29 nov.
2015

19:20

Tournai : les festivités de décembre 2015

Le mois de décembre est le mois des fêtes par excellence et, à Tournai comme ailleurs, on aura l'embarras du choix au cours de ce dernier mois de l'année. Une fois encore, on devra se résoudre à faire des choix !

 

Mardi 1, Séminaire, grand auditoire, 14h : "Romain Gary, le caméléon", conférence par Michel Verbogen, Psychiatre, dans le cadre du cycle "Connaissance et Vie d'Aujourd'hui".

Mardi 1, Maison de la Culture, salle Frank Lucas, 20h : concert de "Alice on the Roof", celle qui fut de tous les festivals cet été.

Mercredi 2, stade Luc Varenne, "Viva for Life", l'émission de Vivacité, joggings pour enfants et pour adultes, animations diverses. 

Mercredi 2, Maison de la Culture, salle Frank Lucas, 16h : "La petite fille aux allumettes", spectacle pour enfants d'après le conte d'Andersen par PAN ! (la compagnie).

Mercredi 2, Hôtel de Ville, Salon de la Reine, 18h : "Dyslexie, dysorthographie, dyscalculie", conférence par Isabelle Feihle et Lise Nottebaert, logopèdes indépendantes au CHWApi, dans le cadre des Conférences-Santé 2015.

Jeudi 3, Maison de la Culture, salle Frank Lucas, 14h : "Le génocide arménien, traces mémorielles", conférence par Philippe Raxhon, professeur à l'U.L.G, dans le cadre de l'Université du Temps Disponible.

Jeudi 3, Maison de la Culture, salle Jean Noté, 20h : "Conversations avec ma mère" de Pietro Pizutti avec Jacqueline Bir et Alain Leempoel

Vendredi 4, Halle-aux-Draps, 20h : "Noël de l'ATI"; Association Tournaisienne d'Improvisation au profit des enfants du "Noël pour Tous" organisé par le comité Saint-Jean.

Vendredi 4, Mourcourt, Centre Culturel, 20h : "Les Croque-Notes chantent Brassens".

Samedi 5, Maison de la Culture, salle Frank Lucas , 15h et 17h30 : "Petites Furies" par le Zététique Théâtre/ Justine Duchesne, spectacle pour enfants par Mélody Willame et Estelle Bibbo.

Samedi 5, salle La Fenêtre, 20 h : "Les Souffleurs de Mots, casting pour Saint-Nicolas", spectacle d'improvisation.

Samedi 5, Froyennes, la Guelière, 20h : "Rires jaunes, Humour noir", spectacle humoristique.

Samedi 5, Froyennes, la Petite Fabriek, 20h : "Stro Brothers et Lotte Remmen", concert de musique folk et country.

Dimanche 6, Esplechin, salle de la Bascule : "Marché de Noël " du Club des Jeunes de la Pérote.

Dimanche 6, Centre de la Marionnette, à 15h et 16h : "Visites guidées pour la Saint-Nicolas".

Mardi 8, Maison de la Culture, 20h : "Pierre Kroll" dans son one-man-show.

Jeudi 10, Maison de la Culture, salle Frank Lucas, 14h : "Maroc, Haut-Atlas, une année berbère" par Louis-Marie et Elise Blanchard, reporters-conférenciers dans le cadre de l'Université du Temps Disponible.

Jeudi 10, Froyennes, la Petite Fabriek, 20h : "Orkestra Mendoza", musique sud-américaine.

Vendredi 11, Mourcourt, home les Blés d'Or, dès 17h : "Marché de Noël".

Vendredi 11, Maison de la Culture, salle Jean Noté, 20h : "Maurane, toujours aussi en scène", la chanteuse belge fête ses vingt-cinq années de carrière.

Vendredi 11, église Saint-Jacques, 20h : "Gospel for life", 150 choristes chantent au profit de l'association "les Amis du Père Damien".

vendredi 11, samedi 12 et dimanche 13, Marquain, la grange "Marché de Noël".

Vendredi 11, samedi 12 et dimanche 13, Halle-aux-Draps, de 10h à 20h : "Marché de Noël".

Vendredi 11, samedi 12 et dimanche 13, place de Lille : "Les commerçants fêtent Noël", animations musicales, atelier grimages...

Samedi 12, Froyennes, Foyer Saint-Eloi : "Marché de Noël", une trentaine d'artisans, de commerçants et de particuliers.

Samedi 12, rue de Courtrai et place Paul-Emile Janson, 16h : "Noëls du monde" par l'Ensemble vocal du Conservatoire de Tournai sous la direction de Michel Jakobiec.

Samedi 12, Vieux Marché aux Poteries, de 16 à 22h : "Snow Party", animations pour enfants, canon à neige, D.J. Stéphane Baert.

Samedi 12, école du Château, de 17h à 21h : "Marche des Illuminations" sur 7 et 12 kms.

Samedi 12, église Saint-Jacques, 20h : "Voyage romantique à Leipzig", concert avec la pianiste Juliana Steinbach, une organisation de la Chapelle Musicale de Tournai sous la direction de Philippe Gérard.

Samedi 12, Templeuve, église Saint-Etienne, 20h : "Concert de Noël" par les Cadets et l'Orchestre à Cordes du Conservatoire de Tournai sous la direction de Christiane Diricq au profit de la Croix-Rouge.

Samedi 12, Froyennes, la Petite Fabriek, 20h : "Barimatango", concert de Jelena Milusic et Atilla Aksoj, musique traditionnelle des Balkans.

Samedi 12, Gaurain, salle le Coquin, 21 h : "New Wave and Rock Party".

Samedi 12 et dimanche 13, place Crombez : "chalets et terrasses d'hiver" produits gastronomiques, manèges pour enfants, château gonflable, petit train du Père Noël et ferme de Noël dans le parc.  

Dimanche 13, Office du Tourisme, 15h et 17h : "Toomaï des éléphants" d'après "le Livre de la Jungle" de Richard Kipling, spectacle pour enfants avec le Clap-Do : Charles Michiels (clarinette basse), Pierre Quiriny (marimba basse) et Eve Godart (comédienne).

Dimanche 13, Maison de la Culture, salle Jean Noté, 17h30 : traditionnel "Grand Concert Viennois" par l'Ensemble instrumental de Wallonie avec la cantatrice Roxane-Isaura Decocq et les ballets tournaisiens de "Danse et Cie", une organisation de la Confrérie des Cinq Clochers, au profit de la jeunesse déshéritée du Tournaisis.

Du lundi 14 au dimanche 20, Centre de la Marionnette "Scènes à Noël - souvenirs du voyage du Père Noël".

Jeudi 17, Maison de la Culture, salle Frank Lucas, 14h : "Bouvines - 1214, bataille médiévale de deux villes du comté de Flandre, Lille et Tournai", conférence par Jean-Louis Pelon, historien, dans le cadre de l'Université du Temps Disponible.

Jeudi 17, Maison de la Culture, salle Jean Noté, 20h : "Vianney en concert", un chanteur à texte et à voix.

Du jeudi 17 au jeudi 24, Halle-aux-Draps, de 11h à 21h : "Halle de Noël", artisans, artistes, créateurs de décors...

Vendredi 18, Ere, salle culturelle, de 17h à 23h : "Marché de Noël" de l'asbl "Une place pour Tous".

Vendredi 18 et samedi 19, Office du tourisme, 20h : "Bonne Année !", spectacle de l'Atelier théâtre de Nathalie Wargnies.

Vendredi 18, samedi 19 et dimanche 20, place de Lille : "Les commerçants fêtent Noël" atelier de confection de boules de Noël, confection de cartes de vœux, balade en chariot, animation musicale.

Vendredi 18, samedi 19, dimanche 20, place Saint-Pierre : "Noël sur la place", tartiflettes, vin chaud, soupe à l'oignon, grimages, bar à vins et champagne, cabaret spectacle (le 19 à 19h).

Samedi 19, Maison de la Culture, salle Frank Lucas, 16h : "L'Enfant racine" d'après l'œuvre de Kitty Crowner, spectacle pour enfants par la Cie "la Bulle à Sons".

Samedi 19, cathédral, 18h : "Concert de Noël" par la Maîtrise et le chœur des enfants de la cathédrale.

Samedi 19, salle La Fenêtre, 20h : "le Tati Circus cabaret" spectacle de la compagnie "Mome Circus" de Tournai.

Samedi 19, Templeuve, église Saint-Etienne, 20h : "Concert de l'Etoile" par la Royale Union Musicale de Templeuve et la chorale la Pastourelle.

Dimanche 20, Willemeau, rue Dubus, 9h15 : "Marche des coquilles" sur 7 km à la découverte du village. 

Mardi 22, Pont des Trous, sur la péniche "Rayclau", 20h : "Concert de Noël" par l'Ensemble vocal du Conservatoire de Tournai sous la direction de Michel Jakobiec.

Samedi 26 et dimanche 27, Pont des Trous, sur la péniche "Rayclau", 19h : "Roberto Zucco", pièce de Bernard-Marie Koltès par l'atelier dramatique de Florent Simon.

Mardi 29, Maison de la Culture, salle Frank Lucas, 16h : "Ici Baba/ Ma mie forêt" par Samir Barris et Catherine de Biaso, spectacle pour enfants dès 4 ans.

Jeudi 31, Grand'Place, minuit : "Feu d'artifice de la Saint-Sylvestre".    

programme susceptible d'ajouts et/ou de modifications.

S.T. novembre 2015.

27 nov.
2015

19:01

Tournai : expressions tournaisiennes (338)

"Cha alleot bin mieux avant" ! Vous in êtes bin seûr ?

Quançqu'on passe des dreôles de moumints comme on vit asteur, quanç'que l'situation elle sanne nous écapper face à l'horreur, quanç'que les journaleux nous foutent l'pépette tout au leong d'ein artique, quançqu'on fait des émissieons pou dire que tout i-va mal in Belgique, alors, bin souvint, on intind dire pa de gins qui n'seont même pos vieux :

"Mo Dieu, avant cha alleot quand même beauqueop mieux !".

"Ah, ch'est c'que vous croyez, ch'est là vo n'idée ? Ahais, bé, mi j'vas vous moutrer que ch'n'est pos vrai. Rasseurez-vous, je n'vas pos ichi ormonter jusqu'à l'impire romain, jusse ein p'tit sièque in arrière, chint ans seul'mint.  

In 1900, à "l'Belle Epoque", comme on l'app'leot, l'pus grante partie de l'populatieon, ch'est dins des cambusses qu'elle viveot. On s'y intasseot à siept ou bin huit dins deux pièches seul'mint, sans leumière, sans élestrique, obligé d'aller querre l'ieau au puche commun. Ch'est à l'cour qu'on f'seot l'buée et que l'linche on l'metteot à séquer. Les rulettes orsanneot'ent à des égouts à ciel ouvert dusque les rattes jeueot'ent au mitan des ordures ménagères. Pou faire vife s'famile, ch'est pou ein salaire d'misère qu'ouvreot l'mopère, douze heures pa jour pindant eine sémaine intière. On mingeot de l'rata aux légueumes (surtout à navieaux) ave des penn'tières pus souvint qu'à s'tour et, su l'tape, i-aveot toudis du pain rassis à l'plache d'ein tout fraîquemint sorti du four. L'beon morcieau d'viante, ch'éteot ein orpas total'mint inconnu d'nos inciens dins des quartiers comme à Saint-Piat, Saint-Brice, Saint-Jean ou à l'Madeleine dusque resteot'ent les "moinses que rien". Ein nouvieau-né i-aveot l'sanche d'grandir si i-passeot les prumiers meos de s'vie mais, de l'rougeole, l'breongile et même alfeos du cholera, i-moureot, souvint bin jeone, d'maladie. Usé pa l'ouvrache qui d'veot faire à l'forche de ses deux bras pasqu'i-n'aveot pos bramint d'machines à c'temps-là, l'mopère laicheot bin souvint eine veuve d'moinse d'quarante ans, qui n'orcheveot aucune ortraite pou continuer à él'ver ses infants. Des infants qui n'aveot'ent jamais beonne mine qui n'alleot'ent pos à l'école et qui, à huit ans, intreot'ent à l'usine.

