24 août
2015

Tournai : la Ville continue de se souvenir des Territoriaux de Vendée !

La survivance d'une commémoration!

Les commémorations du sacrifice des soldats territoriaux de Vendée d'août 1914 avait connu un point d'orgue, le dimanche 24 août de l'année dernière, cent ans, jour pour jour, après cette journée d'un combat inégal entre quelques 1.700 Français et plus de 15.000 soldats allemands. Hélas, une semaine plus tard, Patrick Desauvage, celui qui avait repris le flambeau de son père et de son grand-père, instigateurs de ces journées commémoratives, nous quittait prématurément à l'âge de 63 ans.

Patrick parti, un siècle s'étant écoulé, la traditionnelle journée du vingt-quatre août, réunissant les autorités communales, les représentants de France, les familles de Vendée, les sociétés patriotiques et les Tournaisiens reconnaissants envers ces hommes venus de cette lointaine région pour défendre leur ville, allait-elle disparaître avec celui qui en était l'âme ?

L'organisateur avait publiquement émis le souhait que celle-ci soit organisée jusqu'en 1918, année du centenaire de la fin du premier conflit mondial.

Une nouvelle organisation.

Patrick Desauvage étant le dernier membre actif du "Souvenir Franco-Belge", cette association de fait a disparu en même temps que lui. Alertée par des personnes soucieuses de conserver ce témoignage de bravoure et d'héroïsme, de rappeler cette page glorieuse de note Histoire, l'Administration communale a repris à son compte l'organisation de cette commémoration.

Œuvre de mémoire au pied du tertre.

Sous un soleil radieux ce dimanche 23 août, le monument élevé à la mémoire des soldats Vendéens a accueilli l'Echevin délégué à la fonction maïorale, Pol-Olivier Delannoy accompagné de l'Echevin Philippe Robert, le consul de France, Mr. Bodson et Mr. Hervé Tonnel le maire de Wannehain, village frontalier français d'où partirent les troupes vendéennes. Les porte-drapeaux d'associations patriotiques formaient une haie d'honneur auprès de la flamme ravivée pour cette occasion.

Dans son discours, le Consul de France rappela la mémoire de Patrick Desauvage, évoqua le sacrifice des soldats vendéens et, rattachant les évacuations que provoquent bien souvent les conflits, rappela la venue des migrants, actualité brûlante qui partage profondément la population tournaisienne.

Dans sa réponse, le bourgmestre faisant fonction le remercia pour cette pensée envers Patrick Desauvage, l'ami de tous qui a conservé un souvenir vivace au cœur de la cité. Il rappela la mémoire de ces hommes venus se battre à Tournai et constata que, malheureusement, la notion de conflit avait radicalement changé, les évacuations d'alors étaient temporaires, chacun espérant retourner au plus vite dans sa région et dans sa ville alors qu'aujourd'hui la fuite d'un pays, victime d'une guerre bien souvent entretenue en raison d'intérêts économiques multinationaux, oblige les migrants à quitter définitivement le lieu dont ils sont originaires. Il annonça ensuite que, pour répondre au vœu formulé par Patrick Desauvage, la cérémonie serait maintenue jusqu'en 1918 et qu'alors le collège communal se réunira pour envisager de l'intégrer aux cérémonies du 11 novembre dans le cadre des commémorations de l'Armistice.

Après l'exécution du "Last post", de la Marseillaise et de la Brabançonne, des gerbes de fleurs furent déposées par les personnalités avant que ne se clôture la cérémonie suivie par quelques dizaines de personnes parmi lesquelles on reconnaissait Charles Deligne, conservateur du Musée Militaire visité l'année dernière par les descendants des soldats vendéens, Sabrina de Cuyper, professeur d'Histoire à l'Athénée Royal de Tournai, impliquée avec ses élèves dans des reconstitutions historiques, les Ecrivains publics de Wallonie picarde représentés par Caroline Jesson et Eliane Vanmellearts, auteurs d'un livre sur la première guerre mondiale, Annick Veys et Bernard Valle des Amis de Tournai, Pierre Bauters, ancien commandant de place, Noël Noël pour la police...

Il est à noter que lors de cette commémoration, une célébration religieuse était organisée, au même moment, à l'église du Sacré-Coeur en mémoire des soldats morts dans le quartier qui a pris nom de "quartier du 24 août".

Un défi pour les passeurs de mémoire.

Constatons encore qu'un homme très âgé, se déplaçant avec difficulté, avait demandé à sa fille de l'amener à la cérémonie, il était probablement le vétéran de cette assistance. Par contre, aucun jeune n'avait songé consacrer quelques minutes à se souvenir de ces héros. Pourtant, des hommes jeunes ou dans la fleur de l'âge ont un jour donné leur vie ou ont été mutilés sur un champ de bataille pour qu'eux et leur famille puissent vivre en paix. Il est inconcevable de cultiver les fleurs de l'ingratitude dont le parfum semble si prisé à notre époque.

S.T. août 2015.

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