30 sept.
2015

10:42

Tournai : les festivités d'octobre 2015

Voici de retour l'agenda des festivités du mois.

Du samedi 3 au dimanche 25 : "L'Art dans la Ville", 54 lieux, 61 expositions, près de 300 artistes à découvrir lors de parcours dans la cité.

 Samedi 3 et dimanche 4, Tournai Expo : "Salon du Bien-Etre+".

Dimanche 4, boulevard des Nerviens : arrivée de la dernière étape de "l'EuroMétropole Tour", course par étapes pour coureurs cyclistes professionnels.

Mardi 6, Grand auditoire du Séminaire : "L'âge des transitions", conférence par Pascal Chabot, philosophe, professeur à l'IHECS, dans le cadre du cycle "Connaissance et Vie d'Aujourd'hui".

Mercredi 7, Hôtel de Ville, Salon de la Reine, 18h : "Ostéoporose, le mal silencieux qui fracture", conférence par les Docteurs Yves Pottiez et Jean-Pierre Langhendries, radiologues au CHWapi, organisée dans le cadre du cycle des "Conférences-Santé".

Mercredi 7, Maison de la Culture, salle Jean Noté, 20 h : "Arno" en concert.

Vendredi 9, samedi 10 et dimanche 11, Esplanade de l'Europe : " le rallye de Tournai"

Samedi 10, salle La Fenêtre, 20h : "Les Pi Menteurs reçoivent Alex Boyon", le Franco-Tournaisien de France 2, avec Christophe Bourdon, Loulou Godet, Anne Simon et Dominique Watrin.

Samedi 10 et dimanche 11, Halle-aux-Draps : "Tournai Gourmande", salon des Producteurs et des produits de bouche, ateliers cuisine, bar à champagne, dégustations, une organisation des Amis de Tournai.

Mardi 13, Grand auditoire du Séminaire, 14h : "Pourquoi l'Europe ne comprend pas la crise grecque" conférence de Sophia Mappa, consultante internationale dans le cadre du cycle "Connaissance et Vie d'Aujourd'hui".

Mercredi 14, Centre de la Marionnette, 15h : "Les Mains Arc-en-Ciel" par le Créa-Théâtre, à 17 h ouverture du festival "Découvertes, Images et Marionnettes".

Mercredi 14, Maison de la Culture, salle Jean Noté, 20h : "Hullu" par le Blick Théâtre (F) dans le cadre du festival "Découvertes, Images et Marionnettes".

Jeudi 15, Halle-aux-Draps, 19h : "A House in Asia" par Agrupacion Senor Serrano (E) spectacle en anglais sur-titré en français dans le cadre du festival "Découvertes, Images et Marionnettes".

Jeudi 15, Maison de la Culture, salle Frank Lucas, 21h : "Manger des épinards, c'est bien, conduire une voiture, c'est mieux" par Eline Schumacher et la Cie Féconde (B), dans le cadre du festival "Découvertes, Images et Marionnettes".

Vendredi 16, Maison de la Culture, salle Jean Noté, 20 h "The Writer" par Ulrike Quade Company (NL), spectacle en anglais sur-titré en français, dans le cadre du festival "Découvertes, Images et Marionnettes".

Vendredi 16 et samedi 17, salle de l'EH-ISEP (école normale de Tournai), 20h : "Les Précieuses Ridules" par l'Atelier Techniques du Spectacle du Conservatoire de Tournai de Marie-Christine Degraeve (avec la complicité de Philippe De Smet).Samedi 17, au départ du Centre de la Marionnette, 14h30 : "Parcours découvertes dans des lieux insolites" dans le cadre du Festival "Découvertes, Images et Marionnettes".

Samedi 17, Maison de la Culture, 20h : "Les Inouïs" par le Théâtre d'Un jour (B) dans le cadre du Festival "Découvertes, Images et Marionnettes".

Samedi 17, Centre de la Marionnette, 21h30 : "Feux Follets" par la Compagnie Monotype (F) dans le cadre du festival "Découvertes, Images et Marionnettes".

Samedi 17 et dimanche 18, Tournai Expo : "Salon du Cheval, du Poney et de l'Ane".

Dimanche 18, Centre de la Marionnette, 14h30 "Contes Urbains" par le collectif 6.35 (B), à 15h15 : "Le Canard de Zanzibar" par la Cie des Chemins de Terre (B), 16 h "Hands Up !" par Lejo (NL) dans le cadre du festival "Découvertes, Images et Marionnettes". 

Dimanche 18, Halle-aux-Draps, 18h : "Il y a quelque chose de pourri" par la Cie eLvis AlaTac (F) dans le cadre du festival "Découvertes, Images et Marionnettes".

Mardi 20, Grand auditoire du Séminaire, 14h : "Métamorphoses de la famille et de la filiation" conférence par Nicole Gallus, Professeur à l'Université libre de Bruxelles, dans le cadre du cycle "Connaissance et Vie d'Aujourd'hui".

Mardi 20 et mercredi 21, Maison de la Culture, salle Frank Lucas, 20h : "Going Home" de et avec Vincent Hennebicq.

Jeudi 22, Maison de la Culture, salle Frank Lucas : "Crise ou changement du monde, à l'aube d'une transition fulgurante" conférence par Pierre Giorgini, Président-Recteur de l'Université catholique de Lille. Séance inaugurale de la saison 2015-2016 de l'Université du Temps Disponible.

Jeudi 22, Maison de la Culture, salle Jean Noté, 17h et 20h : "L'Afrique du Sud" par Pierre Réjior dans le cadre du cycle "Exploration du Monde".

Samedi 24, Eglise Saint-Quentin, 20h : "Voix italiennes hier et aujourd'hui" avec Marie-Noëlle de Calatay, soprano et Eunice Arias, mezzo-soprano, spectacle inaugural de la saison 2015-2016 de la Chapelle musicale de Tournai (direction : Philippe Gérard).

Samedi 24, Halle-aux-Draps, 20 h : "Les Deux Pianistes" récital à quatre mains, dialogue musical entre pianos de Philippe De Smet et Patrick Salmon au profit de l'asbl Ensemble d'Orcq.

Samedi 24 à 20h et dimanche 25 à 18h, salle La Fenêtre : "La vie sinon rien", pièce d'Antoine Raul avec Eric Décarpentrie.

Mardi 27, mercredi 28 et jeudi 29, Maison de la Culture, salle Frank Lucas, 20h : "Pigeons" de Thierry Lefèvre, par Kevin Defossez

Jeudi 29, Maison de la Culture, salle Frank Lucas : "Picasso et l'Art contemporain", conférence par Sylvie Esteve, dans le cadre du cycle de l'Université du Temps Disponible.

Vendredi 30 et samedi 31, Tournai Expo : "Salon Antiquités, Brocante et Collections" .

Samedi 31, Maison de la Culture, salle Jean Noté, 20h : "Grand Cabaret" de la Royale Compagnie du Cabaret Wallon Tournaisien.

Samedi 31, cathédrale Notre-Dame, 20h, "Le Fantôme de l'Opéra", projection du film muet sur des improvisations à l'orgue par Etienne Walhain, organiste de la cathédrale. Une expérience originale dans un lieu qui s'y prête !   

(agenda susceptible d'ajouts et/ou de modifications)

S.T. septembre 2015.

    

28 sept.
2015

11:23

Tournai : Wannehain-Tournai, "la voie du souvenir".

Faire œuvre de mémoire.2015.09.27 Wannehain Le Maire et Mr Tonnelle.jpg

Il existe des lieux et des évènements que nos livres d'Histoire ont oubliés, des lieux et des évènements à propos desquels les historiens sont restés étrangement muets. Pourtant, c'est à ces endroits et à ces moments-là que nous devons bien souvent notre présent.

Le blog "Visite Virtuelle de Tournai" vous a déjà conté, par le détail, grâce aux carnets du Général Antoine de Villaret, les combats tragiques qui se déroulèrent, le 24 août 1914, dans les quartiers Nord de la cité des cinq clochers.

Les soldats territoriaux de Vendée sous les ordres du Général de Villaret, par leur sacrifice, retardèrent l'avancée des troupes du Kaiser et permirent ainsi aux soldats anglais vaincus, la veille à Mons, de se retirer vers la côte sans être confrontés au gros des forces allemandes. Certains ont voulu réécrire l'Histoire et réduire cette journée à une de ces nombreuses péripéties qui marquèrent le premier conflit mondial, mais ce fait considéré par eux comme anodin, voire banal, a peut-être modifié, plus qu'on ne le pense, l'issue de la guerre.

Wannehain, le 24 août 2015.

Wannehain est une petite commune du département du Nord de la France. Ce village de 1.150 âmes jouxte la frontière belge et au lieu dit "le Bureau", on entre en Belgique par le village d'Esplechin. A quelques centaines de mètres de là se dresse la ferme de la "Bleuse Vache" (la vache bleue), actuelle propriété de Mr. Vianney Pollet. En ce mois d'août 1914, les soldats territoriaux appartenant au 83e et 84e Régiment d'Infanterie ont bivouaqué dans les champs et prairies entourant cette exploitation agricole. Le 24, Vers 3h30, les hommes ont quitté le lieu pour prendre la direction de Tournai, une ville qu'ils avaient reçu ordre de défendre. On sait ce qu'il est advenu dans le courant de cette journée qui restera gravée, à jamais, dans la mémoire des Tournaisiens (voir à ce sujet, l'histoire parue dans ce blog en novembre 2014).

Depuis ce jour, une cérémonie organisée tout d'abord par le "Souvenir Franco-Belge", cher à son Président Patrick Desauvage, tragiquement disparu l'année dernière, et désormais par l'Administration communale entretient le souvenir de ces héros.

Le point de départ désormais rappelé.

Ce dimanche 27 septembre 2015, une plaque a été dévoilée sur le mur de la ferme. Au cours de la cérémonie, le maire, Mr. Jean Luc Lefebvre, prit la parole pour dénoncer la vanité de ces conflits dont on a trop 2015.09.27 Wannehain soldats français devant la plaque.jpgsouvent la naïveté de croire, à la fin de chacun, que c'était le dernier. La guerre qui a éclaté en 1914 devait être la dernière , "la der des ders" rappela le premier magistrat de la commune, hélas, elle dura quatre longues années et fit des millions de victimes. Henri Tonnel, Président de l'Association "Fondation de Pévèle", prit ensuite la parole pour évoquer les évènements qui marquèrent cette journée et rappela les noms des soldats qui furent tués par l'artillerie ennemie installée sur la butte de la Pannerie. C'est alors que dans le calme régnant sur cette plaine en ce dimanche ensoleillé retentit la sonnerie au mort suivie des hymnes français, belge et britannique. Un verre de l'amitié servi dans la cour de la ferme clôtura cette émouvante cérémonie. Au cours de celui-ci, un représentant du Secours français remit une décoration à ceux qui œuvrent pour conserver vivace la mémoire de ces évènements.