Comme vous l'veyez, "cha alleot bin mieux avant" !

In mille nuef-chint quatorze a éclaté l'Grande Guerre qu'on pinseot ête l'der des ders et qui a ajouté eine pelletée d'puque à l'misère. Pou servir leu patrie, définte leu territoire, warder leu liberté, in âche de s'batte, tous les heommes i-ont été appelés. A dix-huit ans, no jeonesse, elle s'a ortrouvée, au bord d'l'Yser, dins les tranchées, dins l'freod, l'bédoule, bombardée, mitraillée et gazée. Des chintaines de milliers d'garcheons n'seont pos orvenus et dins presque chaque famile, on a pleuré ein mopère, ein infant et ein frère disparus. Les ceusses qui ont eu l'beonheur d'écapper au massacre, i-seont restés estropiés ou traumatisés et i-a fallu bin des ainnées pou tinter d'oblier ce qui s'aveot passé.

Comme vous l'veyez, "cha alleot bin mieux avant" !

A peine vingt ans pus tard et eine crisse financière qui a jeté les pus riches dins l'misère, ein p'tit boche moustachu orvinchard, i-a, à nouvieau, mis l'Europe à feu et à sang ave ses avieons et ses chars et i-a fallu orprinte les fusils et ormonter au combat pou ormette ceulle sale biête, démaquée pa l'infer, au pas. Ch'éteot fini les vielles guerres in dintelle du sièque dernier, on bombardeot et on tireot à l'aveule, tuant militaires et civils sans faire d'quartier. Après chinq ainnées, quanç'que s'est infin levée l'aube de l'liberté, ch'est pa millieons qu'les morts on les a queomptés, à chaque coin d'rue, su chaque plache de no cité, on s'a ortrouvé pa d'vant ein paysache total'mint dévasté. I-a fallu ortrousser ses manches pou effacer les cicatrices du conflit et bin vite deonner à no ville l'visache qu'elle areot dû acore avoir aujord'hui. Dins chaque famile, on a brait ein mopère, eine mamère, ein infant chéri importés pa l'tourbilleon d'l'Histoire à causse d'ein p'tit ouverrier autrichien pris de l'pire des folies.

Comme vous l'veyez, "cha alleot bin mieux avant" !

Après l'guerre, les Belges i-seont déchirés pou savoir si l'roi Léopold i-aveot acore in Belgique ein avenir, si après avoir quitté l'pays et avoir été prisonnier in Allemane i-pouveot orvenir. On a app'lé ceul épisode : "l'Questieon Royale" et on a assisté à d'riches batales. On n'saveot même pus qui aveot raiseon ou bin tort mais, in attindant, près d' Liège, i-a eu des morts.

Comme vous l'veyez, "cha alleot bin mieux avant" !

In mille nuef-chint-soixante, d'jà no gouvernemint i-a pris des lois qui n'ont pos beauqueop plu aux gins. Au meos d'décimpe, on a vécu l'pus grande grève jamais connue in Belgique, ch'éteot conte Eyskens et s"loi unique" que beauqueop ont même nommé l'loi inique. Pindant ein meos, les ouverriers ont laiché caire l'ouvrache, ein peu partout i-a eu des sabotaches, des cléos à treos tiêtes su les routes ont été rués pou impêcher les gins de s'déplacher pou aller ouvrer. Au soir, sans leumière, l'ville elle éteot comme morte, cabarets, restos et cinémas aveot'ent serré leu porte et pindant l'jour, des cortèches porméneot'ent dins les rues de l'cité, portant des pancartes et berlant des slogans ave l'poing levé. Après l'Noë, tout cha s'a arrêté et ein meos pus tard, vous l'avez adveiné, l'loi elle a été... votée.

Comme vous l'veyez," cha alleot bin mieux avant" !

Et après, i-a acore eu les évèn'mints du Congo et bramint d'Belges qui viveot'ent là-vas seont orvenus à Zaventem, in catastrophe, libérés grâce au corache d'nos brafes paras, i-a eu l'guerre d'Algérie et l'famine au Biaffra, à Paris d'jà des attintats, l'guerre froide et l'affaire des missiles d'Cuba, l'assassinat d'Martin Luther King, d'John et Bob Kennedy, l'Innovatieon détruit pa ein incindie, le meos d'mai 68 et les pavés qui voleot'ent dins les rues d'Paris, les marches des flamingants à no nouvelle "frontière linguistique", l'partitieon d'no Belgique, les Brigades rouches et les tueurs du Brabant Walleon, l'affaire Dutroux ave l'mort de paufes infants, le 11 septimpe 2001 et New-York à feu et à sang, à l'porte de l'Europe, l'guerre in Serbie...

Bin seûr que "cha alleot bin mieux avant" !

In 1940, Winston Churchill aveot promis aux Inglais : "du sang et des larmes" et les Londoniens ont continué à vife normal'mint malgré les bombes incindiaires et le V1. Asteur, on n'ose même pus aller à s'n'ouvrache, mette les infants à l'école, faire ses commissieons, on reste dins s'villache, on a l'esquite d'ête pris in otache, on s'inferme dins s'maseon. On a serré les théâtes, les cafés et les restos, on a arrêté l'trafic des bus et des métros, on a interdit l'tour de chant d'Johnny Halliday, à Bruxelles du saim'di au soir i-n'a pos pu canter, alors que l'seule cosse qui f'seot d'mal, l'beon fieu, ch'éteot d'acore alleumer les... vieux ! J'in sus arrivé à m'deminder si on ne l'fait pos ein p'tit queop expres. Foute l'pépette aux gins cha arringe pétête ein certain bourguémette flamind. L'diale, on n'l'intind pos, i-reste bin muché, ave eine sécurité rinforchée, mais i-saque seûrmint su toutes les fichelles in secret, s'rêve à li i-l'a d'jà moutré ch'est d'faire d'no pays ein état policier.  

J'peux comprinte que vous n'êtes pos tout à fait d'accord ave mi mais alors si, comme vous l'pinsez, i-feaut sauver nos vies : orvindons nos auteos car i-a des chintaines de morts sur les routes chaque ainné, n'allons pus in voyache in avieon car cha fait bramint d'morts quançq'que cha cait, n'allons pus jamais dins les trains pou n'pos morir dins ein déraill'mint, n'acatons pus des plats préparés dins les magasins pasque'on n'sait pos ce qu'on a mis d'dins, n'allons pus faire de ski in montane car eine avalanche pourreot nous importer, arrêtons d'boire et d'feumer, car cha, ch'est prouvé, ch'est très mauvais pou l'santé.

"Cha alleot bin mieux avant" ? Bé neon, neon, ch'a toudis été l'même, l'meonte i-a toudis été composé d'brafes gins et d'riches détraqués et l'prumière guerre qui a qu'minché, ch'éteot i-a des milliers d'ainnées.

Pou terminer, mes gins, à vot'e intintieon, j'vas vous faire eine pétite prescriptieon : i-vous feaut continuer à aimer, rire, boire et canter, ch'est ein ormète précieux conte les ceusses qui passent leu vie à nous faire amarvoyer.

(lexique : seûr : sûr / quanç'que : lorsque / des moumints : des moments / asteur : maintenant / sanner : sembler / écapper : échapper / ein journaleu : un journaliste / foute l'pépette : faire peur / au leong : au long / ein artique : un article / ahais : oui / moutrer : montrer / ormonter : remonter / jusse : juste / ein sièque : un siècle / eine cambusse : une maison délabrée / eine pièche : une pièce / l'leumière : la lumière / l'élestrique : l'électricité / querre : chercher / ein puche : un puits / l'buée : la lessive / l'linche : le linge / séquer : sécher / les rulettes : les ruelles / orsanner : ressembler / dusque : où / jeuer : jouer / au mitan : au milieu / vife : vivre / ouvrer : travailler / l'mopère : le père / l'rata : la ratatouille / les légueumes : les légumes / les navieaux : les navets / les penn'tières : les pommes de terre / l'tape : la table / toudis : toujours / à l'plache : à la place / fraîqu'mint : fraîchement / l'morcieau : le morceau / l'orpas : le repas / les moinses que rien : expression de dénigrement qui désigne les personnes les plus pauvres ou les moins cultivées, les personnes tout au bas de l'échelle sociale / l'sanche : la chance / l'breongile : la bronchite / jeone : jeune / à l'forche : à la force / laicher : laisser / l'ortraite : la retraite / d'puque : de plus / warder : garder / l'âche : l'âge / no jeonesse : notre jeunesse / l'freod : le froid / l'bédoule : la boue / des chintaines : des centaines / les garcheons : les garçons / les ceusses : ceux /  orvinchard : revanchard / ave : avec / orprinte : reprendre / démaquée : vomie / à l'aveule : à l'aveugle / queompter : compter / ortrousser : retrousser / braire : pleurer / eine mamère : une mère / à causse : à cause / ein ouverrier : un ouvrier / acore : encore / orvenir : revenir / ceul : cet / eine batale : une bataille / décimpe : décembre / caire : tomber / des cléos : des clous / ruer : jeter /  s'déplacher : se déplacer / ouvrer : travailler / serrer : fermer / porméner : promener / berler : crier / adveiner : deviner / bramint : beaucoup / là-vas : là-bas /  l'corache : le courage / rouche : rouge / paufe : pauvre / les Inglais : les Anglais / avoir l'esquite : craindre, avoir peur / saim'di : samedi / l'cosse : la chose / ein beon fieu : un bon fils / ein queop : un coup / pétête : peut-être / ein bourguémette : un bourgmestre / l'diale : le diable / mucher : cacher / rinforchée : renforcée / saquer : tirer / comprinte : comprendre / orvinte : revendre / caire : tomber / acater : acheter / l'montane : la montagne / feumer : fumer / ein ormète : un remède / conte : contre / faire amarvoyer : tourmenter).

S.T. novembre 2015.  

19:01 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, patois, picard |

25 nov.
2015

10:28

Tournai : la lente évolution de la place de Lille.

1954 Tournai ancienne porte de Lille.jpgUn peu d'Histoire.

Le visiteur qui arrive à Tournai par la Nationale 7 en provenance de la frontière française et qui désire se rendre sur le forum tournaisien pénètre inévitablement dans la cité des cinq clochers par la place de Lille. Cet espace triangulaire a longtemps été fermé par un des éléments de la dernière enceinte de Tournai, la "porte de Lille". La reproduction ci-contre représentant cette dernière date d'avant 1865, époque à laquelle son démantèlement a débuté. C'est, en effet, en février de cette année-là qu'on a procèdé à l'enlèvement des terres qui la recouvraient.

Au moyen-âge, ce lieu portait le nom de "Market as Vaques" (Marché aux Vaches). Le marché au bétail s'y tint jusqu'à son déménagement vers la rue Perdue sur décision des Consaux du 9 juin 1587. L'historien Hoverlant avance qu'elle aurait pu s'appeler "place Saint-Mard" en raison de la proximité de l'abbaye à laquelle l'église Sainte-Marguerite a été rattachée par Louis XIV, mais aucun document ne semble attester cette appellation. Suite à la disparition du marché, elle prendra le nom de "Vieux Marché aux Vaches", une dénomination qu'elle conservera jusqu'après la démolition des fortifications.1988 Tournai la place de Lille.JPG

 

L'église Sainte-Marguerite.

