08 oct.
2015

Tournai : rénovations attendues et chancres existants.

Il n'y aura pas de crise du logement à Tournai !!!!

Il suffit de se promener dans et aux abords de notre ville pour constater que les chantiers immobiliers sont nombreux. Des centaines d'appartements seront disponibles dans les années à venir. une question est posée : les Tournaisiens sont-ils privilégiés au niveau du logement ?  

1. Les chantiers qui se terminent.

Le plus avancé parmi ceux-ci est celui de la résidence "Les jardins de la Reine" situé à proximité du rond-point de l'Europe, dans l'avenue de Troyes. La réalisation de cette résidence de 33 appartements avec rez-de-chaussée commercial est terminée. Une partie des appartements vendus est déjà occupée. Au milieu d'un espace vert entièrement clôturé, le bâtiment s'élève entre le jardin de la Reine et le parc du boulevard Léopold.

Sur la chaussée de Douai, la phase deux de la construction de " la Corne Saint-Martin" est également terminée. Les deux bâtiments déjà construits, dont un est presqu'entièrement occupé, font partie d'un complexe résidentiel qui en comptera, à terme, cinq autour d'un espace vert et d'un plan d'eau alimenté par la récupération des eaux pluviales. Une fois terminé, celui-ci ne comprendra pas moins de 191 appartements "passifs", près de 800 m2 dévolus à des activités commerciales et 200 m2 de services.

A la rue Jean Cousin, entre la chaussée de Douai et celle de Willemeau, le projet des "résidences Jean Cousin" est en voie d'achèvement. La première phase est terminée depuis quelques mois et déjà occupée. Les premiers occupants de la seconde phase arriveront probablement dans quelques semaines, le second bâtiment étant au stade des finitions. 

A l'angle du Becquerelle et du quai Saint-Brice, sur le site de l'ancienne clinique Saint-Georges, jouxtant l'immeuble de l'intercommunale Ipalle, les deux résidences à peine terminées voient arriver leurs premiers occupants. le projet a aussi accueilli deux crèches.

Dans la rue Barthélémy Frison, sur le site de l'ancienne imprimerie Campin, le projet de "l'ilot Desclée" est en voie d'achèvement. Dans le courant de l'année 2016, 47 lofts de standing seront progressivement occupés.

Dans la rue Saint-Eleuthère, un vaste projet prévoyant la construction d'un centre de stockage pour une firme de garde-meubles annexé à un bâtiment résidentiel comprenant appartements et rez-de-chaussée commercial est en cours d'achèvement. Dans le courant de l'année 2016, les bâtiments pourront être occupés.

Sur la place de Lille, les travaux de transformation de l'église Sainte-Marguerite en trois appartements de très haut standing sont terminés, il reste quelques finitions à effectuer au niveau des abords immédiats (création d'une entrée pour personnes à mobilité réduite dans la rue As-Pois).

Sur le quai des Salines et à la rue de l'Ecorcherie, la transformation des anciennes usines Allard en appartements et lofts se poursuit.

Sur la place Verte, un bâtiment voisin de l'ancienne Fontaine d'Or abritant jadis un magasin et une maison d'habitation appartenant à un atelier protégé vient d'être aménagé en appartements.

A la rue des Choraux, un immeuble à appartements qui donnera également sur la rue du Marché au Jambon (à côté d'un restaurant grec) est en cours de construction. On est actuellement à la phase de construction des fondations. L'immeuble à usage de quincaillerie de la rue du Marché au Jambon, (inoccupé depuis quelques années) sera totalement rénové. Sa construction est relativement récente, elle date de la reconstruction de la ville après le second conflit mondial.   

2. Les projets soumis à permis de bâtir.  

Sur la place de Lille, le promoteur qui achève la rénovation de l'église Sainte-Marguerite s'est tourné vers les deux bâtiments jouxtant l'église, l'un étant actuellement à usage de restaurant, l'autre de librairie. Ces deux immeubles anciens mais sans cachet particulier seront détruits et remplacés par deux immeubles du même gabarit abritant des appartements, l'information a circulé comme quoi le restaurant reprendrait possession du rez-de-chaussée à la fin des travaux.