Dans l'assistance, on releva la présence du maire et des conseillers municipaux rejoints par les maires des communes voisines, des membres de la Fondation de Pévèle et du Secours Français, du commandant de la place de Lille, de nombreux anciens combattants et d'habitants du village. On regretta l'absence du moindre représentant officiel de la Ville de Tournai. Pour palier à cette absence remarquée, Mme Caroline Jesson pour les Ecrivains Publics de Wallonie picarde qui ont publié dernièrement un livre consacré aux "Tranches de vie de Tournai et d'ailleurs en 14-18", Mr. Pierre Bauters, ancien commandant de la place de Tournai et Président de l'inter-association des sociétés Royales patriotiques ainsi que l'Optimiste, passeur de mémoire, accompagnés de leurs conjoints se sont regroupés et ont formé une petite délégation afin de montrer que, pour le souvenir2015.09.27 Wannehain plaque commémorative.jpg, les "Tournaisiens sont là".

(les photos sont de Caroline Jesson) 2015.09.27 Wannehain Ferme de la Bleusse Vache.jpg

 

S.T. septembre 2015

 

 

26 sept.
2015

12:11

Tournai : expressions tournaisiennes (329)

Conqueontes de bistreots !

Ch'est ein fait bin connu, ch'est souvint au comptoir du bistreot, qu'on orfait l'meonte et qu'on intind des queontes de seots. Alfeos, assis su l'banquette, tout in chirotant m'pale-ale, sans raviser, j'ouvère tout grand mes deux orelles.

J'vas ichi, mes gins, vous raqueonter in peu d'temps quoisque ceulle sémaine j'ai intindu en acoutant..

Rudy et Théo.

D'tous les propeos tenus pa les quervassins, i-a pos à dire no Rudy i-est l'luméreo ein. L'RTBf fait pou l'momint eine campane publicitaire dynamique ave, su chaque affiche, les tiêtes de nos heommes et feimmes politiques. Ch'est à l'chaussée d'Lille que j'ai vu ceulle scène, les tiêtes de Rudy Demotte et de Théo Franken. L'chef de Rudy pinche à gauche, ch'est normal et l'ceu de Théo à droite, ch'est fatal. Pou que l'affiche elle soiche bin vue pa tertous, i-falleot eine belle situatieon, ainsin pou Rudy, on n'a pos trouvé mieux que de l'mette à chinq chints mètes de s'maseon. I-a aussi, au peont d'Fier, le grand Schtroumpf bleu tout sourire pa d'vant ein p'tit troll ave ein air moudreux. Si vous n'avez pos adveiné de quisque j'veux parler, j'vous conselle d'aller dins l'quartier vous pourméner. Mais perseonne n'a acore vu matante Maggie, i-feaut dire que l'format d'l'affiche i-est ein peu p'tit.  

L'discours à Polo.

J'ai aussi intindu ein heomme dire à ses compagnieons, j'pinse que no Polo i-d'vreot orjointe Vincent au Cabaret Walleon. Ch'est diminche passé, à l'Hôtel de Ville, à l'occasieon de l'fiête du Cabaret, que Polo, no Sheriff, eine eaute facette de s'talent i-nous a moutré. Dins l'discours d'ouverture qui a proneonché in tournisien, i-a démontré qu'li aussi i-éteot ein riche fouteu d'gins. A s'façeon, i-a dressé l'portrait de ses amisses du Cabaret et... l'bac i-s'a ortourné su l'pourchéau comme on dit à Tournai.

Rude touillache.

Cha fait deux semaines qui s'passe bramint d'activités à Tournai. L'processieon, les cortèches et l'spectaque de Mossieu Zo ont suivi l'carnaval d'été. Si l'prumier diminche, l'pluèfe elle est v'nue tout gâcher, on n'peut critiquer perseonne, tout i-éteot bin organisé. J'deos dire que ch'éteot vraimint pos parel diminche dernier, in auteo, dins no ville, on s'aveot pus pas dusqu'on d'veot passer. L'échevin des Sports, Mossieu Bouziane, i-aveot mis su pied, ein grand "trail" qui passeot dins toutes les rues d'no cité. Cha traverseot même in plein mitan d'Hôtel de Ville, dins l'saleon du bourguémette et des édiles et, veyez ichi, mes gins, l'touillache, au même momint, l'Cabaret i-inregistreot ein CD au prumier étache. I-va falloir à Mossieu Mayan beauqueop d'créativité pou n'pos intinte berler su l'CD  :"Vas-y Jojo, t'es pos leon d'l'arrivée". Ch'est su l'plache de Lille qu'elle éteot jugée, tout jusse à côté de l'colonne des Français. Comme i-aveot au pied, eine cérémonie d'hommache annuelle, ave l'musique qui berleot pou comprinte les discours i-falleot avoir d'fameusses orelles. Comme i-a dit Mossieu Christian Bridoux, l'Présidint du Cabaret, eine feos acore, l'communicatieon elle n'a pos bin passé. Mais là dusqu'on est saisi et qu'on n'comprind pus fort ch'est quançqu'on sait que l'échevin de l'Culture ch'est aussi l'ceu des Sports.  

L'limitatieon d'vitesse.

Ch'est à trinte à l'heure qu'on devra béteôt rouler dins toutes les rues et rulettes de no cité. Ch'est l'prumier du meos d'sétimpe que cha d'veot qu'mincher, mais l'firme qui couleot l' anneonche su les pavés, elle n'aveot pos terminé. Ainsin, à No Télé, à l'fin du meos d'août i-ont eu l'air malin, in disant à tertous que cha alleot intrer in vigueur à partir du l'lind'min. Mais j'ai été surpris jusqu'à m'fusil quançqu'ein d'ces arsoules i-a dit : "I-n'ont pos été les seuls à raqueonter des bleusses, l'blog de l'Optimisse i-a anneonché l'même cosse qu'eusses". Comme cha s'a passé, pou les gins du Cabaret, su mi aussi, l'bac du pourchéau i-s'est ortourné. Vu qu'asteur, i-n'ont toudis pos rattrapé l'ortard, ch'est pos d'main l'velle qu'on va flasher les chauffards. Ch'est alors qu'eine feimme à mitan quervée, elle s'a mise à berler, d'puis l'feond du cabaret : "Après, dins l'ville, on n'pourra pus parquer, j'ai appris pa ein garcheon qui est chez les Ecoleos qu'on va devoir tertous rouler à véleo". Bé, si on veot arriver à véleo tous nos édiles, cha va faire de l'plache in face de l'Hôtel de Ville.

L'fil d'or.

Mercredi, dins ein cabaret du héaut de l'rue des Cap'liers, i-a ein heomme tout débalté qui, tout à n'ein queop, i-est rintré. "I-feaut v'nir ichi vir ce qui s'passe déhors, i-a des ouverriers qui ormettent l'fil d'or". L'fil d'or, ch'est ein bieau machin qui a été pinsé pa Mossieu Michelin (pou les ceusses qui n'seont pos au courant, ch'est l'neom d'l'architecte qui a fait les plans). I-d'veot conduire facil'mint tous les gins pa d'vant les riches maseons et les bieaux monumints. On a, tout d'suite, vu que cha n'teneot pos, que cha jeueot alfeos les écliquettes, du queop, on a été, bin vite, obligé d'in ortirer pos leon d'ein kilomete. Asteur, cha n'va pus ête vissé mais collé et pou les inl'ver i-va falloir saquer l'pavé, bé nous ov'là rasseurés.

L'nouvieau gestionnaire du parcmète.

Jusse à côté de l'églisse Saint-Quentin, pos bin leon du café de l'Botte de Lin, i-a ein heomme ave ein tchien laid à faire peur, qui pindant tout l'jour velle jalous'mint su l'horodateur. In glichant l'pièchette i-des gins qui s'déméfient de s'n'air de greos dur, aussi i-n'osereot'ent pos s'in raller à leu voiture sans lui laicher eine pétite écapure. Au Central, l'grand Albert, i-m'a dit in chifflant s'verre : "D'puis lommint, ch'est dins l'roduit que j'vas parquer pasqu'ichi j'ai l'impressieon d'ête victime d'eine attaque à main armée". L'pétit René i-pinse que ch'est ein pinsieonné des parcmètes qui a trouvé là eine plache de choix pou arreondir s'n'ortraite.

L'braderie.

Ch'est l'lindi de l'braderie que j'ai rincontré l'grand Roger, l'ceu qu'on appelle inter nous l'potieau d'cabaret, i-est au comptoir du matin jusqu'au soir et à l'fin de l'journée i-raqueonte alfeos des drôles d'histoires. On a cru qu'i-t'neot ein riche preone, qu'i-éteot acore arringé, quançqu'i-nous a dit qu'i-aveot vu l'Père Damien dins la rue d'Courtrai. Tertous insanne i-se seont mis à rire plein leu panche et i-l'ont à nouvieau pris pou ein loleo, aussi, j'ai pos osu leu dire que mi aussi j'l'aveos croisé au stand de l'Fondatieon Follereau. L'garcheon i-aveot pourtant total'mint raiseon, l'Père damein, ch'est Olivier, ein sosie qui vient d'Mouscron. 

Ainsin, comme vous l'veyez, ch'est dins les cabarets qu'on apprind quoisqu'i-s'passe dins l'actualité. Dins l'sémaine j'ai même appris eine séquoi qui m'a surpris.

Le Peont Noter-Dame.

De l'rue d'l'Hôpital à l'rue Royale qu'on soiche déhors ou dins l'maseon, on intind, pindant tout l'journée, meonter et déquinte l'peont. L'paufe installatieon elle émet tell'mint d'grinch'mints qu'on direot eine future mamère dins les douleurs d'l'infant'mint. Cha n'deot pourtant n'pos ête difficile, d'mette su s'cablache eine guisse d'huile. On attind pétête l'élargiss'mint d'l'Esquéaut pou infin intamer ces importants travéaux. L'lindi de l'braderie, dins ein bistreot de l'rue Royale, on a vu Edmeond, berloquant et berdélant, lever s'verre à l'santé du peont in disant : "Si on n'répare pos ceulle affaire, j'pinse bin qu'elle n'passera pus l'hiver.