1905 Tournai la place de Lille.jpgAux environs de l'année 1280, une paroisse s'établit en ce lieu, alors faubourg de la ville. Ce nouveau quartier est abrité par la nouvelle enceinte qui a vraisemblablement été construite entre 1277 et 1282. Une église paroissiale est édifiée et l'édifice religieux s'ouvre sur le Marché aux Vaches tandis qu'un de ses flancs longe la rue As-Pois (ou As-Poids) parallèle au rempart qui relie la porte de Lille à la porte Saint-Martin. Ce nouveau lieu de culte est dédicacé à Sainte-Marguerite d'Antioche, jeune vierge martyrisée sous l'empire romain, déjà vénérée à l'époque en la cathédrale de Tournai. De style gothique, sa nef est précédée d'un clocher surplombant le portail. Ce dernier ne sera construit qu'après 1350. En 1733, si on excepte la tour, la totalité de l'église est détruite par un incendie. Sa reconstruction débutera en 1756. Elle prendra désormais la forme qu'on lui connait encore actuellement, décrite comme un étroit et haut vaisseau de briques, austère à l'extérieur mais particulièrement lumineux à l'intérieur. Son porche et sa tour seront classés en 1936. Parmi les nombreuses œuvres d'art qu'elle possédait, relevons une Gloire attribuée à l'artiste tournaisien, Nicolas Lecreux, datant du XVIIIe siècle.

On a failli la fermer, une première fois, au culte en septembre 1880 lorsque le conseil communal de Tournai, soutenu par le ministre libéral et anticlérical Jules Bara, opta pour le rattachement de la paroisse à celle de Saint-Quentin. Devant l'émoi provoqué parmi les habitants du quartier et le refus des fabriciens, elle fut maintenue. En 1960, la réorganisation des paroisses de Tournai lui est, cette fois, fatale, elle est définitivement supprimée et rattachée à la paroisse de Saint-Quentin-Saint Jacques. Allait alors débuter une longue descente aux enfers. Refuge de colonies de pigeons, le fier vaisseau qu'on peut voir depuis la chaussée de Lille allait se dégrader peu à peu, au point de voir une partie de la charpente couvrant la nef s'effondrer. On évoqua, de loin en loin, sa possible réaffectation en une salle culturelle ou en un lieu pour des festivals de musique rattaché à la Maison de la Culture toute proche grâce à son acoustique exceptionnelle. En 1988, les cloches sonnèrent une dernière fois pour annoncer l'unique concert qu'elle accueillera. Les associations du quartier avaient espéré pouvoir disposer d'une salle de réunion et de festivités mais aucun des projets ne fut réalisé. 

Dix-sept années passèrent. En 2005, la société Monument Hainaut SA, spécialisée dans la restauration des monuments déposa un projet de réaffectation de l'église en espaces d'expositions et de bureaux sur une structure interne métallique autoportante. Ce nouveau projet fit lui aussi long feu. Sept ans plus tard, un autre promoteur obtint le permis de bâtir pour la réalisation d'appartements de très haut standing formant trois étages au-dessus d'un espace dont la destination, à ce jour, n'a pas encore été définie, l'administration communale ne disposant pas de moyens financiers suffisants pour la gestion d'une nouvelle salle culturelle. Les luxueux appartements offrant une vue imprenable sur Tournai sont en cours d'occupation, l'entrée se faisant par la rue As-Pois.

Les maisons voisines.

Un projet concerne les deux maisons qui jouxtent la partie gauche de l'église lorsqu'on la regarde depuis la place. Les deux bâtiments, sans cachet architectural particulier, qui s'y trouvent : un restaurant et une librairie vont prochainement être démolis pour laisser la place à deux immeubles à appartements construits par la société qui a réalisé la transformation de l'ancien lieu de culte. Il est à noter que, suivant les informations disponibles actuellement, le restaurant reviendrait au rez-de-chaussée après la réalisation des travaux.

La série d'immeubles qui avoisinent ces deux bâtiments ont subi ou vont subir d'importantes transformations. Ainsi, lors de cette dernière décennie, l'ancien hôtel à l'enseigne "Aux Armes de Tournai", tenu par Maggy Dehem qui participa au concours de Miss Belgique, a été complètement restauré et transformé : des appartements de standing s'élèvent sur deux étages au-dessus d'un rez-de-chaussée commercial où prendra place, dans les prochaines semaines, la libraire Lenglez. Cet immeuble est mitoyen du restaurant grec à l'enseigne du "Greco".  L'immeuble d'articles d'électricité Van Coppenolle est inoccupé depuis la mort de son propriétaire en 2013. A côté, se trouve une pizzéria "Le Stromboli". Un peu plus loin, l'ancien garage à l'enseigne "Caltex", marque de carburant dans les années cinquante et soixante, a cessé d'exister à la fin des années nonante, cette fermeture est intervenue dans le cadre de la disparition programmée des stations-services possédant des cuves de carburants dans le centre de la ville. L'ancien parking qui existait déjà à l'époque a été intégré au projet d'un vaste parking couvert s'étendant désormais derrière l'église Sainte-Marguerite et les bâtiments précités avec accès par la rue As-Pois. Le bureau de la station-service est devenu, comme c'est souvent le cas à Tournai dès qu'une surface se libère, un magasin de nuit.

La plus petite maison de Tournai.

2005 Tournai la plus petite maison (1).JPG

 A droite de l'église, on découvre la plus petite maison de Tournai, coincée entre le café qui fait l'angle de la rue As-Pois ("A la bonne frite") et le porche de Sainte-Marguerite. Après la seconde guerre mondiale, cet immeuble étroit était occupé par Mr et Mme Jules De Winter qui y tenaient un salon de coiffure pour hommes. Il va sans dire qu'un seul client y était coiffé à la fois et que la partie réservée à l'attente se réduisait, tout au plus, à deux chaises. Cette petite maison vient d'être rénovée, sa toiture a été refaite, ses briques ont repris la couleur sang de bœuf et les boiseries ont été remplacées. Le bâtiment est actuellement "à louer". La photo ci-contre la montre, telle qu'elle était il y a une dizaine d'années, peu avant sa restauration.

 

La colonne française.

C'est sous le mayorat de Roger Delcroix que la place de Lille a pris sa configuration actuelle. Jusqu'à la fin des 2005 Tournai colonne française.JPGannées quatre-vingt, le parking se situait au centre de celle-ci entourant le monument appelé "la colonne française".

Celle-ci représente une déesse tournée vers la France, palme à la main, installée en haut d'une colonne en granit rouge. Cette oeuvre de Sonneville et Daret a été érigée en mémoire des soldats français qui, en 1832, deux ans après l'indépendance de la Belgique, allèrent faire le siège d'Anvers et combattre les soldats de l'empereur hollandais Guillaume qui avaient entrepris une tentative de reconquête des territoires perdus. A sa base, elle comporte les blasons des provinces de Belgique.tournai, place de lille, eglise sainte-marguerite, colonne française, Nicolas Lecreux

 

D'autres immeubles...

Entre la rue des Bouchers Saint-Jacques et la rue des Carmes (en partie visible derrière la colonne française) se situe l'ancien hôtel particulier du prince de la Tour d'Auvergne, un noble français, cet hôtel de maître a été, depuis environ deux décennies, transformé en lieu de réunion et de bureaux. Sur le même trottoir, on découvre également une boulangerie, un lieu de réunion pour jeunes, la "Maison des Notaires" et un immeuble particulier à l'angle de la rue des Carmes. Le bâtiment qui se dresse à l'angle de la place de Lille et de la rue Blandinoise, abritant aujourd'hui un lavoir automatique était jadis occupé, lui aussi, par un salon de coiffure.

2005 visite collègues ING (31).JPGSur la partie comprise entre la rue Blandinoise et la porte de Lille, on trouve un café surtout fréquenté par les étudiants des établissements scolaires situés à proximité : la Haute Ecole de la Communauté Française du Hainaut  (ex-école Normale), les Ursulines et le Collège Notre-Dame. Une sandwicherie a remplacé, naguère, l'ancien restaurant "100 Patates", le resto " La caverne aux Pirates" a succédé à la "Grotte à steaks", ce lieu de restauration avait été ouvert dans les bâtiments occupés jusque dans les années septante par la Compagnie du Gaz (Intourgaz), une discothèque, "le 747" lui était annexé. Un coiffeur a succédé à la mutualité libérale juste à côté d'un magasin automatique qui a fermé ses portes, il y a quelques années, et n'est plus occupé. A la place du garage tenu par Jules Lucq, jusque dans les années soixante, s'élève désormais la "chocolaterie artisanale Léger" et le café, encore ouvert dans les années septante, situé à l'angle du boulevard Léopold, a fait place à "Pizza Hut".

Face à ces immeubles, sur la partie comprise entre l'angle du boulevard Bara et la rue As-Pois, on trouve une sandwicherie, une maison particulière, commerce de chaussures jusqu'au début des années septante, tenu par le cordonnier Louis Ducoulombier et son épouse, un café-friterie et un cabinet dentaire qui a remplacé la boulangerie tenue par Mr et Mme Decancq. Une observation minutieuse de la façade de cet immeuble révèle la présence de cartouches décrivant les différentes étapes de la fabrication du pain.  

Tout comme la place Reine Astrid (voir article à ce sujet), la place de Lille a régulièrement hébergé les métiers forains lors des extensions de la kermesse jusqu'au moment du transfert de celle-ci sur la plaine des Manœuvres (ou esplanade du Conseil de l'Europe). Depuis sa rénovation, elle accueille, chaque samedi matin, le marché aux produits bio et est aussi le rendez-vous des fleuristes ambulants. Chaque année, au mois de septembre, l'Association des Dames françaises de Tournai organise une cérémonie d'hommage au pied de la colonne française. 

(Sources : "Tournai, Ancien et Moderne" d'A.F.J Bozière - "L'église Sainte-Marguerite à Tournai Survivre" ouvrage édité en 2008 par l'asbl Pasquier Grenier - articles de la presse locale - recherches personnelles - documents photographiques 1, 2, 3 et 6 tirés de la presse locale "Nord Eclair" et "Courrier de l'Escaut", 4, 5 et 7 : collection de l'auteur).

 

23 nov.
2015

11:00

Tournai : André Waignien n'est plus, l'âme musicale pleure !

Ce dimanche 22 novembre 2015, jour de la fête de Sainte-Cécile, patronne des musiciens, André Waignien, un des plus grands compositeurs de notre époque nous a quittés.

Ses jeunes années.

André Waignien était né à Mouscron, le 28 janvier 1942, d'un père employé à la Société nationale de Chemin de Fer belge et d'une mère ouvrière dans le secteur textile à Roubaix, ville française distante d'un jet de pierre de la cité hurlue.

C'est en suivant son père, musicien à la Royale Harmonie Sainte-Cécile du Mont-à-Leux (quartier de sa ville natale) qu'il découvre et apprend à aimer la musique. Dès le départ, il développe une attirance particulière pour les instruments à vent.

Aux Conservatoires royaux de Bruxelles et de Mons, il va étudier les différents aspects de l'art musical : le solfège (passage obligé pour tous les musiciens), l'histoire de la musique, l'harmonie, la trompette, le piano, la musique de chambre et la lecture-transposition. C'est déjà à cette époque qu'il participe à la formation de jazz de l'ORTF Lille, où il écrit des arrangements.

Une carrière consacrée à l'enseignement musical.

