27 juil.
2016

Tournai : Pierre Vanden Broecke, un des piliers du Cabaret !

Avertissement au lecteur !

tournai,pierre vanden broecke,cabaret wallon tournaisien,grande procession,pasquier grenierA la lecture de ce titre, il ne faut surtout pas faire une confusion entre un pilier du Cabaret, terme qui qualifie un membre assidu de la Royale Compagnie du Cabaret Wallon Tournaisien dont les prestations sont attendues par le public et l'expression tournaisienne "ein potieau d'cabaret" qui stigmatise un individu passant ses journées appuyé contre le bar dans un état qui devient, au fil du temps, de plus en plus second. Par ses multiples activités, Pierre Vanden Broecke, même s'il ne refuse pas, de temps à autres, de boire une bonne pinte n'a vraiment pas le temps de s'attarder à ce genre de futilité.

Une passion pour sa cité natale !

Pierre Vanden Broecke est né le 22 novembre 1957, le jour de la Sainte-Cécile, patronne des musiciens et des "canteus" (chanteurs). Après des études à l'école des Frères et au Collège Notre-Dame, il entre à la Fucam à Mons. Ses parents étant des fidèles auditeurs du Cabaret Wallon, adolescent, il va découvrir, en leur compagnie, les chansonniers tournaisiens lors des "Orvues de l'Kermesse" (Revues de la Kermesse), dans le courant des années septante. Ce sera pour lui une révélation au point que pour animer les soirées (bien arrosées) des étudiants tournaisiens de la faculté montoise, il se mettra à écrire quelques "cancheonnes" (chansons) dans le patois de la cité des cinq clochers. Plus tard, au sein de l'Alifucam frontalière (régionale des Anciens de la Fucam), il sera désigné comme responsable du folklore.

Notre étudiant a pourtant bien d'autres passions, celle de la philatélie tout d'abord. Tout jeune, il collectionne les timbres et, à une époque où on ne parle pas encore d'internet, il découvre les continents, les pays, les monnaies, un véritable cours de géographie. Au cercle tournaisien de ces amateurs de timbres, il deviendra trésorier et ensuite Vice-Président. Il sera à l'origine de la parution de timbres spéciaux consacrés à Tournai, en 1992 pour le 9ème centenaire de la Grande Procession, en 1998, à l'occasion du 8ème centenaire de la chapelle Saint-Vincent, en 2005 pour le 8ème centenaire de la châsse de Notre-Dame flamande et, en 2007, pour les cent ans du Cabaret Wallon. C'est au sein de ce cercle de collectionneurs qu'il fera la rencontre d'un véritable amoureux de Tournai, un homme qui se passionnait pour l'histoire de la cité, André Rouneau. C'est peut-être celui-ci qui l'amènera à la Société tournaisienne d'Histoire et d'Archéologie. Défenseur de sa ville natale, de ses traditions et de son patrimoine, Pierre Vanden Broecke ne pouvait qu'entrer à l'ASBL Pasquier Grenier, dont il devint administrateur et membre du comité de rédaction de la revue en tenant la rubrique dénommée "Clin d'Œil" évoquant les restaurations réussies ou... ratées.

Son dévouement pour Tournai ne va pas s'arrêter là, tout jeune, à la demande de son père, membre du comité, il participa en qualité d'enfant de chœur à la grande Procession de septembre. Il en devint par la suite commissaire, membre du comité d'organisation et depuis 2014 Président. En 1992, il s'attela à constituer un fonds d'archives en rassemblant des centaines de documents photographiques, un nombre tellement important qu'il permit d'organiser une exposition à la Maison de la Culture dans le cadre du 9ème centenaire de l'événement religieux annuel. Plus de 10.000 visiteurs la parcoururent.

Un navetteur... pas trop amoureux de la SNCB !

Pierre Vanden Broecke aurait pu s'arrêter là. Se donnant avec cœur dans chacune de ses activités, il avait de quoi remplir ses loisirs, lui, que sa profession amène chaque jour à Bruxelles au moyen de ce légendaire train de la ligne 94, tortillard très rarement à l'heure sur une liaison bien souvent oubliée des responsables de la SNCB. Il paraît que le bougre a noté, dans des carnets, chaque retard du train qu'il a emprunté. A ce jour, il possède donc une documentation aussi épaisse qu'un annuaire téléphonique qui surprendrait plus d'un ministre fédéral de la mobilité.

Un sportif dans l'âme !

Même s'il avoue ne pas être un sportif pratiquant, il fut supporter du Royal Racing Club Tournaisien où son père était membre depuis bien longtemps et, à l'âge de 42 ans, il a assouvi une autre de ses passions : posséder un cheval. Ainsi, régulièrement, il se rend au manège pour monter sa fidèle "Epona". Peut-être un jour, le verra-t-on en tête de la procession parmi les cavaliers portant les bannières ?