 In Conclusieon.

Comme vous pouvez l'constater, passer eine hurette dins ein cabaret, ch'est comme lire eine gazette, cha vous met au courant d'l'actualité. I-devreot'ent v'nir pus souvint au bistreot nos édiles, ainsin i-s'reot'ent au courant de l'avis des habitants d'no ville. Bin seûr, ce qu'on intind au comptoir d'ein bistreot, on n'peut pos dire que cha vole très héaut. Pasque, mi j'vous l'dis, les conqueontes de bistreots, ch'est bin souvint des queontes de seots.

(lexique : les conqueontes : des billevesées / des bistreots : des cafés / orfaire l'meonte : refaire  le monde / des queontes de seots : des contes de sots, des histoires sans importance / alfeos : parfois / chiroter : siroter / raviser : regarder / ouvère : ouvrir / les orelles : les oreilles / raqueonter : raconter / quoisque : qu'est-ce que / ceulle : cette / acouter : écouter / ein quervassin : un ivrogne / l'luméreo : le numéro / l'momint : le moment / eine campane : une campagne / pincher : pencher : elle soiche : elle soit / tertous : tous / ainsin : ainsi / chinq chints mètes : cinq cent mètres / pa d'vant : devant / mourdreux : hargneux, grincheux / adveiner : deviner / pourméner : promener / matante : tante / orjointe : rejoindre / moutrer : montrer / ein fouteu d'gins : un qui se moque des autres / les amisses : les amis / l'bac i-s'a ortourné sur l'pouchéau : le bac s'est retourné sur le cochon, il n'y a rien qui passe qui ne repasse, paiement en retour d'un fait / bramint : beaucoup / les cortèches : les cortèges / l'spectaque : le spectacle / l'pluèfe : la pluie / parel : pareil / dusque : où / in plein mitan : au beau milieur / l'touillache : confusion, le tohu-bohu / l'étache : l'étage / intinte berler : entendre crier / pos leon : pas loin / tout jusse : juste / quanç'que : lorsque / l'ceu : celui / béteôt : bientôt / eine rulette : une ruelle / sétimpe : septembre / qu'mincher ou commincher : commencer / les anneonches : les annonces / l'meos : le mois / arsoule : arsouille / raqueonter des bleusses : raconter des choses qui ne sont pas vraies / les cosses : les choses / eusses : eux / asteur : maintenant / l'ortard : le retard / l'velle : la veille / quervée : ivre / ein garcheon : un garçon / du héaut de l'rue des Cap'liers : du haut de la rue des Chapeliers / débalté : profondément énervé, excité / tout à n'ein queop : tout à coup / vir : voir / les ouverriers : les ouvriers / ormette : remettre / jeuer les écliquettes : jouer les castagnettes / du queop : du coup / saquer : tirer / rasseuré : rassuré / ein tchien : un chien / glicher eine piéchette : glisser une piécette / s'déméfier : se méfier / s'in raller : retourner / laicher eine écapures : laisser un pourboire, une dringuelle / chiffler ein verre : boire d'un trait / lommint : longtemps / l'roduit : le réduit, trois petites rues portent ce nom à Tournai, cela signifie un endroit retiré souvent en impasse / eine plache : une place / ein potieau d'cabaret : un pilier de bar /  avoir eine preone : être totalement saoul / ête arringé : être arrangé, ne plus savoir quoi / insanne : ensemble / rire plein s'panche : rire en faisant rebondir le ventre / ein loleo : un innocent / eine séquoi : quelque chose / déquinte : descendre / l'mamère : la mère / l'infant'mint : l'enfantement / eine guisse : un peu, presque rien / pétête : peut-être / berloquer : balancer sous l'action de l'ivresse / berdéler : bredouiller / eine hurette : une petite heure / bin seûr : bien sûr / pasque : parce que ).

S.T. septembre 2015             

12:11 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : tournai, patois, picard |

22 sept.
2015

19:16

Tournai : Heurs et malheurs au 20e siècle !

On l'appelait "la Belle Epoque" !

Pourquoi a-t-on appelé le tout début du vingtième siècle : la "belle époque" ? Pour ceux qui n'ont pas étudié l'Histoire dans les moindres détails, ces mots suggèrent, en effet, qu'à cette époque tout le monde vivait probablement heureux et ne manquait de rien, que la jeunesse était insouciante et courait de bals en fêtes, d'instants festifs en banquets somptueux. La "belle époque" dans l'esprit de certains ne peut-être qu'une période frivole qu'on évoque toujours avec nostalgie, et pourtant...

Pourtant, la "belle époque" se caractérise avant tout par l'existence de deux classes sociales : celle des nantis qui possédent la presque totalité des richesses et celle des démunis qui survivent dans le plus grand dénuement. Deux parties de la société qui ne se fréquentent pas ou si peu, la seconde étant au service inconditionnel de l'autre ! 

Les membres de la classe dirigeante étaient à la tête d'administrations, d'industries, de gros négoces ou vivaient de leurs rentes dans d'opulentes propriétés, de petits châteaux, de coquettes gentilhommières ou de confortables maisons bourgeoises, tandis que les ouvriers, bien souvent obligés de travailler douze heures par jour pour un salaire de misère, croupissaient dans de sombres quartiers populaires où ils s'entassaient à plusieurs dans des pauvres taudis infestés de rats, lieux privilégiés pour le développement de maladies bien souvent fatales (tuberculose, choléra....). 

Une première détonation !

Le premier conflit mondial allait quelque peu gommer les inégalités, riches et pauvres allaient se retrouver, durant quatre longues années, au coude à coude, pour défendre la patrie. Dans les tranchées, chaque homme était confronté au même ennemi, connaissait la même peur et endurait les mêmes privations. Bien souvent, des patrons sauvèrent la vie d'ouvriers et inversement, des attitudes héroïques qui comblèrent parfois le large fossé séparant les deux classes sociales.  

La ville de Tournai allait sortir profondément meurtrie de ces quatre années de guerre. Le nombre de ses habitants passa de près de 37.500 à la veille du conflit à moins de 35.000 après l'armistice. Près de 400 Tournaisiens, militaires ou civils, avaient été tués. De nombreux immeubles étaient complètement détruits, particulièrement dans la zone Nord de la ville. Excepté le Pont des Trous, sauvé grâce à une intervention de l'administration communale auprès des Allemands, tous les ponts avaient sauté lors de la retraite de l'ennemi. L'économie était exsangue : les carrières du Tournaisis avaient perdu le leadership qui était le leur au début du siècle. Le ciment artificiel, meilleur marché, produit un peu partout dans le monde était venu supplanter la production locale et l'Escaut, fleuve beaucoup trop étroit dans sa traversée de la ville, ne permettait pas aux nouveaux bateaux d'un tonnage de 600 tonnes de naviguer vers la Flandre et la Hollande. Conséquence de cela, les Pays-Bas se tournèrent vers l'Allemagne dont les usines travaillaient à plein régime pour effacer les ruines du conflit. La production d'un million et demi de tonnes de chaux hydraulique et de ciment s'effondra rapidement et avec elle la plus grande partie des 10.000 emplois que procurait le bassin calcaire aux ouvriers de la région avant que n'éclate le conflit. Les décideurs politiques de l'époque ne montrèrent aucun enthousiasme à soutenir les différents secteurs de l'économie et de nombreuses filatures quittèrent la ville pour cet "Eldorado" de la bonneterie qu'était devenue l'attractive zone de Roubaix et Tourcoing. Les finances communales étant au plus bas, ceci peut-être expliquant cet immobilisme des édilités.

Une crise économique majeure

L'Histoire retient le 24 octobre 1929. Cette date qui allait entrer dans l'Histoire sous le nom de " jeudi noir", apporta la preuve que l'économie mondiale était factice, qu'elle n'avait aucun fondement solide, que le moindre papier qui était devenu argent en bourse redevenait du papier sans valeur. L'onde de choc, née à Wall Street, en cet automne de l'année 1929, atteignit la Belgique quelques mois plus tard. La crise toucha de plein fouet l'économie belge. La situation financière de la ville de Tournai qui avait mis beaucoup de temps à se redresser, vacilla ! Des "boursicoteurs" furent ruinés, des propriétaires de maisons ayant pignon sur rue furent obligés de mettre la clé sous le paillasson, le nombre de sans-emploi explosa rapidement. Des familles jusqu'à là à l'abri de la pauvreté connurent la dure expérience des fins de mois difficiles.

Une seconde détonation ! 

En novembre 1914, on pensait avoir vaincu la bête germanique, mais elle n'était pas morte, elle souffrait même d'une profonde blessure infligée par la frustration. Elle attendait avec impatience celui qui la mènerait vers un combat revanchard et trouva ce héros en la personne d'un petit peintre d'origine autrichienne, blessé sur le front de l'Yser, qui rêvait d'un règne de mille ans. Après avoir conquis la Pologne, le 10 mai 1940, Hitler lance ses troupes à travers la Belgique. Les Tournaisiens ne sentirent pas tout de suite concernés. On avait présenté la cité comme une zone refuge vers laquelle de nombreux réfugiés, venus de Liège et de Namur, s'étaient dirigés pour être en sécurité face à l'avance des troupes du Reich. Hélas, durant l'après-midi du 16 mai, d'importantes formations d'avions ennemis déversèrent des tonnes de bombes incendiaires et explosives sur la cité des cinq clochers, la mettant à feu et à sang. Les bombardements durèrent quatre jours et la cité se transforma en un immense foyer visible à des kilomètres à la ronde. Sur les 10.434 maisons que comptait la ville, 5.232 furent détruites ou gravement endommagées. 70% de ces immeubles étaient des maisons de commerce. La cathédrale Notre-Dame avait échappé à l'embrasement total lorsqu'une bombe incendiaire tomba sur la nef, les églises Saint-Quentin, Saint-Brice et Notre-Dame était détruites, Saint-Piat et Sainte-Marie Madeleine gravement endommagées. L'Evêché, l'Hôtel de Ville et les Archives de l'Etat ne présentaient plus que des murs calcinés. La Grand-Place n'était plus qu'un amas de ruines et seuls les murs extérieurs de l'Halle-aux-Draps tenaient encore debout. Avec l'occupation, le calvaire constitué de privations, de vexations, de violences physiques, de déportations dura à nouveau quatre ans !

