26 févr.
2016

12:19

Tournai : expressions tournaisiennes (350)

Tirer les conclusieons !

Ov'là d'jà l'treos chint chinquantième luméreo d'expressions tournaisiennes. Adeon, cha fait près d'siept ainnées que j'viens ainsin vous parler, tous les saim'dis, du patois d'no cité.

Aujord'hui, pou fiêter ceul évén'mint, j'vas ichi vous confier ein secret jusqu'asteur bin wardé, j'sais bin que cha va faire perte bin des illusieons à des gins, ein peu comme quanç'qu'on anneonche à ein infant que Saint-Nicolas ch'est no mopère et no mamère : Edmeond et Fifinne i-n'existent pos, i-seont seul'mint l'âme des vrais Tournisiens, d'ces ménaches qu'on rinconte aux quate coins de l'ville toudis in fiête ou bin, quanç'que cha n'va pos, tirant l'tiête. Des gins tout simpes qui save'tent c'que ch'est l'meot ouvrer, des gins qu'on intind berler dins l'ruache quanç'qui seont débaltés, des gins qui save'tent acore rire plein leu panche, des gins qui vive'tent insanne leu vie intière et des gins qui ont l'cœur su la main et qui donnereot'ent leu quémisse à ein pus malhureux qu'eusses, aux paufes qu'i-n'ont rien.

Les perseonnes du bieau meonte les ravise'tent alfeos d'travers pasque : "Mon Dieu, ma chère, quand ils parlent, ils l'entassent, ils rient pour des riens et leur parler est vulgaire !".

Ahais, ch'est comme cha qu'on dépeint ces gins-là. On veot toudis l'palle dins l'ouel de s'visin et pos l'patinse qu'on a dins l'sien.

On a tertous, ein jour, connu dins no rue ou no rulette, des Edmeond et des Fifinne, mi j'in conneos bramint et à eusses comme aux eautes j'ai tindu la main. Ch'est à leu maseon que j'ai été querre l'matière prumière pou mes artiques du saim'di.

Adeon, aujord'hui, Edmeond et Fifinne i-veont s'ortirer su l'pointe des pieds, i-veont partir comme i-seont v'nus tout à n'ein queop. In lisant les commintaires de m'blog, i-ont vu que l'histoire de leu vie n'attireot pus l'attintieon des gins. Edmeond i-m'a dit :

"Je pinse qu'on comminche tout douchett'mint à foute l'barpe à tes lecteurs, orwette i-n'in a pus ein qui laiche ein commintaire quanç'que te parles d'nous eautes".

J'n'ai pos voulu li deonner raiseon, mais ch'est vrai, j'l'aveos ormarqué d'puis belle lurette. Comme li, j'creos que l'fichelle elle est usée. Pourtant i-a d'puis lommint eine lectrice qui m'écrit des commintaires directemint su l'adresse mail et ein eaute qui m'écriveot qu' i-aveot bin du lari quanç'qu'i-pouveot lire cha, dins l' après-deîner, l'saim'di. Bin souvint, les meots utilisés pa Edmeond et Fifinne ameneot'ent l'raminvrance de ceusses intindus, pa ces gins, chez des amisses et connissances, dins leu jeune temps. Ch'est in pinsant à eusses deux que j'ai continué à aller vir Edmeond et Fifinne pindant l'sémaine.

J'aveos imaginé que dins l'blog "Visite Virtuelle de Tournai", ch'éteot pétête important d'savoir commint les gins parleot'ent dins no cité. Les statistiques elles seont là, "expressions tournaisiennes" est l'artique qui est l'pus "snobé" des deux ou treos qui seont écrits chaque sémaine. Alfeos, Skynet oblie même de l'anneoncher pasqu'i-s'méfie du texte que l'ordinateur de service i-n'comprind pos !

A l'plache, j'ai décidé d'm'erposer et j'vas aller m'pourméner ave des amisses pou vir les bieautés d'no cité avant qu'elle ne soiche évintrée !

Je dédie ces trois cent-cinquante numéros d'expressions tournaisiennes à René Godet, membre de la Royale Compagnie du Cabaret Wallon Tournaisien, qui m'a amené à apprivoiser notre patois et qui m'a encouragé à participer au concours Prayez. Amoureux de notre parler, il savait soutenir les particuliers qui le défendaient sans jamais les snober !

(lexique : ov'là : voilà / l'luméreo ou l'liméreo : le numéro / adeon : donc / siept : sept / ceul : cet / asteur : maintenant / wardé : gardé / quanç'que : lorsque / l'mopère : le père / l'mamère : la mère / les ménaches : les ménages / quate : quatre / toudis : toujours / simpes : simples / ouvrer : travailler / berler : crier / l'ruache : le quartier / débaltés : déchaînés / rire plein s'panche : faire bonne chère à rire / insanne : ensemble / l'quémisse : la chemise / eusses : eux / les paufes : les pauvres / l'meonte : le monde / raviser : regarder / alfeos : parfois / ahais : oui / vir l'palle dins l'ouel du visin et pos l'patinse qu'on a dins l'sien : voir la paille dans l'œil du voisin et pas la poutre qu'on a dans le sien / l'rulette : la petite rue, la ruelle /  bramint : beaucoup / querre : chercher / les artiques : les articles / s'ortirer : se retirer / tout à n'ein queop : tout à coup / commincher : commencer / foute l'barpe : barber / orwettier : regarder / laicher : laisser / ormarquer : remarquer / l'fichelle : la ficelle / lommint : longtemps / avoir bin du lari : avoir bien du plaisir / l'raminvrance : le souvenir / pa : par / pétête : peut-être / anneoncher : annoncer / l'plache : la place / s'erposer : se reposer / pourméner : promener / elle ne soiche : elle ne soit).

S.T. février 2016.

12:19 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : tournai, patois, picard |

24 févr.
2016

16:11

Tournai : la lente évolution de la rue de l'Yser

2016.02 rue de l'Yser (2).jpgAu centre-ville, la rue de l'Yser, une voirie pavée en pente relativement prononcée relie la Grand-Place à la rue Tête d'Argent. D'une longueur d'environ deux cents mètres, depuis bien longtemps, elle fait partie des rues commerçantes de la cité des cinq clochers. Actuellement, elle tente de survivre à la crise. Contrairement à ses consœurs situées dans le quartier cathédral, elle n'a pas été directement impactée par les chantiers qui ont chassé le client vers les zones commerciales périphériques. La problématique du stationnement payant avant tout et la concurrence des magasins installés à Froyennes ou aux Bastions ont certainement été à l'origine de la désertification commerciale puisqu'à l'heure actuelle, près de 50% des commerces qui la bordent sont à remettre.

Un peu d'histoire.

Jusqu'à la fin du premier conflit mondial, elle portait le nom de rue de Cologne. L'historien Hoverlant avait avancé l'hypothèse que cette appellation lui était venue du fait que des marchands originaires de la ville allemande s'y étaient établis dans le courant du XIIe siècle. Toutefois, dans des actes du XVe siècle, on évoque des maisons sises rue de Coullongne et au XVIIe siècle, elle y est nommée rue de Couloigne. Son nom provient plus probablement d'une puissante famille tournaisienne. Au couvent des frères Mineurs, au quai Taille-Pierre, se trouvait la sépulture de Johan de Coulongne le Spanier nous révèle Bozière.

En 1452, trois Normands, se disant fabricants d'anneaux de cuivre, louèrent une chambre à l'hôtellerie de la Rose qui se trouvait dans la rue de Coullongne. Il s'avéra que les trois hommes étaient surtout des fabricants de fausse monnaie. Condamnés, ils souffrirent les pires supplices. L'un d'entre eux, nommé Gérard, fut bouilli dans une chaudière posée sur un four de maçonnerie, au près à Nonain, les autres subirent la même peine à Maire et à Bruges.

En 1625, un nommé Jean Gérard y acheta une maison à l'enseigne du "Chevalier Rouge".

La porte Ferrain est une des sept portes de la seconde enceinte de la ville. Elle était située au bas de la rue de Coulogne, près d'un puits. Ses deux tours servaient à la fois de prison et de magasin renfermant la provision de blé de la ville.

Tournai rue de l'Yser 7  cartouche tour Ferrain.jpgDeux cartouches présentes sur la façade du numéro 7 de la rue de l'Yser rappellent laTournai rue de l'Yser 7 cartouche Hurlu arbalétrier.jpg présence de celle-ci mais aussi du fossé ou s'entrainaient les Arbalétriers situé à hauteur de l'actuelle rue Perdue.

En 1539, le gouvernement demanda aux Consaux de faire démolir la porte Ferrain. Cette démolition eut lieu quelques années plus tard.

 

 

Vers 1838, nous dit Bozière, vivait en cette rue un jeune tapissier du nom de Ficher, sa passion pour la musique et son talent pour la composition en firent un des compositeurs distingués dans le domaine de la musique sacrée. Ses messes chantées remportèrent de nombreux succès lors de leur interprétation en la cathédrale, hélas elles tombèrent dans l'oubli avec la mort prématurée du jeune homme.

Un fait divers tragique marqua l'histoire de la rue de Cologne. il se déroula le 17 mais 1892. Au n°34 se trouvait la teinturerie de Georges Sachse-Spatz. Vers 15h30, une violente explosion détruisit le bâtiment provoquant la mort du propriétaire et brûlant gravement deux aidants. Ceux-ci furent transportés chez le bandagiste Dechaux qui les soigna en attendant l'arrivée d'un médecin. (voir le récit de ce fait divers dans l'article : "Ce jour-là, le 17 mai 1892" paru sur le blog en date du 12.3.2014, pour y arriver, il suffit de taper le titre dans la case "recherche" située dans la colonne de droite).

Parlant de la rue de l'Yser, au milieu du XIXe siècle, Bozière la décrivait comme étant bordée de beaux magasins affectés plus particulièrement à la vente des étoffes de luxe, de lingerie et au commerce de quincaillerie.

 

Les commerces au XIXe siècle !

Peut-être Bozière a-t-il connu ces maisons réputées à l'époque qu'étaient Le Magasin du Timbre économique jaune au n°1, Le coiffeur pour hommes et dames Jean au n° 7, l'imprimerie et lithographie Rimbaut-Tricot au n° 12, la Maison H.Dechaux-Dechaux, bandagiste et aiguiseur de rasoirs et de ciseaux au n° 13, le coiffeur, posticheur et parfumeur Charles Bouchart au n°14, l'école professionnelle de Coupe et Couture pour Dame tenue par Mme Carbonnelle au n°15, la Poêlerie du Hainaut J. Bayet-Monnier, la Maison Vilers et Clotilde Dupré, épicerie, au n°28, la Maison Hennart-Derasse, soieries, fourrures, dentelles au n° 30, l'ancienne Maison Veuve Pottiez- Georges Hartung aussi reprise sous le nom de M. Vaernewyck-Jeuniaux, fabrique de couronne en métal, perles, porcelaine ou fleurs artificielles au n° 31, la teinturerie à vapeur Sachse-Spatz au n°36, le chausseur Bonnier au n°40. Pratiquement toutes ces enseignes ont disparu durant la première partie du XXe siècle.

Un nouveau départ.

Après le second conflit mondial, on reconstruisit tous les immeubles, en effet, il ne restait plus une maison debout après les bombardements allemands de mai 1940.

