29 sept.
2014

10:17

Tournai : festivités et expos du mois d'octobre

 

Concerts, conférences, fêtes, théâtre, salons, visites guidées et expositions, le menu est des plus copieux pour ce mois d'octobre.

 

Jeudi 2, Maison de la Culture, 14h30 : "Rire aujourd'hui, est-ce drôle ?" un sujet présenté par Bruno Coppens, humoriste et comédien tournaisien dans le cadre de la séance inaugurale de l'Université du Temps Disponible.

Jeudi 2, Foyer Saint-Brice, 20h : L'exemple, c'est nous... les enfants nous regardent" conférence de Sabine Van Trimpont, psychothérapeute et coordinatrice d'un espace-rencontres, organisée par la Ligue des Familles, Canal J et Périscope.

Vendredi 3, maison de la Culture, salle Lucas, 20h : "My little cheap dictaphone", le groupe de rock liégeois.

Samedi 4 (20h) et dimanche 5 (18h), salle La Fenêtre : "Zoom" pièce de Gilles Granouillet, interprétée par Delphine Struelens dans le cadre du Samedi des Planches.

Samedi 4, Maison de la Culture, 20h : "Gala de Tournai, ville de solidarité Unicef" avec le parrain Bruno Coppens et de nombreux artistes africains.

Samedi 4 et dimanche 5, Tournai Expo, de 10 à 19h : "Salon du Mariage et du Bien-Etre", cent exposants, cinquante conférences et animations diverses.

Dimanche 5, Boulevard des Nerviens, arrivée de l'ultime étape du "Tour de l'Eurométropole", course pour coureurs professionnels organisée par le Cazeau Pédale de Templeuve.  

Mardi 7, auditoire du Séminaire, 14h : "La grande séparation, pour une écologie des civilisations"  conférence par Hervé Juvins, économiste et essayiste dans le cadre du cycle "Connaissance et Vie d'Aujourd'hui.

Mercredi 8, Maison de la Culture, salle Jean Noté, 20h : "Hors champs" création de Michèle Noiret, un spectacle mêlant danse, théâtre et projections.

Jeudi 9, Maison de la Culture, 14h : "Le Cerveau, les clés de son développement et de sa longévité" conférence par Bernard Sablonnière, professeur à la faculté de Médecine de Lille.

Vendredi 10, Maison de la Culture, salle Jean Noté, 20h : "L'homme d'habitude", un concert de danse déconcertant né de la rencontre des danseurs de Vilconeta et des musiciens des Blérots de R.A.V.E.L.

Samedi 11, salle La Fenêtre, 20h, " les Pi-menteurs", spectacle humoristique de et avec Jean Michel Briou, Loulou Godet, Anne Simon, Dominique Watrin et Renaud Ziegler, en invité pour le passage à la moulinette : Paul Olivier Delannoy, bourgmestre f.f. de Tournai.

Samedi 11 et dimanche 12, Halle-aux-Draps, de 10 à 19h : "Tournai Gourmande", salon des saveurs, halle de la gastronomie, une organisation des Amis de Tournai.  

Dimanche 12, Centre Culturel de Mourcourt, de 10 à 15h : "Bourse aux plantes", organisée par la section de Warchin de Vie Féminine.

Dimanche 12, salle Chez Nous, 15h : introduction et départ de la balade "Du Moulin Rouge (quincaillerie) à la Maison Créteur (costumier), deux centenaires tournaisiennes" une organisation des Guides de Tournai.

Lundi 13, Maison de la Culture, 20h : "Julien Doré" en concert.

Mardi 14, auditoire du Séminaire, 14h : "Eloge de la Gentillesse", conférence par Emmanuel Jaffelin, philosophe, dans le cadre du cycle Connaissance et Vie d'Aujourd'hui.

Jeudi 16, Maison de la Culture, 14h30 : "Byzance, entre Europe et Orient", conférence par Bernard Carlier, professeur à l'U.C.L. dans le cadre du cycle de l'Université du Temps Disponible.

Jeudi 16, Maison de la Culture, salle Jean Noté, 17 et 20h : "Maroc, des Cités impériales au Grand Sud" conférence de Mario Introia dans le cadre du cycle Exploration de Monde.

 Vendredi 17, salle La Fenêtre, 20h : "Improvisation" par les Souffleurs de Mots.

Samedi 18, Maison de la Culture, salle Frank Lucas, 16h : "Sur la corde raide", spectacle de marionnettes interprété par Sabine Thunus et Gauthier Vaessens, dans une mise en scène de Martine Godart de la Compagnie Arts et Couleurs.

Samedi 18 et dimanche 19, Tournai Expo : "Salon du Cheval, du Poney et de l'Ane

Mardi 21, auditoire du Séminaire, 14h : "La liberté religieuse" conférence par Mgr Guy Harpigny, Evêque de Tournai, dans le cadre du cycle Connaissance et Vie d'Aujourd'hui.

Mardi 21, Mercredi 22 et Vendredi 24, Maison de la Culture, 20h " Les invisibles ", spectacle d'Isabelle Pousseur avec Catherine Mestoussis et Magali Pinglaut, librement adapté du récit de Florence Aubenas, "le Quai de Ouistreham".

Mercredi 22, Hôtel de Ville, Salon de la Reine, 18h : "La Maladie de Parkinson" conférence du Dr Denayer, neurologue au CHWApi, dans le cadre des Conférences-santé 2014 

Jeudi 23, Maison de la Culture, 14h30 : "7 Milliards d'être humains : avant et après", conférence de Michel Decroly, professeur à l'U.L.B. dans le cadre  du cycle de l'Université du Temps Disponible.

Vendredi 24, chapelle du Séminaire de Choiseul, 20h : "Concert de piano" par la virtuose russe Lana Gevorgyan, lauréate du concours international André Dumortier 2014, dans des œuvres de Mozart. Soirée organisée dans le cadre de la 23e saison des "Concerts classiques à Tournai" de la Chapelle Musicale de Tournai.

Samedi 25, Maison de la Culture : "Orphelins d'un enfant" conférence par Cécile Paris, auteur du livre éponyme, une organisation de l'Apper-Hainaut.

Samedi 25, salle la Fenêtre, 20h : "Déjeuner sur l'herbe" par le théâtre Croquemitaine avec Pierrot Mol et Guido Decroos, dans une mise en scène de Marcel Solbreux.

Samedi 25 (20h) et dimanche 26 (16), salle Jean Noté : "Revue" de la Royale Compagnie du Cabaret Wallon Tournaisien.

Dimanche 26, au pied du beffroi, 15h, départ du circuit-découverte "Tournai et Philippe-Auguste" organisé par les Guides de Tournai.

Vendredi 31, Tournai Expo : "Salon de la Brocante et des Belles Collections

Vendredi 31, Maison de la Culture, salle Jean Noté, 20h : "Revue" de la Royale Compagnie du Cabaret Wallon Tournaisien.

 

Expositions :

En ce mois d'octobre, dans différents endroits de la cité : "L'Art dans la Ville" :

Jusqu'au 25.10, Bibliothèque de la Ville de Tournai : "Couvrures de lumière" de Rose-Marie Dath, relieuse d'art.

A partir du 2.10, restaurant l'Escaudoir : "Fabienne Foucart", plasticienne, professeur à l'Académie des Beaux-Arts de Tournai.

A partir du 3.10, Centre de la tapisserie : "Arts textiles à travers la vidéo, le design, les sérigraphies, le dessin...".

Du vendredi 3 au dimanche 5, Halle-aux-Draps : "Jamais trop d'Art", exposition d'œuvres de Moché Kohen, Sophie Broux, Olivier Robin, Annie Vandenberghe et Gordon Hopkins, organisée par la table Ronde de Tournai.

A  partir du 10.10, Musée des Beaux-Arts : "Martine, une amie pour la vie", exposition consacrée à l'héroïne des auteurs tournaisiens Marcel Marlier et Gilbert Delahaye.

