08 févr.
2016

Tournai : nouveaux liftings urbains en vue !

Les chantiers refleurissent avant même le début du printemps !

L'échevin des Travaux les a présentés, No Télé et la presse locale nous les ont fait découvrir, de nouveaux travaux de voirie débutent en ce mois de février. Les automobilistes tournaisiens vont devoir, à nouveau, composer avec de nombreux aléas de circulation durant les prochains mois et même les prochaines années. Il ne nous reste plus qu'à positiver et à se dire, qu'à force de déviations, visiteurs et habitants de la cité des cinq clochers vont finir par connaître les moindres recoins de la ville.

L'ilot Becquerelle, le quai Dumon et le quai Saint-Brice.

Ce vendredi 5 février, des panneaux ont été déposés indiquant qu'il sera interdit de stationner (et même de circuler) à partir de ce lundi 8 sur le quai Saint-Brice, entre le pont Notre-Dame et le quai Dumon. Il s'agit du début de la première phase de revitalisation de l'ilot Becquerelle et du quai Dumon. Le sous-traitant d'Ores va commencer par poser les impétrants. Les promeneurs les plus observateurs auront remarqué que, depuis belle lurette, de longues canalisations en PVC avaient été déposées le long de l'Escaut, à proximité de l'immeuble de l'intercommunale Ideta.

Le chantier consiste en l'aménagement du site du quai Dumon à partir de la rue Joseph Hoyois jusqu'au début du quai Saint-Brice ainsi que celui de la place du Becquerelle et son prolongement jusqu'au carrefour formé avec les rues des Jardins et de l'Epinette.

Le long de l'Escaut, une promenade similaire à celle qui a été créée sur la rive gauche sera aménagée en pierre bleue, les arbres actuels dont certains sont malades disparaîtront au profit d'essences moins hautes, des bancs et un espace vert sépareront le lieu dévolu à la promenade de celui destiné à la circulation automobile.

Avec une portion moins large qu'actuellement, la circulation automobile se fera sur un revêtement composé de pavés placés en queue de paon, un système de pose beaucoup plus résistant que celle de pavés alignés en quinconce. Les espaces de stationnement seront réalisés au moyen des pavés traditionnels actuels réutilisés après leur enlèvement.

L'ilot Becquerelle et son square central seront réaménagés, l'assiette de la voirie sera surélevée, une copie du buste de Le Ray, volé il y a quelques décennies, sera posée sur la colonne de pierre trônant au milieu de cet espace vert et le hêtre, arbre classé, sera conservé. Le revêtement du trottoir le long de l'immeuble Ideta sera réalisé en pierre bleue, un matériau qui compose déjà le sous-bassement du nouveau siège de l'intercommunale.

Toute médaille ayant son revers, c'est à nouveau le stationnement qui va trinquer et dix emplacements seront supprimés. Une politique insidieuse qui invite, une fois encore, les éventuels chalands à se rendre, de préférence, dans les zones commerciales de la périphérie.

Le chantier devrait se terminer, sauf aléas résultants d'une météo défavorable, dans le courant du printemps 2016. Les autorités communales ont bien précisé qu'il ne faisait pas partie des travaux d'élargissement du fleuve. 

Une modification importante dans l'intra-muros.

Entre les mois de septembre et de novembre, une entreprise a réalisé, à chaque entrée de ville, un revêtement muni d'une limitation de vitesse à 30 km/h et des panneaux ont été placés. Cette limite a été décidée en collège et ensuite votée au conseil communal de décembre. Il reste à obtenir l'accord du ministre régional à qui le dossier a été transmis. Celui-ci devrait parvenir prochainement. Dès lors, dès le franchissement de la ceinture des boulevards, la vitesse de 30 km/h sera effective partout en ville. Les automobilistes auront aussi intérêt à ne pas perdre de vue qu'au sein du quartier cathédral rénové, les rues étant des "espaces partagés", la limite est déjà abaissée à 20 km/h. A voir certains conducteurs descendre la rue de l'Hôpital Notre-Dame, on doute que cette obligation soit connue de tous ! 