Durant le XXe siècle on vit apparaître, au fil des ans, de nouvelles enseignes :  les meubles Marlier-Lechantre,(maison détruite lors des bombardements), les vins et spiritueux de la Maison Guillaume au n°31, le traiteur Cobut, la Maison G. De Meire spécialiste du textile au n°42, le magasin de tissus Ryckaert au N°6-8, la Maison G. Delacenserie, sanitaires, au n°19,  les chaussures Tivoli, la Ganterie et Chemiserie Bruxelloise, la teinturerie Vitaneuf au n°13, la Maison Favot, spécialiste des articles en cuir qui fut occupée après sa fermeture par une magasin d'articles cadeaux lui aussi disparu, le magasin de chemises, le bureau du journal publicitaire A-Z, le café Le Moderne, Pipabulle, magasin pour enfants, Expo-Place, le magasin Elity, l'agence de Voyages Laurent, le Sony-Center Gillot, la décoration Spiridon, la librairie de la Place, le magasin Geneviève Lethu, la Centrale des Viandes, une fleuriste, la Boutique Francine, la lustrerie. Il y avait toujours l'armurerie Hauvarlet au n°1 et la poêlerie Bayet-Monnier au n°28. Air du temps, on vit même s'ouvrir, il y a déjà plus d'une décennie, une maison de rendez-vous coquins baptisée le "Mirroir du Temps" (sic !) un lieu qui défraya un jour la chronique lorsqu'une personne tira un coup de feu dans la vitrine, heureusement, sans faire de victime. Client insatisfait, conjoint trompé ou concurrent dépité, le fait divers a jusqu'ici conservé son secret ! Toutes ces maisons ont disparu.

Depuis sa rénovation qui date des années quatre-vingt, la rue de l'Yser accueille, au cours d'un dimanche du mois de septembre, la "braderie des enfants".

2016.02 rue de l'Yser (1).jpgA l'heure actuelle, parmi la petite trentaine de commerces qui y avaient jusqu'alors pignon sur rue, une douzaine de ceux-ci sont fermés et certaines vitrines sont même louées pour faire de la publicité, entretenir une impression de dynamisme et, surtout, ne pas donner un aspect abandonné si néfaste pour les maisons voisines. On sait qu'au point de vue économique, le vide appelle le vide ! Il reste encore trois restaurants, une brasserie-friterie, un snack, une agence de tiercé, une crêperie, un magasin de vêtements de seconde main pour dames, une imprimerie sur tissus, une enseigne très connue de vente de laine, deux magasins d'articles de fantaisie, une agence de voyages, un magasin de confection, un magasin de sacs et sacoches et l'inévitable magasin de nuit... mais, ce qui est vrai aujourd'hui ne le sera peut-être plus demain !

(sources : "Tournai, Ancien et Moderne" de A-F-J Bozière, ouvrage paru en 1864 - "Tournai sous les bombes" d'Yvon Gahyde, ouvrage paru en 1984 - la presse locale "Le Courrier de l'Escaut" de 1892, les programmes du Royal Théâtre Wallon Tournaisien des années 1904, 1912, 1923, 1934, 1935 et 1964 - recherches personnelles. Les documents photographiques sont de Mme R. Rauwers réalisés en  février 2016).

20 févr.
2016

17:34

Tournai : dernières nouvelles : effondrement !

Nous nous réjouissions lorsque la presse nous a annoncé, cette semaine, que la façade néo-classique de la librairie Lenglez, sur la place de Lille, serait conservée. Et effet, depuis ce jeudi, elle se dressait, munie d'un étançon, comme un dernier témoin des deux maisons qui se situaient, au pied de l'église Sainte-Marguerite, depuis bien longtemps.

Hélas, passant sur la place, ce matin, on a pu constater que les rafales de vent de cette nuit avaient eu raison d'elle et qu'il n'y avait plus, à la place, qu'un mont de gravats.

Durant l'après-midi, les techniciens de la firme "Technord" sécurisaient les lieux en ce qui concerne les différents câbles qui couraient tout le long de cette façade.

Voilà un événement qui va simplifier la reconstruction de l'ensemble !

Mais pourquoi cette haute façade n'était-elle étançonnée que par une poutre métallique du côté de la voie publique et non soutenue sur sa face interne ????

Rectification :

Contrairement aux bruits qui circulaient, samedi, sur le marché de la place de Lille, la façade néo-classique de la librairie Lenglez conservée afin d'être intégrée au nouveau bâtiment à construire ne s'est pas effondrée en raison du vent violent qui soufflait sur la ville mais a été démolie suite à un arrêté de police pris en urgence par le bourgmestre f.f. qui voulait absolument éviter que des passants ne soient blessés. Il est vrai que cette issue pouvait être redoutée en voyant la façon dont elle avait été soutenue, une seule poutrelle métallique dressée verticalement "semblant" l'empêcher de s'écrouler du côté de la voie publique. Moralité : on aurait bien voulu satisfaire les associations de défense du patrimoine mais... on n'a pas pu (regrets) - info du journal l'Avenir parue ce jour, 22 février   !  

L'un ou l'autre lecteur m'a transmis un mail pour me signaler le regret de voir cette façade disparaître, c'est le danger de la méthode de sauvegarde appelée "façadisme" !

S.T. février 2016.

17:34 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, place de lille, librairie lenglez, effondrement |

10:14

Tournai : expressions tournaisiennes (349)

Ein bieau p'tit ménache, eine vie (presque) sans neuache.

"Si t'veux rintrer, t'vas commincher pa ortirer tes sorlets !". Ch'est pa ses meots qu'Fifinne m'a accueilli verdi dernier. I-feaut dire que v'nant de l'rue Royale, j'éteos passé pa l'quai Saint Brice, dusqu'à causse des travéaux d'Ores, l'bédoule, su tes pieds, elle est gratis.

"Je n'vas pos rester lommint, j'n'ai pos beauqueop d'temps, Edmeond i-est là ?"

"Ahais, te vas dins l'pièche de d'vant, i-est assis dins l'fauteul, i-jeue ave l'cat, quoisque te veux, les biêtes aiment bin ête insanne".

Ch'est ainsin que, tout douch'mint, à pied d'cauchette, j'sus allé m'assir près de l'ferniête.

"Bé, te veos ichi comme j'sus arringé, Fifinne, elle est acore ein feos bin débaltée. Elle fait d'jà s'nettiache de Pâques, d'puis au matin elle n'arrête pos d'erloqu'ter. Quanç'qu'elle m'a dit qu'elle aveot b'soin de s'délicoter, j'ai bin compris que j'alleos passé eine mauvaisse journée. Elle creot que l'printemps i-est arrivé, pasque'i-n'a pus d'gélée, elle pinse que ch'est l'fin d'l'hiver, elle a intindu à l'radio qu'i-areot des vieaux d'mars qu'i-alleot'ent caire".

"Bé, on n'a pos eu d'hiver, l'prouèfe, hier su l'cassis de l'cuisine, in plein solel, i-aveot des mouques à viante et j'ai même vu eine sotérielle, après-dîner, i-aveot ein picreon dins no campe" qu'elle a dit Fifinne in passant l'wassinque inter nos gampes.

"Fais attintieon, les picreons, ch'est dingereux ces machins-là, on a dit que te pouveos attraper l'Zyrka et l'koukounia"

Je sus intervenu dins l'conversatieon pou faire eine leugère rectificatieon :

"je n'pinse pos que ch'est comme cha qu'on dit, mais ch'est pos grafe, on t'as quand même compris".

"Pou l'zirka, i-a pos d'mal, i-feaut surtout faire attintieon pou les feimmes impanch'lées et pou ti, i-a bin lommint que c'temps-là i-est oute. Et si des feos l'picreon t'foutreot aussi l'rache, chez ti, on n'va seûrmint pos vir l'plache".

Ceulle réfexieon n'a vraimint pos plu à Fifinne, comme eine inragée elle est accourue de l'cuisine :

"Comminche pa orlever tes choles, vieux bruant, si te n'veux pos avoir d l'ieau su l'bas de t'mareonne".

"Vingt milliards, après ch'est fini, on va pouvoir infin ête à no n'aisse" qu'i li a d'mindé Edmeond qui commincheot à la trouver mauvaisse.

Fifinne n'a pos répeondu et elle est partie nettier l'salle de bain.

On parleot d'puis eine beonne demi-heure quanç'que elle est arrivée nous orjointe.

"On sint bin qu'on n'a pus vingt ans, j'sus tout dégringuée".

Edmeond pou l'consoler li dit :

"I-est beon, va, l'pus greos i-est fait, asteur, te vas pourvoir d'meurer derpeos".

"L'pus greos i-est fait ! bé, j'viens seul'mint de qu'mincher !"

"Je l'sinteos, cha va 'cor ête eine pièche in siept actes et chinquante-deux tableaux? Bé, i-n'fait pos sale ichi, te n'as qu'à faire eine crute et eine sèque et l'appartemint i-s'ra comme nouvieau".

"He bé, pou in sortir eine parelle, ch'est qu't'es eine véritape pique-à-z'ouel. D'min au matin, j'va dématir les linos pasque quanç'que te traînes tes pieds, te riches tout l'orvêt'mint d'sol, et cha d'minde d'l'huile de bras pou les inl'ver"

"Bé, t'exagères toudis, i-n'a pos eine riflure su l'parquet".

"In attindant, saim'di au soir, j'vas acore ête scran pasque j'comminche à sintir m'n'âche, lindi, j'ai eine banse de linche à buer et mardi cha s'ra l'orpassache".

"Adeon, mercredi, l'ouvrache i-s'ra terminé et ainsin on pourra aller pourméner ?".

"Mercredi... j'vas faire mes glaches, on n'veot béteôt pus vir à travers pasque quanç'que t'orwettes au cassis te mets t'freont su l'vite et ch'est tout cras, on veot même l'trace de deogts. Les esperts i-devreot'ent vn'ir ichi pou inquêter, les empreintes, i-n'areot'ent pos d'misère à les orlever ".

"Bah alors, on sortira jeudi !".

"Neon, pasque j'deos faire mes arginteries, cha fait pus d'ein an que j'ne les ai pus astiquées, on n'se veot pus d'dins et verdi prochain, j'fais m'saim'di. Si te veux que cha va pus vite te prinds eine répourette, te la passes su l'meublier et surtout te n'oblies pos d'inl'ver les nounous".

"On n'peut même pus sortir pou aller boire eine pinte !".

"Ch'est pos grafe, après tout, ch'est carême. L'sémaine d'après, te sortiras au carnaval, d'toutes façeons, te n'deos pos t'masquer pou ti foute l'equite aux gins. Asteur, te peux toudis printe eine brouche et aller broucher l'guernier, pou l'orpintance de tout ce que t'm'as dit, j'te l'ai d'jà dit, je n'sus pos l'méquenne mi ichi".

"I-a pos à dire, j'sus att'lé comme te l'veos, i-est bin seot, l'ceu qui marie deux feos ?".

Mes deux gins, cha fait chinquante-siept ans qui seont mariés, ch'a été eine vrai queop d'foudre quanç'qui se seont rincontrés. Chinquante-six ans et onze meos qui battieltent si on queompte trinte jours pou l'lune de miel et pourtant i-seont toudis seots l'ein d'l'eaute : si i-d'a ein qui cait malate, l'eaute i-est aux chint queops et quanç'que ch'est fiête aux cheonq clotiers, on les veot porméner bras d'zeur, bras d'zous pa les rues d'no cité. Ch'est l'ortour à l'maseon qui, alfeos, pose problème.

