osu li dire que j'veyeos d'ichi l'tablature et j'li ai répeondu :

"A vir ainsin comme j'sus attifée, les p'tits rotleots du ruache s'foutent d'mi (et on les comprind !)".

Comme j'aimeos l'acouter raqueonter ses bernettes, j'l'ai invitée à printe eine pinte, in face, à l'Vielle Guinguette.

Elle a dû s'faire violence, no beonne vielle Hortense quançqu'elle m'a ravisé et dit tout à n'ein queop :

"Mi, aller dins ein bistreot, te m'as jamais bin orwettié, je n'beos pos".

Vous veyez bin que quançqu'on veut, on peut !

"Je ne vais point réitérer de telles paroles, je préfère de loin mon langage châtié à cette platitude dans laquelle tu te complais pour t'exprimer, c'est une langue de manants, de vils et de gueux".

"Bé l'ov'là, chassez à l'naturel, i-orvient au galop, ch'est bin malhureux, neon mais, ceulle esbroufeusse, elle direot bin qu'on parle comme des bouseux".  

(lexique : pétête : peut-être / pasque : parce que / toudis : toujours / l'meos : le mois / quançque : lorsque / queurir : courir / jeone : jeune / ceulle feimme : cette femme / faire des preones : faire des manières pour parler / pus : plus / acore : encore / alfeos : parfois / ein quertin : un panier à anse et à couvercle / acroire : croire / l'langache : le langage / eine amisse : une amie / parels : pareils / l'lanque : la langue / les macheons : les maçons / l'cancheon (ou l'cancheonne) : la chanson / ein caufournier : un ouvrier de four à chaux / ein cauderlier : un chaudronnier / ouvrer : travailler / les at'liers : les ateliers / l'planque : la planche / l'tape : la table / l'parlache : le langage / warder : garder / l'raminvrance : la souvenance, le souvenir / no jeonesse : notre jeunesse / bramint : beauoup / l'brassache : le brassage / l'usache : l'usage / comprinte : comprendre / printe : prendre / te truèfes : tu trouves / raqueonter : raconter / jusse : juste / l'chim'tière d'Mulette : le cimetière du Sud (Mulette serait le nom de la première personne qui y fut inhumée) / orvenir : revenir / fraîque : frais / veyant : voyant / à m'mote : selon moi, à mon avis / quervé : ivre / l'mareonne : la culotte, le pantalon / ein badoulette : une femme grassouillette / eine pièche : une pièce / l'tréo : le trou / l'ceu : celui / alleumer : allumer / l'candelle : la chandelle, la bougie / béteôt : bientôt / l'mitan : la moitié / cerqueul : cerceuil / l'cayère : la chaise / s'ormuer : se remuer / queusir : choisir / cangé : changé / maiguerleot : malingre, chétif / s'porméner (ou s'pourméner) se promener / l'otiache : l'outillage / ein coinne : un imbécile (mot qui n'est plus guère utilisé tant mieux pour tous les Coinne dont c'est  le nom de famille) / avoir s'gueule in rache : faire la tête, être en colère / osu : osé / ichi : ici / l'tablature : la situation gênante, ridicule / attifée : vêtue mais avec mauvais goût / les rotleots : les roitelets, désignent amicalement les petits enfants / l'ruache : la reu, le quartier / s'foutent d'mi : se moquent de moi / acouter : écouter / les bernettes : les bagatelles / raviser (ou orwettier) : regarder / tout à n'ein queop : tout à coup / ov'là : voilà / eine esbroufeusse : une personne qui a des manières affectées, peu naturelles, une faiseuse d'embarras).

S.T. septembre 2016. 

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15 sept.
2016

13:04

Tournai : les festivités de septembre (1)

Mêlant religieux et profane, les membres du comité de la Grande Procession et les Amis de Tournai rejoints, lundi, par l'Association des Commerçants se sont unis, pour la deuxième année consécutive, afin d'offrir aux Tournaisiens et à leurs visiteurs un week-end festif qui a permis de mettre entre parenthèses les trop nombreuses mauvaises nouvelles reçues presque quotidiennement durant l'année.

Pendant trois jours, les différents organisateurs n'ont pas lésiné sur les moyens pour ravir les plus difficiles et, une fois encore, les absents eurent tort, une nouvelle fois l'expression n'est pas dénaturée !

Samedi 10 : la Grande Marche des Géants.