En 1965, âgé de 23 ans, il enseigne à l'Académie de Musique de Mouscron. En 1970, on le retrouve à la tête de la grande formation de jazz régionale qu'est alors le "West Music Club". Sous sa direction, celui-ci va se faire connaître un peu partout en Belgique et à l'étranger. Il apparaîtra dans des émissions télévisées sur les chaînes nationales. En 1974, il devient professeur de solfège au Conservatoire de Mons.

En 1977, il succède à un autre compositeur tournaisien renommé, André Dumortier, à la tête du Conservatoire de la cité des cinq clochers. Il a pour cela pleinement réussi le concours de compétence donnant accès à cette fonction. Sous sa direction, le nombre d'élèves ne cessera d'augmenter.

En 1982, il est également professeur de cours d'harmonie écrite au Conservatoire Royal de Mons et en 1987, il est nommé professeur d'harmonie au Conservatoire Royal de Bruxelles. Il exercera ces multiples fonctions jusqu'en 2007, date à laquelle il prend sa retraite.

André Waignien, directeur d'orchestre.

Avec des chœurs régionaux, il a dirigé, notamment à Tournai, en qualité de chef d'orchestre des œuvres aussi célèbres que Carmina Burana, le 2e concerto de Rachmaninov, le Requiem de Francis Poulenc, Boris Godounov, l'Arche de Noé de Benjamin Britten, la petite messe solennelle de Rossini, l'Arlésienne de Bizet...

Afin de mettre en pratique l'excellent enseignement individuel dispensé dans les différentes classes de l'Académie de musique tournaisienne, André Waignien, a créé au début des années quatre-vingt "l'Orchestre à vent du Conservatoire de Tournai" qui rassemblera, lors de concerts donnés en la Maison de la Culture, près de 150 jeunes musiciens accompagnés de leurs professeurs. Ces différentes prestations feront l'objet d'enregistrements sur disques 33 tours LP, le support de l'époque. Au programme, on retrouvera des interprétations d'œuvres connues mais aussi des œuvres de sa composition dont le très connu "Tournai-Signature", dans lequel on perçoit, en filigrane, des airs tournaisiens dont l'hymne local :"Les Tournaisiens sont là".

André Waignien, compositeur.

André Waignien restera un des plus grands compositeurs pour orchestres symphoniques et orchestres à vent. Sa musique est jouée non seulement en Europe mais aussi aux Etats-Unis, au Canada, au Japon et en Australie. Son catalogue auprès de la Sabam (l'équivalent de la Sacem) est riche de plus de 1.000 œuvres et plus de 100 Cd composent sa discographie.

Parmi cette richesse de créations, on retiendra :

"La Cantate aux Etoiles", créée en la cathédrale Notre-Dame de Tournai, avec le Grand Orchestre des Guides, une soprano-solo, trois chœurs d'enfants, une dizaine de chorales venues de Wallonie, de Flandre et du Nord de la France, soit près de 750 exécutants. Cette œuvre a été interprétée, à Bruxelles, à l'occasion du 50e anniversaire de l'Organisation des Nations Unies.

"La cantate "A travers le temps" pour chœur mixte, soprano, deux pianos et percussions, une œuvre qu'il a dédiée à Georges Toubeau, ce patron de cimenterie, protecteur de la vie culturelle tournaisienne.

La "Missa Tornacum" pour chœur mixte et orchestre ou orgue. Cette œuvre a été enregistrée en 2000 par "The Eastern Wind Symphony and the College Of New Jersey Choral" (USA).

A la demande du Ministère de la Culture du Grand Duché de Luxembourg, il écrit "Impressions luxembourgeoises" pour orchestre et soprano solo, œuvre créée en 1999, à Luxembourg, par l'Orchestre militaire Grand Ducal et la soprano mouscronnoise Christel Plancq.

Dans le cadre de "Lille 2004, capitale européenne de la Culture", il crée un "Magnificat" pour chœur, soprano solo et orchestre.

En 2010, sur sollicitation des membres de l'association internationale Adolphe Sax, dans le cadre du prestigieux Concours international Adolphe Sax à Dinant, il compose le morceau imposé pour saxophone et orchestre de chambre, "Rhapsody for alto saxophone et orchestra".

En 2011, la création mondiale de sa "Missa Solemnis" pour soprano solo, chœur mixte et orchestre se déroule en la cathédrale du Val d'Aoste en Italie.

Citons encore "Diagram", "Song and Dance", "Czardas"... d'autres œuvres parmi tant d'autres interprétées dans le monde entier.

André Waignien, lauréat de nombreux prix.

Le chef d'orchestre-compositeur était titulaire de nombreux prix nationaux et internationaux de composition, notamment le "Prix de l'Union européenne de Radio-Diffusion" et le "Prix de la Musique" décerné par la Sabam. En 2008, il a été nommé sociétaire d'honneur de "l'Ateneo Musical de Puerto Valencia" en Espagne.

André Waignien aimait la musique et le succès rencontré durant sa carrière ne lui est jamais monté à la tête, il adorait diriger ces orchestres amateurs aux quatre coins de la Wallonie Picarde et de Flandre que ce soit : "la Concorde" à Péronnes," l'Harmonie démocratique la Mouscronnoise" à Mouscron, la "Congrégation" d'Izegem, "L'Harmonie royale de Comines"...  

Une œuvre musicale est bien souvent teintée d'émotion, mais aujourd'hui, celle-ci est grande, le départ d'André Waignien est douloureusement ressenti par ceux qui aiment particulièrement la musique.

(sources : biographie d'André Waignien agrémentée de quelques souvenirs personnels concernant l'Orchestre à vent)   

S.T. novembre 2015.

 

21 nov.
2015

09:36

Tournai : expressions tournaisiennes (337)

Ov'là orvenu l'temps des bonnets d'laine... On est intré dins l'hiver !

Neon, rasseurez-vous, mes gins, je n'va pos ichiqu'mincher à canter comme dins Noter-Dame de Paris, mais comme on nous a anneonché ein p'tit queop d'freod, j'préfère infiler ein quieaud gilet pa d'zous m'pal'teot. J'vous veos d'jà ichi v'nir et j'vous intinds d'jà m'dire, i-va faire chinq à six degrés au meilleu momint de l'journée, vous avez bin raiseon mais après les dix-siept qu'on a connus au début du meos d'novimpe, on risque de s'ortrouver dins l'situatieon des gins qui orvienne'tent d'vacances in Espane, in plein mitan du meos d'décimpe.

Pou m'feimme et mi, i-n'a pos fallu l'orfroidiss'mint du temps pour qu'on soiche collés tous les deux in même temps. Cha fait asteur pus d'huit jours qu'on n'a pus mis l'nez à l'cour, ch'est à peine si j'sors pou aller querre m'gazette ou bin l'courrier du facteur dins m'boîte à lettes. Ch'est à ces moumints-là qu'on est contint d'avoir des provisieons et de n'pos ête obligé d'sortir pou devoir aller à commissieons, sineon, cha n'fait pos ein pli, on f'reot cheinture ou on ming'reot tous les jours des biscottes à l'confiture. Pou cha, cha n'me f'reot pos d'tort, éné, j'sus treop greos et l'médecin i-m'dit toudis que j'deos perte eine paire de kileos.

Tout i-a comminché, à l'fin de l'sémaine dernière, quanç'que, pindant l'nuit, j'ai été réveillé ave l'gosio serré et de l'peine pou respirer. Ein affaire parelle cha n'm'éteot jamais arrivé et, inter nous, j'ai eu l'pépette, j'sus bin forché d'vous avouer, adeon, j'ai télépheoné pou d'minder à ein docteur de garde d'passer.

"Vous croyez que cha va ainsin qui m'a dit l'heomme, qui au luméreo 1733, i-aveot décroché l'télépheone. Ch'est pos possipe pasqu'i-n'a pus d'médecin après vingt-treos heures et jusqu'à six heures au matin. Si vous n'vous sintez pos treop bin, j'peux vous inveyer eine ambulance rapid'mint".

J'n'aveos pus bramint d'veox mais j'ai quand même pu articuler :

"Je n'sus pos acore mort, savez, malgré que je m'sins étouffé et fameus'mint mansé".

"Alors, si ch'est ainsin, allez aux urginces de l'clinique pa vos propes moyens" qui m'a dit avant d'raccrocher ave l'air d'ein que j'aveos déringé inutil'mint.

J'ai été bin inspiré d'appeler d'abord les urginces avant de m'déplacher.

"J'vas vous passer l'médecin pasque mi j'sus débordé" qui m'a dit l'prumier qui a décroché.

J'ai eu eine brafe feimme au télépheone, elle m'a acouté et elle m'a dit :

"Ch'est pos l'peine de v'nir asteur, vous allez rester dins eine campe pindant des heures à attinte lommint pou ête ausculté pa ein médecin, allez, cha va aller... orcouchez-vous et v'nez nous vir d'main au matin".

Elle a problablemint pinsé que j'éteos ein qui s'plaigneot toudis de hic et hac, qui aveot l'habitude d'tout aggraver, que j'éteos pétête ein hypocondriaque.

J'n'in croyeos pos mes orelles. J'éteos tout paf, J'ai pos osu li dire mais j'l'ai pinsé :

"Quoisqu'on appelle à no n'n'époque l'neon-assistance à perseonne in dinger".

Quanç'que j'sus arrivé à huit heures, ch'éteot ein véritape bonheur, dins l'salle d'attinte i-n'aveot rien, pos même ein bleu tchien.

I-a eine infirmière bin sympathique qui est v'nu m'querre à peine que j'm'éteos assis su m'cayère et après avoir noté tous les rinseing'mints, elle m'a dit :

"Ortournez dins l'salle d'attinte, vous allez ête vu pa l'médecin".

J'sus seûr et certain, j'n'ai pos eu eine bleusse vue, l'docteur, be... j'l'ai attindu et je n'l'ai jamais vu.

I-a alors passé pa d'vant mi, pindant tout l'avant-midi, des dizaines et des dizaines d'bonheommes grands et petits. I-aveot des gins qui éteot'ent cait su le tiête, des gins qui aveot'ent des toupiries, des gins qui aveot'ent été mordus pa eine biête, ein gosse ave eine boche pasqu'i-s'aveot imgambieller dins l'tapis. I-aveot aussi des ceusses qui aveot'ent démaqué après avoir pris leu déjeuner, eine jeone file qui pinseot qu'elle éteot impanch'lée de l'velle au soir, ein carpintier qui aveot planté ein cleau dins s'poignet, ein garcheon qui aveot orchu des queops d'ein eaute su ein trottoir. J'ai même vu ein infant qui tousseot à ormette ses boyéaux, ein albran qui avaleot ses mouquiles, ein qui aveot du mau à ses dints du héaut, eine feimme qui traîneot ses p'tits rambiles, des gins qui arriveot'ent su des lits à mitan indormis et même ein qui n'a pos voulu attinte et qui est parti. Les urginces cha a toudis été eine cour des miraques et ch'est là-d'dins que j'aveos eu l'malheur d'rester in raque.

Ahais, j'éteos là dins m'coin, tout seu, réduit à l'simpe fonctieon d'erwettieu.

Quatre heures après que j'éteos arrivé, l'docteur i-n's'aveot toudis pos pointé.

J'ai été vir l'feimme qui aveot pris m'n'inscriptieon et j'li ai d'mindé tout douch'mint :

"Et alors, mamzelle, dites-me, j'vas acore rester ichi lommint ?"

"je n'sais pos mi, pou cha i-feaut vir ce que va dire l'médecin"

"Bé cha fait pus d'quate heures que m'n'heomme j'l'attinds !".

"N'vous foutez pos in rache, mi, j'ai fait m'n'ouvrache, à vo n'arrivée, j'vous ai inscrit, pou tout l'reste cha n'dépind pos d'mi".