A la rue Muche Vache, un promoteur souhaite transformer en appartements  l'immeuble ancien qui abrita une chocolaterie avant le restaurant à l'enseigne de "La table de Muche-Vache".

Au boulevard des Combattants, un vaste projet concerne les anciens établissements connus naguère sous le nom de "Colmant et Cuvelier" et ensuite de "Dunlop-CCT". Le projet qui y sera mené sera de longue haleine car il prévoit tout d'abord l'assainissement du site, une partie de celui-ci devant être dépolluée. Ensuite, seront érigés deux bâtiments : une maison destinée à une profession libérale et un immeuble de bureaux dans lequel une grande banque a déjà marqué son intérêt afin d y transférer son siège régional. La seconde phase verra la réalisation  d'immeubles à appartements proposant 150 logements pour étudiants, une cinquantaine de logements pour le troisième âge, des bureaux et peut-être même un appart-hôtel. Une nouvelle voirie reliant le boulevard des Combattants à la rue Paul Pastur sera également créée. Comme on le voit, il s'agit cette fois d'un projet mammouth qui s'étalera sur plusieurs années.

A la chaussée de Douai, sur le territoire du village d'Ere, un projet de réhabilitation des anciennes usines "Les Textiles d'Ere" vient d'être soumis à enquête publique. Le très vaste bâtiment industriel devrait être transformé en un centre d'affaires après une réhabilitation totale.  

3. Les chancres qui perdurent.

On en dénote encore quelques-uns.

Le principal se trouve au pied de la cathédrale, dans la rue de l'Hôpital Notre-Dame, nous avons déjà très (trop) souvent parlé du site de l'ancien cinéma "Multiscope Palace", du restaurant "Chez Pietro" et des anciens locaux du journal "Le Courrier de l'Escaut". Par rapport aux articles précédents stigmatisant déjà ce lieu rien ne semble évoluer. Passer dans cette rue reste une "galère" (!) visuelle.

Le suivant est celui de l'église Sainte-Marie-Madeleine, située à la Terrasse de la Madeleine, désacralisée en 1968, abandonnée depuis lors à son triste sort et qui tombe en décrépitude. La presse annonce qu'on est occupé à couler du béton sur son pourtour afin de pouvoir y dresser une solide palissade de façon à assurer la sécurité des riverains. Ce site qui appartient au désargenté Institut du Patrimoine Wallon ne risque pas d'être réhabilité de sitôt.

Le troisième se situe dans le quartier Saint-Piat, on l'appelle communément "l'ilot Cherequefosse". Pour celui-ci cependant, une lueur d'espoir a surgi. En effet, on vient récemment de démolir les anciens bâtiments de la "Technique" à la rue Cherequefosse. Ceux-ci menaçaient ruine et les terrains situés à l'arrière se transformaient  depuis longtemps en une jungle dans laquelle chats et rats se livraient à des parties de cache-cache. L'année prochaine, il est prévu, si rien ne change, de démolir l'ancienne "piscine Madame" située dans le rue du même nom et dans les mois qui suivent de débuter le chantier de construction de"Technicité", le projet de l'intercommunale Ipalle. Le secteur privé devrait y construire, quant à lui, du logement social et divers services.

En conclusion.

A la lecture de ces différentes réalisations, on pourrait croire que la crise du logement ne menace nullement la cité des cinq clochers. Toutefois, il faut bien se rendre compte qu'il s'agit avant tout de logements de standing et, tout comme la majorité des maisons qui sont actuellement proposées à la vente, l'offre est accessible principalement à des ménages aux revenus aisés ou à des étrangers désireux d'investir à Tournai. Malgré les très nombreux appartements et maisons situées dans les quartiers du Luchet d'Antoing, du Vert Bocage, du Maroc, de la résidence Carbonnelle, du "vingt-quatre août", du Vert Lion, de la rue des Bouchers Saint-Jacques et malgré les nombreuses réhabilitations d'immeubles réalisées au centre-ville, par la société le Logis Tournaisien, le logement social reste le parent pauvre. Les listes d'attente ne se résorbent pas en raison de la paupérisation de larges pans de la population. On en arrive à ce paradoxe, malgré la crise économique qui touche les plus faibles, on n'a jamais construit autant d'immeubles "luxueux" à l'ombre de Notre-Dame.

S.T. octobre 2015.   

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