17 mars
2015

Tournai : une petite ville qui a tout d'une grande !

Plan communal de mobilité, plan de stationnement, horodateurs, zones bleues, parking souterrain, embouteillages aux heures de pointe, insécurité, incivilités... tout cela n'est pas ou n'est plus l'apanage des grandes cités, il est, en effet, terminé le temps des petites villes de province bien tranquilles où il ne se passait pratiquement rien et où les habitants goûtaient la joie de vivre dans la plus grande des quiétudes !

La mobilité.

Il suffit de se déplacer aux heures de pointe pour constater que les routes menant aux entrées de la ville se caractérisent, matin et soir, par de longues files de véhicules qui amènent ou reconduisent ceux qui ont encore la chance d'y avoir un emploi et surtout les très nombreux écoliers et étudiants fréquentant les différentes formes d'enseignement (ils sont plus de 7.000). Parmi ceux-ci, les Français représentent un contingent non négligeable, preuve de la qualité de l'enseignement tournaisien d'une part et de la difficulté de trouver des possibilités dans l'Hexagone d'autre part.

Entre sept et neuf heures et quinze et dix-huit heures, sur la Nationale 7 (Bruxelles-Ath-Tournai), c'est une longue procession de véhicules qui commence au rond-point Lemay (à la sortie de l'autoroute E42) pour atteindre la Porte de Marvis. Les problèmes sont similaires sur toutes les autres axes permettant l'entrée dans la cité des cinq clochers (carrefour des Résistants, porte Saint-Martin, Porte de Lille, rond-point de l'Europe ou du Viaduc). Le problème semble insoluble car trop de véhicules arrivent ou partent en même temps. Si on y regarde de plus près, on verra qu'une majorité de ceux-ci est occupée par le seul conducteur et que les transports en commun sont bondés, parfois même à la limité de la capacité des véhicules. Une réduction drastique de la circulation passe donc par la solution du covoiturage qui permettrait d'aérer les rues, au propre comme au figuré !

Le stationnement.

Voilà, le casse-tête permanent de l'échevin de la mobilité : où stationner tous ces véhicules qui entrent en ville ? On estime à environ huit mille places de stationnement disponibles à l'intérieur de la ceinture des boulevards. Avant même l'arrivée des itinérants journaliers, il faut déjà compter les véhicules appartenant aux habitants permanents de la cité qui ne possèdent pas tous un garage. Il faut tenir compte des étudiants étrangers possédant un kot à Tournai et qui mobilisent une place "à la semaine". On a donc déjà réduit d'une bonne moitié, le nombre de places disponibles. Celles qui restent vont être âprement disputées ! Il faut alors intégrer la demande des commerçants de l'intra-muros qui souhaitent une rotation des véhicules pour faciliter l'accès à leur commerce par la clientèle, il faut intégrer les places destinées aux personnes à mobilité réduite, il faut aussi assurer aux riverains la possibilité de stationner à proximité de leur habitation. On découvre ainsi les éléments de la quadrature du cercle qui empoisonnent ceux qui souhaitent trouver des solutions au problème !

Le nouveau plan communal qui entrera en vigueur le 1er avril prochain tente de répondre à ces diverses demandes contradictoires. Le stationnement sera réglementé sur l'entièreté du territoire compris entre les boulevards de ceinture : dans l'hyper-centre, il sera payant comme auparavant. Ces dernières semaines, on a remplacé les vieux horodateurs par de nouveaux modèles intégrant pièces de monnaie et carte de banque. On a introduit la notion de "premier quart d'heure gratuit" permettant d'effectuer une visite rapide dans un commerce (achat d'un journal, de pain...), un disque est d'ailleurs prévu à cet effet. Le reste des rues sera en "zone bleue" limitée à deux heures (les zones "quatre heures" plus excentrées du centre ont été supprimées).