Ch'est alors que j'ai vu arrivé in queurant eine pétite infirmière qui m'a ravisé  :

"Mo Dieu, Mossieu, cha fait quate heures que vous êtes arrivé, on s'escusse, savez, mais on vous aveot oblié".

"Bé, comperdez Madame, j'n'ai pos mingé avant d'venir et ainsin j'commincheos à m'sintir flaubir".

Dins eine pétite pièche dusqu'on m'a mis, au bout d'ein p'tit quart d'heure, j'ai infin vu arriver l'inattindu docteur, in deux minutes, i-a acouté m'respiratieon, i-a orwettié m'lanque et pris m'tinsieon.

"Vous avez dix-huit, cha vous arrife souvint ou bin ch'est à causse d'l'énervemint".

M'n'heomme, i-peut dire qu'i-l'a écappé belle pasque j'aveos acore m'veox qui s'éteot fait la belle.

I-m'a prescrit, su eine pétite fuèlle, ein médicament et m'a dit d'appl'er, lindi sans faute, m'médecin traitant.

"Bé ahais, mais ch'est pasqu'i-est in vacance que j'sus v'nu ichi, j'pinse que d'puis quate heures que j'attinds, à tertous j'l'ai d'jà dit.

"Ah beon... pourquoi, vous n'avez pos app'lé l'médecin d'garde pindant l'nuit ?".

In intindant cha, j'ai failli tourner d'l'ouèl, cha m'a sérieus'mint énervé et m'tinseion, là, ch'est à vingt qu'elle a seûrmint meonté.

Comme diseot ein des inciens collègues ave qui j'ai ouvré, asteur pou pouvoir ête malate, i-feaut d'abord ête in beonne santé ! Comperdez-le comme vous l'voulez !

Mes amisses, j'vas devoir ichi vous laicher tertous pasque m'feimme elle a acore eine quinte de mauvaisse tousse, l'hiver i-n'est pos 'cor arrivé qu'on est d'jà tous les deux saprémint arringés. On va acore passé tout l'nuit à mitan assis dins no lit.

I-est orvenu... l'temps des inhalatieons, des chireops, des déconctieons, in c'momint, i-n'in a qu'ein qui s'frotte les mains, vous l'avez adveiné ch'est... m'pharmacien.

 

(lexique : orvenir : revenir / neon : non / rasseurez-vous : rassurez-vous / ichi : ici / qu'mincher à canter : commencer à chanter / anneoncher : annoncer / ein queop d'freod : un coup de froid / quieaud : chaud / pa d'zous : en-dessous / l'pal'teot : le paletot, le manteau / l' meos : le mois / novimpe : novembre / s'ortrouver : se retrouver / in Espane : en Espagne /in plein mitan : au beau milieu / décimpe : décembre / l'orfroidiss'mint : le refroidissement / asteur : maintenant / querre : chercher / faire cheinture : se priver, se passer de tout / éné : n'est-ce pas / toudis : toujours /  commincher : commencer / quanç'que : lorsque /l l'gosio : le gosier / parelle : pareille / inter : entre / avoir l'pépette : avoir peur / forché : forcé / adeon : donc / ainsin : ainsi / l'luméreo : le numéro / inveyer : envoyer / bramint : beaucoup / l'veox : la voix / s'sintir mansé : se sentir oppressé, angoissé / déplacher : déplacer / l'prumier : le premier / brafe : brave / acouter : écouter / eine campe : une chambre / lommint : longtemps / s'orcoucher : se recoucher / vir : voir / p&tête : peut-être / les orelles : les oreilles / ête tou paf : être muet de stupéfaction, totalement saisi, profondément stupéfait / osu : osé / i-a pos ein bleu tchien : expression parfois entendue à Tournai qui signifie qu'il n'y a personne, qu'il fait vide / l'cayère : la chaise / avoir eine bleusse vue : avoir la berlue / pa d'vant : devant / caire : tomber / avoir des toupiries : avoir des vertiges / eine boche : une bosse / s'ingambieller : s'embarrasser les jambes dans quelque chose / ceusses : ceux / démaquer : vomir / eine jeone file : une jeune fille / ête impanch'lée : être enceinte, on entend parfois "ête impanch'loutée" mais cette expression est considérée comme vulgaire / l'velle : la veille / ein carpintier : un charpentier / ein cleau : un clou, on dit également cléo / ein garcheon : un garçon / orchevoir : recevoir / des queops : des coups / ormette : remettre / ein albran : un garnement / les mouquiles : la morve qui coule du nez lors d'un rhume, à Tournai on parle aussi de "candelles d'nez" / avoir du mau : avoir mal / ein rambile : un gamin souvent espiègle ou "eine pétite rosse" / à mitan : à moitié / des miraques : des miracles / rester in raque : rester en rade, en panne / tout seu : tout seul / ein erwettieu : un spectateur / douch'mint : doucement / s'foute in rache : se mettre en colère / l'ouvrache : le travail / queurir : courir / raviser : regarder / oblier : oublier / s'sintir flaubir : se sentir défaillir / eine pièche : une pièce / dusque : où / à causse : à cause / écapper : échapper / eine fuèlle : une feuille / ahais : oui / tertous : tous / l'ouèl : l'œil / seûrmint : sûrement / ouvrer : travailler / mes amisses : mes amis / eine mauvaisse tousse : une mauvaise toux / saprémint : sacrément / adveiner : deviner).

S.T. novembre 2015.

09:36 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : tournai, patois, picard |

19 nov.
2015

09:46

Tournai : la lente mutation de la place Reine Astrid

Un peu d'Histoire.

Située dans un triangle compris entre le beffroi, le parc communal et le Palais de Justice, celle qui fut appelée initialement la "place du Parc" est une des plus récentes de la cité des cinq clochers, sa création remonte, en effet, à l'année 1822. Elle est l'œuvre de l'architecte tournaisien Bruno Renard. Il s'agissait alors d'une place fermée qui aboutissait à une terrasse et à un vaste escalier donnant accès à un jardin botanique. A cette époque, ce jardin était fermé par des grilles. En 1837, la place du Parc va être désenclavée par la création de la rue d'Espinoy qui va la relier à la rue des Jésuites. Notons au passage que le nouveau Palais de Justice n'avait pas encore été érigé à l'endroit qu'il occupe actuellement. Ce n'est qu'au XXe siècle qu'elle prendra le nom de "place Reine Astrid", en souvenir de l'épouse du roi Léopold III, tuée accidentellement à Küsnacht, en Suisse.

La salle des Concerts.

1920 Tournai la salle des concerts.JPGC'est le bâtiment emblématique qui domine cette place. Longtemps appelé le "tambour à pattes" par les Tournaisiens, il a failli disparaître durant les années qui suivirent la seconde guerre mondiale. Son histoire est faite de rebondissements.

Le bâtiment de style néo-classique est aussi vieux que la place elle-même puisque sa construction débuta en 1822. Le 18 mars, le bourgmestre et les échevins procédèrent à la pose de la première pierre, enterrèrent au pied de la troisième colonne à partir de la droite un coffret en plomb contenant des pièces à l'effigie de Guillaume Ier et fixèrent une plaque en cuivre rappelant cet évènement. Son inauguration eut lieu le 12 mai 1824. L'historien Hoverlant ne semblait pas conquis par ce nouvel édifice dont il déclare qu'il coûta très cher et ne répondit pas à l'attente du public. La construction exauçait cependant le vœu des magistrats et de l'architecte en abritant un marché couvert sous ses colonnades du rez-de-chaussée et une salle de concerts semi-circulaire à l'étage. Sa façade dessine un hémicycle et son unique étage, percé de hautes fenêtres, s'appuie, en partie, sur des colonnes doriques en pierre bleue. La base de celles-ci repose sur une plinthe continue, reliée aux fûts. La salle des concerts fut, durant la seconde partie du XIXe siècle et la première moitié du XXe siècle, un des hauts lieux de la vie mondaine et culturelle à Tournai. On y organisait des spectacles, des soirées dansantes, des banquets et des réunions politiques. Durant la guerre, suite à la destruction d'une partie du théâtre de la rue Perdue, elle accueillit notamment les représentations du Théâtre Wallon d'Edgard Hespel.tournai,place reine astrid,place du parc,salle des concerts,conservatoire de musique,garage delune,hôtel gorin,musée de la tapisserie

Vieux de plus de cent trente ans, le bâtiment s'est peu à peu dégradé et, en 1955, le conseil communal décide de procéder à des réparations d'urgence au niveau de la toiture et d'affecter le rez-de-chaussée au bureau de chômage. En 1967, l'architecte tournaisien Henri Lacoste publie son "Manifeste pour sauver la salle des concerts" qui laisse totalement insensible l'édilité communale. Beaucoup voudraient voir disparaître ce bâtiment délabré, ce chancre qui enlaidit la place. Un promoteur veut y ériger une haute tour, bâtie en biais, reposant sur un quadrilatère à usage de bureaux. Elle concurrencerait, selon lui, le beffroi et la cathédrale, un rêve semblable à celui que fera le sieur Michelin, cinquante années plus tard, avec sa tour qu'il souhaitait ériger sur la place Paul-Emile Janson. En 1976, les partisans de son sauvetage retardent les tentatives de démolition en faisant classer la toiture. En 1977, la nouvelle majorité issue de la fusion des communes confie à l'architecte André Wilbaux, la rénovation de l'édifice. Un architecte confirmé allait mettre fin aux rêves des jeunes loups, adeptes comme nous l'avons vu pour la rue Perdue, du "Dieu béton". Les travaux seront réalisés entre 1978 et 1984. En mai de cette année-là, le Conservatoire de Musique, à l'étroit dans ses locaux de la rue Saint-Martin, y emménage. Le bâtiment sera inauguré le 31 août, à la veille de la rentrée.

2006 Tournai la Salle des Concerts.JPGA l'aube des années 2000, des malfaçons apparurent au niveau de la façade, des pans entiers de plâtre entourant les fenêtres ou composant les moulures commencèrent à s'effondrer sur la voie publique. Une nouvelle rénovation se révéla rapidement nécessaire. Un inesthétique filet l'entoura, durant des années, sans pour autant décourager les pigeons, les joyeux volatiles y batifolant en déposant leur guano au pied des colonnes. On parla beaucoup de ce chantier mais il faudra néanmoins attendre l'année 2014 pour voir le bâtiment enfin ceint d'échafaudages : toiture, façade, châssis, tout est refait, des vitres viennent désormais fermer les espaces entre les colonnes. Ces travaux viennent de prendre fin, actuellement, l'intérieur du bâtiment est en cours de réaménagement.

 Le garage Delune.

A droite de la salle des concerts, dans le courant des années cinquante, s'ouvre le garage tenu par Mr. et Mme Roger Delune, concessionnaires de la marque automobile française Simca. Il a été construit à l'emplacement de l'hôtel Louis XVI démoli après la guerre. Ce garage fermera ses portes au début du XXIe siècle, les vitrines d'exposition seront un temps occupées par un distributeurs de meubles qui abandonnera bien vite les lieux. Le bâtiment fait désormais l'objet d'une rénovation. On a évoqué la création d'une galerie qui relierait la rue Saint-Martin à la place Reine Astrid mais ce projet semble bien loin de se concrétiser, une partie de l'immeuble de la rue Saint-Martin venant d'être repris par un organisme financier. Beaucoup de Tournaisiens l'ignorent mais une chapelle est enclavée entre l'immeuble de la place Reine Astrid et l'ancien hôtel de maître appartenant à la famille Dusquesne de la Vinelle, aujourd'hui disparu à la rue Saint-Martin. il s'agit de la chapelle Saint-Eloi dont l'édification remonte probablement au XIIe siècle.