Un jour de septembre 1944.

Le 3 septembre, vers trois heures du matin, un charrette descend rapidement le boulevard du roi Albert, les Allemands ont réquisitionné pour leur fuite un brave fermier d'Avelain, petit village du Nord de la France pas très éloigné de la frontière. Arrivé au carrefour dénommé aujourd'hui des Résistants, l'équipage emmené par Henri Dupuis est pris sous le feu d'un char américain arrivé par la chaussée de Saint-Amand. Au milieu d'une véritable boucherie, au petit matin, on verra la population dépecer les carcasses des chevaux, avec la certitude d'un festin royal pour un peuple affamé. Peu après 7h30, le drapeau aux couleurs nationales flotte au sommet du beffroi. Si le pont Soyer brûle, incendié par l'ennemi protégeant sa retraite, grâce au courage d'un marinier, Louis De Buyscher qui parvient à éteindre les flammes qui commencent à le dévorer, le pont de Fer est sauvé, tout comme le pont Delwart. Les troupes américaines et anglaises se rejoignent à Tournai où l'accueil de la population est indescriptible. De milliers de poitrines s'exhalent les cris de bonheur de la liberté retrouvée.

Une seconde moitié de siècle plus réjouissante.  

Si le malheur a été omniprésent durant la première moitié de ce vingtième siècle, les jours qui se profilent au moment de la fin de la guerre, le 8 mai 1945, vont enfin apporter la joie tant espérée par les habitants de la cité de Clovis. Le douloureux problème du ravitaillement de la population va cependant encore durer jusqu'à la fin de l'année 1948. Une reconstruction judicieuse effectuée par des auteurs de projets soucieux de reconstituer les gabarits et le style des bâtiments détruits va être rapidement entamée et va se prolonger jusqu'au l'aube des années septante. L'église Saint-Quentin et l'Hôtel de Ville seront terminés peu de temps avant que la Maison de la Culture n'ouvre ses portes sur la plaine des Manœuvres.

Une nouvelle destinée pour la cité.

Peu à peu, Tournai a pris conscience de son rôle de capitale de la Wallonie Picarde. Avant que les penseurs de Gaïa ne viennent leur donner un coup d'arrêt mortel, les plus grands cirques ont planté leur chapiteau sur la plaine des Manœuvres de Médrano à l'Américan Circus en passant par le Cirque de Moscou, PinderAlthoff ou Tony Boltini. De très nombreuses stars de la chanson ont inscrit la cité scaldéenne à l'agenda de leurs tournées de Jacques Brel à Patrick Bruel, en passant par Claude François, Sylvie Vartan, Pascal Obispo, Julien Clerc, Jane Birkin ou encore Salvatore Adamo. Les festivals tant de rock que de musique classique, de philosophie ou d'humour, de cinéma qui dérange ou de cirque international sont régulièrement organisés. La tapisserie possède sa triennale, le sept musées présentent leurs riches collections, le carnaval est ressuscité depuis plus de trente ans, la procession historique déroule son long cortège sans discontinuer depuis l'an 1090 tandis les géants tournaisiens dansent à perdre haleine sur les pavés de la cité. Si son football est en nette perte de vitesse depuis la fusion du Racing et de l'Union, le handball avec l'Estudiantes, le water-polo avec le Cercle des Nageurs de Tournai, le tennis avec le Vautour Tennis Club de Vaulx et le basket avec le Tournai Espoir Femina et le BC Kain perpétuent son nom dans le domaine sportif. Soulignons également que la ville a servi de cadre à de nombreux films et téléfilms, qu'elle a accueilli, en cyclisme, deux arrivées d'étape du Tour de France et est le traditionnel lieu d'arrivée de l'ultime étape de l'Eurométropole Tour.  

Tout cela ne s'est pas fait en un jour et, actuellement, il faut souffrir de la présence d'imposants chantiers pour que Tournai puisse offrir aux visiteurs de demain, le visage d'une ville du passé tournée vers le futur.  

(sources : les éditions du Courrier de l'Escaut de 1900 à 1913, - "Histoire de Tournai" de Paul Rolland, ouvrage paru chez Casterman en 1956 - "Tournai sous les bombes" d'Yvon Gahide, ouvrage paru en 1984 et édité par la Société Royale d'Histoire et d'Archéologie - "Le jour où ils sont arrivés", édition du Courrier de l'Escaut, ouvrage souvenir publié en 1994 à l'occasion du 50e anniversaire de la libération de la Ville).

S.T. septembre 2015 

19:16 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, guerre, libération, festivals |

18 sept.
2015

13:42

Tournai : expressions tournaisiennes (328)

Ch'est béteôt l'apocalypse !

Si j'creos l'info que j'ai li mercredi su internet, eine météorite va béteôt caire su no planète. J'vous l'dis tout net, ch'est pos fort précis mais ch'est avant l'28 à minuit. L'boule de feu d'treos kilomètes d'diamète va ichi réduire no tierre ein p'tites milettes et, j'pinse qu'on va tertous connaîte l'même sort qui est arrivé, i-a des millieons d'ainnées, aux dinosaures.

L'NASA elle a dit qu'elle n'aveot, jusqu'asteur rien vu, mais l'ceulle qui a cait in Russie, on n'l'aveot pos vue neon pus.

D'puis bin lommint, j'ne creos pus à toutes ces cacoules, pus d'eine feos, i-a bramint gins qui nous ont foutu des coules.

I-d'a ein qu'i-est v'nu m'vir in m'disant : "Cha va ête Armaguédeon" 

J'li ai dit : "Ch'est pos cha qui va m'impêcher d'sortir de m'maseon !".

D'puis treos ans, j'n'acoute pus tous ces prophètes là, d'puis qu'on a d'jà dépassé l'calinderreir des Mayas.

J'ai wardé l'raminvrance de ceulle affaire là, on n'in aveot même fait ein film d'cinéma.

J'ai eu l'sanche de rincontrer m'incien collègue Frédéric qui aveot comminché des héautes études pou ête ein scientifique.

"Te sareos m'dire quoisqu'i-s'passereot, si i-aveot eine météorite qu'i-approch'reot".

"Même si on n'le vereot pos, à bin des cosses on l'sintireot. Ainsin, l'météo elle va qu'mincher pa s'détraquer, l'bieau temps qu'on aveot, i-va ête vite oblié, on va vir arriver des greos neuaches et on va intinte teonner l'orache, au même momint, l'vint i-va chufller dins les quémeinées, les draches i-veont caire et tout va bourler. L'meilleu des eximpes que j'peux t'moutrer, ch'est l'temps qu'on a eu, diminche, pou les fiêtes à Tournai". Après on va vir déquinte l'thermomète et, dehors, de l'rache qui f'ra noir, qu'on va devoir alleumer les leumières à chinq heures au soir".

"Mo Dieu, Mo Dieu, tes esplicatieons, Frédéric, te les arrêtes pasque mi j'comminche sérieus'mint à avoir l'pépette".

"Après  cha, i-va avoir des grands trimblemints d'tierre, ein peu, comme l'ceu qu'i-a eu au Chili avant-hier, partout, cha va ête l'déroute, on va vir s'ébouler des autoroutes et su les nationales i-ara des tréos si profeonds que les auteos, tout à n'ein queop, elles veont caire au feond. L'ieau qui déquind des montanes, elle va briser les barraches et cha n's'ra même pus nécessaire de s'rapp'ler commint que ch'est qu'on nache".

Alors au firmamint, on va vir apparaîte l'boule et cha, cha va rinte l'meonte complèt'mint maboule. Comme canteot Guy Béart, cha va ête l'grand chambardemint, qui va mette, in moinse d'eine minute, in orbite tous les gins.

C'garcheon là, je n'vouleos pus l'acouter, je m'sinteos flaubir, j'éteos mansé !

Quanç'que j'ai rincontré m'visin André, l'jour même au soir, i-m'a dit :

"Quoisque ch'est acore pou ein histoire que t'essayes d'm'faire ichi accroire ! A m'mote qu'i-feaut avoir éclusé chinq ou six pale-ale pou aller raqueonter aux gins des cosses parelles".

L'viel Arsène qu'i-éteot su l'porte de s'maseon et qui aveot intindu tout l'conversatieon, i-m'a apporté eine eaute précisieon :

"Quanç'que j'éteos acore ein p'tit rotleot, i-aveot m'mofrère Jean qui anneoncheot d'jà à qui vouleot l'intinte, l'fin des temps. On diseot d'Jean qu'i-éteot ein peu poète, ein peu artisse, mais pou l'fin du meonte ch'éteot ein véritape espécialisse. I-diseot souvint : vous voirez des gins qui s'reont obligés d'déménager pou cacher, dins d'eautes pays, après l'sécurité et i-ara des signes qui veont apparaîte dins les cieux qui s'reont vus pa tertous sauf pétête pa les aveules et les cachiveux. In puque, i-s'a passé eine séquoi, ceulle sémaine, dins no beonne vielle cité, on n'l'a pos ormarqué mais on n'a pus intindu l'carilleon du bieffreo seonner, si les cloques elles s'arrêtent ch'est ein mauvais présache, cha veut pétête dire qu'on est arrivé à l'fin des âches".

In riant plein s'panche, André i-nous alors raqueonté pourquoi ch'éteot arrivé, quoisqu'i-s'éteot là passé :

"Bé cha n'a rien à vir ave l'fin du meonte, mes amisses, ch'est l'ceu qui l'a inl'vée qui a oblié d'ormette l'prisse. Cha s'a passé diminche dernier, pou le spectaque "Chinq Clotiers, Quate Chints Queops" on aveot, à ceulle occasieon, arrêté l'carilleon du bieffreo et après, dins l'euphorie générale du succès, i-a pus perseonne qui a busié qu'il falleot l'orbrancher, comme i-pleuveot comme vaque qui pisse, on-a oblié d'ormonter pou ormette l'prisse, pindant chinq jours on a ainsin caché pourquoi no bieffreo i-resteot muet".

Arsène i-a rajouté :

"In héaut lieu i-save'tent bin que cha va arriver mais i-n'dise'tent rien pou n'pos nous faire paniquer !".

