03 nov.
2014

Tournai : quand le Cabaret Wallon fait son cirque !

Le constat est malheureusement amer, le cirque traditionnel agonise, on joue sous un chapiteau désert, le rêve des enfants est victime de Gaïa et de la crise.

Pour son annuelle revue, la Royale Compagnie du Cabaret Wallon Tournaisien avait choisi le cirque comme décor. En patois tournaisien, l'expression : "Cha ch'est cirque!" (ça, c'est cirque !) peut également être utilisée à toutes les sauces. Elle peut servir à qualifier bien d'autres situations souvent tragi-comiques et, notamment, celles résultant des attitudes et décisions actuelles de nos politiciens qu'ils soient locaux, régionaux ou fédéraux.

La trame du spectacle.

Il est bien triste le directeur du cirque "Youp la Boum" (Michel Derache) dont le chapiteau se dresse, peut-être pour la dernière fois, dans la cité des cinq clochers. Le cirque va mal et les artistes jouent de malchance : le jongleur (Mathieu Jonville) a perdu ses boules, le dompteur (Bernard Clément) son ours, les clowns (Pierre Van den Broecke et Martine Leroy) leur bonne humeur, Mr Loyal, deux frères siamois (Vincent Leclercq et Jean Michel Van de Cauter), n'a (ou n'ont, c'est déroutant deux hommes dans le même costume) plus de numéros à présenter et la trapéziste souffre de vertige. Pour pouvoir surmonter la crise, le vieil homme, démoralisé, est à la recherche de nouveaux numéros spectaculaires et les candidats qui se présentent sont loin d'être à la hauteur de ses attentes : une trapéziste portée sur la dive bouteille (Marie-Christine Degraeve), un dresseur anversois (Georges Vico) et son chien savant Bart, une femme à barbe, venue en droite ligne d'un concours Eurovision, répondant au doux prénom de Conchita W. (Christian Bridoux) interprétant une chanson à deux voix, féminine et masculine, un dresseur de mouches (Jean-Marc Foucart) ayant découvert tardivement cette vocation grâce aux insectes que lui fait désormais manger son épouse (Monique Liard), une diseuse de bonne aventure (Nancy Deleuze), jolie bohémienne du... faubourg Saint-Martin. Même le petit homme vert (Luc Feron) chargé de l'entretien des rue et entré par hasard ne se voit artiste qu'en rêve !

Déjà moralement mal en point, le vieil homme est harcelé par une représentante du bien-être animal traquant la moindre bête sauvage alors que le cirque n'en possède plus. Un catcheur sur le retour (Jean-Marc Foucart), coaché par un jeune entraîneur (Romain Leblanc), est à la recherche d'un partenaire qu'il trouvera en la personne d'un homme faisant tourner les assiettes sur des tiges de bambou... truquées (Christian Bridoux). Un homme-obus (Luc Feron) sera victime de sa témérité, "Superboom" fera long feu ! Dans ce joyeux bric à brac, de jeunes enfants présenteront deux excellents numéros : l'un de monocycle (Martin Carpentier), l'autre de foulards (Arwen De Mey).  

Des acheteurs se présenteront pour racheter le cirque : des représentantes de riches émirs, des membres du Cabaret Wallon à la recherche d'un lieu suite à la fermeture pour travaux de la Maison de la Culture (ce n'est pas de la fiction !), des politiciens plus vrais que nature, le bourgmestre de la cité des cinq clochers (Pascal Winberg), la toute nouvelle ministre de l'énergie (qui nous a mis au courant de ses aspirations) et même l'homme au papillon rouge (Christian Bridoux). La venue d'un vieux couple royal (Bernard Clément et Christine Dubois) cherchant lui aussi de l'argent pour renflouer des finances en chute libre depuis leur retraite n'apportera aucune aide au pauvre directeur du cirque. La solution viendra peut-être d'un certain Elio, il proposera de présenter sous le chapiteau, partout en Wallonie picarde, les deux pandas jusqu'à... l'ouverture de Mons 2015 ! Comme on dit à Tournai : "Ch'est comme l'curé d'Hertain, tout c'qui deonne d'eine main, d'l'eaute i-l'orprinds".

Toutes ces apparitions donneront, bien entendu, lieu à des gags, quiproquos et à l'interprétation de nombreuses chansons !

En intermède, les spectateurs écouteront les confidences des deux pandas (Jean Michel Carpentier et Sabrina de Mey), heureux d'être venus à Pairi Daiza et qui racontent, en détail, leur périple.

Ce spectacle, écrit collectivement par les membres de la royale Compagnie, est accompagné musicalement, de main de maître, par ce talentueux musicien qu'est Philippe De Smet. La mise en scène est confiée à un professionnel du spectacle, Xavier Sourdeau alias le clown "Cassonade". Christelle Bridoux, Claudine Doutrelugne (la "matante" d'Adrien Joveneau) et Marie-Paule Lendasse s'occupent des costumes et des accessoires. Bernard Clément a aussi signé le décor et Serdu, l'affiche. Sabrina de Mey, Ophélie De Tollenaere et Céline Dufrane mettent leur talent de maquilleuses au service des comédiens. Patrick Dubuisson assure la régie assisté par les électriciens de la Maison de la Culture. Pascale Dewilde est la scripte et la mémoire. Du grand spectacle avec une véritable distribution hollywoodienne !

Un seul petit regret, une remarque bien futile en regard du succès remporté une fois de plus par les joyeux drilles tournaisiens au cours de ces cinq représentations : dans le programme, une véritable distribution reprenant le rôle de chacun nous aurait permis de mieux connaître et mettre en évidence des artistes amateurs méritants noyés dans une liste passe-partout ! Ce sera peut-être pour une prochaine fois !

Un seul être vous manque et tout est dépeuplé ?

L'Optimiste est navré d'avoir oublier, dans la distribution, le trésorier du Cabaret, Danny Batteauw. Celui-ci interpréta une chanson émouvante, entouré des deux plus jeunes, sur le thème des enfants de la balle, les vrais enfants d'un cirque. Cet oubli est loin d'être volontaire et l'auteur de l'article espère qu'il pourra conserver sa carte de membre. Ch'est promis, l'prochaine feos que cha arriv'ra acore, cha n'arriv'ra pus

(S.T. novembre 2014)

 

11:43 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, cabaret wallon tournaisien, revue, cirque |

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