24 mars
2015

Tournai : du changement dans les prochaines semaines.

Une ville qui vit ou... qui veut encore vivre !

Sans que cela fasse l'objet de reportages réguliers sur les chaînes des télévisions belges (la RTBf et surtout RTL-TVI) - bien plus enclines pour leurs sujets d'actualité à se déplacer à Liège  Namur, Charleroi ou Mons - depuis plus d'une décennie, la ville de Tournai se transforme et s'embellit. Lors de leurs promenades, les Tournaisiens risquent de rencontrer plus souvent les caméras de TF1 et de France 3 dans les rues de la ville pour la réalisation de reportages touristiques que les voitures aux couleurs de la télévision commerciale belge qui se déplace uniquement pour des sujets graves comme... les frasques de"Dodo la Saumure"!

Des commerçants inquiets pour leur avenir.

Soucieux de vérité, précisons de suite, que la très longue phase de rénovation urbaine est mal ressentie par une large partie des habitants et par presque tous les commerçants situés dans l'intra-muros. Seul, le secteur "Horéca" tire encore momentanément son épingle du jeu, les autres propriétaires de boutiques se morfondant en attendant un hypothétique retour de la clientèle.

Des actions ont été annoncées, récemment, par l'échevine du commerce pour redynamiser celui du centre-ville, c'est absolument nécessaire à l'heure où le regard des commerçants tournaisiens se tourne, avec un certaine inquiétude, vers l'extension du centre commercial des "Bastions" dont les travaux ont débuté ce lundi 23 mars.

Un géant qui fait peur !

Dans le faubourg Est de Tournai, à l'horizon 2018, les 18.500 m2 actuels de surfaces commerciales passeront à 43.000 m2 et le centre regroupera une centaine d'enseignes en lieu et place de la quarantaine actuelle. L'implantation d'immenses zones commerciales dans la périphérie des villes n'est pas un phénomène récent et n'est certainement pas l'apanage de la seule ville de Tournai. On pourrait même dire que ce qui ne serait pas construit à Tournai, le serait immanquablement ailleurs. Ce chantier, par son importance et sa durée (trois ans), va générer de nombreux emplois directs et indirects et, une fois terminé, il offrira également environ 150 emplois permanents supplémentaires. Un effort non négligeable à l'heure où le chômage, des jeunes notamment, n'a jamais été aussi important dans notre région.

Pour accueillir le chaland, plus de 2.000 emplacements de parking seront disponibles (1.091 en souterrain et 904 en surface). C'est un peu plus de 25% de l'offre en centre-ville (qui se réduit peu à peu) et c'est surtout un stationnement gratuit et d'une durée non limitée dans le temps.

En ce moment, deux camps se dessinent : celui des "optimistes" parmi lesquels on retrouve nos décideurs politiques qui voient là une occasion d'amener la clientèle à Tournai grâce aux grandes enseignes qui, de toutes façons, ne se seraient pas installées, par manque de place, au centre-ville et celle des "pessimistes" qui regroupent les tenanciers de petits commerces qui voient un détournement de clientèle de la ville vers la périphérie. Si les acheteurs trouvent tout ce dont ils ont envie à l'extérieur, à part visiter la ville, quelle sera leur motivation pour faire du lèche-vitrine ! Les commerces du centre ne se résumeront-ils pas, à l'avenir, à des cafés, des restaurants, salons de thé ou snacks, à des magasins spécifiques de souvenirs ou d'artisans présentant des spécialités locales (boulangers, bouchers, traiteurs ou chocolateries) ! 

Comment revitaliser le centre-ville ?

Le but est d'amener au centre-ville, ces milliers de personnes qui se presseront dans la zone commerciale, comme le déclarait le bourgmestre sur l'antenne de No Télé, pour cela ne faudra-t-il pas prévoir une navette régulière (et gratuite) les incitant à venir visiter le riche patrimoine tournaisien.

Le nouveau plan qui entrera en vigueur le 1er avril prévoit de réglementer le stationnement dans toutes les rues situées à l'intérieur des boulevards périphériques, de ramener, partout, le temps autorisé avec disque à deux heures et de maintenir le stationnement payant dans l'hyper-centre. De même, le papillon qui sera déposé sur le pare-brise d'un automobiliste ayant négligé de retirer son ticket à l'horodateur ou de mettre son disque passera à 15 euros la demi-journée, coût d'une journée précédemment. En contrepartie, des cartes pour riverains, pour travailleurs et même pour certains étudiants, de plus de dix-huit ans, seront accessibles moyennant le paiement d'une redevance, des personnes qui pourront ainsi rester stationner au même endroit durant une longue durée, à condition de trouver une place libre près de chez eux ou près de leur lieu de travail !