Jusqu'au 26.10 à la Maison de la Culture : "Le silence de l'Oiseau" de la photographe Anne-Sophie Costenoble.

Jusqu'au 26.10, Maison de la Culture, Espace bis : "Claude Rouyer", photographe.

Du 4 au 26.10 Fort Rouge : "Otto Ganz et Catherine Amathéü" duo de plasticiens.

Du 4 au 26.10 Musée des Arts décoratifs : " Marie-Agnes Magain", céramiste.

du 4 au 26.10, Auberge de Jeunesse : "Un Certain Reg'Art".

du 4 au 26.10, Lavoir social, rue des Sœurs de la Charité : "Dans de beaux draps", œuvres de Valérie Callewaert, Anne-Sophie Costenoble, Marguerite Lagage et Marina Piérard.

Samedi 11.10, Maison de la Culture, salle Frank Lucas " Vie intime", projection animée par Yeung Fun Yuen 

Les 18 et 19.10, Résidence des Mottes, 23, de 14 à 18h : " Florent Soris : cristaux, peintures et céramiques".

Jusqu'au 19.10, Rasson Art Gallery : " Pascale Courcelles, Bruno Vergeot".

A partir du 24.10, Rasson Art Gallery : "Kosta Kulundzic, Eric Liot et Bernard Pras"

Durant tout le mois, Morgue du cimetière du Sud (mini-musée) : "Grand-Père, raconte-moi la guerre (1914-1918)".  

agenda susceptible de modification et/ou d'ajouts.  

S.T. septembre 2014  

27 sept.
2014

14:23

Tournai : expressions tournaisiennes (279)

 

L'Fiête de l'cancheon walleonne.

Tous l'z'ans quand vient l'karmesse, dins l'ville tout est joyeux. Je n'vas pas ichi commincher à vous canter eine cancheonne d'no folklore tournisien mais puteôt vous parler d'eine fiête qui fait l'beonheur, l'raviss'mint des habitants d'no cité : l'fiête de l'cancheon tournisienne qui a lieu in sétimpe dans l'saleon d'la Reine de l'Hôtel de Ville.

Nos cancheonniers de l'Royale Compagnie du Cabaret Walleon nous invitent à rinte hommache avec eusses à no patois et i-profitent de l'occasieon pou ormette les prix du concours Prayez.

Su l'queop d'dix heures au matin, presque toutes les cayères de la salle éteot'ent occupées, si l'public i-éteot nombreux, on n'peut pos dire qu'i-éteot d'prumière jeonesse. Les ch'feux blancs ou bin grisonnant rivaliseot'ent ave les coiffures décolorées pou cacher les outraches du temps, des p'tits rotleots i-n'd'aveot pos beauqueop.  

I-aveot pos bramint d'jeones pasqu'on n'apprind pus d'puis lommint l'patois dins nos écoles, ch'est considéré comme vulgaire et grossier, asteur pus te mets les preones dins les quertins, pus t'es considéré comme étant malin.

"Mon Dieu, ma chère, que cet homme parle bien et a de beaux raisonnements, en plus d'être beau, je suis sûre qu'il doit être intelligent".

Ahais, i-a ein bieau parlache et i-est bieau et cha suffit pou faire caire les feimmes su l'deos.

Ch'est ainsi que les grandes madames, elles juchent les eautes.

Ein qui a bin parlé, ch'est m'n'amisse et visin Christian Bridoux, l'nouvieau présidint, qui a eu l'honneur d'ouvère l'ban. J'sus seûr qu'i-tranneot dins ses mareonnes in arrivant pa d'vant l'micreo mais bin vite l'naturel i-est orvenu au galop. J'ai ortenu l'passache dusqu'i-a dit :

"Le patois fait partie de notre identité, de nos racines, nous est devise et lien".

Après tout parler français, ch'est parler dins l'patois de l'Ile de France qui a été pris ein jour comme référence.

L'patois, ch'est l'lanque de nos aïeux, ch'est des meots qui alfeos claqu'tent au vint ou berchent les infants, ch'est des espressieons qu'on n'truèfe nurvart ailleurs comme : "faire eine escampe à l'broque" (ceulle espression trouvant s'n'origine au jeu d'fier veut dire faire un écart de conduite), i-f'reot pinte s'mopère et s'mamère avec s'lanque (désigne une personne qui dit du mal de tout le monde) "on n'attind pos l'velle de l'processieon pou nettier ses cauderlats" (on n'attend pas le dernier moment pour exécuter une affaire urgente) ou acore ête infardélé  (c'est-à-dire être mal habillé). 

L'bourguémette f.f. i-a insuite pris l'parole pou s'escuser de n'pos bin savoir écrire l'tournisien mais moutrant à tertous qui saveot surtout bin l'parler. Ave li on a assisté à l'arroseur arrosé, dins des meots bin queusis il a dressés ein portrait de chaque cancheonnier.

L'Présidint du concours Prayez, mossieu René Deborgies, i-a présinté les lauréats de l'éditieon 2014, eine pétite cuvée mais d'ein grande qualité. I-aveot pos beauqueop d'rogins mais ch'aveot deonné du bin beon vin. Ein prumier prix in catégorie poème pou Gérard Platevoet ainsin qu'ein troisième prix in monoloques, ein deuxième prix in catégorie cancheonnes pou Marc Verhaeghe, infin "last but not least" comme direot'ent les inglais ein troisème prix in cancheonnes pou Madame Nancy Deleuze. Ainsi les feimmes exclues d'p'tits cabarets vienne'tent, d'pus in pus souvint, s'orvinger quançque ch'est l'concours Prayez.

I-a pos d'fiête sans eine séance d'Cabaret, sans ête nostalgiques, les joyeux compères ont été puiser cancheonnes et monoloques chez les inciens, aujourd'hui disparus. On a ainsin eu l'raminvrance d'Louis Urbain, l'éternelle fleur bleue, d'Lucien Feron à qui s'garcheon, Luc, i-a rindu ein vibrant hommache in f'sant, comme li, tout autant tranner l'ponteon, d'Jean Leclercq, ave s'deon inné d'observatieon, d'Anselme Dachy qui n'éteot pos seul'mint l'pianisse de l'Compagnie, à Richard Leclaire qui saveot si bin dépeinte les travers des gins, à André Dupriez dont l'bonhommie transparaisseot dins toutes ses cancheons et bin seûr à Albert Coens, l'auteur des orvues ave Eloi Baudimont, l'maîte des rimes et des effets comiques.  

On a eu aussi l'occasieon d'intinte no n'amisse Ghislain Perron qui nous a parlé d'ein rue qui n'est pos Perdue pou tertous. Réelle émotieon que d'acouter l'doyen du Cabaret ave ses nonantes printemps, toudis aussi caustique dins ses observatieons.

Ch'est su l'queop d'eine heure après-deîner qu'on a intamé l'vin d'honneur pou clôturer ceulle belle fiête.

Pétête que pindant l'ainnée qui vient i-ara des inseignants qui veont incourager l'patois et qu'in 2015, on ara infin des "ados" parmi les lauréats.