Ave ces meots, je m'sus sinti tout in nache, j'me sus dit que tout i-s'metteot in plache. Aussi, au momint d'quitter André et Arsène, l'pétit vieux, j'ai fait ainsin :

"Je n'vous dis pas à'rvoir, mes amisses, mais putêot adieu".  

J'ai orwettié l'ciel, tout m'in rallant à m'maseon et inter les neuaches, i-a eu comme eine apparitieon, ein sorte d'leumière qui, pindant eine séconde, a éclairé l'tierre intière. J'deos dire que cha n'a pos duré, pa d'rière l'neuache cha s'a muché.

J'ai dit à m'feimme : "J'ai vu l'comète, j'in sus seûr, l'météor qui dins huits jours va nous caire d'zeur".

M'feimme elle a ouvère l'ferniête et tout in l'vant s'tiête, elle m'a d'mindé : "Dusqu'i-éteot c'fameux machin ?  Là-vas, bé, ch'est l'lune que t'as vue, espèce d'innochint".  

Je n'sus pos convaincu, j'sais bin quoisque j'ai vu. L'treos-chint vingt-huitième luméreo i-s'ra, pétête, l'ceu de m'dernier artique et dins eine sémaine comme asteur on s'ra trinsformé ein poussière cosmique. Asteur, si des feos, à l'fin du meos, j'veos que j'me sus treompé, pou fiêter cha, j'irai boire eine crasse pinte à vo santé. 

 

(lexique : béteôt : bientôt / j'creos : je crois / caire : tomber / treos : trois / ichi : ici / eine milette : une miette /  tertous : tous / asteur : maintenant / ceulle : cette / lommint : longtemps / cacoule : inventions, mensonges / bramint : beaucoup / foute des coules : inventer des histoires / l'calinderrier : le calendrier / warder l'raminvrance : garder le souvenir / l'sanche : la chance / commincher ou qu'mincher : commencer / oblier : oublier / des neuaches : des nuages / intinte : entendre / l'orache : l'orage / chuffler ou chiffler : siffler / les quémeinées : les cheminées / les draches : les averses / bourler : tomber en roulant /  les eximpes : les exemples / moutrer : montrer / déquinte : descendre / alleumer les leumières : allumer les lumières / l'rache : la rage, l'expression "de l'rache que" signifie tellement / avoir l'pépette : avoir peur / on va vir s'ébouler : on va voir s'effondrer / des tréos : des trous / tout à n'ein queop : tout à coup / l'ieau : l'eau / les montanes : les montagnes / les barraches : les barrages / l'nache : la nage / l'meonte : le monde / canter : chanter / s'sintir flaubir : se sentir faiblir/ ête mansé : être angoissé, avoir la gorge serrée / quanç'que : lorsque / quoisque : qu'est-ce que / faire accroire : faire croire / des cosses parelles : des choses pareilles / l'viel : le vieux / acore : encore / ein rotleoat : un roitelet , désigne aussi un jeune enfant / m'mofrère : mon frère / anneoncher : annoncer / cacher après : chercher / des aveules : des aveugles / des cachiveux : des hommes qui ont de la matière séchée au bord des yeus, des cachives : de la chassie / in puque ; de plus / eine séquoi : quelque chose / ceulle : cette / ormarquer : remarquer / les cloques : les cloches / l'âche : l'âge / rire plein s'panche : rire en soulevant son ventre, rire à gorge déployée / l'prisse : la prise (de courant) / Chinq clotiers, quate chints queops : titre du spectacle présenté à Tournai ce dernier dimanche qui signifie cinq clochers, quatre cents coups / busier : penser / orbrancher : rebrancher / eine vaque : une vache / ainsin : ainsi / les meots : les mots / in plache : en place / puteôt : plus tôt / orwettier : regarder / tout in m'in rallant : tout en retournant /  l'tierre intière : la terre entière / pa d'rière : derrière / s'mucher : se cacher / seûr : sûr / d'zeur : dessus / dusque : où / innochint (ou annochint) : innocent / l'luméreo : le numéro / pétête : peut-être / des feos : des fois / des meos : des mois).

S.T. septembre 2015.       

13:42 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : tournai, patois, picard |

15 sept.
2015

19:13

Tournai : Notre patois ne périra pas !

Un cri d'alarme !

il y a quelques semaines, la presse s'est interrogée sur la place du Wallon, en général, et des patois locaux, en particulier, une langue qui semblait être en voie de disparition, une façon de communiquer en pleine extinction.

Le patois, ce langage local, qu'on parlait, jadis, au sein des familles a, peu à peu, disparu après la seconde guerre mondiale, rejeté par une forme de snobisme qui a fait du français, la seule langue qui devait être parlée et écrite par les générations futures de petits écoliers.

On cria "Haro" sur ceux qui s'avisaient, bien à leur aise, de proférer un mot qui s'écartait de la langue française ! Pire même, le patois devint l'apanage des classes populaires, le symbole de personnes primaires. Pour peu, le parler, c'était se montrer inculte ou grossier.

Le patois était pourtant toujours là.

Heureusement, grâce à de nombreuses troupes et compagnies, le patois a reconquis ses lettres de noblesse. De Mouscron à Liège, en passant par Tournai, le Borinage, le Centre, la région de Charleroi ou de Namur, les comédies patoisantes ont continué à attirer les foules, soucieuses  d'entretenir ou de redécouvrir la langue de chez nous.

Le patois est une langue belle comme dirait Yves Duteil, c'est celle de nos aïeux, celle des fileurs, des roctiers et des mineurs, celle à Liège de Tchantchès et Nanesse, à Ath de Gouyasse et à l'ombre des cinq clochers de Jojo et Nénesse. C'est la langue des ces ouvriers qui ont ciselé ses mots lui conférant ainsi sa noblesse. Le patois, n'en déplaise à ceux qui le considère comme une bassesse est un héritage, un patrimoine, que dis-je, une richesse.

Le patois de chez nous.

Le patois tournaisien fait partie de la langue picarde qu'on parle dans l'Ouest du Hainaut mais aussi dans le Nord de la France. Depuis plus de cent ans, il est entretenu fièrement, chez nous, par la Royale Compagnie du Cabaret Wallon Tournaisien. Depuis sa fondation en 1907, près d'une centaine de membres ont enrichi son patrimoine par des chansons, des poèmes, des monologues. D'Adolphe Wattiez, Walter Ravez et Adolphe Prayez aux membres actuels du Cabaret, combien de pièces d'anthologies sont-elles nées sous la plume de ces auteurs féconds ?

On y retrouve, bien entendu, ces hymnes à la cité que sont : "Les Tournaisiens sont là" d'Adolphe Delmée, "Ch'est ainsin dins no ville" d'Eugène Landrieu, "Les Gosses de Tournai" d'Henri Thauvoye, "Mon cœur est rouge et blanc" d'Eloi Baudimont, mais aussi, "L'Lindi parjuré" d'Achille Viehard, "L'Maclotte" de Fernand Colin, "L'cancheon d'nos clotiers" d'Edmond Godart, "On minche bin à Tournai" de Georges Delcourt, "L'Lapin du lindi perdu" d'Albert Coens ou encore "Holà, la patreonne" de Max François, des chansons tournaisiennes qu'on aime tellement bien qu'on en perdrait son haleine à chanter leurs refrains. Combien de fois ces airs n'ont-ils pas retenti au cours de banquets de communions, de mariages et même parfois... de funérailles quand, après quelques verres, on évoque les souvenirs les plus gais de celui qui nous a quittés.

N'ayons pas peur de l'avouer, à la fin du vingtième siècle, le Cabaret, alors unique conservatoire de notre patois, a bien failli disparaître. Il venait de faire face à la disparition brutale de plusieurs de ses auteurs et non des moindres. Celui qui fut le gardien de l'héritage, Lucien Jardez, ne souhaitait pas qu'il lui survive. Il commença par enterrer la gazette du Cabaret "Les Infants d'Tournai" qui compta jusqu'à près de 2.500 abonnés, justifiant ce choix par le fait que les jeunes auteurs n'avaient pas, selon lui, la qualité requise pour reprendre la succession. Après avoir donné de nouvelles lettres de noblesse à la langue tournaisienne, Lucien Jardez, peut-être aigri, préféra la faire mourir que de la voir lui survivre. La roche tarpéienne est toujours proche du Capitole !

D'autres membres (René Godet, Jean-Pierre Verbeke, Philippe De Smet...) aidés de jeunes auteurs venus renforcer la compagnie, reprirent le flambeau et rallumèrent la flamme pour que notre patois continue à briller de mille feux au firmament tournaisien.

Les membres du Cabaret n'étaient cependant plus les seuls, d'autres amoureux de notre langue picarde étaient aussi apparus tel Bruno Delmotte et ses ateliers patoisants, traducteur en Tournaisien de certains albums de Tintin, telles "les Filles, Celles Picardes", à qui ce serait faire injure de simplement les réduire à un cabaret au féminin, tant elles ont développé des spectacles de qualité qui s'écartent des sentiers battus par leurs aînés, tels les membres du "Bistro patoisant". Il y a aussi l'troupe des "P'tits Rambilles" qui animent par leurs chansons tournaisiennes les cortèges des Amis de Tournai. Un peu partout des chantres se sont levés pour maintenir vivace ce patois tant décrié au milieu du siècle dernier.

Aujourd'hui, notre patois vit sur les ondes de Vivacité dans l'émission présentée, le lundi soir, par Annie Rack, tournaisienne d'origine elle-même impliquée dans des prestations en terre montoise. Il a droit de cité sur les antennes de No Télé, la télévision communautaire de Wallonie Picarde, qui capte et diffuse les spectacles du Cabaret Wallon et des Filles Celles Picardes. Il a même eu l'honneur des programmes de la RTBF du temps où André Gevrey enregistrait "l'Orvue de l'Karmesse" (la revue de la Kermesse). Lors de la Fête du Pain, au Mont Saint-Aubert, l'office religieux est dit en patois et... modestement, car il n'a pas le même talent, l'Optimiste tente, à sa manière, de vous le faire découvrir dans ses expressions tournaisiennes du samedi.

Notre patois ne périra pas, il vit même une seconde jeunesse et, ce prochain dimanche, il sera fêté, par le Cabaret, en l'Hôtel de Ville avec la chanson wallonne.

