04 mars
2016

Tournai : la mobilité en question !

A notre époque, se déplacer en ville autrement qu'à pied relève parfois du parcours du combattant. On circule mal et aux heures de pointe, on ne circule pas du tout, on rencontre des problèmes pour stationner, on doit faire face à de nombreux chantiers, bref, on a envie de fuir la ville et... ses commerces.

Tournai n'échappe pas à la règle, la ville est envahie par les automobiles, les camions, les transports en commun et y trouver une place pour stationner relève d'un coup de chance comparable aux possibilités de faire un six au Lotto.

Depuis des années, des spécialistes de la mobilité ont cru trouver des systèmes pour assurer la fluidité du trafic et le stationnement des véhicules. Hélas, on semble n'avoir trouvé que des solutions bancales portant en elles de futurs problèmes.

Quelle est la situation aujourd'hui dans la cité des cinq clochers ?

Le code de la route stipule que la vitesse des véhicules est limitée à 50km/h à partir du panneau reprenant le mot "Tournai" sur fond blanc jusqu'au moment où on rencontre un même panneau barré de rouge. La vitesse est donc limitée sur toutes les voies d'accès à la ville (chaussée de Lille depuis la sortie d'Orcq, chaussée de Douai dès la sortie d'Ere, chaussée de Lannoy dans la suite de la traversée de Froyennes, chaussée de Renaix depuis la Verte-Feuille, chaussée de Saint-Amand à partir de la clinique IMC ou chaussée d'Audenarde dès la traversée du village de Kain jouxtant la ville ...). Une voie d'accès fait exception à la règle, l'avenue de Maire (chaussée de Courtrai) où des panneaux autorisent d'y rouler à un vitesse limitée à 70km/h jusqu'au rond-point de l'Europe. Combien de conducteurs respectent cette injonction ? Il n'est pas rare de voir des automobilistes jouer à "saute-mouton" en slalomant entre les véhicules pour gagner une ou deux places. Conduite arrogante de gens immatures, diront certains, attitude déplorable de gens pressés partant trop tard pour un rendez-vous, répliqueront d'autres !

Tous les boulevards formant la ceinture de Tournai sont limités à 50km/h, une large frange de conducteurs connaissant pourtant bien la ville feint ignorer cette obligation, tandis que les conducteurs étrangers considèrent qu'ils peuvent y rouler comme on le ferait sur un périphérique.

Dans peu de temps, une limitation généralisée à 30km/h va concerner l'entièreté des rues de la ville, le panneau ad-hoc et le marquage au sol qui ont été placés à chaque entrée de ville n'attendent plus que l'avis de la Région Wallonne confirmant cette décision prise en conseil communal, à la fin de l'année 2015. La presse nous annonce l'entrée en vigueur de cette mesure vers la mi-mars.

Attention, cette limitation ne sera pas d'application dans certaines rues du quartier cathédral qui sont déjà et resteront limitées à 20km/h. Il s'agit là d'un espace partagé avec les modes de déplacement doux (piétons, vélos...). On pense notamment à la rue de l'Hôpital Notre-Dame. Elle n'annulera donc pas ce qui existe !

La voirie intra-muros.

Ceux qui empruntent quotidiennement les rues de la cité des cinq clochers l'ont constaté, le revêtement pavé, parfois en mauvais état, truffé d'affaissements ou de nids de poule, n'incite guère à la vitesse, principalement ceux qui sont soucieux d'éviter des dégâts à leur véhicule. On pense notamment à la rue Saint-Martin, à la Grand-Place, au quai Sakharov, à la placette aux Oignons, à la rue Royale, à la rue de la Madeleine ou encore des Jésuites. Cela n'empêche pas certains automobilistes d'essayer de "voler" par-dessus les pavés et, en raison de leur vitesse, refuser la priorité aux piétons engagés dans un passage protégé.  

Depuis la prise de pouvoir de l'automobile, on a perdu de vue qu'une ville est avant tout un lieu de rencontres, de promenades, de flânerie, un lieu où on peut faire du shopping ou du tourisme à l'aise. Pour l'attractivité du centre-ville, il est grand temps que le piéton en reprenne possession tout en se sentant en sécurité.