Cela va-t-il résoudre tous les problèmes et mettre les automobilistes sur le même pied d'égalité ? Peut-être, si ...les automobilistes étrangers qui stationnent sans vergogne se moquant de la réglementation sont également poursuivis et payent la même redevance de 15 euros par demi-journée pour non-respect des règles de stationnement. On chassera ainsi les voitures ventouses qui squattent les places pour une longue durée.

Le parking souterrain de la rue de Perdue.

Celui-ci, réclamé à cors et à cris par les commerçants pour qui il constituait une possibilité supplémentaire de stationnement à proximité des commerces du centre, est loin de faire recette. Plus d'un an après son ouverture, il est sous-utilisé, ses gestionnaires évoquent un taux d'occupation d'à peine 50%. Il est pourtant plus avantageux que le parking en surface.

Il est donc à la limite inconcevable de constater qu'alors que ce parking affiche toujours la mention : "libre", des conducteurs, le plus souvent étrangers à la ville, stationnent leur véhicule en dépit du bon sens et surtout dans le non-respect du code de la route. On les retrouve sur les passages pour piétons ou sur les trottoirs (rue Perdue), devant des panneaux interdisant le stationnement, ou en dehors de la zone prévue pour celui-ci (rue des Maux, Grand-Place, rue du Four-Chapitre ou rue de Courtrai) ou encore, là où il est totalement interdit de circuler (plateau de la gare)... Ils profitent probablement d'un sous-effectif de notre police communale qui a malheureusement bien d'autres chats à fouetter lors des week-ends ou d'une certaine mansuétude de leur part. Si tout un chacun remarque et peste parfois contre ces faits, les patrouilles régulières qui parcourent les rues de la ville ne sont pas sans l'observer.

L'insécurité.

Soyons très prudents lorsqu'on aborde la problématique de l'insécurité, ce mot devient, peu à peu, le symbole d'une époque où la violence est plus marquée. Le sentiment d'insécurité est-il objectif ou subjectif ? N'est-il pas parfois amplifié par certains pour justifier leur vision ultra-sécuritaire ? Quel jeu joue la presse "à sensation" dans cette problématique ?

L'Optimiste a consulté les chiffres de la criminalité en région wallonne publié par la police fédérale. Ils peuvent paraître révélateurs mais il ne faut pas tomber dans le piège de la  comparaison car, chacun sait que "comparaison n'est pas raison".

En Wallonie, chaque région possède ses particularités. Plus la cité est étendue et peuplée, plus les chiffres seront élevés, seul le ratio entre les faits et l'importance de la population peut apporter une certaine indication. Tournai n'est pas Liège ou Charleroi.

Certaines régions sont marquées par le chômage engendré par la crise économique et financière qui marque ce début de siècle, on sait que l'oisiveté est mère de tous les vices mais, là aussi, il ne faut pas en faire une généralité. D'autres lieux sont situés en zone frontalière et on constate que la criminalité s'exporte plus facilement.

Nous avons comparé trois villes de Wallonie picarde : Ath, Mouscron, Tournai. La ville d'Ath ne peut être assimilée à la zone frontalière, comme ses consœurs d'Enghien et de Lessines, elle s'apparente plus à une ville-dortoir pour les personnes travaillant à Bruxelles ou à Mons.  

En 2014, on a enregistré, en région wallonne, 15.566 cambriolages dans les habitations (Ath : 121, Mouscron : 277 et Tournai : 313), 339 arrachages de sac (Ath : 1, Mouscron 3, Tournai : 27), 2.946 vols avec violence mais sans possession d'arme pour les perpétrer ( Ath : 13, Mouscron : 39, Tournai : 84), 8.380 faits de dégradation de véhicules : (Ath : 81, Mouscron : 169, Tournai : 209), 12.530 vols dans un véhicule (Ath : 81, Mouscron : 295, Tournai : 321),  2.649 vols de véhicules  (Ath : 11, Mouscron : 96, Tournai : 58),  1.246 vols de bicyclettes (Ath : 36, Mouscron : 96, Tournai : 58), 2.943 vols à la tire (Ath : 10, Mouscron : 23, Tournai : 70), 3.049 vols à l'étalage (Ath : 18, Mouscron : 49, Tournai : 123) enfin 929 vols à main armée ont été recensés (Ath : 3, Mouscron : 26, Tournai : 25).