La rue de Barges.

Le chantier de rénovation des rues entourant le nouveau Centre hospitalier régional se poursuit. Au cours de ceux-ci, un égout non répertorié situé juste sous l'évacuation existante a été découvert. Cela arrive bien souvent lorsqu'on creuse le sous-sol de cités anciennes, toutefois, une surprise désagréable attendait ceux qui l'ont mis à jour, le conduit n'était pas asséché, de l'eau y circulait. D'où vient-elle, où va-t-elle ? Pour trouver une réponse à ces questions, des sondages ont été être entreprises, c'est la raison pour laquelle, la partie centrale du boulevard du roi Albert à sa jonction avec le boulevard Lallaing a été éventrée, une excavation qui réduit le passage des véhicules. Il est trop tôt pour affirmer que cet écoulement d'eau dans le sous-sol soit à l'origine des fissures apparues depuis quelques temps au niveau des immeubles du boulevard du roi Albert, situés à proximité de ce carrefour.

L'avenue des Peupliers.

Cette avenue relie le vieux Chemin de Willems à la rue Saint-Eleuthère. Le Chemin des Peupliers, aménagé en avenue asphaltée, il y a près de cinquante ans, n'a pas supporté l'augmentation de la circulation apparue au cours de ces deux dernières décennies. de plus, les arbres qui la bordaient ont disparu et leurs racines ont miné le sous-sol. De nombreux nids de poule se sont formés, et ont, régulièrement, été rebouchés au moyen d'asphalte à froid, ce qui ne peut-être qu'une solution provisoire. On nous annonce qu'à partir du mois de mars, la couche supérieure sera rabotée sur cinq centimètres et qu'un nouveau revêtement hydrocarboné sera posé.

L'écluse de Kain.

Haut lieu de promenades durant la belle saison, les berges situées à proximité de l'écluse de Kain, sur la rive gauche de l'Escaut, présentent désormais un visage totalement modifié. L'année dernière, on a procédé à l'abattage des grands arbres qui depuis des lustres se miraient dans l'Escaut, rendant l'endroit bucolique, et on a démoli la petite maison de l'éclusier. Les portes de l'écluse ont été changées et, désormais, on réalise, derrière le zoning commercial de Froyennes, un barrage d'une plus grande largeur (12 mètres au lieu de 8). A la fin des travaux, la nouvelle chute d'eau, destinée à mieux réguler le débit du fleuve, sera munie de deux turbines qui fourniront le courant électrique nécessaire à alimenter les installations éclusières et dont le surplus pourra même être réinjecté sur le réseau avec un équivalent estimé à la consommation de 150 ménages. Le paysage a perdu tout son charme, l'argument économique a malheureusement, une fois encore, "vandalisé" un de ces lieux poétiques appréciés par les amoureux de la nature. Preuve encore que la poésie n'a jamais nourri son homme, encore moins le portefeuille des patrons et administrateurs de sociétés à qui nos dirigeants font toujours la part belle !

La chaussée de Lannoy.

Depuis plus de deux mois, un chantier de pose d'impétrants (câbles électriques) est en cours entre la fin de la rue Saint-Eleuthère et Froyennes. Depuis la mi-décembre, on a creusé d'imposants trous à la jonction de l'avenue des Peupliers et de la rue Saint-Eleuthère. On ne peut pas encore annoncé la fin de se chantier qui nécessite la plus grande prudence dans la traversée de Froyennes !

La halte nautique du quai Taille-Pierre.

Des travaux devraient débuter avant la fin de cette année, ils seront les prémices du grand chantier de mise à gabarit de l'Escaut qui se poursuivront par le remplacement du Pont-à-Pont, l'élargissement du fleuve au niveau du quai Saint-Brice dans sa section entre le Pont-à-Pont et le pont Notre-Dame et enfin par la transformation du Pont des Trous, un projet auquel les Tournaisiens seront attentifs s'opposant à du grand n'importe quoi.  