2006 Tournai musée de la Tapisserie.JPGL'Hôtel Gorin.

Cet imposant hôtel particulier fut construit en 1825 par Jean-Baptiste Dapsens père, marchand chaufournier, au moment de l'aménagement de la place du Parc. Il fut ensuite occupé par la famille Gorin, riches industriels dans le secteur de la tannerie. L'édifice est de style néo-classique. Ayant souffert des bombardements de 1940 et étant déjà fortement dégradé avant le début de la guerre, il fut restauré et accueillit le commissariat de police de la première division (rive gauche) jusqu'au regroupement des services à la rue de l'Athénée sous le mayorat de Jules Hossey. Le bâtiment restera une vingtaine d'années à l'abandon. En 1983, le conseil communal lui trouve une affectation, il abritera le Musée de la Tapisserie ainsi que la Fondation de la Tapisserie, des Arts du Tissu et des Arts muraux de la Communauté française. En raison des dégradations engendrées par la mérule, l'architecte, Pierre Petit, chargé de la rénovation doit se résoudre à faire du "façadisme"*, le reste du bâtiment est totalement reconstruit. C'est lors de la première édition de la Triennale de la tapisserie et des arts du tissu, en 1990, que le musée fut ouvert, pour la première fois, au public. En été, le parc communal voisin de l'hôtel Gorin et ses jets d'eau attirent les étudiants, les amoureux comme les personnes âgées venus goûter un peu de tranquillité en écoutant le murmure des fontaines. Jadis, lors du concert au parc de l'harmonie des Volontaires Pompiers tournaisiens dans le cadre de l'ouverture de la kermesse de septembre, celles-ci se paraient de multiples couleurs.  

Les résidences et maisons particulières.

Le partie gauche de la place lorsqu'on la regarde depuis la salle des Concerts est composée de maisons bourgeoises et de résidences à appartements de haut standing.

Après les bombardements de 1940, les maisons à étage (voir photo du haut) qui se situaient entre le restaurant des Trois Pommes d'Orange et la rue Garnier ont été reconstruites avec un étage mansardé, permettant ainsi de dégager la vue vers la cathédrale et le beffroi à partir du parc communal.

On a longtemps évoqué le projet de créer un parking souterrain, en le situant tout d'abord sous la place et ensuite sous le parc communal. Ce projet semble tombé aux oubliettes car, si le problème de stationnement est important à Tournai, le parking de la rue Perdue n'affiche jamais complet. Cette place à caractère résidentiel accueille néanmoins des professions libérales (dentiste, bureau d'avocats, cabinet d'assurances) mais aussi, dans un immeuble situé entre la rue d'Espinoy et le parc communal, les bureaux tournaisiens du journal "La Dernière Heure". Son parking affiche toujours "complet", il est principalement occupé par les personnes fréquentant le conservatoire de musique et par des visiteurs qui y laissent leur véhicule afin d'aller visiter ou se restaurer sur la Grand-Place. Jusqu'au transfert des kermesses de mai et de septembre sur 2006 Tournai jet d'eau parc communal.JPGl'esplanade de l'Europe, les gros métiers forains s'y installaient régulièrement.  2006 Tournai cathédrale vue du parc comm..JPG

*façadisme : ne conserver que la façade en détruisant tout le reste.

(sources : "Tournai, Ancien et Moderne de A.F.J Bozière, ouvrage réédité en 1974 - "Tournai perdu, Tournai gagné", ouvrage édité par l'asbl Pasquier Grenier en 2013 - presse locale - photos : Le Courrier de l'Escaut et collection personnelle de l'auteur).

S.T. novembre 2015.

 

18 nov.
2015

19:24

Tournai : la lente mutation de la rue Perdue.

tournai,rue perdue,hôtel du maisnil,hôtel dumortier,théâtre de tournai,hôtel des pompiers,réidence le théâtre,fort rougeDans le courant du mois de juillet 2015, le blog vous a proposé un article consacré à la lente mutation de la rue Saint-Eleuthère. De nombreux mails de lecteurs m'ont prouvé que ces transformations du paysage de Tournai présentaient un réel intérêt pour ceux qui sont passionnés par l'Histoire de la cité des cinq clochers.

La rue Perdue, un nom étrange !

A propos de cette rue, en pavés, d'une longueur d'environ deux cents mètres qui relie la rue Dorée, au moment où celle-ci aborde la place Roger de le Pasture, à la placette aux Oignons, on s'est longtemps interrogé sur l'origine de sa dénomination. 

Certains ont prétendu que celle-ci lui avait été donnée par une famille du nom de "Perdu" qui y aurait demeuré jadis. D'autres, probablement plus proches de la vérité, y voit un rappel de sa situation, une rue située hors les murs de la deuxième enceinte communale symbolisée par le Fort Rouge qui s'y trouve. Une de ces rues où il ne faisait peut-être pas bon se promener, une fois la nuit tombée.

Un peu d'histoire.

Les nombreuses fouilles qui y ont été réalisées lors de la construction de fondations d'immeubles ont révélé la présence de tombeaux, d'urnes funéraires, de médailles prouvant l'existence à cet endroit d'un cimetière. A l'époque gallo-romaine, les morts étaient toujours enterrés en dehors des cités. Ce cimetière n'est que l'extension de celui qui se trouvait sous la Grand-Place.

La rue Perdue fut jusqu'à la fin du XVIIIe, un haut lieu du "Jeu de Paume". Un acte notarié de 1788 renseigne en effet que le sieur "Ignace Morant a acheté une maison, rue Perdue, enseignée le Waux-Hall, ci-devant le jeu de Paume".

Jusqu'en 1781, selon Hoverlant, cette large rue était ombragée de beaux tilleuls.

Le théâtre.

On note au XVIIe siècle, la présence, sur la droite de la rue en venant de la rue Dorée, de bâtiments formant un grand quadrilatère fermé appelé les "Baraques". C'est sur ce terrain que sera construit le théâtre, en 1745, sur les instances du sieur Bernard, lieutenant du Roi et commandant la place. La disposition de la salle n'étant pas des plus heureuses, l'architecte et charpentier Douai la modifia. Par la suite, la salle de spectacle qui appartenait à un certain Declipelle, fut rachetée par la Ville pour la somme de 18.000 francs de l'époque.

Un peu plus de cent ans après sa construction, le 21 décembre 1852, le théâtre fut totalement détruit par un incendie. Sa reconstruction fut confiée à l'architecte tournaisien Bourla et les travaux à l'entreprise Bulot. Le nouveau théâtre fut inauguré le 11 septembre 1854 en présence de la famille royale.

Sept ou huit marches donnaient accès à un péristyle composé de trois arches de style roman. Au-dessus de celui-ci, un balcon présentait trois hautes fenêtres entourées de colonnes corinthiennes. Le tout était surmonté d'un attique décoré de cartouches finissant le frontispice. Le bâtiment se terminait par deux personnages symbolisant la Belgique et l'Escaut tenant l'écusson de la ville. Beaucoup, à l'époque, ont critiqué la lourdeur et le style emprunté du bâtiment.

Le théâtre sera endommagé lors des bombardements de mai 1940 et démoli dans le courant de l'année 1942 afin de dégager une perspective sur le chœur de l'église Saint-Quentin située derrière, probable argument pour justifier sa disparition.

Durant près de cinquante ans, le terrain vague sera un des nombreux chancres qui parsemèrent le paysage tournaisien après la seconde guerre mondiale, au même titre que l'ilot des Douze Césars situé entre la Grand-Place et la rue Perdue. La FGTB, toute proche, y aménagea, durant une quinzaine d'années, un parking privé pour ses employés. En 2009 débutèrent les travaux de construction de la résidence-service du "Théâtre" qui s'y dresse actuellement s'étendant jusqu'à l'angle de la rue des Maux. 

A la droite du théâtre, lorsqu'on regarde sa façade, au début du XXe siècle existait encore le "Café des Variétés", tenu par un certain J.B. Dupont, loueur de voitures. Entre ce café et l'angle de la rue des Maux, on découvrait un autre estaminet à l'enseigne du "Café de l'Univers".

L'hôtel Barthélémy Dumortier.

Cet hôtel particulier de deux étages était bien visible depuis le haut de la rue Perdue puisqu'il fermait la perspective, à hauteur de la placette aux Oignons. Il est paradoxal de constater que c'est lorsque la large rue Perdue se rétrécit que la voirie qui la prolonge porte le nom de placette.

Laissé à l'abandon, cet hôtel, menaçant depuis bien longtemps ruine, a été rasé dans le courant des années nonante. A sa place s'élève désormais un immeuble à appartements de standing érigé dans le cadre de la rénovation globale du site des Douze Césars.

L'Hôtel du Maisnil.

Faisant face au théâtre, sur le trottoir de gauche en descendant la rue, se trouvait l'Hôtel du Maisnil, une demeure du XVIIe siècle qui allait subir une transformation au XIXe. Un très long bâtiment de huit fenêtres, toutes munies de "battantes" (volets qu'on referme de l'extérieur) et d'une grand-porte. Au premier étage, sur toute la façade courait un balcon, le deuxième étage semblait semi-mansardé vu la petitesse des fenêtres. Une carte postale ancienne, malheureusement non datée, renseigne que ce bâtiment accueillait une école d'infirmières. Paul Rolland plaidait pour la conservation de ce type d'hôtel particulier devenu rare à Tournai.

Le massacre des années soixante.

Peut-on parler de "golden sixties" en ce qui concerne la conservation de ces bâtiments faisant partie de notre patrimoine architectural. Une nouvelle génération d'architectes avait fait son apparition et elle vouait un culte, tout particulier, au "Dieu béton". Hôtels de maîtres et petites maisons au charme désuet ont été ainsi systématiquement sacrifiés, sans regret, pour faire place à des résidences dont on peut relever la pauvreté architecturale. Elles ont l'apparence de cubes, munis de balcons, faits d'une ossature en béton, de cinq à six niveaux, en brique et béton apparent recouvert d'une simple couche de peinture. Même si ces immeubles assurent un réel confort intérieur aux gens qui y résident, il faut bien dire que leur aspect extérieur est d'une banalité affligeante.

Ce fut le sort réservé à la partie de gauche de la rue Perdue. L'hôtel du Maisnil mais aussi des petites maisons dont le café à l'enseigne de "La Contrebasse" disparurent en un clin d'œil frappés par les engins de démolition.

L'Hôtel des Pompiers.

A la fin des années soixante, le conseil communal vote le transfert de l'Hôtel des Pompiers situé, depuis plus d'un siècle, à la place Saint-Pierre dans un bâtiment offert par les frères Crombez en 1856. Un nouvel immeuble est construit sur le trottoir faisant face à l'ancien théâtre. Il est composé de deux bâtiments, l'un d'un vaste garage à six portes au rez-de chaussée, d'une salle à l'étage éclairée par neuf fenêtres le long d'un balcon, lieu où se déroulaient les banquets, les réunions et les répétitions de l'harmonie et de sept autres fenêtres pour les bureaux et salles de repos. Un second bâtiment de deux étages comprenait un mess au rez-de-chaussée et les services dont la centrale de secours d'urgence "100" à l'étage.

En investissant ce lieu, en 1970, les sapeurs-pompiers tournaisiens revenaient un peu aux sources puisque le corps fut déjà logé de 1834 à 1856 à la rue Perdue à proximité du domicile de leur Commandant d'alors Philippe Nève.

Le temps qui passe exige une nouvelle approche de l'organisation services de secours et nécessite, bien souvent, une nouvelle localisation pour faire face à la rapidité d'intervention. La rue Perdue, située sur un axe de traversée de ville, était bien souvent embouteillée aux heures de pointe et rendait parfois difficile le départ des véhicules d'intervention. En 2006, les hommes du feu déménagèrent donc à l'avenue de Maire dans de nouveaux locaux.