Le jour était à peine levé sur la campagne des environs de Velaines que, déjà, la place communale de cette petite bourgade connaissait une animation peu habituelle. Réveillés par le Grand Sonneur, une dizaine de géants de villages s'y étaient rassemblés, prêts à rejoindre, au terme d'une longue promenade, la cité des cinq clochers. Après avoir englouti un copieux petit déjeuner, avec un léger retard sur l'horaire annoncé, porteurs et accompagnateurs se mirent en route. Dans le ciel d'azur, le soleil, sorti de sa torpeur nocturne, avait décidé d'être lui aussi de la partie. L'astre du jour qui avait sérieusement boudé la fête l'année dernière n'allait pas, cette fois, faire faux bond. 

Après quelques kilomètres, la joyeuse troupe à la tête de laquelle, on trouvait les "petits géants, sonneurs de cloches" entourant le Grand Sonneur, entamait la montée du col Jubaru et du Mont Saint-Aubert. Hisser les grandes carcasses tout là-haut demanda bien du courage aux porteurs mais la récompense fut au rendez-vous. Sur le "toit" tournaisien, un barbecue fut le bienvenu.

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Il ne faut surtout pas imaginer que la descente de ce géant de Wallonie Picarde fut de tout repos car il est tout aussi difficile de freiner ces grandes "postures" (comme on dit à Ath) que de leur faire gravir les côtes. Un arrêt vers 14h30 sur la place de Kain-la-Tombe permit à chacun de se s'hydrater et de reprendre des forces alors, qu'infatigable, la troupe des petits géants, sonneurs de cloches, dansait sur un asphalte chauffé à blanc par un Messire Phébus extrêmement généreux.

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"Ils arrivent" !

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Il allait être seize heures lorsque le public qui patientait dans la rue Perdue vit déboucher la joyeuse troupe de la rue Tête d'Argent. Le groupe avait été accueilli à l'entrée de la ville par les Croisés Lethalde et Engelbert. Faisant un crochet par la bien nommée rue des Cloches, Grand Sonneur, Géants, musiques et accompagnateurs débouchèrent à hauteur du Fort Rouge. Après un moment de repos, il restait à avaler quelques pavés pour rejoindre, par la rue des Maux, le forum tournaisien. 

 

 

Sur le kiosque, l'Harmonie des Volontaires Pompiers interprétant les chansons tournaisiennes les accueillit et emmena alors les Géants, les petits sonneurs et le public présent dans une folle farandole, également rythmée par le tintement de la cloche du Grand Sonneur. Dans la foule, on vit même Marie-Christine Marghem, Ministre de l'Energie, tomber sous le charme du géant de Thimougies, peut-être tout simplement parce qu'il s'appelle... Charles II ou qu'il est tout de bleu vêtu ! 

 

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La journée n'était pas terminée, à 18h, en la cathédrale Notre-Dame, Mgr Guy Harpigny présida un office pontifical. A la fin de celui-ci, Rudy Demotte, Bourgmestre de Tournai accompagné des Doyens et Vice-Doyens des Corporations entra dans le prestigieux édifice afin de remettre à l'Evêque les clés de la Ville. Par ce geste symbolique, réminiscence de ce qui se faisait déjà au Moyen-Age, l'autorité communale permettait à la Procession du lendemain de parcourir les rues de la cité. Afin d'annoncer la journée de dimanche, trois cloches lumineuses survolèrent alors, majestueusement, les fidèles qui n'en croyaient pas leurs yeux. Le réalisateur Monsieur Zo et la troupe des Facteurs d'Amour avait marqué de leur empreinte cette première journée du triptyque tournaisien. 

Toute ma gratitude va à Renelde Rauwers pour les documents photographiques qui illustrent cet article.

(S.T. septembre 2016).

13:04 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, géants, monsieur zo, grand sonneur |

09 sept.
2016

14:31

Tournai : expressions tournaisiennes (375)

"Rinconte inattindue" inter... Edmeond et ein philosophe !

Quancque j'sus allé rinte visite, ceulle sémaine, à Fifinne et Edmeond, i-aveot ein heomme que j'veyos pou l'prumière feos à leu maseon. 