Les constructions immobilières.

Celle-ci se multiplient et à terme plusieurs centaines de logements seront disponibles dans le centre de Tournai ou les proches faubourg.

Rive droite, quartier du Château.

La résidence "Saint-Nicolas" située à l'angle de la rue du Château et de la rue Robert Campin est terminée, dans un immeuble ancien, totalement rénové, huit appartements sont mis en location.

Entre le Pont des Trous et la clinique Notre-Dame, un projet titanesque de complexe immobilier devrait voir le jour dans les mois à venir. La demande de permis de bâtir a été récemment introduite. En lieu et place de l'ancien Comptoir Charbonnier sur le quai Sakharov et d'une série de garages dans la rue des Magasins, un promoteur proposera une résidence de standing avec rez-de-chaussée commercial sur le quai prolongée par une résidence pour étudiants de 127 kots, le tout avec garages. La structure de ce grand ensemble est inspirée de l'immeuble abritant le siège social d'Ideta avec un dernier étage en retrait.

On annonce également un autre projet de résidence en lieu et place de l'ancien garage Lintermans également sur le quai Sakharov entre la rue de l'Arsenal et la rue du Château.

Rive gauche, quartier de la Madeleine.

Les travaux se poursuivent en ce qui concerne le complexe immobilier qui s'élève à l'emplacement des anciennes usines Allard entre le quai des Salines et la rue de l'Ecorcherie.

Rive gauche place de Lille.

On procède à la démolition de deux immeubles situés juste au pied de l'église Sainte-Marguerite. Aux n° 21 et 23 se trouvaient jusqu'il y a peu une librairie désormais transférée dans l'immeuble voisin et un restaurant maghrébin qui rouvrira ses portes à la fin des travaux. Assister à la démolition de ces immeubles, sans grand cachet architectural, il faut bien l'avouer, engendre cependant une certaine nostalgie. Ces deux immeubles étaient des rescapés des bombardements de mai 1940 et août 1944. A ce titre, ils font partie de la sauvegarde et de la mise en valeur des ensembles immobiliers tournaisiens ayant échappé aux destructions de mai 1940. Tout comme pour le "Relais de Poste" de la rue de la Madeleine, tout comme pour "l'Hôtel du Singe d'Or" à la rue de la Tête d'Or ou "l'Hôtel de Corde" à la place Paul Emile Janson, on assiste, non pas à une rénovation mais à une destruction afin de reconstruire des bâtiments neufs et sans âme. Le m2 d'habitation est tellement rentable à notre époque. 

Rive gauche, faubourg Saint-Martin.

La résidence "Jean Cousin" propose deux immeubles totalement terminés. La première phase est occupée à 100%, la seconde est en cours d'occupation, il reste 50 % des logements à vendre.

La résidence "Les Jardins d'Ere" située à l'angle de la chaussée de Willemeau et de la rue Jean Cousin est pratiquement terminée. Elle comprend onze appartements.

Sur la plaine des Manœuvres, la résidence "La Corne Saint-Martin" prévoit cinq phases de travaux, deux sont terminées l'une est occupée à 90 %, l'autre à 70 %;

(sources : No Télé, "Le Courrier de l'Escaut", "bulletin n°120 de l'asbl Pasquier Grenier" et recherches personnelles).

S.T. février 2016.

Commentaires

Merci pour ce mot sur l’Écluse de Kain. Vous touchez-là quelque chose de très sensible pour moi. Enfant et jeune adolescent, j'ai passé tous mes dimanches et toutes mes vacances scolaires à la ferme de mes grands-parents qui bordait l'écluse.

