11 août
2014

Tournai : la propreté, c'est l'affaire de tous !

"La propreté, c'est l'affaire de tous", voilà une phrase qui tourne en boucle, depuis quelque temps, sur les panneaux d'informations de la ville de Tournai.

Voici une intention des plus louables de la part des autorités communales qui souhaitent interpeller leurs concitoyens et répondre ainsi à ceux qui se plaignent de la saleté qui a envahi, depuis quelques années, les rues de la cité des cinq clochers mais qui ne font absolument rien pour que cela change.

Et pourtant !

"Je vous parle d'un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître" comme aurait chanté Charles Aznavour dans la Bohème. Tournai, à ce temps-là, respirait la propreté car ses habitants sacrifiaient encore quelques heures dans la semaine pour nettoyer, non seulement leur habitation, mais aussi ses abords, notamment le trottoir qui longeait leur propriété.

On appelait cela "faire son rang", d'autres avec un sourire convenu disaient "faire le trottoir" (mais... en tout bien, tout honneur !). Le plus souvent, le vendredi, on voyait les ménagères ou les servantes brosser vigoureusement les dalles de ciment au savon noir et les rincer à grandes eaux avant de chasser celles-ci dans la rigole en prenant soin d'enlever les quelques détritus qui s'y trouvaient. De même, en hiver, après d'importantes chutes de neige, muni de pelles ou de raclettes, on voyait, devant chaque maison, un des habitants dégager un passage et épandre du sel pour éviter que les piétons ne chutent. Parfois cela se faisait en famille et dans la bonne humeur.

Il est bien loin ce temps-là ! 

En promenant par les rues de la ville, il est bien rare, désormais, de voir une personne entretenir ou faire entretenir son trottoir. Ce lieu de passage destiné aux piétons est désormais envahi par des herbes folles, des pissenlits, de la mousse, est jonché de canettes et décoré de déjections canines. Que dire des publicités qui, débordant des boîtes aux lettres, s'envolent au moindre coup de vent ? Que dire des sacs contenant les immondices déposés sur la voirie parfois 48 heures avant le passage du service de propreté publique, ceux-ci, en self-service, font le régal des chats errants et des rats qui les trouent et laissent ainsi échapper leur contenu nauséabond ? Que dire des véhicules (voitures ou mobylettes) stationnés, sans vergogne, sur les trottoirs laissant échapper l'huile de moteur qui s'imprègne dans le ciment des dalles ? Que dire des devantures de cafés parsemées de centaines de mégots de cigarettes jamais balayés ? Que dire des encombrants qu'on abandonne sur les terrains vagues bien qu'il existe des déchetteries (parcs à conteneurs), des "ressourceries" et même un service de ramassage à domicile ? Tout cela est à porter au passif d'un bilan de la propreté publique !

On reproche également aux autorités communales les débordements des poubelles publiques car cela donne une mauvaise image de la ville aux touristes qui la visitent, mais on oublie, trop souvent, que celles-ci sont uniquement destinées à recevoir les quelques déchets des passants et ne sont pas là pour se substituer à réceptionner des ordures ménagères. Pour faire l'économie d'un sac, de nombreuses personnes n'hésitent pas à se débarrasser de leurs déchets ménagers, quotidiennement, en toute discrétion, lors d'une petite promenade vespérale. Finalement, le ramassage des immondices de ces particuliers est à charge de la collectivité ! 

Tout cela prouve que la mentalité a bien changé et que l'hygiène n'est plus une des premières préoccupations de l'homme d'aujourd'hui. Précisons que ce phénomène n'est pas propre (c'est le cas de la dire) à la cité de Clovis mais que beaucoup de villes belges connaissent la même situation. Que voulez-vous, le temps consacré jadis au nettoyage l'est désormais à la télévision, aux consoles de jeux, à Internet, à Facebook et autres futilités. C'est un effondrement total des valeurs !

Comme si le manque de propreté ne suffisait pas, il y a aussi ce phénomène qu'on appelle les "tags", ces signes cabalistiques et ces signatures ridicules qui vandalisent les façades, exploits nocturnes nés au sein de cerveaux débiles probablement imbibés d'alcool ou de substances toxiques. Dire que plusieurs individus qui s'adonnent à ce genre de "décorations", interceptés par la police, se sont révélés être, pour la plupart, des ... étudiants en arts graphiques, probablement en mal d'activités après une soirée trop arrosée.

Si on veut faire le procès de la saleté à Tournai, il faut cependant instruire à charge et à décharge et certains peuvent mettre en avant pour leur défense des circonstances atténuantes : les travaux qui défigurent notre ville touristique depuis le début du présent siècle. La poussière soulevée par les engins de chantier en été et la boue envahissante en hiver ne sont pas des encouragements à nettoyer. Il y a toujours une société pour ouvrir des tranchées ou pour dépaver les rues de la cité : Ores, Belgacom, Ipalle, la SWDE et les firmes chargées des travaux du quartier cathédral. Malheureusement quand le travail est terminé, on constate que, quelques temps plus tard, on pourrait déjà le recommencer (place de Lille, Grand-Place, place Saint-Pierre, rues piétonnes vers les quais...). On a toujours la qualité en fonction du prix de l'offre qu'on a acceptée et beaucoup de firmes n'ont plus le souci du travail solide et bien fait.

Si on désire que le visiteur venu admirer le riche patrimoine de notre cité scaldéenne se sente bien chez nous, il est grand temps de retrousser ses manches et de consacrer, comme jadis, quelques heures à l'entretien des abords de sa maison, un peu d'exercice est salutaire pour la santé et le travail de chacun profitera à tous. En disant cela, on peut encore rêver !

(S.T. août 2014)

 

11:47 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : tournai, propreté, tags, travaux |

Commentaires

Finalement, on pourrait y ajouter : " MONTRE-MOI TON TROTTOIR ... JUSQU'AU FIL D'EAU ET JE TE DIRAI QUI TU ES"

Écrit par : jacques De Ceuninck | 11/08/2014

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