Vous qui avez lu ce texte, il me serait agréable de connaître votre opinion vis-à-vis du patois, qu'il soit de Tournai ou d'ailleurs, n'hésitez donc pas à mettre un commentaire.

S.T. septembre 2015

12 sept.
2015

09:16

Tournai : expressions tournaisiennes (327)

De quoisqu'on peut acore rire asteur, dusqu'i-est passé l'bonheur ?

Deux ou trois amisses qui ont li m'babillarte d'saim'di dernier, i-ont trouvé que l'artique i-n'éteot pos vraimint gai. J'sus d'accord avec eusses, on n'a pos toudis l'invie d'rire, d'puis des meos, ch'est à peine si on truèfe acore l'occasieon d'sourire.

Que cha soiche au momint d'ouvère l'gazette, d'acouter l'radio ou bin d'surfer su internet, vous l'avez seûrmint ormarqué, ch'est toudis parel, on n'apprind pus jamais eine beonne nouvelle. Si on nous d'minde d'faire l'bilan de tous les morts, bé, chaque jour, on va rimplir ein riche rapport.

I-a chinquante ainnées, on est intré dins l'ère de l'communicatieon, d'puis, sans bouger de t'plache, t'orchois pa chintaines des informatieons. Dins tout cha, i-a bramint d'affaires qui nous feont pinser : "mais quoisqu'on peut faire ?".

Tins, au journal télévisé, pos pus tard qu'hier, à midi, j'ai vu des imaches qui v'neot'ent de Hongrie. Des soldats casqués invéyés pa l'bieau Mossieu Orban, ruot'ent l'minger, comme on f'reot à des biêtes sauvaches, aux migrants.

Quançqu'i-est v'nu à Bruxelles, l'bonheomme i-a dit :

"Je n'veux pos ein seul migrant dins m'pays, i-n'ont qu'à aller vir in Allemane si j'y suis".

Et dire qu'in 1956, à l'révolte des Hongrois, no pays i-a accueilli, bramint d'gins d'là-vas chassés pa les forches du Pacte d'Varsovie. Ichi, l'dirigeant magyar i-a moutré, à tertous, s'vrai visache, l'ceu d'ein coeur rimpli d'égoïsme et tout plein d'rache. On peut ête d'accord ou avoir l'esquite de ceulle émigratieon, chacun d'inter nous, pou cha, a pétête ses raiseons, mais ch'est pos à l'gloire de l'nature humaine de vir des gins ainsin agir ave eine telle haine.  .

Alfeos, in cachant bin, dins les paches de l'gazette, i-a pourtant des tites qui m'ont fait faire risette.

Ainsin :

"Dins ein accidint qui, hier, s'a passé, ein heomme i-a l'tiête décapitée". Mo bé, acore hureux que ch'n'éteot pos ses pieds. A lire l'ceu qui a écrit cha, au Moyen-Ache, l'bourréau i-areot été obligé d'minder au condamné de n'pos oblier de s'placher su l'billeot du beon côté ! 

Sous eine photeo d'ein eaute accidint arrivé mardi (i-d'a tell'mint tous les jours), on aveot écrit :

"Ein camieon rinte dins eine auteo", à moinse que l'bahut i-rouleot in marche arrière mais su l'photeo, ch'éteot l'automobilisse qui li aveot rintré dins l'derrière".

Cha m'fait pinser à ceulle blaque des deux annochints partant su l'route de la mer pa ein bieau matin. 

"Serrez bin à droite si vous êtes à hauteur d'Courtrai pasque ch'est ein conducteur fantôme que vous risquez d'rincontrer. L'heomme i-ravise s'feimme et dit ainsin, tout débalté, :

"I-n'feaut surtout pos les acouter, orwettiez bin, ma chère, ch'est tertous qui roule'tent à l'invers".  

Pos pus tard qu'hier, j'ai li :

"Après eine inquête approfondie, l'affaire ch'est avérée vraie". Avéré, cha veut dire reconnu pou vrai, pou l'andoule qui a écrit parelle cacoule, consulter ein dictionnaire cha s'avère, comme on dit, pus qu'nécessaire.

I-paraît que, i-a pos bin lommint, les savants i-ont trouvé ein virus, d'pus d'trinte mille ans, in creusant ein tréau dins l'permafrost russe. J'me sus dit : acore hureux, ceulle feos, que l'meot permafrost i-a été bin écrit, si i-aveot été in deux meots (père Mafrost) on areot caché après ein vieux contagieux dins toute l'Sibérie.

Adeon, j'vous l'dit, eine nouvelle feos, tout net : pou vife hureux, viveons sans internet!

A partir d'aujord'hui, j'vas aller querre, ein feos pa meos, à l'boutique du coin, ein tas d'provisieons et quanç'que mes armoires elles-s'reont pleines à ras bord, je n'vas pus sortir de m'maseon. J'vas supprimer m'n'abonn'mint à la gazette, coper l'radio et débrincher l'télévisieon ainsin j'vas ête total'mint sêur et certain de n'pus avoir d'informatieons. J'sus d'jà, in partie, à l'aisse pasque, i-n'a presque jamais perseonne qui, d'puis d'z'ainnées, prind acore d'mes nouvelles pa télépheone. J'vas vife au rythme des quate saiseons comme les inciens, l'hiver bin au quieaud et l'été berché pa l'fauteul dins m'gardin. Leon du meonte qui perd l'boule, je n'vas pus intinte les f'seux de m'noules et je n'deos même pus m'in faire pou l'temps que, pindant les prochains jours, i-va faire. J'vas cultiver mes légueumes et avoir eine paire de glaines, j'vas minger les oués et élever des lapins d'garenne et, pou avoir l'moral tout du leon, j'vas acouter, in blouque, les cancheonnes du Cabaret Wallon.

Quanç'qu'i-l'a appris, Edmeond i-m'a dit :

"Ainsin te vas vife in autarcie !"

"Neon, neon, je n'pars pos d'ichi, quoisque j'ireos faire in Autarcie ?".

Inter nous, cha m'surprind même qu'i-conneot l'pays, li qui, à pétite école, i-a toudis été eine canule in géographie.

(lexique : de quoisque : de qu'est-ce que / acore : encore / asteur : maintenant / dusque : où / des amisses : des amis / l'babillarte : la lettre / l'artique : l'article / eusses : eux / toudis : toujours / l'meos : le mois / on truèfe : on trouve / que cha soiche : que ce soit / ouvère : ouvrir / acouter : écouter / ormarquer : remarquer / parel : pareil / apprinte : apprendre / chinquante : cinquante / l'plache : la place / t'orchois : tu reçois /  chintaines : centaines / dins tout cha : dans tout cela, parmi tout cela / bramint : beaucoup / des imaches : des images / invéyés : envoyés / ruer : jeter / des biêtes sauvaches : des bêtes sauvages / quanç'que : lorsque / vir : voir / là-vas : là-bas / les forches : les forces / ichi : ici / moutré : montré / l'visache : le visage / l'ceu : celui / l'rache : la rage / avoir l'esquite : avoir peur / pétête : peut-être / alfeos : parfois /  in cachant bin : en cherchant bien / les paches : les pages / les tites : les titres / faire risette : sourire discrètement, afficher un léger sourire / ainsin : ainsi / oblier : oublier / s'placher : se placer / rinte : rentre / à moinse : à moins / des annochints : des innocents / raviser : regarder / débalté : exaspéré / orwettier : autre forme pour regarder / eine andoule : une  andouille, un niais / des cacoules : des mensonges / lommint : longtemps / ein tréau : un trou / ceulle feos : cette fois / vife : vivre / mucher : cacher / querre : chercher / coper : couper / ête seûr et certain : être sûr et certain, être convaincu / ête à l'aisse : être à l'aise / quieaud : chaud / berché : bercé / leon du meonte : loin du monde / intinte : entendre / les f'seux de m'noules : les faiseurs d'embarras / les légueumes : les légumes / les glaines : les poules / les oués : les œufs / in blouque : en boucle / les cancheonnes : les chansons / inter nous : entre nous / eine canule : un ignorant).

S.T. septembre 2015     

 

09:16 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : tournai, patois, picard |

10 sept.
2015

15:11

Tournai : Philippe De Smet, l'éclectisme au service du Cabaret Wallon !

tournai,cabaret wallon tournaisien,philippe de smet,pianiste,patrick salmon,andré dumortier,frère maxence,conservatoire de tournai,filles celles picardesA l'instant où j'ai rêvé de brosser le portrait de Philippe De Smet (ancien Président et toujours pianiste-accompagnateur de la Royale Compagnie du Cabaret Wallon Tournaisien), j'ai probablement approché ce qu'un peintre ressent devant sa toile encore vierge ou ce qu'un sculpteur éprouve devant le bloc brut qu'il faut tailler, l'interrogation : "Mais pa dusque j'vas qu'mincher ?" ("mais par où vais-je commencer", traduction à l'intention de lecteurs qui ne maîtrisent pas totalement notre patois tournaisien).

Les jeunes années.

La solution la plus simple consiste à débuter la biographie de celui qu'on souhaite présenter tout simplement... au moment de sa naissance.

Un homme au talent universel comme Philippe De Smet ne peut être né qu'à la veille de l'inauguration de l'Exposition de Bruxelles, le 16 avril 1958. Quatrième enfant d'une famille qui en comptera cinq, il va faire ses études à l'Ecole des Frères de la rue des Choraux où le réputé Frère Maxence le refusera dans sa chorale. Excellent pédagogue, le sévère Frère montra à cette occasion qu'il était loin d'être aussi bon prophète ! Lors des études secondaires, il tâtera du latin et du grec avant de bifurquer vers les sciences humaines.

Une rencontre déterminante.

Alors qu'il était encore bien loin d'être attiré par la musique, le directeur du conservatoire et professeur de piano au Conservatoire Royal de Bruxelles, Maître André Dumortier (comme Philippe l'appelle encore respectueusement) sollicita auprès de ses parents son inscription dans la toute nouvelle section des humanités musicales mises sur pied au Lycée Royal (actuel Athénée Campin). Il entama par la suite des études de piano au conservatoire de Bruxelles et, après trois années, celles d'orgue au Conservatoire Royal de Mons.

