05 févr.
2015

Tournai : d'autres chantiers proches ou dans un futur lointain

Continuons à examiner la série de chantiers qui s'ouvrent un peu partout, que ce soit intra-muros ou dans les villages, dans un article suivant, nous évoquerons ceux qui vont nous préoccuper dans un avenir plus ou moins éloigné.

Willemeau.

Entre la chaussée de Douai et la chaussée de Valenciennes s'étendent les villages de Willemeau et d'Ere ainsi que le hameau Barges. Tout comme celle de Warchin et de Rumillies, cette zone est sujette à de fréquentes inondations. Les recherches effectuées dans la presse locale, depuis le début des années 1850, démontrent que, lors de longues périodes pluvieuses ou de rapides fontes de neige en hiver ou lors de violents orages en été, ces deux villages et ce hameau traversés par le "rieu (ruisseau) de Barges" ont toujours connu des épisodes de crues plus ou moins violents. Le rieu de Barges qui, depuis la frontière française, s'écoule paisiblement pour rejoindre l'Escaut devient parfois tumultueux. Gonflé par les eaux, il se laisse aller à des épanchements qui dérangent profondément les riverains et, après quelques heures de liberté, regagne son lit et reprend cet aspect serein qui fait tout son charme. 

Si, historiquement, on relève de nombreux débordements, il semble que ces derniers soient un peu plus importants ces dernières années et les habitants ont souvent eu les pieds dans l'eau. Ils se disent qu'on ne peut plus comparer la situation prévalant au XIXe siècle à celle des années 2000 et ils n'ont pas tort !

Cependant, on peut y voir des causes multiples :

- l'abondance des précipitations subies depuis quelques années que certains attribuent au réchauffement climatique, sans avoir analysé le problème en profondeur et obtenu des preuves irréfutables,

- la position géographique de ces trois entités, situées au creux d'un vallon dont les pentes, de part et d'autre, ramènent les eaux vers le point le plus bas, c'est-à-dire vers le rieu,

- la création dans les années nonante de la ligne TGV Bruxelles-Lille-Paris ou Londres ayant séparé le bassin hydrographique en deux,

- les nouvelles méthodes agricoles qui voient les fermiers labourer dans le sens de la pente de façon à empêcher les eaux de stagner sur leur terrain et à les envoyer vers le rieu,

- l'incivisme de certains qui rejettent des déchets dans le rieu (branches, pots de peinture, planches...) avec la conséquence inéluctable de créer des barrages lorsqu'ils arrivent à des rétrécissements comme le sont les ponts donnant accès aux habitations ou aux champs et prairies.

Suite aux dernières importantes inondations qui interdirent, à chaque fois, d'emprunter la route entre Ere et Willemeau, des travaux ont été entrepris :

les berges ont été stabilisées par des gabions et des filets, une détection automatique (le projet Saphir signalant aux riverains lorsque la cote d'alerte est atteinte) a été posée, le rieu a été curé et des tonnes de déchets retirés entre Willemeau et Tournai.

L'enquête diligentée par les différents services concernés par le problème a aussi permis de révéler que le pertuis situé sous la place de Willemeau n'était pas (ou plus) dimensionné pour absorber ce trop plein d'eau. L'administration communale de Tournai a profité de rénover totalement la place du village en même temps qu'on entreprenait la réfection de l'égouttage.  

Il faudra encore prendre son mal en patience pour découvrir, dans quelques mois, la nouvelle traversée de Willemeau.

La rénovation du Conservatoire de Tournai.

Ce bâtiment remarquable aussi appelé "le tambour à pattes" par certains vieux tournaisiens date de 1829 et est l'œuvre de l'architecte Bruno Renard. Il comporte des classes dévolues au solfège, au chant, à la musique et à l'art dramatique ainsi qu'une salle des concerts. Mille sept cents élèves environ y suivent des cours. Menacé de ruine, sa démolition avait été sérieusement envisagée au début des années 1970 (un promoteur avait fait le projet d'ériger, à sa place, une tour qui, elle aussi, aurait fait de l'ombre au beffroi et à la cathédrale). Il a été, par la suite... très mal rénové.

Les éléments de stuc placés au-dessus des colonnes du péristyle, autour des fenêtres et afin de décorer les corniches étaient tout simplement constitués de matériaux intérieurs (avec même des morceaux de frigolite), les changements de température et les pluies s'infiltrant, ils se sont vite désagrégés. Il y a dix ans, le bâtiment étant dans un tel état de délabrement, il a fallu placer des filets anti-pigeons (ceux qui avaient pris l'habitude de s'y rassembler achevant de détruire les éléments de façade) et ensuite poser des barrières "Héras" pour protéger les passants des chutes intempestives de briques ou de plâtre.

Sa rénovation devenait urgente mais elle fut longtemps marquée par une valse "hésitation" de la part des édiles de l'époque.

Finalement, le chantier a débuté dans le courant de l'année 2014 et le toit et les façades sont pratiquement terminés. Dans quelques mois, ce sera l'intérieur qui verra débarquer les firmes de travaux afin de réaliser des transformations destinées à apporter un peu plus de confort aux usagers.

Tout comme la place de Willemeau, il faut également prendre son mal en patience. Dans deux ans, l'enseignement de la musique à Tournai retrouvera son joyau ! 

L'aménagement de la Place Verte à Tournai.

Cette place de la rive droite n'a jamais si bien porté son nom. Les habitants du quartier en ont fait un lieu de rencontres "écologiques" : bourses d'échange de plantes, barbecue entre voisins, rencontres de pétanque durant les soirées d'été ou tout simplement causette sur les bancs... Cette réappropriation de l'espace public, comme cela se passait encore il y a quelques décennies, a attiré l'attention des autorités communales qui ont décidé, avec l'expertise d'un partenaire hollandais de "Lively City", d'y créer une aire de jeux pour les plus jeunes composée d'un toboggan, de barres d'équilibre, paniers de basket, jeu de marelle... Ces travaux d'aménagement ont débuté récemment.  

La poursuite de la rénovation de façades.

Après la rénovation des façades de la place Saint-Pierre et du piétonnier de la Croix du Centre, trente façades supplémentaires seront rénovées dans le cadre de la programmation européenne pour dynamiser le cœur des villes. Cette fois, c'est dans la rue des Chapeliers et la partie basse de la rue des Puits l'Eau que se concentreront les chantiers. Il est à noter que, seulement, 10 % des frais de rénovation sont à charge des propriétaires des maisons concernées.  

(S.T. janvier 2015)

 

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