(lexique : l'cancheon : la chanson / l'karmesse : la kermesse, la foire / commincher : commencer / canter : chanter / eine cancheonne : autre mot pour chanson / putêot : plutôt / sétimpe : septembre / les cancheonniers : les chansonniers / rinte : rendre / eusses : eux / ormette : remettre / l'queop : le coup / les cayères : les chaises / jeonesse : jeunesse / le ch'feux : les cheveux / des rotleots : des roitelets, des jeunes enfants / bramint : beaucoup / des jeones : des jeunes / lommint : longtemps / asteur : maintenant / mette les preones dins les quertins : parler avec emphase (littéralement mettre les prunes dans les paniers en osier) / ein parlache : un langage / caire : tomber / l'deos : le dos / les eautes : les autres / m'n'amisse : mon ami / ein visin : un voisin / ouvère : ouvrir / tranner dins ses mareonnes : trembler de tout son être, avoir le trac / pa d'vant : devant / ortenu : retenu / dusque : où / l'lanque : la langue / les meots : les mots / alfeos : parfois / bercher : bercer / on n'truèfe nurvart : on ne trouve nulle part / eine broque : une broche (élément du jeu de faire) / pinte : prendre / s'mopère : son père / s'mamère : sa mère / l'velle : la veille / nettier : nettoyer / les cauderlats : les cuivres / acore : encore / l'bourguémette : le bourgmestre, le maire / moutrer : montrer / tertous : tous / queusis : choisis / des rogins : des raisins / prumier : premier / inglais : anglais / les feimmes :  les femmes / s'orvinger : se venger / quançque : quand, lorsque / les inciens : les anciens / l'raminvrance : le souvenir / faire tranner l'ponteon : faire trembler le ponton, l'estrade / l'pianisse : le pianiste / dépeinte : dépeindre / l'maîte : le maître / acouter :écouter / après-deîner : après-midi / ceulle : cette / pétête : peut-être / l'ainnée : l'année).

S.T. septembre 2014.

 

14:23 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : tournai, patois, picard |

23 sept.
2014

19:18

Tournai : la cité des cinq clochers ignorée par les instances wallonnes

Incroyable mais vrai ! (ou quand Paul Magnette et Paul Furlan dribblent Rudy Demotte !)

C'est un article paru ce mardi 23 septembre dans le Courrier de l'Escaut sous la signature de Géry Eykerman qui a retenu toute notre attention et titillé notre légendaire chauvinisme tournaisien.

Pendant longtemps, la Wallonie a été réduite à deux grandes villes : Charleroi et Liège. Carolos et Liégeois se considéraient souvent comme le nombril de la région francophone du pays. Grâce à leurs industries, principalement sidérurgiques, elles étaient connues au-delà de nos frontières.

La création de la Région Wallonne et l'installation de son gouvernement à Namur a permis à la petite cité mosane de sortir, elle aussi, du lot tandis qu'héritant du titre de "capitale culturelle de Wallonie", Mons, vint former le quatuor des grandes villes de Wallonie, grâce surtout à la présence de celui qui allait devenir, bien plus tard, le Premier Ministre du gouvernement fédéral.

Cinq autres villes réparties le long de la dorsale wallonne allaient composer un second peloton : Mouscron, Tournai, La Louvière, Seraing et Verviers, Ces villes, rayonnant sur les régions qui les entourent et comptant au moins 50.000 habitants, ont été désignées comme "grandes villes" par le gouvernement fédéral du temps où l'entièreté du territoire belge était de sa compétence.

Pouvant être assimilées à des petites capitales régionales (Tournai est la capitale de la Wallonie picarde), ces villes, par les services qu'elles offraient à la population de la région, recevaient, en compensation, des moyens provenant des fonds structurels européens pour leur redéploiement économique et leur revitalisation.

La note de politique régionale du nouveau gouvernement wallon sous la houlette du carolo Paul Magnette a repris huit villes au lieu de neuf dans la notion de grandes villes wallonnes éjectant... Tournai. Faisant fi de ses 70.000 habitants, de son patrimoine historique beaucoup plus riche que celui de Mons (soit dit en passant), du rayonnement économique sur toute une région où le dynamisme est encore de mise, de sa participation à l'Euro-métropole (ou peut-être à cause de celle-ci qui éveillerait des jalousies politiciennes), de son titre d'une des plus anciennes villes de Belgique partagé avec Arlon et Tongres.

Qu'on ne s'y trompe pas, il ne s'agit pas d'un simple oubli mais bien d'un nouveau partage du gâteau pour tirer à soi une plus grande part.

Tournai est la ville de Rudy Demotte, ancien Ministre-Président de la Région Wallonne détrôné par l'ambitieux Magnette et actuel Ministre-Président de la Fédération Wallonie-Bruxelles, une fonction qui, aux yeux de nombreux électeurs, semblerait, de plus en plus, assimilée à une voie de garage honorifique. Tournai est, pour les Liégeois et les Carolos, le lointain far-west de la Wallonie, qu'ils situent parfois en Flandre, parfois en France car pour eux la Wallonie s'arrête à Mons !

Comme justification donnée par ces spécialistes, jamais à court d'arguments quand il s'agit de défendre leurs initiatives, il paraît que Tournai est une ville riche, dont le rendement de l'impôt des personnes physiques est très proche de la moyenne wallonne. Est-ce à dire que des villes qui dépensent régulièrement et sans compter pour la mise sur pied de manifestations de prestige, le font alors que leur population tire le diable par la queue ? Ce ne serait pas à l'honneur de leurs dirigeants !

Un vrai tournaisien de souche se doit de défendre sa ville, le blog "Visite Virtuelle de Tournai" chante, depuis sept ans, la cité des cinq clochers, ses enfants célèbres, ses faits historiques, son patois, c'est donc dans la même logique que cet article a été rédigé. Il risque de ne pas plaire à tout le monde mais comme disait Molière : "Qui se sent morveux, qu'il se mouche !".

(S.T. septembre 2014) 

19:18 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : tournai, wallonie, wallonie picarde |

20 sept.
2014

12:20

Tournai : expressions tournaisiennes (278)

L'ortour d'Edmeond.

"Mo bé, ov'là ichi Edmeond, i-a bin lommint que s'aveot rincontré"

Ch'éteot à ein arrêt d'autobus. J'deos vous apprinte qu'asteur, je m'déplache in bus pour les trinte-chinq euros de m'carte annuelle. On dit que l'Tournisien quand ch'est gratuit i-s'in f'reot morir, même pou trinte chinq euros, éné. Si on les a deonnés, i-feaut in profiter ! 

"Quoisqu'on raqueonte d'puis l'dernière feos ?"

In posant ceulle questieon, j'alleos vite adveiner que l'bougre i-éteot in super-forme.

"Bé, ch'est toudis l'même, Fifinne et mi, on a été à l'karmesse su l'plaine et on n'est pos prêt d' ortourner. Ch'est pus les karmesses d'avant, au temps de l'Grand-Plache, te f'seos dix feos l'tour et te rincontreos, à chaque queop, eine paire d'amisses. Cha finisseot toudis pa ein verre (au moinse) à l'terrasse du Central, du Grand Bock ou du Bieffreo. On veyeot passer les gins du Cabaret Walleon, Jojo et Nénesse qui parteot'ent minger des boules à l'graisse, André Wuilbot qui salueot tous les gins qui rincontreot pasqu'i-est connu comme ein vieux sou, des grandes madames indiminchées qui aveot'ent l'grand frisseon à l'vue du sauvache soi-disant capturé dins l'jungle à Bornéo et présinté su l'estrade d'eine baraque, des bieaux mossieus qui s'dévergondeot'ent sur les qu'vieaux d'beos, Lucette, l'marraine des pompiers, qui diseot bonjour à tertous ave s' n'espressieon : cha va pétit. Ahais, dusqu'i-seont les karmesses d'avant"

"Bé, ahais, cha fait quinze ainnées que l'karmesse elle est su l'plaine, à l'avenue des Frères Rimbaut et mi aussi j'orgrette l'plache".

"Là-va, t'as pus eine terrasse d'bistreot, te deos boire t'pinte in canette sous eine tinte comme dins les fancy-fairs, alfeos servie dins des gobelets in plastic, ch'est l'rindez-vous des quervassins et si te les ravises ein peu treop,  i-comminche'tent pa t'ingeuler. Là-va, te n'veos pos eine connissance, à part l'jour de l'inauguratieon dusque te veos tous nos édiles, comme des infants, essayer tous les manèches car pou eusses ch'est gratuit ! Là-va, te n'rincontes pus des bieaux mossieus et des belles madames, neon, ch'est des garcheons à l'tîête rasée, rimplis d'tatouaches pourménant ave des greos tchiens et des files ave des mareonnes à treos, des annéaux dins leu nez comme on met aux vaques et des perles, in toc, infonchées dins leu boudaine"

"Pasque t'orwettes l'boudaine des files, t'es pos honteux ?"