Comme il avait obtenu le premier prix d'orgue et comme, depuis toujours, les organistes sont devenus une denrée rare au sein des églises, en 1978, on vint lui demander de tenir l'instrument de l'église Saint-Quentin. Il s'agissait encore d'un orgue électronique. Pour ce faire, il se perfectionnera à l'école Saint-Grégoire de la rue Massenet à Tournai, sous la houlette du chanoine Abel Delzenne, Maître de Chapelle de la cathédrale Notre-Dame.

Le Conservatoire de Tournai.

En 1979, il est engagé au conservatoire de sa ville pour animer l'atelier d'éveil à la musique, fréquenté par des enfants âgés de quatre à six ans. Durant seize années, il suscitera des vocations musicales parmi les petites "têtes blondes" (une expression commune pourtant si discriminative !). Il sera également l'accompagnateur du cours de danse dispensé par Mme Monique Caulier. De son entrée dans le temple de la musique tournaisienne, il se souvient qu'il fut le premier étudiant sortant du conservatoire de l'ère André Waignien mais également le premier professeur engagé par lui.

Le monde de l'enseignement.

En 1986, un ami vient frapper à sa porte et lui demande s'il est intéressé par la fonction de professeur de musique dans l'enseignement secondaire. Une offre qui ne se refuse pas, ainsi il est engagé pour un intérim en remplacement de la titulaire en congé de grossesse au sein de l'école de la Sainte-Union de la chaussée de Lille. Il donnera probablement satisfaction au directeur puisque son engagement sera renouvelé pour de nombreuses années.

La Royale Compagnie du Cabaret Wallon Tournaisien.

Le talent de Philippe De Smet n'avait pas échappé à Anselme Dachy, pianiste-accompagnateur des chansonniers tournaisiens et chef de l'orchestre qui les accompagnait lors des Revues de l'époque. En 1982, il entra au sein de ce dernier et, afin de décharger Anselme Dachy, souffrant d'arthrose dans les doigts, exerça le rôle de pianiste-répétiteur. Il est alors âgé de 24 ans. A partir de 1988, il supplée A. Dachy lors des multiples prestations extérieures des chansonniers tournaisiens et, lorsque le "maître" démissionne en 1989, tout naturellement, "l'élève" le remplace au clavier du cabaret. Modeste, Philippe suivra la filière classique d'admission au sein de la société. Aspirant en octobre 1991, il fut admis à titre définitif en septembre 1992.

Hélas, rapidement, le ciel allait s'assombrir, la vieille société tournaisienne se retrouva dans la tourmente, on assista à l'éternelle dissension entre les Anciens et les Modernes, une lutte vieille comme le monde qui allait déboucher sur les démissions du Président Lucien Jardez et de Marcel Roland et sur le retrait progressif de certains membres plus âgés. Ce profond désaccord allait-il être fatal ? Non, heureusement, car tout le monde ne souhaitait pas la disparition de cette véritable institution tournaisienne. Du sang neuf avait, entretemps, fait son entrée et tel le Phénix, après une année sabbatique, la Royale Compagnie renaissait de ses cendres. Le 4 décembre 1996, les membres allaient élire Philippe De Smet à la tête de la société en remplacement de Lucien Jardez.

Sous son impulsion, la compagnie prit un nouveau départ, adepte d'un renouveau nécessaire, Philippe eut l'intelligence de réaliser celui-ci dans le respect des traditions. Sous sa présidence, soucieux de donner un local propre à la compagnie, il sollicita et obtint de l'administration communale, un local dans un bâtiment situé au n°54 de la rue Saint-Martin. SDF durant plus de nonante années (il erra de cafés en tavernes), le Cabaret avait trouvé enfin un toit bien à lui !

Le Cabaret new-look avait opté, lors de sa transition, pour une modification des habitudes, désormais le président ne serait élu que pour un terme de cinq ans, comme le centième anniversaire se profilait à l'horizon, Philippe prolongea légèrement son mandat avant de céder le flambeau à Michel Derache. 

En 2002, suite à la fusion des deux clubs de football tournaisiens, il compose l'hymne des Sang et Or dont le texte est écrit collectivement par les autres membres.

Entre amis, une idée germe.

En 2003, Philippe De Smet fait la connaissance de Patrick Salmon, le musicien français, directeur de la musique d'Hem, organiste à Paris, professeur de conservatoires, entre autres, un musicien qui a, lui aussi, plus d'une corde à son... arc(het) ! Lors d'une réunion gastronomique en compagnie des fines fourchettes que sont Christian Chuffart et Xavier Nys, est née l'idée d'un duo intitulé "Les deux pianistes". Celui-ci s'est régulièrement produit, des deux côtés de la frontière, remplissant salles et églises, le plus souvent dans un but philanthropique. Philippe de Smet est un habitué des spectacles musicaux, ainsi durant une dizaine d'années, il a joué, dans le Nord de la France, au sein de l'orchestre de danse de salon de Gérard Hever et il a accompagné le chanteur Christian Bécart dans ses spectacles pour enfants.

Quand le pianiste devient un homme-orchestre !

Il a eu la chance d'accompagner Isabelle Kabatu, lauréate du concours reine Elisabeth, Robert Cogoi et d'autres chanteurs ou chanteuses. Philippe a joué dans de grandes salles françaises à Bourges, à l'Hôtel Georges V à Paris, à l'hôtel Intercontinental à Bercy... mais aussi à Lourdes, où il accompagna une chorale internationale lors de la procession aux flambeaux. On l'a vu également accompagner le Cercle Choral Tornacum.

Actuellement Philippe De Smet cumule les fonctions de professeur à la Haute Ecole en Hainaut de la rue des Carmes, connue anciennement sous l'appellation d'Ecole Normale de l'Etat.

Bien qu'ayant quitté le Conservatoire de Tournai, il y retourne régulièrement en qualité de bénévole apportant sa participation à des spectacles.

En tant qu'organiste, il est en charge de cinq paroisses de la ville : Saint-Quentin, Saint-Jacques, Saint-Brice, Saint-Jean et Kain Saint-Omer. Lorsqu'il est absent, il n'est pas rare de voir Patrick Salmon le suppléer au clavier.

Il s'investit toujours auprès de ses amis du Cabaret. Marié, Catherine, son épouse est membre des... "Filles... Celles Picardes", voilà une union marquée par un cœur rouge et blanc, celui des "Infants d'Tournai".

Voilà le portrait d'un garçon d'une grande simplicité dont on remarquera l'éclectisme. Un élément n'a pas pu prendre place dans ce tableau, la sympathie naturelle qui se dégage du personnage. Il ne m'étonnerait pas que dans son jardin secret, Philippe cultive, depuis toujours, la fleur la plus précieuse entre toutes : l'Amitié.

S.T. septembre 2015.

05 sept.
2015

20:04

Tournai : expressions tournaisiennes (326)

L'fouèle, l'biête et l'viel heomme.

D'puis huit jours asteur, l'pluèfe cait goutte à goutte, ceulle feos chi, on peut vir que l'été i-est bin oute. Su l'grand arpe, tout au feond du gardin, eine pétite fouèle vit ses derniers momints. Elle ne d'a pus pou lommint, elle est à l'agonie, quançqu'au matin, elle s'a réveillée, elle a vu qu'elle aveot gauni. Elle est in train d'morir à p'tit feu et elle a raminvrance des jours hureux.

Elle a vu l'jour au dernier meos d'mai, l'bourgeon, au solel, i-a éclaté. Ave mille eautes, elle a grandi, formant pa d'zeur m'tiête eine bieau parapluie. Hureusse, i-falleot l'vir s'mette à danser quand l'vint d'été, dins les branques, veneot canter. Elle éteot si fière, pa ein des quate élémints d'no tierre, elle se laicheot courtiser sans faire d'manière. Pourtant, i-li a fallu, alfeos, s'accrocher et avoir du corache au momint dusque l'arpe i-éteot arloché pa ein violent orache.

Aujord'hui, elle ne comprind vraimint pus rien, l'brafe Eole n'a pus l'air d'ête s'copain. A chaque feos qu'i-a ein queop d'vint, elle balanche, elle est prise d'trimblemints. Bétêot, fragile et leugère, elle va aller orjointe l'tierre. Au grand arpe, s'n'amisse, elle va rinte ein dernier service, in perdant, jour après jour, ein peu d'consistance, elle va lui asseurer pou lommint acore s'n'existence.

 

Hier, l'biête qui vit dins l'petit beos, elle a orjoint s'terrier, comme elle le fait toudis quançqu'elle sint qu'l'hiver va arriver. Elle a ouvré tant et puque pindant tout l'été, amassant bin des proviseons pou faire face aux jours mauvais. Elle a pourméné pa les camps et les patûres buvant l'ieau du ruchéau ou bin s'muchant dans les heyures. Asteur, elle s'indort peu à peu et elle a raminvrances des jours hureux.

Ave ses quate frères, l'bieau pétit lapin i-est né, dins l'beos de l'Marmite, in plein mitan du meos d'mai. Jeone acore, i-a quitté l'terrier et s'mamère pou cacher après eine mam'zelle et à s'tour dev'nir mopère. Comme i-éteot leon d'ête ein fainéant, i-a eu près d'chinquante infants. Attintieon, l'vie d'ein lapin elle n'est pos toudis facile, surtout quançqu'arrivet'ent les chasseurs venus de l'ville.

Aujord'hui, sous ein bieau sapin, inter ses rachènes, i-orsint l'mort qui, peu à peu, dins ses gréaux, l'inchaîne. I-busie à ses quate frères mingés pa les Tournisiens, ein soir d'hiver, quançqu'à Tournai, on fiête l'lapin, li aussi i-va morir à l'Marmite, mais tout seu, comm ein tchien, sans avoir l'sanche de guernoter dins les preones et les rogins.

 

Pou l'dernière feos avant-hier, l'viel heomme i-a ringé s'n'otiache, hercher, déwaroquer, brond'ler, ch'est pus l'ouvrache de s'n'âche. I-s'sint total'mint usé, ses forches sannent l'avoir abandeonné, S'sintant flaubir, i-s'a alleongé su s'lit et i-n'a pos fallu lommint pou qui cait indormi. Des imaches li seont v'nues peu à peu et i-a eu l'raminvrance des jours hureux.

