22 oct.
2015

Tournai : la ville des cinq clochers !

Combien de clochers à Tournai ?

Tournai est connue en Belgique et ailleurs comme étant la "ville des cinq clochers" mais elle est aussi parfois nommée la "ville aux cinq clochers". La première appellation est correcte puisqu'elle fait référence à la cathédrale Notre-Dame dont la particularité est de posséder cinq clochers. La seconde pourrait prêter à confusion car le visiteur étranger qui approche de la ville voit apparaître dans son champ de vision bien plus que cinq clochers.

C'est vers la fin du XIIIe siècle que le nombre définitif des églises paroissiales de la cité scaldéenne a été atteint. La ville en compte alors douze qui entourent la cathédrale. Sur l'axe déterminé par l'Escaut, on en dénombre six : Sainte-Catherine près de la porte de Valenciennes, Saint-Piat, Saint-Pierre (à l'emplacement de l'actuelle place Saint-Pierre), la cathédrale Notre-Dame qui est le centre des édifices religieux, Saint-Jacques (étape des pèlerins qui se rendent à Compostelle au départ de la Flandre et de la Hollande) et Sainte-Marie-Madeleine, située à proximité de la porte de la Sainte-Fontaine (ou des Sept-Fontaines, une appellation probablement apparue par déformation de la première).

Sur un axe perpendiculaire du Sud au Nord, on trouve l'église Saint-Nicaise à l'emplacement actuel de la roquette Saint-Nicaise et de la rue du Ballon, la cathédrale Notre-Dame, Saint-Pierre et Saint-Brice.

Quatre églises s'élèvent en dehors de ces deux axes : Saint-Quentin sur la Grand-Place, Sainte-Marguerite située à proximité de la porte de Lille, Saint-Nicolas dans le quartier du Bruille (actuel quartier du Château) et Saint-Jean-Baptiste dans le quartier des Chaufours.

Au cours des siècles de nombreux couvents vont être créés et la plupart possèderont leur chapelle parfois de la taille d'une petite église, certaines existent toujours et dressent leur clocher : les Croisiers aux Chaufours (actuel quartier Saint-Jean), les Jésuites dont les locaux deviendront par la suite l'Athénée Royal Jules Bara à la rue Duquesnoy, le séminaire de Choiseul à la rue des Sœurs de la Charité, les Rédemptoristes sur le quai Notre-Dame, les Augustins dans la rue éponyme, la chapelle de l'actuel Séminaire à la rue des Jésuites.

Par la suite la ville s'est étendue au-delà des remparts et des églises nouvelles sont apparues : Notre-Dame de la Salette derrière la gare, le Sacré-Cœur à la chaussée de Renaix, l'église du hameau d'Allain aux Bastions, la grande chapelle, presqu'aux dimensions d'une église paroissiale, de Saint-Antoine de Padoue à la chaussée de Valenciennes, Notre-Dame Auxiliatrice au faubourg Saint-Martin, l'église Saint-Lazare à la chaussée de Lille qui est venue se substituer à la chapelle dite des "lépreux", vestige de la léproserie du Val d'Orcq,  et Saint-Paul au Vert-Bocage.

Des églises paroissiales ont été détruites au cours des siècles : Sainte-Catherine lors de l'édification de la citadelle sous Louis XIV, Saint-Nicaise et Saint-Pierre au centre de la ville. D'autres si elles existent toujours sont néanmoins désacralisées : Sainte-Marguerite qui a conservé sa structure mais vient d'être transformée en appartements de standing, Sainte-Marie-Madeleine, à l'abandon depuis des décennies et qui se dégrade lentement, et les Pères Rédemptoristes (que de nombreux Tournaisiens appelaient les "Pères au Quai") dont plusieurs projets de transformation sont restés sans suite. Des chapelles ont été désacralisées et transformées en salle d'expositions et de réunions à l'Athénée Royal ou à Choiseul.

Désormais, un observateur qui regarde notre cité du haut du Mont Saint-Aubert découvre pas moins de dix-huit clochers ainsi que le beffroi qui se dresse à côté de la cathédrale. On peut donc affirmer que Tournai est bien la ville des cinq clochers (ceux de Notre-Dame) mais certainement pas la ville aux cinq clochers !

S.T. octobre 2015.

10:04 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, clochers, églises, chapelles |

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