"Je n'deos pos m'forcher pou les vir, elles les moutent à tertous ave des blouses qui ont seûrmint rétréci au lavache et ave cha i-z-ont des conversatieons, je n'te dis pos".

"Pasque t'acoutes aussi ce qu'i-raqueontent ? 

"Bé, feaut pos les acouter pou les intinte, i-berle comme des fuchéaux, pus fort que l'musique (si on peut acore app'ler cha de l'musique) des attractieons foraines".

Diminche dernier, on a été vir l'processieon. Ch'éteot beauqueop pus calme. I-aveot septante deux groupes, i-paraît que cha orprésinte près d'mille perseonnes qui ont ainsin défilé, in bieaux costumes, dins les rues dusqu'i-aveot deux ou treos pelés et ein teondu. Ave m'feimme, on a été l'vir passer treos feos, su l'Grand'Plache, à l'rue Royale et à l'plache de l'Evêché. Si tertous aveot'ent fait comme nous... bé les gins qui seont venus de Gand, d'Binche ou d'Ath pou participer au cortèche, i-z'areot'ent eu l'impressioen qui aveot des chintaines de spectateurs. M'feimme elle m'a fait rire in disant, pou eine processieon, on n'appelle pos cha de spectateurs, ch'est des fidèles... ahais, te pinses que l'meot i-est bin queusi que j'li ai dit.".

"Quand ch'est l'karmesse, l'Tournisien i-n'sait pos s'lever au matin et i-est treop lourd pou sortir d'tape à l'après-deîner. Mossieu Pierre Van Den Boeck, l'nouvieau Présidint, i-va devoir trouver eine eaute solutieon, i-va falloir faire eine processieon nocturne ! T'aras l'foule des ceusses qui comminchent à sortir à huit heures au soir mais je n'pinse pos que cha s'ra très "recueilli".

"J'aveos ravisé l'cortèche d'Ath à No Télé, pasque Mossieu Jean Pierre Winberg, l'directeur, i-est bien orchu pa les autorités et pa les Athois et i-a même été fait membre des sociétés d'géants. Du queop, i-va rimpiler pou eine ou deux ainnées d'puque. J'vas pinser qu'i-est à s'guife pou l'tarte à mastelle. Tous les gins i-z'éteotent dins les rues, ch'est pus d'liesse, ch'est presque d'l'hystérie collective. Quand l'pétit David i-lanche l'balle dins l'treos de l'boudaine du géant Gouyasse (que cha veut dire Goliath là-va), l'foule elle berle, les gins pleurent d'bonheur, on arloche l'pauve gosse, héros de toute eine cité. Quand l'fanfare comminche à jeuer l'air du Grand Gouyasse et que l'posture elle s'met à danser, les gins i-seont in transe et i-s'mettent à ruer des pièches aux porteurs. J'ai jamais vu eine ambiance parelle à Tournai ou à Mouscron. Les gins restent dins les rues d'puis l'verdi au soir jusqu'au lindi au matin. Du bourguémette à l'ouverrier ch'est des gins qui sav't'ent acore s'amuser, rire et faire l'fiête, ch'est pos des tristes sires comme dins no cité qui foutent l'camp quand i-a eine séquoi. J'comprinds Mossieu Jean Pierre, si i-vouleot faire eine émissieon parelle dins l'cité des chinq clotiers, i-devreot ingager dix mille figurants pou deonner l'impression qu'i-a du meonte, comme No Télé i-est désarginté, i-areot du mau à trouver les liards pou les payer".

"Bé t'as fini d'déblatérer ainsin su tertous, i- a quand même eu l'braderie !"

"Ha, pasque ti t'as fait braderie, bé, m'garcheon, te n'sais pos ce qu'ch'est d'faire braderie. T'as pourméné su ein grand marché comme l'saim'di su l'Grand-Place. T'aveos les éternels Pakistanais ave leu vêt'mints à chinq euros qui seont tout larches quand t'les a nettiés deux feos, les marchands d'CD ou bin d'saucisseons secs à casser l'restant d'tes dints. Dusqu'i-seont les boniminteus qui t'feseot'ent accroire que leu gramère été toudis vierche, dusqu'i-éteot'ent l'marchand d'carabouya et l'marchand d'lavante ave s'baudet, dusqu'i-z'éteotent les ceusses qui vindeotent des vieuse'ries in étant grimés. Hureus'mint qu'ave Fifinne j'ai pu m'assir su ein banc à l'buvette de l'Guilde du Mutieau. J'ai bu ceulle beonne bière, cuvée espéciale, et mingé ein morcieau d'mutieau qui comme l'morcieau d'madeleine d'Proust m'a deonné l'raminvrance de m'jeonesse"

"Je n'saveos pos que t'aveos des lettes, te conneos Marcel Proust, bé  tins...cha m'fait plaisi"

"Cha qu'j'ai des lettes, j'peux même te dire que ch'est ein estrait d'A la recherche du tank perdu", ch'est ein life bin connu !

"L'intelligince a ses limites !" que j'ai pinsé.

Pindant ein moumint, j'aveos même eu peur qu'i-m'dise, bé ahais, Marcel... ch'éteot ein heomme de l 'rue A Peos"

La d'zeur, l'bus i-est arrivé, i-prind l'K barré, connissant s'goût immodéré pou l'jus d'houbleon, cha cayeot bin.

"J'espère te vir bétêot" que j'li ai dit, j'aime bin intinte ainsin, pindant des heures, des cours d'philosophie. Ch'éteot pou mi ein peu eine rinconte inattindue !

(lexique : l'ortour : le retour / ov'là ichi : expression signifiant voilà ici / lommint : longtemps / asteur : maintenant / morir : mourir / éné : locution se rapprochant du n'est-ce pas français / raqueonter : raconter / ceulle : cette / adveiner : deviner / toudis : toujours / l'karmesse : la kermesse / dix feos : dix fois / à chaque queop : à chaque coup / les amisses : les amis / les boules à l'graisse : les beignets / indiminchée : endimanchée / l'sauvache : le sauvage / les qu'vieaux d'beos : les chevaux de bois / ahais : oui / orgretter : regretter / là-va : là-bas / alfeos : parfois / les quervassins : les ivrognes, les personnes ivres / eine connissance : une connaissance / dusque : où (dusque t'es ? : où es-tu ?) / pourméner : promener / ein tchien : un chien / des mareonnes à treos : des pantalons troués / les vaques : les vaches / l'boudaine : le ventre / orwettier : regarder / forcher : forcer / vir : voir / moutrer : montrer / seûrmint : sûrement / l'lavache : le nettoyage / acouter : écouter / berler comme des fuchéaux : crier comme des putois / beauqueop : beaucoup / chintaines : centaines /  l'meot : le mot / queusi : choisi / l'après-deîner : l'après-midi / eaute : autre / raviser : regarder / orchu : reçu / ête à s'guife : faire preuve de gourmandise / lancher : lancer / arlocher : secouer / jeuer : jouer / ruer : jeter / parelle : pareille / l'bourguémette : le bourgmestre, le maire / l'ouverrier : l'ouvrier / i-foutent l'camp : littéralement : ils lèvent le camp, ils s'en vont /  eine séquoi : quelque chose / les chinq clotiers (ou aussi les cheonq clotiers) : les cinq clochers de la cathédrale Notre-Dame / du meonte : du monde / avoir du mau : avoir du mal / garcheon : garçon / larches : larges / nettiés : nettoyés /  accroire : croire / l'gramère : la grand-mère / vierche : vierge / les vieus'ries : les vieilleries / l'mutieau : plat tournaisien sorte de tête pressée / l'raminvrance : le souvenir / l'jeonesse : la jeunesse / des lettes : des lettres (avoir des lettes : être cultivé) / l'moumint : le moment / là d'zeur : là-dessus / caire : tomber / béteôt : bientôt / intinte : entendre).