L'ilot de l'ancienne caserne qui s'ouvrait également sur la rue des Bouchers Saint-Jacques et la rue Dorée fut réaffecté en logements. Des résidences ont été aménagées ou construites. Elles sont destinées au logement de standing, dans la rue Perdue, et au logement social, dans la rue des Bouchers Saint-Jacques, le tout dans un but avoué d'intégration sociale. La caserne a conservé l'aspect qu'on lui connaissait au niveau de la rue Perdue.

Notons encore qu'une petite maison a été détruite dans les années septante, elle était située entre la caserne et la café à l'enseigne de "la Parenthèse" s'élevant au coin de la rue Dorée. Un immeuble abritant le secteur du livre du syndicat FGTB a été construit dans un style relativement moderne.

Le parking souterrain.

A l'instar des autres villes grandes ou moyennes, le problème du stationnement est devenu crucial à Tournai. C'est ainsi qu'en 2011 débutèrent les travaux de construction d'un parking souterrain de 116 emplacements sur deux niveaux. Celui-ci a été inauguré en avril 2014.

tournai,rue perdue,hôtel du maisnil,hôtel dumortier,théâtre de tournai,hôtel des pompiers,réidence le théâtre,fort rougeEt maintenant ?

Les rues de l'Yser et de l'Hôpital Notre-Dame étant en sens unique et ne permettant plus le passage direct de l'Escaut vers la Grand-Place, la rue Perdue fait désormais partie d'un des deux axes de la traversée Nord-Sud de la cité au même titre que la rue de la Tête d'Or. 

En bas de la rue, à droite, le square Delannay permet désormais une jonction piétonne avec la Grand-Place. Il est malheureusement le lieu de rassemblement d'individus au commerce louche et le site de soulagement de personnes ayant forcé sur la dive bouteille !

Il est bien loin le temps où elle était perdue le long des murs de l'enceinte.

(sources : "Tournai, Ancien et Moderne" de Bozière, réédition parue en 1974 - "Tournai perdu, Tournai gagné", ouvrage édité par la Fondation Pasquier Grenier en 2013 - la presse locale).

S.T. novembre 2015.

14 nov.
2015

18:04

Tournai : expressions tournaisiennes (336)

L'méthode de l'Optimisse.

Vous avez d'jà vu, mes gins, comme tout i-disloque, i-n'a pos à dire mais on vit vraimint eine dreôle d'époque. L'beon temps i-est oute et, si on veut survife, i-va falloir canger no fusil d'épaule. J'busieos d'puis lommint à ces meots pindant que m'feimme douch'mint s'indormeot.

On pinseot, i-a chinquante ans, qu'au XXIe sièque, on areot eine vie rêvée, rimplie d'loisirs et d'larches momints d'bénaiss'té, que les liards i-coulereot'ent à fleots et qu'on n's'reot pus dirigé par eine bande de zozeos. On pinseot que tout i-s'reot automatique, que tout marchereot grâce à l'robotique et à l'elestronique. Bé ahais, ch'est l'inverse qui est in train de s'passer. Tout ce qu'in chinquante ainnées, on nous a deonné d'eine main, bé asteur, d'l'eaute, bin vite, on l'orprind.

Tins, parleons d'nos gouvernemints (j'ai dû l'mette au pluriel pasqu'asteur i-d'a six à l'plache d'ein). L'Fédéral, les quate régieons et l'fédératieon Wallonie-Bruxelles, i-n'a vraimint qu'in Belgique qu'on veot des cosses parelles. Les heommes politiques i-n'risquent pos d'devoir aller au chômache, pou eusses et leus infants, i-ont créé, ein peu à l'feos, bramint d'plaches. Ch'est ce qu'on a appelé l'Réforme de l'Etat, multiplier les pouvoirs pou in sauver des tas.

Ave cha, on peut dire que ch'est des riches gestionnaires, leu gestieon, ch'est pos difficile, elle est toudis déficitaire et, bin seûr, ch'est dins l'saclet des citoyens qu'on vient querre les liards qu'on a b'soin. Chaque minisse i-a eine administratieon pour gérer s'départemint et printe des décisieons mais ch'est à des bureaux d'avocats qui fait appel à l'aide à queops d'millieons.

"Pou faire eine loi, Messieurs, ch'est eine sanche vous êtes des especialisses, ainsin vous allez écrire ce que j'deos anneoncher au consel des minisses. Ch'est important quanç'que j'deminde des veox aux gins de n'pos paraîte auprès d'eusses pou ein rude annochint. Pou no malheur, ch'est que l'survol pa d'z'avieons de l'ville de Bruxelles, ch'est beauqueop pus bruyant qu'ein vol d'arondielles". 

Je n'sus pos mysogine, toutes les feimmes elles ne sont pos des ahuries mais aujord'hui pas... galanterie, au train dusque veont les cosses,  je n'dirai pos à qui j'busie... 

Dins no Wallonie Picarte, nos tiêtes dirigeantes ont trouvé eine belle espressieon : "l'coût-vérité", in clair, ch'est pa l'populatieon que l'mauvaisse gestieon elle deot toudis ête payée. Dins l'privé quanç'que cha n'va pos bin on réduit les rémunératieons, n'allez surtout jamais proposer cha dins eine administratieon. J'ai l'raminvrance de ce que diseot m'gramère : "Pou ête foutu là déhors i-feaut avoir tué s'mopère et s'mamère". Là-vas, pou l'trait'mint, on n'conneot qu'ein seul meot, aurmintatieon, et on n'accepte jamais aucune diminutieon. Si, à chaque feos, qui d'a ein qui fait eine coule, il falleot l'diminuer, on l'ortrouv'reot bin vite su l'bord du trottoir à faire l'mindicité.

Pou faire des écolomies d'bouts d'candelle et n'pos payer l'tasque su les poubelles, mi, j'ai trouvé ein système rêvé, je n'vas pus produire d'déchets.

Ave m'crucheon, j'vas aller à l'cinse querre m'lait, j'vas mette eine vielle toile dins m'coffe de voiture pou intasser les penne'tières et les légueumes du cinsier et ch'est dins des boîtes que j'mettrai mes ouès, l'fromache blanc, l'bure et l'yogourt que j'vas li acater.

Toutes les boisseons i-s'reot dins des boutelles consignées, des vidanches qu'à l'boutique on deot ortourner comme on dit à Tournai (inter nous, cha fait toudis rire les Français, pasque pou eusses l'meot vidanche ch'est quanç'qu'i-vident les cabinets).

L'marc de café, les épluchures, les carteons, les papiers gras, les fuèlles des arpes, l'hierpe, les coquiles des ouès, tout cha, ch'est dins m'gardin pou faire du terreau que cha va aller.

J'vas orfuser les publicités dins m'boite à lettes, j'vas arrêter m'n'abonn'mint à l'gazette et j'vas d'minder d'm'écrire et d'inveyer mes factures uniqu'mint pa internet.

Fini les boîtes de conserve, j'vas minger des fruits et de légueumes frais et d'saiseon, cha f'ra vife l'pétit producteur installé pos leon de m'maseon.

J'vas acater, à m'feimme, pou s'fiête, eine machine pou faire du pain, au momint de l'minger, j'sarais au moinse quoisqu'elle a mis d'dins et ave ein beon life d'orcettes on f'ra des gâteaux, des tartes et des crèpes suzette jusse c'qui feaut pou n'pos d'voir ruer ce qui a in treop.

J'vas laicher au garache m'n'auteo et faire mes porménates à véleo, faire tourner tous les jours ses gambettes, cha impêche d'attraper eine panch'lette.

J'vas vife comme i-a chinquante ans et... malhureus'mint j'ai pos fini m'bilan, m'feimme elle m'a arloché, elle aveot l'air bin réveillée :

"Je n'sais pus dormir, fieu, bé vingt milliards, t'es acore in train d'faire in cauchemar ?".

J'li ai raqueonté, pa l'détal, quoisque j'aveos tout révé, elle m'a ravisé comme si j'f'seos des queontes de quervé mais quanç'que j'sus arrivé à l'machine à pain dont j'vouleos faire l'acat, elle m'a dit qu'après tout m'rêfe i-n'éteot pos si biête que cha !

J'in ai marre d'toudis payer pou l'tonnieau des Danaïdes géré pa les ceusses qu'on a éli pou ouvrer in peu mieux qu'cha, j'vas rintrer in résistance, j'prône l'résistance passive pasque pus te vis in autarcie moinse que te payes d'TVA .

(lexique : ête oute : être terminé, fini / survife : survivre /  canger : changer / busier : songer, méditer /lommint : longtemps / douch'mint : doucement / l'sièque : le siècle /larches : larges / l'bénaiss'té : la joie, le bonheur / ahais : oui / asteur : maintenant / orprinte : reprendre / l'plache : la place / des cosses parelles : des choses pareilles / l'chômache : le chômage / bramint : beaucoup / toudis : toujours / l'saclet : la bourse / querre : chercher / les liards : l'argent / à queops : à coups / eine sanche : une chance / anneoncher : annoncer / quanc'que : lorsque / des veox : des voix / eusses : eux / ein annochint : un innocent / eine arondielle : une hirondelle / dusque veont les cosses : où vont les choses / j'ai l'raminvrance : j'ai le souvenir / m'gramère : ma grand-mère / s'mopère : son père / s'mamère : sa mère / là-vas : là-bas / aurmintatieon : augmentation / eine coule : une erreur / des écolomies : des économies / ein bout d'candelle : un bout de chandelle / l'tasque : la taxe / m'crucheon : ma petite cruche /l'cinse : la cense, la ferme / l'coffe : le coffre / intasser les penn'tières : entasser les pommes de terre / les légueumes : les légumes / les ouès : les œufs/ l'bure : le beurre / acater : acheter / ortourner : retourner / pasque : parce que / les fuèlles des arpes : les feuilles des arbres / l'hierpe: l'herbe /orfuser : refuser / inveyer : envoyer / pos leon : pas loin / au moinse : au moins / in life d'orcettes : un livre de recettes / jusse : juste /ruer : jeter / laicher : laisser :/eine porménate : une promenade / des gambettes : des petites jambe / eine panch'lette : un petit ventre / arlocher : secouer / fieu : en picard fils, s'emploie aussi pour garçon /acore : encore /  raviser : regarder / des queontes de quervé : des contes d'ivrogne / l'acat : l'achat / biête : bête / l'tonnieau : le tonneau / les ceusses : ceux / éli : élu / ouvrer : travailler).

S.T. novembre 2015.        

18:04 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, patois, picard |

12 nov.
2015

09:31

Tournai : le mot du soldat, un acte de résistance.

Une cérémonie bien suivie.

Les commémorations du centenaire de la première guerre mondiale semblent avoir ravivé la flamme du souvenir parmi les plus jeunes générations. Nombreux, en effet, étaient les jeunes qui ont participé, ce 11 novembre, aux cérémonies organisées dans la cité des cinq clochers. Leur présence était un prolongement de l'exposition que des élèves des classes supérieures de l'enseignement officiel et libre ont mis sur pied et présenté au Centre du Tourisme "Les Tournaisiens dans la guerre".

Emmenés par l'Harmonie des Volontaires Pompiers suivie d'un détachement de vétérans des hommes du feu, de jeunes scouts portaient un imposant drapeau aux couleurs nationales. Venaient ensuite les porte-drapeaux des associations patriotiques, les autorités communales, les représentants des corps constitués et de nombreux habitants de la cité des cinq clochers soucieux de rendre un hommage à ceux qui ont donné leur vie pour la patrie et qui sont "morts pour l'Honneur et le Droit" pour reprendre la citation gravée dans la pierre du Monument aux Morts.