"Ch'te présinte ein garcheon qui est v'nu ave mi à l'pétite école, m'n'amisse Clovis, ch'est ein philosophe, même que ces visins l'appellent l'Tahar Ben Jelloun d'Saint-Brice. On éteot in train d'comparer l'vie du temps présint ave l'ceulle qu'aveot'ent connue nos parints et nos inciens. On veot queurir les gins du matin au soir et pou quoi faire, on voudreot bin l'savoir".

Clovis i-m'a lommint orwettié et puis i-s'a mis à parler :

"L'vitesse, creos me, elle comminche d'jà avant te soiches né quançqu'aux prumières douleurs t'mamère elle part pou l'maternité. L'paufe feimme elle ne va pos avoir l'temps de s'préparer pasque si ch'est ein verdi ou eine velle de fiête, tout d'suite, on va li provoquer. I-feaut acroire que les gynécoloques i-seont asteur syndiqués et qui n'veule'tent pus ête déréviés l'diminche ou les jours fériés. Si l'traval i-prind ein peu treop d'temps, i-d'a qui saque'reotent bin vite, déhors, l'infant. L'brafe mamère hureusse mais bin fatiguée, elle pinse alors que dins s'campe elle va s'orposer, bé, moinse de treos jours après, à s'maseon elle est d'jà rinvéyée. 

L'infant, à s'maseon, i-n'a pos l'temps d's'habituer qu'à l'crèche des Greos Poussins i-va d'jà s'ortrouver. L'mamère elle va queurir, au matin, pou l'déposer infardélé et elle va s'dépêcher au soir pou arriver jusse avant que cha n'soiche fermé. Après, cha s'ra l'préparatieon du souper, l'bain du nouvieau-né, tout cha inter l'tétée et l'télé. Au momint d'aller coucher, si l'mopère i-veut ête câliné, elle li dira : surtout pos c'soir, j'sus crevée. 

Cha n'va pos aller mieux l'jour dusqu'i-va rintré in primaire pasque l'quémin d'l'école, asteur, cha orsanne à ein sintier d'la guerre. Pou arriver à l'heure, les parints roule'tent comme des sauvaches jusqu'à l'intrée de l'ville et là, ch'est recta, pou passer les feux, à chaque feos, i-caitent dins des files. Cha s'met alors à s'énerver, à berler au point qu'on intind l'mopère dins tout l'ruache dire à s'feimme : ch'est foutu, j'vas acore ête in r'tard à l'ouvrache.

A peine su s'cayère au buréeau, i-va orchevoir ein queop d'fil de l'directieon li d'mindant : vous pouvez m'apporter, tout d'suite, l'dossier de la famile Ducrayeon. Vers dix heures, inter deux dossiers, i-va s'ruer su l'machine à café pasque pou li t'nir l'queop jusqu'au deîner, ch'est à l'Arabica qui va devoir s'doper. Si pa malheur, l'machine elle coule goutte à goutte et si jamais i-tape d'dzeur, dins s'tasse, i-ara du passe tout-oute.

Combin d'accidints sereot'ent évités si les limitatieons éteot'ent respectées. Su nos routes, combin i-a d'jà eu d'tués pasque des gins ont cru qu'i-z'areo'tent l'temps d'passer. On n'a pos l'temps d'respecter les feux d'circulatieon, on est bin treop pressé d'arriver à destinatieon. Si in ville, pou respecter les piéteons, te roules au pas, i-d'ara tout bin ein, pa d'rière ti, pou t'traiter d'leongiva

L'mote de l'vitesse elle-est bin installée, même quançque ch'est pou s'marier. On rinconte, ein bieau soir, dins eine discothèque, l'pétite dulcinée mais au momint d'passer pa d'vant l'bourguémette, bé, l'infant d'puis lommint i-est d'jà fait. Dins l'ménache, on n'prind même pus l'temps de l'découverte qu'on va vite vir ailleurs si l'hierpe elle est pus verte.

A l'âche de l'ortraite, on creot infin qu'on va s'orposer mais i-a tell'mint à faire qu'on n'a pos assez d'ses journées. L'bus étant (presque) gratis, on l'prind tous les jours pou aller s'pourméner mais, in partant comme in orvenant, i-feaut queurir pou n'pos l'rater. Dins l'grande surface, si jamais i-manque ein prix à ein artique, tous les gins de l'file i-seont aussiteôt prix d'énervemints et alfeos d'tics. On ireot presque arracher l'marchandisse des mains de s'visin in li disant ainsin : i-est beon va, laichez le là, vous n'd'avez pos b'soin. 

