18 juil.
2016

Tournai : évolution de la ville lors des dernières décennies (2)

Les années soixante.

1960, quinze années nous séparent de la fin de la guerre et, si on excepte l'ancienne école située à la rue du Becquerelle dont le terrain vague va subsister jusqu'à la construction du commissariat de police en 2003, les années soixante vont voir rapidement disparaître les dernières ruines résultant des bombardements. 

Les Maisons Romanes.

Au n°10 et 12 de la rue Barre Saint-Brice, Tournai peut s'enorgueillir de posséder les plus importantes et les plus complètes maisons de l'époque romane encore visibles dans le Nord de l'Europe. Hélas, au début des années soixante, il ne subsiste qu'un squelette de ces immeubles, témoignage de la splendeur de la cité au XIIe siècle.

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Quelques années plus tard, elles seront restaurées. Elles abritent désormais le temple du culte protestant.

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Les grands chantiers.

Cette décennie voit de grands travaux réalisés en ville et notamment un premier élargissement de l'Escaut qui nécessite de remodeler le visage des quais. Les documents photographiques représentent le quai Vifquin en 1960 et le quai du Luchet d'Antoing en 1964.

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Ces photos préfigurent-elles ce que Tournai va, à nouveau, subir dans le cadre de l'élargissement de l'Escaut ?

Le développement du commerce local

Les premières grandes surfaces font leur apparition. Le magasin "Sarma", déjà établi à la rue Soil de Moriamé avant-guerre, n'est plus seul, il y a aussi "Unic" qui a intégré les anciens magasins "A la Vierge Noire", au carrefour du Dôme, et, dès 1962, dans la rue de la Tête d'Or, on voit s'élever le "Grand Bazar". C'était une époque où les grands magasins attiraient du monde en ville au bénéfice également du petit commerce local.

Un nouvel hôpital.

En 1968 débutent les travaux du nouvel Hôpital Civil au boulevard Lallaing. Ceux-ci nécessitent la destruction d'une partie des bâtiments existants et la disparition de l'imposant escalier emprunté par des générations de visiteurs.

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En 1966, on procède notamment aux réfections de la rue Blandinoise, de la chaussée de Renaix et à la création d'une nouvelle voirie, l'avenue Delmée qui desservira la toute nouvelle clinique Notre-Dame.


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Sur la Grand-Place, entre la droguerie "Au Gros Chien" et l'Hôtel de l'Europe, des panneaux publicitaires masquent le terrain vague du site des Douze Césars.

La salle des Concerts.

Hélas, un bâtiment semble oublié par tous, personne (et surtout pas l'autorité communale) ne se penche sur le sort de la salle des Concerts. A l'extrémité de la place Reine Astrid, celle-ci présente un tel état de délabrement qu'il fait même craindre sa démolition. Un promoteur voudrait même y ériger une tour pour bureaux et appartements. 

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1967-2006 Trente-sept années séparent ces deux photos ! En 2014, de nouveaux travaux de rénovation ont été entrepris et sont toujours en cours.

Le Tour de France.

Pour les sportifs et principalement les amateurs de cyclisme, l'année 1966 sera marquée par la première arrivée du Tour de France dans la cité des cinq clochers. Au terme de la 2ème étape dont le départ a été donné à Charleville, le coureur belge Guido Reybroeck remporte, sur le boulevard Bara, (juste en face de la maison que j'habitais à l'époque) un sprint royal devant Jan Janssen et Ward Sels.

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Le soir, sur la plaine des Manœuvres, des milliers de personnes se rassembleront, au pied du podium d'Europe1 pour assister aux prestations de l'orchestre les Haricots Rouges, de l'imitateur André Aubert et d'Annie Cordy.

 

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Une autre vedette de la radio ne passera pas inaperçu à cette occasion, le Tournaisien Luc Varenne est heureux de retrouver sa ville natale.

 

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Le lendemain, une première demi-étape disputée contre la montre par équipes verra les Hollandais de l'équipe Télévizier, de véritables spécialistes, l'emporter.

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A treize heures, les coureurs s'élanceront de la Grand-Place pour rejoindre Dunkerque ou un autre Hollandais, Gerben Karstens s'imposera. 

Quelques jours plus tard, la plaine des Manœuvres aura retrouvé sa quiétude et on pourra, à nouveau, voir le berger Antoine Clam promener son troupeau 

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Les années soixante étaient celles des espoirs les plus fous, c'était l'époque du plein emploi, du développement économique, de la musique yé-yé qu'on écoutait sur les premiers transistors. Elle était celle de "Salut les Copains" et de l'apparition des petits dancings familiaux comme "l'Abbaye" à la chaussée de Lille. Il y avait toujours la salle "Provence" et le "Roi des Radis" à Kain. Les jeunes n'avaient pas besoin d'être sous influence de produits illicites ou d'alcools forts pour apprécier les groupes comme "Rock Crosy", les "Polaris", les "Skeltons", "Gil Sey" ou autres. Les personnes âgées (re)découvraient les opérettes en la Halle-aux-Draps où elle applaudissaient Luis Mariano, Rudy Hirigoyen, Toni Poncet... Les tournées Karsenty amenaient de nombreuses pièces de boulevard fort prisées du public tournaisien, on ne vivait pas encore l'époque de l'actuel snobisme culturel prôné par certains pour qui le rire est trop populaire, voire vulgaire. Les cirques visitaient encore la plaine des Manœuvres que ce soit "Althoff", le "Grand Cirque de France", "Tony Boltini" ou "Bouglione". A Templeuve, au Circuit des Frontières, le public tournaisien se déplaçait en masse pour admirer un jeune coureur cycliste pétri de talent, il avait pour nom "Eddy Merckx". Accueillis dans un petit bureau annexe de la Halle-aux-Draps, encore indigne d'une cité qui voulait développer son tourisme, les premiers visiteurs étrangers arrivaient dans la cité des cinq clochers surtout lors des "Journées des Quatre Cortèges" organisées, en juin, par les Amis de Tournai ou pour la "Grande Procession historique" de septembre. En mai et en septembre, la kermesse se tenait dans ce magnifique écrin qu'est la Grand-Place et attirait, chaque jour, les amateurs de sensations fortes, de croustillons, de gaufres ou de loteries, quelques semaines durant lesquelles les cafetiers réalisaient les meilleur recettes. Le lundi de la kermesse de septembre, la foule répondait présente sur la place Crombez pour l'envol du ballon, tandis que, sur la place Verte, les luttes de balle-pelote étaient suivies par des centaines de fans de la petite balle blanche, les équipes venaient de Chapelle, Wangenies, Gilly et les héros avaient pour noms Casaert, Coart... Un nouveau sport avait vu le jour et ses adeptes se donnaient rendez-vous sur la place de Lille au "Bowling" tenu par Jacques Wuillot. Des plaisirs sains qui, hélas, aujourd'hui ne sont plus de mise. 

(Sources : documents photographiques extraits de la presse locale "Courrier de l'Escaut" et "Nord-Eclair" et collection personnelle de l'auteur. Je remercie Jean-Paul Foucart pour sa collaboration).

S.T. juillet 2016.  

Commentaires

Ca doit te prendre du temps pour faire de tels articles bien documentés. Bravo! Passe une bonne fin de semaine, et une bonne fête nationale. A bientôt Serge.

Écrit par : Un petit Belge | 20/07/2016

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