(lexique :  ein ménache : un ménage / ein neuache : un nuage / commincher par ortirer les sorlets : commencer par retirer les souliers / pa : par / verdi : vendredi / dusque : où / l'bédoule : la boue / lommint : longtemps / l'pièche : la pièce / jeuer ave l'cat : jouer avec le chat / insanne : ensemble / les cauchettes : les chaussettes / s'assir : s'asseoir / l'ferniête : la fenêtre / ête débalté : être déchaîné / l'nettiache : le nettoyage / erloqu'ter ou orloqu'ter : nettoyer le sol à l'eau / s'délicoter : se dégourdir, avoir le besoin de remuer / les vieaux d'mars : les giboulées (on dit aussi les gruéaux d'mars) / caire : tomber / l'prouèfe : la preuve / l'cassis : le chassis / l'solel : le soleil / l'mouque à viante : littéralement la mouche à viande, grosse mouche bleue / l'sotérielle  : la sauterelle / l'picreon : le moustique / l'campe : la chambre / l'wassinque : la serpillière / leugère : légère / ête impanch'lée ou impanch'loutée : être enceinte (terme populaire) / ête oute : être terminé / l'rache : la rage / l'plache : la place / orelever tes choles : relever tes jambes / un bruant : un paresseux / l'mareonne : le pantalon / ête à no n'aisse : être à notre aise / nettier : nettoyer / orjointe : rejoindre / ête dégringuée : être démolie / asteur : maintenant / d'meurer derpeos : rester tranquille, être au repos / qu'mincher : autre mot pour commencer / passer eine crute et eine sèque : faire un nettoyage sommaire, humidifier et sécher le sol / parelle : pareille / ein pique-à-z'ouel : une personne qui a mauvaise vue / dématir : faire luire / richer : griffer / l'orvêt'mint : le revêtement / eine riflure : une égratignure / ête scran : être profondément fatigué / eine banse de linche à buer : une manne à linge à lessiver / l'orpassache : le repassage / aller pourméner : aller promener / les glaches : les glaces / vir : voir / orwettier : regarder / l'cassis : le chassis / l'vite : la vitre / été tout cras : être sale, gras / les deogts : les doigts / orlever : relever / les arginteries : les argenteries / astiquer : faire luire, rendre propre / saim'di : samedi / eine répourette : un chiffon pour prendre les poussières / l'meublier : le mobilier / oblier : oublier / les nounous : les chatons, sorte de duvet composé de poussières qui s'amoncelle sous les meubles / grafe : grave / foute l'esquite : faire peur / toudis : toujours / eine brouche : une brosse : broucher : brosser / l'guernier : le grenier / l'orpintance : le repentir / ête l'méquenne : être la servante / ête att'lé : être arrangé / ein queop d'foudre : un coup de foudre / les meos : les mois / queompter : compter / caire malate : tomber malade / ête aux chint queops : être au cent coup / les cheonq clotiers : les cinq clochers, on nomme Tournai la ville aux cinq clochers, ceux de la cathédrale Notre-Dame / bras d'zeur, bras d'zous : bras dessus, bras dessous / l'ortour : le retour / alfeos :parfois);

S.T. février 2016.   

10:14 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, patois, picard |

17 févr.
2016

10:06

Tournai : cinq clochers, un fleuve, des dissensions !

Quand l'inquiétude fait progressivement place à la colère !

Tournai escaut années vingt.jpgPlus on approche de la date fatidique du début de ce chantier prévu pour la fin de cette année, plus le sujet alimente les conversations des différents milieux tournaisiens. Lequel ? Tout simplement, celui de l'élargissement de l'Escaut dans sa traversée de Tournai. Un projet qui empoisonne la vie tournaisienne depuis des décennies puisqu'il était déjà à l'ordre du jour, il y a quarante ans, lorsque Raoul Van Spitael, un bourgmestre qu'on appréciait ou pas mais qui voyait avant tout l'intérêt de sa ville, décréta qu'il était hors de question de la défigurer par un chantier titanesque. Bien que n'étant pas tournaisien, il savait que le centre-ville commençait à peine à voir disparaître les traces du second conflit mondial. Il imposa donc la solution de l'alternat, les bateaux ne se croisant plus dans la traversée de la cité des cinq clochers. Commerçants et habitants lui furent, pour cela, reconnaissants.

Depuis lors, bien de l'eau est passée sous les ponts tournaisiens et, il y a quelques années, ce qu'on croyait enterré a refait surface à l'image d'un sous-marin qui aurait attendu, patiemment tapi dans les profondeurs du fleuve. Le service des voies hydrauliques du SPW a remis au "goût du jour", ce vieux rêve caressé par des industriels soucieux de faire transporter un maximum de matières pondéreuses au moyen d'un minimum de bateaux en utilisant des engins de transport aux tonnages de plus en plus élevés. Il a suffi que le gouvernement français exhume une idée plus que centenaire de connexion fluviale avec les ports hollandais, appelée "Seine-Nord", pour que la Région Wallonne saute sur l'occasion et sur les subsides européens afin d'obtenir sa part du gâteau ! En cela, il n'y a rien d'anormal !

Ce projet est-il nécessaire ?

1966 Tournai quai Taille-Pierre.jpgIl faudrait être idiot pour le nier. C'est malheureusement une attitude bien ancrée en chacun d'entre nous, nous souffrons tous, sans vouloir l'admettre du phénomène NIMBY (Not In My Back Yard, en français "pas dans mon arrière-cour"). Sommes-nous à ce point des autistes qui s'ignorent pour toujours refuser tout changement dans notre environnement ? Si tout le monde souscrit à l'idée d'une production électrique sans le risque inhérent aux centrales nucléaires, personne n'est prêt à accueillir des éoliennes même à plus d'un kilomètre de son habitation, on se déclare pratiquement propriétaire du paysage. L'homme doit néanmoins tout faire pour protéger les témoignages de son passé mais il se doit aussi de prévoir les évolutions futures. Sans progrès, une civilisation court à sa perte ! La sagesse nécessite cependant d'obtenir, constamment, un juste milieu entre ces deux thèses qui semblent, à première vue, totalement opposées !

Qui ne peut ou ne veut comprendre que tout ce qui sera transporté par la voie d'eau ne le sera plus par la voie routière fait preuve de mauvaise foi et les utilisateurs journaliers de la voiture sont les premiers à être concernés puisqu'ils se plaignent régulièrement de l'envahissement des routes et autoroutes par des camions de plus en plus imposants en provenance de l'Europe entière. Plus de matières transportées par le fleuve, signifiera moins de camions sur les routes et cette situation nouvelle sera synonyme de plus de sécurité routière, de moins de dégâts aux infrastructures et de moins de pollution engendrée par la circulation automobile.

Pourquoi alors ce projet n'est-il pas accepté par une majorité de Tournaisiens ?

2011 Tournai  sur l'Escaut.jpgLe projet d'élargissement de l'Escaut à Tournai a peut-être été, volontairement (nous ne pouvons nous empêcher de le penser), mal présenté aux habitants de la cité des cinq clochers. On semble, en effet, avoir focalisé les défenseurs du patrimoine sur le seul et unique problème du Pont des Trous. L'arche centrale de cette ancienne porte d'eau présente, en effet, une largeur de 11m20 et les convois fluviaux qui sont appelés à le franchir, à l'avenir, auront une largeur légèrement supérieure. Un élargissement du vieux pont médiéval est donc inéluctable, personne ne peut le contester, il faut savoir aider le progrès si on veut que des emplois soient conservés, si on ne veut pas devenir une région ressemblant à une réserve de vieilles pierres. Toutefois, il est vite apparu que les décideurs n'avaient pas la fibre tournaisienne et que, depuis Namur ou ailleurs, ils semblaient se moquer pas mal de notre héritage des temps anciens. En sont-ils jaloux, sont-ils ignares ou travaillent-ils uniquement au service de lobbies ? Mieux vaut ne pas se poser la question, la réponse nous amènerait, une fois encore, bien des désillusions ! En tout cas, ils ont présenté quatre projets, du plus mal ficelé au plus dithyrambique (on parlait au départ de ne conserver que les deux tours classées, de ne faire qu'une seule arche ou tout simplement de réaliser un fantôme de l'ancien pont en résine d'époxy pour y mettre une touche de modernisme).

La pression citoyenne ayant attiré l'attention de nos élus, on sait qu'il y a eu ce référendum organisé par une majorité qui semblait, malheureusement, avoir retourné sa veste, elle qui, à l'unanimité, avait auparavant voté le projet tel qu'il avait été présenté, n'attirant même pas l'attention des promoteurs sur une réaction toujours possible des Tournaisiens attachés à leur cité. Pour comprendre cela... il aurait fallu d'abord aimer Tournai plus par des actes concrets que par des déclarations orales d'amour !  

Le résultat du référendum et la décision prise par le Ministre Prévot de respecter le vœu des Tournaisiens étant, espérons-le, acquis, on a alors analysé, en profondeur, les implications du chantier au centre-ville.

Faut-il parler de soumission et de trahison ?

Il n'y a toujours que des bornés pour ne jamais changer d'avis et il y a aussi des girouettes pour sentir le vent venir. Mon analyse n'est pas de fustiger l'une ou l'autre attitude. Elle veut simplement faire appel à la raison. Au cœur de celle-ci, je ne me porte pas en supporter des uns ou en opposant des autres ! Ce dossier est suffisamment sérieux pour faire fi de toute mesquinerie.

tournai,elargissement de l'escautLes voies hydrauliques ont toujours présenté le projet comme étant dimensionné pour le passage de bateaux de classe Va, soit d'une longueur de 110 mètres maximum et d'une largeur de 11m40. Pour que ceux-ci puissent circuler, sans danger, dans la traversée de la ville, il s'avère nécessaire de faire sauter le goulot représenté par le quai Saint-Brice et élargir l'Escaut, à cet endroit, d'environ 4 mètres, laissant une largeur de quai d'environ 10 mètres. C'est cela qui a été présenté à l'origine, en 2013. On ne sait quelle mouche a soudainement piqué les architectes et les experts des voies hydrauliques (si ce n'est d'autres chants de sirènes... que celles de bateaux) pour déterminer désormais qu'il faut élargir de huit mètres, laissant ainsi aux riverains du quai une largeur de 5m85 à l'endroit le plus étroit. Cela sous-entend que ce sont des péniches de classe Vb (180m de long) qu'on veut voir passer, à l'avenir, sur le fleuve mais on n'a pas voulu le dire en espérant que le projet passerait comme une lettre à la poste. Il n'y a rien de pire que de tromper les citoyens en les prenant pour des imbéciles ! Toute action amène une réaction inversement proportionnelle... (on connait la chanson). Tout cela sans que notre administration communale, soit mise dans le secret, soit ayant analysé le projet en diagonale, ne trouve à redire, comme totalement soumise aux ukases de la Région Wallonne. Une soumission flagrante qui n'a pas échappé aux observateurs attentifs.

Pour avoir travaillé, durant de nombreuses années, dans un immeuble situé le long de l'Escaut, je signalerais aux "experts" de la Région Wallonne qu'actuellement, comme le confirme le journal l'Avenir dans son édition du 15 février, des péniches de 105 et 109 m, avec une largeur de 10m passent déjà régulièrement par Tournai. Le journaliste évoque "l'Egilodan" et le "Poska". J'ai aussi connu le "Pasadena" dont l'homme aux commandes manœuvrait avec art et dextérité sous le Pont des Trous et à hauteur du quai Saint-Brice alors que sa vision était partiellement limitée par le pont Notre-Dame et la passerelle. Si cela était si difficile, il y a longtemps que ces bateliers auraient évité la cité des cinq clochers.

Le dossier s'est enrichi d'un nouveau chapitre, il y a quelques jours, lorsque la première échevine de Tournai a rencontré un groupe d'opposants au projet lors d'une réunion dite "secrète" mais que la presse s'est empressée de divulguer, ayant reçu l'information grâce à un vent favorable. Voici l'acte de la trahison dans l'opéra Escaut ! 

Un accord ayant été signé, à Namur, entre les représentants de la ville de Tournai, dont faisait partie la première échevine et les responsables du projet, quelques jours auparavant, les autres partenaires signataires considérèrent cette initiative comme une véritable trahison. L'accord (et ses implications pour Tournai) ainsi porté au grand jour, tout le beau château de cartes élaboré dans des bureaux namurois, bien à l'écart de la population tournaisienne, allait-il s'écrouler et les mensonges des uns et des autres allaient-ils être mis sur la place publique ? Cette nouvelle diffusée sur No Télé provoqua l'ire du Ministre Maxime Prévot, tout acquis comme il se doit de l'être à la cause de ses propres fonctionnaires du SPW qui sont omnipotents dans le domaine et snobent les associations tournaisiennes qui voudraient se faire entendre et obtenir des précisions. Dans une capitale wallonne qui, par le passé, a souvent  aussi snobé la Wallonie picarde, on n'imaginait peut-être pas une levée de boucliers des "Infants d'Tournai" qui ont démontré, une fois encore, que "Les Tournaisiens sont là".