La violence à Tournai (vols à l'étalage, vols de GSM, agressions de personnes) est avant tout le fait d'une bande d'individus, bien connus des services de police, souvent multirécidivistes ou de bandes urbaines du Nord de la France, ayant, un jour, pris le quai du Marché aux Poissons et les environs de la place Saint-Pierre pour donner libre cours à leur violence.

Notons que le récent carnaval s'est déroulé dans une atmosphère bon-enfant, il y a bien eu quelques individus, imbibés d'alcool et cherchant la bagarre qui ont subi une arrestation administrative mais cela ne se distingue pas par rapport à la normalité. Il y a et il y aura toujours des poivrots enclins à chercher noise aux autres, il y a et il y aura toujours l'un ou l'autre qui roulera dans le caniveau, il y a et il y aura toujours des "camés" à la recherche d'argent facile pour acheter leur dose, cela a toujours existé mais n'obtenait pas l'écho qu'une certaine presse, avide de sensations, met en exergue quotidiennement !

L'installation souvent annoncée de caméras et le renfort des effectifs de police devraient être deux excellentes mesures pour rassurer la population et l'inviter, comme avant, à se promener tranquillement à Tournai, le soir. Pourvu que la volonté politique soit présente ! "Sécurité et Civisme" étaient les maîtres-mots du discours de Pol-Olivier Delannoy en janvier 2015.

Les incivilités.

Fléau de notre époque, le manque de civisme flagrant est également à la base d'un sentiment d'insécurité. Paquets de frites, cannettes, papiers jetés sur la voie publique, tags sur les bâtiments du centre-ville, déjections canines, poubelles traînant sur les trottoirs quelques jours avant la collecte bihebdomadaire ou hebdomadaire... les "petits hommes verts" ont bien du souci à se faire. Pour avoir pris la défense de l'honnête citoyen, l'échevin délégué à la fonction mayorale a, de suite, été qualifié de "sheriff" par ceux et celles qui sont peut-être à la base de ces incivilités. On vit une époque où la moindre remarque choque profondément celui qui se sent concerné, la liberté dont nous jouissons ne nous donne pas le droit de tout faire comme on a envie.

Un peu plus de civisme de la part des habitants et des visiteurs rendrait à la ville cette notion de cité où il fait bon vivre qui fut la sienne jusqu'il y a une ou deux décennies ! 

(sources : statistiques de la police fédérale, presse locale).

S.T. Mars 2015.

Commentaires

Bonjour,
Je suis Véronique 1966( http://veronique1966.skynetblogs.be/), je reviens faire un autre blog, cela fait longtemps! Bon dimanche.

Écrit par : Véronique66 | 21/03/2015

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Bonjour Serge, Merci pour ta visite et ton commentaire!
C'est vrai que l'eau pour le baptême de mon retour, c'est tout juste surtout après l'éclipse assez longue dans le monde des blogs!
Toujours un plaisir de venir lire tes écrits! Bon dimanche.

Écrit par : Véronique66 | 22/03/2015

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Regrets, tu penses un peu trop comme nos politiques. Des files chée de Bxl? oui, depuis ls aménagements voulus par le SPW; des patrouilles régulières de la police qui.... tu as eu de la chance, je vais souvent en ville, un policier en patrouille à pied est comme l'Arlésienne de Bizet et si tu parles de spatrouilles en auto, je t'assure, je l'ai constaté maintes fois, ça passe à côté de l'infraction sans la voir. Parking souterrain? il faut le temps de s'y habituer. Les étrangers? ils ont ci bon dos, se garer sur les trottoirs n'est pas que que d'eux. Bah, on s'y fait à tous ces désagréments d'une petite ville qui a le grand tort de se prendre pour une grande.

Écrit par : Boussemart Etienne | 24/03/2015

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