Quançque pou morir, pou quitter ceulle tierre vient l'temps, l'vitesse là acore te peux ête seûr qu'elle va t'rattraper au tournant. Si te queusis comme beauqueop de t'faire incinérer, l'paufe curé pindant l'messe i-va devoir accélerer, i-n'feaut pos eine treop leongue homélie pasqu'i-feaut ête à l'heure à Hacquegnies et après, su l'autoroute, l'convoi i-roule à tombeau ouvert pou arriver avant l'fermeture du l'chim'tierre".

Clovis i-a bu ein goutte d'tisaine, l'temps d'orprinte s'n'haleine. Ein philosophe, ch'est comme ein écoleo, cha-n'beot que du thé ou bin d'l'ieau. 

"Au temps jadis, ch'n'éteot pos comme asteur, on n'éteot pos toudis là à raviser l'heure. On n'aveot pos b'soin d'eine rével pasqu'on viveot uniqu'mint ave l'solel. L'cloque du villache, elle rythmeot l'journée, l'Angelus et l'Salut anneoncheot'ent l'momint d'minger ou d'aller s'coucher. On alleot à l'ville ave ein tombereau, à l'vitesse du pas des qu'vieaux.

Ch'est bin souvint su l'tape de l'cuisine que l'mamère s'accoucheot, seul'mint intourée d'ein sache-feimme, d'linches propes et d'ieau. L'naissance elle arriveot l'jour de l'Noë à midi aussi bin que l'lindi d'Pâques à minuit. Jusqu'à l'âche de treos ans, les nourrisseons i-resteot'ent ave leu mamère à leu maseon. Les infants parteot'ent, in bandes, à l'école in jouant aux marpes dins les rigoles. Pus tard, on preneot l'temps d'fréquinter, d'découvrir, jour après jour, l'caractère de l'dulcinée, rar'mint on n'l'areot ingrossée avant de passer pa d'vant Mossieu l'Curé.  

Dins s'professieon, on aimeot l'ouvrache bin fait et on metteot l'temps qui falleot pou l'réaliser. Dins les forches et les usines, on intindeot su l'églème l'cant des martieaux et dins les camps, l'courageux cinsier ouvreot à l'vitesse de ses deux qu'vieaux. On veyeot l'geste lent d'Auguste le semeur, cha deot ête à peu près cha que m'diseot m'n'instituteur. 

L'ortraite ch'éteot l'momint de s'orpsoser d'eine dure vie d'labeur, on profiteot, à deux, tout bell'mint, d'chaque jour et d'chaque heure et quançque veneot l'temps d'fermer ses is, l'défunt i-s'indormeot ave tous ses amisses autour d'li. On laicheot s'éteinte eine candelle su l'tape de nuit, on veilleot l'mort in parlant in leong et in larque d' li. De l'porte d'l'églisse au chim'tierre, on alleot, su ein barou, tout douch'mint, comme si l'défunt vouleot dire ein dernier adieu au gins qui s'trouveot'ent l'leong du qu'min".

No Fifinne qui n'aveot pos 'cor dit ein meot, i-a fallu qu'elle mette s'grain d'sel comme à chaque feos.

"Edmeond et mi, on est marié t'taleur d'puis chinquante ans et j'ai souvint ormaqué que m'n'heomme ch'éteot ein véritape bruant et vous savez c'qu'on dit à Tournai à c'propeos : Quand les bruants ireont à l'processieon, ch'est ti qui port'ra l'drapéeau". I-n'a qu'eine seule cosse pou l'quelle te vas  à feond la caisse, pou chiffler tes pintes, là, i-a pos d' problème, te prinds tertous d'vitesse".

I-a fallu aussi que Clovis i-amène s'pierre à l'édifice :

"Edmeond, si l'Carême i-dure siept ans, t'aras bin fini pou l'Penne'coûte".

"Ah mais ch'est toudis rouf-rouf quand Fifinne elle fait eine séquoi" i-a dit Edmeond 

Fifinne de s'fauteul elle s'a ordressée d'ein beond. 

J'ai acore eine feos compris que cha alleot mal tourner, j'les ai laichés:

"J'deos partir, sais-te, j'sus pressé, à six heures, j'deos orwettié No Télé"

J'n'ai pos osu avouer à Clovis, l'philosophe que j'aveos intindu qu'hélas, mi aussi j'queureos toudis après perdu !