(S.T. septembre 2014) 

 

 

12:20 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, patois, picard |

14 sept.
2014

20:34

Tournai : les journées du patrimoine 2014

La caserne Baron Ruquoy et le souvenir du premier conflit mondial.

Cette journée du samedi 13 septembre a débuté un peu avant dix heures du matin. Comme le thème de ces "Journées du patrimoine" était, cette année, consacré au centenaire de la guerre 1914-1918, nous avions convenu de nous retrouver à la rue de la Citadelle, face à la caserne Ruquoy.

Des petits groupes emmenés par un guide militaire ou ancien militaire pénétrèrent dans l'enceinte ordinairement bien gardée et interdite au public après avoir entendu un exposé sur l'historique du lieu. D'abord citadelle française édifiée par Vauban sur ordre de Louis XIV, ensuite citadelle hollandaise sur une étendue un peu plus restreinte et enfin caserne depuis l'indépendance de la Belgique, ces bâtiments abritèrent le célèbre "Troisième Chasseur à pied", mieux connu des Tournaisiens sous le nom de "3 Chass". La caserne porte le nom du Général Louis Hubert Ruquoy, né à Frasnes-les-Buissenal, le 3 novembre 1861, affecté au Troisième Chasseur à pied, le 26 mars 1913, commandant du régiment, le 26 juin 1914, décédé à Braine l'Alleud, le 24 janvier 1937.

La première visite est consacrée à la reconstitution, grandeur nature, d'une tranchée allemande du front de l'Yser qui débouche sur un no man's land garni de barbelés et miné. Ce travail minutieux de reconstitution a pris trois mois à celui qui l'a réalisé. Les visiteurs découvrent ensuite la cour d'honneur où des générations de soldats ont appris le drill. Trois des quatre coins du quadrilatère central sont occupés par des monuments. Le premier rappelle le souvenir de l'officier Rademaekers, mort sur le front de l'Yser. Le second est élevé en mémoire des 1026 morts des compagnies de troupes de transmission et par extension à celle de tous les morts de ce qu'on appelait anciennement l'Ordonnance et qu'on nomme désormais la Logistique. Le troisième est une statue du "Petit Chasseur", si cher au cœur des Tournaisiens. Le militaire qui a posé pour le sculpteur était, tout comme lui, natif de Gaurain. On dit qu'il n'était pas mécontent de participer à ces longues séances de pose qui lui permettaient d'échapper aux corvées traditionnelle de la vie militaire.  

La visite nous amène ensuite dans les cachots. L'un d'entre eux a été transformé pour l'occasion en mémorial aux sept victimes civiles fusillées lors de la guerre 1914-1918 pour détention de pigeons. Sur les murs blancs d'un autre cachot, on peut découvrir une fresque dessinée par un prisonnier, dessins représentant quatre femmes dont l'une d'elle peut aisément être identifiée comme étant la comédienne Arletty. Ces cachots aux murs chaulés étaient  totalement dépourvus de confort car uniquement composés d'une simple planche inclinée servant de lit et d'une seau hygiénique. Ils étaient privés de lumière naturelle. Ils ont été utilisés jusqu'au début des années septante.

Tout aussi émouvante sera la visite au "Mur des Fusillés", situé le long de l'enceinte du côté de la rue Despars. A cet endroit, sept élèves de terminale de l'Athénée Jules Bara présentent un petit spectacle mis en scène avec la collaboration de leur professeur d'Histoire, Mme Decuyper. Brève évocation de la disparition d'un de ces hommes dont le nom figure sur le mémorial élevé juste après la première guerre, un patriote qui renseignait les alliés sur les mouvements des troupes dans la région par l'envoi de pigeons voyageurs.

Dans la cours principale, des collectionneurs de matériel militaire venant de Belgique et de France présentaient, dans des containers, de nombreux objets de leurs collections, tandis que des véhicules utilisés durant la seconde guerre mondiale étaient également exposés. Dans le bâtiment du B.M. 29, de nombreuses vitrines permettent de se replonger, une fois encore, dans les souvenirs du premier conflit mondial.

Les visiteurs avaient ensuite la possibilité de découvrir les remparts de la citadelle ainsi que les souterrains grâce aux "Amis de la Citadelle" qui œuvrent depuis quelques années pour la conservation et la découverte de ces témoignages du passé militaire de la ville des cinq clochers.

Il était près de midi, lorsque la visite se termina.

L'athénée Royal Jules Bara.

Quelle émotion de retrouver, l'après-midi, un bâtiment quitté il y a près de quarante-cinq ans. Guidé par des professeurs d'Histoire, on eut l'occasion de redécouvrir une chapelle magnifiquement restaurée, il y a une vingtaine d'années. On oublie parfois que ce sont les Jésuites qui créèrent cet établissement bien avant d'en être chassés par la Révolution française. Devenu par la suite "collège Saint-Paul", il fut transformé en Athénée sous le régime hollandais. Il est le plus vieil Athénée de Belgique. Les bâtiments, entièrement rénovés ces dernières années, accueillaient environ 450 élèves durant les années soixante et septante avant de voir ce nombre porté à près de 1.000 durant les années nonante. Actuellement, il compte environ 590 élèves. 

On arpenta les locaux fonctionnels du sous-sol au grenier. Dans les caves subsistent les catacombes, septante niches avaient été créées pour recevoir les corps des Jésuites, une trentaine étaient occupées lors de la remise en état du lieu. A proximité, une grande cave, fermant par une porte étanche, servait d'abri lors des bombardements de 1940 et 1944, il y avait là une de pièce de décontamination avec douches (car on redoutait le gaz utilisé en 1914) et le PC de la Défense passive.

La visite se terminait par une évocation des journées du 24 août élaborée par des élèves de la classe d'Histoire de Mme Decuyper, décidément fort sollicitée en ce début d'année scolaire. Sur le sol de la chapelle, un jeu de l'oie intitulé "le mystère du tertre" permettait de rappeler le sacrifice des soldats territoriaux de Vendée commandés par le Général Antoine de Villaret et le commandant Delahaye, héros des combats de la journée du 24 août 1914 à Tournai.

Quand nous sortîmes, deux heures venaient de s'écouler, deux tours d'horloge durant lesquels, Histoire locale et nostalgie, intimement mêlées, furent au rendez-vous.

La grande procession historique

Le samedi soir, à l'issue d'un office en la cathédrale célébré par l'évêque de Tournai, Mgr Guy Harpigny et rehaussé par l'accompagnement musical de la Maîtrise et des grandes orgues, le bourgmestre Rudy Demotte venu avec les représentants des corporations et leurs bannières remit au responsable du diocèse la clé de la Ville, perpétuant ainsi un geste datant du Moyen-Age. Par cette action symbolique, autorisation était officiellement donnée à la procession de parcourir les rues de la cité, le dimanche matin.

Instituée par l'évêque Radbod en 1092, la procession a toujours parcouru les rues de la ville durant la matinée. C'est lors du huitième centenaire de sa sortie, en 1972, que le comité prit l'initiative de la déplacer durant l'après-midi. Depuis l'année dernière, la décision a été prise de revenir à la tradition et c'est, à nouveau, à dix heures que le cortège quitte la place de l'Evêché. Si ce changement d'horaire a permis de sérieusement étoffer les groupes aux costumes chatoyants, il a également révélé que les spectateurs, habituellement massés le long du parcours, font sans doute la grasse matinée. Il en est même qui vinrent l'après-midi ignorant probablement le changement intervenu l'année dernière. A notre avis, la procession souffre d'un déficit de publicité hors les murs de la cité et de nombreuses paroisses du diocèse la boudent pour Dieu seul sait quelle raison ! Les responsables doivent penser que le matin, le Tournaisien est retenu au lit et que l'après-midi, il a bien du mal de... sortir de table ou d'écourter sa sieste ! Paresse et gourmandise semblent faire bon ménage à l'ombre des cinq clochers.

