18 août
2015

Tournai : les évènements sur la ligne du temps (10)

Le XVIIIe siècle, le ville des cinq clochers passe à nouveau de mains en mains !

En l'an 1700 : voici que débute la guerre de Succession d'Espagne. La France est rapidement opposée à la Grande Alliance composée de l'Angleterre, de la Hollande, de l'Empire, de la Suède et de la Savoie. Tournai était alors une ville appréciée de Louis XIV qui la considérait comme la tête de pont pour ses ambitions aux Pays-Bas.

En l'an 1709 : après un nouvel hiver très rude qui dura, selon les historiens, des "Rois" (janvier) à la fin du mois d'avril, les récoltes sont maigres et la famine fait sa réapparition. Tant le gel que la famine furent à l'origine de la mort de nombreux habitants de la cité des cinq clochers.

Le 27 juin 1709 : face à l'avancée des troupes ennemies du duc de Malborough (le Malbrouck de la chanson !) qui installe son quartier général dans le village d'Ere, le commandant de la troupe de défense de Tournai fait brûler les maisons du faubourg de Lille, de Saint-Martin, des Sept-Fontaines et détruire les moulins.

Le 1er août 1709 : les troupes alliées entrent en ville.

Le 3 septembre 1709 : les troupes occupant la citadelle se rendent.

En l'an 1714 : l'année s'achève, une fois encore, par un hiver rigoureux qui provoquera l'année suivant une nouvelle famine.

En l'an 1716 : la ville de Tournai organise de grandes réjouissances en mémoire des victoires remportées sur les Turcs par l'empereur Charles VI. On brûle l'effigie d'un grand Turc sur la Grand-Place.

En l'an 1720 : Jean de Mesgrigny, bâtisseur et défenseur de la ville durant près de cinquante ans, âgé de 90 ans et devenu infirme, s'éteint dans un hôtel particulier du quartier Saint-Piat, à proximité de l'église, un immeuble érigé à l'emplacement actuel d'un immeuble d'appartements sociaux ayant abrité l'école de Monnel.

De 1731 à 1794, le trône épiscopal va être occupé par deux représentants de la famille de Salm : François-Ernest, évêque de 1731 à 1770 et Guillaume-Florent de Salm-Salm, évêque de 1776 à 1794. Deux personnages épris de grand luxe possédant notamment un château à Helchin (Helkijn), d'importantes collections de porcelaines et d'œuvres d'art, une chapelle musicale créée par des artistes italiens et une écurie de vingt-quatre chevaux.

En l'an 1745 : après un hiver de famine, de nouveaux combats se déroulent aux portes de la ville, l'armée française sous les ordres du Maréchal de Saxe tente de reprendre la ville perdue en 1709.

Le 8 mai : la poudrière de la citadelle explose, on évoque plus d'un millier de morts (militaires et membres de leurs familles), la ville subit de nombreux et parfois importants dégâts, les vitraux de la cathédrale Notre-Dame sont brisés.

le 24 juin : après sa victoire à Fontenoy, le roi de France Louis XV entre en ville, celle-ci revient dans le giron de la France.

En l'an 1749 : suite aux traité d'Aix-la-Chapelle, la ville est rendue aux Autrichiens.

Jusqu'en 1780 (année de sa mort) : Tournai va vivre sous le règne de l'impératrice Marie-Thérèse, fille de Charles VI, aimée de la population. Elle est à l'origine de nombreuses réformes administratives.

En l'an 1751 : Jean-Baptiste Péterinck, venu de Lille, établit sa fabrique de porcelaine (voir l'article qui a été consacré à ce sujet).

En l'an 1755  : le chapitre cathédral fait construire son importante bibliothèque au pied de la cathédrale, incendiée lors des bombardements de 1940. Elle est détentrice de manuscrits précieux, de chartes et de milliers d'ouvrages qui y brûleront.

En l'an 1756 : à l'initiative du nommé Antoine Gilis, qui en sera le premier directeur, création de "l'Académie communale de peinture et de Sculpture", ancêtre de notre Académie des Beaux-Arts. 

En l'an 1758 : on réédifie les bâtiments à front de rue de l'hôpital Notre-Dame (actuelle Académie des Beaux-Arts).

En l'an 1769 : suppression de la paroisse Saint-Nicaise répartie au profit des paroisses Notre-Dame, Saint-Quentin et du village d'Ere.

En l'an 1779 : suite à l'abolition de l'ordre des Jésuites par l'édit de Marie-Thérèse, le collège de la rue des Jésuites est attribué aux religieux de Saint-Mard. Le noviciat est dirigé par le chapitre cathédral. Le collège Saint-Paul de la rue du Four Chapitre est également fermé. Création par Piat Lefèbvre et fils de la "Manufacture impériale et royale de tapis". Quatre années plus tard, celle-ci comptait 54 métiers et plus de 800 ouvriers et en 1786 pas moins de 1.200 ouvriers.

En l'an 1781 : Tournai est désormais sous le pouvoir de Joseph II, un despote éclairé à l'origine de nombreuses réformes pas toujours acceptées par la population.

En l'an 1782 : les troupes des Provinces-Unies quittent Tournai laissant la garde de la ville aux compagnies bourgeoises et à un garnison autrichienne.

En l'an 1784 : dans la traversée de la ville, on remplace les ponts dormants de l'Escaut par des ponts tournants. A partir de cette année, il est interdit d'encore inhumer les défunts dans l'intra-muros, on assiste à la création des cimetières du Sud (dite de Mulette) et du Nord (dit Navieau).

En l'an 1786 : la ville compte 25.726 habitants.  

En l'an 1787 : la fabrique de porcelaine de Tournai crée le prestigieux service, orné par Mayer, dit "aux oiseaux de Buffon". Riche de 1.600 pièces, il ne sera jamais payé par son acheteur, le duc d'Orléans, un coût estimé à 60.000 livres.

En l'an 1789 : Tournai vit un terrible hiver, il "gèle à pierre fendre" du 25 novembre au 1er janvier. Un froid qui touche en premier les plus pauvres.

En l'an 1792 : Tournai va vivre sous la domination des Révolutionnaires français. De nombreux vols seront perpétrés, notamment ceux d'importantes œuvres d'art non encore restituées par une France qui s'est surtout enrichie en dépouillant les régions par où certains de ses sujets sont passés. (voir les articles écrits sur ce blog concernant la période de la Révolution et les exactions commises à Tournai). Le siècle ne se termine pas dans la joie pour les Tournaisiens.

(à suivre)

S.T. août 2015. 

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