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Si vous êtes des habitués du Cabaret, vous avez très certainement remarqué que les noms étaient inversés. Ainsi il faut lire :  de gauche à droite : Rudy Sainlez - Freddy Dequesne - Géry Derasse et Pierre Vanden Broecke

 

Infin su l'ponteon !

En 1981, lors de son service militaire, il écrivit une chanson sur l'armée et la présenta, pour avis, à Ghislain Perron, membre du Cabaret Wallon. Celui-ci l'incita à participer au concours Prayez. En cette même année, il obtint un 2ème prix en catégorie "chansons", doublé du Prix Charles Maillet, pour "Sévices militaires", en 1983, un 2ème prix en catégorie chansons - de 35 ans pour "Ch'éteot l'beon temps", en 1987, un 2ème prix pour sa chanson "I feaut toudis faire s'devoir", en 1988, un 3ème prix pour "Voyache dins les îles" et en 1994, un 3ème prix pour "Si j's'reos bourguémette" et un 2ème prix pour "I n'est jamais treop tard". Même si on se perfectionne toujours avec le temps, il maniait déjà le patois en participant à l'époque à la confrérie carnavalesque "L' P'tits Rambiles"  qui avait les chansons tournaisiennes à son répertoire.

Celui qui écrivait des billets en picard dans la revue "Confetti" de l'ASBL Carnaval sous le pseudonyme de "L'Ouèl du drageon" frappa alors à la porte du Cabaret et devint tout d'abord membre aspirant en 1995 et définitif un an plus tard. Il sera Vice-président de la Royale Compagnie de 2002 à 2007. Il faisait partie de ce qu'on a appelé la "bande des quatre barbus" avec le regretté Rudy Sainlez, Géry Derasse et Freddy Dequesne.

Présenter les œuvres qu'il a produites depuis son entrée au Cabaret demanderait d'allonger cette présentation. Il y en a plus de quatre-vingts écrites par lui-même ou en collaboration avec d'autres membres notamment dans le cadre des revues. Aussi, je préfère vous en citer quelques unes, un choix totalement subjectif, je m'en excuse d'avance auprès de lui :

"J'rasine" (1999) raconte cette habitude gourmande d'aller jusqu'à racler le plat pour tout manger, "Féaut faire du sport" (2003) conte les conseils d'un médecin à un homme qui n'a vraiment pas envie de se mouvoir, dans le même ordre d'idées, "Ein riche régime" raconte les déboires d'un homme qui voudrait perdre du poids mais qui a trop d'occasions au cours de l'année pour faire bombance, "J'aime Tournai" (2010) est une déclaration d'amour d'un habitant à sa ville, "Au théâte d'Chelmy" (2006) rend hommage à Michel Vanden Broecke, un membre de sa famille qui fut un organisateur de spectacles bien connu dans la cité des cinq clochers (NDLR : voir l'article que nous lui avons consacré), "T'n'es jamais si bin servi que par ti-même" (2014) décrit les petites entourloupes à tous les niveaux qui ont défrayé la presse tournaisienne, "L'fin du meonte" (2013) dépeint l'inquiétude provoquée par la fin du calendrier des Mayas, "L'crémier d'Saint-Piat" (2012) dresse le portrait attachant d'un de ses petits commerçants de quartier qui ont tendance à disparaître et qui était son "presque" voisin, "Ode à l'Tournay" (2005), célèbre le breuvage mis au point par la brasserie de Templeuve. Personnellement, j'ai apprécié "Scieince-Fictieon", un texte écrit au lendemain de la diffusion par la RTBF d'une émission spéciale (très spéciale) annonçant la sécession de la Flandre, une chanson dressant avec une touche humoristique les conséquences tragi-comiques pour notre Wallonie Picarde. 

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Tantôt tendre, tantôt caustique, humoriste dans l'âme, Pierre Vanden Broecke qui confesse ne pas être un poète puise, dans la vie quotidienne, ces petits faits qui, mis en musique, surprennent et ravissent les auditeurs. Renouvelant sans cesse son répertoire, il continue à nous surprendre.

Tout comme il le fut pour la grande Procession, le chansonnier tournaisien a également été à l'origine de l'exposition consacrée au cent ans du Cabaret en la Maison de la Culture et les auditeurs de Vivacité l'entendent très souvent, le lundi soir, dans l'émission "Hainaut Rachennes" d'Annie Rak, elle aussi tournaisienne (NDLR : voir l'article que nous lui avons consacré).

 J'sus bin seûr qu'i-va ête saisi pa l'initiale de m'préneom au bas d'ceul artique pasque cha fait des ainnées que c'brafe garcheon quançqu'i-m'rinconte, i-m'appelle... Patrick !

(documents photographiques datant de 1995 et 1997 tirés du "Courrier de l'Escaut" avec mes remerciements à Jean-Paul Foucart pour sa collaboration, photo récente : collection P. Vanden Broecke).

S.T. juillet 2016.

 

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