Ma conclusion personnelle.

L'élargissement de l'Escaut est nécessaire si on ne veut pas être, à l'avenir, le parent pauvre évité par le monde économique qui a besoin de cette voie d'eau. On ne peut dans ce dossier adopter une attitude rétrograde mais le (mauvais) jeu joué par les responsables le SPW (division voies hydrauliques) et par le bureau d'ingénieurs en charge de la partie technique du dossier est hautement critiquable, ces gens semblent avoir dissimulé des réalités, méprisant les Tournaisiens qui auraient juste à subir les énormes inconvénients de ce chantier et ses conséquences désastreuses pour les riverains du fleuve tout en se taisant.

Dans la gestion de dossier, nos dirigeants locaux ont semblé, aux yeux de très nombreux tournaisiens, comme anesthésiés, acceptant le tout sans broncher ! Rien n'est perdu pourtant si sagesse et bonne volonté peuvent enfin émerger dans ce dossier capital pour le visage futur de la cité des cinq clochers. Les points de vue des uns et des autres peuvent être rapprochés : l'avenir du Pont des Trous a été tranché avec l'avis des Tournaisiens par référendum acquis en toute dernière extrémité, le Pont-à-Pont et le halte nautique ne posent pas de réels problèmes si ce n'est ceux inhérents au chantier, on pourrait tout simplement décider de conserver une largeur comprise entre six et dix mètres sur le quai Saint-Brice (compromis) ou alors faire publiquement son mea-culpa et oser dire aux Tournaisiens que les bateaux de classe Va ne sont qu'une solution provisoire et qu'on pense déjà à la classe Vb pour le bien économique de Tournai (pour ne pas recommencer les travaux dans dix ou vingt ans) et de la Wallonie entière.

Dans ce dossier, il est temps d'arrêter la valse des girouettes et la Muette de Portici, il est temps aussi que la Région wallonne fasse preuve de nettement moins d'arrogance et joue, enfin, franc-jeu.

Composé de rebondissements, de réunions secrètes, d'élaborations de double-plans, de soumissions incompréhensibles, de trahisons dans un couple, fusse-t-il politique, ce dossier "Escaut" comporte désormais toute la matière nécessaire à l'écriture d'un excellent roman. Je rappellerais simplement à celui qui serait tenté par l'écriture que le titre "Main basse sur la ville" a déjà été utilisé par Raffaele La Capria et a servi de scénario à l'excellent film de Francesco Rosi en 1963.     

Ce jeudi 18 février, à 18h, une réunion est organisée au Foyer Saint-Brice à Tournai sur le thème : "Soyons clairs, questions à nos représentants". On espère cette fois que chacun sortira enfin du bois et qu'il n'y aura pas de langue de bois !

Dans l'attente, vous êtes invités à consulter le site : http://voies-hydrauliques.wallonie.be/ élargissement de l'Escaut, vous y verrez les plans et la projection virtuelle de la traversée de Tournai rénovée.

(photos anciennes : Courrier de l'Escaut, autres document : collection de l'auteur)

S.T. février 2015.

10:06 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, elargissement de l'escaut |

15 févr.
2016

16:46

Tournai : la lente évolution de la rue des Chapeliers.

Dans le cadre de la rubrique "la lente évolution de...", la rue Perdue (18.11), la place Reine Astrid (19.11), la place de Lille (25.11), la rue Saint-Martin (2.12), la place Paul-Emile Janson (10.12) et la rue de la Tête d'Or (26.1) ont déjà été évoquées. Ce jour, nous partons à la découverte de la rue des Chapeliers.

Une des rues commerçantes de la ville.

La rue des Chapeliers se situe entre le parvis du beffroi et le piétonnier qu'on avait appelé, à sa création à la fin des années septante, la "Croix du Centre". Cette large voirie est bien souvent confondue avec la rue Soil de Moriamé qui est son prolongement, le long du chœur de la cathédrale, vers la place Paul-Emile Janson.

Lorsqu'il écrivit son ouvrage "Tournai, Ancien et Moderne", Bozière disait d'elle "qu'elle était la rue marchande par excellence, une rue toute bordée de boutiques dont les étalages couvrent complètement les façades, non d'objets de luxe, de mode, d'élégante fantaisie, mais de bons et solides vêtements à l'usage du peuple de la ville et des campagnes. Les jours de marché principalement, notre rue des Chapeliers présente une physionomie gaie, animée, tumultueuse qui rappelle le mouvement des grandes villes".

De la "Lormerie" à la rue des Chapeliers.

On la trouve déjà sous le nom de "Lormerie", au XIIIe siècle dans un acte de vente daté de 1240, elle existe toujours sous ce nom dans le cartulaire de l'Hôpital Notre-Dame en 1314. La "Lormerie" désignait le travail des cloutiers, éperonniers et selliers. Ces "lormiers" occupaient donc la rue au cours de la période qui précéda le XVIIe. C'est en effet, en 1631, qu'on retrouve dans le même cartulaire "une rente sur une maison sise à la Lormerie autrement dit rue de Chapeliers". Les lormiers ont peu à peu été remplacés par des fabricants de chapeaux. A cette époque, la partie de droite de la rue appartenait au chapitre de la Cathédrale et était dépourvue d'habitations.

Dans son ouvrage "L'Habitation Tournaisienne, architecture des façades", paru en 1904, Soil de Moriamé nous présente les maisons qui subsistaient à l'époque :

Au n° 1 : maison bâtie en 1734 ayant pour enseigne "la Pomme d'orange" (NDLR : enseigne qu'elle a conservée jusqu'à aujourd'hui),

Au n° 13 : Maison construite vers 1750.

Aux n° 23, 25 et 27 : maisons à deux étages bâties en 1677, en style renaissance tournaisienne, en pierres et briques, fenêtres à croisillons en pierre, avec arc de décharge dont le tympan est rempli par une pierre sculptée, en éventail. Toitures saillantes reposant sur des consoles sculptées. Fenêtre centrale, de dimensions ordinaires, entre deux fenêtres très étroites.

Au n° 31, la maison porte l'enseigne : "La Culotte rouge".

Le n° 33 porte l'enseigne : "Le dragon".

Le n° 41 possède bien des particularités, sous cette maison s'étendent trois étages de cave. La première sert à la maison moderne, la seconde, à laquelle on peut arriver directement de la rue, par un escalier de 22 marches, constitue une crypte superbe, ressemblant en tous points à celle de l'évêché, moins grande, mais plus soignée comme construction. Elle remonte à l'époque romane, au XIe ou XIIe siècle. La longueur totale de cette crypte est de 10 mètres, sa largeur de 8 mètres. Sous cette cave, il en existe une troisième dont l'accès n'est pas possible. Cette crypte semble avoir appartenu à l'ancienne monnaie du chapitre, bâtiment existant à cet endroit au XIIe siècle".

Au XVIIe siècle, on trouvait, en cette rue, les enseignes "le Roi David", "le Morion d'Or", "le Bras d'Argent", "le Bon Pasteur". Au XIXe, elles avaient été remplacées par "la Bonne Fermière", "la Fileuse", "le Dragon vert" ou "le Soldat laboureur".

Une profonde mutation.

Le site de la rue des Chapeliers va être profondément modifié durant les années trente. L'opération de dégagement de la cathédrale va consister en la démolition des petites maisons basses situées à l'arrière du chœur de Notre-Dame permettant ainsi d'élargir la rue. A cette époque, le tram y passait. En 1935, l'administration des Postes décide de construire un nouvel Hôtel des Postes, vers le bas de la rue, en face du magasin Sarma dont l'entrée principale est située à la rue Soil de Moriamé mais dont un second accès se trouve dans la rue des Chapeliers même.

En 1940, les bombardements vont détruire toutes les habitations situées entre la poste et le parvis du beffroi. Un groupe de quatre ou cinq maisons basses situées vers le haut de la rue, le long de la salle capitulaire, de la sacristie et des salles du Trésor de la cathédrale va miraculeusement échapper à la destruction (NDLR : rénovées, elles existent toujours), alors que celles qui se trouvaient à l'emplacement qui sera plus tard celui la Caisse d'Epargne de Tournai avant d'appartenir au CPH seront également rasées.  

Une renaissance.

tournai,rue des chapeliers,lomerieLa guerre terminée, on reconstruisit les bâtiments en respectant les gabarits. La rue des Chapeliers, située sur l'axe important reliant la gare à la porte Saint-Martin, à double sens de circulation, retrouva cette animation dont nous parlait déjà Bozière au milieu du XIXe siècle. De plus, le samedi matin, elle était envahie par des centaines de chalands se rendant du marché général de la Grand-Place à celui aux fleurs de la place Paul-Emile Janson et aux fruits et légumes et à la volaille de la place Saint-Pierre.  

A nouveau, la rue était bordée de maisons de commerce ayant pignon sur rue : le magasin de chaussures Shoe-Post, la Poste, les maisons de confection Favril et Jules, le magasin de jouets Ménart, le magasin des Trois-Suisses, les cadeaux pour listes de mariage Lecrinier, la maison Pitance, l'horlogerie-bijouterie Lemaître, le spécialiste des vêtements de pluie Impersport, la maroquinerie Delobbe, la maison d'alimentation générale Maurice  Ménart-Planque, la librairie-papeterie Victor Masse-Fourez, le spécialiste du chapeau R. Duhamel, le fleuriste Leuridan, le café de la Pomme d'Orange, le café la Bancloque, la maison de confection Toufait, la mercerie Delwarde...

L'euphorie allait durer près d'un demi-siècle jusqu'en 1999 et la tornade du mois d'août. Celle-ci provoqua des dégâts relativement importants à la cathédrale et les responsables de la Province du Hainaut, propriétaire du bâtiment religieux, commandèrent un audit à des architectes et experts afin d'estimer l'étendue de ceux-ci. Celui-ci révéla catégoriquement un fait qu'on supposait déjà depuis deux ou trois décennies : l'instabilité du chœur gothique de la cathédrale, bâti sur un remblai.

Une situation comparable à celle connue durant l'après-guerre.

La première mesure qui fut adoptée par les autorités communales fut tout naturellement l'interdiction de la circulation automobile dans la rue des Chapeliers afin d'éviter que le passage répétitif des véhicules n'ébranle davantage une structure fragilisée au cours des siècles. Pour assurer une protection des passants, on plaça une clôture de protection le long du trottoir allant de la rue Soil de Moriamé au Vieux Marché aux Poteries. Rapidement, dans les années qui suivirent l'érection de cette muraille en bois, les commerçants virent dégringoler leur chiffre d'affaires. Les clients se détournaient de cet axe jadis très fréquenté, depuis deux décennies le magasin Sarma (qui fut la première "grande surface" commerciale à Tournai) avait fermé ses portes. Il fut remplacé par une surface néerlandaise. Certains commerçants déménagèrent, d'autres fermèrent purement et simplement leur porte. Le soir, la rue des Chapeliers, ressemblait à un endroit perdu, en plein centre-ville, comme si un couvre-feu y avait été décrété.   

tournai,rue des chapeliers,lomerieOn tenta bien une première réouverture à la circulation à partir de la rue de Paris mais... peu de temps après se profilaient les travaux de rénovation de la voirie dans le cadre du projet cathédral. Des commerces qui étaient venus occuper les bâtiments laissés libres tels les restaurant "la Fontaine", "le Marie-Gasparine" (du nom d'une des cloches de la cathédrale) ou "le Bistrot de la Cathédrale" fermèrent, à leur tour, leur porte.