(lexique : eine rinconte : une recontre / inter : entre / quançque : lorsque / rinte : rendre / ceulle : cette / l'prumière feos : la première fois / ein garcheon : un garçon / m'n'amisse : mon ami / les visins : les voisins / queurir : courir / lommint : longtemps / orwettier : regarder / commincher : commencer / soiche : soit / l'mamère : la mère / pasque : parce que /  l'verdi : le vendredi / eine velle : une veille / acroire : croire / asteur : maintenant / ête dérévié : être réveillé / saquer : tirer / hureusse : heureuse / bin : bien / l'campe : la chambre / s'orposer (on dit aussi s'erposer) : se reposer / moinse : moins / s'ortrouver (ou s'ertrouver) : se retrouver / infardélé : emmailloté sommairement / jusse : juste / dusque : où / orsanner : ressembler / des sauvaches : des sauvages / caire : tomber / berler : hurler / l'ruache : la rue, le quartier (populaire) / l'cayère : la chaise / s'ruer : se jeter / l'queop : le coup / l'deîner : le dîner / d'zeur : dessus / du passe tout-oute : un mauvais café avec beaucoup d'eau / pa d'rière : derrière / ein leongiva : un lambin, un traînard / l'mote : la mode / pa d'vant : devant / l'bourguémette : le bourgmestre (le maire) / vir : voir / l'hierpe : l'herbe / l'âche : l'âge / l'ortraite : la retraite / s'pourméner (ou s'porméner) : se promener / ein artique : un article / alfeos : parfois / laicher : laisser / morir : mourir / ête seûr : être sûr / queusir : choisir / beauqueop : beaucoup / l'chim'tierre : le cimetière / l'tisaine : la tisane / toudis : toujours / raviser : regarder / l'rével : le réveil / l'solel : le soleil / l'cloque : la cloche / les qu'vieaux : les chevaux /eine sache-feimme : une sage-femme / des linches : des linges / propes : propres / les marpes : les billes / l'ouvrache : l'ouvrage / les forches : les forges / l'cant : le chant / l'églème : l'enclume / l'martieau : le marteau / les camps : les champs / l'cinsier : le fermier, l'agriculteur / ouvrer : travailler / bell'mint : bellement, en douceur / les is : les yeux / l'candelle : la chandelle, la bougie / l'tape : la table / in leong et in larque : en long et en large, dans le détail / ein barou : un charriot de ferme / douch'mint : doucement / l'leong du qu'min : le long du chemin / t'taleur : tantôt, ici utilisé pour bientôt / ein bruant : un hanneton, utilisé aussi pour un paresseux / eine cosse : une chose / chiffler : siffler, cette expression s'utilise pour "boire un verre (de bière le plus souvent) d'un seul trait" / tertous : tous / l'Penn'coûte : la Pentecôte / rouf-rouf : en vitesse, en bâclant / eine séquoi : quelque chose / osu : osé).

S.T. septembre 2016.

14:31 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, patois, picard |

07 sept.
2016

10:26

Tournai : un week-end festif !

Quand le religieux se mêle au profane. 

Les amateurs de folklore en Wallonie Picarde sont vernis, n'ayons pas peur de le proclamer. Attachée à son histoire, cette région présente une diversité de rendez-vous annuels. A moins de cinquante kilomètres à la ronde, ils nous est donné d'assister à de nombreux événements dont certains sont repris au patrimoine de l'Unesco. 

Mons, sa procession de Car d'Or et son combat dit Lumeçon (à la Trinité), Ellezelles et son sabbat des sorcières (fin juin), Ath, son mariage de Gouyasse et son cortège des géants (le dernier week-end d'août), Lessines et son Festin (le premier week-end de septembre), Dottignies et sa fête de la Main (le troisième week-end de septembre), Mouscron et son cortège des Hurlus (le premier week-end d'octobre octobre), Comines et la fête des louches (le second week-end d'octobre), autant d'occasions de se retremper dans cette atmosphère si particulière inscrite dans la mémoire collective des habitants d'une région. 

Ce deuxième week-end de septembre, c'est la ville de Tournai qui est à l'honneur, pour la première fois deux grandes manifestations ont été rassemblées sur la même journée : la procession historique et le cortège des Géants.

Le samedi 10 septembre :

C'est le début de ce week-end appelé : les 400 cloches !