J'y ai passé les moments les plus heureux de ma vie. La ferme se trouvait à seulement un km de la maison de mes parents, mais c'était un autre monde. Mes grands-parents vivaient heureux, en quasi-autarcie, dans le dénuement le plus complet. Ils n'ont eu une machine à laver qu'à la fin des années 70, quand ils sont devenus trop vieux pour faire la lessive à la main (près de 80 ans pour mon grand-père, né en 1900). Ils n'avaient pas de voiture, pas de télé, quasi aucun appareil électrique, à part une radio à lampe qu'ils allumaient en sourdine, pour écouter les nouvelles, toujours à la même heure. Mon grand-père a travaillé jusqu'à ses derniers jours dans son jardin qui était sa fierté et son bonheur. Il ne connaissait certainement Pierre Rahbi, mais il aurait pu lui donner des leçons en matière de sobriété heureuse. Je pense qu'il ne s'est jamais éloigné à plus de 10 km de son village.

Pour moi, l’Écluse était une enclave hors du monde, et un monde en soi. Le paysage était fermé de tous côtés par des rideaux d'arbres lointains et il ne contenait que quelques maisons, au milieu des prairies et des champs. Il y avait aussi ce que l'on appelait "le chantier", un chantier de construction et de réparation de péniches qui a fermé dans les années 70 (peut-être pourriez-vous en parler un jour?) Quand on est enfant, quelques centaines de mètres, c'est déjà l'aventure. J'étais libre, dans un jardin de plusieurs centaines d'hectares! J'ai adoré la vie dans cet endroit.

Bien sûr, j'idéalise. L'existence était difficile, parfois franchement rude, et mes grands-parents ont connu des drames qui ont fort assombri la fin de leur vie. Mais ce que j'en conserve, moi, c'est un souvenir lumineux, radieux, de grandes vacances au soleil ou dans la touffeur des greniers, des courses dans la neige ou dans les prairies trempées de pluie, des labours dans la cabine du tracteur, des vaches qui viennent à notre rencontre quand on va les chercher pour les traire...

J'y retourne une fois par an. Ce mois d'août, quand j'ai découvert les ravages causés par l'abattage des arbres, j'ai été catastrophé. J'en ai presque pleuré. Comme vous le dites, tout le charme de l'endroit est perdu. L'enclave préservée de la laideur du monde moderne a été brutalement éventrée et elle laisse maintenant entrer ce qu'il y a de pire dans ce monde: une large vue sur le zoning commercial que les arbres dissimulaient. Quand on pense que mes grands-parents n'ont jamais mis les pieds dans un supermarché, j'en crierais de rage.

Excusez-moi, je me laisse emporter. On m'a arraché une chose tellement précieuse. Il m'en reste le souvenir. En un sens, il est plus fort que la réalité présente.

Écrit par : Olivier | 08/02/2016

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Cher Olivier, votre long mais très intéressant commentaire me ravit et m'émeut.

Il me ravit car mon blog a justement pour but de faire connaître Tournai à ceux et celles qui n'y sont jamais venus, il m'émeut car l'autre but est de raviver la mémoire de ceux et celles qui ont connu la ville, il y vingt, trente, cinquante ans ou plus.

Si je me permets, au sein des articles, des remarques jugées par certains acerbes ou légèrement vinaigrées, c'est justement parce que je remarque que, désormais, des dirigeants ou des promoteurs étrangers à la cité des cinq clochers vandalisent son patrimoine. Certains d'entre eux ignorent jusqu'à l'Histoire de note cité et sont surpris lorsqu'on évoque des faits qui devraient être au moins connus par ses habitants.

Tournai n'est pas une ville dortoir, Tournai n'est pas un territoire rentable où on peut se faire du pognon, Tournai est un livre ouvert qu'on aime consulter régulièrement sans qu'un enfant gâté ne vienne y arracher les pages.

Écrit par : l'Optimiste | 08/02/2016

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Désolé d'avoir été aussi long. Je me suis vraiment laissé emporter...

Je trouve que vos remarques "acerbes" sont souvent justifiées. La neutralité est aussi une prise de position, et devant certaines choses, elle est une forme de résignation.

Encore merci pour ce beau blog.

Écrit par : Olivier | 08/02/2016

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