Une deuxième réouverture s'avéra tout aussi temporaire car la découverte, l'année dernière, d'un égout susceptible de provoquer des effondrements de voirie, au niveau du parvis du beffroi, interrompit, une nouvelle fois, le semblant de circulation qui avait repris. tournai,rue des chapeliers,lomerie

Actuellement, la rue des Chapeliers est empruntée par des piétons qui semblent hâter le pas. Un bar d'accueil pour personnes en difficulté, un magasin de vente de lunettes, un bureau d'une mutualité, un traiteur, un opérateur de téléphonie, "Yentl", un magasin de confection, un bar et deux restaurants tentent, vaille que vaille, d'y maintenir une certaine animation. La Poste a quitté les lieux et son bâtiment est désormais occupé par une enseigne de vêtements pour jeunes, des appartements de standing ont été réalisé à l'étage, tandis que le transfert du centre de Tourisme vers la place Paul-Emile Janson a créé une grande vitrine vide qui n'attire plus les touristes.

La rue des Chapeliers peut envisager une nouvelle animation mais pour cela, il faudra peut-être attendre la fin des travaux de la cathédrale et ce n'est pas demain la veille.  Les Tournaisiens ont néanmoins hâte de réinvestir ce qui était jadis un haut lieu du commerce de la cité des cinq clochers.

(sources : "Tournai, Ancien et Moderne" ouvrage de A.F.J Bozière paru en 1864 chez Adolphe Delmée, éditeur - "Tournai sous bombes, 1940-1945" ouvrage d'Yvon Gahyde paru en 1984, Société Royale d'Histoire et d'Archéologie - "L'habitation tournaisienne, architecture de façades" de Soil de Moriamé paru en 1904 et recherches personnelles.

Documents photographiques n° 1 photo remise par Melle J. Driesens - 2 et 3 : collection personnelle de l'auteur).

S.T. février 2016.

16:46 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : tournai, rue des chapeliers, lomerie |

12 févr.
2016

14:18

Tournai : expressions tournaisiennes (348)

Imaches d'ein futur possipe !

Comme d'puis bin lommint, i-n'aveot pos ein bleu tchien quanç'que j'ai déquindu, hier, l'rue Saint-Martin. J'tranneos presque pasque l'vint d'bisse souffleot in rafales, dins l'rue des Cap'liers, in passant l'leong d'no vielle cathédrale. Au leon, eine battante conte ein mur claqueot et eine ferniête qu'on aveot oblié d'serrer li répondeot. J'ai intindu, du côté du Pichou Saint-Piat, ein tchien faire l'leu, seûr'mint acore ein malhureux qu'on aveot laiché tout seu. L'vieux peont Noter-Dame erlévé et tout rouillé n'aveot pus vu, d'puis d'z'ainnées, passer pa d'zous li ein baquet. A l'fontaine de l'plache Crombez, i-n'aveot pus d'ieau, i-aveot eine éternité qu'on lui aveot copé l'chiffleot. A midi, in face de l'incienne banque Nationale, in plein mitan de l'rue Royale, on areot pus jeuer à cartes, au rami ou bin à l'batalle.

Dire qu'i-a d'jà asteur chinquante ans qu'nos édiles, aux Bastieons, inaugureot'ent l'pus grand complexe commercial d'no ville. L'bourguémette, dins eine brillante involée, i-aveot proclamé : mes amisses, ceulle réalisatieon va faire l'richesse de no cité. I-feaut ête honnête, dins les prumiers momints, on a vu arriver ichi bramint d'gins, des auteos on pouveot in garer pus d'quate mille et ch'éteot gratuit contrair'mint au centre-ville. Du queop, pa l'autoroute et les boulevards, des gins veneot'ent d'partout et dins l'nouvieau temple de l'consommatieon i-dépinseot'ent beauqueop d'sous. Pa d'vant ceulle réussite, comme César, Rudy i-a dit : "Veni, Vidi, Vici", i-areot mieux fait d's'raminvrer de : "Vox populi, vox Dei". On li aveot pourtant dit que l'centre-ville i-alleot morir mais ces meots n'l'aveot'ent jamais impêché d'dormir.

Pasque l'mote elle a bin vite passé, pasque pou l'meonte i-féaut toudis de l'nouvieauté comme pou ein infant, i-n'a pos fallu ein an pou qu'des clients étringers on in truèfe jusse acore la mitan. Pindant c'temps là, dins ceulle euphorie, les p'tits magasins de l'ville, les gins les ont obliés, alors, sans bruit, dins l'indifférince d'tertous, les boutiques qu'on aveot toudis connues, eine à eine, leu porte i-ont serrée. L'bourguémette i-a dit : "ch'est ein mauvais momint à passer, vous allez vir, béteôt tout va orcommincher, pou que les visiteus n'pinse'tent pos que les maseons elles seont abandeonnées, i-a pos d'problème, dins les vitrines, on va mette des publicités" ! Si i-aveot été Tournisien i-areot su "qu'i-n'féaut jamais répeonte d'ein biéau jour s'i-n'est oute".

Ov'là commint tout cha a qu'minché !

Comme les salaires et les pinsieons, pa l'gouvernemint, i-aveot'ent ête bloqués et qu'les banques elles ne donneot'ent pus d'intérêts, vous l'comperdez, les gins i-ont eu moinse d'liards à dépinser. Comme les tasques elle n'arrêteot'ent pos d'aurminter, comme l'index i-continueot à meonter, les gins i-ont fait cheinture et i-n'ont pus rien acater. Béteôt, dins les rues on n'a pus vu d'auteos, les Tournisiens, pou aller à l'ouvrache, i-aveot'ent ersorti leu véleo. Comme la SNCB elle éteot complèt'mint dirigée pa des flaminds, on a pu queompter les trains pou Tournai su les deogts d'eine main. Ainsin, no riche cité au passé royal elle est cait dins l'sous-développ'mint total.

On a d'abord vu disparaîte dins l'orte : les marchands d'meublier, les instituts d'bieauté, les horlogers-bijoutiers, les fleurisses, les marchands d'sorlets, les restaurants, les bouchers, les marchands d'légueumes et les boulingers. Ch'est biête mais i-n'resteot pus que, les marchands d'toubaque (pourtant l'paquet d'cigarettes i-éteot à chinquante eureos), les pharmac'ries, les cabarets... et les caberdouches d'Dodeo. D'puis toudis, ch'est auprès d'eine file de joie ou bin dins l'bière qu'ein heomme i-va oblier s'misère. Les jocqueux, dins les rues et su les plaches, d'mindeot'ent l'mindicité et si on orfuseot d'leu deonner, i-n'hésiteot'ent pos à buquer.

Après deux ou treos ainnées, les vitrines inoccupées éteot'ent rimplies d'arnitoiles et dins les pièches les soris queureot'ent à perte haleine. "On n'est pos cras à léquer les murs", adeon tous les carteons, tous les papiers leu serveot'ent à faire banquet. Dins l'rue d'Hôpital, l'terrain du cinéma Palace i-éteot dev'nu ein tréo à rats dusque v'neot'ent, pa chintaines, s'aliminter les cats. I va sans dire que tout cha dégageot eine telle naque qu'i-n'a pu eu perseonne dins les rues d'no ville pou vir parel spectaque. Comme dins l'temps au Texas,Tournai est dev'nue eine véritape cité fantôme seul'mint laichée aux rats, aux cats, aux tchiens et aux arones.

Pou espérer acore vife eine paire d'ainnées hureux, pou les maseons d'ortraite on a vu partir bramint d'petits vieux et, pou ête pus près d'leu traval, les jeones seont partis d'meurer à l'capitale. Comme l'ville elle n'éteot presque pus habitée, on a bin seûr vu grandir l'insécurité. Dins les quartiers, on n'veyeot pus ein seul policier d'puis qu'aux Bastieons i-z'aveot'ent été transférés. Assis su eine cayère, d'puis là-vas, i-surveilleot'ent l'cité intière grâce à des caméras.

D'puis toudis, "l'bonheur i-est fait pou l'z'hureux et l'malette pou les brimbeux". Les malates n'éteot'ent pus que des carilleons d'ossiéaux, on les intasseot pa dizaines dins les couloirs des hôpitaux. Au p'tit matin, pa d'vant ein morcieau d'pain rassis, on n'oseot même pus ouvère eine gazette, de l'rache qu'on aveot l'esquite de vir qu'ein amisse aveot pris l'quémin d'Mulette.

In passant près du Peont des Tréos, j'ai ormonté l'col de m'palteot, jusse au momint dusque j'alleos intré dins l'gardin d'la Reine j'ai été, tout à n'ein queop, réveillé pa l'veox de m'feimme :

"Milliards, mais quoisqu'i-s'a passé que t'as été ainsin aussi agité" ?

"J'ai du treop minger hier au soir ou bin j'ai fait ein rêve prémonitoire !".

In leong et in larche, j'li ai raqueonté quoisque, pindant ceulle nuit, i-m'éteot arrivé.

"Bé mon Dieu, combien d'feos j'te l'ai d'jà dit, espèce d'andoule, de ne pus aller au conseil communal acouter toutes les cacoules !".

"Ch'est pos des carabistoules, à c'que te dis te d'vreos faire attintieon, te vas vir la foule qui va béteôt arriver ichi aux Bastieons !". Te sais, ch'est comme à Mons pou l'réputatieon d'nos autorités, l'nouvieau magasin qu'on a fini d'construire, i-cait à... point nommé.

Comme David Vincent, dins "les Invahisseurs" du temps passé, j'saveos que l'cauchemar i-aveot d'jà comminché.

(lexique : imaches : images / possipe : possible / lommint : longtemps / i-n'aveot pos ein bleu tchien : littéralement il n'y avait pas un bleu chien, ce qui signifie : il n'y avait personne / quanç'que : lorsque / déquinte : descendre / tranner : trembler / l'rue des Cap'liers : la rue des Chapeliers / l'leong : le long / au leon : au loin / eine battante : un volet, panneau en bois qu'on rabat pour protéger la fenêtre / eine ferniête : une fenêtre / serrer : fermer / l'pichou Saint-Piat : fontaine munie d'une statue située au pied de l'église Saint-Piat érigée en hommage à la chanson wallonne / faire l'leu : faire le loup / acore : encore / laicher tout seu : laisser seul, abandonner / erlévé : relevé / pa d'zous : dessous / ein baquet : un bateau / coper l'chiffleot : couper le sifflet, ici couper l'arrivée d'eau / in plein mitan : au beau milieu / jeuer : jouer / l'batalle : la bataille / asteur : maintenant / l'bourguémette : le bourgmestre, le maire / mes amisses : mes amis / les prumiers momints : les premiers moments / bramint : beaucoup / du queop : du coup, dès lors / pa d'vant : devant / s'raminvrer : se souvenir / morir : mourir / les meots : les mots / pasque l'mote : parce que la mode / toudis : toujours / on truèfe : on trouve / jusse : juste / ceulle : cette / vir : voir / béteôt : bientôt / orcommincher : recommencer / i-n'féaut jamais répeonte d'ein biéau jour si n'est oute : littéralement il ne faut jamais répondre d'un beau jour s'il n'est fini, ce qui signifie : les prédictions sont hasardeuses / qu'mincher : commencer / les pinsieons : les pensions (en Belgique : les retraites) / les tasques : les taxes / aurminter : augmenter / faire cheinture : faire ceinture, se priver / acater : acheter / aller à l'ouvrache : aller à son travail / ersortir : ressortir / queompter : compter / les deogts : les doigts / ainsin : ainsi / caire : tomber / l'meublier : le mobilier / les sorlets : les chaussures / biête : bête / l'toubaque : le tabac / les pharmac'ries : les pharmacies / les caberdouches : les cabarets louches / les jocqueux : les chômeurs / orfuser : refuser / buquer : frapper, taper / les arnitoiles : les toiles d'araignées / les pièches : les pièces / les soris : les souris / on n'est pas cras à léquer les murs : littéralement on n'est pas gras à lécher les murs, ce qui signifie : pour bien se porter, il faut bien se nourrir / adeon : donc / ein tréo : un trou / dusque : où / les chintaines : les centaines / l'naque : l'odeur, le parfum / l'spectaque : le spectacle / véritape : véritable / les arones : les araignées / vife : vivre / les jeones : les jeunes / ête bin seûr : être bien sûr / eine cayère : une chaise / l'bonheur i-est fait pou l'z'hureux et l'malette pou les brimbeux : littéralement le bonheur est fait pour les heureux et la malette (le sac de toile du pauvre) pour les mendiants, les misérables, ce qui signifie : bonheur aux riches et malheur aux pauvres / ête ein carilleon d'ossieaux ou ête ein moncheau d'os : n'avoir que la peau sur les os / ouvère : ouvrir / de l'rache : littéralement de la rage, signifie tellement / avoir l'esquite : avoir peur / l'quémin d'Mulette : le chemin de Mulette, appellation donnée au cimetière du Sud à Tournai / l'palteot : le paletot, le manteau / l'gardin d'la Reine : le jardin de la Reine / tout à n'ein queop : tout à coup / l'veox : la voix / in leong et in larche : en long et en large, dans le détail / quoisque : ce que / acouter : écouter / les cacoules : les mensonges / les carabistoules : les carabistouilles, les calembredaines, les histoires à dormir debout)

S.T. février 2016.