Les festivités débuteront à... Velaines, ce samedi à 7h du matin, par les premiers pas, la naissance du Grand Sonneur et un solide petit déjeuner si nécessaire pour tenir durant une longue journée. A 8h30, départ, par monts et par vaux, de la Grande Marche en direction de la cité des cinq clochers. 

A 16h00, celle-ci sera accueillie en la rue Perdue à Tournai, comme il se doit, à l'angle de la rue des Cloches par le "Grand Raffut". La Grande Marche rejoindra alors la Grand-Place.

Sur le forum tournaisien, une cloche sera remise à Christine de Lalaing par le Grand Sonneur qui n'hésitera pas à faire un câlin à l'héroïne tournaisienne. La Royale Harmonie communale des Sapeurs Pompiers animera, en musique, ce premier moment d'un week-end très riche.

A 18h, en la cathédrale Notre-Dame, sera célébré l'office pontifical par Monseigneur Guy Harpigny, Evêque de Tournai, réhaussé par les chants de la Maîtrise. 

A la fin de celui-ci, à partir du beffroi, le Grand Sonneur, les Géants tournaisiens, les corporations et les autorités communales s'en iront vers la place de l'Evêché remettre les clés de la Ville à l'autorité ecclésiastique alors que Marie-Pontoise et les cloches de la cathédrale entameront leur chant puissant auquel répondra, depuis son beffroi, l'Bancloque. 

A 20h, au Vieux Marché au Poteries se tiendra le "Bal des Géants" avec l'orchestre musette du "Beau Milo", un merveilleux voyage musical dans le Paris des années 1910 à 1950, période durant laquelle le swing manouche a acquis ses lettres de noblesse, des danseurs entraîneront le public qui ne sera pas longtemps hésitant.

Le dimanche 11 septembre :

C'est une journée bien remplie.

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A 10h, sortie de la Grande Procession historique. Il s'agit de la 924e édition de cette commémoration religieuse établie, en 1090, par l'évêque de Noyon-Tournai, Radbod, afin d'implorer Notre-Dame de mettre fin à l'épidémie de peste (ergotisme du seigle) qui sévissait dans le Tournaisis, la Flandre et le Brabant depuis deux ans et avait fait des milliers de morts.

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Près de 1.000 participants composeront les septante groupes qui présenteront les statues vénérées à Tournai, les reliquaires, les châsses ou autres croix processionnelles.  

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A 12h30, retour de la Procession à la cathédrale.

C'est à ce moment que le religieux transmet le flambeau au profane pour continuer à animer les rues de la cité.

A 13h30, à la place de l'Evêché, Mgr Harpigny remet les clés au bourgmestre Rudy Demotte. Les autorités communales se rendent au pied du beffroi pour transmettre les clés de la ville aux Amis de Tournai qui ont alors mission de la divertir. 

De 14h30 à 16h30, sur la Grand-Place, concerts par l'Harmonie de Gaurain-Ramecroix, l'Harmonie de Templeuve et danses par le groupe Renaissance.

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A 15h00, départ du cortège des Géants, des musiques et chars fleuris à la place Crombez. Celui-ci par la rue Royale, le pont Notre-Dame, la rue de l'Hôpital Notre-Dame, la rue du Curé Notre-Dame, la rue des Courtrai, les Quatre Coins Saint-Jacques, la rue Tête d'Argent, la rue Perdue et la rue des Maux rejoindra le forum vers 16h30. Après le passage des chars fleuris, on assistera à la traditionnelle remise des fleurs au public. 

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A 18h, "le Coup du Dragon", une création de Mr. Zo, réalisateur tournaisien bien connu en Belgique et à l'étranger, et des Facteurs d'amour, une grande surprise qui devrait ravir le public. Cet évènement sera suivi du "Serment d'el Bancloque" au pied du beffroi qui mettra fin aux festivités tournaisiennes de ce second week-end de septembre. 

Lundi 13 septembre :

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Dans les rues de la ville, c'est la "Grande Braderie" annuelle des Commerçants. Dès le lever du jour, bonimenteurs, camelots et chineurs occuperont le pavé de la cité, les uns pour vendre une marchandise vraiment "exceptionnelle" (sic), les autres pour réaliser la bonne affaire. Sur l'heure de midi et en soirée, les cafés et restaurants seront, comme chaque année, pris d'assaut et bien souvent, le "moules-frites" accompagné d'une bonne pinte sera le roi de la table. 