La braderie de l'association des commerçants.

Ce lundi 15 septembre, il faudra encore se lever de bonne heure si on veut participer à la Braderie qui débute à huit heures pour se terminer à dix-huit heures. Commerçants locaux et ambulants vont occuper le pavé. Il faudra se munir d'une excellente paire de chaussures de marche car cette année, le "chineur" devra affronter des tronçons en chantier mais cela ne va certainement pas altérer l'enthousiasme des "bradeux" et nous pensons particulièrement aux joyeux drilles de la "Guilde du Mutiau et de la Mutiau" installés à la rue de l'Hôpital Notre-Dame et aux dévoués membres de la "Fondation Follereau", section locale des Amis du Père Damien, qui, eux, nous donnent rendez-vous à la rue de Courtrai et à la rue de la Wallonie. Au-delà des bonnes affaires, la braderie est aussi l'occasion de régaler le palais.

Je me souviens que les anciens disaient que la braderie de Tournai était la dernière occasion de se distraire à l'ombre des cinq clochers avant que n'arrive l'hiver. Déjà qu'on n'a pas eu d'été !

(S.T. septembre 2014) 

 

11 sept.
2014

11:07

Tournai : expressions tournaisiennes (277)

Histoire de treos.

Quand on habite eine des pus vielles villes de Belgique et qu'on comminche à y faire des travéaux, on est à peu près seûr et certain d'caire su ein témoignache d'no passé : les fondatieons d'eine incienne maseon du temps des gallo-romains, ein chim'tière de l'même époque, l'teombe d'Childéric, des chintaines d'esquélettes, des sacorphaches et bin seûr des munitieons des deux guerres. Adeon, ch'est ave l'prudince du Sioux que les ouverriers  devreot'ent ouvère les tranchées, ahais, queomte là d'zeur, l'grutier i-va d'beon coeur !

Pasque des treos à Tournai, i-d'a bramint ! Je n'vous parle pos des rocs des alintours mais bin des treos qui feont orsanner no ville à ein fromache d'Gruyère.

Ainsin, i a eine paire de jours, l'sol i-s'a effondré sous eine cayère d'eine terrasse de no Grand-Plache, si jamais pa d'zeur, i-aveot ein heomme in train d'siroter s'n'apéreo, l'malhureux i-a du s'dire :

"A mi les murs, l'tierre m'abandeonne" et si ch'éteot l'prumier verre d'eine leonque série, i-ara pinsé :

"Quoisqu'i-m'arriffe ichi, je n'sais pus boire !".

Bin vite les ouverriers d'no ville ont réglé l'problème, in mettant ein peu d'tierre et d'asphalte comme eine implâtre su eine gampe de beos. Treos ou quate jours pus tard, ch'est in plein mitan du carrefour, au pied d'no bieffreo, qu'ein nouvieau treos a fait s'n'apparitieon.

Mais tout cha ch'est des roupies d'sansonnet pasque les vrais treos, on les trouèfe à l'rue des Jésuites, à l'Plache Verte, au boulevard du Roi Albert, au boulevard Lalaing et au carrefour des Résistants.

A l'rue des Jésuites, on a mis des barrières pindant eine année pou éviter l'circulatieon pasque les pavés i-z'éteot'ent déquindus d'ein fameux queop. Asteur, ch'est réparé, ch'éteot probablemint l'conséquence du rude hiver de l'ainnée dernière.

A la Plache Verte, ch'est l'même mais là-va i-a dix-huit meos que l'rue elle est barrée à un point que les hierpes pousse'tent inter les pavés.

Au boulevard du Roi Albert, ch'est beauqueop pus sérieux, on dit que ch'est eine incienne galerie des souterrains de l'ville partant de l'chitadelle de Vauban qui n'a pos t'nu l'queop à causse des greos camieons qui passe'tent su l'route. Les maseons des riverains sont findues et i-a ein heomme que j'conneos qui s'attind toudis d'déquinte d'ein étache !

Au boulevard Lalaing, ch'est acore pus sérieux. In creusant eine tranchée pou mette ein tuyéau, l'grue elle a passé au travers d'un mur découvrant ein abri anti-aérien de mille nuef chint quarante : vingt mètes d'larche, deux mètes de héaut, on areot pu y mette tous les malates de l'Hôpital Civil.

J'vous veos d'jà v'nir, vous vous dîtes, ch'est pos difficile, pou n'pos ête imbêté, i-suffit d'l'orboucher. Ahais, mais ch'est là le hic, quand on a évoqué ceulle solutieon si facile, ch'est à c'momint-là que les Croisés s'croisèrent, que les Athéniens s'atteignirent et que l'balle fut invoyée d'ein camp à l'eaute comme dins ein match d'coupe du meonde au Brésil.

Qui alleot payer l'rawette ? Ch'est l'questieon qui, tertous, inquiète ! L'terrain i-appartient à la Région Wallonne mais comme elle n'existeot pos 'core in quarante (ceulle affaire là, ch'est eine invintieon récente), elle dit n'pos avoir deonné l'autorisatieon de creuser, là, ein treos. La ville, elle n'peut pus d'dminder des dommaches de guerre, ch'est ein peu comme si on d'mindreot aux Français d'payer des dommaches pou l'quartier Sainte-Catherine que Louis XIV i-a foutu in l'air pou construire s'chitadelle ! In attindant l'abri s'aère, i-d'veot seûrmint sintir l'rance.

Au carrefour des Résistants, ch'est eine canalisatieon d'eau qui a sauté et l'route elle s'a affaissée, d'puis ceulle sémaine, ch'est sur eine seule file que les auteos doiv'tent rouler. A l'heure de pointe, t'es d'jà arrêté au boulevard Bara, in face de l'kermesse et t'as presque l'temps d'aller acater des boules à l'graisse.

Et à part cha vous allez m'dire ? Bé... on creuse à l'rue Royale, à l'avenue des Peupliers, à la rue des Sports, au boulevard Léopold, à l'rue des Croisiers, à l'rue Bonnemaison. Tournai va béteôt ête aussi connu pou ses treos que pou ses chinq clotiers ("Visiter Tournai in hauteur et profondeur", l'Office du Tourisme devreot d'jà y pinser). 

In parlant d'treos, i-paraît que no beon vieux Peont des Treos i-est sauvé, l'rache de démoliteon qui prind alfeos, comme eine colique, nos autorités et surtout les patreons avides de toudis faire d'nouvieaux bénéfices simble s'êt'e, pou l'momint, apaisée. Pou eusses qu'est-ce qu'on a à foute de ces vieus'ries, si ein jour on fait ein batieau d'trinte mètes d'larche, vous verrez, mes gins, i-z'ireont jusqu'à d'minder d'raser l'mitan de l'ville de Tournai pou satisfaire leu soif des affaires.

Infin, i-a ein treos qu'on n'veot pos mais qui est bin là, ch'est l'ceu du budget communal. No ville comme beauqueop d'eautes deot faire cheinture et à causse de cha, i-feaut réduire l'voilure de l'renovatieon de l'Maseon de la Culture. Près d'vingt millieons d'Euros, huit chint millieons de francs d'avant, cha n'a pos coûté autant pou la faire? Ch'est pus du cuivre qu'on va mette su les murs, ch'est d'l'or massif.

J'vous ai assez parlé d'treos et... treop, ch'est treop !