14:18 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, patois, picard |

08 févr.
2016

14:09

Tournai : nouveaux liftings urbains en vue !

Les chantiers refleurissent avant même le début du printemps !

L'échevin des Travaux les a présentés, No Télé et la presse locale nous les ont fait découvrir, de nouveaux travaux de voirie débutent en ce mois de février. Les automobilistes tournaisiens vont devoir, à nouveau, composer avec de nombreux aléas de circulation durant les prochains mois et même les prochaines années. Il ne nous reste plus qu'à positiver et à se dire, qu'à force de déviations, visiteurs et habitants de la cité des cinq clochers vont finir par connaître les moindres recoins de la ville.

L'ilot Becquerelle, le quai Dumon et le quai Saint-Brice.

Ce vendredi 5 février, des panneaux ont été déposés indiquant qu'il sera interdit de stationner (et même de circuler) à partir de ce lundi 8 sur le quai Saint-Brice, entre le pont Notre-Dame et le quai Dumon. Il s'agit du début de la première phase de revitalisation de l'ilot Becquerelle et du quai Dumon. Le sous-traitant d'Ores va commencer par poser les impétrants. Les promeneurs les plus observateurs auront remarqué que, depuis belle lurette, de longues canalisations en PVC avaient été déposées le long de l'Escaut, à proximité de l'immeuble de l'intercommunale Ideta.

Le chantier consiste en l'aménagement du site du quai Dumon à partir de la rue Joseph Hoyois jusqu'au début du quai Saint-Brice ainsi que celui de la place du Becquerelle et son prolongement jusqu'au carrefour formé avec les rues des Jardins et de l'Epinette.

Le long de l'Escaut, une promenade similaire à celle qui a été créée sur la rive gauche sera aménagée en pierre bleue, les arbres actuels dont certains sont malades disparaîtront au profit d'essences moins hautes, des bancs et un espace vert sépareront le lieu dévolu à la promenade de celui destiné à la circulation automobile.

Avec une portion moins large qu'actuellement, la circulation automobile se fera sur un revêtement composé de pavés placés en queue de paon, un système de pose beaucoup plus résistant que celle de pavés alignés en quinconce. Les espaces de stationnement seront réalisés au moyen des pavés traditionnels actuels réutilisés après leur enlèvement.

L'ilot Becquerelle et son square central seront réaménagés, l'assiette de la voirie sera surélevée, une copie du buste de Le Ray, volé il y a quelques décennies, sera posée sur la colonne de pierre trônant au milieu de cet espace vert et le hêtre, arbre classé, sera conservé. Le revêtement du trottoir le long de l'immeuble Ideta sera réalisé en pierre bleue, un matériau qui compose déjà le sous-bassement du nouveau siège de l'intercommunale.

Toute médaille ayant son revers, c'est à nouveau le stationnement qui va trinquer et dix emplacements seront supprimés. Une politique insidieuse qui invite, une fois encore, les éventuels chalands à se rendre, de préférence, dans les zones commerciales de la périphérie.

Le chantier devrait se terminer, sauf aléas résultants d'une météo défavorable, dans le courant du printemps 2016. Les autorités communales ont bien précisé qu'il ne faisait pas partie des travaux d'élargissement du fleuve. 

Une modification importante dans l'intra-muros.

Entre les mois de septembre et de novembre, une entreprise a réalisé, à chaque entrée de ville, un revêtement muni d'une limitation de vitesse à 30 km/h et des panneaux ont été placés. Cette limite a été décidée en collège et ensuite votée au conseil communal de décembre. Il reste à obtenir l'accord du ministre régional à qui le dossier a été transmis. Celui-ci devrait parvenir prochainement. Dès lors, dès le franchissement de la ceinture des boulevards, la vitesse de 30 km/h sera effective partout en ville. Les automobilistes auront aussi intérêt à ne pas perdre de vue qu'au sein du quartier cathédral rénové, les rues étant des "espaces partagés", la limite est déjà abaissée à 20 km/h. A voir certains conducteurs descendre la rue de l'Hôpital Notre-Dame, on doute que cette obligation soit connue de tous ! 

La rue de Barges.

Le chantier de rénovation des rues entourant le nouveau Centre hospitalier régional se poursuit. Au cours de ceux-ci, un égout non répertorié situé juste sous l'évacuation existante a été découvert. Cela arrive bien souvent lorsqu'on creuse le sous-sol de cités anciennes, toutefois, une surprise désagréable attendait ceux qui l'ont mis à jour, le conduit n'était pas asséché, de l'eau y circulait. D'où vient-elle, où va-t-elle ? Pour trouver une réponse à ces questions, des sondages ont été être entreprises, c'est la raison pour laquelle, la partie centrale du boulevard du roi Albert à sa jonction avec le boulevard Lallaing a été éventrée, une excavation qui réduit le passage des véhicules. Il est trop tôt pour affirmer que cet écoulement d'eau dans le sous-sol soit à l'origine des fissures apparues depuis quelques temps au niveau des immeubles du boulevard du roi Albert, situés à proximité de ce carrefour.

L'avenue des Peupliers.

Cette avenue relie le vieux Chemin de Willems à la rue Saint-Eleuthère. Le Chemin des Peupliers, aménagé en avenue asphaltée, il y a près de cinquante ans, n'a pas supporté l'augmentation de la circulation apparue au cours de ces deux dernières décennies. de plus, les arbres qui la bordaient ont disparu et leurs racines ont miné le sous-sol. De nombreux nids de poule se sont formés, et ont, régulièrement, été rebouchés au moyen d'asphalte à froid, ce qui ne peut-être qu'une solution provisoire. On nous annonce qu'à partir du mois de mars, la couche supérieure sera rabotée sur cinq centimètres et qu'un nouveau revêtement hydrocarboné sera posé.

L'écluse de Kain.

Haut lieu de promenades durant la belle saison, les berges situées à proximité de l'écluse de Kain, sur la rive gauche de l'Escaut, présentent désormais un visage totalement modifié. L'année dernière, on a procédé à l'abattage des grands arbres qui depuis des lustres se miraient dans l'Escaut, rendant l'endroit bucolique, et on a démoli la petite maison de l'éclusier. Les portes de l'écluse ont été changées et, désormais, on réalise, derrière le zoning commercial de Froyennes, un barrage d'une plus grande largeur (12 mètres au lieu de 8). A la fin des travaux, la nouvelle chute d'eau, destinée à mieux réguler le débit du fleuve, sera munie de deux turbines qui fourniront le courant électrique nécessaire à alimenter les installations éclusières et dont le surplus pourra même être réinjecté sur le réseau avec un équivalent estimé à la consommation de 150 ménages. Le paysage a perdu tout son charme, l'argument économique a malheureusement, une fois encore, "vandalisé" un de ces lieux poétiques appréciés par les amoureux de la nature. Preuve encore que la poésie n'a jamais nourri son homme, encore moins le portefeuille des patrons et administrateurs de sociétés à qui nos dirigeants font toujours la part belle !

La chaussée de Lannoy.

Depuis plus de deux mois, un chantier de pose d'impétrants (câbles électriques) est en cours entre la fin de la rue Saint-Eleuthère et Froyennes. Depuis la mi-décembre, on a creusé d'imposants trous à la jonction de l'avenue des Peupliers et de la rue Saint-Eleuthère. On ne peut pas encore annoncé la fin de se chantier qui nécessite la plus grande prudence dans la traversée de Froyennes !

La halte nautique du quai Taille-Pierre.

Des travaux devraient débuter avant la fin de cette année, ils seront les prémices du grand chantier de mise à gabarit de l'Escaut qui se poursuivront par le remplacement du Pont-à-Pont, l'élargissement du fleuve au niveau du quai Saint-Brice dans sa section entre le Pont-à-Pont et le pont Notre-Dame et enfin par la transformation du Pont des Trous, un projet auquel les Tournaisiens seront attentifs s'opposant à du grand n'importe quoi.  

Les constructions immobilières.

Celle-ci se multiplient et à terme plusieurs centaines de logements seront disponibles dans le centre de Tournai ou les proches faubourg.

Rive droite, quartier du Château.

La résidence "Saint-Nicolas" située à l'angle de la rue du Château et de la rue Robert Campin est terminée, dans un immeuble ancien, totalement rénové, huit appartements sont mis en location.

Entre le Pont des Trous et la clinique Notre-Dame, un projet titanesque de complexe immobilier devrait voir le jour dans les mois à venir. La demande de permis de bâtir a été récemment introduite. En lieu et place de l'ancien Comptoir Charbonnier sur le quai Sakharov et d'une série de garages dans la rue des Magasins, un promoteur proposera une résidence de standing avec rez-de-chaussée commercial sur le quai prolongée par une résidence pour étudiants de 127 kots, le tout avec garages. La structure de ce grand ensemble est inspirée de l'immeuble abritant le siège social d'Ideta avec un dernier étage en retrait.

On annonce également un autre projet de résidence en lieu et place de l'ancien garage Lintermans également sur le quai Sakharov entre la rue de l'Arsenal et la rue du Château.

Rive gauche, quartier de la Madeleine.

Les travaux se poursuivent en ce qui concerne le complexe immobilier qui s'élève à l'emplacement des anciennes usines Allard entre le quai des Salines et la rue de l'Ecorcherie.

Rive gauche place de Lille.

On procède à la démolition de deux immeubles situés juste au pied de l'église Sainte-Marguerite. Aux n° 21 et 23 se trouvaient jusqu'il y a peu une librairie désormais transférée dans l'immeuble voisin et un restaurant maghrébin qui rouvrira ses portes à la fin des travaux. Assister à la démolition de ces immeubles, sans grand cachet architectural, il faut bien l'avouer, engendre cependant une certaine nostalgie. Ces deux immeubles étaient des rescapés des bombardements de mai 1940 et août 1944. A ce titre, ils font partie de la sauvegarde et de la mise en valeur des ensembles immobiliers tournaisiens ayant échappé aux destructions de mai 1940. Tout comme pour le "Relais de Poste" de la rue de la Madeleine, tout comme pour "l'Hôtel du Singe d'Or" à la rue de la Tête d'Or ou "l'Hôtel de Corde" à la place Paul Emile Janson, on assiste, non pas à une rénovation mais à une destruction afin de reconstruire des bâtiments neufs et sans âme. Le m2 d'habitation est tellement rentable à notre époque. 

Rive gauche, faubourg Saint-Martin.

La résidence "Jean Cousin" propose deux immeubles totalement terminés. La première phase est occupée à 100%, la seconde est en cours d'occupation, il reste 50 % des logements à vendre.

La résidence "Les Jardins d'Ere" située à l'angle de la chaussée de Willemeau et de la rue Jean Cousin est pratiquement terminée. Elle comprend onze appartements.

Sur la plaine des Manœuvres, la résidence "La Corne Saint-Martin" prévoit cinq phases de travaux, deux sont terminées l'une est occupée à 90 %, l'autre à 70 %;

(sources : No Télé, "Le Courrier de l'Escaut", "bulletin n°120 de l'asbl Pasquier Grenier" et recherches personnelles).