Il est temps que les véhicules de transit cèdent la place aux personnes qui souhaitent véritablement se rendre au centre-ville

Les rues suivantes ont été mises en mode piétonnier : le parvis du beffroi, la rue des Chapeliers, la rue de Paris, la rue Soil de Moriamé, l'esplanade de la place Paul-Emile Janson, une partie de la place Saint-Pierre, la ruelle d'Ennetières ont rejoint le piétonnier appelé jadis de la "Croix du Centre", c'est-à-dire la rue Gallait, la rue de la Cordonnerie et la rue des Puits Wagnon. C'est donc le véritable cœur commercial et touristique de Tournai qui est ainsi offert aux promeneurs.

Ces rues sont accessibles entre 5 et 10h, le matin, pour l'approvisionnement des magasins et les emplacements de parking y ont été effacés. Il n'est cependant pas rare de tomber nez-à-nez avec des véhicules qui y circulent ou de voir d'autres stationner, sans vergogne, en dehors des zones prévues à cet effet. Les automobilistes profitent de la non-remontée de l'un ou l'autre potelet destiné à fermer la rue (parfois même détruits par ceux qui veulent forcer le passage) pour se faufiler et jouer les innocents lorsqu'ils sont pris en flagrant délit.

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Hélas, les commerçants tournaisiens n'ont pas compris qu'ils avaient été à l'origine de leur malheur actuel, le jour où ils ont sollicité l'échevin d'alors afin de trouver une solution à la problématique des nombreuses "voitures-ventouses" qui stationnaient durant toute la journée face à leur magasin. La solution fut rapidement trouvée, pour une meilleure rotation des véhicules, on instaura le stationnement payant limité dans le temps. Comme partout ailleurs, on vit alors fleurir les horodateurs. L'engrenage fatal était enclenché ! Le stationnement payant a repoussé les véhicules-ventouses vers les autres rues de la ville au grand dam des riverains qui ne trouvaient plus de place pour stationner leur véhicule à proximité de leur habitation. On a donc créé la "zone bleue" tentaculaire qui s'est étendue progressivement jusqu'à la ceinture des boulevards.

Comme on a donné aux riverains la possibilité d'acheter une carte afin de pouvoir stationner, en toute impunité, durant toute l'année près de chez eux (à condition qu'ils y trouvent une place de libre), comme on a étendu cette possibilité aux personnes travaillant en ville, comme on a multiplié les emplacements réservés aux personnes à mobilité réduite (et ce n'est qu'une juste décision), on s'est vite retrouvé devant le problème initial ! A la seule différence que des agents d'une firme privée parcourent désormais les rues de la cité, du matin au soir, afin de placer délicatement une "taxe" de 15 euros par demi-journée aux distraits qui ont "oublié" d'approvisionner le bandit-manchot ou de placer leur disque derrière le pare-brise.

tournai, circulation, stationnement, horodateurs, Pendant ce temps, aux confins de la ville, à l'Ouest comme à l'Est, on a vu se développer des zones commerciales périphériques qui sont entrées en concurrence directe avec le petit commerce du centre-ville. La clientèle y trouve de vastes parkings gratuits à deux pas du lieu de ses achats. Faut-il encore aller tourner dans la ville afin de trouver une place pour garer son véhicule ? Faut-il encore stresser en regardant sa montre pour ne pas dépasser le temps autorisé de stationnement ? Faut-il augmenter le budget consacré aux commissions de quelques euros qui vont enrichir une caisse communale qui nous taxe déjà au maximum de ce qui est permis. Dans une période crise, chacun regarde au petit bénéfice et délaisse le commerce du centre-ville qui périclite.

Conclusion.

La mobilité est un problème. Tant que l'homme n'aura pas compris qu'on lui a donné deux jambes pour marcher, tant qu'on n'aura pas construit des parkings de dissuasion gratuits aux abords de la ville, tant que de lourds véhicules continueront à traverser la ville au lieu de la contourner, tant que les TEC poursuivront leur politique de faire passer des bus articulés dans des rues qui ne sont pas prévues pour un tel charroi, tant que nos gestionnaires communaux ne se rendront pas réellement compte du problème dans son ensemble, tout ce qui est relevé dans cet article restera, hélas, d'actualité.

S.T. mars 2016.

16:19 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : tournai, circulation, stationnement, horodateurs |

Commentaires

Ta conclusion est très juste. Bon Carnaval de Tournai si tu y participes.

Écrit par : Un petit Belge | 06/03/2016

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