S.T. septembre 2016.

05 sept.
2016

10:57

Tournai : une sensible amélioration du cadre de vie !

Il n'y a pas que du mauvais... à Tournai !

Voilà une étude qui rejoint un article qu'un lecteur a fait parvenir au quotidien "le Courrier de l'Escaut" et qui est paru ce jour, sous le titre : "Il y a du bon à Tournai".

Sa lecture m'a fait replonger cinq années en arrière, à une époque où le "Nord-Eclair", autre quotidien régional, avait publié, en septembre 2011, les résultats d'un sondage sur "les dix points principaux qui énervaient les Tournaisiens".

Reprenant ceux-ci, j'ai essayé de voir ce qui était encore d'actualité en 2016. Ces points sont repris dans l'ordre d'importance attribué par les lecteurs d'alors et, en gras, on retrouvera ce qui ne s'est pas amélioré depuis lors ou qui s'est même parfois dégradé. 

Point 1 : Les pavés qui secouent

Si depuis la parution de ce sondage, des rues ont été rénovées dans le centre-ville, principalement dans le quartier cathédral, d'autres ont continué à se dégrader et à faire pester ceux et celles qui les empruntent quotidiennement. On peut placer sur une même ligne les rues Royale, Saint-Martin, de la Citadelle, la placette aux Oignons (qu'on aurait pu refaire en même temps que la rue Perdue dont elle est le prolongement) et des Jésuites

Entre-temps, le catalogue des voiries en mauvais état s'est enrichi de la place Verte, de la Grand-Place dont les pavés descellés cliquettent au passage de chaque véhicule et de la rue de la Madeleine qui ressemble à une véritable tôle ondulée en raison des nombreuses tranchées mal rebouchées par les divers intervenants et qui forment des "casse-vitesse" involontaires ou de légers effondrements de chaussée. 

Point 2 : La saleté dans les rues.

C'est un problème endémique à la Wallonie, au point où on est en droit de se poser la question de savoir si les habitants du Sud du pays sont devenus, peu à peu, de véritables cochons. Sacs d'immondices abandonnés sur les trottoirs ou déposés plus de 24 h avant la collecte, canettes jetées après usage, mégots de cigarettes (surtout aux portes des établissements de l'Horéca), papiers s'envolant des tables des terrasses situées sur la Grand-Place, herbes folles poussant le long des bâtiments communaux ou de particuliers, trottoirs pas ou mal entretenus par les habitants, filets d'eau encombrés de détritus, objets divers laissés sur la voie publique... Arrêtons là la description, le tableau est déjà assez réaliste.

Depuis la décision prise par la Région Wallonne d'interdire les désherbants (dans un but louable de protéger les nappes phréatiques et la santé des habitants) aucune solution valable de remplacement n'a été trouvée. Comme toujours dans notre pays et pour paraphraser l'ancien ministre Achille Van Acker : "J'agis et puis je réfléchis"! 

Point 3 : les cafés et boites de nuit qu'on ferme trop tôt pour les noctambules.

Une fermeture du secteur Horéca à 1h du matin en semaine et à 3h lors des week-ends et jours fériés est une solution plus que raisonnable. On sait que plus la nuit avance plus le risque de tapage nocturne, de bagarres, de dégradations et d'accidents de la circulation (avec souvent de lourds bilans) augmente en raison de la fatigue et de l'imprégnation alcoolique des noctambules. Hélas, le nombre de "oisifs" étant de plus en plus important, beaucoup, aujourd'hui, dorment durant la journée et vivent la nuit, au grand dam de ceux qui travaillent !

Point 4 : la longueur des feux de circulation au carrefour des Quatre Coins Saint-Jacques. 

Le problème est résolu, suite aux travaux réalisés pour la rénovation de la rue de Courtrai, ces feux ont disparu et la priorité de droite est désormais en vigueur.

Point 5 : Les mendiants et les marginaux.

La situation fluctue. il y a toujours des mendiants aux portes des banques que ce soit sur la Grand-Place ou dans la rue Royale. Il y en a même plus qu'il y a cinq ans. Contrairement à ce que certaines "bonnes âmes" pensent, il ne s'agit pas de "pauvres" au sens réel du terme mais de personnes qui ont fait le choix d'une vie aux crochets de la société. Certaines demandent de la nourriture qu'elles jettent ensuite aux pigeons à l’affût sur les toits. Ces volatiles sauvages sont des vecteurs de maladie, on semble l'ignorer, comme on semble aussi méconnaître le fait que plus un animal trouve de la nourriture en abondance, plus il se reproduit !

