19 mars
2015

Tournai : Michel Liénard, un gardien de talent !

tournai,michel lienard,racing de tournai,gardienUn sportif tournaisien.

Les anciens de la famille "Jaune et noir" ont appris le décès de Michel Liénard, survenu le 17 mars 2015.

Au Racing de Tournai, Michel Liénard était un clubman dans l'âme. Il a fait partie de cette longue lignée d'excellents gardiens qui officièrent dans le club de l'avenue de Maire : les Maurice Descamps, Gilbert Bouckzoone, Didier Vandenabeele, Freddy Balcaen, Marc Daniel, Eric Decorné, Michel Wilfart ou encore Luc Paul (qu'on avait connu précédemment à l'Union).

Né le 22 mars 1932 (il est décédé à cinq jours de son 83e anniversaire), c'est à l'âge de 20 ans, en 1952, que Michel Liénard disputa son tout premier match au sein de l'équipe première, sur le terrain de la Louvière. Lors cette première apparition, les spectateurs comprirent que le Racing avait trouvé en lui un tout grand gardien, tant par la taille que par le talent. Succédant à Gilbert Bouckzoone, il officiera dans les buts durant plus de 15 saisons, écrivant avec ses équipiers les plus belles pages du club. 

La Coupe de Belgique en 1956.

Sur le terrain du Heysel, sur le score de 2-1, les Jaune et Noir prirent la mesure du C.S. Verviers, qui venait d'être sacré champion de la division II, division dans laquelle les deux clubs rivaux évoluaient alors. Pour parvenir à ce stade de la compétition, les Rats avaient successivement écarté trois clubs de division I et non des moindres : le Beerschot, le Standard et Beeringen. Au cours de cette mémorable rencontre, sous les yeux d'un autre Tournaisien bien connu, Luc Varenne, Michel Liénard ne s'en était pas laissé compter par les vedettes de l'équipe adverse qu'étaient les Pannaye, Nelissen, Gorissen ou Lormans (auteur du but égalisateur). Paul (dit Popol) Deneubourg et Roger Lambreth avaient été les buteurs des Rats.

Le challenge Pappaert.

Ce challenge était alors attribué à l'équipe de division nationale réalisant la plus longue série de rencontres sans connaître la défaite. Au crépuscule de la saison 57-58, il fut attribué aux Jaune et Noir pour une série de quinze rencontres sans avoir mordu la poussière.

L'accès à la division I.

L'attribution du challenge Pappaert alla de paire avec la montée en Division I Nationale. Au cours de la saison 57-58, le Racing de Tournai rencontra les plus grands clubs belges de l'époque : Anderlecht, le FC Liégeois, le Standard, le Beerschot, La Gantoise, l'Antwerp, l'Union Saint-Gilloise ou encore l'Olympic de Charleroi. Trop léger pour cette expérience néanmoins enrichissante pour les joueurs, le club termina avant-dernier entre Saint-Trond (14e) et Tilleur (16e). Michel Liénard avait connu la joie et l'honneur d'évoluer au sommet de la hiérarchie footballistique belge.

Des prestations époustouflantes.

Tendant ses longs bras, bondissant devant l'attaquant, Michel Liénard fut l'auteur de prestations éblouissantes permettant bien souvent à son club de remporter les points nécessaires.

Lors d'une rencontre disputée sur le terrain du Football Club Malinois, en septembre, 1960, il fut, une fois encore, comme le titrait la presse "éblouissant" et "intraitable". Il annihila les effort de l'attaque locale et, bien que dominé, le Racing conserva le partage.

Lors d'une prestation à Mouscron, durant la saison 66/67, au cours d'un derby régional décisif pour l'attribution du titre en Division III, il fut assez sérieusement blessé au front par un joueur adverse qui laissa "traîner" la jambe au moment où il s'emparait du ballon. Soigné, il revint quelques minutes plus tard, le front entouré d'un "turban" blanc et termina la rencontre remportée par le Racing qui voyait ainsi s'ouvrir les portes de la Division II. La photo de ce "fakir" bloquant la balle, la détournant ou se couchant fit la "une" des reportages consacrés à la rencontre.   

Pour son incroyable carrière, pour ses prestations, pour sa simplicité et sa gentillesse, Michel Liénard fut souvent récompensé notamment par le "Mérite Sportif tournaisien" ou par les "Etoiles", un prix décerné par le Courrier de l'Escaut, le journal local... Il resta un exemple pour la jeunesse, principalement pour ceux qui fréquentaient les équipes d'âge du club de l'avenue de Maire.

A la fin des années soixante, il céda le relais à Didier Vandenabeele, un jeune gardien français, comme lui pétri de talent, mais il resta fidèle au club de ses débuts pour assurer l'un ou l'autre dépannage notamment au sein de l'équipe réserve.

A un âge où beaucoup avaient depuis bien longtemps remisé les crampons, Michel Liénard faisait encore des apparitions lors de rencontres disputées par les anciennes gloires du Racing ou dans des équipes de vétérans.

N'allez pas croire que cet excellent gardien, fidèle à ses couleurs, fit fortune grâce à ses exploits sur les  pelouses des plus grands stades belges. A une époque où le sport en général et le football en particulier n'étaient pas encore asservis à l'argent (osons même dire gangréné), les joueurs recevaient une prime de match en fonction du résultat obtenu mais aucune autre rémunération, aussi, ceux qui faisaient vibrer les supporters le dimanche travaillaient-ils durant la semaine. Michel Liénard livrait la bière et tenait un café, local d'un club de supporters Jaune et Noir, situé à l'angle de la rue de la Culture et de la rue Barthélémy Frison, bien entendu, à l'enseigne du "Café des Sports".

(sources : "Hourrah, voici les Rats", ouvrage de Jacques Lefebvre, paru chez Gamma Sport en 1983, la presse locale notamment "Le Courrier de l'Escaut" dont est extrait la photo).

S.T. mars 2015.

13:50 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, michel lienard, racing de tournai, gardien |

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