25 juil.
2016

Tournai : évolution de la ville lors des dernières décennies (3)

Les années septante.

Il y aurait beaucoup à dire à propos de cette décennie et il est donc nécessaire de faire un choix en vous renvoyant aux articles plus détaillés parus dans la série "l'année 1970... sous la loupe" et autres dates que vous pouvez consulter en allant dans la case "Rechercher". 

Les défis politiques.

Deux majorités vont gouverner la ville durant ces dix années, la première PSC-PRL issue des élections de 1970 et la seconde PS-PSC élaborée à la suite du scrutin de 1976. 

La première se penche enfin sur les grands dossiers qui empoisonnent la vie des Tournaisiens depuis la fin de la guerre : l'élargissement de l'Escaut afin de le porter à un gabarit permettant le passage de péniches de 1.350 tonnes, l'avenir de la salle des Concerts, de l'école Marvis et de l'église Sainte-Marguerite. L'ampleur des dégâts engendrés par le premier dossier le renverra à la majorité suivante, on hésite, en effet, entre contournement et élargissement en site propre avec des conséquences incommensurables pour les personnes expropriées et un coût allant de 1 à 3 milliards de francs de l'époque (soit 745.000 euros !). Pour les trois autres dossiers, on décide également de ne pas... décider. Après son élection, en 1976, Raoul Van Spitael n'optera pour aucune des deux solutions mais préconisera l'alternat pour le passage des péniches dans Tournai, une solution sage et économique (plusieurs milliards économisés) qui soulageait les Tournaisiens et surtout les commerçants dont on avait encore le souci à l'époque au moment de prendre d'aussi importantes décisions qui auraient concerné des centaines de personnes et autant d'immeubles pendant de très nombreux mois. 

1973 Avenue de Maire.JPG1973 Boulevard de Nerviens.JPG

 

Les années soixante ont vécu et le rêve d'un avenir sans un seul nuage s'évanouit rapidement . La guerre au Moyen-Orient de 1973 ramène les incertitudes et... les dimanches sans voiture en raison des difficultés d'approvisionnement en pétrole. Si l'arrondissement de Tournai compte encore 3.210 entreprises procurant 36.340 emplois, le chômage revient, peu à peu, occuper le paysage économique. 

Dans les hémicycles communaux on s'interroge à propos du projet du Ministre Michel qui souhaite fusionner les communes. Dans les villages, la colère gronde, les manifestations se multiplient. Un homme initialement fermement opposé au projet deviendra néanmoins le bourgmestre de Tournai et pour longtemps... il a pour nom Raoul Van Spitael, (ancien bourgmestre de Kain).

 

La Maison de la Culture.

 

1970 Tournai  fondations Maison de la Culture.jpg

 

1971 Tournai construction Maison Culture.jpg

Une année à peine sépare ces deux documents photographiques (1970-1971).

Au début de la décennie, un chantier attire l'attention sur la plaine des Manœuvres, celui de la "Maison de la Culture" dont les spectacles ont lieu, jusqu'alors, en la Halle-aux-Draps. Trois hommes vont marquer la naissance de cet outil culturel indispensable pour la cité des cinq clochers : le bourgmestre Hachez, le professeur de l'Athénée Royal Jean Laitat et Norbert Gadenne qui en sera le Président. Deux salles de spectacles, deux halls pour expositions, un foyer pour artistes en résidence, une bibliothèque et les studios de No Télé vont meubler ce bâtiment que Tournai attendait depuis la disparition de son théâtre suite aux bombardements de 1940.

 

La Royale Compagnie du Cabaret Wallon Tournaisien.

1975 Cabaret Wallon Tournaisien.jpg

De gauche à droite : (en haut) Max François - Louis Urbain - Marcel Roland - Lucien Jardez - Jean Leclercq - Anselme Dachy - André Dupriez  et Charles Ghio  (en bas) Edmond Roberte - Albert Coens et Ghislain Perron.

Une société philanthropique a le vent en poupe depuis trois décennies, la Royale Compagnie du Cabaret Wallon Tournaisien compte de plus en plus de membres-sympathisants qui se retrouvent pour les petits cabarets d'abord organisés au café Central et ensuite en la salle de l'étage de la Halle-aux-Draps ou pour la Fête de la Chanson Wallonne. Quant à "l'Orvue de l'Kermesse", elle est jouée de septembre à la Toussaint et vue par des milliers de spectateurs. Malgré les nombreuses prestations et les répétitions, les chansonniers trouvent quand même le temps de sacrifier aux traditions tournaisiennes tel le jeu de boule carréaulé, prétexte à un souper aux petits légumes de Kain arrosé de bonnes crasses pintes (comme on dit chez nous)

 

Un hiver glacial.

1979 Tournai hiver glacial (1).jpg

L'hiver 79-80 restera dans toutes les mémoires. Il débuta le samedi 30 décembre par une chute brutale de la température et d'importantes chutes de neige avec formations de congères. Rapidement, l'Escaut sera envahi par les glaces en raison des températures nocturnes frôlant les -20°. Il faudra attendre la dernière semaine de janvier pour retrouver des conditions météorologiques plus en rapport avec la saison hivernale dans nos régions. Cette fois encore, on avait connu des dimanches sans voitures, à la place des véhicules automoteurs, on voyait circuler des traîneaux et des skieurs !. 

 

Des changements se dessinent !

Si on excepte la reconstruction de la ville qui a duré près de vingt ans, peu de projets d'avenir sont apparus durant les deux dernières décennies (cinquante et soixante). L'Administration communale se caractérise par une sorte d'immobilisme, d'attentisme, elle semble vivre sur ses acquis. L’asphaltage de la Grand-Place peut être considéré comme le point d'orgue des réalisations, c'est bien mais c'est peu. A la veille des années quatre-vingt, des projets sont dans les cartons : l'aménagement du rond-point de l'Europe et l'édification de la fontaine, la construction de la fontaine de la place Crombez, la nouvelle configuration de la rue Royale qui eut autant de partisans que de détracteurs, la création du piétonnier de la Croix du Centre et de sa fontaine au carrefour formé par le croisement des quatre rues qui le composent, la rénovation de la Salle des Concerts et le transfert du Conservatoire, l'apparition d'une Auberge de Jeunesse...

1979 Tournai le quai Notre-Dame.jpg

 

 

 

 

1969 Tournai  rue Gallait.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

1969 Tournai rue de la Cordonnerie.jpg

Pour en terminer avec les années septante voici quelques coins de Tournai tels qu'ils apparaissaient à cette époque : le quai Notre-Dame, la rue Gallait, la rue de la Cordonnerie et la Porte Marvis.1978 Tournai Porte Marvis (2).jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

1975 Tournai vue aérienne.jpg

 

(sources : documents photographiques tirés de la presse locale "le Courrier de l'Escaut" et le "Nord-Eclair". Remerciement pour sa collaboration à Jean-Paul Foucart).

S.T. Juillet 2016

Les commentaires sont fermés.