I-est né à l'chaussée d'Lille, i-a pus d'quater-vingts ans, au meos d'mai, qu'on appelle par chi, le meos des bruants. I-s'orveot infant, berché su les écours de s'mamère, i-s'ortruèfe porménant l'diminche ave s'mopère. I-intind les ortes berlés pa l'adjudant qui l'inveyeot au mitard, quançqu'après eine virée arrosée, à l'gaserne i-rintreot treop tard. I-orveot toudis les is de l'douche Elise, s'feimme, li adresser ein dernier adieu, ein jour de sétimpe, quançqu'elle a ormis s'belle âme inter les mains du Beon Dieu.

Au p'tit matin, Louisette, s'nièche elle l'a ortrouvé, détindu, souriant et l'visache orposé. L'velle au soir i-s'aveot lavé et rasé d'près, pou l'grand voyache i-vouleot ête rapproprié. Pou l'prumière feos, i-n'aveot pos préparé l'beonne jatte d'café, dins l'quel elle li orprocheot souvint d'mette ein peu treop d'chicorée. L'viel heomme i-est parti douch'mint, presqu'in catimini, i-est mort ainsin comme s'a passé s'vie... à bas bruit ! 

(lexique : l'fouèle : la feuille / l'biête : la bête, l'animal / asteur : maintenant / l'pluèfe : la pluie / caire : tomber / ceulle feos chi (ou ichi) : cette fois-ci / vir : voir / ête oute : être fini / l'arpe : l'arbre / l'gardin : le jardin / l'momint : le moment / lommint : longtemps / gauni : jauni / avoir l'raminvrance : se souvenir, avoir la souvenance / hureux : heureux / l'meos : le mois / eautes : autres / pa d'zeur : par-dessus / m'tiête : ma tête / bieau : beau / hureusse : heureuse / l'vint : le vent / les branques : les branches / canter : chanter / pa : par / quate : quatre / l'tierre : la terre / laicher : laisser / alfeos : parfois / corache : courage / dusque : où / arlocher : secouer / l'orache : l'orage / brafe : brave / ein queop : un coup / balancher : balancer / ein trimblemint : un tremblement / béteôt : bientôt / leugère : légère / orjointe : rejoindre / s'n'amisse : son ami / rinte : rendre / asseurer : assurer / l'beos : le bois / toudis : toujours / ouvrer tant et puque : travailler tant et plus / pourméner : promener / les camps : les champs / les pâtures : les prairies / l'ieau : l'eau / l'ruchéau : le ruisseau / s'mucher : se cacher / les heyures : les haies / in plein mitan : au beau milieu / jeone : jeune / s'mamère : sa mère / l'mam'zelle : la demoiselle / ête mopère : être père / ête leon : être loin / chinquante : cinquante / inter ses rachènes : entre ses racines / orsintir : ressentir / les gréaux : les griffes / busier : penser / minger : manger / fiêter : fêter / morir : mourir / tout seu : tout seul / ein tchien : un chien / l'sanche : la chance / guernoter : mijoter / les preones : les prunes / les rogins : les raisins / l'feos : la fois / l'otiache : l'outillage / hercher : herser / déwaroquer : briser les mottes / brond'ler : passer le rouleau / l'ouvrache : l'ouvrage, le travail / l'âche : l'âge / les forches : les forces / sanner : sembler / flaubir : faiblir / des imaches : des images / par chi : par ici / les bruants : les hannetons / bercher : bercer / les écours : partie comprise entre la ceinture et les genoux, là où on assied un enfant / i-s'ortruèfe : il se retrouve / porméner : autre façon d'écrire promener / les ortes : les ordres / l'gaserne : la caserne / toudis : toujours / les is  : les yeux / douche : douce / sétimpe : septembre / ormette : remettre / s'nièche : sa nièce / ortrouver : retrouvé / orposé : reposé / l'velle : la veille / rapproprié : rendu plus propre / l'prumière : la première / ein jatte : un bol arrondi dans lequel on boit le café du déjeuner / douch'mint : doucement / ainsin : ainsi).

S.T. septembre 2015.

20:04 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : tournai, patois, picard |

03 sept.
2015

07:19

Tournai : cafés, hôtels, restaurants disparus (2)

Avant-propos.

Je reconnais qu'il a fallu du courage pour lire jusqu'au bout la liste, pourtant non exhaustive, publiée dans la première partie de cet article. Certains ont probablement découvert l'un ou l'autre oubli totalement involontaire, qu'ils soient remerciés s'ils veulent me transmettre leurs observations ou rectifications par le truchement des commentaires ! Voici donc la suite.

La rive droite de l'Escaut.

Remarquons que le centre commercial et historique de la ville de Tournai est principalement situé sur la rive gauche du fleuve, les quartiers situés sur la rive droite présentent un caractère résidentiel et abritent des immeubles de services ou des bureaux de professions libérales (médecins, avocats...). Avec l'Athénée Jules Bara (rue Duquesnoy), le lycée Campin (rue Robert Campin), le Centre éducatif de la Sainte-Union (rue des Campeaux), l'école communale du Château (boulevard des Nerviens), l'école primaire Saint-Nicolas (rue du Rempart et rue Duquesnoy), l'école maternelle (rue Beyaert), l'école communale Arthur Haulot (boulevard des Combattants) ou encore la Haute Ecole Condorcet (rue Paul Pastur)... ce côté du fleuve n'a rien à envier, dans le domaine de l'enseignement, à celui situé sur la rive opposée .

Il existe seulement deux axes commerciaux principaux qui relient la gare à l'Escaut, soit via la rue Royale, soit via la rue de Pont. C'est là qu'on va trouver le maximum d'immeubles dévolus au secteur Horeca.

Dans la rue Royale : le café "La Cave de l'Aigle" est devenu "Les Coquelicots". Le restaurant "O Réfectoire", au n° 57, a rapidement  fermé ses portes et est toujours à remettre (une pizzeria a occupé le bâtiment durant quelques mois). Depuis que le patron a pris sa retraite, le restaurant chinois "Kow-Loon" est devenu une maison particulière. Un restaurant italien a également fermé ses portes. L'enseigne du café "La Taverne Royale" a disparu.

Sur le quai Dumon : le café à l'enseigne "Le Grand Saint-Georges", situé au Coin Becquerelle, a été racheté, au début des années quatre-vingts, par l'organisme financier voisin qui, après une rénovation réussie, l'a intégré à ses bâtiments.

Sur le quai Saint-Brice : il y a quelque temps déjà, un incendie a eu raison du café "Au Fil de l'Eau", situé au n° 13, à l'angle de la ruelle d'Alluin.

Dans la rue de Monnel (à l'angle de la rue Childéric): le restaurant "La Riviera", ouvert suite à l'incendie de l'Al Parma en 1981, vient de fermer ses portes. Le commerce est depuis lors à remettre.  

Dans la rue de Pont : le café à l'enseigne "A la Bergère d'Yvry" n'existe plus tandis que "Le Belvédère", bien connu des amateurs lors de la période de l'après-guerre, est devenu le restaurant "Le British".

A la rue du Château : le café "Au Coq" est devenu le cyber-café et le "Beau Passage" qui proposait des "chambres pour voyageur" a disparu.

La place Crombez a subi d'énormes modifications : le réputé hôtel des "Neuf Provinces" a été rasé dans les années septante pour laisser place à la résidence des Neuf Provinces. La taverne "Saaz" a disparu, tout comme le restaurant "Le Saint-Hubert" et le café "Le Régina". L'établissement tenu par André Delrue a, depuis bien longtemps, fermé ses portes, il fut le local du Parti Communiste tournaisien. Sur la même rangée, deux restaurants de cuisine exotique ont vécu quelques années, un "restaurant espagnol" durant les années soixante et septante (où je me souviens avoir goûté les meilleures paëllas) ainsi que le restaurant "A-Dong" qui proposait des spécialités vietnamiennes. Son propriétaire, Mr. Dao Xuong était un "boat people" arrivé à Tournai avec sa famille en 1980. Tout d'abord engagé comme ouvrier par un organisme financier, il réalisa ensuite son rêve en ouvrant un restaurant quelques années plus tard. Par la suite, il est parti à Mons où il souhaitait, lorsque je l'ai rencontré pour la dernière fois au début des années 2000, retourner dans son pays désormais pacifié. "Le Normandie", "L'Hôtel Belle Vue" et "A la Ville de Lille" ont également fermé leurs portes.

Dans la rue Duquesnoy : le "Café de l'Athénée" n'existe plus, ainsi que le restaurant "Le Sarlabot".

A la rue de Marvis, on se souviendra du café "A la Vilette" tenu par Mme Germaine Duprez, décédée en 1982, à qui la société carnavalesque "les Pêcheurs Napolitains" qui y avait son local a rendu un vibrant hommage en créant le géant "Lalie "à son image.

A l'angle de la rue Saint-Bruno et de la rue du Curé du Château, l'enseigne du "Château de Cartes" a été remplacée par celle du "Saint-Germain".

Sur la place Verte, le local des ventes des huissiers, le rendez-vous de amateurs de balle pelote ou celui des éleveurs venus présenter leur bétail aux concours, "L'Hôtel de la Fontaine d'Or", véritable institution dans le paysage tournaisien a fermé ses portes au tout début des années 2000. Le bâtiment a ensuite été entièrement rénové et est occupé par un magasin d'articles médicaux et paramédicaux et par des appartements.

Qui se souvient encore du "Renard Bleu", au bas de la rue Saint-Martin, un établissement qui défraya la chronique, devenu par la suite (comme nous le dit Jacqueline dans les commentaires) "Le Windsor" et désormais appelé "Les Primetiers", de "La Canasta" situé au bout de la rue Childéric (comme le précise Daniel), du "Pélican" à la rue de la Wallonie (également signalé par Jacqueline), de "La Tour Blanche" local du PSC devenu "Le Tinet", de "Chez Labrune" (à la rue Blandinoise), du café "A L'Univers", du "Café d'Hollain" au boulevard des Nerviens (nous signale Daniel), du "Magistrat" (au boulevard du Roi Albert), du "Palais des Glaces" (à la rue de Courtrai), de "L'As de Pique", du restaurant "La Croquignolle" (à l'avenue des Frères Haghe))ou du "Pont Royal", ce dernier café situé à Froyennes est depuis lors devenu le restaurant "Chez Léon", des noms qui s'effacent peu à peu de la mémoire collective ?

L'un ou l'autre établissement ne figure peut-être pas dans cette longue énumération. A vous de jouer !

S.T. septembre 2015.                                                                                                                             

07:19 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : tournai, cafés, restaurants, hôtels |