S.T. février 2016.

05 févr.
2016

13:23

Tournai : expressions tournaisiennes (347)

Conversatieons de seots à l'tape d'ein bistreot !

"Hé, te viens boire eine pinte ave mi l'Optimisse",

 Ov'là c'que j'ai intindu, jeudi, dins l'rue Catrice. J'aveos orconnu l'veox dins d'mes inciens amisses.

"Cha fait d'z'ainnées, quoisque te fous ichi, l'Optimisse ?".

"Bé j'vas à Saint-Brice, printe l'bus, au pied d'l'églisse !".

"Normal'mint i-deot arriver à ving-six".

"Du queop, on a l'temps d'aller chiffler eine Trapisse !".

Maurice i-s'a laiché caire su eine vielle banquette et i-a comminché à débabeiner s'capl'let.

"J'viens jusse d'aller querre des liards à l'banque su l'quai pasque l'sémaine qui vient on va orsaquer les pavés, i-veont orfaire l'plache du Becquerelle et l'quai Dumeon, aussi j'préfère bin mieux avoir m'n'argint à m'maseon".

"I-n'a pos d'dinger, va, tes liards, on n'va pos t'les voler, les bindits, in auteo, i-n'sareot'ent quand même pos passer".

"Neon, on va pidouler dins l'bédoule quanç'que l'pluèfe elle va caire et quançqu'l'temps i-s'mettra au sec on ming'ra de l'poussière. Pou mi ête informé j'n'acoute pus l'météo, j'orwette les dicteons et j'sais si i-f'ra bieau et quieaud".

Acoute me bin :

Quand l'pluèfe cait à l'Saint-Aubin (1er mars) te n'as ni palle, ni grain.

A l'Saint-Gauthier (9 avril) si mars i-a fait l'été, avril i-met s'pal'teot.

Si l'pluèfe elle cait à l'Saint-Bernardin (10 mai) te f'ras eine ainnée sans vin mais si l'solel i-luit à l'Saint-Germain (21 mai) t'aras du beon vin.

"Tout cha ch'est des cacoules d'innochint d'Bornibus comme diseot m'gramère, à tes dicteons te peux leu faire dire tout ou bin l'contraire".

Acoute me aussi :

A l'Sainte-Véronique (l'quate d'féverrier) fais bin attintieon à tes romatiques.

A l'Sainte-Yvette (l'treize de janvier), i-n'veaut mieux pos moutrer tes tettes et ch'est vrai aussi l'vingt du meos d'avril pou l'Sainte-Odette.

Orache à l'Saint-Thiébaut (l'huit du meos d'juillet), beauqueop d'ieau dins l'tonnieau.

A l'Sainte Alice, n'traite surtout pos t'feimme d'belle in cuisses.

"Mo bé, dins queul almanach t'as trouvé tout cha ?".

"Bé, dins l'almanach de m'tiête espèce de colas !".

J'pinseos qui m'aveot bin compris quanç'que tout à n'ein queop i-m'a dit :

"T'es seûr qu'à l'Sainte-Véronique on orsint d'ses romatiques pasque mi d'puis avant-hier d'ein peu partout j'souffère".

I-est beon, va, on va canger d'conversatieon sineon jusqu'au soir au va rester su les dicteons.

"Tins in parlant d'dicteon, t'as pos ravisé su No Télé, d'l'Hôtel de Ville i-ont ortansmis l'dictée. J'ai tout d'suite compris que ch'n'éteot pos pou mi, pou l'écrire i-falleot ête ein artisse pasque d'jà dins l'tite t'aveos l'meot oaristys. "Conversation tendre-idylle", j'ai ainsin appris dins l'dictionnaire, ein meot pou dire in dansant à t'partenaire.

"Vins ichi m'pétit mimisse, j'sins qu'on va avoir eine oaristys?

T'in conneos bramint d'heommes qui, in amour, dise'tent cha à leu feimme pratiquemint tous les jours. 

"Mo Dieu, depuis que j'vous ai épousée, ma chère Alice, nous vivons insanne eine éternelle oaristys !".

L'ainnée prochaine, cha va canger, l'nouvieau "ortografe" i-a été décidé. On va tout écrire in "fonétique", comme su internet, pa d'zous les artiques. T'as d'jà vu, là d'zeur, les commintaires, bé, vraimint, i-n'a pos à ruer s'capieau in l'air. J'vas t'raqueonter ichi eine affaire véridique, j'l'ai li pa d'zous eine artique su l'récauff'mint climatique qui éteot signé du préneom d'Monique. L'feimme elle aveot écrit, in français, du moinse ch'est c'qu'elle aveot supposé : les gens croivent tout ce qu'on leur dit. Ein eaute i-li a répeondu, jusse après, les gens croient, corrigeant ainsin l'feaute d'français. Aussi sec, elle l'a traité d'annochint et d'imblavé, ajoutant que ch'n'éteot pos l'verbe croitre (sans mette ein accint) mais bien l'verbe croiver. Elle éteot tell'mint seûre d'elle qu'elle li a dit d'activer s'pétite cervelle !".

L'ainnée prochaine Caroline et Jeanne-Marie, i-n'areot pos difficile de trouver de l'matière, pou l'dictée, ch'est désormais su internet que l'texte i-faudra aller l'querre. J'veos d'jà ichi l'sujet queusi pou l'orthographe : ma meuf, j'la kiffe grave. I-n'minqueot pus qu'cha : garchenner no belle lanque françaisse, Mossieu l'académicien on la truèfe mauvaisse. Dins vingt ans, on écrira : jé mi une chene à ma tronsoneuze pour abatre le vieu chene, on pourra dire : rien ke du boneur pou les idios, à l'otel de vile l'dikté sera la fware aux zozos.

J'areos bin continué mais m'bus i-est arrivé, j'n'ai eu que l'temps d'traverser, hureus'mint, à Saint-Brice,'i-a toudis eine file à l'arrêt.

Oblier l'trait d'unieon, passe acore mais inter eine file (fille) ou bin eine file (file), veyez comme ch'est important de n'pos treop simplifier. Quanc'que vous devez dire : j'ai fait l'file ave m'feimme, i-ara toudis quéqu'ein pou comprinte du prumier beond : "Tins i-ont deonné eine pétite sœur à leu garcheon !".

Au momint d'finir m'babillarte du saim'di, j'ai eine pinsée émue pou Mamzelle Jacqueline, fidèle lectrice de m'blog, qui défind l'belle lanque d'nos inciens, eine lanque qu'elle a inseignée à bramint d'pétit rotleots, béteôt elle ne pourra pus m'tirer les orelles si asteur j'écris "belle" ave ein seul l.

(lexique : l'seot : le sot / l'tape d'ein bistreot : la table d'un café / l'veox : la voix / les amisses : les amis/ printe : prendre / du queop : du coup, dès lors / chiffler : siffler, boire un verre d'une traite / s'laicher caire : se laisser tomber / commincher : commencer / débabeiner s'cap'let : littéralement débobiner son chapelet, raconter ses malheurs / jusse : juste / querre : chercher / des liards : de l'argent, des sous / pasque : parce que / orsaquer : retirer / orfaire : refaire / pidouler dins l'bédoule : patauger dans la boue / l'pluèfe : la pluie / quanç'que : lorsque / acouter : écouter / orwettier : regarder / quieaud : chaud / l'palle : la paille / l'pal'teot : le paletot, le manteau / des cacoules d'innochints d'Bornibus : des mensonges, des inventions / m'gramère : ma grand-mère / l'quate d'féverrier : le quatre février / les romatiques : le rhumatisme / moutrer ses tettes : montrer sa poitrine, être topless / orache : orage / l'meos : le mois / l'ieau : l'eau / ein colas : littéralement un geai (oiseau) mais en patois : un crétin, un niais, un naïf / tout à n'ein queop : tout à coup / seûr : sûr / orsintir : ressentir / souffère : souffrir / canger : changer / raviser : regarder / ortransmettre : retransmettre / l'tite : le titre / m'pétit mimisse : expression d'affection utilisée surtout pour les jeunes enfants / bramint : beaucoup / insanne : ensemble / pa d'zous les artiques : sous les articles / là d'zeur : là-dessus / ruer s'capieau in l'air : littéralement jeter son chapeau en l'air, grande liesse / raqueonter : raconter / l'récauff'mint : le réchauffement / du moinse : du moins / ein imblavé : un orgueilleux, un faiseur d'embarras / queusi : choisi / garchenner : abîmer, gaspiller / l'lanque : la langue / on la truèfe : on la trouve / toudis : toujours / acore : encore / inter : entre / quéqu'ein : quelqu'un / l'garcheon : leu garçon / m'babillarte du saim'di : ma lettre du samedi / mamzelle : mademoiselle / des rotleots : des roitelets (oiseau) mais aussi en patois terme d'amitié pour un enfant / béteôt : bientôt : asteur : maintenant).

S.T. février 2016. 

13:23 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : tournai, patois, picard |

03 févr.
2016

16:33

Tournai : une cité qui mérite plus de visibilité et même plus de respect !

On ne prête qu'aux "riches" dit-on !

A la fin du siècle dernier, les gens qui nous gouvernent ont souhaité élever une ville au titre de "Capitale culturelle du Hainaut". La ville de Tournai avait espéré hériter de cette dénomination. Le choix des décideurs s'est porté sur Mons, chef-lieu de province. Rien de surprenant, dans les milieux politiques, le mot cumul des titres, fonctions ou mandats est d'une telle banalité que cela n'a choqué personne... et puis, la cité des cinq clochers, depuis la disparition de René Lefebvre, n'avait plus jamais eu un ministre pour la soutenir ou la défendre au niveau des différents niveaux de pouvoir.  

On sait depuis longtemps que la politique wallonne ne jure que par quatre grandes villes : Liège, Namur, Charleroi et Mons, ces cités ont trop tendance à se partager la gestion de toute la région wallonne, malheureusement, en se servant largement au passage. Les autres régions sont considérées par elles de la même façon, qu'en France, Paris snobe tout ce qui est provincial. Pour certains lecteurs, les termes utilisés vont, peut-être, paraître outranciers et pourtant, même les médias nationaux, la RTBf et surtout RTL-TVI en tête, ignorent le plus souvent l'existence de Tournai et leurs reporters n'envahissent nos rues que pour un fait délictuel très grave, une catastrophe ou pour dresser le portrait de Dodo la Saumure, une "réputation" dont on se serait bien passé ! 

Les arguments qui plaidaient en faveur de la ville.

Son riche patrimoine immobilier, témoin de l'Histoire :

La cathédrale Notre-Dame aux cinq clochers du XIIe siècle, mêlant style roman et gothique et possédant 2005 Tournai la Halle-aux-Draps.JPGun Trésor d'une grande richesse culturelle, ses nombreuses églises dont les plus anciennes datent des XIIe et XIIIe siècle (arguments probablement trop catho pour la mentalité qui prévalait), un beffroi de la même époque, rénové voici une vingtaine d'années, une Halle-aux-Draps du XVIIe siècle également restaurée, un Pont des Trous de la fin du XIIe et début du XIIIe siècle, une des dernières portes d'eau existant en Europe du Nord, la tour Henri VIII, toujours dans l'attente de rénovation tout comme les tours Marvis, vestiges de la dernière enceinte de Tournai mais aussi le Fort Rouge, la Tour Saint-Georges, la Tour de la Loucherie, la Tour du Cygne, les souterrains de la citadelle construite sous Louis XIV par de Mesgrigny sur des plans de Vauban, le Mont-de-Piété, le séminaire de Choiseul, l'Hôtel de Ville érigé à l'emplacement de la puissante abbaye de Saint-Martin, les maisons "art nouveau", dont la plupart sont situées dans le quartier de la gare,les maisons romanes du quartier Saint-Brice et les maisons gothiques de la rue des Jésuite.2006 Tournai St Brice maisons romanes (1).JPG

 

Son passé prestigieux :

Ville près de deux fois millénaire, Tournai est parfois appelée, le "berceau de la France", car première capitale du royaume Franc, Clovis, fils de Childéric 1er, y est né et y a vécu avant de rejoindre Paris (Lutèce) pour poser les fondations de la France. La cité royale peut s'enorgueillir d'avoir accueilli les plus illustres personnages de l'Histoire : Philippe-Auguste, Saint-Louis (Louis IX), Henri VIII d'Angleterre, Charles-Quint, Louis XIV... entre autres.