(lexique : des treos : des trous / commincher : commencer / seûr : sûr / caire : tomber / l'maseon : la maison / l'chim'tière : le cimetière / des chintaines : des centaines / des esquelettes : des squelettes / adeon : donc / les ouverriers : les ouvriers / ouvère : ouvrir / ahais : oui / queompte là d'zeur : compte là-dessus / pasque : parce que / bramint : beaucoup / les alintours : les alentours / orsanner : ressembler / ainsin : ainsi / eine cayère : une chaise / pa d'zeur : dessus / l'prumier : le premier / leonque : longue / eine gampe de beos : une jambe de bois / in plein mitan : au beau milieu / l'bieffreo : le beffroi / on truèfe : on trouve / l'plache : la place / déquindu : descendu / ein queop : un coup / les meos : les mois / les hierpes : les herbes / inter : entre / beauqueop : beaucoup / l'chitadelle : la citadelle / larche : large / orboucher : reboucher / ceulle : cette / l'rawette : le supplément / tertous : tous / les dommaches : les dommages / acater : acheter / des boules à l'graisse : des beignets / les chinq clotiers : les cinq clochers / alfeos : parfois / des vieus'ries : des vieilleries, des choses anciennes / cheinture : ceinture / treop : trop).

S.T. septembre 2014            

 

11:07 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, patois, picard |

08 sept.
2014

11:10

Tournai : une ville sportive ?

La Culture et le plaisir avant le Sport !

Tournai est une ville culturelle, une ville de festivals, est-elle une ville où le sport est roi, où les clubs sportifs font encore sa renommée ? La réponse à cette interrogation amène parfois des surprises.

Le "Ramdam Festival", de janvier, le rendez-vous international du film qui dérange, le "Tournai Jazz Festival" de février, "Les (Rencontres) Inattendues", du mois d'août mêlant musique et philosophie, "MusiCa", le festival de musique organisé en septembre dans la cathédrale Notre-Dame, le "Next festival" de novembre, la bisannuelle "Piste aux Espoirs", la vitrine internationale des arts circassiens en mars, les "Journées du Patrimoine" de septembre, le cycle de découvertes "Exploration du Monde" ou le vaste programme concocté par la Maison de la Culture, voici des rendez-vous qui attirent une foule nombreuse, avide de découvertes. Le public semble avoir déserté les stades et les salles de sport au profit de l'ambiance plus feutrée des théâtres ou des cinémas.

Le "Carnaval" du Laetare, "L'accordéon, moi j'aime" en mai, "Tournai et ses cortèges" et "la fête de la Musique" en juin, "Tournai enchanté" du 21 juillet,  "la Revue du Cabaret Wallon", l'annuel rendez-vous d'octobre, "Les Scènes à Noël" du Créa-Théâtre ou "les Nouvelles de l'Espace", le rendez-vous satyrique de la salle la Fenêtre sont quelques uns parmi les nombreux spectacles élaborés tout au long d'une année permettant aux Tournaisiens d'oublier les mauvaises nouvelles distillées quotidiennement par l'information.

Le football, le parent pauvre ! 

Au début du siècle (il n'est plus tout neuf, il a déjà quatorze ans), les clubs de football de la Royale Union Sportive Tournaisienne (club fondé en 1903) et du Royal Racing Club Tournaisien (un rival naît en 1908) ont fusionné pour donner naissance au Football Club de Tournai, les couleurs "Rouge et Vert" des uns et "Jaune et Noir" des autres ont été remplacées par le "Sang et Or". Au niveau du football local, de l'or, hélas, il n'y en a plus que dans l'évocation des teintes du maillot.

Ce mariage forcé, voulu par le bourgmestre de l'époque, C. Massy, allait exiler la nouvelle entité dans un tout nouveau stade érigé à Kain, aux abords de l'autoroute, au lieu de construire celui-ci sur la plaine des Manœuvres, au cœur même de la cité des cinq clochers. Cette union a fait perdre au football tournaisien de très nombreux supporters, des gens attachés viscéralement à leurs couleurs, des personnes plus âgées qui se rendaient à pied au stade, des hommes et des femmes vivant au rythme des annuels derbies. Ce rapprochement  imposé a fait perdre un élément important du folklore local et il a surtout permis à un des deux clubs, en grande difficulté, de sauver la face et à ses dirigeants de prendre, peu à peu, les rênes du pouvoir dans la nouvelle structure. Il fallait être natif de Tournai pour comprendre l'importance des deux clubs dans le cœur des habitants de la cité. Au cours de leur existence, les deux clubs tournaisiens avaient découvert des talents régionaux qui partirent par la suite faire les beaux jours de clubs plus huppés comme Jean Marie Van Laecke (Charleroi), Julien Ochin, Paul Deneubourg (Crossing), Pierre Crombez (Racing-White), Claude Carbonnelle et Didier Quain (Kortrijk), Patrick Voiturier (Harelbeke) ou lancé des talents étrangers comme Jules Bocande parti ensuite à Seraing, Metz et au PSG.

Au début, cependant, le nouveau club a fait merveille : une rencontre de coupe disputée brillamment contre le prestigieux Sporting Club d'Anderlecht et un tour final des mieux classés de la Division II nationale, l'antichambre de l'élite du football belge. Ce ne fut, hélas, qu'un feu de paille, l'argent, le nerf de la guerre, vint rapidement à manquer, le club rencontra des difficultés financières avec la régie autonome, propriétaire des installations kainoises, les meilleurs joueurs émigrèrent vers d'autres cieux. Les spectateurs commencèrent à déserter les gradins, quelques centaines d'irréductibles les garnissent encore et, lors de certaines rencontres, les visiteurs sont parfois aussi nombreux que les locaux. Il y a eu la chute en division III et, cette saison, après cinq rencontres, le club occupe, seul, une peu enviable dernière place avec le triste bilan de 0 points sur les quinze mis en jeu et un "average "de 3 buts marqués pour 14 encaissés, prouvant sa faiblesse dans tous les secteurs. On ne pourrait faire pire ! Bien sûr dans ces cas-là, on évoque toujours la malchance, mais n'est-ce finalement pas se mentir à soi-même que de sortir, chaque semaine, le même argument. N'est-on pas, tout simplement, trop faible par rapport à l'opposition ? En attendant, les sponsors, une denrée qui devient rare en cette période de crise, se tournent vers d'autres activités sportives susceptibles de faire leur publicité.

Le football tournaisien n'est plus le porte-drapeau de la cité dans le domaine du sport. Il ne ferait plus vibrer ces deux anciens reporters sportifs de notre radio nationale, Luc Varenne (supporter des Rats de l'avenue de Maire) et Georges Malfait (supporter des Infants de la rue des Sports), tous les deux originaires de la cité des cinq clochers.

Le sport cycliste a toujours pignon sur... le pavé tournaisien !

La ville se tourne vers le cyclisme. Les précurseurs du développement de cette discipline ont pour nom Jean Leclercq qui mit sur pied le "Trèfle à Quatre Feuilles," une épreuve qui se déroula de 1968 à 1978 et qui amena la participation des ténors belges ou étrangers de l'époque (Herman Van Springel, Frans Verbeek, Harry Steevens, Jean René Bernaudeau, Eric Leman...), Léon Foucart qui permit à la ville d'obtenir un championnat de Belgique des amateurs remporté par Jean Luc Vandenbrouck et celui des professionnels remporté par Etienne De Wilde. Il y eut l'arrivée d'une étape du Tour de France en 1966 remportée par Guido Reybroeck et en 2012 remportée par Mark Cavendish. Il y a de régulières arrivées du "Tour de Wallonie" et l'annuel terme de la dernière étape du "Tour de l'Eurométropole" (ancien circuit Franco-Belge) cher à Louis Cousaert. Un Tournaisien, André Lurquin a été professionnel de 1984 à 1989 au sein des équipes Tönissteiner et Lotto, participant au Tour de France et champion du monde militaire, dans le contre-la-montre par équipe, en 1982.

