20 mai
2015

Tournai : Bernard Clément, matricule 90 de la R.C.C.W.T.

La nouvelle génération du Cabaret Wallon Tournaisien.

tournai,cabaret wallon tournaisien,bernard clement,les p'tits rambilles,l'roi carnavalC'est en son domicile de la rue du Viaduc que nous avons rencontré Bernard Clément, celui-ci fait partie de ces "jeunes" talents tournaisiens qui sauvèrent la Royale Compagnie du Cabaret Wallon qui aurait été depuis longtemps moribonde sans l'apport de sang frais à partir du milieu des années nonante. Bernard est né à Tournai, à la clinique Saint-Georges, le 28 mars 1944.

Après avoir fréquenté l'école maternelle de la rue Cherquefosse, il effectuera ses études primaires à l'école Saint-Louis (actuelle école Saint-Piat) à la rue des Ingers. C'est là qu'il connaîtra un premier contact avec le théâtre et ses décors, c'est peut-être là aussi que naîtra sa passion des planches. Son père exerce la fonction de souffleur lors des représentations de pièces montées au sein de l'établissement scolaire dans lesquelles joue la toute jeune Jacqueline Leveau qui deviendra bien plus tard Madame Ghislain Perron et qui sera également membre de la troupe du "Royal Théâtre Wallon Tournaisien" d'Edgard Hespel et des revues du Cabaret Wallon.

Dès son plus jeune âge, avec ses parents, il ira voir les "revues de l'karmesse" (kermesse) qui se jouaient alors en la salle du cinéma Scala.

Après deux années d'études secondaires au Collège de Kain et une au collège Notre-Dame de Tournai, il opte, en janvier 1960, pour l'apprentissage du métier d'ébéniste avec un professeur qu'il connait particulièrement bien puisqu'il n'est autre que son père.

En 1976, Bernard Clément donne cours à la formation professionnelle et le 22 septembre 1976, il débute une carrière de vingt-huit années à l'institut d'enseignement professionnel spécial "Les Colibris" situé sur la place de Kain-Centre. Il sera bien entendu professeur de menuiserie et s'occupera de l'orientation de ces jeunes parfois défavorisés.

Depuis longtemps, son hobby est le cyclotourisme, il deviendra et est toujours président du Cyclo-Club de Kain et organisateur de nombreuses randonnées dans la région.

Fortuitement, en 2001, un ami le propose comme "Roi du Carnaval" de Tournai. A la suite de cet événement, Jean-Michel Carpentier, alors Président du "Cabaret des P'tits Rambilles" lui demande de commémorer ce moment par la composition d'une chanson. C'est ainsi qu'il crée "L'Roi du Carnaval" et l'interprète, accompagné au piano par Philippe De Smet, Président de la Royale Compagnie du Cabaret Wallon Tournaisien. La même année, lors de la sortie des "Quatre Cortèges" des Amis de Tournai, il est sur le char des P'tits Rambilles interprétant avec eux les "cancheonnes tournaisiennes, les ceulles qu'on aime tell'mint bin qu'on in perdreot s'n'haleine à canter leu z'orfrains" (les chansons tournaisiennes, celles qu'on aime tellement bien qu'on en perdrait son haleine à chanter leurs refrains).

Tout cela ne peut que l'amener à tenter sa chance au concours Prayez organisé chaque année par le Cabaret Wallon Tournaisien afin de promouvoir le patois de notre cité. Il écrit "L'Lindi d'Pâques", une chanson qui n'attire pas spécialement l'attention d'un jury parfois très sévère qui fut même un temps trop élitiste. Loin d'être découragé (il aurait tant aimé savoir les raisons du rejet de la chanson afin de s'améliorer), il récidive l'année suivante et "Féaut que t'récappes" remporte, cette fois, un deuxième prix dans la catégorie chansons.

En cette année 2002, la compagnie des P'tits Rambilles est invitée par les membres du Cabaret Wallon pour figurer dans la revue annuelle. Après celle-ci, Bernard Clément décide de tenter la grande aventure tournaisienne et postule pour entrer à la Royale Compagnie. C'est chose faite, la demande est acceptée, il prend pour parrains Pierre Vanden Broecke et Vincent Braeckelaere. Le choix de ce dernier n'est pas le fruit du hasard, Vincent partageait avec Bernard la passion de la sortie cycliste du dimanche matin. Un jour, alors que Bernard venait de crever, il fut secouru par un bon samaritain en la personne de Vincent qui lui donna pompe et chambre à air, geste solidaire de tous les cyclos de la terre.

Il se souviendra longtemps du jour de la remise de la cravate, symbole de son appartenance à la vénérable institution tournaisienne, car il coïncide, en 2003, avec l'inauguration de la place Saint-Pierre rénovée. Si le revêtement de celle-ci n'a pas tenu ses promesses (c'est le moins qu'on puisse dire puisqu'une nouvelle rénovation du quartier est en cours), Bernard a tenu celles que ses pairs avaient détectées en lui, il est depuis douze ans non seulement chansonnier-compositeur-interprète mais également l'homme chargé de la création des décors pour les revues.

Ayant jusqu'à présent participé à treize revues, il en conserve un souvenir particulier :

"Annette Ponthieu, aujourd'hui disparue, participait à l'époque comme second rôle. Elle était la maman de Philippe Bourgueil, monteur bien connu dans le milieu cinématographique. Un soir de représentation, Philippe est venu l'applaudir avec son épouse Bérénice, présentatrice sur RTL-TVI mais également en compagnie de deux joyeux lurons, Benoit Poelvoorde et François Damiens. Malheureusement, les quatre compères sont arrivés, un tantinet, en retard et Bernard était sur scène quand il les vit s'installer aux places qui leur avaient réservées, prévenu par Annette de leur venue. Il va sans dire que l'entracte ne fut pas triste, ce soir-là, au bar de la Maison de la Culture".

Un autre excellent souvenir que Bernard Clément conserve, c'est sa prestation en qualité de soliste accompagné par la chorale Tornacum dans "L'cancheonne d'nos clotiers" (la chanson de nos clochers) d'Edmond Godart.

Au fil des années, son répertoire s'est enrichi et avec, entre autres : "A ma p'tite Zoé", chanson écrite pour sa petite fille, "On aimeot bin la vie", dédiée à trois jeunes, morts de la violence de certains individus, "Voyache à l'étringer", contant ses voyages à la mer, véritable expédition familiale, lorsqu'il était jeune, "Préparatieons" sur le thème des attentes auxquelles tous les hommes sont confrontés quand l'épouse se prépare, "No ville est belle", admiration d'un Tournaisien pour sa cité natale ou encore "Nos costumes i n'veont pus", sur le thème de la prise de poids constatée par les membres du Cabaret au moment de fêter le centenaire de la société ou "L'z'orclames", un véritable phénomène auquel nul n'échappe, Bernard Clément est devenu un pilier du Cabaret, ( attintieon, j'n'ai pos dit "ein potieau d'cabaret" pasque cha ch'est pos du tout l'même et les vrais Tournisiens i-veont m'comprinte !).

S.T. mai 2015

Commentaires

Depuis que je n'habite plus, hélas, Tournai, je ne connais plus les nouveaux membres ....Comme me demandait très souvent ma grand mère:" t'as pas No Télé" et bien non hélas à Fleurus on n'a pas No Télé.....

Mais je suis certaine que si tu as fait ce bel article, c'est parce que Monsieur Clément est un bel homme un bon tournaisien et rempli de talent

Cordialement Renelde

Écrit par : rauwers | 21/05/2015

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