En cinq ans, les marginaux sont devenus plus nombreux. Jusqu'il y a peu, on trouvait des "bandes" d'individus dans la rue Royale ou sur le quai Saint-Brice buvant, braillant, se disputant et agressant les passants. A cause d'eux, le sentiment d'insécurité parmi la population a nettement augmenté depuis le sondage de 2011. 

La police fait son possible pour empêcher ces rassemblements mais ces gens-là ne font plus preuve d'aucune retenue et provoquent même parfois les forces de l'ordre. 

Point 6 : L'absence ou le manque de pistes cyclables. 

Tournai est devenue une ville cyclable. En cinq ans, par la création de pistes ou de couloirs destinés aux cyclistes ou par l'organisation de brevets en faveur des jeunes des écoles qui souhaitent utiliser le vélo pour se promener ou se rendre aux cours, la ville a résolu ce point de la meilleure des façons. 

Point 7 : le stationnement délicat et le peu de zone bleue.

Le stationnement est toujours aussi délicat, comme il l'est ailleurs, car, depuis ce sondage le stationnement payant dans le centre a été étendu à de nouvelles rues et la zone bleue concerne désormais tout l'intra-muros. Par contre, de nombreuses places ont été perdues dans les rues rénovées du quartier cathédral (rue de Courtrai, du Curé Notre-Dame, place de l'Evêché ou rue de l'Hôpital Notre-Dame pour ne citer que celles-là). Il y a plus de mécontents que de personnes satisfaites puisqu'aucune solution de remplacement (création de nouveaux parkings de délestage) n'a été réalisée. Il s'agit d'une demande de la Région Wallonne qui accorde des subsides à condition de chasser les voitures du centre des villes, hélas, sans penser aux personnes âgées ou à celles qui se déplacent difficilement. "J'agis et après je réfléchis !". 

Point 8 : L'insécurité sur les quais

Il n'y a plus d'insécurité à Tournai ! Tout au moins si on en croit la presse locale qui ne répercute plus aucun fait divers ou très peu. La police intervient à de nombreuses reprises au long d'une journée et plus encore durant la nuit, ceux qui se promènent en ville en sont témoins, mais cela se fait maintenant en toute... discrétion. Museler la presse pour donner une belle image de marque de sa ville est une idée wallonne qui a été prise à Tournai comme à Charleroi, à Mons ou ailleurs.... On appelle cela la politique de l'autruche ou la méthode Coué. "Dormez tranquille, braves citoyens, ce qui ne se sait pas, ne nuit pas".

Point 9 : Les travaux de la rue des Puits l'Eau et du piétonnier.

Ce problème spécifique n'est plus d'actualité, les travaux du quartier cathédral sont terminés. Toutefois, il s'est reporté sur une voie de grande circulation à hauteur du quai Dumon et de la rue Becquerelle en travaux depuis trois mois et bientôt, il concernera les quais depuis le Luchet d'Antoing jusqu'au pont Notre-Dame en raison du chantier de l'élargissement de l'Escaut.

Point 10 : Les embouteillages aux heures de pointe sur les boulevards et l'avenue de Maire

Les files aux heures de pointe se forment dans toutes les villes du royaume. Tant que chaque automobiliste se rendra individuellement à son travail ou conduira ses enfants à l'école en voiture, les files s'allongeront. La décision du S.P.W de réduire à une bande la circulation, dans chaque sens, la chaussée de Bruxelles a encore terni un peu plus le tableau mais comme vous le savez désormais : "J'agis et après je réfléchis". 

Quatre points sur dix ont été améliorés, c'est bien, mais nos édiles peuvent mieux faire. Refait à notre époque, ce sondage donnerait probablement d'autres résultats et il ne faut pas être devin pour se dire que "insécurité", "saleté" et "état des voiries" seraient les maîtres mots des lecteurs, les médailles d'or, d'argent et de bronze remportées par nos édiles. 

Je ne me lancerai pas dans un sondage mais...vos commentaires sont les bienvenus tout en restant dans la limite de la correction !

S.T. septembre 2016.