Parmi les documents les plus anciens retrouvés et conservés à Tournai figure notamment la "Messe de Tournai", la plus ancienne messe polyphonique qui soit parvenue jusqu'à nous, elle est reprise sur un document anonyme datant du début du XIVe siècle.

Ses enfants célèbres :

2006 Tournai statue de Louis Gallait.JPGDu peintre Rogier de le Pasture (Van der Weyden) né à Tournai en 1399 à l'actuel2005 Tournai monument Rogier de la Pasture.JPG humoriste Bruno Coppens, Tournai a vu naître, entre autres, le peintre primitif flamand Jacques Daret en 1404, le célèbre tapissier Pasquier Grenier en 1447, l'homme politique Barthélémy Dumortier, fondateur du Courrier de l'Escaut (le plus vieux journal de Belgique), impliqué dans la Révolution de 1830 et parlementaire né en 1797, le peintre romantique Louis Gallait né en 1810, le sculpteur Guillaume Charlier né en 1854, le poète symbolique et romancier Georges Rodenbach, né en 1855, le baryton à l'Opéra de Paris, Jean Noté, né en 1858, le sculpteur Georges Grard, né en 1901, le sculpteur, peintre, graveur et céramiste Pierre Caille, né en 1911, le romancier, auteur de Bob Morane, Henri Verne, né à Ath en 1918 mais qui a vécu à Tournai pendant sa jeunesse et de nombreux auteurs qui ont donné à son patois ses lettres de noblesse (Delmée, Walter Ravez, Adolphe Prayez, Lucien Jardez, Albert Coens, Eloi Baudimont). 

Ses musées :

la ville compte huit musées réputés :

le musée des Beaux-Arts, dont le bâtiment est l'œuvre de l'architecte Victor Horta. Il abrite des œuvres provenant en grande partie du legs d'Henri Van Cutsem et du fonds Gallait signées Edouard Manet, Claude Monet, Louis Gallait, Seurat, James Ensor, Pierre-Paul Rubens, Rogier de le Pasture, Pieter Brueghel le jeune, Jacob Jordaens, Léonce Legendre, Jules Bastien-Lepage, Georges Grard, Charlier, Piat Sauvage, Eliane de Meuse, Vincent Van Gogh (dessins), Delacroix, Van der Stappen, Roméo Dumoulin ou encore Jan Gossaert.

Le Musée militaire où on retrouve des collections d'armes et d'uniformes datant de la bataille de Fontenoy, du premier et du second conflit mondial et une pièce entière dédiée à la résistance.

Le Musée de Folklore dans lequel des personnages, mis en scène, présentent objets d'antan et traditions tournaisiennes, mais aussi le plan en relief de la ville de Tournai.

Le Musée d'Histoire Naturelle et son vivarium, un des plus anciens de Belgique.

Le Musée de la Tapisserie et des Arts du Tissu, Tournai étant jadis un lieu réputé pour sa tapisserie de haute lisse.

Le Musée des Arts de la table et décoratifs, où on retrouve notamment des porcelaines issues des ateliers qui firent la réputation de Tournai au sein des cours européennes.

Le Musée d'Histoire et d'Archéologie qui présente une très importante collection d'objets trouvés lors des nombreuses fouilles effectuées, à différentes époques, dans la ville. On peut notamment y voir un sarcophage bien conservé de l'époque gallo-romaine.

Le Musée de la Marionnette de la Communauté Wallonie-Bruxelles et son Créa-Théâtre présentent des marionnettes du monde entier.

Ses industries qui sont ou furent connues bien au-delà de nos frontières :

L'imprimerie Casterman, éditrice des aventures de Tintin, de Martine, de Quick et Flupke  qui remporta aussi, au travers de ses auteurs, de nombreux prix au festival BD d'Angoulême.

L'imprimerie Desclée-de Brauwer, éditrice de livres religieux et profanes.

Les entreprises Dufour spécialisées dans le levage, le transport, la manutention, la récolte des déchets... intervenant lors de travaux délicats ou de précisions en Belgique et à l'étranger.

Les actuelles éditions Wapica soucieuses de présenter le patrimoine tournaisien dans le plus bel écrin.

La biscuiterie Desobry, les nombreuses brasseries (la "Tournay", la "Saint-Martin"...), la fabrique de "Ballons de Tournai", la maison Marquette spécialiste de la gaufre "Succès du Jour", la chaudronnerie lourde de chez Meura ou Carton ayant livré du matériel sur les cinq continents, les filatures Philippart et Wattiez, la fabrique de courroies Colmant et Cuvelier... des nom connus, un peu partout, comme l'étaient jadis la fabrique de Porcelaine ou la Manufacture Royale de Tapis

Tournai est une ville fréquentée chaque jour par des milliers d'élèves et d'étudiants, parmi lesquels un grand nombre de jeunes Français, de la maternelle aux hautes écoles en passant par l'enseignement spécialisé. 

Le "Culturel" et "l'Evènementiel".

Dans les années cinquante et soixante, il n'était pas rare d'entendre les Tournaisiens se plaindre du peu de distractions offertes par la cité des cinq clochers : "Tournai, ville d'art, ville en retard" entendait-on souvent. Quelques garçons et filles noyant leur oisiveté sur les banquettes du café "Le Moderne" à la rue de l'Yser tinrent même des propos qui traduisaient l'attente de la jeunesse, lors d'un rare reportage de la RTB sur la ville. Il est vrai que la majorité au pouvoir d'alors consacrait son énergie uniquement à la reconstruction d'une ville dont le centre avait été détruit par les bombardements de 1940 et 1944.

Tout a bien changé. Tout au long d'une année, les évènements culturels ou festifs se succèdent :

En janvier, on fête le "Lundi Perdu " en famille ou au restaurant, on se rend au salon "Bâtirama". Le cinéma Imagix est le lieu de rencontre des amateurs du "RamDam Festival", le festival du film qui dérange, les amoureux du patois se retrouvent en la Halle-aux-Draps pour les "Petits Cabarets" de la Royale Compagnie du Cabaret Wallon Tournaisien.

En Février, les meilleurs musiciens mondiaux envahissent la Maison de la Culture pour le "Tournai Jazz Festival", Tournai-Expo abrite le salon "Déco et Jardins", le week-end du Laetare, voit se dérouler le "Carnaval de Tournai", avec son grand rassemblement en ville précédé par la Nuit des Intrigues.

En mars, le "Bistrot Tournaisien" convie ses inconditionnels à son spectacle patoisant et, tous les deux ans, Tournai devient la capitale mondiale des arts circassiens pour amateurs avec "La Piste aux Espoirs".

En avril, ce sont "Les Filles, Celles picardes" qui donnent rendez-vous aux Tournaisiens et le "Festival européen des Quatuors à cordes" régale les mélomanes en invitant des musiciens venus des quatre coins de l'Europe.

En mai, le parking de l'Esplanade de l'Europe est envahi par la "Foire aux manèges" tandis que le quartier Saint-Pierre résonne aux accents du piano à bretelle pour la soirée "L'Accordéon, Moi j'aime".

En juillet, jeux pour enfants, stars de la chanson et orchestres animent la journée de la Fête nationale. En août, le hall de Tournai-Expo accueille les "Salon des Antiquités et belle Brocante".

Fin aout, ce sont "les Rencontres Inattendues", trois jours durant lesquels la musique épouse la philosophie. Un rendez-vous auquel participent les plus grands philosophes et des musiciens venus des quatre coins d'Europe et du Moyen-Orient.

En septembre, "la Kermesse" s'installe sur l'esplanade du Conseil de l'Europe tandis que le "Cortège des géants" sillonne les rues de Tournai tout comme la grande "Procession historique" le fait depuis plus de 900 ans. La "Braderie" amène dans les rues bonimenteurs et amateurs de bonnes affaires. A la Halle-aux-Draps se déroule le "Tournoi de Jeu de fer", un tradition bien régionale, tandis que sous le chapiteau de la plaine des Manœuvres, un autre jeu tournaisien typique "le Jeu de Boule carréaulé" attire de nombreux spectateurs

En octobre, c'est le festival "Découvertes, Images et Marionnettes", c'est aussi le "Grand Cabaret et la Revue" de la Royale Compagnie du Cabaret Wallon Tournaisien et c'est encore "la Halle gourmande", le salon de la gastronomie des Amis de Tournai qui se tient en la Halle-aux-Draps. 

En novembre, la Maison de la Culture convie ses spectateurs au "Tour de Chauffe Festival" ouvert aux groupes musicaux de l'Eurométropole et, quelques jours plus tard, s'ouvre le "Next Festival", le rendez-vous des créations théâtrales en collaboration avec les villes de Valenciennes, Lille et Kortrijk. A la Halle-aux-Draps se déroulent les salons "Tournai, la Page", le rendez-vous des maisons d'édition et des auteurs et ensuite "Tournai-Toys", le salon du jouet.   

Décembre nous ramène les "Marchés de Noël", les illuminations des rues, le traditionnel "Gospel for Life" en l'église Saint-Jacques et le grand "Concert Viennois" de la Confrérie des Cinq clochers à la Maison de la Culture.

Durant la saison d'hiver, la "Chapelle Musicale de Tournai" comble les mélomanes grâce à une série de concerts qui accueillent les plus grands noms de la musique classique belge et étrangère.

Ajoutons à cela la programmation éclectique de la "Maison de la Culture" amenant les plus grands comédiens, les artistes de la chanson en tournée et les humoristes, les rendez-vous de la salle "La Fenêtre", de "la Petite Fabriek", de la "Guelière" ou du "Watermoulin". Rappelons les cycles de conférences de "l'Université du Temps disponible", d'Exploration du  Monde, de "Connaissance et Vie d'Aujourd'hui" ou des "Conférences-Santé". Enfin n''oublions pas le Conservatoire de Musique, fréquenté par plus d'un millier de jeunes, dont sont issus de nombreux talents connus par les mélomanes belges et étrangers.

La ville de Tournai organise également la "Triennale des Arts du tissu".

Avant que les intégristes de Gaïa ne viennent s'immiscer dans le monde du cirque et détruire le rêve de milliers d'enfants, Tournai fut visité par les plus grands cirques de Médrano à l'Américan Circus en passant par Althoff, le Grand Cirque de France, le cirque de Moscou, Jean Richard, Toni Boltini, Pinder, Bouglione... actuellement seul Alexandre Bouglione reste fidèle à la cité des cinq clochers car il ne présente plus d'animaux sauvages.

Tournai est aussi la ville natale des Okidoks, le duo de clowns-acrobates connus bien au-delà de nos frontières.

Tout au long d'une année, il y a des centaines d'événements au programme, peut-on, dès lors, encore dire que Tournai est une ville morte ? On ne prête qu'aux riches, disais-je en titre, Tournai a sans doute était considérée par certains qui n'y sont jamais venus comme une pauvre ville de province aux confins de la Flandre et de la France, aux habitants tristes et au paysage désolé. Il est temps de redorer son blason et d'attirer ce qui ignorent encore que cette ville vit, que son cœur palpite et qu'elle a tant à offrir à ceux qui veulent la découvrir.  

Voilà un article au ton un peu "chauvin" mais quand on aime sa ville natale, aucun argument n'est outrancier pour la défendre.

(S.T. janvier 2016).

16:33 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : tournai, culture, événements, patrimoine, enfants célèbres |