Ce sont des étudiants de rhétorique de l'Athénée Royal qui ont tout d'abord rappelé le sacrifice de ces jeunes Flamands et Wallons, à peine plus âgés qu'eux, qui, un jour d'août 1914, furent appelés à défendre leur pays face à l'invasion allemande. Certains y laissèrent la vie, d'autres furent gravement blessés, gazés parfois, tous vécurent dans des conditions extrêmement difficiles au sein des tranchées de l'Yser. Prenant ensuite la parole, Rudy Demotte, Bourgmestre de Tournai, a rappelé la mémoire des habitants morts au cours de ce premier conflit : soldats sur le front, civils mais aussi déportés. Il dressa ensuite le portrait de ces citoyens, mus par un élan patriotique, qui entrèrent en résistance comme le firent Gabrielle Petit, Louise de Bettignies et les édiles tournaisiens Edmond Wibaut, Albert Allard, Edouard Valcke... mais également des centaines d'anonymes qui apportèrent, bien souvent au péril de leur vie, une pierre à l'édification de cette victoire commémorée, en ce jour de novembre, pour la 97e fois. Ce sont des élèves de rhétorique du Collège de Kain qui, auprès des monuments respectifs, rappelèrent l'attitude héroïque du Roi Albert et de la Reine Elisabeth restés auprès des soldats pendant ces quatre années de guerre.

La résistance à l'ennemi fait partie de toutes les guerres, elle est inhérente à tous les conflits. Des hommes et des femmes se dressent sans bruit; toujours dans le plus grand secret, pour contrecarrer les plans machiavéliques et les méthodes barbares de ceux qui veulent imposer à un pays, par la force, leur vision de l'avenir.  

Le Mot du Soldat.

La résistance peut prendre de multiples formes : l'espionnage ou le renseignement au profit des forces alliées, le sabotage, la résistance passive qui fut notamment le fait de l'échevin Wilbaut refusant de livrer à l'ennemi la liste des Tournaisiens au chômage, la distribution de la presse clandestine pour informer la population...

Une autre forme de résistance est née dans le courant de l'année 1915 : le soutien du moral des troupes cantonnées sur l'Yser par la création du "Mot du Soldat". Il était en effet important de maintenir un lien entre les hommes défendant ce bout de territoire national et leur famille. C'est le Roi Albert 1er qui, en janvier 1915, émit le vœu de voir la fondation d'un organisme chargé de faire le trait d'union avec les absents, partis au front. Une sorte de lien secret qui unirait famille et militaires.

C'est grâce à deux Pères Jésuites bruxellois que cette œuvre a vu le jour, les R.P. Pirsoul et Méaul. Quelques semaines plus tard, une section locale fut créée à Tournai par le Révérend père Mazure qui passa le relais, en août, à l'abbé Morelle, curé de la paroisse Saint-Nicolas. Ce dernier s'entoura de nombreux bénévoles parmi lesquels Joseph Devred et l'horloger Victor Batt.

Des feuillets-lettres étaient imprimés et remis par des chefs de groupe à ceux qui désiraient correspondre avec un père, un fils ou un époux. Chaque semaine, à jour fixe, de nombreux billets écrits par les proches des soldats étaient récoltés et transitaient par Tournai où on les annotait et les numérotait avant de les envoyer à Bruxelles pour l'expédition au front. Ce transfert se faisait frauduleusement via La Haye en passant par l'enclave belge de Bar-Le Duc.

Rappelons qu'à l'époque la ville de Tournai avait été décrétée par les Allemands "Etapengebied", c'est-à-dire territoire tampon entre zone de guerre et zone pacifiée (occupée). Madame Marthe De Rodere, âgée de 26 ans en 1914, a raconté qu'à Tournai, la tâche consistait à faire passer ces billets au-delà du poste de garde allemand situé au bout de la Drève de Maire, à un endroit où se trouvait un parc avec une auberge et un étang (NDLR : probablement à proximité de chez les Dames de Saint-André).

Curieusement la première grosse entrave au "Mot du Soldat" ne vint pas de l'occupant mais bien du gouvernement belge qui, le 29 juin 1915, décida de l'interdire en qualifiant l'œuvre d'éminemment suspecte. Selon lui, elle trahissait les positions des troupes. Celle-ci se poursuivit néanmoins et la sanction belge fut levée le 1er août à condition que le "Mot du Soldat" véhicule uniquement des nouvelles de la famille et/ou du terroir.

Le 8 août 1916, Joseph Devred est arrêté. Le 31 août, il quittera la prison de Tournai pour celle de Malines. Il fut par la suite envoyé à la prison d'Anrath en Allemagne.

Par malheur, quelques lots de billets furent interceptés à la frontière hollandaise au début de l'année 1917, ceux-ci portaient la mention "TAI" (Tournai). C'est donc vers  la cité des cinq clochers que se dirigèrent les enquêteurs allemands. L'abbé Morelle fut arrêté avec 27 autres collaborateurs. Lors du procès, L'abbé Mazure fut condamné à 2 ans de prison, Joseph Devred à 18 mois, Victor Batt à 12 mois, l'abbé Henri Leroy à 6 mois, Paul Brasseur à 5 mois, Edmond Carbonnelle, Auguste d'Espierres, Victor Honoré, Félix Richeling, Louis Wastraat à 3 mois, Marie Landrieu et l'abbé Alfred Morelle à 2 mois, la chanoine Buisseret à 1 mois. Onze autres personnes furent condamnées à des amendes allant de 100 à 500 marks. En ce qui concerne l'abbé Morelle, il faut savoir qu'une autre condamnation avait été prononcée contre lui pour espionnage et, pour cette accusation, il fut condamné à deux fois dix années de travaux forcés.

Grâce au travail de ces résistants, suivant les différentes sources, entre 12 et 13.000 Mots du Soldat ont pu être expédiés et 6.000 réponses étaient revenues du front.

(sources : témoignage de Mr. Etienne Triaille, neveu de Joseph Devred, paru sur un forum internet consacré au Mot du Soldat, témoignage de Marthe de Rodere, paru dans le livre "Au nom de tous les nôtres 1914-1918", ouvrage publié par les Ecrivains Publics de Wallonie Picarde en juin 2014). 

S.T. novembre 2015

 

09:31 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, 1914-1918, guerre, mot du soldat, résistance |

10 nov.
2015

13:18

Tournai : les chantiers en voie de finition

Les chantiers routiers.

A l'approche de l'hiver, de nombreux chantiers vont bientôt se terminer.

Le quartier Saint-Pierre.

Toutes les rues ont été rénovées et on circule à nouveau sans contrainte dans le quartier. Ce chantier concernait, rappelons-le : la rue du Chevet Saint-Pierre, la rue Poissonnière, la ruelle d'Ennetières et la place Saint-Pierre. On nous promet que le petit pavage résistera mieux que celui composé de pavés sciés qui bien vite se sont désolidarisés.

La rue du Curé Notre-Dame.

C'était, jusqu'il y a peu, le chaînon manquant de la rénovation du quartier cathédral, un peu plus d'une centaine de mètres de voirie qui séparent la rue de Courtrai de la place Paul Emile Janson. Une surface d'environ 50 m2 doit encore être dallée, à hauteur des bâtiments de l'ancienne bibliothèque.

la rue de l'Arbalète.

La dallage de cette petite rue reliant la rue Dame Odile et la rue de l'Hôpital Notre-Dame est terminé depuis quelques semaines déjà, il reste cependant à sécuriser le passage des véhicules le long du chancre représenté par le terrain vague sur lequel se dressait jadis le cinéma Imagix (ex-Multiscope Palace).

La rue du Marché au Jambon.

Celle-ci relie la rue de la Tête d'Argent à la rue de Courtrai. Cette large voirie est désormais dotée d'une plantation d'arbres en son centre, la circulation sera autorisée dans un seul sens, de la rue de Courtrai vers la rue Tête d'Argent. Une fois ouverte à la circulation, ce qui devrait intervenir très prochainement, la presse nous informe que cette voirie fera partie des "cours urbains"" et se présentera sous la forme d'un espace partagé.

Le parvis du beffroi.

Un problème d'égouttage en mauvais état a été à l'origine de la fermeture du parvis du beffroi à la circulation. Les travaux ont été entrepris pour réparer et chemiser cet ouvrage en brique relativement ancien. Tout le dallage du parvis a été refait. Actuellement les ouvriers posent les derniers pavés. On peut espérer la fin des travaux pour la fin du mois de novembre.

Le pourtour de Sainte-Marie-Madeleine.

L'église fermée au culte depuis des décennies poursuit sa lente dégradation. Déambuler et stationner à proximité posent de réels problèmes de sécurité. Une entreprise vient de couler un béton tout autour de l'édifice religieux afin d'y ancrer une palissade destinée à écarter tout danger. A la Terrasse de la Madeleine, entre la rue de l'Ecorcherie et la rue de la Madeleine, le réseau d'égouttage a également posé problème, des travaux ont été entrepris pour en rechercher l'origine mais, depuis des mois, la tranchée est restée béante sans doute à la grande satisfaction des rats mais au grand dam visuel et olfactif des riverains.

Le quartier de l'Hôpital.

On sait que le site "Union" du CHWApi sera progressivement opérationnel dès les premiers mois de l'année 2016. Pour faire face à l'augmentation de circulation qui découlera inévitablement de l'utilisation de cette nouvelle structure hospitalière, il était impératif de rénover totalement les abords. C'est ainsi que la rue Général Piron dans sa section comprise entre la chaussée de Willemeau et la rue des Sports, la rue des Sports, la rue de la Citadelle (face au site De Bongnie) et la rue de Barges connaissent ou vont connaître un sérieux lifting. Les travaux semblent suivre le planning prévu et peut-être même avoir une légère avance sur celui-ci en raison des exceptionnelles conditions atmosphériques connues jusqu'à présent.

Dès l'ouverture du nouveau site hospitalier, un autre problème risque de se poser, le stationnement des véhicules du personnel, des malades venus en consultation et des visiteurs. Afin de répondre, en partie, à cette inquiétude, un parking réservé au personnel est en construction à la rue Général Piron, sur le terrain compris entre cette rue et la limite du parc De Bongnie.

La rue Fondation Follereau.

On rénove les rues dans le quartier du Val d'Orcq, à proximité de la chapelle des Lépreux. On y réalise de nouveaux trottoirs et des lieux de stationnement. On attendant la fin du chantier, la déviation s'effectue par la rue Bonnemaison et l'interdiction de virer à gauche en abordant la chaussée de Lille est provisoirement annulée. Cette mesure temporaire provoque parfois de l'incompréhension de la part d'usagers de la chaussée.

Chaussée de Lannoy (à la limite de Tournai et de Froyennes).

Cette chaussée dans le prolongement de la chaussée du Pont Royal est mieux connue des Tournaisiens sous l'appellation de "chaussée de Roubaix". Depuis le carrefour formé par cette voirie avec la rue Saint-Eleuthère, depuis quelques semaines, une firme est chargée de poser des impétrants. En journée, régulièrement, la circulation est réglée par des feux, le croisement des véhicules étant impossible.

Rue des Trois Coins.

Les travaux entamés, il y a peu, sur le quai des Vicinaux se poursuivent, pour éviter tout incident, la rue des Trois Coins reliant le quai à la rue Hautem sera fermée durant une semaine à la circulation. Cet itinéraire est régulièrement emprunté par les habitants de Kain qui, aux heures de pointe, évitent ainsi le carrefour du Viaduc. Un risque de saturation est à prévoir durant la fermeture de cette voirie.

(S.T. novembre 2015).

13:18 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, chantiers, travaux routiers |