Beaucoup sont d'avis (et l'Optimiste le partage) que cela ne va rien changer par rapport à la situation qui prévaut actuellement. Le plan de stationnement a été mis en œuvre, il y a quelques années, par l'échevin de l'époque, Michel Leclercq, dans le but avoué de forcer une rotation des véhicules permettant ainsi de toujours trouver des emplacements disponibles pour les clients des commerces. Cela s'est avéré totalement erroné dans la pratique, les voitures ventouses sont toujours omniprésentes et les chasser relève de l'exploit. La bonne idée de départ s'est tout simplement transformée en un "petit cochon-tirelire" pour la commune de plus en plus désargentée. Une bonne nouvelle est néanmoins apportée : la gratuité du samedi après-midi comme cela se faisait dans d'autres villes depuis toujours (Lille notamment) ! 

Autre aspect de la gestion communale qui amène de nombreuses réflexions (souvent négatives), le plan de mobilité communal. Résumons ce que nous avons entendu à ce sujet:  

"le futur plan de mobilité dont un des buts est d'empêcher la circulation de transit et de détourner ces automobilistes par les boulevards de ceinture va nuire au commerce local. De nombreux visiteurs qui sont également de nombreux acheteurs potentiels qui auraient pu découvrir la ville et avoir envie d'y revenir plus longuement seront ainsi détournés et iront voir ailleurs, là où ils se sentiront mieux accueillis ou moins rejetés !".

Je partage, en partie, cette remarque, elle concerne surtout les personnes étrangères qui voudraient traverser la ville afin de découvrir un lieu qu'elles ne connaissent pas ou peu. Par contre, les automobilistes locaux qui viennent, par exemple, de la chaussée de Lille pour se rendre directement à la chaussée de Bruxelles, de Renaix ou d'Audenarde réduiraient sérieusement les bouchons en empruntant les boulevards. Hélas, comment faire le tri entre ces différents types de "transit" !

Gérer un problème (stationnement et mobilité en sont indéniablement deux présents à Tournai), c'est se poser tout d'abord les bonnes questions, c'est émettre des solutions et étudier toutes les implications de celles-ci, malheureusement, c'est souvent là que le bât blesse chez les sociétés chargées des études : on répond à une demande sans se tracasser du reste !

L'avenir ?

Une étape importante dans l'amélioration des conditions de survie de nos commerçants sera la fin de ces longs travaux mais, ce n'est pas pour demain la veille, car il reste à :

- rénover la rue du Curé Notre-Dame et le Marché au Jambon (en mai paraît-il),

- à placer le mobilier urbain et l'éclairage public, à revoir le problème posé par le "fil d'or", à tracer certaines zones de stationnement (quand ?),

- à reconstruire des immeubles à l'emplacement des chancres que sont devenus le cinéma Palace et l'ancien immeuble du Courrier de l'Escaut (un promoteur est intéressé, un autre est depuis longtemps désigné !),

- à rénover la ruelle d'Ennetières, le Chevet Saint-Pierre, la rue Poissonnière, à construire un plateau face à l'ancien hôtel des pompiers et à refaire la place Saint-Pierre (les travaux ont débuté et vont durer jusqu'en automne),

- à rénover des façades d'immeubles typiques du Bas-quartier (les containers de chantier viennent d'être placés à la rue des Puits l'Eau)

- à terminer le chantier du conservatoire (le chantier en cours devrait se terminer à la fin de l'année),

- à réaliser le nouveau plateau de la gare (les travaux devraient débuter en avril),

- à rénover la place Verte dont une partie est interdite à la circulation depuis plus de deux ans,

- à terminer l'immense chantier de la cathédrale Notre-Dame (débuté en 2002 par la stabilisation de la tour Brunain et dont on n'a pas d'échéance pour l'achèvement).

La plupart de ces travaux achevés, on évoquera alors le remplacement du Pont à Ponts,  l'élargissement de l'Escaut, la transformation du Pont des Trous, la rénovation du Becquerelle et du quai Dumon (tout cela débuterai en 2016)...

Il faudra vivre vieux pour voir la fin des chantiers à Tournai et enfin pouvoir contempler le visage qu'on veut donner à la cité !

S.T. mars 2015.

10:54 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, commerce, bastions, stationnement, mobilité |

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