Les disciplines sportives qui montent

Ce sont des disciplines considérées comme plus confidentielles, il y a encore quelques décennies qui font, désormais, flotter bien haut les couleur de la cité de Clovis. Le Cercle des Nageurs de Tournai (le C.N.T), de nombreuses fois champion de Belgique de water-polo et vainqueur de la Coupe de Belgique, participe à la coupe d'Europe, le Vautour Tennis Club de Vaulx est à nouveau champion de Division I en interclubs tennis ce week-end. Le Tournai Hockey Club évolue en ligue 1, tout comme l'Estudiantes Handball Club joue lui aussi en première nationale. Il y a les clubs de basket-ball et de volley qui progressent chaque année dans les divisions nationales. Il y a encore Cédric ("Pupuce") Merchez qui évolue dans les plus grands clubs belges et du Nord de la France de Tennis de table et dans, cette même discipline, le club Don Bosco.

Comme on le voit, le football n'est plus la vitrine du sport tournaisien et, s'il continue dans la voie actuelle, il ne risque pas de le redevenir, il ne reste plus au stade Luc Varenne, pour justifier son existence et l'argent englouti, que de se transformer en "mini stade de France" afin d'accueillir des manifestations autres que celles liées au ballon rond.

Dans la rencontre fictive opposant la Culture au Sport, le score actuel est de 1-0 !

(S.T. septembre 2014)  

03 sept.
2014

10:49

Tournai : encore et toujours des chantiers !

C'est la reprise !

Après une parenthèse d'un mois pour les uns et de deux pour les autres, les activités des travailleurs et des étudiants viennent de reprendre. Il en est de même pour les chantiers car, il faut s'en faire une raison, une génération de Tournaisiens va vivre dans la poussière, le bruit, la boue et les déviations de circulation.

La moitié d'une bonne nouvelle !

Les premiers balbutiements d'une reprise du chantier de dallage de la place Paul-Emile Janson, arrêté depuis la rupture d'une importante canalisation d'eau en janvier dernier, sont perceptibles depuis ce lundi 1er septembre. Chacun sait que lorsqu'un sinistre survient les experts désignés pour en rechercher les responsabilités ont toujours un malin plaisir de faire durer l'enquête à coups d'arguments contradictoires. Diantre, les sommes en jeu sont tellement importantes que les avocats des parties à la cause se doivent de défendre, bec et ongles, les intérêts de leurs clients au grand dam des victimes.  

Dans le prolongement de ce chantier, la seconde phase de pose de dalles dans la rue de Courtrai est en cours. Ce travail ne sera cependant pas terminé pour la braderie du 15 septembre. Les commerçants ambulants ne pourront pas, comme chaque année, envahir ce lieu qui sera uniquement réservé à ceux qui y ont leur magasin. On doute que le chaland emprunte cette voirie provisoire avec plaisir dans la poussière ou dans la boue !

Une "royale" mise en sens unique !

Depuis deux semaines, les travaux de pose d'impétrants dans la rue Royale concernent la partie comprise entre la rue de Monnel et la rue des Campeaux. Le passage des véhicules y est réduit à une seule bande de circulation, dans le sens de la gare vers l'Escaut. Dans l'autre sens, le choix se réduit à une seule solution : emprunter la rue des Campeaux et se perdre dans les ruelles du quartier Saint-Brice si on ne veut pas faire la file à l'angle de la rue de Pont.

On ne se croise plus aux Croisiers !

Les travaux nécessaires de mise à un plus grand gabarit de l'égouttage du quartier Saint-Jean sont entrés dans leur seconde phase. Un revêtement asphalté provisoire recouvre la place Gabrielle Petit afin de permettre aux riverains de regagner leur domicile avec leur véhicule. Désormais, c'est toute la section de la rue des Croisiers, longue de quelques centaines de mètres, entre la Galterie Saint-Jean et l'intersection avec les avenues Bozière et Decraene qui est concernée. La circulation y est interdite et déviée par la rue Saint-Brice et les petites rues qui descendent vers l'Escaut. Il est cependant préférable d'aller jusqu'au rond-point situé au pied de l'église Saint-Brice pour gagner le Luchet d'Antoing.

Le sol se dérobe !

Une excavation s'est formée sur la Grand-Place, dans la zone normalement piétonne où sont installées les terrasses des cafés et restaurants, elle a été vite réparée par les services communaux, une autre vient de faire son apparition en plein milieu du carrefour du beffroi et mieux vaut l'éviter lorsqu'on y passe en voiture. Est-ce la conséquence des pluies incessantes du mois d'août qui ont gorgé le sol jusqu'à saturation ?

Les travaux continuent à l'avenue des Peupliers.

La pose des impétrants s'y poursuit. Elle a été entamée au début du mois de juin et interrompue pour la période des congés. Quand celle-ci sera terminée, on posera de nouveaux pavés de béton sur les trottoirs, actuellement, rebouchés de façon sommaire. Pendant ce temps, une nouvelle signalisation routière a été posée à l'avenue Vert-Bois. On peut dire que les services chargés des plans de cette réalisation ont fait fort. Un homme dans un bureau à Namur, ne connaissant probablement Tournai que par la lecture d'un plan, a souhaité sécuriser cette zone, on ne peut blâmer cette louable intention. Mais... le brave fonctionnaire ignorait probablement que depuis quarante-cinq années que ce quartier existe, il n'y a jamais eu un seul accident, jamais un seul blessé, jamais la police n'y a été appelée pour dresser un constat (alors que de nombreux enfants y jouaient régulièrement). On y a créé une zone "30" et même une zone "20". On y a réglementé le stationnement en créant quelques places de parking (cinq pour seize immeubles situés dans l'extension de l'avenue), risquant ainsi de semer la zizanie entre des voisins qui jusqu'alors n'avaient aucun problème de relations, ni de stationnement sans que celui-ci ne soit "anarchique". Décidément, il y a des "penseurs en chambre" qui sont payés à œuvrer à contre-courant. En attendant, les habitants sont invités à ne plus recevoir de visiteurs au risque de devoir conseiller à ceux-ci d'aller chercher une place, éventuellement libre, ailleurs dans le quartier ou simplement de venir par les transports en commun.  

Chaussée de Bruxelles : bouchons ou non ?

Au contraire de l'avenue Vert-Bois, la chaussée de Bruxelles a, depuis toujours, été un lieu hautement "accidentogène". On ne compte plus les collisions aux conséquences bien souvent graves qu'on y a enregistrées. Afin de réduire les risques et de ralentir la circulation de cette importante voie de pénétration en ville, le SPF a, durant la seconde quinzaine d'août, adapté le marquage au sol, passant de quatre voies, le plus souvent à deux. Comme d'ordinaire les files sont longues à cet endroit, on attendait avec curiosité le jour de la rentrée des classes et certains redoutaient déjà de voir des véhicules stoppés sur la bretelle d'autoroute à la sortie 32 de l'E42. Le 1er septembre, tout s'est passé presque normalement, un journaliste a mis douze minutes pour effectuer le trajet entre le rond-point "Ma Campagne" jusqu'à celui de l'Europe alors que ce trajet est estimé habituellement à huit minutes. Il faudra voir maintenant lors de la rentrée de l'enseignement secondaire.

Réjouissons-nous cependant !

Les chantiers sont synonymes d'emplois, si cela permet à de nombreux travailleurs de pouvoir éviter ce chancre qu'est le chômage, on ne peut que s'en réjouir, toutefois, bien souvent, durant la journée, on ne voit sur ceux-ci que... deux ou trois pelés et un tondu ! 

(S.T. septembre 2014)

 

 

10:49 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : tournai, chantier, avenue vert-bois, chaussée de bruxelles, spf |